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Les Belges, Février 44 (intégrale)
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patzekiller



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MessagePosté le: Mar Sep 07, 2021 06:48    Sujet du message: Répondre en citant

otl, c'est ce qui s'est passé : les sherman canadiens avaient le 75 US (normal on est sur le continent US).
ftl, dés qu'il va y avoir la standardisation SAV 44, le canadiens produiront de même
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Sep 07, 2021 16:21    Sujet du message: Répondre en citant

15 février
Visite princière
Marignane
– Entre deux missions, les hommes de la 42e EB (B) se détendent comme ils peuvent. Au seuil du PC du Groupe, Ernould voit atterrir un Dakota aux couleurs belges et se tourne vers l’adjudant d’unité, à son bureau : « On attend des visiteurs ? »
– Pas que je sache, mon capitaine.
– Alors c’est la liaison qui amène le courrier et les remplaçants qu’on nous a promis…
– Ah non, lui c’est demain qu’il arrive !
Le Dakota s’arrête sur le parking et plusieurs personnes en descendent. Ernould pousse un juron étouffé, puis reprend son calme et se tourne vers l’intérieur du PC : « Adjudant, il serait de bon ton que vous préveniez le major que le prince Charles, le FBM et, heu, quelques autres généraux viennent d’arriver, plus un ministre, je crois. Vu que je suis le seul officier présent, je crains qu’il m’incombe d’aller les accueillir ! »
L’adjudant ouvre de grands yeux, puis comprend qu’Ernould ne plaisante pas et articule : « A vos ordres, mon capitaine ! »
Ernould s’avance sur le parking et se met au garde-à-vous devant le Prince : « Capitaine Aviateur Ernould, Groupe Roi Chevalier, à vos ordres Monseigneur. »
– Je vois que le secret a été bien gardé, pas d’accueil en fanfare.
– En effet Monseigneur, mais mon commandant de Groupe va arriver.
– Fort bien, capitaine. Mais nous ne faisons que transiter… bien que… général Keyaerts, nous reste-t-il un peu de temps pour visiter ce Groupe ?
– Oui, Monseigneur. Mon ordonnance va se charger de nous trouver des véhicules pour nous rendre à Marseille.
Après avoir visité les installations du Groupe, semant une stupéfaction joyeuse mêlée de fierté parmi les équipages présents, le prince Charles prend place avec le ministre et le général Wahis dans une 11 CV réquisitionnée. Les autres embarquent dans trois jeeps.
Arrivés devant la caserne Bugeaud, qui abrite l’état-major du Corps et de la 4e DI, ils sont arrêtés par la garde. Quand le sous-officier aperçoit les occupants du premier véhicule, il réagit avec la promptitude et l’efficacité des vieilles troupes : « Nom Dedjû de nom… » gronde-t-il tout bas, avant de s’exclamer d’une voix de stentor : « A moi la garde ! Présentez… Armes ! »
– Eh bien chef, qu’est-ce que… commence l’officier de garde, attiré par le bruit, avant que son regard ne tombe sur les occupants de la Traction.
– Lieutenant, ordonne Wahis, veuillez nous conduire au PC du Corps.
– A vos ordres, mon général.
Au PC, Bastin et Vandenheede, assistés par des officiers français détachés, vérifient les mouvements d’unité ainsi que le ravitaillement, quand la porte s’ouvre : « Messieurs, Son Altesse le prince Charles, Lieutenant-Général du Royaume ! »
Tous les présents se mettent au garde à vous.
– Repos messieurs, continuez. Général Bastin !
– A vos ordres Monseigneur.
– Vous semblez surpris…
– En effet, je ne m’attendais pas à votre visite.
– Le secret a vraiment été bien gardé ! Vous connaissez le ministre Delfosse.
– Mes respects, Monsieur le ministre.
– Je n’avais pas encore eu l’occasion de vous rencontrer, mon général. Sachez bien que le gouvernement est très fier de vos actions en Italie, et des exploits de vos hommes.
– Permettez-moi de vous présenter mon CEM, le colonel Vandenheede.
– Monseigneur, Monsieur le ministre…
– Mon cher Jules, demande Wahis, est-ce que le colonel Libbrecht est dans le coin ?
– L’EM de la division est dans le bâtiment à côté, je vais le faire chercher.
– Ainsi que le colonel Charlier.
Quand tout le monde est là, Wahis propose : « Monseigneur, je pense que nous pouvons procéder à la nomination. »
– En effet. Général Van Daele, veuillez me donner les grades.
– Messieurs, garde à vous ! ordonne Keyaerts.
– Général-major Bastin, au nom du Gouvernement belge, exerçant les pouvoirs du Roi en vertu des articles 79 et 82 de la Constitution, nous vous nommons au grade de lieutenant-général. Toutes mes félicitations !
– Merci, Monseigneur.
– Général Van Daele, je vous en prie.
– Merci, Monseigneur. Colonel Vandenheede, au nom du Gouvernement belge, nous vous nommons au grade de général-major. Félicitations, mon cher ami.
– Merci, mon général.
Keyaerts procède de même avec le nouveau général-major Libbrecht, puis le Prince félicite le colonel Charlier pour ses exploits lors de l’opération Dragon. Alors qu’on s’apprête à dîner, Bastin indique qu’il désire parler au Prince et au ministre en particulier.
– Monseigneur, si j’ai demandé à ce que Monsieur le ministre soit présent, c’est que je ne souhaite pas créer un quelconque embarras.
– Je vous écoute.
– Avant notre départ d’Italie, sur le port même, la princesse Marie-José, ayant appris notre départ pour la France, est venue nous saluer.
– La princesse ?… Ah ! Comment va-t-elle ?
– Bien, Monseigneur, bien.
– Vous a-t-elle confié quelque chose ? demande Delfosse, le sourcil froncé.
– Juste qu’elle souhaitait une rapide libération de notre pays et de…
– Et de ?
– Et de son frère le Roi, Monsieur le ministre.
– C’est tout ?
– Oui.
– Ma foi, Monseigneur, mon général, il n’y a pas là matière à embarras. Mais je vous remercie de nous avoir tenus au courant, mon général, car c’est un fait qu’un tel contact pourrait avoir des répercussions politiques.
– Quelle triste époque où je ne puis avoir de nouvelles de ma sœur que de cette façon presque clandestine ! conclut le Prince en secouant la tête.
………
L’après-midi, le Prince et le ministre sont informés de l’organisation des unités et de leurs futures missions. Discrètement, Vandenheede a fait venir un peloton du 12e de Ligne pour renforcer la sécurité.
– Monseigneur, vous vous rendez demain par avion sur la base d’Orange. De là, vous prendrez la direction de l’Ardèche. Par contre, je crains que vous ne deviez prendre place dans une jeep.
– Et alors, répond le Prince. C’est la guerre. Je me vois mal arriver auprès de nos hommes en Buick ou en Vivastella.
– Certes, certes, dit Bastin. Une escorte vous attendra à l’aérodrome.
– De grâce, général, pas de complication inutile. Nous descendons de l’avion puis nous montons dans les jeeps, nos hommes ont autre chose à faire qu’à parader. N’est-ce pas, Monsieur le ministre ?
– Tout à fait, Monseigneur.
– Bien. Demain, tenue de campagne et casque. Les Allemands ont encore du mordant.

Corps d’Armée Benelux
Champ de tir d’Otterburn
– Sur une hauteur dominant le champ de tir, Van Daele observe les carcasses de chars Matilda Mk I et Vickers Medium qui servent de cible. A côté de lui se trouve un Dodge Radio branché sur les fréquences des FAC. L’officier de liaison de l’aéronautique s’approche : « On va commencer, mon général ! »
En effet, la radio commence à cracher des informations. En l’air, Engelen et Bladt écoutent les directives du FAC.
– Ici Smoke, on va sortir le grand jeu. Tu me couvres pendant que je straffe.
– Reçu.
Au sol, le FAC guide les Typhoon. Pour lui c’est une première, il est nerveux et le pilote s’en rend compte : « Keep calm ! » dit Engelen.
– Roger !
Van Daele ne loupe rien de l’échange, il entend soudain le bruit des moteurs Napier. Il voit l’un des avions piquer, faire un premier passage, virer et de nouveau plonger à ras du sol en tirant de ses quatre Hispano.
– Diablement efficace, commente le général. Mais ils volent toujours aussi bas ?
– Euh, en fait, le 348e s’en est fait une spécialité, surtout depuis que celui qui a le record… n’est plus de ce monde. Lui, il descendait plus bas que le clocher d’une église.
– Il faut oser ! Mais l’objectif est atteint il me semble, les carcasses fument bien !


16 février
Visite princière
Orange
– Le Dakota aux couleurs belges s’arrête sur le parking. Plusieurs véhicules de la Tancrémont sont présents, dont cinq half-tracks : deux véhicules de DCA et trois remplis d’hommes du 13 Li qui assistent, étonnés, à l’arrivée du frère du Roi.
– Major Hoogstraeten, de l’état-major de la Tancrémont, à vos ordres Monseigneur.
– Repos, major. Tout cela est-il bien nécessaire ?
– Monseigneur, même si votre présence a été tenue secrète, il vaut mieux prévenir que guérir.
– C’est vrai, major. Eh bien, embarquons. Monsieur le ministre, nous allons profiter des joies de ce véhicule ; vous verrez, il est moins inconfortable qu’il en a l’air !
Le convoi se met en marche et longe le Rhône, qu’il traverse à Pont-Saint-Esprit. Il prend ensuite la direction de Barjac. Le ministre observe les dégâts.
– Mon Dieu, Monseigneur… Tant de destructions !
– Hélas, Monsieur le ministre. Et nous devons nous attendre aux mêmes dégâts – ou pire – en Belgique !
A Barjac, le bourg n’est plus que ruines.
– Que s’est-il passé ici ? demande le Prince au chauffeur.
– Quand les Allemands ont attaqué en décembre, Monseigneur, on s’est battus pour tenir la ville, mais nous avons dû reculer. Puis notre aviation est intervenue, elle a bombardé, nous avons repris la ville… et voilà le résultat.
Arrivé au PC de la Brigade, le Prince se fait présenter la situation puis il commence à visiter les Unités. Les hommes sont surpris et fiers de le voir, d’autant plus qu’il s’adresse à eux directement : il a un mot pour chacun, pose des questions sur l’équipement et jauge le moral des troupes. Il examine avec intérêt les SAV-42.
– Monseigneur, indique Keyaerts, la Brigade devrait recevoir dans quelques semaines des SAV-43, dont le canon a davantage de punch.
– Il est bon de constater que grâce aux efforts du gouvernement, nos hommes ont le meilleur matériel possible. Bon courage, Messieurs.
– Merci, Votre Altesse
– Dites-moi, général Van Daele, n’est-ce pas de ces chars SAV-43 que voudrait disposer le général Piron en Angleterre ?
– C’est bien cela, Votre Altesse. Mais pour une question d’organisation, il lui faudra se contenter de chars américains – purement américains, je veux dire.
Toujours sous bonne escorte, le convoi princier se dirige ensuite vers le secteur des Chasseurs Ardennais. Il arrive au PC du 7e Régiment, où Lambert, qui n’a pas été prévenu, accueille néanmoins le Prince avec un grand sourire.
– Général-major Lambert, à vos ordres Monseigneur !
– Repos, général. Quelle est la situation dans votre secteur ?
– C’est plutôt calme… En décembre, on a su calmer ces fichus Boches, et depuis… (Keyaerts derrière le Prince lève les yeux au ciel avec une mimique expressive, tandis que Wahis toussote et que le ministre semble s’étrangler – Lambert se rappelle soudain les origines de la mère du Prince, la reine Elisabeth !) Enfin, je veux dire, depuis le début de l’année, les Allemands tiennent tranquillement leurs positions.
– Très bien, sourit le Prince. Pourriez-vous nous emmener faire le tour des positions, au ministre et à moi-même ?
– Mais c’est que… nous sommes en première ligne !
– Général, en 14, au sein du 13 Li, vous avez pris des risques ! Mon père également ! Et vous continuez d’en prendre, n’est-ce pas ? Je me dois donc de payer de ma personne pour montrer à nos hommes qu’ils ne se battent pas seuls, que la Belgique ne les oublie pas !
– A vos ordres. Monsieur le ministre a-t-il un casque ?
– Oui, général, même si je crains d’être assez ridicule avec.
– Alors suivez-moi.
Pendant un long moment, le Prince visite les différentes positions, observe les lignes ennemies et discute avec les Chasseurs qu’il rencontre. Avant de partir, il s’entretient de nouveau avec Lambert.
– Dites-moi, général, j’ai cru comprendre que vous refusiez de recevoir de l’avancement ?
Derrière le Prince, Keyaerts ne peut s’empêcher de sourire.
– Monseigneur, si on m’accorde le grade de lieutenant-général, on m’enverra je ne sais où, alors que je souhaite simplement rester à la tête des Chasseurs Ardennais.
– Je vois, mais un général-major à la tête d’un régiment, déjà…
– Il n’a de Régiment que l’appellation, nous sommes plus proches d’une demi-brigade.
– Si vous voulez… Mais sachez que, lorsque le pays sera libéré, je viendrai moi-même vous remettre les grades de lieutenant-général, et vous n’aurez pas l’autorisation de refuser !
– A vos ordres !
Avant de repartir vers Orange, Keyaerts s’approche de Lambert en souriant.
– Tu es content, Maurice, tu as réussi à me forcer la main ! bougonne Lambert.
– Allons, tu mérites amplement ta promotion, Arthur. Et le Prince te l’a dit : tu as un sursis, et d’ici la Libération du pays, tu restes à la tête du 7e.


17 février


18 février

Aéronautique militaire
Ramsgate
– Lors d’une guerre, les blessures ou la mort menacent, mais parfois, la fatalité ou la malchance s’en mêle et elles surviennent loin des combats. C’est ce que ressasse le major Lamarche dans sa chambre d’hôpital : « Quel imbécile je fais ! Survivre à tous ces combats aériens, échapper à la Flak et me retrouver cloué sur un lit avec le bassin et un bras fracturés à cause d’un accident d’auto ! Il n’y a pas à dire, une Singer Twelve est moins résistante qu’un Typhoon ! »
La visite d’Henry Gonay lui apporte un peu de réconfort : « Allons, mon major ! Ça aurait pu être pire ! »
– Je sais Henry, mais avoue que c’est affligeant ! Tu vois le tableau : « Oh, major, comment avez-vous été blessé ? Un combat héroïque contre douze chasseurs allemands ? » « Non, Miss, contre une plaque de verglas ! » Pouah ! Enfin, il faut me remplacer à la tête du 348. Et mon remplaçant, ce sera toi !
– Moi ! Mais…
– Pas de mais Henry, je sais que tu vas être promu major, tes cours de l’année dernière te serviront à quelque chose !
– Je sais déjà ce que l’EM va penser ! Un fou furieux à la tête d’un escadron de cinglés !
– Allons, Henry… Fou furieux peut-être, mais pas escadron de cinglés… de têtes brûlées, à la rigueur.
– Merci, mon major !
– Quoi qu’il en soit, tu passes chez le colonel Piot en rentrant au Wing. Il est venu me voir hier et j’ai donné ton nom.
– Vous êtes sûr de ce que vous dites ? En plus du bras et du bassin, vous n’avez pas pris un coup sur la tête ?
– Ne te sous-estime pas ! Tu es un excellent pilote et les hommes te respectent. Mais… évite d’appliquer ta devise, tu sais… Plus on est de fous plus on rit !
– Je ferai de mon mieux, mon major. Qui me remplace à la tête du Flight A ?
– Raymond Lallemant. Il a fait mutation au 348.
– “Cheval” chez nous ! Quelle bonne nouvelle, c’est un gars extraordinaire.
– Oui, et peut être pire que toi ! Il a dit à l’EM qu’il s’ennuyait à la Chasse ! Résultat, il nous rejoint.
– Alors il est encore mieux que je l’imaginais !
– Seigneur, ayez pitié du 348 !
Le 20 février, Henry Gonay sera promu major et prendra la tête du Squadron 348(B). Le même jour, le commandant Raymond Lallemant prendra la tête du Flight A.


19 au 21 février


22 février

Front de Provence
Charleroi à Pont Saint-Esprit
PC du 2e CA belge, Pont Saint-Esprit
– Le déménagement et la réarticulation des troupes belges sont presque terminés ; il reste juste à récupérer les SAV-43 du 2e Lanciers. Le lieutenant-général Bastin et son état-major achèvent les préparatifs de l’opération Charleroi.
– Mon général, si je puis me permettre, commence Vandenheede, je n’ai aucune crainte pour la 14e DI, mais je crains que la 19e soit encore un peu tendre, même si ses hommes ne manqueront pas de courage.
– Mon cher, tout d’abord et pour la énième fois, répond Bastin en souriant, je t’ai déjà dit de m’appeler Jules ! Nous sommes maintenant généraux tous les deux ! Et si on se sort du mon général à tout bout de champ, on n’a pas fini…
– A vos… euh, bien Jules.
– Ensuite, tu as parfaitement raison pour la 19e, et elle est aussi légère en matériel, donc je propose qu’on lui adjoigne les 1er et 7e Ardennais pour cette opération. Fais passer les ordres à Arthur Lambert et à Florent Merckx.
– Très bien. D’ailleurs, au vu de la topographie du secteur, des collines boisées, c’est le terrain idéal pour nos Chasseurs.
– En effet. Mais après cette opération, les Chasseurs Ardennais repasseront en réserve. Ils sont de toutes les actions depuis leur débarquement en septembre. Un peu de repos ne leurs fera pas de tort ! Au niveau du ravitaillement ?
– Les unités ont reçu toutes les dotations prévues, mon général, répond l’officier logistique.
– Très bien. Convoquez les commandants de divisions, Lambert, Merckx, De Troyer et son CEM demain pour le briefing.


23 février
Front de Provence
Charleroi à Pont Saint-Esprit
PC du 2e CA belge, Pont Saint-Esprit
– Les chefs d’unité sont réunis dans la salle des fêtes (ou ce qu’il en reste), transformée en salle d’opérations, avec cartes et opérateurs radio. Lambert discute avec Libbrecht et son CEM, le colonel Charlier.
– Alors Charlier, nous ne nous étions plus vus depuis Saint-Maximin ! Comment avez-vous atterri à votre nouveau poste ?
– Hem… J’ai été porté volontaire par le général Keyaerts.
– Je reconnais bien là Maurice Keyaerts. Je parie qu’il vous a dit ça avec un grand sourire !
– En effet, mon général.
– Au fait, mon cher Roger, félicitations pour ta promotion au grade de général-major et ta nomination à la tête de la 4e DI.
– Merci Arthur, répond Libbrecht. J’ai été le premier surpris….
– Allons, ne soit pas modeste. Ton attitude en 40, ton évasion de Belgique et tes faits d’armes en Sicile et en Italie sont là pour justifier ton avancement.
– Ah, voici De Troyer et Laebens.
– Général.
– Rodolphe, comment va la Tancrémont ?
– Fort bien mon général. Nos SAV-43 ont nettement plus de punch que les SAV-42. J’espère que ce sera suffisant si nous devons de nouveau affronter les monstres !
– Les monstres ? interroge Charlier
– Les chars Tigre ! De face, c’est inutile, sauf peut-être avec un 155 en tir direct, et encore, répond Laebens.
– Alors, que faire ? interroge Libbrecht.
– Les prendre de flanc ou sur l’arrière ! Autrement dit, manœuvrer. Par bonheur, ces grosses bêtes ne sont pas très rapides.
– Bien, Charlier, il faut faire passer le message au 1er Lanciers et à nos antichars !
– Oui, qu’ils refusent le combat s’ils arrivent de face. Les Tigre ont un 88 qui perce à peu près tout ce que nous avons ! Les Américains en ont fait l’expérience en décembre du côté de La Rouveyrolle. Ils ont perdu tout un bataillon de tanks. L’autre solution, c’est de demander un appui aérien !
– Je vois, nous allons avoir de quoi nous distraire, d’ici Bruxelles ! commente Charlier.
Sur ces entrefaites arrivent les généraux Kœnig et Monsabert, commandant respectivement la 19e et la 14e DI. Ils précèdent de peu le général Bastin.
– Bonjour Messieurs, veuillez prendre place. Général Kœnig, général de Monsabert, je vous souhaite la bienvenue. Comme vous le savez, dans trois jours, nous lançons l’opération Charleroi. C’est une ville en Belgique ainsi qu’aux Etats-Unis, mais c’est aussi un lieu de bataille entre les Français du général Lanrezac et les Allemands en août 1914. Donc ce nom convient à tout le monde. Bien, général Kœnig !
– Mon général ?
– Vos hommes, même s’ils ne vont pas manquer d’allant et de combativité, sont encore novices dans le combat moderne ! De plus, vous ne disposez pas encore de votre dotation complète en M7-F2 et en obusiers.
– Certes, mais ils ne manquent pas tous d’expérience du feu, beaucoup de cadres ont combattu en 1940, puis dans le maquis.
– J’en conviens général, mais, sont-ils totalement formés au combat mécanisé et à l’utilisation de tous nos appuis ? Ce n’est pas un reproche, rassurez-vous, mais je ne tiens pas à faire tuer des hommes pour que les autres acquièrent de l’expérience ! C’est pourquoi les 1er et 7e Régiments de Chasseurs Ardennais épauleront votre division. Ils connaissent l’Ardèche, certains depuis 1940 ! continue Bastin en regardant Lambert, qui ne dit mot. Votre mission sera de pousser dans les collines à l’ouest des Vans et de Lablachère. Vous aurez pour cela l’appui du 35th Artillery Group, qui nous est prêté par les Américains, même s’il faudra le partager avec la 14e DI. Vous aurez bien sûr des officiers de liaison.
– A vos ordres ! Puis-je savoir qui sont les colonels à la tête des régiments de Chasseurs ?
– Le 1er Ardennais est commandé par le colonel Florent Merckx, ici présent, répond Vandenheede. Et le 7e est sous les ordres du général-major Lambert, assis à votre droite !
En voyant Kœnig froncer la moustache, De Troyer et Charlier ne peuvent s’empêcher de sourire…
– Le 7e est… disons l’enfant chéri du général Lambert, qui sera sous vos ordres durant l’opération, précise Bastin.
– Rassurez-vous, mon cher ami, ajoute Lambert pour Kœnig, tout se passera bien.
– Général Libbrecht, général de Monsabert, vos divisions devront faire sauter le bouchon de Rochemaure et prendre les hauteurs qui se trouvent dans le secteur d’Alba la Romaine. La 4e DI aura pour cette mission l’appui de la 11e BACA, tirant de l’autre rive du Rhône, un peu loin pour aider la 14e DI, désolé !
– A vos ordres.
– Colonel De Troyer !
– Mon général !
– Vous êtes en réserve d’exploitation derrière la 4e et la 14e DI. Si une occasion se présente, saisissez-la sans hésiter !
– Bien mon général. Sait-on s’il y a des Tigre dans le secteur ?
– A priori non, répond Vandenheede. Mais nos avions d’observations tâcheront d’en avoir la certitude.
– Merci mon général.
– Messieurs, vous avez vos ordres. Je rappelle la consigne permanente : pas d’assauts inutiles, toujours trop coûteux ! Nous ne sommes plus à Verdun ou sur la Somme ! conclut Bastin. Arthur, reste un peu, s’il te plaît !
Décidément, ces Belges ont idée des convenances et de la hiérarchie qui ne me déplaît pas, pense Kœnig (orfèvre en la matière) avec un petit sourire.
………
– Que puis-je pour toi, Jules ? demande Lambert.
– Ne sois pas trop dur avec les troupes de la 19e DI.
– Tu veux dire avec son chef ? Ne t’inquiète pas, je reste son subordonné et mes hommes donneront le meilleur d’eux-mêmes.
– Je n’en doute pas. Bonne chance.


24 février


25 février

Front de Provence
Charleroi : veillée d’armes
PC du I/2 Grenadiers, Le Teil
– Les Grenadiers ont pu profiter d’un peu de repos après leur arrivée dans le sud de la France. Ils ont retrouvé pour quelques jours un semblant de vie normale. Sans commettre d’excès toutefois ! Les avertissements du général Bastin et du colonel Herbiet ont été entendus : les exploits de la Force Publique en Asie sont en passe de devenir légendaires, mais entre rester calmes et partir la renforcer alors que la Belgique semble à portée de main, le choix a été vite fait !
– Bernard, nos hommes sont prêts ?
– Oui, les ordres ont bien été reçus par les compagnies, les liaisons avec la 11e BACA et l’Aéronautique sont établies et nous avons un escadron du 2Cy sur nos arrières au cas où la Tancrémont devrait se lancer dans l’exploitation !
– Fort bien. Tu as vu le message concernant les chars Tigre ?
– Oui, j’ai prévenu nos antichars. Ne rien tenter de face.
– Le II/2Gr de Speckaert se tient prêt à nous rejoindre tandis que le 3e protège notre flanc. Pour le moment, les hommes du 4e Chasseurs n’ont rien repéré.
– J’ai vu les M7F qu’ils ont reçus. Ça les change des M3.
– En effet, Gilles est enchanté.
– Le génie a effectué des reconnaissances et a enlevé quelques pièges. J’ai demandé un tir à 200 m devant nos positions par notre batterie de Brigade pour faire sauter les mines avant le démarrage de l’assaut. Les hommes du 10A connaissent la musique maintenant.
………
PC de la 19e DI, La Croisée de Jalès – Lambert et Merckx écoutent attentivement Kœnig donner ses ordres. Un bon général à la tête d’une division inexpérimentée. Je comprends pourquoi Jules nous a rattachés à la 19e DI, pense Lambert.
– Donc, le 118e RI et le 7e Ardennais attaqueront à l’ouest de Vans tandis que le 41e RI et le 1er Ardennais attaqueront à l’ouest de Lablachère. Attention, ce sont des secteurs boisés et les Allemands nous attendront de pied ferme. N’hésitez pas à demander le soutien du 35e Groupe d’Artillerie américain.
– Mon général, demande le commandant du 118e RI.
– Oui ?
– Je manque de personnel parlant l’anglais dans mon Régiment, mon général. Je crains que nous ayons des problèmes de liaison.
– Général, intervient Lambert, si vous permettez.
– Faites général, je vous en prie.
– Chez les 7e Ardennais, nous avons des OA qui ont l’habitude d’œuvrer avec nos alliés. Si vous êtes d’accord, nous pouvons en détacher quelques-uns au 41e et au 118e RI.
– Je vous remercie de cette proposition, que j’accepte avec plaisir. Général, colonel Merckx, vous coordonnez cette collaboration avec les 41e et 118e. Messieurs, vous avez vos ordres. D’autres conseils nés de votre expérience, général ?
– Volontiers, général, reprend Lambert. Vos hommes connaissent la région, mais les Allemands ont appris à la connaître aussi. Et ils sont passés maîtres dans l’art de tendre des embuscades et de laisser traîner toutes sortes de pièges. De votre côté, n’hésitez pas à demander un appui aérien : comme vous avez pu le constater, les choses ont bien changé de ce côté depuis 1940. Ensuite, je sais que vos hommes sont pleins d’ardeur, mais dites-leur ce que je dis aux miens depuis quatre ans : pas de risque inutile. Mourir pour le pays, même si c’est honorable, c’est idiot si ça ne sert à rien. Et, dernier point… Si, avant l’arrivée d’un appui aérien, vous voyez mes hommes ou ceux du colonel Merckx reculer, faites de même : cela signifie que c’est l’US Army Air Force qui intervient, et ses aviateurs ont parfois du mal à nous distinguer des Boches, les fantassins américains sont les premiers à s’en plaindre ! ajoute en souriant Lambert.
Peu après le départ des chefs de corps, il ne reste que Lambert et Kœnig.
– Je vous remercie pour vos interventions, général, mais lorsque nous sommes entre nous, nous pouvons éviter de nous donner du Général à tout bout de champ, qu’en dites-vous ?
– Que ce sera plus simple, en effet, Pierre. Nous partageons le même objectif !
– Renvoyer les Allemands chez eux…
– Et bien plus… Nous ne ferons pas deux fois la même erreur ! Cette fois, on les vire à coup de pied au derrière et on va jusqu’à Berlin ! Excusez mon langage fleuri, mais cela fait huit ans que je me bats contre eux, cela commence à être lassant !
– Huit ans ? Ah, oui, bien sûr. Quatre ans durant l’Autre Guerre et quatre ans durant celle-ci. Comme vous vous en doutez, mon total est un peu plus élevé et je partage votre impatience. D’autant plus que, comme vous le savez sans doute, je suis d’origine alsacienne… Enfin, bonne chance pour demain… Arthur !
– Merci, Pierre… On les aura !


26 février
Front de Provence
Charleroi
Front de l’Ardèche
– Dès l’aube, les tubes de l’artillerie alliée commencent à pilonner les positions allemandes. Les hommes du 118e RI sont surpris de la hauteur des gerbes.
– Hé, les Américains ont des obusiers de 8 pouces, et ils savent s’en servir ! explique avec calme l’OA détaché des Chasseurs Ardennais.
– 8 pouces ?
– 203 mm si tu préfères.
– Mazette !
Après l’arrêt des tirs, les fantassins avancent vers l’ouest. Plusieurs fois, les jeunes recrues veulent foncer, mais les anciens maquisards et ceux de 40 ont retenu les dures leçons de l’expérience, et les points de résistance sont traité à l’artillerie. Pour les Ardennais, qui ont eux aussi appris à se méfier, le terrain ressemble à celui de la province de Luxembourg. L’avance n’est certes pas rapide, mais elle est méthodique. En fin de journée, ils arrivent dans les Cévennes, ayant réussi à repousser les Landsers de la 165. ID.
………
Au nord, dès le matin, les 105 du 10A ont ouvert le feu devant le I/2G. Puis les M7F du 4e Chasseurs ont avancé vers Rochemaure. La 11e BACA traitant le terrain devant eux, les chars progressent. Soudain, le Mouflon de tête explose, touché par un Panzerjäger qui a échappé à l’artillerie. Mais ce dernier n’a pas le temps de se reposer sur ses lauriers – repéré, il est lui-même mis hors de combat par un 75.
– Je vois que nos antichars sont toujours aussi efficaces, commente le commandant de la 1ère Compagnie. En avant, on se déploie et on avance sous la protection des Chasseurs à Cheval !
– Prudence, conseille Balleger, ça va être une sacrée noix… Que nos mortiers tendent un écran de fumée !
………
Dans le secteur d’Alba la Romaine, les B-25 de la 42e EB ayant assommé les Allemands, les hommes du 1er Carabiniers attaquent, suivi de près par les SAV-42 du 1er Lanciers, qui passent par la D107. Ils contournent Alba par l’est, avec l’aide des tubes du 20A, qui réagissent immédiatement à toutes les demandes d’appui. La mécanique est bien huilée. En fin de journée, Alba est prise, mais les Allemands ont réussi à se dégager.
………
Le long du Rhône…
– Les Boches tiennent toujours les hauteurs, peste Herbiet en parlant à Libbrecht à la radio.
– Je sais, Joseph. La 11e BACA va marteler les positions, que tes hommes se préparent à attaquer demain matin.
………
Sur les arrières de la 4e DI, De Troyer et Laebens observent les cartes. Jean Dumont et son 2e Cyclistes sont prêts à lancer l’exploitation, suivis des Taureaux du 2e Lanciers. Mais pour le moment, aucune opportunité n’est apparue.


27 février
Front de Provence
Charleroi
Front de l’Ardèche
– Les régiments d’Ardennais et leurs partenaires de la 19e DI continuent le nettoyage des collines, tout en maintenant le pression sur la 165. ID. Lambert a rejoint Kœnig à son PC.
– Pierre, vos hommes ont fait du bon boulot. Certains doivent juste contenir leur fougue, une charge à découvert et sans appuis, c’est héroïque mais ça ne sert à rien.
– Je le sais parfaitement, Arthur ! Hélas, C’est le genre de chose qu’il est difficile d’enseigner en théorie !
– De plus, et c’est plus délicat, mes hommes ont dû intervenir deux fois pour éviter… des incidents fâcheux avec des prisonniers.
– Je suis au courant, bien sûr. Vous savez que beaucoup de mes hommes sont d’anciens maquisards, et ils ont en tête des souvenirs d’horreurs commises par nos ennemis contre des civils…
– Je comprends, mais il nous faut respecter les lois de la guerre. La rancœur et la vengeance nous mettent au même niveau que les Boches. Montrons-nous civilisés ! Si vous le permettez, voici l’ordre qui a été passé à toutes les troupes belges suite à des incidents en Italie et à Orange.
– Je vous remercie. J’ai entendu parler de ce document, j’envisage d’en faire une adaptation pour mes hommes.
– De notre côté, il va falloir faire passer le message aux forces belges basées en Angleterre… et le Ciel sait ce qui nous attend chez nous.
………
Au nord du front, un mouvement du 52e RI de la 14e DI entraine un décrochage du 921. Grenadiers, mis sous pression par le harcèlement des Sangliers de la 53e EACCS (B). Parmi eux, le capitaine Charles Goffin est le digne héritier du baron de Selys-Longchamps : ses passes de mitraillage se font en rase-mottes et donnent des sueurs froides à ses équipiers – mais c’est pire pour ses cibles. Très vite, le décrochage allemand se transforme en débâcle.
– Major, les Chasseurs à Cheval nous signalent que l’ennemi recule. On fait embarquer les hommes dans les half-tracks et on avance !
– Foncez ! Bernard, tu accompagnes ! Radio, demandez à l’artillerie d’allonger le tir au-delà de Meysse !
Les hommes du I/2Gr embarquent et avancent, couverts par le 4e Chasseurs et l’escadron des Brasseurs. Ils entrent dans Meysse et passent le croisement de la D2 et de la D86. Un Piper survole le secteur et signale à la radio que la D2 est libre d’Allemands. L’information redescend vers l’EM de la Tancrémont.
– Enfin ! Radio, ordonnez au 2 Cy de s’engager, ainsi qu’au groupe d’escadron Callewaert !
– Diable 1, de Tancrémont 1 !
– Ici Diable 1, j’écoute.
– La D2 est libre, je répète la D2 est libre, engagez-vous dessus en passant par Meysse. La 1ère Brigade a sécurisé la ville. Vous serez épaulés par Fonck 1 .
– Diable 1, reçu !
………
Au 2 Cy, Dumont donne ses ordres.
– Diable Noir 1, ici Diable 1 ! Jockin ! Foncez sur la D2 avec votre escadron ! Les Taureaux de Fonck 1 vont vous suivre, et les voltigeurs de Diable Rouge seront en appui !
– Ici Diable Noir 1, reçu.
Les M7F et les SAV-43, suivis des half-tracks et de leurs voltigeurs, s’engagent sur la D2.
– Que le II/13 Li s’engage également sur la D2, nos gars auront surement besoin d’un appui d’infanterie.
– Je propose que l’artillerie se déploie ici, dans les champs près de Meysse.
– Bonne idée, mon cher Laebens ! Que le Groupe d’Escadrons Javaux et le I/13 Li restent en réserve pour le moment.
Aussitôt, les Dodge tractant les 105 du 19ACh se mettent en mouvement vers les champs de Meysse. Arrivés au point prévu, le décrochage et la mise en batterie sont exécutés de main de maître.
– Pièce 4 prête pour le tir de réglage !
– Reçu, en attente de mission de tir !
………
Pendant ce temps, le I/2Gr continue d’avance et arrive à hauteur de Cruas. Plusieurs tirs se font entendre et un Mouflon est manqué de peu par un tir de Pak.
– Grenadiers, débarquez, on reprend le travail d’infanterie, on va nettoyer Cruas !
De con côté, Naessens prend contact avec le colonel Herbiet :
– Mon colonel, nous sommes à Cruas, mais il serait opportun que les hommes d’Adrien Speckaert nettoient les bois à l’ouest de notre position !
– Oui, je vois ce que tu veux dire ! On va faire passer les ordres : Dirk, après Cruas, ton bataillon repasse en réserve, le IIIe prend la tête.
– Reçu !
– Jorg, fais passer les ordres au IIe, qu’il nettoie les bois entre la D2 et le Rhône. Et signale à la Tancrémont qu’il y a des hommes à nous à l’est de la D2.
– Je fais passer les messages !


28 février
Front de Provence
Charleroi
Front de l’Ardèche
– A l’ouest de Lablachère, les hommes du 1er Ardennais progressent. Ils mènent un assaut frontal pendant que le 41e RI exécute un mouvement tournant.
– C’est vraiment un terrain pour nous, mon colonel, commente le chef du 2e Bataillon.
– En effet major, il nous fait penser à nos chères Ardennes, mais continuez à vous méfiez des Allemands, ils ne lâchent jamais rien ! Et dites-vous bien que ce sera encore pire lorsqu’ils seront dos à leurs frontières !
– J’en prends bonne note, mon colonel.
– Et l’appui du 35e Groupe d’Artillerie ?
– Très bon. Ils tirent même au 203 ! Nos chasseurs sont impressionnés par la taille des gerbes.
– J’espère bien que ceux d’en face sont encore plus impressionnés !
Au sud, les hommes de Lambert exécutent un mouvement en tenaille avec le 118e RI. Ce faisant, ils capturent quelques soldats allemands qui n’ont pas pu reculer…
– Ils ont l’air de bien prendre le fait d’être prisonniers, commente un Chasseur.
– Pour eux, la guerre est finie, et ils savent qu’ils vont survivre ! Ils doivent se rendre compte que c’est mal embarqué pour l’Allemagne, alors autant éviter de se faire tuer.
– Chef, il y a un qui fait remarquer que c’est la deuxième fois qu’il se bat contre nous !
– Pardon ?
– C’est un vétéran qui s’est battu à Chabrehez contre le 3e Ardennais ! Il dit qu’il a été blessé sur le front de l’Est et qu’on l’a envoyé en France se reposer.
– Je vois… Eh bien, il a commencé contre nous et il a terminé contre nous, la boucle est bouclée ! Mais dites-lui qu’il va pouvoir se reposer, parce qu’il n’y aura pas de troisième fois.
Du côté de la Tancrémont, le 2 Cy signale qu’une section de scout-cars est en vue de Privas, elle a réussi à passer par des chemins forestiers.
– Restez en observation, ordonne Dumont.
Les SAV-43 avancent prudemment, car « on ne sait jamais les mauvaises surprises que réservent les Boches », dixit Callewaert. Ils sont en vue de La Neuve.
Au CA, on étudie les cartes.
– Si on envoie des hommes rejoindre la D86 via la D2, on ferme la porte au nord de Cruas ! observe Vandenheede.
– Que la Tancrémont s’en occupe.
De Troyer exploite l’ordre : « Fonck 2, vous prenez la D22 et vous foncez vers le Rhône, le I/13Li vous accompagne. »
A hauteur de Chomerac, des chasseurs de chars ont tendu une embuscade aux hommes de la Tancrémont, mais les conseils de Callewaert portent leurs fruits. Les blindés ennemis sont repérés à temps et l’artillerie intervient. Après des obus explosifs, elle balance des fumigènes et sous ce couvert artificiel, les lanciers contournent Chomérac et arrivent à prendre les Allemands à revers. Plusieurs chasseurs de char sont envoyés à la ferraille tandis que les Lignards nettoient les rues du Bourg.
Les Grenadiers du 1er Bataillon tiennent Cruas et couvrent le 3e Bataillon, qui doit poursuivre l’avance.
– Tu as lu le message de la brigade ?
– Oui, la Tancrémont va tenter de débouler sur les arrières des allemands via la D22.
– Ça fermera la porte et les Allemands seront coincés entre le Rhône, la Tancrémont, le 2e Bataillon à l’ouest et le 3e Bataillon.
– On devrait faire quelques prisonniers, commente Balleger. Ces gars, en face, ils ne ressemblent pas à des fanatiques jusqu’au-boutistes !

Corps d’Armée Benelux
Champ de tir d’Otterburn
– Toute la semaine, les Belges ont déchaîné l’enfer dans les landes du Northumberland. Sherman, Cromwell, obusiers s’en sont donné à cœur joie en déjouant les pièges tendus par les officiers britanniques. Non sans mal : ainsi, les hommes du 3e d’Artillerie d’Armée ont dû changer quatre fois de position les batteries de leurs obusiers de 7.2 pouces. De quoi donner envie aux servants d’être dans les chars !
Van Daele a visité plusieurs états-majors de brigade et de division, chaque fois en observant et en prenant des notes, mais sans jamais intervenir. Il est fier de ses hommes, ils semblent vraiment prêts. A présent, il reçoit les membres de l’équipe d’inspection en compagnie de son CEM.
– Well sir, votre Corps est prêt, mais…
– Mais…
– La façon dont le général Piron utilise ses chars est déroutante !
– Ah… Mais est-elle efficace ?
– Il faut reconnaître que oui, Sir. Il a déjoué presque tous nos pièges.
– Alors l’objectif est atteint, commente Daufresne.
– En fait, complète Van Daele, le général Piron applique à sa 1ère DB les enseignements qu’il a tiré des combats de Sicile et d’Italie. Et il lit les rapports en provenance de nos troupes dans le sud de la France.
– That’s fine, then… Good luck, Sir !
– Merci Messieurs.
Les inspecteurs partis, Van Daele se tourne vers son CEM : « Raoul, prépare une note pour l’EM en signalant que nous sommes prêts ! Et que le 1er CA attend son déploiement avec impatience. »
– A vos ordres !
Enfin, cela va être notre tour, songe Van Daele. Quatre ans d’attente…


29 février
Front de Provence
Charleroi
Front de l’Ardèche
– La Tancrémont et les 1ère et 3e Brigades de la 4e DI sont au contact des Allemands sur une ligne Privas - Le Pouzin.
Les Lanciers envoyés sur la D22 ont réussi à bloquer plus d’une centaine de soldats allemands qui défendaient le débouché nord de Cruas. Ils ont été relevés par la 1ère Brigade et ont rejoint la Tancrémont à hauteur d’Alissas. Privas se révèle pour le moment une noix bien dure à casser, si bien que les ordres d’arrêt sont donnés.
Pendant ce temps, les voltigeurs du 2 Cy, accompagnés du I/13 Li, progressent en direction de la D104 à travers bois. Ils se rendent vite compte de la solidité des défenses allemandes et préfèrent ne pas insister pour le moment.
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Bob Zoran



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MessagePosté le: Mar Sep 07, 2021 17:03    Sujet du message: Répondre en citant

Le 22 Février :

Citation:
Un peu de repos ne leur fera pas de tort !


Pour les dénominations historique des routes, on a ce site (déjà cité dans le forum) :

https://routes.fandom.com

Pour la D107 citée le 26 Février, c'est en fait encore à l'époque la N102.
Pour la D86, citée plusieurs fois, c'était la N86.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Mar Sep 07, 2021 17:10    Sujet du message: Répondre en citant

Je crains que le prince ne soit déjà un petit peu inquiet de ce qu'il voit à Marseille ... et inquiet de ce qu'il va trouver à Bruxelles ! A côté, l'Ardèche, c'est rien !

Citation:
Fonck 1


Fonck l'as de la 1GM ? Faudra que je traite lui ...
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C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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JPBWEB



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MessagePosté le: Mar Sep 07, 2021 17:29    Sujet du message: Répondre en citant

Je crois que dans un contexte belge-belge, Fonck fait plutôt reference au célèbre cavalier Antoine Fonck, le premier mort au combat de l’armée belge, tombé a Thimister le 4 aout 1914. Il était un jeune réserviste de 21 ans réintègre au 2e Regiment de Lanciers qu’il venait de quitter après un engagement volontaire de 3 ans. Lors d’une patrouille vers la frontière, il accroche une patrouille de uhlans, abat un des cavaliers, mais tombe a son tour.
Un monument a sa memoire existe sur le lieu meme de sa mort.

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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Sep 07, 2021 17:38    Sujet du message: Répondre en citant

JPBWEB a écrit:
Je crois que dans un contexte belge-belge, Fonck fait plutôt reference au célèbre cavalier Antoine Fonck, le premier mort au combat de l’armée belge, tombé a Thimister le 4 aout 1914.


Exact - c'était signalé en note, note qui… (air connu, désolé).
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Hendryk



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MessagePosté le: Mar Sep 07, 2021 19:58    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:

Pendant un long moment, le Prince visite les différentes positions, observe les lignes ennemies et discute avec les Chasseurs qu’il rencontre. Avant de partir, il s’entretient de nouveau avec Lambert.

Quel était le grade de Lambert au moment du POD?

Casus Frankie a écrit:
Au sud, les hommes de Lambert exécutent un mouvement en tenaille avec le 118e RI. Ce faisant, ils capturent quelques soldats allemands qui n’ont pas pu reculer…
– Ils ont l’air de bien prendre le fait d’être prisonniers, commente un Chasseur.

Où sont envoyés les prisonniers capturés par les Belges? Sont-ils internés séparément de ceux des Français, et à ce stade de la guerre sont-ils toujours envoyés en AFN où des camps ont-ils été installés en métropole?
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Wardog1



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MessagePosté le: Mar Sep 07, 2021 21:38    Sujet du message: Répondre en citant

Les belges vont bientot lancer l'operation triple B

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MessagePosté le: Mar Sep 07, 2021 21:52    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Arrivé au PC de la Brigade, le Prince se fait présenter la situation puis il commence à visiter les Unités.

Pourquoi une majuscule ?
Citation:
J’en conviens général, mais, sont-ils totalement formés au combat mécanisé

Une virgule en trop ?
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On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Sep 09, 2021 12:55    Sujet du message: Répondre en citant

GLUCKAUF a écrit:
D'autre part, il n'y a pas d'officiels français ou de hauts gradés pour recevoir le prince Charles ?


C'est une visite, sinon tout à fait secrète, du moins très discrète.
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MessagePosté le: Sam Sep 11, 2021 21:08    Sujet du message: Répondre en citant

Bonsoir,

Je relève un problème à la date du 15 février :

Le général Van Daele est à Marignane dans la suite du Prince Charles et à Ottenburn pour apprécier la démonstration des Typhon du 348e (B) Squadron.

Or le 14, à Ottenburn, l'officier de liaison de l'Aéronautique Militaire précise au major Lamarche que le général Van Daele est absent à Ottenburn. Il est d'ailleurs en Ardèche le 16.
Pour la démonstration du 15, je propose pour le remplacer, son CEM, le général Daufresne de la Chevalerie.

@+
Alain

Note de Loïc : commentaires sur Daufresne de la Chevalerie déplacés dans ce sujet.
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