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L'infanterie en gros plan, par CRIXOS
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ladc51



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MessagePosté le: Mer Aoû 31, 2011 07:21    Sujet du message: Répondre en citant

crixos75 a écrit:
bonjour à tous,
Pour ce qui est de ce que je nommerais la compagnie portée (véhicules légers de reconnaissance et de raids, oui le LRDG et toutes ces boutiques), il s'agit en ce moment d'une existence sur le papier. Parce que je crois qu'on peut estimer que fin 1940 début 1941, ce type de véhicule n'est pas disponible. Attendons les kubelwagen de prise.


Bonjour,

je crois comprendre l'intention autour de cette compagnie portée... Je proposerais néanmoins de préciser un peu cette intention pour éviter certains malentendus :
- Si j'ai bien compris, notre bataillon préféré doit à la fois être capable de
1- mener des actions opérationnelles, à la manière d'un corps d'élite type "opérations spéciales"
2- définir et tester une doctrine d'emploi pour l'infanterie légère
3- servir de creuset de formation pour d'autres troupes d'infanteire légère
- si la compagnie portée est une des composantes de notre bataillon de marche au titre de sa mission "opérations spéciales" (voir 1), je le comprends parfaitement.
- si la compagnie portée fait partie de la doctrine d'emploi pour l'infanterie légère et doit se retrouver dans d'autres troupes d'infanterie légère, j'ai l'impression qu'on empièterait sur le rôle de la cavalerie, et il faudrait alors préciser les doctrines d'emploi respectives de la cavalerie et de l'infanterie légère pour mettre en évidence leurs différences et leur complémentarité...

Enfin, pour faciliter la lecture, je propose de nommer complètement notre bataillon de marche en Xe bataillon du 113e régiment d'infanterie (ou X/113e RI).
_________________
Laurent
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raven 03



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MessagePosté le: Mer Aoû 31, 2011 07:57    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour,

juste une idée :
fin 40 ,jeep ,dodge et GMC n'etant pas forcement dispo en grand nombre, il doit bien etre possible de recuperer quelques LATIL M7 et autres Laffly cargo non???
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FREGATON



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MessagePosté le: Mer Aoû 31, 2011 10:33    Sujet du message: Répondre en citant

raven 03 a écrit:
Bonjour,

juste une idée :
fin 40 ,jeep ,dodge et GMC n'etant pas forcement dispo en grand nombre, il doit bien etre possible de recuperer quelques LATIL M7 et autres Laffly cargo non???


Pas sur... si quelques Laffly ou Latil ont survécu au GD ils seront employés dans leur mission d'origine (tracteur d'artillerie) et bien qu'excellents dans leurs performances ce sont des véhicules complexes et difficiles à entretenir: OTL les Laffly de la colonne Leclerc ne sont pas arrivé jusqu'à Kouffra!
Par ailleurs fin 40 Jeeps et autres Dodge WC ne sont encore qu'à l'état du développement.
La "compagnie portée" devrait plutôt ressembler à la colonne Leclerc OTL:
un agrégat de véhicules aussi divers qu'hétéroclites provenant de la réquisition ou de livraisons US des commandes de 40... voir des achats directs chez les concessionnaires Chevrolet comme pour le LRDG!!

Nota: mes amis des commandos marine roulent aujourd'hui sur des VLRA (terme officiel) qui sont des ACMAT châssis court bardés d'armes automatiques aux quatre coins de la benne...
_________________
La guerre virtuelle est une affaire trop sérieuse pour la laisser aux civils.
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raven 03



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MessagePosté le: Mer Aoû 31, 2011 11:58    Sujet du message: Répondre en citant

Re

les latil et laffly etaient juste une proposition pour tenter de faire un ensemble homogene .
il faudra cetainement faire fleche de tout bois ou imiter le LRDG (apres tout missions et besoin presque identiques...)

apparté: le VLRA, digne remplacant du GMC et du Dodge qu'on demonte et remonte avec 2 clés de 17 avec 2 defauts les conduites de gas oil en plastique mou et le manque de30/40 cv sous le capot pour bien" surfer" et avaler les dunes ...snif..!!!nostalgie...!!!

amicalement votre
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FREGATON



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MessagePosté le: Mer Aoû 31, 2011 13:13    Sujet du message: Répondre en citant

raven 03 a écrit:
Re

les latil et laffly etaient juste une proposition pour tenter de faire un ensemble homogene .
il faudra cetainement faire fleche de tout bois ou imiter le LRDG (apres tout missions et besoin presque identiques...)

apparté: le VLRA, digne remplacant du GMC et du Dodge qu'on demonte et remonte avec 2 clés de 17 avec 2 defauts les conduites de gas oil en plastique mou et le manque de30/40 cv sous le capot pour bien" surfer" et avaler les dunes ...snif..!!!nostalgie...!!!

amicalement votre


Eh oui, nostalgie quand tu nous tiens... les VLRA de COFUSCO sont même en voie de remplacement par des Land Rover 110 ...! version "Pink Panther", retour aux origines sans doute ... et surtout beaucoup moins chers que les produits français! RGPP quand tu nous tiens aussi... Crying or Very sad
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Chabert



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MessagePosté le: Mer Aoû 31, 2011 22:00    Sujet du message: Répondre en citant

C'est bien écrit, agréable à lire, je pense même vendeur. Un plus pour les petits détails qui donnent une crédibilité certaine.
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sting01



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MessagePosté le: Jeu Sep 01, 2011 03:44    Sujet du message: Répondre en citant

VLRA, c'est du vieux materiel cela! 30 ans d'age au moins.

Je crois qu'ils furent deja utilises pour Manta et l'operation precedant cette derniere! Du moins ceux bases en RCA n'etaient deja plus de la premiere jeunesse en 1985.
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La can can-can, cancouillote,
c'est pas fait pour les francois.

Anscarides je suis ne,
heritier de la Comte je serai.
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sting01



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MessagePosté le: Jeu Sep 01, 2011 04:08    Sujet du message: Répondre en citant

crixos75 a écrit:
bonjour à tous,

Il y a longtemsp quand j'avais il est vrai 21 ans, j'ai marché 85km en 14 heures. Je suis tout à fait prêt à leur rallonger le voyage de 4-5 heures, mais pour rappel.
le 5ème corps de Davout a effectué 36 lieues (144km) en 36heures, juste avant la bataille d'Austerlitz.

Bonne soirée


2 choses :

comme je l'ai dit, j'ai servi avec 2 personnes qui faisaient des competitions de 100 km; donc oui un individu entraine pour cela peut le faire.

Je me suis place dans le cas d'une unite constituee, et la les choses sont differentes. Lors des test (COVAPI ou marche co) je devais (et cela APRES mes courses) revenir sur nos pas, et aides (prenant sacS, voire armementS) des retardataires, les motives par la voix , et par le geste (avance gros c*l ou tu vas prendre mon pied dans la gue****e!) afin que toute la troupe reussise dans les temps.

Je ne vois personne capable de faire la meme chose sur une distance de 100 km! Donc ou Quid des blesses, retardataires; ou Quid de la cohesion de l'unite?

La seconde chose est que le but de tout ces exercises physiques n'est pas celui d'exercice militaire. Apres les COVAPI ou la MArche CO; les hommes (et les cadres) beneficie d'un temps important de recup (douches, habillement ... etc , etc) ; alors que cela ne sera pas possible lors d'une prise de nouveaux quartiers (pour avoir demenage de Phalsbourg a La Valbonne, je peut assurer que l'entree dans un nouveau casernement n'est pas une partie de plaisir pour les premieres 48 heures).

Tertio: les hommes doivent etre motives par un objectif atteignable, 100 km en une nuit me semble en dehors de cela

Second Point :

Le Corps de Davout etait une unite tres entainee, avec une discipline de fer. De plus, et cela fut rapporte par Napoleon lui meme, les hommes mourraient d'exhaustion durant ces marches ( les pertes durant les marches furent les plus importantes durant la campagne de Pologne qui suivit). Les marches forcees ont ete utilisees de tout temps, mais avecdes pertes immenses.

144 km en 36 heures, cela donne 4 km a l'heure, disons 5 km heure si l'on pense a la bouffe de maniere reguliere. Donc cela est une marche forcee, mais est realisable.

95 km en 14 heures (13 + bouffe) cela est 7.5 km par heure ... pas la meme chose. De plus , cela est apres un mois d'abus physique (pas d'entrainement). Ce qui serait la meme chose que si j'essayais aujourd'hui de reediter mes exploits de 1984 (courir un 400m avec 1 obus de 155 mm (43kg) sur chaque epaule (donc 2 au total), c'est a dire une impossibilite physique

EDiter, car un poids (obus ou autres) est exprimes en kilogrammes (ou plus exactement en Newton, mais La Valbone etant en plaine cela est similaire) et non pas en kilometres (une autre de mes fautes de frappes) Sad
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Dernière édition par sting01 le Ven Sep 02, 2011 05:12; édité 2 fois
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dak69



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MessagePosté le: Jeu Sep 01, 2011 10:06    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour

Je n'ai pas voulu mettre mon expérience personnelle en avant... La voici quand même.

Si 6 km/h sont possibles sans problème de pieds, d'articulations ou de muscles avec un bon entraînement et une alimentation (liquide et solide) satisfaisante sur de longues distances (50 km et plus) et sans "tuer la bête" (c'est à dire en étant prêt à repartir le lendemain pour au moins 30 ou 40 km), c'est sans chargement sur le dos. Avec 15 kilos, la vitesse descend à 5 km/h, et avec 30, à 4 km/h sur de telles distances (pour ma part, les 30 kilos, c'était uniquement en fin de trajet, c'est à dire avec deux sacs de 15, le deuxième appartenant à quelqu'un qui n'en pouvait plus).
Si on veut aller plus vite, soit on est cuit à l'arrivée et il faut 24 ou 48 heures de récupération selon le degré de cuisson, soit on s'expose à des problèmes physiques en cours de route.
De plus, le matériel est primordial. Chaussures en premier (si elles sont lourdes, on peut trimballer une grosse charge, mais les pieds souffrent énormément si on va trop vite trop longtemps - si elles sont légères, avec une charge lourde, les entorses ne sont pas loin...), et matériel de portage ensuite. Un sac de 15 kg équilibré et portant essentiellement sur les hanches est dix fois préférable au barda de type fusil à l'épaule, musettes, bidons, casque, même s'il ne fait que 10 kilos "en tout" mais qui malmène le dos parce que partant dans toutes les directions, surtout si on va vite. Autant dire tout de suite que dans l'armée, même dans les années 70, ce type de sac était totalement inconnu sur le terrain, hors unités très spécialisées ! Alors, en 41...

Quand tu as fait tes 85 km, était-ce "à vide" ou "en charge" ?

A mon sens, pour le trajet que tu décris, si tu veux que tout le monde y parvienne (enfin 95 % de la troupe), il faut ralentir, diminuer la charge et prévoir une étape ravitaillement / santé / repos au milieu, et des moyens sanitaires qui suivent pour régler les petits problèmes de pieds au fil de l'eau. 24 heures, ce serait déjà un sérieux exploit, et, personnellement, je n'en aurais jamais été capable avec un chargement sur le dos. Aujourd'hui, avec les années en plus, je n'en parle même pas !

Bien amicalement
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Obi Wan



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MessagePosté le: Jeu Sep 01, 2011 13:32    Sujet du message: Répondre en citant

a propos de vehicules rapide l'armee de l'oncle sam etait arrivee a la meme demande avec un proto disponible des mai 1941 OTL.

Avec le contexte FTL on devrais gagner des mois...

http://ww2armor.jexiste.fr/Files/Allies/Allies/1-Vehicles/USA/10-LightVehicles/M6/M6.htm
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crixos75



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MessagePosté le: Mar Sep 06, 2011 19:59    Sujet du message: Modèle de radios de l'époque Répondre en citant

Bonjour,

Comme même l'impéritie de la logistique a des limites je voudrais donner des radios à la petite équipe. pour ne pas dire trop de c******* quelqu'un qui s'y connaît pourrait-il me donner des modèles d'époque, avec le poids, l'alim, le fonctionnement (phonie ou tsf), et la portée svp.
je suis assez nul là dessus je dois dire.

Merci aux contributeurs et bonne soirée
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Sep 06, 2011 20:33    Sujet du message: Répondre en citant

A propos d'exactitude - à la demande de Crixos, j'ai modifié le texte de référence de ses Histoires d'Infanterie pour ralentir la marche de ses troupiers jusqu'à une vitesse plus acceptable.
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Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
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matasso



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MessagePosté le: Mar Sep 06, 2011 20:44    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai trouvé ça sur France 40, il y a touta la gamme de radios de l'Armée Française utilisable comme base.

http://france1940.free.fr/armee/radios.html

Tu as toute une gamme de radios US dont la plus connue est le SCR 536 genre talkie walkie pesant 2,5 kg, la radio des sections et compagnies en général ou le SCR 300 la radio portative au niveau bataillon et régiment qui pesait complète dans les 17 kg.

Pour les equipements lourds:

http://www.radioblvd.com/WWII-PostWar%20Hamgear.htm

Cordialement
Matasso
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Sep 07, 2011 13:07    Sujet du message: Le carnet de lettres d'André **** Répondre en citant

Crixo a imaginé cette autre façon de nous parler de son infanterie légère chérie Wink
Ci-après, le premier épisode d'un feuilleton pseudo-épistolaire.


Carnet de lettres d’André ****,
né le 17 septembre 1921 à Barsac (Drôme), de Georges ****, cultivateur et de Marie ****, son épouse, frère d’Adrienne, née le 3 avril 1923,
engagé volontaire pour la durée de la guerre.


Dimanche 5 janvier 1941

Mes chers père et mère, ma petite Adrienne.

Dans l’impossibilité de vous écrire, je commence ce petit carnet où je noterai les événements de chaque semaine à votre intention, sous la forme des lettres que je vous aurais envoyées si j’avais pu le faire. Dans le fond, il y a un bon côté : je peux écrire ce que je veux, la Censure ne passera pas derrière moi. J’ai inscrit notre adresse sur la couverture en demandant au cas, où le cahier serait trouvé sur moi, qu’il vous soit expédié après la Victoire. Mais j’espère bien pouvoir venir en personne vous l’apporter !

Voici maintenant plus de 5 mois que je suis parti après avoir contracté un engagement volontaire pour la durée de la guerre, avec votre bénédiction. Dans un grand désordre, on nous a entassés dans un bateau à Marseille pour l’Algérie. Si le voyage fut un peu chahuté il fut sans histoires. Arrivés en Afrique du Nord, on nous a cantonnés dans un pensionnat en attendant de savoir où nous serions affectés (une chance que c’était la période des vacances d’été !). Pour patienter, on nous a fait faire nos « classes », mais comme il y avait pénurie d’équipements et de matériels et que l’armée était en pleine réorganisation, nous avons continué à porter nos vêtements civils pendant plus de deux mois et nous avons effectué principalement des marches et des exercices de défilés. Le moral n’était pas toujours bon, mais heureusement, je me suis fait un ami : Louis-Philippe ****, que tout le monde appelle le Vicomte. C’est seulement en novembre qu’on a commencé à nous affectés dans des unités qui avaient été reconstituées. Avec Louis-Philippe, on a demandé à être affectés au 5e bataillon du 113e Régiment d’Infanterie. C’est une unité spéciale qui ne prend que des volontaires et qui a une drôle de réputation, un tas de bruits courent sur son compte. Quand nous avons voulu en savoir plus, on nous a répondu que c’était une bande de brigands commandée par un fou furieux. Mais comme Louis-Philippe a le bachot (le premier seulement, il râle parce qu’il aurait dû passer le deuxième en juin, sans les Boches), que j’ai mon Certif’ et que nous avons tous les deux réussi les tests physiques (moi mieux que lui, quand même), nous avons eu le droit de nous porter volontaires et on a été acceptés. Louis-Philippe m’a dit en rigolant que ça embêterait bien sa famille, pour qui « depuis cinq générations, hors de la cavalerie il n’y pas de salut », moi je trouvais marrant l’idée d’une bande de brigands et je voulais rester avec lui.

Nous sommes arrivés il y a 10 jours, juste après Noël, et on nous a versés à la compagnie d’instruction. C’est vrai que le bataillon a un drôle d’air. Avec L-P, nous sommes parmi les plus jeunes, mais presque personne ne nous prend de haut. Il y a juste, parmi les nouveaux arrivants, un Frédéric qui vient du Nord et qui prend des poses en racontant ses succès féminins passés et ses succès guerriers à venir (et les succès féminins qui suivront). Notre section est commandée par un s-lt, un réserviste professeur de collège, assisté par trois sous-officiers dont un sergent sénégalais nommé Dio, qui parle avec un drôle d’accent mais qui est très gentil, s’il avait un fez sur la tête, il ressemblerait au personnage des réclames Banania !

Cette première semaine, nous n’avons fait que trois choses. Du sport tous les matins, une heure d’école de section tous les jours, et « familiarisation avec notre matériel personnel », que nous avons perçu et dont voici la liste.
– Un fusil 07-15 et sa baïonnette, avec une cartouchière en toile à voile souple teinte en kaki (on peut y mettre 6 lames chargeur).
– Un casque Adrian kaki.
– Un couteau pliant (j’avais déjà mon Opinel, mais bon).
– Un fort couteau à lame droite avec des plaquettes en bois rivetées. Il est fait avec une lame de ressort de camion, la lame a un simple tranchant, elle est longue de bien 15 cm et large de 5. L-P dit que c’est un couteau de trappeur.
– Une pelle (L-P a eu une hache), les bords sont très aiguisés, je me suis coupé avec.
– Un sac à dos pour mettre nos affaires, une musette et un grand sac marin pour le cantonnement.
– Un rasoir et des lames, une brosse à dents et de la poudre dentifrice, un pain de savon de Marseille (il n’y a pas encore de douches et on se lave dans des bassines, L-P a du mal à se mettre nu devant les autres, il dit que ça lui rappelle de mauvais souvenirs de pensionnat). Comme nous sommes en janvier, c’est plutôt froid (moi qui croyait qu’en Afrique, il faisait tout le temps chaud !).
– Une trousse de couture (tous les soirs le sgt Dio passe parmi nous et contrôle les tenues : coupures, déchirures ou boutons manquants doivent être immédiatement réparés devant lui, il nous répète que c’est ainsi que nous durerons dans le terrain, ça ferait bien rire Adrienne de me voir coudre, elle ferait ça bien mieux que moi, et encore, j’ai dû apprendre à L-P comment faire, il savait à peine enfiler une aiguille).
– Un uniforme en toile kaki. Le pantalon est confortable avec 4 poches. Il y a aussi une veste qu’ils appellent saharienne avec deux poches sur la poitrine. Il y a un tailleur pour faire ajuster les tenues. En travaillant, il n’arrête pas de jurer dans une langue bizarre (même L-P ne sait pas ce que c’est, finalement il paraît que c’est du juif, ça s’appelle pas exactement comme ça mais je ne saurais pas l’écrire), pourtant il fait très bien son travail. Il a une photo de lui avec un FM sur sa table et de temps en temps il la regarde en soupirant.
Nous avons aussi reçu trois chemises, trois caleçons et trois paires de chaussettes. Comme chapeau, nous avons un bonnet de police, c’est pas très pratique. Un des officiers, qui porte un nom irlandais, se déplace avec une casquette de golf (c’est L-P qui m’a dit ce que c’était) et personne ne lui dit rien.
Contre la pluie nous avons reçu une espèce de couverture en gabardine avec un trou au centre et un capuchon, c’est assez étrange et on attend de voir si ça protège vraiment.
Nos souliers sont des brodequins de base, les mêmes que Papa met pour aller aux champs. Nous avons passés tous les soirs de la semaine à les graisser. Tous les jours, notre chef nous a amené à un oued pour nous faire marcher dedans pendant une demi-heure. Ensuite il fallait changer de chaussettes et marcher jusqu’au camp. Il dit que ça les forme. Nous alternons nos deux paires. Nous avons aussi des guêtres en toile.
Nous avons un gros ceinturon, on y accroche nos deux gourdes (un litre chaque).
Le masque à gaz est dans une musette.
Nous avons aussi une toile de tente et des piquets, ainsi qu’une couverture, plus des couverts et une gamelle pour la soupe.

Après avoir reçu notre fusil, on nous a tout de suite montré comment le porter en exigeant de nous de ne jamais le braquer sur nos camarades avec. Il paraît que l’instructeur de tir est très exigeant là-dessus et qu’il un sale caractère. Heureusement, Papa m’avait déjà appris ça avec notre fusil de chasse !

L’ambiance est assez étrange, beaucoup de gradés s’appellent par leur prénom. Il y a des espèces de cours du soir où n’importe qui peut aller (ce n’est pas obligatoire, mais on a vite compris que ça serait bon pour nous d’y aller souvent).
Cette semaine L-P et mois sommes allés à une conférence du commandant (celle-ci était obligatoire pour les nouvelles recrues) où il nous a présenté son bataillon et ses missions futures, en nous précisant bien qu’il y aurait des tests et que si on échouait, ce serait pas honteux, mais qu’on serait envoyés ailleurs.
Vendredi, nous sommes allés dans un hangar en pensant faire de la boxe. En fait c’était un mélange de plusieurs styles de combat, boxe, savate, lutte et d’autres. L-P, qui fait de la boxe à un bon niveau, a été mis à terre en deux temps trois mouvements par un Breton de 52 ans, le père Boulle. Son surnom lui vient de ce qu’il mesure seulement 1m64 de haut et presque autant de large. Il est maréchal-ferrant Là-Haut (comme on dit ici pour parler de la France, enfin, de la Métropole) et pour se faire les muscles il emploie le tube de sa pièce mortier. Sa technique est simple, il rentre dans son adversaire et s’assied dessus. L-P a dit que ce n’était pas fair-play, à quoi le s-lt qui dirigeait l’exercice a répondu : « C’est vrai, mais ne t’inquiète pas, on pourra redevenir fair-play après la Victoire ».

Voilà mes chers parents, je vous écrirai de nouveau dimanche prochain pour vous raconter ma semaine. Mes amitiés à Parrain et à nos voisins.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Sep 08, 2011 09:34    Sujet du message: Répondre en citant

(suite)

Dimanche 12 janvier 1941
Mes chers père et mère, ma petite Adrienne.


Nous venons de terminer notre première semaine d’instruction. La moitié du temps a été consacrée au tir. Je peux maintenant toucher ma cible à 400 mètres, debout, à genoux et couché. Nos instructeurs sont excellents, ils crient rarement et leur seule présence en impose. Chaque exercice nous a été montré, avant d’être réalisé d’abord avec eux, puis seuls sous leur contrôle. L’un de nous qui n’arrivait pas a surmonté sa peur des armes à feu (il paraît que ça arrive) a quitté notre classe. Il était très triste. Ils sont en train de chercher une solution pour qu’il puisse rester avec nous.

Le reste du temps a été partagé avec d’autres activités sont voici un petit détail.

Tous les matins nous faisons une boucle de 8 km en course à pied. Les gradés sont avec nous et ils donnent le rythme. L-P, qui fume du tabac anglais pour se donner un genre (il avait emporté un tas de paquets dans sa valise), a décidé de chiquer. Il dit que ça choquera encore plus sa famille et qu’ainsi il aura moins mal aux poumons. Ici presque personne ne fume. D’abord à cause des soufflets, et puis parce que la nuit on peut être repéré.

Lundi nous avons appris à préparer notre sac et notre musette, puis ce que nous portons sur nous. Les principes sont les suivants :
– on survit avec ce qu’on a sur soi, arme, gourdes, coutelas, etc.
– on combat avec le contenu de la musette (dotation de feu, ration pour une journée)
– on dure avec ce qu’il y a dans le sac (toile de tente, couverture, vêtements, gamelle, outil, etc.).
Cela nous a pris plus de deux heures, puis nous avons encore ajusté les équipements.
Pour terminer la journée nous sommes allés à une piste du risque de près de 400 mètres, avec des barbelés, des fosses, des barres. On nous a mis par équipe de 4 sans sac ni musette mais avec le fusil. Le temps n’était pas important mais il fallait arriver tous ensemble.
Le soir nous avons contrôlé nos équipements, le sgt Dio était là et on a presque tous eu quelque chose à coudre. Puis nous avons graissé nos souliers. Ils en deviennent presque souples. Ensuite nous avons eu une leçon sur l’hygiène en campagne et tout le monde a dû se laver. J’ai eu froid, mais j’étais tout frais en me couchant et c’était très agréable.

Mardi, après la course et une fois équipés nous avons été contrôlés. Certains qui avaient enlevés des affaires pour alléger leurs sacs ont pris un savon par le s-lt. Sans même élever la voix il leur a dit que leurs camarades devaient pouvoir compter sur eux. Il ne donnerait qu’un seul avis, les récidivistes seraient renvoyés. Je me sentais aussi coupable que le jour où j’ai mis de l’encre dans les bénitiers à l’église (Monsieur le curé le sait déjà, je lui ai dit en confession). Même si, moi, je n’avais rien enlevé !
Avant le tir, nous avons appris à monter nos tentes et à faire du feu. Ensuite nous avons appris à démonter le campement en moins de 5 minutes. Ceux qui avaient sorti toutes leurs affaires n’ont pas rigolé. Moi j’ai tout mis sur la toile de tente avant de l’engouffrer dans mon sac. On nous a recommandé de ranger chaque objet immédiatement après usage.
Ensuite séance de tir, en deux jours nous avons tiré ainsi près de 100 cartouches, entre 10 et 200 m.
Le soir, nous avons eu une leçon de lecture de carte et d’emploi de la boussole.

Mercredi, sport puis tir. Nous avons vérifié le réglage des armes. J’aurais pensé qu’on le ferait dès le premier jour, mais le moniteur nous a dit qu’il fallait que le tireur sache tirer d’abord. Sinon son réglage ne serait pas juste puisqu’il se modifierait avec l’expérience. Je n’y avais pas pensé.
Après le repas de midi, la section a été divisée en quatre groupes. Chaque groupe a reçu une carte et un itinéraire. Bonne chance et à bientôt a dit le s-lt, si on ne vous voit pas revenir dans deux jours on ira vous chercher. Nous avons donc marché sur notre itinéraire presque trois heures. L-P n’a aucune affinité avec les cartes. Il n’y arrive tout simplement pas. Heureusement, avec les 8 autres qui constituaient le groupe, on a su se débrouiller pour arriver au but. On y a retrouvé le reste de la section ainsi que les gradés (en fait, on a appris après coup qu’ils nous ont surveillés pour ne pas nous perdre). On a monté le camp avant de cuisiner de la semoule et de l’agneau, avec beaucoup de thé. Puis nous avons dormi sur place, comme il faisait plutôt froid, nous avons creusé des tranchées pour nous allonger à l’abri du vent. Une fois bien emmitouflés c’était supportable. Les gradés ont monté la garde et alimenté le feu pour garder le thé au chaud.

Jeudi matin, nous avons démonté le campement avant de déjeuner. C’était frugal, les restes de la veille et des dattes. Puis, en section cette fois, nous sommes partis vers le champ de tir. Là, après un contrôle du réglage, nous avons commencé à tirer à 300 et 400 m. On tire sur des plaques de tôle (découpées Dieu seul sait où), et le bruit donne la quittance.
L’après-midi nous avons fait de la baïonnette, de la pelle, et une nouvelle séance de couture pour les accrocs à nos uniformes. Dans ce terrain caillouteux cela va très vite. Il y en a qui se plaignent de ne pas être des cousettes.
Le soir nous avons eu une conférence sur les armes de l’infanterie, on nous en a parlé avant de nous les montrer. J’ai beaucoup aimé le fusil avec une lunette. L-P préfère la mitraillette parce que les journaux, avant la guerre, en parlaient comme d’une arme de gangster. C’est mon meilleur ami mais il est quand même un peu spécial.

Vendredi matin, nous avons été réveillés à 5 heures. Nous sommes arrivés sur le champ de tir de nuit et nous avons écouté une théorie sur les embuscades. À l’aube nous avons effectué un feu croisé sur les cibles métalliques à 250 m, avant de changer de position et de recommencer.
L’après-midi a été tranquille. Nous avons dû apprendre les différents véhicules de nos armées. Le père Boulle, qu’on a croisé, nous a dit « Ils sont bien en photo, mais en attendant de les voir en pied, continuez de marcher ».

Samedi et dimanche, on nous a laissés libres. Nous sommes allés faire du sport, course à pied et piste du risque. Le samedi après-midi, le père Boulle nous a emmenés au hangar pour nous montrer des prises de lutte bretonne. Il porte une chemise en chanvre proprement indéchirable. Il n’y pas tellement de distractions ici, mais il paraît que le commandement s’en occupe.

Voilà mes chers parents, je vous écrirai de nouveau dimanche prochain pour vous raconter ma semaine. Mes amitiés à Parrain et à nos voisins.
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