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Les Balkans, Mai 1944
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Nov 15, 2022 14:56    Sujet du message: Répondre en citant

@ John - Bien vu pour disruptives.
Pour "Une fois encore", la répétition est évidemment voulue.
Pour les cosaques il me semble que la minuscule est préférable – cosaques, lanciers, dragons, artilleurs…
_________________
Casus Frankie

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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Nov 18, 2022 17:54    Sujet du message: Répondre en citant

2 mai
La campagne des Balkans
Opération Plunder – Teatime
Vallées du Danube et de la Save
– Calme toujours plat sur le front, entre redéploiements, attente de renforts et temps médiocre, voire pire. D’un bout à l’autre de la ligne de front, Hellmuth Felmy comme Richard McCreery prennent leurs marques et accumulent des moyens comme en prévision de l’inévitable seconde manche.

Opération Veritable – Celle dont personne ne voulait
Bosnie et Monténégro
– Le temps comme le tempo des opérations ne sont pas meilleurs ici. A Olovo, la 1ère DI (Vasileios Vrachnos) continue de tenter d’envelopper, ou du moins de déborder, avec une hâte… raisonnable le 8. SS-PanzerGrenadier Rgt (Walther Schimana). Celui-ci n’aucun mal à défendre le principal : les rives sud de la Krivaja, de Boganovići à Prgoševo, en passant par le confluent avec la Bioštica. Que les Hellènes manœuvrent si ça les amuse, les SS s’en moquent ! Il leur faudra des jours avant d’entamer leurs défenses ! Encore faut-il qu’ils le souhaitent, d’ailleurs…
De fait, les Grecs ne paraissent spécialement pressés d’aller se jeter sur les défenses nazies. Veritable a atteint tous ses objectifs essentiels : la ligne Tuzla-Sarajevo-Mostar. Il est désormais évident pour tous que l’effort allié principal est assuré par Plunder, tandis que la météo comme les moyens ne sont pas de la partie. Alors… à quoi bon ? Il en est de même plus au sud, vers Donja Ljubogošta et aussi vers Pendičići. Brigades de montagne et 13e DI restent ici, non l’arme au pied, mais sur la réserve, en attendant des circonstances plus favorables.
Dans les deux cas, par contre, cela ne convient pas à l’AVNOJ. Cette dernière a en effet déployé auprès des troupes alliées des forces considérables – du moins à son échelle. Quatre corps en Bosnie, un au Monténégro – presque 30 000 combattants, sans même parler des deux corps en Slavonie (10 000 combattants environ) et des réserves ! Il serait inadmissible que ces troupes restent passives, alors qu’on pourrait continuer à avancer plein ouest, tout en contraignant les fascistes à la retraite !
La coopération entre les titistes et les Alliés, déjà incertaine en dehors des combats (et de combats, il n’y a justement pas !) s’en ressent évidemment. Mais la 2e Armée franco-grecque n’a absolument pas les moyens de discipliner l’AVNOJ. En temps normal, Sylvestre Audet et son état-major s’en moqueraient… Seulement voilà : les Partisans ne sont pas loin d’être aussi nombreux que leurs troupes de ligne ! On prendra donc garde de trop les contrarier – sans parler de risquer de se les mettre à dos, éventualité catastrophique qui n’a fort heureusement aucune chance de survenir.
Ainsi, affectant de mépriser les appels à la modération ou à la simple prudence des Grecs, les Partisans commencent à se rallier et à se réorganiser, tout en se réarmant grâce aux fournitures offertes par les Franco-Grecs (quand elles ne leur ont pas été volées, il faut le dire). Le 8e Corps “Dalmate” (Vicko Krstulović, Ivan Kukoč) s’aventure ainsi à travers bois, sous le mont Trebević, tandis que les “Prolétariens” de Koča Popović pénètrent dans le massif des Treskavica. Dans le second cas, personne n’a même songé à prévenir Tirana ! Bah, pensent les responsables, les nazis ne peuvent pas être partout, et les réactionnaires non plus…
Reste le cas du Monténégro : ici, le 2e Corps “de Choc” est toujours astreint à la défensive devant Nikšić, obligé de se contenter d’observer le flot oustachi. Les chiens aboient, la caravane passe… quoique, parfois, une partie notable de la caravane ait tendance à s’égarer dans les lignes des Partisans, généralement la crosse en l’air. Derrière, le KLAK continue de fermer la marche. La Division du Diable atteint ainsi Nikšić dans la soirée. Ce qui déclenche logiquement l’évacuation immédiate de Kotor par la Division Bleue, en direction de Dragalj – personne ne va se perdre vers Herceg Novi en suivant la côte. Pas pour une baie sans valeur, avec la suprématie maritime alliée totale que chacun constate… En partant, les Oustachis n’oublient pas de ravager une fois encore consciencieusement tout ce qui peut servir à l’ennemi (et même le reste). Les Grecs, qui avancent pesamment derrière eux en évitant les pièges laissés sur leur route, s’en rendront vite compte.

Opération Veritable – L’aigle du Monténégro
Port de Durrës (Albanie)
– Temps couvert et venteux aujourd’hui sur l’Adriatique. Triste comme un dimanche anglais, ou un Quinze Août à Honfleur sous le crachin. L’embarquement du 2e Corps d’Armée polonais n’en va pas moins bon train, grâce notamment aux bons soins des engineers britanniques, qui ont mis en place depuis l’automne dernier les grues portuaires nécessaires.
Et il y en a des choses à transporter ! Tanks porteurs d’inscriptions blanches plus ou moins cryptiques (les Diables Noirs (5) n’ont jamais été très portés sur la fantaisie chromatique), fantassins chargés de leur barda, innombrables caisses de matériel… D’autres choses, plus exotiques, aussi : un ours de Syrie qui escalade sur ses quatre pattes l’échelle de coupée, par exemple. Wotjek a donné pleine satisfaction au mont Ruminja, à tel point qu’il est désormais officiellement… Kapral, au grand désespoir de certains responsables anglais, qui ne comprennent décidément pas comment on peut nommer caporal un animal qui ne fait qu’imiter ses maîtres (6). Une petite foule de civils accompagne aussi la troupe : par exemple des auxiliaires féminines, souvent devenues femmes de soldat… puis mères d’enfants de soldat. Les « enfants du régiment » ne sont pas aussi chanceux : rendus orphelins par les combats (ou par la déportation en Russie), adoptés par tous, on leur a taillé un uniforme trop grand dans des restes de toiles avant de les coiffer d’un béret et de tâcher de leur donner une éducation – notamment des cours de géographie, grâce à des cartes imprimées on ne sait comment en Grèce, mais qui présentent toutes la Pologne dans ses frontières de 1939. Ils sont une petite centaine environ, certains adolescents, d’autres encore dans l’enfance (7), et beaucoup ont sous le bras un poupon en toile de jute portant le nom de tous les villages qu’ils ont traversés : Amphilochia, Ionnina, Tirana, Shkodër… En réalité, on pourrait dire que c’est tout un peuple qui déménage et s’embarque une fois encore vers un nouvel exil.
Au bout du quai, où le général Anders a installé (très provisoirement) ses bureaux, il y a aussi du beau monde : Sylvestre Audet a tenu à venir en personne saluer ses compagnons, qui ont si bien servi (n’en déplaise à certains) et dont chacun se doute que la prochaine destination sera fort proche de la France… Surtout que le capitaine Bonvalet, grièvement blessé le 24 avril (il aurait insisté pour combattre en première ligne) a déjà été remplacé au près d’Anders par un officier de liaison tout aussi français. Raison de plus pour Audet d’être aimable, au nom de la République. Et en son nom propre de soldat aussi, évidemment.
– Franchement, mon cher Władysław, je suis désolé de la façon dont tout cela s’est passé.
– Je comprends. Moi aussi, mais vous n’y êtes pour rien. Et en vérité, nous avons tout de même moins de raisons d’être désolés qu’il y a quatre ans, non ?

Triste trait d’humour, quand on compare la situation des deux nations. L’armée française va rentrer chez elle. L’armée polonaise… Le président Raczkiewicz a bien demandé (un peu tard, et surtout un peu naïvement) aux Soviétiques d’étudier le rapatriement des forces en exil, afin de contribuer par l’est à la prochaine campagne de libération de leur pays. Mais Moscou a immédiatement refusé, en arguant de mystérieuses contraintes logistiques assurément insolubles. Une excuse de sac, qui ne trompe personne : la vérité, c’est que les Rouges veulent le moins de Polonais possible en Pologne. C’est presque flatteur… quoi, les puissants Fronts de l’Armée Rouge qui campent actuellement sur le territoire national auraient peur de deux corps d’armée à peine ?
Sur ce point cependant, les Français n’iront pas donner complètement tort aux Russes. Avant d’aller voir Anders, Audet et son équipe ont eu le temps de visiter le site de la bataille du mont Ruminja. Ils en sont revenus impressionnés par l’état des lieux, les cendres, les destructions et la terre ravagée. Comme le dira l’un d’eux dans ses mémoires : « Pendant trois jours, les Polonais ont livré ici un terrible combat ! Je me souviens d’un Anglais que nous avons croisé et qui scandait sur son chemin : “How did they do this, fucking Polish !” » Et pourtant, les chemins d’accès au mont et au sanctuaire de Serge de Radonège ont déjà été bien nettoyés… On raconte que le 25 avril au soir, il était impossible d’y rouler tant ils étaient encombrés d’épaves, de carcasses de chevaux et de corps humains. Pour les Anglo-Saxons, « the Polish Battlefield » serait le nouveau nom du secteur. Et pour les visiteurs français, les souvenirs de l’Autre Guerre sont dans toutes les têtes.
« Qu’avez-vous dit à vos hommes pour parvenir à un tel résultat ? » interroge Audet. Et Anders, sur le ton de l’évidence : « Je leur ai dit de combattre comme le soldat polonais l’a toujours fait durant toute l’histoire : avec ténacité, mais avec l’esprit chevaleresque ! »
A ces mots, le Français sourit. Comme quoi, le destin… « Que diriez-vous de sortir prendre l’air ? »
Les deux hommes se lèvent de leurs chaises et sortent du pas pesant que donne l’importance des événements. Sans doute, pense le Polonais, pour continuer à discuter sous le crachin en marchant et en fumant une cigarette. Anders et ses collaborateurs ont alors la surprise de découvrir un spectacle auquel ils ne s’attendaient pas : trente officiers français armés d’épées (8), qui forment une haie tournée vers la mer. « Présentez armes ! » Dans le vent froid du printemps naissant, les épées pointent vers les cieux, dressées devant les visages impassibles des membres de cette garde d’honneur.
– Général Anders, au nom de la République française et de tous les hommes de la 2e Armée, je vous prie de nous faire l’immense amitié d’accepter ceci…
Surgie de derrière le groupe, l’ordonnance de Sylvestre Audet présente un sabre d’apparat d’or et d’acier (9). Le symbole est évident – le Polonais accepte, évidemment. Et alors qu’il la brandit sous les rares rayons du soleil matinal, le Français achève : « Nous nous reverrons un jour, sous des cieux plus favorables. Gardez la foi ! »
Un peu de respect – et même de gratitude – c’était ce baume au cœur dont le 2e Corps avait sans doute besoin pour repartir du bon pied. Et c’est donc ce que fait Anders. En partant vers de nouveaux horizons, le front haut, laissant derrière eux une garde sabre au clair qui n’a pas bougé d’un pouce.

« Nie masz nad żołnierza dzielniejszego człeka,
Chociaż kule świszczą, to on nie ucieka,
A chociaż go nawet trafi kulek trzysta,
Maszeruje dalej i tak sobie śwista !
Zimno, mróz na dworze, wiatr śniegiem zacina,
W podartym mundurku idzie chłopaczyna,
Drwi z mrozu i śniegu, bo to legionista,
Maszeruje dalej i tak sobie śwista !
Haniś, moja Haniś, moje ty kochanie,
Pożycz mi sto złotych na ślubne ubranie,
Pieniądze mu dała, a on spekulista…
Maszeruje dalej i tak sobie śwista !
Nie płaczże, dziewczyno, jeszcze się nie topię,
Ożenię się z tobą zaraz po urlopie,
Syna wychowamy, będzie legionista,
Niechaj maszeruje i tak sobie śwista !
Urlop mu się kończy, dziewczę śni o Janku,
Nie ma, nie ma ciebie, drogi mój kochanku!
Poszedł z kolegami, gdzieś do diabłów trzysta,
Maszeruje sobie i tak sobie śwista ! »
(Nie masz nad żołnierza…
était le chant des Polonais servant dans l’armée austro-hongroise en 1914. La chanson devint ensuite populaire dans les formations de l’Est, durant la guerre d’indépendance contre les Soviétiques. Elle raconte les malheurs d’un soldat dans sa vie, au front puis à l’arrière, et conclut chaque couplet par : « Il continue de marcher et siffle comme ceci », vers systématiquement suivi par quelques notes gaillardes.)

Opération Veritable – Prise de relais
Priboj
– Arrivée du 4e RST du Colonel Roux, suivi de près par la 1ère DI tchécoslovaque d’Alois Liška. Comme l’a fait la 192e DIA, Français et Tchèques ne s’attardent pas dans le secteur – ils repartent aussitôt vers le nord, en direction de la vallée de la Save.

Guerre aérienne
Pluie de mai…
Balkans
– Aucune action significative dans les cieux – la Balkans Air Force accroît cependant ses vols de reconnaissance depuis la Serbie en direction de la vallée du Danube et de la Drava, afin d’étudier le renforcement des défenses allemandes dans le secteur.

AVNOJ
La lutte finale
Slovénie
– Après les embuscades et attaques de convoi de ces derniers jours, le 9e Corps “Slovène” continue de se replier vers les monts Bočko. Pour les officiers de la Domobranci, il est évident que les Partisans préparent une prochaine action vers Celje, Ptuj… ou peut-être Krapina ? Allez savoir, de toute façon, leurs forces ne sont pas assez nombreuses pour prétendre tout couvrir, sans même parler de donner la chasse aux Partisans… Ils en sont donc une fois encore quittes pour patrouiller sur les routes, en attendant de subir une attaque où d’être appelés ailleurs ! C’est ainsi que l’unité de Peterlin arrive à peine à Senovo… pour constater que l’ennemi s’est déjà envolé, évidemment.
Plus à l’ouest, à Novo Mesto, la SS-Freiwilligen Gebirgs-Brigade Karstjäger se heurte à nouveau au 7e Corps “Slovène” de Rajko Tanasković – essentiellement à la 14e Division “Slovène” de Joze Klanjšek Vasja (commissaire Stane Dobovičnik Krt). Vasja, instruit par l’expérience, ne s’acharne pas en vain et entreprend de se retirer vers l’est et la chaîne des monts Žumberak. Et pendant ce temps, les camarades continuent de semer le chaos vers Vinica, jusqu’aux abords de Karlovac.
………
Croatie (nord-ouest) – C’est désormais officiel : le 10e Corps “de Zagreb” tout entier est ravagé par le typhus et l’épidémie commence même à s’étendre aux civils de la région. Le principal vecteur de la maladie semble être les vêtements contaminés que l’on se passe pour tenter de se protéger de la pluie de ce début de mois de mai. Les capacités offensives du 10e Corps en sont bien sûr notablement affectées.
Au nord, la 33e Division “Croate” (Josip Antolovic, Uroš Krunić) doit ainsi abandonner toute velléité de poursuite des Hrvatske Oruzane Snage vers le nord et Glina, alors qu’il pourrait les harceler et mettre en déroute au moins une partie de cette médiocre force. Dommage… D’après des médecins, l’épidémie va sévir durant deux semaines au moins – et si le taux de mortalité sera faible chez les sujets par ailleurs en bonne santé, les survivants auront besoin de repos.
Au sud, l’annonce du typhus jette un froid entre les 10e et 11e Corps de l’AVNOJ – leurs 34e et 35e Divisions se séparent presqu’aussi vite qu’elles s’étaient rencontrées. Les hommes et femmes de Stanko Perhavec se hâtent de tourner les talons en direction de Sanski Most, en espérant qu’il n’est pas trop tard pour éviter la contagion. Ils laissent ainsi le 10e Corps couvrir seul le flanc nord de la vaste zone tenue par les titistes en Dalmatie.
………
Croatie (nord), vallée de la Save – Le ciel de plomb et la pluie qui tombe dru ne portent pas chance à la 12e Division “Slavone” de Petar Drapšin, à laquelle les cosaques du Hauptmann Orlov continuent de donner vigoureusement la chasse avec l’expertise issue d’une longue pratique. Isolés et hors d’état de riposter, les débris de la division de l’AVNOJ se retirent séparément vers Kusonje, afin de défendre le bassin de Požega contre une éventuelle action ennemie. Ce faisant, les Partisans abandonnent aussi à l’ennemi la grande majorité de leurs conquêtes de ces derniers jours : Pakrac, Omanovac, Lipik… autant de villes et villages où les cosaques font ou feront bientôt irruption, sans que personne (et notamment la population !) n’en ait été avisé.
………
Croatie (ouest), Lika-Senj – La 7e Division “Banija” et la 13e “de Primorje-Gorski Kotar” commencent à progresser vers Josipdol et Bosanki Petrovac. La première observe une prudence issue de son relatif isolement dans le secteur, tandis que la seconde fait toujours face à des éléments de la Domobranci. Il est douteux que ces actions poussives – quoique toujours valeureuses à l’échelle individuelle – donnent quelque chose avant plusieurs jours.
………
Région de Nikšić (au nord du Monténégro) – La transhumance oustachie impose toujours au 2e Corps “de Choc” de Peko Dapcevic de rester sur la défensive en se repliant dans la vallée de la Zeta, à hauteur de Vir et Vidrovan. En effet, après les vaincus désabusés du 1er CA oustachi, ce sont les légionnaires du KLAK qui passent – et ceux-ci ne rigolent pas, surtout qu’ils doivent déjà digérer la terrible humiliation d’avoir perdu face à des Tchèques ou à des Polonais – sans parler des Tunisiens ! Bref, leur humeur n’est pas à la galéjade, et les Partisans préfèrent les laisser passer pour réduire leurs pertes comme les représailles sur la population.
C’est contrariant, mais pas si grave. La victoire est là, sur les terres comme dans les têtes. D’ailleurs, l’AVNOJ a largement fait le plein de nouvelles recrues dans le secteur – outre la conscription, on parle d’environ 2 000 transfuges de différentes unités du NDH venues spontanément rejoindre les rangs de la Révolution. C’est énorme, surtout que les intéressés arrivent souvent armés ! Un armement certes très perfectible – au moins autant que leurs motivations… – mais c’est toujours ça de pris. De là à y voir le premier signe d’un prochain basculement de l’opinion croate en faveur de la révolution (ce que le maréchal Tito a évidemment prédit de longue date), il n’y a qu’un pas. Un grand pas certes – mais un seul. Et le franchir exigera aussi de régler le sort de tous les fanatiques et des trop compromis.

NDH
Sceaux brisés
Zagreb
– C’est dans la panique que la conjuration croate met la dernière main à sa “solution politique” destinée à faire sortir la Croatie de la guerre. En effet, à la sourde inquiétude liée aux défaites dans la vallée de la Save comme au Monténégro, sans parler des bombardements alliés, s’ajoute désormais le fait que les communications avec Belgrade paraissent sans cesse plus incertaines – c’est que les Serbes sont chaque jour plus furieux de ce qu’ils découvrent au fil de leur avance en Krajina et en Bosnie !
Pour faire bref, le projet Lorković – Vokić est simple. Dangereusement simple même !
– Acter le retournement de l’armée oustachie dans le secteur de Mostar et dans les conditions définies précédemment, au bénéfice des armées alliées. Ce qui implique, entre autres choses, le désarmement du KLAK, ou idéalement son engagement contre la SS-Handschar, dont on imagine sans peine qu’elle ne soutiendra pas la démarche.
– Sécuriser rapidement la capitale, Zagreb, grâce aux Hrvatske Oruzane Snage. Elles devront assurer la sécurité des lieux publics et désarmer les garnisons allemandes du secteur (peu nombreuses – mais c’est bien la preuve que, comme l’affirmait Rudi Stärker, la Heer ne s’opposera pas à un retournement !).
– Proclamer un nouveau gouvernement centré autour du Parti national paysan, avec Vladko Maček (le président du HSS) comme chef de la Nation. Sa première tâche sera évidemment d’appeler à l’aide la monarchie de Belgrade.
– Capturer et… “faire disparaître” les responsables oustachis les plus compromis, dont au premier rang Ante Pavelic – même si on espère que d’autres s’occuperont de son cas.
Selon ce projet quelque peu chimérique, le retournement croate aurait encore une chance de permettre la sauvegarde du NDH sous une forme… atténuée, au moins dans un premier temps. On comprend que les Américains soient dubitatifs. Et dans les faits, si MacDowell veut bien continuer à jouer le jeu, il recommande déjà à Washington de parachuter sa fameuse unité spéciale, le 2677th Regiment OSS (Prov.), en Slovénie plutôt qu’en Croatie.


Notes
5- A cause de la couleur de leurs bérets et de leurs vestes en cuir.
6- NDE – Wotjek prendra plus tard une retraite bien méritée à Winfield Airfield puis au Zoo d’Édimbourg, alimenté en cigarettes et en bière par les vétérans polonais qui passaient lui rendre visite. Il fut aussi un invité régulier de l’émission pour enfant Blue Peter ! Le caporal mourra en décembre 1963, à l’âge de 21 ans (ce qui est plus que correct pour un ours de 500 kg et un mètre quatre-vingt). Aujourd’hui, de nombreux ours en bronze perpétuent sa mémoire dans des endroits symboliques : musée Sikorski de Londres, ville de Cracovie, West Prince Street Gardens d’Édimbourg, Duns (près de l’ancien Winfield Camp), zoo de Poznań… et au pied du mont Ruminja, évidemment. Quant à la 22nd Supply Company, elle arborera jusqu’à sa dissolution un insigne en forme d’ursidé portant un obus…
7- Dont plusieurs orphelins… locaux : il est attesté qu’une demi-douzaine d’Albanais devinrent ainsi Polonais durant l’hiver 43-44.
8- Les uniformes d’apparat, gants blancs et cordons dorés, étaient par contre restés en France depuis 1940 !
9- Audet avait missionné cet officier pour aller à Athènes se procurer l’arme, un sabre sans doute d’origine turque déniché chez un antiquaire !
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demolitiondan



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MessagePosté le: Ven Nov 18, 2022 18:48    Sujet du message: Répondre en citant

Petite page documentation ...

Le 15 aout à Honfleur : https://www.youtube.com/watch?v=2WfaotSK3mI
Nie masz nad żołnierza...premier degrée, j'aime bien. https://www.youtube.com/watch?v=n9_f0nALsVs

Les polonais !
Je crois que Bonvalet est mort dans les combats de 44, vers la Provence, au sein des troupes françaises. L'épée, dans notre univers, c'est Uqhardt qui l'a offert à Sosabowski, après Market-Garden.
Les enfants du régiment. Photo émouvante ...



Carte imprimée en Palestine, je ne sais même pas comment.



Wojtek (en laisse, tout de même ...) :



Il est plutôt populaire en Pologne. Normal... C'est un outil magnifique pour la transmission de la mémoire auprès des enfants. On a régulièrement des animations pour les écoliers avec un militaire à la retraite qui vient raconter la 2GM accompagné d'une mascotte en peluche. Le très puissant IPN (institut pour le souvenir national) est derrière ces initiatives ...Ils ont même fait un jeu de société (genre 1000 bornes à travers l'europe) pour animer le sujet.





Je suis très très très (répéter autant que nécessaire) loin de soutenir le PIS et le gouvernement polonais actuel. Par contre, y' a un truc que je peux leur reconnaître, voire leur envier : une approche de l'Histoire où l'on ne passe pas son temps à politiser, polémiquer et s'excuser. Vous me direz, vu la 2GM, ce n'est pas le plus difficile.

Peut-être en fais-je un peu trop ... C'est que le sujet me tient à coeur. Enfin ! C'est embarqué maintenant.
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Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
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John92



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MessagePosté le: Ven Nov 18, 2022 19:22    Sujet du message: Répondre en citant

Merci pour les photos et la chanson, Démo
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John92



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MessagePosté le: Ven Nov 18, 2022 20:48    Sujet du message: Répondre en citant

...
Il leur faudra des jours avant d’entamer leurs défenses ! Encore faut-il qu’ils le souhaitent, d’ailleurs…
De fait, les Grecs ne paraissent pas (à ajouter ? )spécialement pressés d’aller se jeter sur les défenses (positions ? lignes ? ) nazies.
...
Brigades de montagne et 13e DI restent ici, non l’arme au pied, mais sur la réserve (défensive ? ), en attendant des circonstances plus favorables.
Dans les deux cas, par contre, cela ne convient pas à l’AVNOJ. Cette dernière a en effet déployé auprès des troupes alliées des forces considérables – du moins à son échelle. Quatre corps en Bosnie, un au Monténégro – presque 30 000 combattants, sans même parler des deux corps en Slavonie (10 000 combattants environ) et des réserves ! Il serait inadmissible que ces troupes (forces ? ) restent passives, alors qu’on pourrait continuer à avancer plein ouest, tout en contraignant les fascistes à la retraite !
...
Dans le second cas , personne n’a même songé à prévenir Tirana ! Bah, pensent les responsables, les nazis ne peuvent pas être partout, et les réactionnaires non plus…
Reste le cas (problème ? ) du Monténégro : ici, le 2e Corps “de Choc” est toujours astreint à la défensive devant Nikšić, obligé de se contenter d’observer le flot oustachi.
...
En partant, les Oustachis n’oublient pas de ravager une fois encore (à mettre en incise – simple suggestion pour le style- ? ) consciencieusement tout ce qui peut servir à l’ennemi (et même le reste).
...
Et il y en a des choses à transporter ! Tanks (Blindés ? –Il n’y a pas que les chars qui doivent avoir des inscriptions, les halfs-tracks aussi ; je ne maîtrise pas le matos de ce cette unité, donc pas taper^^ ; simple suggestion- ?) porteurs (ornés/décorés?) d’inscriptions blanches plus ou moins cryptiques (les Diables Noirs (5) n’ont jamais été très portés sur la fantaisie chromatique), fantassins chargés de leur barda, innombrables caisses de matériel… D’autres choses, plus exotiques, aussi : un ours de Syrie qui escalade (franchit ? – vu la photo de Démo, il n’escalade pas vraiment ; après c’est sans doute « licence poêtique »... et qu’en dise nos marins ? les connaissant ils ont leur vocabulaire « technique » sur l’échelle de coupée et comment on la parcourt) sur ses quatre pattes l’échelle de coupée, par exemple.
...
Les « enfants du régiment » ne sont pas aussi chanceux : rendus orphelins par les combats (ou par la déportation en Russie), adoptés par tous, on leur a taillé un uniforme trop grand dans des restes de toiles avant de les coiffer d’un béret et de tâcher de leur donner une éducation – notamment des cours de géographie, grâce à des cartes imprimées on ne sait comment en Grèce, mais qui présentent toutes (GROS CHIPOTAGE : « toutes présentent » – ça évitera la confusion, que j’ai fait en 1ère lecture, avec « présentent toute » : ce sont les cartes qui "toutes "présentent et non qui représentent l’intégralité de "toute" la Pologne en 39. Je pense que les Polonais seraient sensibles à cette nuance, ils sont très chatouilleux sur l’intégrité/intégralité de leur nation. Modif simple et élégante qui clot le débat, amha ) la Pologne dans ses frontières de 1939.
...
Anders et ses collaborateurs ont alors la surprise de découvrir un spectacle auquel ils ne s’attendaient pas : trente officiers français armés d’épées (8), qui forment (formant –simple suggestion – c’est plus court, plus surprenant ) une haie tournée vers la mer.
...
Le symbole est évident – le Polonais accepte, évidemment (tout naturellement ?).
...
Après les embuscades et attaques de convoi de ces derniers jours, le 9e Corps “Slovène” continue de se replier vers les monts Bočko. Pour les officiers de la Domobranci, il est évident que les Partisans (tropues de l’AVNOJ ?) préparent une prochaine action vers Celje, Ptuj… ou peut-être Krapina ? Allez savoir, de toute façon, leurs forces ne sont pas assez nombreuses pour prétendre tout couvrir, sans même parler de donner la chasse aux Partisans … Ils en sont donc une fois encore quittes pour patrouiller sur les routes, en attendant de subir une attaque où (ou ) d’être appelés ailleurs !
...
La transhumance oustachie impose toujours au 2e Corps “de Choc” de Peko Dapcevic de rester sur la défensive en se repliant dans la vallée de la Zeta, à hauteur de Vir et Vidrovan. En effet, après les vaincus désabusés du 1er CA oustachi, ce sont les légionnaires du KLAK qui passent ( défilent ? bob bof^^) – et ceux-ci ne rigolent pas, surtout qu’ils doivent déjà digérer la terrible humiliation d’avoir perdu face à des Tchèques ou à des Polonais – sans parler des Tunisiens ! Bref, leur humeur n’est pas à la galéjade, et les Partisans préfèrent les laisser passer ( ) pour réduire leurs pertes comme les représailles sur la population.
...
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Dernière édition par John92 le Ven Nov 18, 2022 21:47; édité 2 fois
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demolitiondan



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MessagePosté le: Ven Nov 18, 2022 21:07    Sujet du message: Répondre en citant

Petite erreur John ?
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John92



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MessagePosté le: Ven Nov 18, 2022 21:43    Sujet du message: Répondre en citant

Oups^^
J'étais pressé
Je corrige et supprime

ARF: impossible de supprimer le 1er message, seul un modo peut le faire.
Je modifie le 2eme mais un modérateur devra supprimer le 1er.
Toutes mes confuses.

Merci Démo
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demolitiondan



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MessagePosté le: Ven Nov 18, 2022 23:58    Sujet du message: Répondre en citant

Done !
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Nov 19, 2022 01:09    Sujet du message: Répondre en citant

Bon, bon… mais par moment, tu surchipotes ! L'ours a bien le droit d'escalader ! Cool
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Nov 24, 2022 21:07    Sujet du message: Répondre en citant

3 mai
La campagne des Balkans
Opération Plunder – Teatime
Vallées du Danube et de la Save
– L’Axe continue de profiter de la pause qui lui est offerte afin de se renforcer, en préparation de l’inévitable prochaine action alliée. La 214. ID d’Harry von Kirchbach, tout juste arrivée de Norvège, va ainsi se positionner au sud de Szekszárd – libérant enfin la 19. PzrGr Brandenburg, qui peut se remettre en réserve à Kaposvár. Le LXIII. ArmeeKorps d’Erich Abraham achève donc de prendre le relais du LXV. PanzerKorps de Walter Krüger.
Cette remise en ordredonne l’occasion de changer quelques têtes. Ainsi, le Generalleutnant Otto Lüdecke – envoyé en catastrophe commander une 264. ID déjà en déroute et désormais sévèrement entamée par les combats – cède sa place au Generalmajor Alois Windisch, un ancien de la 3. Gebirgs que Kreysing avait chassé suite à un désaccord tactique majeur. Windisch avait alors été envoyé à un poste infamant de commandant de Stalag, avant de contribuer à la formation de la 373. ID croate Tigar divizija… Mais maintenant que Kreysing est dans un camp quelque part en Afrique, il n’est plus personne pour en vouloir à Windisch, lequel reste de surcroît un officier de valeur, héros trois fois blessé de la Première Guerre (10), de la campagne de Pologne puis de Narvik, très aimé de ses hommes – un soldat de la trempe de feu Eduard Dietl, en vérité. Certes, depuis 1942, il n’a vu de la guerre que la Bandenbekämpfung – mais c’est ainsi : Lüdecke, qui n’aura commandé en tout et pour tout que 13 jours, retourne à la Führerreserve. Pour lui, c’est sans doute un peu vexant… encore qu’il s’agisse d’un commandement en Bosnie. Pas sûr qu’on ait fait une fleur à Windisch !

Opération Veritable – Partisans et Grecs
Région de Sarajevo
– Toujours aucune action significative dans le nord de la Bosnie : entre le 1er Corps grec (Giorgios Kosmas), l’aile droite du 2e Corps grec (Dimitrios Papadopoulos) et le III. SS-Gebirgs-Armee-Korps (Obergruppenführer Friedrich-Wilhelm Krüger), les manœuvres ont fait place à une guerre de tranchée. Enfin… plutôt de montagnes et de crêtes, défenses au moins aussi formidables que des retranchements creusés dans la boue.
Le siège de Sarajevo est bien entamé. Evidemment, tout le monde ne s’en satisfait pas. “Prolétariens” et “Bosniaques”, au sud, bien sûr – mais ils en sont encore à se rallier dans le massif des Treskavica, après les combats de la vallée de la Željeznica. Des combats coûteux, fatigants mais assurément encourageants. A tel point que certains se voient bien répéter leur scénario les jours suivants, par exemple vers Tarčin et sur les bords de la Rijeka. Les fascistes ne sauraient tout défendre, pas davantage demain qu’aujourd’hui !
C’est aussi cette certitude qui anime le 12e Corps “de Voïvodine” (commandant Danilo Lekic Spaniard, commissaire Stefan Mitrović), resté coincé avec la 13e DI de Charalambos Katsimitros à hauteur de Kijeko. Lekic veut bien laisser en fond de vallée une partie de ses forces – la 36e de Dušan Vukasović et Mirko Tepavac, par exemple – pour jouer les auxiliaires. Par contre, à la tête de “sa” 16e DI, il se voit bien glisser vers le nord-est en direction de la Likava, afin de menacer Sarajevo par Lukavica, en coordination avec le 8e Corps “Dalmate” (Vicko Krstulović, Ivan Kukoč). A Donja Ljubogošta, le commissaire Kukoč – comme bien d’autres camarades – est très remonté à force d’inaction. Et il n’a pas oublié le temps où la 26e Division (dont il était alors commissaire) menait l’assaut sur la péninsule de Pelješac au côté des Français, avec autrement plus d’audace, sur des caboteurs ou des chalutiers convertis. Mljet, Korčula… Alors va pour le mont Trebević ! Et aussi pour Faletići et sur la Mošćanica au nord, avec le soutien d’un barrage d’artillerie hellène. Une stratégie fabienne assurément payante : à terme, quand l’AVNOJ tiendra tous les sommets autour de Sarajevo, sa chute deviendra inévitable.
Ainsi, devant les efforts des Partisans, et alors même qu’elle n’a aucun ordre pour s’emparer de la capitale bosniaque autrement qu’en cas d’abandon par l’ennemi, l’armée grecque se retrouve, par sa seule présence, en train de contribuer à un affrontement majeur entre la Waffen-SS et l’armée titiste, avec pour enjeu le centre de la Yougoslavie.

Opération Veritable – Grecs et Partisans
Monténégro, Herzégovine et côte dalmate
– L’armée croate a abandonné Nikšić à l’ennemi – et tout ce qui, au Monténégro, était encore nominalement sous le joug du NDH. Manœuvrant vers Vilusi puis Klobuk, la 369. ID Vražja divizija (Marko Mesić) et la 392. ID Plava divizija (Artur Gustovic) semblent sur le point de constituer une solide arrière-garde sur la route de Mostar.
C’est dans ce contexte que la Brigade blindée du colonel Socrates Demaratos enre à nouveau en relation avec le 2e Corps “de choc” de Peko Dapcevic. Lequel n’a qu’une obsession : aller de l’avant et mettre en déroute le maximum d’Oustachis avant que ceux-ci ne rejoignent leur Croatie pour se reformer et combattre demain. Enfin, c’est intolérable : les Grecs véhiculés vont moins vite que les Partisans à pied ! Ceux-ci ont suivi une voie plus directe, il est vrai – mais cette voie directe passait aussi par des routes d’altitude, jusqu’à 1 400 mètres.
Les Valentine grecs sont accueillis par des commentaires acides – on propose carrément aux équipages de descendre pour laisser la place à plus motivés ! Ce qui est évidemment insupportable – les Partisans ont beau avoir quelques raisons de trépigner et une expertise certaine, Demaratos n’imagine pas de laisser passer cette injure sans réagir. Il ordonne donc à ses escadrons de reconnaissance de foncer vers l’ouest, pour s’emparer d’un point de passage sur la Trebišnjica avant que les ponts ne sautent. Une action hardie, certes – mais qui justifie bien qu’on prenne quelques risques.
………
« Nous étions donc enfin arrivé à Nikšić. C’est peu dire que l’endroit n’avait pas grand-chose pour nous plaire. Peut-être, au temps jadis, avait-elle été une sympathique ville de montagne. Mais là, c’était Ioannina ou Salonique ravagée par la soldatesque nazie – voire pire. Et puis, la disparition de Tovias n’aidait pas à rester optimiste, malgré la déroute ennemie…
Je n’aspirais plus qu’à une chose : du repos, avant peut-être une permission. Et tout Delta avec moi. Ce n’aurait d’ailleurs été que justice, après les efforts fournis ces derniers jours ! Ce fut donc avec une certaine colère que j’observais le M3 qui s’arrêtait devant nous… visiblement prêt à repartir vers l’ouest. Moi, à la radio : « Alpha ! On était censés être ramassés, pas trimbalés ! »
A ma grande surprise, ce fut l’état-major de la brigade lui-même qui me répondit : « Delta, ici le commandement. Vous avez de nouveaux ordres, Amynthe. Alithís se poursuit, mais on manque d’infos sur la vitesse du repli croate. On doit identifier précisément leur point de passage sur la Trebišnjica, et s’en emparer ou le détruire pour couper la route à toute leur arrière-garde. D’après les cartes, il y a toutes chances que ce soit quelque part entre Trebinje et Klobuk. A vous de le repérer – et dans le même temps, si ça se trouve, vous identifierez la plus grosse base ennemie, voire son quartier général. Avec Delta, allez-y en urgence et faites-nous un point sur la situation. »
« Excusez-moi, Monsieur
[Il ne m’avait pas donné son nom ni son grade !], mais c’est quoi cette histoire de pont sur la Trebišnjica ? Et qu’est-ce que c’est cette histoire d’envoyer une section isolée faire le clown en avant de tout le reste ? »
« Vous n’avez pas besoin d’en savoir plus, sergent ! On respecte la voie hiérarchique ! Contentez-vous de remplir votre mission ! Terminé ! »

Je n’allais pas partir seul : Gáïos et Bías allaient m’accompagner, cette fois. Voie hiérarchique ou pas. Après tout, on n’avait entendu nulle part que Delta devait partir seul ! Gáïos : « Y en a qui font disjoncter le détecteur de con…ries. » Bías : « Eh ben mon vieux, ça pue, cette histoire. » Enfin, Nikos : « Si même les chefs savent pas où c’est, ce truc… »
Je n’allais pas les contredire. Néanmoins, c’était pas comme si on avait le choix. « C’est notre dernière chance de coincer les meilleures troupes croates avant qu’elles filent. Allez, on se bouge. » Et nos deux halfitrackos filèrent donc vers l’Adriatique, en avant de la brigade. »

(Markus Amynthe –  [Machines de guerre] – Souvenirs de la campagne de Bosnie, Kedros éditeur via LGF, 1993)

Entretien avec un Oustachi
« – Donc vous avez réussi à atteindre Mostar avant tout le monde.
– Et surtout avant les combats retardateurs autour de Trebinje. Là encore, je n’ai pas besoin de vous expliquer le sujet…
Je ne saurais dire si le major prend plaisir ou non à m’imaginer érudit et à estimer en savoir plus que moi, ou encore s’il me cache ici quelque chose. Trebinje, n’étant pas mon sujet, je fais comme lui trente-huit années plus tôt : je vais de l’avant.
– Mostar, comment c’était ?
– Pour mes Vuka ? Mal. Mauvais même. La ville pleine d’hommes de la Handschar, que mon statut et mon grade tenaient très difficilement à distance, que ce soit pour leurs appétits de réquisition ou… d’autres choses. Comme je vous l’ai dit, mes hommes n’étaient pas les pires, loin de là.
Je me surprends à le croire, sur ce point.
– On perd votre trace à compter de cette date. Donc, votre unité a vite quitté la ville ?
– Très vite ! Vous savez, s’il est un truc que je dois accorder aux terroristes titistes, c’est leur description de ces derniers jours. Qui n’étaient pas les plus gais, c’était certain (11). Comme quoi, le problème dans cette histoire, c’était les Allemands…
– Le moral de vos hommes s’en ressentait ?
– Oh non ! Malheureusement, on avait attendu que je sois absent pour leur livrer tout un tas de matériel et d’armes arrivées d’on ne sait où. Y avait même de l’américain là-dedans, je me rappelle. Les plus jeunes s’amusaient sur les champs de tir avec ça : « Mortel, ce tir automatique ! » De vrais enfants ! J’ai calmé tout cela. Pour montrer l’exemple, je me suis attribué une Thompson et…
Ces histoires de fétichistes des armes ne m’intéressent pas.
– Donc, vous êtes partis vers où ?
– Vers…. Huum… Travnik, en arrière de Sarajevo, afin de sécuriser la zone. Une affectation sans trop d’histoires. Avec tout ce qui se passait partout autour de nous, on aurait même pu parler de planque. Mais pas pour mon groupe de choc. Non, nous…
Il sourit et abat sa main comme une carte au poker.
– Nous avons pris l’avion. A vingt, de Butmir, en direction du nord. Nous étions attendus là-bas. Détail amusant, on nous avait demandé de prendre plus d’uniformes que nous n’étions de soldats.
– Ah, vous êtes partis vers un terrain de délestage au nord de Sarajevo.
Il s’arrête un moment, fier de son effet. Et ajoute : « Je crois que vous commencez à comprendre. »
Je n’avais pas mal interprété son jeu théâtral – Ratko Vlašic était effectivement très amusé d’en savoir plus que moi. »
(Dans la tête du monstre – Conversation avec un officier oustachi, Robert Stan Pratsky, Flammarion 1982)

Opération Veritable – Prise de relais
Priboj
– Dernier de colonne, mais sans doute pas dernier de la classe, le 2e GTM (Augustin Guillaume) arrive à son tour à Priboj, qu’il traverse sans s’arrêter avant de remonter, lui aussi, vers le nord. Décidément, la Bosnie orientale est très fréquentée ces jours-ci !

Guerre aérienne
Petite foulée
Front des Balkans
– Après plusieurs jours, les vols reprennent dans la région – avec une activité plus réduite qu’auparavant, car sur les aérodromes aussi, les soldats alliés font la pause et entretiennent leurs machines. On effectue donc essentiellement des missions de harcèlement et d’interdiction dans la vallée de la Drava – à présent que tout le monde sait où les Alliés visent, inutile pour Arthur Tedder de faire semblant. Déjà que ses moyens ne sont pas franchement extensibles et qu’on va lui enlever la plupart de ses Polonais !

Curieux hasard
Zagreb
– Alors qu’on pensait pourtant ces derniers temps que l’aviation américaine avait mieux à faire que matraquer la pauvre ZNDH, Marauder de la 8th Air Force et Liberator de la 15th Air Force viennent aujourd’hui prouver le contraire, en frappant tous les terrains de l’aviation croate autour de la capitale. Črnomerec, Borongaj et Pleso subissent un déluge de bombes de 500 lbs, tandis que des raids secondaires ont lieu à Mostar, Sarajevo, Banja Luka et Zagreb.
A Borongaj, notamment, les dégâts sont catastrophiques : un tapis de bombes ravage la zone des hangars du 19e Escadron (qui arme notamment les Fieseler 167), près des voies de chemin de fer, détruisant des ateliers, effondrant les hangars sur deux Breguet XIX et déclenchant sur le taxiway un incendie qui se propage à tous les appareils en attente. Parmi les victimes du jour : le Fokker F.9 La Sorcière, deux Dornier 17 K, deux Fiat G.50, deux Potez 25, deux Saiman 200, un Bücker 131 et deux FP-2 – sans parler de plusieurs appareils allemands en transit : quatre Junkers 52 et un Junkers 87. Et il ne s’agit que du matériel détruit. Avec ces pertes et les appareils endommagés, il y aurait eu de quoi équiper deux escadrons !
Cet énième épisode très désagréable achève de convaincre le général Vladimir Kren de disperser ses rares et précieux avions encore opérationnels. Les plus vieux, mais encore utiles – tels les Saiman 200 – trouveront asile dans des granges. Pour les plus récents, prière désormais aux chefs d’escadron d’organiser des transferts biquotidiens à l’aube et au soir (12) vers des aérodromes secondaires de la capitale – enfin, en fonction de ce que permettra le rationnement en carburant.
Et Kren réclame à Berlin de nouveaux appareils de remplacement. Finalement, les Allemands eux-mêmes conviendront que tout cela ne peut pas durer : les jours suivants, ils tâcheront enfin d’aider leurs soi-disant alliés à améliorer leur système de veille aérienne, à organiser une vraie Flak (selon les possibilités locales…) et même à rationaliser le système de défense passive destiné à la protection des civils, tout en donnant quelques cours de déminage…
Quant aux Bf 109 G de la 15. Staffel (Kroat)/JG. 52, qui vont arriver, ils iront se baser à Bjelovar, au nord de la vallée de la Save. La piste de Borongaj – qu’ils étaient supposés utiliser – est impraticable pour plusieurs jours, car labourée par une quarantaine de bombes.

Waffen-SS du Heeresgruppe E
Invités très attendus
Split
– La SS-Freiwilligen Panzergrenadier-Brigade Nederland rejoint enfin son nouveau corps d’affectation, le V. SS-GAK, après un interminable voyage dans des trains sans cesse arrêtés pour une raison ou pour une autre depuis le Vaterland. L’Obergruppenführer Georg Keppler prévoit que la brigade se déploie bientôt dans le secteur de Jlabanica et de Konjic, afin d’assurer la jonction avec Krüger à Sarajevo – d’évidence, dans cette terre abandonnée des dieux, mieux vaut prévenir que guérir.
Cette position a d’ailleurs un autre avantage, un peu plus marginal : Jürgen Wagner n’aura pas loin à faire pour rejoindre sa formation. En effet, l’Alsacien est promu au commandement de la 4. SS-Polizei, en remplacement de feu Vahl. Il laisse ainsi sa troupe de volontaires bataves à Helmut Scholz, héros du Front de l’Est avec les Baltes de la Wiking, qui auraient beaucoup contribué à l’échec des assauts rouges sur Riga l’été dernier. Décidément, les Balkans semblent peu à peu destinés à accueillir une espèce d’internationale nazie.

AVNOJ
La lutte finale
Slovénie
– La situation dans l’est connait une très provisoire accalmie, sous l’effet du redéploiement en cours du 9e Corps “Slovène”. La Domobranci ne peut pas être partout… et les hommes de Lado Ambrožič – qui ne prétendent nullement libérer le terrain (contrairement à leurs camarades plus au sud) – de roquer impunément autour de leurs redoutes, qui semblent pour l’heure imprenables. C’est vrai – pour bien faire, l’Axe devrait cerner tout le secteur et déclencher une “purge”. Mais hélas – et l’Obergruppenführer Erwin Rösener enrage de devoir l’admettre – les moyens de la Waffen-SS dans la région ne le permettent pas pour l’instant. Mais où sont les jours glorieux d’antan ?
Autour de la Kupa, la SS-Freiwilligen Gebirgs-Brigade Karstjäger continue de dégager à grand fracas la route Novo-Mesto – Karlovac. Une fois encore, Hans Brandt montre qu’il sait y faire. Une fois encore, faute de prisonniers en nombre suffisant, sa troupe se défoulera abondamment sur les civils de la région. La brigade commence décidément à avoir sa réputation – elle tient visiblement à la défendre.
………
Croatie (nord), vallée de la Save – La 12e Division “Slavone” rejoint en catastrophe les bois de Kusonje, poursuivie par les auxiliaires cosaques du Reich, qui n’hésitent plus à charger sabre au clair les groupes isolés ou égarés, que ces derniers fassent mine de combattre jusqu’à la mort ou souhaitent se rendre. Orlov et ses hommes – pas davantage que von Pannwitz – n’ont vocation à faire dans la dentelle, surtout dans ce secteur.
Et la réputation des cosaques vaut bien celle de la Karstjäger. Ils le démontrent en entrant dès cette nuit dans Pakrac, bruyamment libérée il y a quelques jours à peine et désormais abandonnée à l’ennemi. La suite sera brutale – la SS-Kosaken-Freiwilligen Kavallerie-Brigade tient à faire un exemple !
………
Croatie (nord-ouest) – L’épidémie de typhus déclarée à Donji Žirovac continue de s’étendre très vite, paralysant l’action de la 33e Division, terrassée par l’infection, et touchant aussi la 34e de Martin Dasović. Il est vrai que les Partisans n’ont pas le luxe de changer souvent de vêtements, sans parler de les désinfecter – on n’évoquera même pas le cas de la malheureuse population, affaiblie par trois années de guerre, de malheurs et de privations.
Le 10e Corps “de Zagreb” parait bel et bien hors-jeu, par forfait. Au moins jusqu’à fin mai, sans doute – et nul ne peut dire dans quel état il sortira de l’épisode…
………
Croatie (ouest), Lika-Senj – Evidemment, du côté d’Andrija Hebrang, cette nouvelle sème la consternation. La 35e Division Lika (Stanko Perhavec, Šime Balen) est désormais officiellement en quarantaine, et priée d’aller répandre… la révolution très loin de ses camarades, vers Sanski Most, qu’elle devrait atteindre demain – si tout va bien.
Quant aux autres formations des 4e et 11e Corps “Croates”, elles continuent leur progression, aussi prudente que régulière.

NDH
Sceaux brisés
Sud de Banja Luka
– Le détachement de la 1ère Compagnie Parachutiste (Prva laka padobranska satnija) a bien dérivé depuis la vallée de la Save. Il est désormais très éloigné des lignes allemandes, dans une sorte de vaste zone impropre aux offensives située entre la Vrbas et Sarajevo – de fait, seule l’étroite vallée de la rivière Bosnie force véritablement la barrière des monts du groupe de Bosnie centrale, entre Doboj et Zenica. Cette quarantaine d’hommes n’en poursuit pas moins sa route, renforcée en chemin de petits groupes divers, pour partie irréguliers. En tout, ils sont désormais une petite centaine.
Dirigée par le sergent-chef Marko Kudelić (l’historique numéro deux de la 1ère Compagnie), la troupe atteindra Zenica dans la nuit en camion, pour s’y adjoindre encore de nouveaux éléments, avant d’entreprendre de remonter vers le nord, dans les reliefs du secteur de Žepče. Une zone où la ligne de front est pour le moins incertaine… De fait, on ne risque pas d’y trouver grand monde – d’un côté, le XIIIth Corps attend son transfert vers la Drava, de l’autre, le XVIII. Gebirgs-Armee-Korps de Julius Ringel a vraiment d’autres soucis.
Pendant ce temps, à Zagreb, le commandant Dragutin Dolanski (13), qui dirige l’unité, ne s’inquiète pas plus que cela. Il sait que de toute façon, ses paras des deux sexes (car il se trouve une ou deux femmes dans la compagnie !) ne sont pas près de sauter. Et pour cause : l’usine de soie pour parachute S. Trebitsch & Fils, où ils s’approvisionnaient, a sauté l’automne dernier ! Satanés Rouges…


Notes
10- N’eût été la chute du Kaiser, Alois Windisch aurait pu prétendre à l’anoblissement pour sa Croix de Chevalier de l’Ordre de Marie-Thérèse, reçue (un peu tard) en 1925 !
11- Milovan Djilas, deux ans plus tôt, décrivait ainsi Zagreb : « La nuit, des patrouilles, l’obscurité et des fusillades perpétuelles d’un côté puis de l’autre de la ville. Le jour, les Juifs signalés par des rubans jaunes et la peur et la colère, la faim et la mort, les visages sombres des habitants, les jeunes Allemands sans aucun égard, avec des prostituées et des appareils photos. Les passages des forces aériennes en direction de la Grèce et les troupes en route pour la Roumanie. Les premiers journaux communaux à la solde de l’occupant. »
12- Biquotidiens, car même ces terrains secondaires n’étaient pas jugés sûrs face à un raid de l’AVNOJ, surtout après l’attaque dévastatrice du 24 décembre sur Sarajevo-Zajlovac !
13- Premier parachutiste yougoslave (à l’époque) et unique commandant avant la guerre de l’école de parachutisme des FARY, à Pančevo.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Jeu Nov 24, 2022 22:00    Sujet du message: Répondre en citant

Voilà. J'ai quelques photos du raid sur Zagreb et des paras croates. Le fokker détruit est bien visible.









Un saiman 200 dans sa grange.



Entrainement au saut depuis le Fokker :



Le commandant des paras croates, à droite :



Au premier plan, Madame Zdenka Zibrat parmi les diables bleus.


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John92



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MessagePosté le: Jeu Nov 24, 2022 22:25    Sujet du message: Répondre en citant

...
Cette remise en ordredonne (ordre donne – manque un espace- ) l’occasion de changer quelques têtes.
...
Les fascistes ne sauraient (tiens, tiens ; l’auteur de ce texte serait-il belge ? –ne pourront pas ? –seulement si l’auteur n’est pas belge. S’il est belge, laissons le texte en état.) tout défendre, pas davantage demain qu’aujourd’hui !
...
A Donja Ljubogošta, le commissaire Kukoč – comme bien d’autres camarades – est très remonté à force d’inaction. Et il n’a pas oublié le temps où la 26e Division (dont il était alors commissaire (pour éviter la répétition, on pourrait utiliser le nom local du « politruk » ? )) menait l’assaut sur la péninsule de Pelješac au côté des Français, avec autrement plus d’audace, sur des caboteurs ou des chalutiers convertis.
...
C’est dans ce contexte que la Brigade blindée du colonel Socrates Demaratos enre ( entre) à nouveau en relation avec le 2e Corps “de choc” de Peko Dapcevic.
...
« ...
Mais là, c’était Ioannina ou Salonique
ravagée (ravagées ?? ) par la soldatesque nazie – voire pire.
...
D’après les cartes, il y a toutes
les (à ajouter ? ) chances que ce soit quelque part entre Trebinje et Klobuk.
...
Après tout, on n’avait entendu nulle part que Delta devait partir
seul ( seule ? –plus haut il est écrit que Delta est une section-) !
... »

...
Finalement, les Allemands eux-mêmes conviendront que tout cela ne peut pas durer : les jours suivants, ils tâcheront enfin d’aider leurs soi-disant alliés à améliorer leur système de veille aérienne, à organiser une vraie Flak (selon les possibilités locales…) et même à rationaliser le système de (la ? –tout simplement – orgnaiser étant déjà utiliser) défense passive destiné (destinée – uniquement si la modification précédente a été validée ) à la protection des civils, tout en donnant quelques cours de déminage…
...
Il laisse ainsi sa troupe de volontaires bataves à Helmut Scholz, héros du Front de l’Est avec les Baltes de la Wiking, qui auraient (avaient ? ) beaucoup contribué à l’échec des assauts rouges sur Riga l’été dernier.
...
Autour de la Kupa, la SS-Freiwilligen Gebirgs-Brigade Karstjäger continue de dégager à grand fracas la route Novo-Mesto – Karlovac. Une fois encore , Hans Brandt montre qu’il sait y faire. Une fois encore (Et, une fois encore – pour renforcer la répétiton^^ ), faute de prisonniers en nombre suffisant, sa troupe se défoulera abondamment sur les civils de la région.
...
Cette quarantaine d’hommes ( de paras ? -plus bas il est écrit qu’il y a une ou deux femmes-) n’en poursuit pas moins sa route, renforcée en chemin de petits groupes divers, pour partie irréguliers.
...
Dirigée par le sergent-chef Marko Kudelić (l’historique numéro deux de la 1ère Compagnie), la troupe atteindra Zenica dans la nuit en camion (camions ??), pour s’y adjoindre encore de nouveaux éléments, avant d’entreprendre de remonter vers le nord, dans les reliefs du secteur de Žepče.
...
Il sait que de toute façon, ses paras des deux sexes (voir remarque précédente, juste pour justifier) (car il se trouve une ou deux femmes dans la compagnie !) ne sont pas près de sauter.
...



Merci pour les photos Démo
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MessagePosté le: Jeu Nov 24, 2022 23:02    Sujet du message: Répondre en citant

De rien - comme ca vous voyez que j'invente si peu !
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MessagePosté le: Jeu Nov 24, 2022 23:57    Sujet du message: Répondre en citant

@ John - "Savoir" est ici employé de façon très française (l'auteur n'est pas Belge !).
Tu connais sûrement l'expression "on ne saurait mieux dire".

Il y a toutes chances = élision non fautive de l'article défini. Un peu comme dans "toutes choses égales…"

"En camion" = au singulier, indique le mode de transport. Au pluriel, indique les engins utilisés. Donc, ici, le singulier va aussi bien que le pluriel.

Enfin, s'il y a des femmes paras dans la compagnie, il n'est pas sûr du tout qu'il y en ait dans les 40 paras engagés dans cette "mission spéciale".
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MessagePosté le: Lun Nov 28, 2022 16:11    Sujet du message: Répondre en citant

4 mai
La campagne des Balkans
Opération Plunder – Teatime
Vallées du Danube et de la Save
– Calme absolu dans les lignes du XIIIth Corps et de l’ANZAC.
En revanche, instruit des déboires du 6e Corps “Slavon” – qui serait en difficulté plus au nord – le 5e Corps “Bosniaque” se lance dans une campagne de harcèlement contre le XVIII. Gebirgs-Armee-Korps dans le secteur de Derventa. Celle-ci s’avère rapidement assez vaine. En effet, Slavko Rodić seul n’a guère de moyens – en tout cas, toujours moins que Julius Ringel ! – et de toute façon, les rives de la rivière Bosnie ne préoccupent pas grand-monde dans l’immédiat. De plus, l’Allemand sait que la météo n’est vraiment pas de la partie pour des offensives de grande ampleur – il n’est donc guère inquiet pour la suite, et reste serein face à ce qui s’annonce comme un nouvel épisode de cette « guerre de bandits », qu’on saura traiter comme il convient.
De fait, partout, les pointes titistes sont repoussées, avec plus ou moins de pertes – plutôt moins, toutefois, du fait du manque d’énergie dans les rangs épuisés des Partisans. La pluie qui tombe dru permet néanmoins à la 10e Division (Milorad Mijatovic, Nikola Kolte) de s’infiltrer le long de la Save sous le couvert des arbres, en direction de Dubočac – soit peu ou prou à la jointure entre les troupes du NDH et de la Heer.

Opération Veritable – Partisans et Grecs
Région de Sarajevo
– La petite guerre de grignotage engagée par l’AVNOJ se poursuit. Désireuses d’accompagner ces efforts, la 1ère DI grecque tâche de border le 8. SS-PanzerGrenadier Rgt à Olovo. Elles y parviennent, mais ne peuvent franchir la Krivaja. Walther Schimana et ses hommes tiennent toujours bien leur secteur ! Pour l’heure, aucune des tentatives alliées pour les contourner ne paraît devoir réussir.
C’est aussi globalement le cas autour de Sarajevo, où les efforts d’infiltration et tentatives de débordement de l’AVNOJ ne rencontrent pas immédiatement un grand succès. Pour sûr, les Partisans sont motivés et experts, en dépit de la pluie. Mais du sud-ouest au nord-est, des Treskavica à la Mošćanic, en passant par le mont Trebević et la Likava, les corps titistes sont confrontés à la défense féroce des Schutzstaffel, qui leur font perdre du monde et du temps avant de se replier sur de nouvelles positions un peu plus près de la ville. Ce recul est contrariant pour le III. SS-GAK, c’est sûr… Mais tant que les vallées de la Bosnie et de la Zujevina (à l’ouest de la ville) restent tenues par les nazis, ils occupent toujours une bonne moitié de la cuvette. Leur position est inconfortable, c’est vrai – mais en aucun cas critique.

Opération Veritable – Grecs et Partisans
Monténégro, Herzégovine et côte dalmate
– La Brigade blindée grecque est désormais bien lancée sur la route de Trebinje, à la poursuite du KLAK et du reste de l’armée croate en retraite. Profitant du chaos dans les rangs oustachis – du moins ceux qui accompagnent ou font mine d’accompagner les légionnaires de Marko Mesić – les soldats grecs s’emparent dans la soirée d’un point de passage sur la Trebišnjica peu ou mal gardé par l’ennemi, à hauteur de Gornje Grančarevo. En principe, cela ne devrait pas être un trop gros souci pour l’armée croate : le gros de la troupe est déjà passé et si d’aventure il se trouve des imbéciles parmi les collaborateurs et autres compromis avec Zagreb pour n’avoir pas su filer à temps, c’est leur problème !
Sans doute… Cependant, du point de vue de Johann Milck, ce petit revers lié à la négligence est préoccupant. Il montre que les Grecs se sont ressaisis et relancent déjà la poursuite du Vojni korpus hrvatske legije. Or, si ses colonnes de fantassins harassés étaient assaillies demain par des escadrons de chars Valentine énervés passant par ce pont et surgissant dans leur dos sur le plateau que traverse la route de Mostar, ce serait une véritable catastrophe pour Zagreb… et pour le Reich. Après tout, qui pourrait suppléer les Allemands dans la région, si le gros de ce qui subsiste des forces croates était anéanti en Dalmatie ?
Aussi, sur instruction expresse de l’Allemand, remercié par un Ivo Herenčić de plus en plus déprimé et dépassé par les événements, une force improvisée autour de la 392. ID Plava divizija (Artur Gustovic) est mise sur pied pour reprendre ce fameux pont, avant qu’il ne soit trop tard. Au passage, le saisir permettra aussi de gagner le temps nécessaire à évacuer en bon ordre plusieurs villes de la côte : Dubrovnik notamment. Décidément, comme d’habitude, il faut tout faire et tout prévoir !
………
« – Contrôle, mission accomplie. L’objectif est sécurisé.
– Bien reçu Delta, excellent travail. La cavalerie arrive, mais la route est infecte.
– Oui, on a remarqué.
– Positionnez-vous en défense autour de l’ouvrage, il est possible que les Croates tentent de le reprendre, même si ce n’est pas certain. Vous n’aurez pas d’aviation avant demain matin au mieux. La pluie cloue au sol nos Bucéphale. Improvisez et accrochez-vous. On vous tient au courant de l’approche des blindés !
– Bien reçu Contrôle. Delta terminé.
Je raccrochai violemment le micro de Nikos, avant de relever la tête sous la pluie qui dégoulinait de mon casque et de considérer notre nouveau chez nous. Un ouvrage en pierre, ancien, peut-être même romain, d’allure médiocre et qui laissait passer des torrents d’eau brune entre ses voûtes. Au nord (côté croate), des berges escarpées et assez boisées, avec guère plus de 50 mètres de terrain praticable. Au sud (de notre côté), la forêt dense.
Je me retourne et je m’adresse à ma troupe – du moins à ses relais.
– Bon, les gars ! On va pas se coller dos au fleuve en terrain découvert ! Les M3 à l’abri dans les fourrés, mitrailleuse balayant la route. Nikos, toi et six hommes en arrière, avec les armes lourdes. Les autres, en trois sections avec moi, on fait des points d’appui. Bías, tu prends le commandement avec Gáios !
Bías : « Bien reçu Markus, ça fait plaisir de voir que tu sais reconnaitre plus malin que toi. »
Gáios : « Ouais, on va leur défoncer la g…le aux sous-Ritals ! On va se faire plaisir ! »

(Markus Amynthe –  [Machines de guerre] – Souvenirs de la campagne de Bosnie, Kedros éditeur via LGF, 1993)

Opération Veritable – Au revoir
Port de Durrës (Albanie)
– Départ au matin du dernier transport du dernier convoi transportant les hommes, femmes et enfants du 2e Corps polonais. Il n’est désormais plus aucun citoyen de la république de Pologne en Albanie. Du moins plus aucun de vivant. Avant de partir, l’évêque Josef Gawlina, aumônier général auprès des troupes d’Anders, a pris grand soin de célébrer deux messes de consécration : une au bord de la route de Drume, l’autresous le mont Ruminja. Ces terres sont désormais sacrées pour la nation polonaise.
Etonnamment, et contrairement à ce qu’on aurait pu craindre, ces lieux de mémoire seront globalement respectés par le régime d’Enver Hoxha. Peut-être parce ceux qui y dorment avaient aussi contribué à libérer l’Albanie du nazisme. Peut-être aussi pour honorer les authentiques héros de guerre tombés aux côtés des mouvements de résistance locaux (14).
Il poussera assez vite sur leurs tombes des fleurs rouges qui parsèment désormais chaque printemps les collines, comme de splendides coups de pinceau donnés par la nature. Des coquelicots, qui inspireront assez vite des chansons nostalgiques aux vétérans…
Mais pour l’heure, ne reste d’eux que les mots d’un soldat britannique anonyme qui leur rendait ce curieux hommage : « Their motives were as clear as they were simple. They only wished to kill Germans and they did not bother at all about the usual refinements when taking over our posts. They just walked in with their weapons, asked where the Germans were and that was that.”
Aujourd’hui, les Allemands sont bien mal en point. Pour les vivants, il y a encore de l’espoir.
………
“Czy widzisz te gruzy na szczycie?
Tam wróg twój się kryje jak szczur.
Musicie, musicie, musicie
Za kark wziąć i strącić go z chmur.
I poszli szaleni zażarci,
I poszli zabijać i mścić,
I poszli jak zawsze uparci,
Jak zawsze za honor się bić.
Czerwone maki na górze Ruminja
Zamiast rosy piły polską krew…”

« Voyez-vous les ruines au sommet ?
Là, votre ennemi se cache tel un rat.
Tu dois, tu dois, tu dois
Le prendre par le cou et le secouer jusqu’aux nuages.
Et ils sont devenus fous féroces,
Et ils sont allé tuer et venger,
Et ils sont allé aussi têtus que jamais,
Comme toujours, pour l’honneur du combat.
Coquelicots rouges sur le mont Ruminja,
Qui, en guise de rosée, ont bu du sang polonais… »
………
« Je me souviens qu’il y a deux ans et demi, lorsque j’étais sur le chemin de la Russie à Londres, les Uhlans des Carpates ont été la première branche de nos armées à relever leurs traditions après leur exil. Le premier de mes rêves était alors de revenir parmi vous au plus vite. Et ce retour s'est produit la même année.
Les combats victorieux du 2e Corps en Grèce et en Yougoslavie ont rendu célèbre le nom du soldat polonais. Votre régiment a joué un noble rôle dans ces événements. Que ce soit dans les batailles pour Amphilochia, pour le mont Ruminja ou pour Pogdorica – où vous êtes entrés les premiers – ou dans les derniers combats pour l’Albanie, où vous avez également été les premiers à entrer dans Tirana. Le régiment de reconnaissance Poznanski a bien servi la patrie. En tant qu’Uhlan doyen d’entre vous, je vous félicite pour vos succès. La cavalerie polonaise, à cheval ou à moteur, sera fière de vous. En tant que votre commandant, je vous remercie pour votre travail. »

Ordre du jour du général Władysław Albert Anders en date du 4 mai, rendant hommage au 12e Régiment de reconnaissance Poznanski pour la prise du mont Ruminja.
………
Pour conclure, laissons le mot de la fin à ce poème d’Elizabeth Frye, publié pour la première fois dans The Gypsy en décembre 1934. Il fit une très belle oraison funèbre lors des cérémonies organisées après la guerre, à l’initiative de Bernard Montgomery, pour tous les hommes du 18e GAA tombés dans la trop méconnue campagne des Balkans.
« Do not stand at my grave and weep,
I am not there, I do not sleep,
I am a thousand winds that blow,
I am the diamond glints on snow,
I am the sun on ripened grain,
I am the gentle autumn rain.
When you awaken in the morning’s hush,
I am the swift uplifting rush,
Of the quiet birds in circled flight.
I am the soft stars that shine at night.
Do not stand at my grave and cry,
I am not there; I did not die. »


Guerre aérienne
Petite foulée
Front des Balkans
– Retour d’une très forte perturbation atmosphérique sur le théâtre des Balkans, qui interdit tous les vols jusqu’à nouvel ordre.

Heeresgruppe E
Contrôle et inquiétude
Hotel de ville de Subotica
– Quand bien même c’est désormais Lothar Rendulic qui commande le HG E, Gunther von Kluge ne compte pas se laisser déposséder de tout lien avec le front. Der Kluge Hans est un maniaque du contrôle et des rapports – il ne tient pas à laisser, demain, la 12. Armee dans une configuration qui risquerait d’entraîner un nouveau désastre sur la route de Budapest. Un désastre dont il ne sait que trop bien qu’il serait le premier à porter le chapeau ! Aussi, durant les deux jours à venir, en court-circuitant largement la voie hiérarchique, le général n’aura de cesse d’auditer et de remanier largement – jusqu’à l’échelle de la compagnie – sur tout le flanc sud de la Hongrie.
On le comprend, von Kluge est inquiet : il a déjà à peine les moyens de défendre le lac Balaton, alors, s’il faut en plus, demain, venir au secours de la poignée de divisions de Löhr ! Elles ne sont que 12 à peine pour couvrir 300 kilomètres, et elles ne disposent pas des obstacles naturels de la Transylvanie. Jusqu’ici tout va bien, c’est vrai… mais jusqu’ici seulement.

AVNOJ
La lutte finale
Slovénie
– Nouveau calme trompeur dans ce secteur du front, où les forces de l’AVNOJ continuent de ravager les installations de l’Axe tout en faisant tourner en bourrique les unités de répression envoyées à leur poursuite. Un jeu qui pourrait sembler amusant sur une carte… n’étaient les conséquences des plus douloureuses de l’exercice pour les prisonniers, les blessés et (globalement) tous ceux qui ont l’infortune de tomber sur des Waffen-SS de mauvaise humeur. C’est notamment le cas dans la région de Karlovac, vers Straža, où la Karstjäger procède à l’exécution d’une dizaine d’otages « compromis » à titre de représailles. Il est vrai que cette fois-ci, du point de vue des SS, nous sommes en Croatie – donc du “bon” côté de la frontière pour ce qui est de la répression.
………
Croatie (nord), vallée de la Save – La SS-Kosaken-Freiwilligen Kavallerie-Brigade a repris Pakrac, entrant sabre au clair en ville dans une atmosphère de chaos et de terreur indescriptible. La Croatie est certes réputée alliée du Reich, mais ici, la population a visiblement retourné sa veste – un peu vite peut-être. Non qu’une plus grande prudence aurait fait une grosse différence ! De fait, Orlov n’a pas prévu d’aller courir la racaille dans les bois vers l’est. Par contre, il tient beaucoup à punir tous ceux qui, demain comme hier, rendent possible par leur complicité (sinon leur sympathie) la montée du désordre et du terrorisme dans les lignes de l’Axe.
Les cosaques ne tardent donc pas à mettre en application les méthodes mises au point sur le Front de l’Est, avec un savoir-faire qui pourrait même donner des idées à certains Oustachis, si les cibles de ces actions n’étaient pas des Croates. Les pendaisons se succèdent à un rythme effréné. Et comme Orlov a un vague fond de culture classique, il entreprend de semer les gibets en longues files, tels les croix romaines après la bataille du Silarus entre Spartacus et Crassus. Pour cela, les poteaux télégraphiques mis en place par Zagreb dans la vallée de la Save (mais toujours pas raccordés !) se révèlent très utiles…
………
Croatie – Le typhus continue à se répandre, anéantissant les efforts des troupes titistes du secteur. La 35e Division “Lika” (Stanko Perhavec, Šime Balen) est désormais frappée à son tour au nord de Sanski Most, qu’elle venait à peine d’atteindre. Des mesures très rigoureuses de quarantaine et d’isolement des sections de la division sont prises…

La Decima se venge
Plateau de Bainsizza (Slovénie italienne)
– L’affaire de Tarnova, la semaine dernière, a été présentée dans la presse de la Nouvelle Europe comme « une victoire à un contre mille », mais la Decima MAS l’a vécue comme un affront. Cet affront est aujourd’hui vengé par deux compagnies du bataillon Barbarigo de la Xa, qui mettent en déroute une troupe de Partisans slovènes. Celle-ci, il faut le dire, était probablement inférieure en nombre.
Cette victoire facile est bonne pour le moral, mais une question commence à hanter de plus en plus d’hommes de la Xa MAS : entre les Partisans yougoslaves qui semblent de plus en plus forts, des Allemands dont la situation est de plus en plus sans issue et des Alliés qui tardent à débarquer en Istrie comme espéré (ou redouté, selon les convictions de chacun), comment tirer son épingle du jeu ?
Et encore… Les fascistes ne savent pas qu’une bonne centaine de kilomètres plus à l’est, des Waffen-SS croates massacrent des civils, justement parce qu’ils sont présumés Italiens !

NDH
Sceaux brisés
Région de Žepče
– Les Croates parachutistes (sans parachute) ont atteint Žepče. Laissant sur leur droite, autour de Zavidovići, les lignes de la 164. ID de Karl-Heinz Lungerhausen (qui se moque bien du sort de ces sous-êtres), ils poursuivent vers le nord pour finalement arriver à Maglaj. Plus loin, ce sont les lacets de la rivière Bosnie, puis Doboj – un secteur défendu par personne ou presque. La 32th Army Tank Brigade, près de là, se prépare à lever le camp vers la Drava sitôt que les Français auront pris le relais, sans craindre aucune action ennemie.
Un rapport de la Feldgendarmerie signalera pour la dernière fois les paras croates sur la route de Doboj, vers Poljice… On perd ensuite la trace du groupe, comme avalé par les bois et les monts de Yougoslavie. Côté allié, on mentionnera les jours suivants plusieurs vols de liaison entre la région de Tuzla et celle de Čačak. La routine, en somme…
………
Entretien avec un Oustachi
« – Quand j’y repense, c’est un vrai miracle qu’on n’ait pas été abattus ! Allez savoir...
– Et qui avez-vous donc rejoints à Dutmir ?
– Ils ne sont pas vraiment présentés, mais je crois pouvoir affirmer sans me tromper que c’était des Diables bleus, même si on ne les appelait pas comme ça à l’époque…
– Les parachutistes de la 1ère Compagnie ? Qu’est-ce qu’ils venaient faire là ? (15)
– Patience… Nous avons franchi la rivière Bosnie cette nuit, accueilli par d’autres salopards qui n’ont pas davantage donné leur nom. Des gars rugueux, hostiles, mais qui semblaient tout de même vaguement satisfaits de nous voir. Nous leur avons remis nos uniformes en trop puis filé vers l’est, jusqu’au 6 mai, par tous les moyens de transport disponibles. Nous avons même pris l’avion ! Des appareils sans insigne de nationalité ou autre – encore que je crois me souvenir d’un bimoteur porteur d’une étoile blanche sur fond bleu maladroitement barbouillée de noir.
(Ricanement.) Et à l’arrivée sur l’aérodrome, j’ai vu distinctement Radoslav Rade Radić, que j’ai reconnu à son air stupide, sa grosse moustache et son šajkača (16) à pompons. Ça ne m’étonne pas qu’il se soit montré ainsi. Comme vous le savez, c’était un imbécile.
– Donc, vous prétendez être entrés en territoire allié avec des parachutistes croates et des hommes du Corps des Volontaires Serbes, le tout grâce à la bienveillante entremise de plusieurs intermédiaires de… diverses origines ?
– C’est ça !
(Mimique satisfaite…) »
(Dans la tête du monstre – Conversation avec un officier oustachi, Robert Stan Pratsky, Flammarion 1982)

“Noć i magla”
Site du camp de Jasenovac
– Une semaine après le démarrage de ses opérations de nettoyage dans le secteur, l’Ustaška nadzorna služba peut adresser dans la matinée un premier rapport à Ante Pavelic et ses séides. Le bilan de ses actions est… globalement positif. Inspirés par certaines méthodes de l’Axe en Pologne occupée, qu’ils ont mis en application avec entrain sur leurs propres terres, les Oustachis n’ont, une fois encore, pas fait dans la dentelle (17). Le site est désormais considéré comme « sûr, propre et nettoyé ». C’est utile et rassurant, s’il devait tomber demain aux mains des Bolcheviques…
Après ces atrocités, il ne reste à éliminer selon les comptes oustachis “que” 3 500 malheureux. Environ, car le boucher Luburić envoie régulièrement de Sarajevo à Jasenovac des lots de victimes, qui arrivent presque toujours estropiées – impropres au travail, elles sont donc immédiatement exécutées. Et puis, il y a les prisons du côté de la frontière croato-slovène, qu’on a décidé d’évacuer en urgence du fait de… l’agitation collectiviste. De ce fait, 1 590 détenus sont encore arrivés ces deux derniers jours de Lepoglava – il a bien fallu s’en occuper en urgence.
Mais désormais, tout cela est bien fini. De Sarajevo, Vjekoslav “Maks” Luburić en personne a confirmé l’ordre de fermer le camp ! Les gardiens s’exécutent donc, et commencent à éliminer les 3 500 derniers prisonniers, dans un ordre pour une fois logique : le personnel médical, les auxiliaires, les ouvriers qualifiés – puis les dernières femmes (700 à 900, qu’on a gardées jusqu’au bout à des fins de divertissement). Malheureusement pour le NDH, ce bétail humain a encore de la ressource – dans la soirée, constatant que de toute façon, ils sont condamnés, 600 prisonniers tentent de forcer les grilles pour fuir dans la campagne, massacrant les gardes à coup de pierre et escaladant les barbelés à mains nues vers un infime espoir de salut. L’intervention rapide de la 1ère Division d’Assaut ne leur laisse aucune chance – seuls 29 en réchapperont. Décidée à montrer sa force, l’unité d’élite croate entre ensuite dans le camp pour massacrer tout ce qui respire encore, qu’on ait tenté de fuir ou non. Puis, les derniers bâtiments en dur sont dynamités : corps de garde, chambres de torture, fourneau Piccili (18)… tout disparaîtra dans la nuit. Quant aux bourreaux du camp, on a encore grand besoin d’eux ailleurs.
Quant à la 1ère Division d’Assaut, désormais disponible, elle va se repositionner un peu plus à l’est, à hauteur de Nova Gradiška, pour prendre le relais du Ve Corps oustachi (qui peut ainsi aller relever les cosaques de von Pannwitz vers Daruvar). Mais toujours en gardant un œil sur ses arrières.


14- Citons le cas (mais en Grèce, non en Yougoslavie) de Jerzy Iwanow-Szajnowicz, ancien scout et athlète de haut niveau (nageur et joueur de water-polo niveau international), héros de la Résistance grecque (son beau-père était de Salonique) tombé en janvier 1943, victime de la Gestapo, à sa troisième arrestation (il s’était évadé deux fois). Encore aujourd’hui, le SOE et les services secrets polonais le considèrent comme l’un de leurs meilleurs saboteurs de la région (il a mis hors d’usage à lui seul les moteurs de 400 avions et de deux sous-marins). Ce n’est pas pour rien que la compétition de natation annuelle de Salonique s’appelle l’Ivanofeia !
15- La disparition de la quasi-totalité des effectifs de cette unité ne permet malheureusement pas de contrôler le récit du major – de fait, aucun des parachutistes oustachis n’a jamais bénéficié de l’amnistie de Belgrade. Les rares survivants, présumés émigrés, n’iront pas raconter leurs souvenirs à qui que ce soit…
16- Sorte de casquette plus ou moins folklorique typique de la Serbie.
17- Mais, une fois encore, avec une efficacité très perfectible. Ainsi, après la guerre, la commission en charge des fouilles sur le site retrouvera une fosse commune intacte (sans doute oubliée), renfermant 189 corps (dont ceux de 51 enfants de moins de 14 ans). La plupart d’entre eux avaient eu le crâne fracassé à coups de barre de fer.
18- Du nom de son concepteur, Dominik Hinko Piccili – ingénieur avant la guerre. En réalité, un simple monticule de briques, très éloigné de la rationalité allemande. D’ailleurs, en 1944, il n’est presque plus utilisé car de trop faible capacité.
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