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1940 - La France continue la guerre
 
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Le Front Russe, Avril 1944
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Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Fantasque Time Line Index du Forum -> 1944 - Le front russe
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demolitiondan



Inscrit le: 19 Sep 2016
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MessagePosté le: Ven Mai 20, 2022 19:11    Sujet du message: Répondre en citant

N'écoutant que son courage et son dévouement, le grand Casus a insisté pour finir la relecture du mois d'avril. Je vous demande une salve d'honneur pour notre rédac chef bien aimé. Je vous publie donc les éléments, avant d'autres qui suivront hors Hongrie et Balkans.
Pour les raisons techniques que vous connaissez (plus les miennes, je bâti une cathédrale sous les bombes ...) le rythme va rester lent. Du moins ne sera-t'il pas nul !
La FTL est un vieux navire. Il prend parfois son temps. Mais arrive toujours à bon port. Au surplus, c'est un navire de croisière - ce qui compte c'est aussi le voyage.

21 avril
Prolétaires aviateurs de tous les pays, unissez-vous !
Renforts
Vnukovo – « « Messieurs de la Franche-Comté, dans moins d’un mois, nous serons à nouveau au front, je vous le jure. En attendant, patientez, préparez-vous. J’attends encore cinq pilotes qui doivent arriver dans quelques jours. Je créerai alors une formation mixte de réserve et d’entraînement qui prendra le nom d’escadrille Montbéliard. On m’annonce également l’arrivée, dans les premiers jours de mai, de dix Yak-9 à canons de 37 mm pour test – et, à la fin du mois, de quelques Il-10 – le successeur de l’Il-2 – pour évaluation aussi. Ne piaffez pas. Les choses sérieuses ne vont plus tarder. Bientôt, nous repartirons en missions de guerre. »
Sur ces paroles réconfortantes, le colonel Martial Valin, qui nous avait réunis, lève la séance. Le moral était assez médiocre. Cette attente, qui nous laissait le loisir de ressasser échecs et disparitions, nous aigrissait. Il nous semblait que nous n’avions plus rien à apprendre. Faute de nous détendre, nous étions donc fin prêts pour retourner frapper l’Allemand d’estoc et de taille. Assez de jeu. Nous voulions retourner au travail ! Mais cette nervosité, cette langueur, venaient en un clin d’œil d’être effacées par la promesse du colonel Valin. »

(Capitaine François de Geoffre, Escadre Franche-Comté/Vistule, Charles Corlet éd. 1952, rééd. J’ai Lu, 1996)

22 avril
Commandos
Presqu’île de la Vistule – « Trois jours plus tard, le Shch-323 était au rendez-vous au large de l’isthme. Et il voyait nager vers lui sous la pluie un groupe de quatre nageurs assez fatigués – la section Kadurine, dont la première intervention était un franc succès ! Outre la découverte et le relevé de plusieurs sites de défense côtiers entre Memel et Königsberg (il semblait bien que les Allemands envisageaient d’utiliser l’isthme comme voie de ravitaillement terrestre de Memel !), le groupe avait effectivement repéré une anse de ravitaillement pour des vedettes fascistes naviguant sur la lagune – ses réservoirs risquaient d’avoir quelques difficultés à rendre le service attendu les jours suivants, même si on n’avait pas pu, hélas, s’occuper des personnels. Deux sites de débarquement pour de futures infiltrations plus importantes avaient également été détectés.
Mais surtout, la chance avait particulièrement souri aux nageurs quand ceux-ci étaient tombés par hasard sur une voiture de liaison traversant seule ou presque le secteur de l’ancienne station balnéaire de Schwarzort, ces jours-ci, bien évidemment, plutôt désertée… Quelques rafales tirées par l’aspirant N.K. Nikitine plus tard – il n’était pas question de faire de prisonniers… – et l’intégralité du dispositif local des Allemands jusqu’à Nidden tombait entre les mains des Soviétiques. Restait simplement à faire disparaitre les corps, en les enterrant dans les bois, sans oublier de couler la voiture au fond de la lagune.
Evidemment, tout cela ne s’était pas fait non plus sans quelque bruit et agitation – le moins possible mais tout de même ! Aussi, afin que toute l’affaire se conclue sans perte, il était plus que temps de rentrer. Même si l’isthme risquait fort de devenir un fameux terrain de jeu pour les commandos rouges dans les mois à venir… Et les débuts de la nouvelle génération de la ROSNAZ-KBF s’annonçaient donc sous les meilleurs auspices. »

(Commandos in the Baltic and Danuba: Soviet Naval Spetsnaz in World War II, Yuriy Strokhnine, Naval Institute Press 1996)

24 avril
Prolétaires aviateurs de tous les pays, unissez-vous !
Renforts
Zamość-Mokre –
« Une activité fébrile s’est mise à régner sur le camp. Sans arrêt arrivent et décollent des Yak 9, de nouveaux chasseurs Lavotchkine 5, des Stormovik Il-2, des bombardiers Pe-2 et des transport Lisonov et TB-3, avec leurs équipages aux visages tannés, et même des U2, souvent pilotés par des jeunes filles. Nous nous mêlons à eux. Nous échangeons longuement sur les différentes méthodes d’entraînement. Je découvre à nouveau ainsi, peu à peu, comment le gouvernement de Moscou a réussi à dresser contre l’envahisseur tout un peuple aussi composite que le peuple soviétique.
En URSS, plus que partout ailleurs peut-être, le courage et l’héroïsme sont prônés comme les vertus majeures de l’homme. Les poètes les chantent. Les écrivains les exaltent. Les journalistes les soulignent. Les effigies des héros célèbres sont dans toutes les revues et dans tous les journaux. Je vis un jour sur le fuselage d’un avion, écrit en grande lettres rouges, un nom : ALEXANDROV.

– Qui est-ce ? demandai-je.
On s’étonna que je ne connusse point encore l’histoire de ce simple soldat décoré à titre posthume de l’étoile d’or du Héros, pour avoir permis à sa compagnie de passer une route que balayait une mitrailleuse allemande, en se jetant sur l’arme dont il boucha le canon avec son corps.
»

(Capitaine François de Geoffre, Escadre Franche-Comté/Vistule, Charles Corlet éd. 1952, rééd. J’ai Lu, 1996)
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John92



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MessagePosté le: Sam Mai 21, 2022 08:41    Sujet du message: Répondre en citant

22 avril
Commandos
Presqu’île de la Vistule – [i]« ...
Et il voyait ]nager vers lui sous la pluie un groupe de quatre nageurs (hommes/commandos ?) assez fatigués – la section Kadurine, dont la première intervention était un franc succès ! Outre la découverte et le relevé de plusieurs sites de défense côtiers entre Memel et Königsberg (il semblait bien que les Allemands envisageaient d’utiliser l’isthme comme voie de ravitaillement terrestre de Memel !), le groupe avait effectivement repéré une anse de ravitaillement pour des vedettes fascistes naviguant sur la lagune
...
Quelques rafales tirées par l’aspirant N.K. Nikitine plus tard (formulation bizarre) – il n’était pas question de faire de prisonniers…
...

24 avril
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Renforts
Zamość-Mokre –
[i]« Une activité fébrile s’est mise à régner sur le camp. Sans arrêt arrivent et décollent des Yak 9, de nouveaux chasseurs Lavotchkine 5, des Stormovik Il-2, des bombardiers Pe-2 et des transport (transports) Lisonov et TB-3,
...
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Pendjari



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MessagePosté le: Lun Mai 23, 2022 10:40    Sujet du message: Répondre en citant

Gloire à Casus sur mille générations.

En Corée du Sud, les femmes dorment avec sa photo pour devenir fécondes.

En Corée du Nord, il serait à l'origine du Juche.

Manuel Valls a même récemment déclaré "si j'arrivais juste à la cheville du Maître, je serais Président" (il n'a pas précisé de quoi).

"HOSANNA" crie la foule, "NOËL" hurlent les enfants Razz
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demolitiondan



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MessagePosté le: Lun Mai 23, 2022 17:52    Sujet du message: Répondre en citant

Le Coon désespère d'avancer sur ... tous les sujets. Mais il nourrit le forum déjà ! Cool Cool Cool Cool Cool

25 avril
Prolétaires aviateurs de tous les pays, unissez-vous !
Soutien fraternel
3e et 1er Fronts Ukrainiens –
Les formations des maréchaux Ivan Koniev et Aleksandr Vassilievski continuent d’accroître leur appui aux insurgés de Slovaquie – il est ainsi prévu d’envoyer demain les premières unités constituées de la 2e Brigade aéroportée tchécoslovaque. En attendant, raids aériens et missions de ravitaillement se poursuivent, combinées à des reconnaissances en force dans le secteur Jasło-Krosno – ceci afin de toujours faire craindre à l’ennemi une offensive visant le col de Dukla. Pour l’heure, cependant, l’Armée Rouge n’en a pas les moyens – et encore moins la volonté. Mais cela ne coûte pas grand-chose de le faire croire aux Fascistes.
Et justement, dans le cadre de cette maskirovka menée – peut-être ! – aux dépens des Slovaques, l’URSS vient de lancer un nouveau leurre sur la piste. Le 1er Régiment aérien de Chasse indépendant tchécoslovaque (1er CSSLP) est formé ce jour, sous le commandement du capitaine František Fajtl (1). En dehors de quelques représentants des VVS, ses pilotes ont pour la plupart été transférés récemment d’Angleterre ou des Balkans – même s’il faut y ajouter des déserteurs de l’aviation slovaque, tels les lieutenants Anton Matúšek (2) et Ľudovít Dobrovodský. Des combattants motivés, donc, mais dont la majorité n’ont encore réalisé que quelques vols de familiarisation avec leurs nouveaux Lavotchkine La-5 FN ! Ils doivent donc encore parfaire leur entraînement, en dépit de leur hâte de rejoindre au plus vite la Tchécoslovaquie. Mais ce régiment ne compte que deux escadrons.

26 avril
Hongrie – Ruthénie
L’art d’accommoder les restes
Lvov (arrières du 1er Front Ukrainien, RSS d’Ukraine) –
Après pas moins de six jours de discussions aussi poussives que vaines avec leur “invité”, les Soviétiques décident finalement d’interrompre les tractations en cours avec le major-général Béla Miklós Dálnoki. Il est évident que celles-ci ne sauraient mener nulle part – le Hongrois a achevé d’user la patience des envoyés du NKVD qu’on avait dépêchés auprès de lui : ceux-ci ont finalement obtenu qu’on laisse tomber ce général déchu. L’URSS a mieux à faire ! Dálnoki retourne donc à son camp d’internement – mais l’Histoire en a-t-elle pour autant vraiment fini avec lui ?…

Prolétaires aviateurs de tous les pays, unissez-vous !
As rouge
Zamość-Mokre –
« Le pilote soviétique dont on parle le plus est le commandant Ivan Kojedoub, l’as des as russes, qui finira la guerre avec 57 victoires, dont 6 obtenues en quatre heures le même jour (3). Il avait vingt-quatre ans et était déjà commandant, alors qu’il avait commencé la guerre comme sergent moniteur dans une école de pilotage. C’était le septième enfant d’une famille de paysans ukrainiens qui habitait une isba près de Chotska, dans le district de Sourmy, dont il est maintenant [à la date de rédaction de l’ouvrage] le député au Soviet suprême. A l’entrainement déjà, il surpassait tous ses camarades. Au cours d’une séance de tir, il éperonna tous les ballonnets et ne s’arrêta que faute de munitions. Il partit sur le front de Kiev en mai 1943 et, trois mois après, réalisa un exploit que son carnet de bord résume sobrement ainsi :
« 9 heures : abattu un Messer 190 [sic],
11 heures 15 : abattu un Ju 87,
13 heures 10 : abattu un Fw 190,
15 heures : abattu un Ju 88. »

Lors de la contre-offensive de septembre, on lui homologuera plus de 20 victoires.
Sa devise est “Aie le cœur chaud et la réflexion froide”. Pendant les combats, tout en s’occupant de son ennemi personnel, il a l’œil partout et donne des conseils à ses camarades. Les pilotes de sa patrouille racontent qu’au cours des engagements, on l’entend dire à la radio : « Gorolev, un Messer à droite. Ivanov, attention, regarde en arrière. Vassili, couvre la queue d’Ivanov. C’est bien, Petia, à moi le Messer maintenant. »
Sur son carnet, on peut lire aussi cette phrase : « Nous sommes aux portes de l’Allemagne. Maintenant sonne l’heure de la vengeance. »
Il la poursuivra jusqu’au bout, abattant le dernier jour deux avions au-dessus de Berlin. A l’armistice, il pourra faire état d’un éblouissant palmarès : 325 missions de chasse et 140 combats ; 22 avions de bombardement, 33 chasseurs et 2 avions de reconnaissance abattus. Trois fois héros de l’URSS, il a maintenant son buste dans son village natal et bientôt, selon la tradition en vigueur, il l’aura à Moscou. »

(Capitaine François de Geoffre, Escadre Franche-Comté/Vistule, Charles Corlet éd. 1952, rééd. J’ai Lu, 1996)

27 avril
Stratégie soviétique
L’art d’utiliser les Slovaques
QG du 3e Front Ukrainien (Rzeszów) –
En Pologne plus ou moins libérée, le maréchal Ivan Koniev se livre à quelques jeux de prospective avec son nouveau chef d’état-major, Vassili Sokolovski. Il leur parait déjà bien évident que, malgré tous les espoirs et toutes les illusions, le soulèvement slovaque n’a aucune chance de prospérer sur la durée dans les circonstances actuelles. L’adversaire est trop fort, les insurgés n’ont aucune profondeur stratégique – et l’on doute fort, avec l’expérience, qu’un soutien par voie aérienne puisse leur suffire pour tenir.
Dans le fond, Koniev se moque du sort des Slovaques comme de sa première étoile rouge. Néanmoins, il sait aussi que le maréchal Staline suit de près ce dossier, et lui comme Vassilievski l’ont d’ailleurs régulièrement au téléphone à ce propos. Le Vojd ne laissera pas les Slovaques tomber sans les avoir aidés, au moins un peu – ces imbéciles seront bien trop utiles pour la suite des opérations, sans parler de l’après-guerre.
Il est donc à prévoir qu’on sollicitera bientôt de l’Armée Rouge un nouvel effort de solidarité prolétarienne, pour une sorte de diversion. Et le problème de Koniev, c’est que son 3e Front Ukrainien est le mieux placé pour cela.
Certes, le gros de ses troupes – le centre et la droite – sont constamment renforcées depuis plusieurs semaines pour la prochaine offensive d’été, Oder, laquelle permettra enfin de tout balayer en Pologne et de prendre pied dans les terres du Reich. Mais à sa droite, Joukov comme Rokossovski sont trop loin et trop occupés par le proche avenir pour le soutenir. Et à gauche, Vassilievski, Bagramian et Tolboukhine ne l’aideront pas non plus : Cluj-Debrecen sera leur prochaine affaire – et un assaut aussi massif sur les Carpates ne se décommande pas pour rien. En résumé, Koniev est seul, coincé dans son inconfortable mais pourtant très stratégique position à l’angle du front soviétique, à pouvoir tendre la main aux inattendus alliés de l’URSS.
Ce qu’on ne peut éviter, il convient de le maîtriser. Le maréchal ne se laissera pas entrainer dans une vaine campagne de Slovaquie, laquelle pourrait hypothéquer la suite. Il ne dispose pour l’heure que de quatre armées : les 61e et 65e Armées, dans le secteur de Rzeszów, et les 1ère et 5e Armées de Choc, vers Przemyśl. Ces dernières ne sont qu’à 60 kilomètres environ du col de Dukla, lequel commande la route menant à Prešov… puis à Poprad, Košice et au col de Soroška. Un peu loin pour tendre la main au soulèvement – mais assez près pour menacer véritablement les arrières des forces de répression, tout en faisant craindre à la Wehrmacht un éventuel effort massif dans cette zone. Ce raisonnement est simple et clair – il est donc à prévoir que la Stavka le tiendra bientôt elle aussi, sous la gouverne du Vojd, pour qui, assurément, les petits coups de sonde déjà lancés ne seront bientôt plus suffisants.
Koniev donne donc des ordres à Sokolovski pour qu’il prépare dès à présent une nouvelle opération, baptisée Carpates-Dukla. Celle-ci devra viser dans un premier temps Krosno et Sanok, avant de tâcher d’approcher de ce fameux col de Dukla et (qui sait ?) de s’en emparer. Charge donc à son CEM de mettre au point quelque chose de significatif et efficace, mais avec des moyens relativement réduits n’engageant pas l’avenir – et notamment pas celui d’Ivan Koniev, lequel a d’autres ambitions que Zvolen ou Brastislava…

Guerre secrète
Intoxication
Une forêt près de Hrodna, 01h00 –
Sous le premier quartier de la froide lune flottant sur les bois soviétiques, un Heinkel 111 tout noir passe deux fois en vrombissant au-dessus d’une zone de largage matérialisée par des braséros. La première fois, il largue des containers. La seconde fois, l’Einsatz P, c’est à dire trois parachutistes : un opérateur radio d’origine balte fourni par les services de l’OKH et deux commandos SS du 502. SS-Jäger-Bataillon d‘Otto Skorzeny.
Le premier ne va pas très loin : tombé un peu à l’écart, le « traître balte » est promptement récupéré par les services du NKVD, sans doute pour être expédié au Goulag. Quant aux deux Allemands, un sympathique comité d’accueil vêtu de vert-de-gris les conduit immédiatement jusqu’à la tente de Scherhorn. L’intéressé leur souhaite évidemment la bienvenue puis les engage à envoyer sans attendre, grâce à son opérateur radio, le signal requis. Sitôt dit, sitôt fait – l’instant d’après, Tokarev et PPsh sortent des manteaux : « Et maintenant, chers amis fascistes, vous allez faire ce qu’on vous dira… »

(1) Commandant en second : capitaine Jan Klán, issu, comme Fajtl, des VVS ; commandants d’escadron : lieutenants-colonels František Chábera (venant de la RAF) et Josef Stehlik (venant de l’Armée de l’Air).
(2) Matúšek est un as à 10 victoires, qui est passé l’hiver précédent du côté soviétique avec son Bf 109 G.
(3) Sa monture favorite à la fin du conflit était un Lavotchin La-5 FN, en remplacement de son MiG-9 de 1943. Kojedoub prétendra dans son autobiographie avoir abattu durant les derniers jours du conflit deux P-51 américains qui l’avaient attaqué, l’ayant peut-être pris pour un Fw 190…
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John92



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MessagePosté le: Lun Mai 23, 2022 18:35    Sujet du message: Répondre en citant

Rien à signaler de mon côté.
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Archibald



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MessagePosté le: Mer Mai 25, 2022 05:06    Sujet du message: Répondre en citant

Pendjari a écrit:
Gloire à Casus sur mille générations.

En Corée du Sud, les femmes dorment avec sa photo pour devenir fécondes.

En Corée du Nord, il serait à l'origine du Juche.

Manuel Valls a même récemment déclaré "si j'arrivais juste à la cheville du Maître, je serais Président" (il n'a pas précisé de quoi).

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Tu devrais revoir ta signature... "J'ai craqué, chef !"
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Pendjari



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MessagePosté le: Mer Mai 25, 2022 11:38    Sujet du message: Répondre en citant

Jaloux va ! Tout ça parce que j'ai été plus rapide que toi à flagorner le Patron Razz
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Archibald



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MessagePosté le: Mer Mai 25, 2022 16:17    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:

En Corée du Sud, les femmes dorment avec sa photo pour devenir fécondes.


ça me rapelle la marionnette du Alain Delon. Des Guignols.
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Pendjari



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MessagePosté le: Mer Mai 25, 2022 17:18    Sujet du message: Répondre en citant

Tu m'étonnes, c'est de là que j'ai pompé (sans mauvais jeu de mots Imberator, je sens ta tension qui monte) la métaphore.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Mer Mai 25, 2022 22:20    Sujet du message: Répondre en citant

Bon ! Vu que ca gamberge, la fin du mois d'avril 1944 sur le front de l'Est !

28 avril
Forces spéciales
Reformation
Budapest –
Le 502. SS-Jäger-Bataillon de l’Obersturmbannführer Otto Skorzeny est dissous. Ses membres, une quarantaine de commandos environ, sont immédiatement transférés à une nouvelle unité plus importante : le SS-Jagdverband Mitte (car destiné à combattre partout), lequel devra rassembler à terme toutes les forces spéciales du Reich y compris les éléments étrangers de valeur. Elle ne manquera donc pas d’intégrer dans les semaines à venir des individus d’horizons très divers : SS du 502. JB évidemment, mais aussi Osttruppen et légionnaires jugés fiables, récupérés du Sonder-Einsatzabteilung z.b.V et même certains Brandebourgeois choisis pour la vigueur engagement politique. Après tout, si le Jagdverband emprunte déjà l’ancienne dénomination anti-partisans du Brandenburger, il est tout aussi logique qu’il absorbe ses meilleurs éléments !
Ainsi, après avoir placardisé une unité solide et fiable mais avoir échoué à la remplacer, la SS se lance dans une vaste campagne entreprise de création par assimilation, en ratissant littéralement dans tous les coins. Le tout, sans changer de chef, évidemment.

29 avril
Stratégie soviétique
L’art d’utiliser les Slovaques
QG du 3e Front Ukrainien (Rzeszów), 18h00 –
L’attente n’a pas été longue… En fin de soirée, le maréchal Ivan Koniev reçoit un coup de téléphone en direct de Moscou. A l’autre bout du fil, une voix bien connue : « Ivan Stepanovitch, les choses ne vont pas bien en Slovaquie, d’autant plus que la pluie gêne fortement nos opérations de ravitaillement. La Stavka et moi-même nous demandions s’il n’était pas possible de faire quelque chose ? »
Question purement rhétorique, évidemment. Ce n’est pas une requête, mais un ordre. Et Koniev est particulièrement satisfait d’annoncer à son maître : « J’ai anticipé sur cette question délicate, camarade maréchal. Sur votre instruction, deux armées de l’aile sud du 3e Front Ukrainien peuvent immédiatement attaquer. Elles ne parviendront peut-être pas tout de suite jusqu’aux insurgés, mais leur action pourra servir utilement la cause. » En détournant l’attention des Fascistes, cela va sans dire.
Staline a parfaitement compris l’euphémisme qui lui a été servi – mais il n’en demandait pas davantage : « Parfait ! Transmettez votre projet à la Stavka. Nous l’étudierons demain matin et reprendrons contact avec vous aussitôt après. Prenez toutes les dispositions nécessaires en attendant. »
– Je sers l’Union Soviétique !

En raccrochant, Ivan Koniev a toutes les raisons d’être satisfait : il a de nouveau marqué des points auprès de son maître et prouvé qu’il était impossible de le prendre en défaut. Certes, ses troupes ne sont certes pas complétement prêtes… Mais qu’importe ! De toute façon, Dukla-Carpates n’a objectivement aucune chance de réussir. L’essentiel n’est pas là : avec cette opération, le maréchal montre ainsi à quel point il est motivé, fiable et prêt à obéir aux ordres – voire à les devancer, contrairement à certaines pleureuses toujours promptes à réclamer délais ou moyens supplémentaires. Il sera parfaitement logique de lui confier le premier rôle dans la future offensive décisive contre le Reich. Et Koniev s’attend donc à voir de nombreuses troupes passer sous ses ordres dans les semaines à venir, ne serait-ce que pour remplacer les inévitables pertes de la feinte slovaque.

30 avril
Stratégie soviétique
L’art d’utiliser les Slovaques
QG du 3e Front Ukrainien (Rzeszów), 21h00 –
Ivan Koniev reçoit l’ordre d’exécuter Dukla-Carpates dès demain 05h00, après une courte préparation d’artillerie. L’opération ne concernera que la 61e Armée (Pavel Belov) et la 1ère Armée de Choc (Andrei Vlassov) – lesquelles sont donc priées de se sacrifier pour le bien commun.

Prolétaires aviateurs de tous les pays, unissez-vous !
Pauvre Foucaud
Rzeszów –
« Le 30 avril 1944, le commandement soviétique confiait au Franche-Comté la défense aérienne de la ville de Rzeszow. C’était un grand honneur qu’on nous faisait : 40 000 habitants, des usines, le QG du 3e Front Ukrainien et nos petites alliées du DKA (1), voilà ce que nous allions devoir protéger à présent.
– Silence, vos gueules, on n’entend pas les communiqués ! hurlait le père Magloire à notre adresse, tandis que Lefèvre, toujours méthodique, épinglait sur la carte du front les lignes soviétiques.
En attendant l’attaque de la Luftwaffe, on continue l’exercice. Peu avant midi, le lieutenant Foucaud fait un tonneau lent qui termine son travail de la matinée. Pour achever cette figure classique, il passe sur le dos à grande vitesse. Il est à 100 mètres du sol. Le MiG, soudain, pique vers le sol. Un quart de seconde plus tard, une énorme explosion ébranle le camp. Feu. Fumée. Débris. Il ne reste plus rien de Foucaud ni de son avion.

– Peut-être était-il mal remis de son coup dur du mois dernier, dit Lefèvre, très ému. Il avait eu un tassement de vertèbre. Cela lui donnait parfois des évanouissements et des malaises.
Nous ne répondons pas. Lefèvre hausse les épaules.
– Pauvre Foucaud !
Pauvre Foucaud ! C’est bien la seule oraison funèbre que nous pouvons articuler, il y en a déjà trop eu, hélas ! »

(Capitaine François de Geoffre, Escadre Franche-Comté/Vistule, Charles Corlet éd. 1952, rééd. J’ai Lu, 1996)

Guerre secrète
Intoxication
Une forêt près de Hrodna, 00h30 –
Les Allemands n’ont toujours pas compris ce qui se joue dans le soi-disant Kessel Scherhorn – ils envoient donc cette nuit un nouveau Kommando, l’Einsatz S, destiné à appuyer les soldats encerclés ! Lequel est, évidemment, intercepté sans tambour ni trompette par le NKVD sitôt tombé du ciel.
Les jours suivants, l’exercice se reproduira encore deux fois, avec les Einsatz M et N, le tout toujours sans que les services secrets du Reich ne se doutent de quoi que ce soit. Une contrariété cependant pour les Soviétiques : par suite d’une erreur de navigation aérienne, le dernier groupe n’est pas tombé dans leurs filets, mais plutôt dans la forêt de Lituanie, assez loin d’ici… Bah, il n’a qu’à essayer de rentrer à pied, il n’y parviendra jamais !

(1) Il s’agit des musiciennes de la Maison régionale de l’Armée Rouge (DKA, le foyer du soldat), visiblement très appréciées de nos aviateurs français.
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Etienne



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MessagePosté le: Jeu Mai 26, 2022 07:10    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
SS du 502. JB évidemment, mais aussi Osttruppen et légionnaires jugés fiables, récupérés du Sonder-Einsatzabteilung z.b.V et même certains Brandebourgeois choisis pour la vigueur de leur engagement politique.


Manquant?
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