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1940 - La France continue la guerre
 
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Asie-Pacifique, Avril 1944
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Avr 19, 2022 12:17    Sujet du message: Répondre en citant

17 avril
Océan Indien
Renforts aériens alliés
Birmanie
– Fin d’une époque pour le 80th Fighter Group Burma Banshees, qui voit son 88th Squadron rééquipé avec des P-47. Si les pilotes sont très heureux des performances de leurs nouvelles montures, ils regrettent la disparition des têtes de mort ornant leurs P-40 et qui avaient fait la notoriété du groupe, remplacées par un code couleur plus standard mais plus fade.

Opération Stoker
Sumatra
– Le raid du jour n’est pas l’œuvre des Liberator des 436th et 492nd BS, mais des B-25 de la flottille 17F et du Sqn 18, qui s’en prennent pour la deuxième fois en quelques jours à Banda Aceh et à Sabang. Les missions de couverture et de neutralisation de la DCA ont été confiées aux Beaufighter de la flottille 10F. Ce que le raid précédent n’avait pas incendié l’est aujourd’hui, avec d’autant plus d’efficacité que les bimoteurs opèrent à beaucoup plus basse altitude que les B-24. Seuls quelques appareils sont endommagés par la DCA (deux se poseront en mer), le 24e Sentai, étrillé par les attaques précédentes, brillant par son absence.

Opération Meridian II/Méridien II
Côte ouest de Sumatra
– Alors que les Corsair et les Barracuda britanniques s’en prennent aux ports de Pangkala Brandan et Pangkala Soesoe, à l’aérodrome et aux ouvrages d’art autour de Langsa, les Corsaire et les Vengeur français mènent un raid contre les installations de l’île de Simalur, dont les installations radar et radio avaient été durement malmenées par les obus des cuirassés. Une fois de plus, le 24e Sentai, tentant de faire face aux raids Stoker au nord, brille par son absence. Les différents raids rentrent sans pertes bien que quelques appareils soient obligés d’amerrir près des porte-avions. Du coup, la place manque dans les hangars car les appareils remplaçants en provenance du Dixmude arriveront par petits groupes tout au long de la journée.
………
Singapour – L’état-major de la Marine Impériale sait maintenant qu’une nouvelle “croisière” des Franco-Britanniques est en cours. Il est donc demandé l’entière coopération de l’Armée pour baser les unités de la Marine à Java afin de leur permettre de frapper les escadres des « Colonialistes ».

Campagne d’Indochine
A bas les cao-daïstes
Saigon
– La réunion commencée la veille se poursuit au palais du gouvernement. Après l’organisation politique et la santé économique de l’Indochine, la question des caodaïstes est au centre des discussions. La secte est très puissante et, en janvier 1943, son “évêque”, Tran Quang Vinh, a annoncé son ralliement au Viêt-Nam Phuc Quoc Dong Minh Hoi, la Ligue pour la restauration du Vietnam de l’empereur fantoche Cuong De.
………
Fondée en 1933, la Ligue n’avait, avant guerre, qu’une très faible influence en Indochine. En 1940, alors que le Japon avait commencé à montrer ses ambitions régionales, des membres de la Ligue réfugiés en Chine occupée avait été renvoyés au Vietnam pour tenter de déstabiliser le pays. L’entreprise avait piteusement échoué et les agents de Cuong De, désavoués par les Japonais, avaient été contraints de retourner d’où ils venaient.
L’invasion japonaise avait cependant tout changé. L’empereur Bao Dai avait dû suivre l’armée française dans sa retraite vers les Hautes Terres, tandis que l’usurpateur Cuong De était reconnu comme empereur par les Japonais. Les caodaïstes, de leur côté, soutenaient depuis toujours la légitimité de Cuong De, parce qu’il était un descendant de l’empereur Gia Long. Bien que ne faisant pas partie du V.N.P.Q.D.M.H., l’évêque Tran Quang Vinh s’était donc affilié au nouveau régime tout en créant en Cochinchine un “Comité directeur” qu’il présidait afin de réunifier la secte caodaïste sous sa seule autorité.
Les adeptes ainsi regroupés devaient participer à une campagne de recrutement grâce à des réunions d’information régulière, à des collectes et à l’émission de bons de soutien pour la Ligue, remboursable par le gouvernement de l’empereur Cuong De, et lorsque la persuasion ne suffisait plus, les émissaires du Comité directeur n’hésitaient pas à employer la violence. C’est pourquoi nombre de jeunes adeptes reçurent une instruction militaire dispensée par les Japonais.
Les caodaïstes, entraînés dans les chantiers navals Nishinan à Cholon, furent répartis entre différentes formations comme les “Forces volontaires de l’intérieur” (Noi Ung Nghia Binh), les “Bérets blancs” (Bach Mu Doan) ou la “Garde” (Canh Ve Quan) de Cuong De. D’autres adeptes adhérèrent tout simplement au Hei Ho, corps de partisans levé et contrôlé directement par les Japonais.
………
Bien que la secte ait trempé dans toutes les actions des “Japonais locaux”, les représentants de l’Union Indochinoise sont bien embarrassés par le problème qu’elle pose. Déjà en lutte avec les Hoa-Hao dans le delta du Mékong, le Vietminh n’a aucune envie d’entamer un conflit avec d’autres fanatiques et les Français ne le souhaitent pas davantage. Pourtant, on ne peut pas rester sans rien faire !
Décision est finalement prise d’arrêter l’évêque Tran Quang Vinh, qui est en résidence surveillée à Tay-Ninh depuis la prise de la ville, et de le faire passer en jugement pour trahison, ainsi que tous les membres de son Comité directeur. Mais ils seront jugés en tant que personnes privées, sans évoquer leur appartenance à la secte, pour éviter une nouvelle flambée de violence.

Guerre sino-japonaise
Opération Bailu
Canton
– Les éléments du génie du 68th Composite Wing s’activent pour remettre en état l’aérodrome, avec l’aide de nombreux Chinois réquisitionnés.


18 avril
Océan Indien
Opération Mary
Malaisie
– En pleine nuit, des bruits de moteurs réveillent des pilotes de l’aérodrome de Kampung Pengkalan, première ligne de défense japonaise dans le nord de la Malaisie. Les bombes ne tardent pas à pleuvoir sur le terrain – celui-ci est heureusement à l’écart de la ville, mais quelques bombes tomberont malgré tout sur l’agglomération, causant des pertes civiles.
Les attaquants sont des Halifax (dont les Australiens du Sqn 544) et des Wellington, éclairés par quelques Mosquito. Ils inaugurent ainsi une campagne de bombardement nocturne dirigée contre la Malaisie : l’opération Mary. Celle-ci, destinée à préparer Dracula, a plusieurs objectifs. Premièrement, amoindrir les infrastructures de l’aviation japonaise et causer une certaine attrition à la chasse adverse avant des pénétrations diurnes de plus en plus profondes. Ensuite, s’en prendre aux ports de la côte orientale de la Malaisie afin de perturber la logistique japonaise. Enfin, neutraliser la forteresse de Singapour en tant que base principale de la défense japonaise en Malaisie.
Au sol, les dégâts sont modérés. Cependant, plusieurs appareils du 64e Sentai sont détruits ou endommagés. Tous les bombardiers rentreront à Rangoon sans problème au petit matin.

Opération Meridian II/Méridien II
Kuala Lumpur
– Lorsque les sirènes d’alerte sonnent sur les aérodromes entourant la ville, il est déjà trop tard. Traversant l’île de Sumatra avant de plonger à basse altitude, les chasseurs et bombardiers de la flotte franco-britannique s’en prennent aux installations ferroviaires et aux terrains. Dans la bagarre, les Alliés perdent sept appareils contre douze aux Japonais – le Royal Marine Ronnie Hay obtient sa septième victoire. Mais au sol, c’est plus de cinquante appareils du 77e Sentai, dont beaucoup sont neufs, qui sont mitraillés ou bombardés et pour la plupart détruits.
………
Singapour – La consternation règne : la situation de la Malaisie va devenir rapidement intenable. Bientôt, son occupation risque de ne plus présenter aucun intérêt compte tenu de la diminution drastique de la production pétrolière de Sumatra. Seule la position de verrou de Singapour présente encore un avantage pour les soldats du Tenno, mais le pays, avec la perte de la plus grande partie du Vietnam, est de plus en plus mal ravitaillé. La disette menace la 25e Armée !

Campagne d’Indochine
Réalisme
Hôtel Métropole (QG des forces d’occupation japonaise en Indochine), Hanoi
– Le général Andou Rikichi vient de recevoir un long rapport classé secret, signé du lieutenant-général Genzo Yanagita, commandant la 33e Division. Il s’agit d’une étude de la situation sur la frontière sino-vietnamienne, particulièrement du cas de la garnison de Cao-Bang.
Le rapport explique que le but original de l’établissement de postes entre Langson et Cao-Bang était de conquérir la population et de renseigner l’état-major sur ce qui se passait dans le secteur. Comme des embuscades de plus en plus meurtrières se sont multipliées, les soldats ont baptisé la RC4 la “route sanglante” et le défilé de la 73/2 entre That Khé et Dong Khé est même devenu le “boulevard de la mort”. L’activité principale des postes n’est plus de maintenir le contrôle de la région, mais de garder la RC4 ouverte… Or, cette route ne sert qu’à les ravitailler.
Plusieurs postes sont tombés et les sacrifices consentis ne sont pas à la hauteur des résultats. Les garnisons ne sont pas seulement incapables de garder le contrôle de la région, elles sont prises en otage par l’ennemi. Ces derniers mois, la vulnérabilité du dispositif japonais a été confirmée ; plusieurs postes ont été évacués pour regrouper les unités. Toute la RC3 (avec Bac Kan) a été abandonnée, mais aussi bon nombre de positions secondaires de la RC4 et les postes frontières de Talung, Po Ma et Bi Nhi. En pratique, les Japonais ne tiennent plus que Cao Bang, Dong Khé, That Khé, Na Cham et Dong Dang, plus quelques avant-postes le long de la “route sanglante”.
Après ce rappel de la situation présente et des décisions qui y ont abouti, la seconde partie est consacrée à la résolution du problème. Le général Yanagita prescrit carrément d’évacuer Cao-Bang : les effectifs déployés par l’Armée Impériale ne sont plus suffisants pour maintenir le contrôle de la région et protéger les communications. Avec la dégradation de la situation en Chine, il n’est plus possible de compter sur les unités déployées au sud de ce pays. Maintenir ouvertes des routes ne menant nulle part ne se justifie pas et constitue une charge qui dépasse les possibilités des Japonais en Indochine. Si les troupes qui tentent de remplir cette mission inutile ne sont pas évacuées vers la région de Hanoï et le Delta, elles seront anéanties. Beaucoup de bons soldats seront perdus pour rien et ce désastre sera exploité par la propagande ennemie.
Le général Rikichi ne peut s’empêcher de juger convainquant le rapport de son subordonné.


19 avril
Océan Indien
Opération Stoker
Sumatra
– La base aérienne de Medan est aujourd’hui la cible des B-24 de la 10th Air Force, escortés par les 449th et 459th FS. Les dégâts sont modérés et quelques bombes tombent sur les faubourgs proches. Cette fois, le 24e Sentai a eu le temps de voir arriver le raid et a pu se positionner convenablement. Deux Liberator sont abattus (l’un tombant en mer sur le chemin du retour), ainsi que deux P-38, mais contre sept Hayabusa. Le major Glenn, du 459th FS, remporte sa troisième victoire.

Opération Meridian II/Méridien II
Padang
– Bien que détruite deux mois plus tôt, la cimenterie d’Indaroeng reçoit une nouvelle visite des appareils des porte-avions alliés – mais aujourd’hui, ceux-ci s’en prennent surtout au port d’une part, aux voies de chemins de fer et aux ponts au sud de la ville d’autre part. Les appareils du 87e Sentai envoyés sur place ne pourront que constater les dégâts. Les appareils alliés rentrent en n’ayant perdu que trois d’entre eux, tous du fait de la DCA.

Guerre sino-japonaise
Opération Bailu
Canton
– La ville étant déclarée sécurisée après la neutralisation des derniers tireurs embusqués laissés derrière eux par les Japonais et la piste de l’aérodrome étant remise en état, Tchang Kai-chek se rend en personne à Canton. Son avion personnel, un C-47 baptisé Meiling (le prénom de son épouse), se pose à l’aéroport de Baiyun sous la protection d’une solide escorte de huit P-40. Il se rend sur les lieux des principaux combats, accompagné d’une foule de journalistes, photographes et cameramen de la presse aussi bien internationale que chinoise : Henry Luce, patron du groupe de presse Time-Life et ami de longue date des époux Tchang, a donné des instructions pour que l’événement fasse l’objet d’une abondante couverture médiatique aux Etats-Unis.
Le point d’orgue de la visite est un discours triomphal qu’il prononce sur les marches du mémorial de Sun Yat-sen. Depuis le début de la guerre sino-japonaise en 1937, la Chine avait certes remporté quelques victoires tactiques et réussi à défendre des villes contre des attaques ennemies ; mais pour la première fois, l’une des principales métropoles chinoises a été libérée de l’occupant japonais, et ce avec des forces essentiellement chinoises (on ne glosera pas sur leur équipement presque entièrement made in USA…). Même si le port sera longtemps inutilisable et si, de toute façon, les Japonais sont toujours en mesure de le bloquer tant qu’ils tiennent Hong Kong, c’est pour la Chine (et pour Tchang) une importante victoire symbolique.


20 avril
Océan Indien
Birmanie
Mergui
– Basé là depuis quelques jours seulement, le Squadron 17 reçoit ses premiers Spitfire VIII. Ses Mk V, une fois révisés, remplaceront les Hurricane III à bout de souffle du Sqn 1 (RIAF). On notera au passage le changement de Squadron Leader du Sqn 17 : le très respecté Wing-Co Frank “Chota” Carey, 28 victoires, est versé en FTU à Calcutta. Son remplaçant, le Squadron Leader James “Ginger” Lacey, 19 victoires, avait été le deuxième chasseur britannique (et le troisième allié) pour le nombre de victoires durant le blitz Malte-Tunis.

Opération Meridian II/Méridien II
Sumatra
– La plupart des Corsair/Corsaire et des Hellcat de la flotte alliée mènent un vaste sweep (mission Rodeo) contre les aérodromes de Lahat, Mana et Martapoera. Comme deux mois auparavant, il s’agit de préparer le terrain à la pénétration profonde jusqu’à Palembang, au cœur du dispositif japonais sur l’île. Les Japonais ont eu le temps de se regrouper et les Anglo-Français ont affaire à environ quarante Ki-44 et vingt Ki-43. Néanmoins, les Japonais perdent près de vingt appareils, contre sept aux Alliés.
Deux des pilotes alliés sont récupérés. Le premier amerrit près d’un destroyer de l’écran. Le deuxième est repêché en mer par le HMS Taciturn, mais sa récupération donne lieu à un incident regrettable. En effet, pour une obscure raison (erreur dans l’attribution des fréquences radio ?), le camarade qui orbitait au-dessus en guettant les secours prend le submersible venant de faire surface pour un Japonais et effectue une passe de mitraillage avant de comprendre son erreur. L’histoire fera grand bruit et le pilote sera sanctionné, mais la confiance entre aviateurs et sous-mariniers de la Royal Navy restera entachée et prétexte à divers accrochages dans les bars et troquets portuaires jusqu’à la fin de la guerre.

Campagne d’Indochine
Billard à trois bandes
Hué
« Le lieutenant Laurent Peyrard venait d’achever la traduction à voix haute du rapport que le général Yanagita avait adressé à son supérieur, le gouverneur Rikichi. Rapport très secret, certes, mais l’antenne du Vietminh au Tonkin avait pu s’en procurer un exemplaire et l’avait immédiatement envoyé au 2e Bureau.
Le jeune officier soupira : « J’avais espéré que ce rapport secret nous apprendrait des choses que nous ignorions, mais décidemment il n’y a rien d’exploitable. »
– Uniquement parce que vous considérez les choses de votre point de vue.

Assise sur une chaise droite, Victoire Dubois considérait le lieutenant Peyrard d’un air boudeur qui la faisait ressembler à un écureuil.
– Que voulez-vous dire, Mademoiselle Dubois ?
– Que se passerait-il si la presse publiait ce rapport ?

Laurent Peyrard eut un instinctif mouvement de recul. Le secret était la base du travail de renseignement. Publier le rapport revenait à crier aux Japonais que le Vietminh avait un agent dans la place. Bon, mais que pouvaient-ils faire ? Soupçonner tout le personnel de l’hôtel Métropole, tous les collabos vietnamiens, les mettre tous dehors…
Il jeta un regard à Victoire, elle était retournée à la lecture de son livre. Après des semaines à l’observer, il savait que c’était pour elle une manière de garder contenance. La jeune fille était très timide. Laurent réfléchit à la question : voyons, que se passerait-il si cette information secrète devenait publique ? La réponse semblait évidente.
– Ils seraient embarrassés…
Sans lever les yeux, Victoire secoua sa tête blonde : « Oui, mais raisonnez en Asiatique ! »
– Ils seraient embarrassés, donc, ils perdraient la face… Et ils n’aimeraient pas ça.
– Le général Andou Rikichi est l’archétype du général japonais, raciste, colérique, imbu de sa supériorité. Si la presse publie un article qui montre qu’un de ses subordonnés a peur d’affronter l’ennemi – car bien sûr, c’est ce que nous lui ferons dire – que fera-t-il ?

Le jour se fit dans l’esprit du lieutenant Peyrard.
– Il refusera d’abandonner Cao-Bang pour ne pas perdre la face. C’est une idée géniale !
– N’exagérons pas !

Le lieutenant Peyrard s’amusa de la gêne de Victoire. Elle s’était penchée davantage sur son livre et il ne put discerner ses traits. Pourtant, il se doutait qu’elle rougissait.
Il se secoua. Il fallait préparer tout ça. Bon, si on pouvait quand même éviter d’orienter les soupçons des Japonais sur le personnel de l’hôtel Métropole. Hum… après tout, il n’avait pas besoin de publier le texte exact du rapport. Si on incluait des erreurs et des approximations, les Japonais s’orienteraient vers une fuite à un niveau moindre. Laurent sourit. L’intox était un boulot stimulant et on rencontrait des gens extraordinaires. »


Guerre sino-japonaise
Opération Bailu – Vers Hong Kong
Vallée de la rivière des Perles
– Tandis qu’à Canton on déblaie les gravats et on enterre les morts avant de commencer à reconstruire, les 1ère, 5e et 52e Armées commencent à se redéployer vers le sud.
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Capu Rossu



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MessagePosté le: Mar Avr 19, 2022 12:54    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour,

Citation:
Le deuxième est repêché en mer par le HMS Taciturn, mais sa récupération donne lieu à un incident regrettable. En effet, pour une obscure raison (erreur dans l’attribution des fréquences radio ?), le camarade qui orbitait au-dessus en guettant les secours prend le submersible venant de faire surface pour un Japonais et effectue une passe de mitraillage avant de comprendre son erreur.


Tiens, tiens, une des scènes finale dans le roman le Ciel sur la Tête de l'amiral Jubelin et gardée dans le film d'Yves Ciampi.

@+
Alain
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Wil the Coyote



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MessagePosté le: Mar Avr 19, 2022 13:39    Sujet du message: Répondre en citant

Squadron Leader James “Ginger” Lacey....


Est ce une référence à Biggles???
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John92



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MessagePosté le: Mar Avr 19, 2022 13:54    Sujet du message: Répondre en citant

...
Une fois de plus, le 24e Sentai, tentant de faire face aux raids Stoker au nord, brille par son absence. Les différents raids rentrent sans pertes bien que quelques appareils soient obligés d’amerrir près des porte-avions. Du coup, la place manque dans les hangars car les appareils remplaçants en provenance du Dixmude arriveront par petits groupes tout au long de la journée.
...
Fondée en 1933, la Ligue n’avait, avant guerre (avant-guerre ?), qu’une très faible influence en Indochine. En 1940, alors que le Japon avait commencé à montrer ses ambitions régionales, des membres de la Ligue réfugiés en Chine occupée avait (avaient ?) été renvoyés au Vietnam pour tenter de déstabiliser le pays.
...
Les adeptes ainsi regroupés devaient participer à une campagne de recrutement grâce à des réunions d’information régulière (régulières ?), à des collectes et à l’émission de bons de soutien pour la Ligue, remboursable par le gouvernement de l’empereur Cuong De, et lorsque la persuasion ne suffisait plus, les émissaires (envoyés ?) du Comité directeur n’hésitaient pas à employer la violence.
...
Décision est finalement prise d’arrêter l’évêque Tran Quang Vinh, qui est en résidence surveillée à Tay-Ninh depuis la prise de la ville, et de le faire passer en jugement pour trahison, ainsi que tous les membres de son Comité directeur. Mais ils seront jugés en tant que personnes privées, sans évoquer leur appartenance à la secte, pour éviter une nouvelle flambée de violence.
...
Les bombes ne tardent pas à pleuvoir sur le terrain – celui-ci est heureusement à l’écart de la ville, mais quelques bombes (quelques-unes ?) tomberont malgré tout sur l’agglomération, causant des pertes civiles.
...
Premièrement, amoindrir les infrastructures de l’aviation japonaise et causer une certaine attrition à la chasse adverse avant des pénétrations diurnes de plus en plus profondes. Ensuite, s’en prendre aux ports de la côte orientale de la Malaisie afin de perturber la logistique japonaise. Enfin, neutraliser la forteresse de Singapour en tant que base principale de la défense japonaise en Malaisie.
...
L’activité principale des postes n’est plus de maintenir le contrôle de la région, mais de garder la RC4 ouverte… Or, cette route ne sert qu’à les ravitailler.
Plusieurs postes (de ces postes ?) sont tombés et les sacrifices consentis ne sont pas à la hauteur des résultats. Les garnisons ne sont pas seulement incapables de garder le contrôle de la région, elles sont prises en otage par l’ennemi. Ces derniers mois, la vulnérabilité du dispositif japonais a été confirmée ; plusieurs postes (attention, positions déjà utilisé) ont été évacués pour regrouper les unités.
...
Bien que détruite deux mois plus tôt, la cimenterie d’Indaroeng reçoit une nouvelle visite des appareils des porte-avions alliés – mais aujourd’hui, ceux-ci s’en prennent surtout au port d’une part, aux voies de chemins de fer et aux ponts au sud de la ville d’autre part. Les appareils (chasseurs ?) du 87e Sentai envoyés sur place ne pourront que constater les dégâts. Les appareils (avions ?) alliés rentrent en n’ayant perdu que trois d’entre eux, tous du fait de la DCA.
...
Basé là depuis quelques jours seulement, le Squadron 17 reçoit ses premiers Spitfire VIII (OTL et de mémoire, le mk VIII est un haute altitude. Mk IX plutôt non ?).
...
Comme deux mois auparavant, il s’agit de préparer le terrain à la pénétration profonde jusqu’à Palembang, au cœur du dispositif japonais sur l’île. Les Japonais ont eu le temps de se regrouper et les Anglo-Français ont affaire à environ quarante Ki-44 et vingt Ki-43. Néanmoins, les Japonais perdent près de vingt appareils, contre sept aux Alliés.
Deux des pilotes alliés sont récupérés.
...
«...
Il se secoua. Il fallait préparer tout ça. Bon, si on pouvait quand même éviter d’orienter les soupçons des
Japonais sur le personnel de l’hôtel Métropole. Hum… après tout, il n’avait pas besoin de publier le texte exact du rapport. Si on incluait des erreurs et des approximations, les Japonais s’orienteraient vers une fuite à un niveau moindre. Laurent sourit. L’intox était un boulot stimulant et on rencontrait des gens extraordinaires. »
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LaMineur



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MessagePosté le: Mar Avr 19, 2022 14:25    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Le général Rikichi ne peut s’empêcher de juger convainquant le rapport de son subordonné.

Ne le jugerait-il pas plutôt convaincant ?
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Anaxagore



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MessagePosté le: Mar Avr 19, 2022 14:28    Sujet du message: Répondre en citant

Tu as raison, lapsus révélateur..; quoique il serait plutôt con vaincu.
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Imberator



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MessagePosté le: Mar Avr 19, 2022 14:55    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
L’intox était un boulot stimulant et on rencontrait des gens extraordinaires.

N'était-on pas parvenu à la conclusion que "intox" était un terme anachronique dans la bouche d'un français en 44 ?
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Avr 19, 2022 15:38    Sujet du message: Répondre en citant

Arg, j'avais vu les deux et… pour convainquant, j'ai oublié de corriger, pour intox, je m'étais dit "on verra bien"…

A propos d'intox, le film "La Ruse" dont on commence à voir les affiches, c'est bien "Opération Mincemeat", non ?
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Casus Frankie

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FREGATON



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MessagePosté le: Mar Avr 19, 2022 15:46    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
A propos d'intox, le film "La Ruse" dont on commence à voir les affiches, c'est bien "Opération Mincemeat", non ?

Oui, c'est d'ailleurs le titre original du film:
https://images.cinefil.com/movies/1103147.webp
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Hendryk



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MessagePosté le: Mar Avr 19, 2022 16:13    Sujet du message: Répondre en citant

FREGATON a écrit:
Casus Frankie a écrit:
A propos d'intox, le film "La Ruse" dont on commence à voir les affiches, c'est bien "Opération Mincemeat", non ?

Oui, c'est d'ailleurs le titre original du film:
https://images.cinefil.com/movies/1103147.webp

Je suis presque surpris que la traduction du titre soit en français. Mais c'est vrai que le nom de l'opération ne parle pas au grand public francophone.
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Colonel Gaunt



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MessagePosté le: Mer Avr 20, 2022 08:13    Sujet du message: Répondre en citant

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patzekiller



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MessagePosté le: Mer Avr 20, 2022 16:02    Sujet du message: Répondre en citant

Wil the Coyote a écrit:
Squadron Leader James “Ginger” Lacey....


Est ce une référence à Biggles???


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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Sep 15, 2022 15:40    Sujet du message: Répondre en citant

On s'attaque aux derniers jours d'avril… Ici, merci à Patzekiller, Hendryk, Anaxagore…

21 avril
Océan Indien
Opération Mary
Pengkalan Chepa
– Ce terrain situé sur la côte est de la Malaisie, à quelques kilomètres de la frontière thaïlandaise, constitue la première ligne de défense nippone sur le golfe de Thaïlande et les routes maritimes ravitaillant les Japonais. Il dispose d’un radar, qui signale bien l’arrivée des bombardiers lourds britanniques, mais n’a aucun chasseur de nuit à guider… Le bombardement se déroule donc sans autre opposition que celle d’une DCA imprécise. Les dégâts au sol sont importants, plusieurs appareils et divers bâtiments sont détruits. L’hydrobase située à l’embouchure du fleuve est par contre épargnée, avec les deux Aichi E13 détachés à cet endroit et que nul n’a repérés.

Opération Meridian II/Méridien II
Palembang
– A l’état-major de l’Armée Impériale, on a parfaitement compris la signification des raids de la veille. Aussi, dès le petit jour, le 87e Sentai (renforcé de quelques appareils du 24e Sentai) monte une garde vigilante avec de fortes patrouilles pour parer l’attaque qui ne manquera pas d’arriver, la plupart des autres appareils étant prêts à décoller.
Comme deux mois auparavant, l’objectif principal est la raffinerie de Songei Gerong et les stocks de pétrole attenants. Un groupe d’attaquants va cependant s’occuper des installations ferroviaires. En effet, le manque de locomotives à Sumatra n’a pas échappé aux Alliés : le transport ferroviaire est nécessaire pour l’acheminement du pétrole jusqu’aux raffineries et les Japonais ont dû faire venir des machines de très loin, parfois de Mandchourie… pour remplacer les locomotives emportées en 1942, après la conquête de l’Indonésie ! Les Occupants ont d’ailleurs présenté ce retour dans la presse locale comme un don généreux de l’Empire du Soleil Levant pour favoriser le développement économique de l’île.
Dans les airs, l’empoignade tourne une fois de plus en faveur des alliés, en dépit du fait que les chasseurs japonais soient aussi nombreux que ceux de l’escorte alliée. Il faut dire que la proportion de pilotes novices chez les Japonais est quatre fois supérieure à celle des Franco-Britanniques. Les Alliés perdent neuf appareils (trois pilotes récupérés) contre quinze Japonais abattus (dont la dixième victime du Lt-Commander Cork).
Un peu plus tard, les photos des Hellcat PR confirmeront la réussite du raid : la raffinerie a été à nouveau durement touchée et les voies de la gare de triage sont fortement cratérisées. Ce dernier résultat est dû à l’utilisation astucieuse de bombes navales équipées d’un pénétrateur, afin de maximiser les dégâts sur les voies. L’idée vient à la base d’une discussion entre des équipages de la Navy et ceux du 491st BS, en permission en Inde. Les Américains ont en effet décrit leur nouvel outil, la Spike bomb, utilisée depuis peu par leurs Mitchell.

Campagne d’Indochine
Billard à trois bandes
Hué
– Un numéro spécial de La Patrie Annamite est imprimé. Il est consacré au rapport secret sur la situation de Cao-Bang adressé au gouverneur de l’Indochine, le général Rikichi. Et il se moque copieusement de ces peureux de soldats japonais !

Guerre sino-japonaise
Opération Bailu – Vers Hong Kong
Vallée de la Rivière des Perles
– En fin de journée, les avant-gardes des 1ère, 5e et 52e Armées chinoises arrivent au contact des premiers éléments du dispositif défensif japonais de Hong Kong : un verrou placé à Shenzhen. Cette petite ville de pêcheurs n’a pas d’importance particulière, mais elle est limitrophe des Nouveaux Territoires.

Nations Unies
Chongqing
– William Henry Donald, un Australien expatrié en Chine de longue date, rend visite au Généralissime et à son épouse dans leur résidence hors de la ville. Ancien journaliste, Donald est depuis deux ans conseiller civil du Naval Intelligence Service, un poste qu’il doit aussi bien à sa très longue expérience de terrain (il a commencé sa carrière de correspondant en Chine en… 1903 !) qu’à sa vieille amitié avec les époux Tchang. C’est par son entremise que l’enlèvement du Généralissime par le seigneur de la guerre Zhang Xueliang, à Xi’an en 1936, avait été résolu pacifiquement. En 1940, les deux hommes s’étaient brouillés à propos de la corruption qui gangrenait le régime nationaliste, mais Meiling avait obtenu qu’ils se réconcilient quelque temps plus tard, ce qui avait d’ailleurs été facilité par les progrès accomplis par Tchang (contraint et forcé par les Alliés, mais in fine pas mécontent des résultats) pour corriger les pires excès de ses subordonnés.
La visite de l’Australien n’est pas que de pure courtoisie : il vient demander au nom du gouvernement britannique que Tchang suspende l’opération Bailu ! A Londres, on doutait fort de la possibilité pour les Chinois de s’emparer de Canton à présent, et la prise de la ville a causé une surprise considérable. A présent, il semble que les forces chinoises soient sur le point de prendre Hong Kong ! Or, il serait du plus mauvais effet, se dit-on au Foreign Office, qu’une colonie de la Couronne soit libérée par ceux-là mêmes auprès desquels on l’avait obtenue (certains diraient à qui on l’avait extorquée) un siècle plus tôt. Malgré les accords financiers conclus en 1942 entre le Royaume-Uni et la Chine, ne risque-t-on pas que les Chinois soient tentés de récupérer la colonie, sans attendre le terme échu pour la “location” des Nouveaux Territoires ? Les Britanniques ont bien vu comment, en Indochine, le rôle joué par les forces vietnamiennes pour chasser l’occupant japonais a créé un fait accompli qui ne pourra que se traduire, après la guerre, par la fin de la tutelle coloniale française.
Bien entendu, W.H. Donald fournit à Tchang une version diplomatiquement édulcorée de ce raisonnement (raison pour laquelle c’est lui, et non le général Crane, représentant le Commonwealth à l’état-major de Tchang, qui a été chargé de cette mission). Donald explique que le Royaume-Uni, reconnaissant pour l’aide précieuse apportée par la Chine sur le front birman, propose généreusement son assistance sous la forme d’un corps expéditionnaire, afin de soulager les armées chinoises qui ont porté seules le fardeau depuis le début de l’opération. Les forces chinoises pourraient d’ailleurs en profiter pour prendre un repos bien gagné en attendant l’arrivée du corps expéditionnaire en question.
Tchang, qui n’est pas le dernier venu en matière de double langage, comprend très bien le véritable sens de la requête britannique. Il remercie chaleureusement son vieil ami pour avoir transmis cette aimable proposition. L’aide fraternelle apportée par le Commonwealth à la Chine au sein des Nations Unies sera bien entendue accueillie avec joie. On sait en Chine combien les forces britanniques sont redoutables (Tchang comme Donald gardent le sourire malgré cette évocation du sac du Palais d’Eté, des Guerres de l’Opium et du siège de Pékin, entre autres) et ce corps expéditionnaire sera certainement d’une grande aide pour chasser les envahisseurs japonais… dès qu’il pourra être déployé sur le front.
Tandis que Meiling raccompagne W.H. Donald vers la sortie où l’attend sa chaise à porteurs (plus pratique qu’une auto dans cette ville aux innombrables escaliers), le Généralissime appelle son chef d’état-major, Chen Cheng. « Général Chen, dit-il, veuillez transmettre au général Li Zongren l’ordre de commencer l’attaque de Hong Kong. Immédiatement ! »


22 avril
Indonésie
Opération Stoker
Dumai
– La mission du jour sort du cadre théorique de l’opération Stoker (neutraliser les terrains d’aviation du nord de Sumatra) ; elle ferait plutôt partie de “Mary” puisqu’il s’agit d’attaquer une ville située sur la côte centre-est de Sumatra, au bord de la partie sud du détroit de Malacca. Mais pour des raisons de rayon d’action, les Liberator des 436th et 492nd BS ont été choisis pour cette mission. Ils doivent bombarder le terminal pétrolier de la ville et ravager le maximum d’installation portuaires. Pour aller aussi loin, les P-38 de l’escorte ont été équipés de réservoirs supplémentaires.
La surprise est totale. Les appareils basés en Malaisie ne s’occupent pas de ce qui se passe de l’autre côté du détroit (et ils n’ont pas été informés à temps). Quant au 87e Sentai, à Sumatra, son attention est tournée vers le sud et les attaques de la flotte alliée. Seuls deux B-24 sont endommagés, tandis qu’au sol un gigantesque incendie se développe. Le réseau du terminal pétrolier est lourdement endommagé.
Sur le chemin du retour, au large, quatre Oscar du 24e Sentai tentent de s’en prendre au B-24 Jungle Jig, endommagé par la DCA. Mais le 459th FS a laissé une escorte à l’éclopé, ce qui permet au Captain Duke d’ajouter une neuvième victoire à son tableau de chasse. Il témoigne : « Nous étions dans le soleil et ils ne nous ont pas vu arriver, tout occupés à se positionner pour attaquer le lourd qui rentrait sur trois moulins. Notre plongeon a flanqué une sacrée pagaille ! Bob et moi, nous nous sommes retrouvés dans la queue d’un isolé. Nous l’avons rapidement envoyé au tapis et les mitrailleurs du Jungle Jig ont dû en avoir un autre puisque lorsque nous sommes revenus, moins d’une minute plus tard, il n’y en avait plus que deux dans la queue de notre ami. Lorsque nous avons à nouveau ouvert le feu, les traçantes les ont alertés et ils ont rebroussé chemin la queue entre les jambes. Il y en avait même un qui dégageait une légère fumée blanche. Il est peut-être allé à la baille sur le chemin du retour. » Le Jungle Jig se pose en urgence à Car Nicobar avec plusieurs blessés à bord ; il sera remis en service quelques semaines plus tard.

Océan Indien
Opération Meridian II/Méridien II
Au large de Java
– Ce sont aujourd’hui les terrains autour de Batavia qui reçoivent la visite des avions embarqués alliés. Comme deux mois auparavant, les Ki-43 du 33e Sentai sont en l’air, prêt à recevoir l’attaque alliée et comme précédemment, l’écart existant maintenant entre les Japonais et les Franco-Britanniques fait pencher la balance. Si les Alliés perdent six appareils (plus deux endommagés et irréparables), les Japonais perdent quatorze Hayabusa dans les airs, plus quatre qui s’écrasent à l’atterrissage sur les pistes juste bombardées.
………
Cependant, fouettée par les attaques de la veille contre le sud de Sumatra, la Marine Impériale a décidé de lancer l’opération Umidori (Oiseau de mer). Toute la journée, les bombardiers et chasseurs basés à Bornéo quittent leurs terrains pour aller se poser sur les bases avancées que l’Armée a mis à leur disposition sur Java.

Campagne d’Indochine
Billard à trois bandes
Hanoi
– L’affaire des fuites soulève un tollé parmi les Japonais du Tonkin. Bien que Yanagita continue à défendre le réalisme du repli, d’autres s’y opposent, tels que le consul général Ogawa et le secrétaire général Kurimaya. Ceux-ci soutiennent que, politiquement, abandonner Cao-Bang ferait mauvais effet auprès du gouvernement de l’empereur Cuong De.
Dans ce contexte, Andou Rikichi se laisse facilement convaincre d’enterrer le rapport et d’annuler le resserrement du dispositif militaire envisagé par le général Yanagita.

Guerre sino-japonaise
Opération Bailu – Hong Kong
Shenzen
– Les Japonais n’y ayant laissé que des forces de retardement, la ville est vite libérée. Seul le vieux quartier fortifié de Nantou résistera jusqu’au lendemain – il faudra le réduire par un bombardement d’artillerie.
Les vraies difficultés commencent à la frontière avec les Nouveaux Territoires, délimités par le fleuve Sham Chun : les Japonais ont détruit le pont ferroviaire de Luohu qui l’enjambait et se sont retranchés sur la rive sud. Alors que les 1ère et 167e Divisions tentent de le traverser sous le feu ennemi, cinq Ki-51 et un Ki-32 arrivent par surprise à basse altitude. Escortés par cinq Ki-43, ils rééditent leur exploit du 14 et désorganisent les efforts chinois. Deux Hayabusa sont abattus par les P-40 qui couvraient l’opération de franchissement. Les autres appareils japonais, au lieu de retourner vers Sha Tin, désormais trop exposé, se replient sur un terrain sommairement aménagé sur l’île Wanzai [Lapa pour les Portugais], à l’ouest de Macao.


23 avril
Océan Indien
Renforts aux Andaman
Port Blair
– Le Sqn 132 est rééquipé avec des Spitfire V venant d’Europe. Arrivé en urgence aux Andaman un an plus tôt sur de vieux Hurricane II après l’offensive japonaise contre l’archipel, ce squadron est un des derniers à être encore équipé de ce type d’appareil. Le F/O John Misseldine raconte : « Quelle joie d’échanger nos vieux Hurri contre ces pur-sang ! Nous étions conscients de voler encore sur un matériel de seconde main, mais il restait très suffisant en deuxième ligne sur ce front. Cela faisait plus d’un an que je n’avais pas touché le manche d’un Spitfire et cette arrivée me convainquit de rester avec le 132 plutôt que reprendre les convoyages. »
Les pistes d’aviation ne sont pas les seules à voir arriver des renforts. Dans le port, un navire vient accoster : il s’agit du ravitailleur de sous-marins HMS Maidstone, qui précède de quelques jours l’arrivée de toute une flottille de classe S. Ces submersibles vont aller opérer dans “l’entonnoir” du détroit de Malacca pour couper le trafic entre la Malaisie et Sumatra. L’état-major allié espère, avec cette opération associée à l’interdiction aérienne dans le golfe de Thaïlande et du Tonkin, forcer les Japonais à faire de la navigation côtière pour ravitailler Sumatra et la Malaisie depuis Bornéo. Les navires qui en seront chargés seront alors des proies idéales pour les sous-marins de classe T venus depuis peu renforcer Darwin.

Opération Meridian II/Méridien II
Java
– Aujourd’hui, double raid allié. Le premier est une mission Rodeo des Hellcat de l’Indomitable et des Firefly de l’Indefatigable contre les aérodromes du 33e Sentai de la région de Bandung. Le deuxième est un bombardement du port de Cirebon par des Barracuda et des Avenger (Tarpon/Vengeur), escortés par les Corsair(e). Les Alliés perdent quatre appareils contre sept Japonais lors du premier raid, et cinq bombardiers abattus par la DCA lors du second. Les dégâts les plus sévères sont infligés à Cirebon : des entrepôts contenant du caoutchouc sont incendiés et des cales sèches endommagées.
Sitôt le raid rentré au bercail, l’escadre alliée met cap au sud pour rallier Euston Station en vue du ravitaillement.
………
Cependant, dès le petit matin, les Japonais ont envoyé des reconnaissances tous azimuts en vue de lancer l’opération Umidori. Un H6K détecte la TF-57.2, mais les piquets radar alliés guident efficacement la CAP. Par un de ces coups de chance dont la guerre est semée, les premières rafales des Seafire de garde tuent l’opérateur radio et détruisent son poste. L’hydravion est contraint d’amerrir, moteurs en feu ; son absence ne sera signalée que deux heures plus tard. Pendant ce temps, la flotte alliée a mis cap au sud et les autres reconnaissances japonaises tomberont dans le vide. Cet échec n’atteint pas le moral japonais : la Marine Impériale a maintenant une idée plus précise de la progression alliée et va ajuster son dispositif en conséquence.

Campagne d’Indochine
Billard à trois bandes
Hué
« Victoire tournait lentement les pages d’un livre à couverture de cuir noir.
– Vous savez lieutenant, nous avons de la chance d’affronter des Japonais.
Le lieutenant Peyrard considéra étrangement la jeune femme : « Une armée de fanatiques disciplinés prêts à mourir pour leur empereur, avec des chefs de guerre arrogants, conquérants, méprisants, affamés de violence… Je préférerais affronter les Allemands. »
Victoire secoua la tête.
– A ce qu’on dit, les Nazis sont pareils… Mais, quoi qu’il en soit… Fanatiques ? Ils ne reculent jamais, donc quand nous gagnons, leurs pertes sont plus élevées. Disciplinés ? Oui, mais au point qu’ils ne contredisent jamais les ordres les plus stupides ! Tant mieux, non ? Arrogants, méprisants ? Convaincus de leur propre supériorité, toujours inquiets à l’idée de perdre la face ? Il est donc facile de leur montrer ce qu’ils veulent voir.
La jeune femme referma le livre et le posa sur ses genoux.
– Avec ça, la préparation initiale de “Granite” est terminée. »


Guerre sino-japonaise
Opération Bailu – Hong Kong
Shenzhen
– Li Zongren fait déplacer l’axe de l’attaque chinoise vers l’est, de l’autre côté du Lac des Fées. Dans cette partie de l’isthme, les défenses japonaises ne peuvent s’appuyer sur des coupures humides et sont franchies en fin de journée. Plutôt que de contre-attaquer, les défenseurs se replient pendant la nuit sur le dispositif principal, la ligne Kin-Yama (prononciation japonaise d’un toponyme local, 金山), version remaniée et améliorée de l’ancienne ligne Gin Drinkers construite par les Britanniques.


24 avril
Océan Indien
Opération Mary
Kuala Lumpur
– Les sirènes de la défense civile hurlent en pleine nuit. Les habitants, ayant encore à l’esprit l’attaque du 18, courent se mettre à l’abri là où ils peuvent. Bientôt, alors que les projecteurs s’allument et fouillent le ciel, les bruits de moteurs, de nombreux moteurs, se précisent et peu après, les bombes se mettent à pleuvoir. La cible est la gare et le dépôt de locomotive de la ville.
Les Halifax et Wellington britanniques rentreront sans pertes, laissant derrière eux des cratères, des incendies, des amas de rails arrachés et malheureusement des victimes parmi les civils et les prisonniers dont les baraquements se trouvaient près de là.

Opération Meridian II/Méridien II
Euston Station
– Le ravitaillement à la mer se déroule environ 300 milles au sud-est de l’île Christmas, reprise quelques mois plus tôt aux Japonais. Les quelques reconnaissances envoyées par la suite dans le secteur par les Japonais ayant été chaudement reçues par le Sqn 3 (RAAF), les soldats du Tenno se sont contentés de quelques raids de nuisance nocturnes, pour tenter de bombarder la piste avec plus ou moins de succès – leur attention s’est plutôt focalisée sur les aller-retours de la flotte franco-britannique.
Le ravitaillement se passe bien, en dépit d’une mer agitée et d’un volume important de matériel à transférer.
La composition de la TF 117, qui a eu entre les opérations Banquet, Lentille et Meridian la tâche de ravitailler Christmas, est la suivante :
– TF-117 (RN sauf précision) : CVL Unicorn, CLAA Royalist, CL Newcastle et MN Montcalm, DD Meteor, Mahratta, Marne, Matchless.
Pétroliers : HMS/RFA Brown Ranger, Dingerdale, Arndale, San Adolfo, Aase Maersk.
Provisions : HMS/RFA Denbighshire.
Hôpital : HMS/RFA Oxfordshire.
Production d’eau : HMS/RFA Stagpool.
Pièces détachées, équipages, ateliers : MN Ile de Noirmoutier (air), HMS/RFA Tyne (naval).
Navire atelier lourd : HMS Ausonia.
Transports : MN Ile de Bréhat, Dives, HMS/RFA Darvel, Kheti, Princess Maria Pia, Thyra S.
Combat store (munitions) : MN Ile d’Ouessant, HMS/RFA Kistna, Gundrun Maersk.
Remorqueurs : 4.


Guerre sino-japonaise
Opération Bailu – Hong Kong
Nouveaux Territoires
– Lorsque les forces chinoises atteignent la ligne Kin-Yama, celle-ci est prête à les recevoir. Défendue par les 40e et 68e Divisions ainsi que par les unités survivantes de la 104e, elle suit le tracé de l’ancienne ligne Gin Drinkers sur sa partie occidentale, puis bifurque vers le nord-est pour suivre la ligne de crête du mont Tai Mo (qui, à 957 mètres d’altitude, est le point culminant de la péninsule). Les Japonais ont généreusement miné tous les accès depuis le nord et installé des bunkers soigneusement camouflés sur les axes d’attaque les plus probables. En plus de l’artillerie des trois divisions qui la défendent, la ligne est hérissée des canons pris aux Britanniques, dont une vingtaine de pièces d’artillerie côtière enlevées au fort de Lei Yue Mun et au fort Stanley.
Précédée par un bombardement effectué par les tubes du 2e Régiment indépendant de Mortiers lourds et du 29e Régiment indépendant d’Artillerie, ainsi que par un raid de 14 B-25 escortés de neuf P-40 de la ROCAF, l’attaque chinoise est lancée entre la baie Gin Drinkers (qui donnait son nom à la version anglaise de la ligne) et le réservoir Jubilee. Cependant, les Chinois ont la désagréable surprise de constater que les améliorations japonaises incluent un renforcement de la redoute Shing Mun : celle-ci, dont les Japonais s’étaient facilement rendu maîtres en décembre 1941, est devenu un ouvrage autrement mieux défendu. Violemment pris à partie par l’artillerie japonaise, qui n’a guère souffert du barrage préparatoire, les 1ère et 88e Divisions, en pointe de l’attaque, sont clouées sur place. Après plusieurs heures de combat, elles sont repoussées avec de lourdes pertes par une contre-attaque japonaise.
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MessagePosté le: Jeu Sep 15, 2022 16:12    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
En effet, le manque de locomotives à Sumatra n’a pas échappé aux Alliés : le transport ferroviaire est nécessaire pour l’acheminement du pétrole jusqu’aux raffineries et les Japonais ont dû faire venir des machines de très loin, parfois de Mandchourie…

Encore heureux que l'écartement des voies soit le même.
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Hendryk



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MessagePosté le: Jeu Sep 15, 2022 16:35    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
En fin de journée, les avant-gardes des 1ère, 5e et 52e Armées chinoises arrivent au contact des premiers éléments du dispositif défensif japonais de Hong Kong : un verrou placé à Shenzhen. Cette petite ville de pêcheurs n’a pas d’importance particulière, mais elle est limitrophe des Nouveaux Territoires.

Evidemment, Shenzhen a un tout petit peu grandi depuis.


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