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Février 43 - Intégrale Belges
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Mai 13, 2021 13:52    Sujet du message: Février 43 - Intégrale Belges Répondre en citant

1er février
Découvertes
Base aérienne de Sfax
– Les quatre officiers des Grenadiers, accompagnés du major Benedictus et des capitaines Durieux et Balleger, sont venus découvrir la principale base arrière de l’Aéronautique Militaire en Méditerranée. Contrairement à sa branche déployée en Angleterre, l’aviation belge sur ce théâtre est très engagée dans l’appui au sol. Cependant, les nouveaux venus ont eu l’occasion de visiter des aérodromes en Angleterre et ne sont pas étonnés par le grand nombre d’avions présents, incroyable pour un militaire belge d’avant 1940.
Ils sont aimablement accueillis par le major Eulers, officier de liaison entre l’Armée de l’Air et l’Aéronautique Militaire, et par trois officiers pilotes.
Felies l’interroge : « Nous sommes heureux de cette occasion de faire connaissance avec nos avions et nos pilotes, mais vous êtes bien indépendants des Forces Terrestres ? »
– Pas encore totalement mais presque,
glisse Eulers avec un petit sourire. Cependant, il est important de faire connaissance, car en Italie, nos avions apportent tous les jours leurs concours à nos troupes. Vous avez connu, malheureusement, l’impact qu’a eu la Luftwaffe en 1940…
– Oui,
soupire Derruder, je ne saurais oublier ces maudits Stukas et leurs sirènes…
– Eh bien, voilà pourquoi vous êtes ici. Il s’agit de rendre aux Allemands la monnaie de leur pièce et pour cela, il est important, entre autres, d’apprendre à connaître et reconnaître les avions dont nous sommes équipés, car vous les verrez souvent de près !
– Ils volent si bas ?
– Cela dépend du modèle…
(se tournant vers un des pilotes) et de celui qui est aux commandes ! N’est-ce pas, lieutenant ?
Le jeune pilote rectifie la position : « En effet, major ».
– Permettez que je vous présente. Le commandant Jan Ceuppens est le patron du II/42 de Bombardement, sur DB-73, actuellement basé en Sicile. Le capitaine Roger Malengreau commande le 1/41 de Chasse, actuellement sur Hawk 87 et lui aussi en Sicile. Enfin, notre cavalier du ciel, le lieutenant-baron Jean de Selys Longchamps (1), pilote de P-39 Airacobra au sein du II/53 d’Appui rapproché. Lui est en vacances ici, comme il a un peu abîmé son avion en volant trop près de la DCA boche en Italie, il est venu en chercher un tout neuf ! Mais vous allez voir les montures de ces messieurs.
Sur le parking avions, plusieurs machines sont ornées de belles cocardes noir-jaune-rouge, dont le DB-73 de Ceuppens, le H-87 de Malengreau (orné de plusieurs emblèmes de victoire) et le P-39D de Selys-Longchamp.
– Depuis le début de notre exil, commence Malengreau, nous avons appris un mot important : coordination. Il est fini le temps où nous envoyions nos malheureux Battle sans escorte sur les ponts du canal Albert. En mission offensive, notre travail est de permettre à nos bombardiers et avions d’assaut de faire leur boulot sans interférence. Bien sûr, en l’absence de chasse ennemie, nous pouvons nous faire plaisir en rase-mottes…
– H-87, DB-73, est-ce que ces modèles ne commencent pas à dater un peu ?
questionne Felies. En Angleterre, nos gars passent leur temps à rouspéter pour avoir la dernière version du Spitfire !
– Vous n’avez pas tort. Mais avant d’être déployés en Italie, nous allons toucher des Mustang, un chasseur américain qui fait des merveilles. Et nos amis du bombardement vont recevoir des B-25 dernier cri.

Ceuppens saisit la balle au bond : « Oui, et avec lui, nous allons faire un meilleur travail plus en profondeur dans les lignes ennemies, contre ses unités d’appui, son ravitaillement… En bref nous allons mettre le bordel sur les arrières des Boches. »
Au tour du lieutenant de Selys-Longchamps : « Certes, mon P-39 n’a pas les lignes gracieuses du Spit, ni l’élégance d’un Mustang, mais il n’en fait pas moins son travail. Ma mission n’est pas de me battre contre d’autres avions (encore qu’à basse altitude, nous ne refusons pas le combat), mais de vous fournir une artillerie volante toujours disponible. Qui dit artillerie dit canon, et notre canon est là, dans la casserole d’hélice. »
Les terriens sont admiratifs devant la gueule de l’arme en question : « C’est bien du 30 mm ? »
– Du 37, Messieurs !
– Amaï !
s’étranglent en chœur les visiteurs.
– Entre nous, on le surnomme l’ouvre-boîte, car il n’y a pas grand-chose qui lui résiste. Demandez une fois aux hommes de la Tancrémont, même un train blindé y est passé.
« Encore la Tancrémont ! »
maugrée à part lui Van Strijdonck, pourtant admiratif devant les avions.
Après d’autres échanges, le major Eulers reprend la parole : « Dans chacune de vos compagnies, vous allez devoir désigner quatre sous-officiers pour venir faire un stage au sein de notre escadron d’instruction. Ils y apprendront les procédures de guidage pour que notre appui au sol soit le plus précis, donc le plus utile possible. Comme les Britanniques et les Français, nous estimons qu’il ne suffit pas qu’une bombe touche le sol pour qu’un bombardement soit réussi. »
– Je ne comprends pas,
s’étonne Felies.
– Nos alliés américains, à qui nous devons ces belles machines, estiment que même si la bombe tombe à 100 mètres de la cible, la mission est accomplie… Pas nous ! On a dû vous prévenir que si l’appui était assuré par des Cow-Boys, il valait mieux reculer de 500 mètres ?
– A ce point ?
– Oui, d’autant plus qu’ils remplacent souvent la qualité par la quantité… Et le pire, c’est que si quelqu’un se plaint, ils ne l’écoutent pas de trop !

Quel chemin parcouru depuis ces funestes jours de Mai 40, pense Derruder. J’ai hâte d’être sur le front et de voir les Boches subir, à leur tour !
………
QG de la 4e DI – Le général Bastin a convoqué le colonel Vandenheede : « J’ai eu les bureaux du GQG des FBM ! La semaine prochaine, le colonel Herbiet arrive en Afrique. Vous irez l’accueillir à l’aérodrome de Tunis, il prendra la liaison régulière. Le gros des troupes embarque dans quelques jours, ils seront là pour le 15. Ça ira pour les logements ? »
– Oui, les Français ont vu grand, nous avons encore de la place au quartier Lys-Leie, et ce sera seulement pour peu de temps, puisque le 3e Chasseurs va s’en aller pour l’Angleterre.
– Bien, vous irez présenter Herbiet à son commandant de brigade. A propos, quelles nouvelles avec nos visiteurs, les quatre officiers des Grenadiers ? Tout se passe bien ?
– Oui. Ils sont fort surpris de la quantité de matériel dont nous disposons !
– Que la conversion ne traîne pas. On m’a fait comprendre que la 4e allait faire mouvement vers l’Italie au plus tard mi-mars. Cette fois, nous allons nous mesurer aux Boches.
– Je suis sûr que tous les hommes de la division n’attendent que ça, mon général. L’heure de la revanche, enfin !



2 février
Lorsque l’enfant paraît…
Naples
– Naissance de la princesse Marie-Béatrice, quatrième enfant des princes de Piémont, Umberto et Marie-José. Les réjouissances officielles ont du mal à cacher l’inimitié qui s’est installée entre les parents de la petite princesse, qui n’ont plus aucune relation conjugale. Selon beaucoup d’historiens, Umberto vient de gâcher la dernière chance de la monarchie italienne de se maintenir après la guerre…

3-4 février


5 février

Le prince évadé
Une maison perdue dans les Ardennes
– Le prince Charles se réchauffe près du poêle à bois quand un visiteur est signalé. La tension monte un instant, mais “André” est très vite reconnu.
– Monseigneur, Londres prépare votre évasion. Mais ce sera probablement début mars, pas avant, car ils veulent être sûrs que tout se passera bien.
– Moi aussi ! J’attendrai donc.
– D’ici quelques nuits, nous vous changerons de cache. Rester trop longtemps au même endroit est trop risqué.
– Les Allemands s’aventurent-ils par ici ?
– Pas de manière régulière, mais on ne sait jamais.
– Bien, je serai donc votre hôte encore quelque temps, Jacques.
– C’est un honneur pour moi, Monseigneur.



6 février
Traductions
Aéroport de Tunis
– Tout en observant les nombreux mouvements d’avion – il est toujours surpris de l’abondance du matériel disponible – le colonel Vandenheede ne peut s’empêcher de penser à son parcours depuis mai 40. Que se serait-il passé si la France avait craqué et renoncé, comme certains l’avaient un moment imaginé, alors qu’il se trouvait en Bretagne avec la 7e DI ? Il serait probablement en train de croupir dans un Oflag en Allemagne… Mais les Français ont tenu et dans quelques semaines, il pourra rendre la pareille aux Boches. Ils avaient le Stuka en 40, maintenant nous avons l’Airacobra…
Un officier de l’Aéronautique le sort de sa songerie : « Le voilà mon colonel, c’est cet avion ». Un DC-3 venu de Londres par étapes se pose et rejoint le parking. Parmi ses passagers, comme prévu, le colonel Herbiet, tout surpris de la douceur du février tunisien.
– Mon cher ami ! Tu as fait bon voyage ?
– Oui, je dois dire… Même si c’était la première fois que je montais dans un avion. Londres-Tunis, quel baptême de l’air !
– Rassure-toi, nous continuons par la route. Viens, notre voiture est là.

………
Le trajet jusqu’à Sfax se passe à discuter de la situation des troupes belges en Afrique.
– Tout se passe bien avec Felies ?
– Oui, tes hommes ont été pris en charge par les officiers du 3e Chasseurs.
– Je suis un peu gêné quand même de remplacer ce régiment qui s’est très bien battu en Sicile.
(Chuchotant Smile Il n’y a pas de remarque sur le fait que nous soyons un régiment flamand ?
– Mon vieux, tu vas pouvoir te rendre compte de ce qui se passe ici. Je suis d’origine flamande, mais j’ai été très bien accueilli au sein de la 4e DI, qui certes est en majorité francophone, mais qui est surtout une division belge. Et n’en déplaise à ceux qui, avant 40, voulait faire voler en éclats l’unité de l’Armée, tu constateras que nous n’avons qu’un but : chasser les Boches et leur enlever toute envie de revenir.
(Chuchotant lui aussi Smile Je sais très bien, comme toi d’ailleurs, que certaines unités flamandes ont eu un comportement inadéquat et même honteux, mais tes hommes n’ont-ils pas envie d’en découdre, de venger l’affront de Kanne ?
– Si bien sûr, et ils ont déjà commencé en Bretagne, dès juin 40. Leur comportement à Redon a été exemplaire. Ensuite, il a bien fallu patienter, mais pendant la campagne de Sicile, tout le monde était à l’affût des moindres informations concernant les actions des troupes belges. Et sache que lorsque les Grenadiers ont été désignés pour la 4e DI, on a vu arriver une foule de demandes d’incorporation dans mon régiment.
– Donc tout ira bien. Tes gars devront se faire à la tactique et au matériel, mais je te fais confiance. Et puis, nous autres Belges sommes pragmatiques, n’est-ce pas !

Herbiet sourit, puis change de sujet : « Où allons-nous, au fait ? »
– Tu as rendez-vous avec ton commandant de brigade, le général-major Gérard. Un brave homme, qui a su s’adapter à l’évolution de la tactique et de l’armement. Il s’en est très bien tiré en Sicile et surtout, contrairement à certains généraux de nos alliés, il ne cherche pas la gloire, juste l’efficacité.

………
Sfax, état-major de la 1ère Brigade de la 4e DI belge – Le général Gérard accueille avec chaleur le colonel Herbiet : « Bienvenue dans la 1ère Brigade, colonel. Voici le colonel Wets, qui prendra, avec ses Chasseurs, votre place dans la 1ère Division. »
– Enchanté. Et désolé de prendre votre place dans la 4e DI au moment de partir pour l’Italie, colonel !
– Ne vous inquiétez pas ! Je vais juste regretter le temps tunisien en Angleterre. Mais à mon avis, la 1ère DI ne va plus rester trop longtemps l’arme au pied.

Gérard reprend la parole : « Pour vous mettre tout de suite dans le bain, Herbiet, voici comment je vois les choses. Contrairement à 1940, ce sera à nous d’attaquer ! Mais il ne s’agira pas de chercher la gloire à tous prix. Je ne veux pas d’actions suicidaires. Attaquer pour attaquer ne sert à rien, sauf à mourir inutilement – le roi Albert l’avait déjà bien compris lors de l’Autre Guerre. Il ne faudra jamais hésiter à utiliser toutes les possibilités d’appui dont nous disposons. Pas question de foncer tête baissée, je compte sur les Allemands pour nous réserver de mauvaises surprises. Vous saisissez ? »
– Tout à fait, mon général.
– Bien, vous verrez avec Wets et son personnel pour la reprise-remise du matériel. On vous informera aussi sur les us et coutumes de la région, pour les quelques semaines que vous allez y passer. Vous savez que nous avons frôlé l’incident diplomatique l’année dernière, à cause des Chasseurs Ardennais !

Herbiet ouvre de grands yeux, Vandenheede explique : « Les Ardennais ont été chercher un sanglier pour en faire leur mascotte. Ça n’a pas été apprécié du tout par le personnel civil du Quartier, qui est évidemment musulman ! Il y a eu une sorte de grève, le ton est monté… Bref, pour leur sanglier fétiche, les Ardennais attendront d’être en Italie. »
– Colonel Vandenheede, vous pourrez dire au général Bastin que nous allons prendre bien soin de nos frères d’armes du 2e Grenadiers !
conclut Gérard.
Au grand étonnement d’Herbiet, toute la conversation a eu lieu dans un joyeux sabir franco-flamand.
………
Au quartier Lys-Leie, Herbiet et Wets retrouvent les autres officiers des Grenadiers, qui accueillent avec joie leur chef.
– Dès que vos hommes arriveront, annonce Wets, nous leur donnerons une formation accélérée au maniement de leurs nouvelles armes. Et cela vous concerne aussi, cher collègue ! Tout comme moi, en plus de votre GP 35, vous aurez droit à une superbe Thompson. Vous apprendrez à vous en servir. D’ailleurs, je compte bien emporter la mienne en Angleterre !
………
Herbiet peut enfin discuter avec Felies en particulier : « Alors, Jurgen, tout s’est vraiment passé sans problèmes ? »
– Oui mon colonel.
– Et au niveau de la langue ?
– Oh, ce n’est pas vraiment une barrière. Nos collègues wallons font de beaux efforts pour que notre intégration se passe au mieux. D’ailleurs, quelques-uns parlent assez correctement flamand.
– Et lors des réunions d’état-major ?
– Cela donne un mélange étonnant, voire déconcertant pour un non-Belge. Figurez-vous que si je pose une question en français, on me répond parfois en flamand et inversement. C’était déconcertant au début, mais ça fait sympathique.
– Mais avec la troupe, pensez-vous que cela ira ?
– Le colonel Wets a fait chercher au sein de son régiment tous ceux qui savaient parler flamand pour assurer la formation de nos hommes, et je dois dire que beaucoup ont répondu à l’appel. Et puis ils ont multiplié les gestes de bienvenue. Par exemple, ils ont changé le nom du Quartier, qui est devenu Lys-Leie.
– Tant mieux. Le 1er Bataillon arrive la semaine prochaine au port de Sfax même. Nous les mettrons directement dans le bain.



7 février
Rencontre
Otterburn
– Le chef Jacobs observe la plaine devant lui pendant que ses hommes décrochent de son tracteur la pièce QF 6 pdr AT “Centaure”. La mise en batterie est rapide, comme de juste, l’entraînement paye !
– Bien, nous attendons les ordres de tir… J’espère qu’ils ne tarderont pas, dit-il en voyant que les autres QF6 sont prêts également.
En attendant, ses pensées remontent à 1940… Que de changements ! Lui qui se voyait chanteur d’opéra à Bruxelles, le voilà chef de pièce dans le Northumberland !
A ce moment, il voit son commandant de compagnie venir dans sa direction, accompagné d’un officier britannique.
– Mes respects, mon capitaine !
– Repos chef. Vos hommes sont prêts ?
– Oui mon capitaine.

L’officier britannique observe la pièce et son tracteur.
– Ah, chef, voici le Captain Francis Blake. Il fait partie de l’équipe d’évaluation britannique qui va nous accompagner durant l’exercice.
– How do you do Sir. Soyez le bienvenu chez les Antichars du 1er Grenadiers.
– How do you do… Hmm… May I ask… Pourquoi ce nom ?
interroge l’officier anglais en désignant le canon.
– Oh, eh bien, au cours d’une permission à Londres, je suis passé devant un bâtiment sur lequel il y avait une plaque disant “Centaur Club”… Et j’ai trouvé que le nom sonnait bien pour de l'artillerie mobile… Sir.
– I see ! It’s very… C’est très amusant. Je suis membre de ce club !

Le destin d’Edgar P. Jacobs s’est une nouvelle fois manifesté.


8 au 10 février

Note
1- Sélys Longchamp est effectivement baron ! Walter de Selys, un notable liégeois, reçut en 1699 de Léopold Ier du Saint-Empire le titre de baron du Saint-Empire, transmissible à tous ses héritiers. Ce titre de noblesse fut reconnu par l’état belge en 1867.


Dernière édition par Casus Frankie le Mar Mai 18, 2021 14:26; édité 1 fois
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houps



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MessagePosté le: Jeu Mai 13, 2021 15:57    Sujet du message: Répondre en citant

Ben, même pas un futur du conditionnel qui se transforme [ra(it)] en présent ?
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Mai 13, 2021 16:11    Sujet du message: Répondre en citant

Ces textes ont été beaucoup plus relus que d'habitude ! Wink
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patzekiller



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MessagePosté le: Jeu Mai 13, 2021 16:32    Sujet du message: Répondre en citant

6fevrier, paragraphe sfax

Mais il ne s’agira pas de chercher la gloire à touT prix.
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houps



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MessagePosté le: Jeu Mai 13, 2021 16:35    Sujet du message: Répondre en citant

Whistle
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Mai 13, 2021 16:36    Sujet du message: Répondre en citant

houps a écrit:
Whistle


Mais celui-là, tu ne l'avais pas vu !! Cool
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MessagePosté le: Jeu Mai 13, 2021 17:09    Sujet du message: Re: Février 43 - Intégrale Belges Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
– Bien, vous verrez avec Wets et son personnel pour la reprise-remise du matériel. On vous informera aussi sur les us et coutumes de la région, pour les quelques semaines que vous allez y passer. Vous savez que nous avons frôlé l’incident diplomatique l’année dernière, à cause des Chasseurs Ardennais !
Herbiet ouvre de grands yeux, Vandenheede explique : « Les Ardennais ont été chercher un sanglier pour en faire leur mascotte. Ça n’a pas été apprécié du tout par le personnel civil du Quartier, qui est évidemment musulman ! Il y a eu une sorte de grève, le ton est monté… Bref, pour leur sanglier fétiche, les Ardennais attendront d’être en Italie. »

Je vois d'ici ce que le délégué du personnel civil, un certain Jamel, a dit. "Non mais c'est pas autorisé, vous vous rendez pas compte! Je me suis renseigné, ça reste relativement du porc!"
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patzekiller



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MessagePosté le: Jeu Mai 13, 2021 19:58    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
houps a écrit:
Whistle


Mais celui-là, tu ne l'avais pas vu !! Cool


Mr. Green

le rédacteur est le plus mal placé pour se corriger.
je n'ose imaginer combien il en reste dans ce que j'envoie à frank, et pourtant, ça été relu plusieurs fois
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Mai 14, 2021 11:19    Sujet du message: Répondre en citant

11 février
Débarquement
Transport Mar Del Plata, dans le port de Sfax
– Deux sous-officiers du 1/2e Grenadiers voient avec satisfaction approcher le terme de leur voyage.
– Nous y sommes enfin ! Moi qui n’avais jamais quitté la Belgique et jamais pris le bateau avant d’embarquer pour l’Angleterre ! Il était temps qu’on retrouve le plancher des vaches.
– Arrête de te plaindre et profite de la douceur de l’air et du ciel bleu – ça change de l’Angleterre, non ! Et puis le voyage ne s’est pas mal passé. Les alertes sous-marines, on s’y fait.
– Toi peut-être, moi je viens de la campagne. Ah là là, mobilisé dès octobre 39, puis rien. Puis on a été chargés de couvrir Eben-Emael, puis on a failli être fait prisonniers en allant voir pourquoi ils ne répondaient plus, puis la bataille de Kanne où tout le régiment a failli se faire massacrer, puis la retraite sur la France, l’annonce de la capitulation du 28 mai et la tête des Français qui nous regardaient comme des traîtres, puis la bataille de Redon et l’évacuation sur l’Angleterre, puis plus rien depuis deux ans et demi. Et en plus je n’ai pas de nouvelles de Marieke. Alors quand on se retrouve ballotté sur un rafiot pendant des jours et des jours, tu m’excuses, mais ça peut pas rester continuer durer !
– C’est vrai, et tout ça à cause des Moffen [les Boches]… Mais bon, entretemps on t’a nommé sergent et tu seras sûrement décoré pour avoir fait un carton sur les Panzers avec le 47 mm…
– Bah, je n’ai fait que mon devoir… Et puis tu es passé sergent aussi, n’oublie pas que tu as été chercher Dewilde sous le feu ennemi. Mais ça est égal, j’aurais aimé qu’ils nous redonnent des T-13.
– Oh, mon grade, c’est surtout parce qu’on manquait de sous-offs’. Quant au T-13, avec le nouveau matériel américain qu’on va avoir, tu vas vite l’oublier.

Tous deux continuent d’observer le port, lâchant de temps en temps un « Verdomme » appréciateur devant l’intensité de l’activité.
– Bon, c’est pas tout ça mais on arrive, faut aller remuer nos gars pour que le débarquement se passe comme il faut.
– Oh regarde, sur le quai, le type raide comme un piquet, c’est Van Strijdonck !
– Mmmh, oui, c’est bien lui, et comme d’habitude on dirait qu’il a avalé un manche à balai !

Les deux hommes s’esclaffent, quand ils sont interrompus : « De qui parliez-vous messieurs ? Quand même pas de mon commandant en second qui nous attend sur le quai ? » C’est le major Naessens, commandant le bataillon, qui les écoutait depuis quelques instants.
– Non, non, Major, nous parlions d’un docker… Le capitaine Van Strijdonck est là ? Comme c’est gentil à lui d’être venu nous attendre !
– Filez vous occuper de vos hommes !
gronde Naessens.
Les deux sergents ne demandent par leur reste.
………
Sur le quai, le Major Weber et le capitaine Balleger ont accompagné Van Strijdonck pour accueillir le 1er Bataillon. Ils ont avec eux les camions de la compagnie de transport divisionnaire pour conduire les hommes au quartier Lys-Leie.
– Notre collègue n’est pas bavard, chuchote Weber.
– Oui Major, j’ai comme l’impression qu’il a une sorte de rancœur contre les Wallons. Je ne sais pas pourquoi… Mais bon, personnellement, je ne m’en formalise pas de trop.
– Et avec les autres officiers, comment ça se passe ?
– Durieux, du 2e Bataillon, me dit que tout va bien. Son collègue, Hellenbosch, ne demande qu’à apprendre, et la barrière de la langue n’est pas un problème.

Arrive alors une jeep transportant le major Felies, qui vient lui aussi attendre le 1er Bataillon : « Je voulais vérifier que tout était prêt pour recevoir mes gaillards. Comme l’adjudant QM avait déjà tout prévu, j’ai pensé que je pouvais vous accompagner, mais vous étiez déjà partis. L’adjudant Delville m’a donc donné ce véhicule, avec son chauffeur ! »
– Un bien brave homme, l’adjudant Delville,
commente Balleger.
Weber et Felies, de même grade, ont commencé à se tutoyer.
– Ah, Jorg, voici tes gars qui débarquent !
– Viens, Jacques, on va accueillir ton équivalent, Dirk Naessens. Il a été blessé en Bretagne par une bombe de Stuka, mais il est revenu au 2e Grenadiers alors qu’il marchait encore avec des béquilles !

………
– Bienvenue en Afrique, mon Major, lance Van Strijdonck à son chef.
– Merci, contrôlez le débarquement, je vous prie. Où se trouvent nos quartiers ?
– A une douzaine de kilomètres. Les Wallons ont mis des camions à notre disposition. J’ai pu vérifier qu’il y en avait assez, mais je n’ai pas su contrôler leur état d’entretien, cependant. J’espère qu’il n’y aura pas de pannes.

Le Major lève un sourcil et va répondre quand on l’interpelle : « Dirk ! Comment vas-tu, as-tu fait bon voyage ? »
– Jorg ! Bonjour. Oui, ça a été, cette fois on ne devait pas trop craindre les avions allemands…
– Je te présente ton équivalent au 3e Chasseurs, le major Jacques Weber.
– Bonjour Major, bienvenue en Afrique, voici mon commandant en second, le capitaine Balleger. Bernard, va avec le capitaine Van Strijdonck vérifier que tout se passe bien.

Le débarquement se déroule sans problèmes et le 1er Bataillon embarque dans les GMC qui l’emportent vers ses nouveaux quartiers.
Le 2e Grenadiers est intégré dans la 4e DI.


12 février


13 février

De Paulette à Marieke
Quartier Lys-Leie, Sfax
– L’installation du I/2 Gre au sein du Quartier s’étant faite sans trop de problèmes, les hommes devant surtout s’habituer à leurs nouveaux logements, les choses sérieuses peuvent commencer. Chacun de son côté, les deux commandants de bataillon tiennent à leurs hommes des discours convergents.
Au I/3 Cha : « Messieurs, votre travail durant ces prochains jours sera de donner les meilleures informations à nos frères d’armes pour qu’ils puissent nous remplacer au sein de la Brigade. Ils doivent apprendre à se servir à la perfection du matériel que nous allons leur laisser. Je serai intransigeant sur l’état des armes et des véhicules que nous leur remettrons. Me suis-je bien fait comprendre ? »
– Oui Major !

Au I/2 Gre : « Les hommes du 3e Chasseurs vont nous former sur le matériel que nous allons bientôt devoir utiliser. N’hésitez pas à poser des questions, et écoutez bien ce que vont nous dire nos frères d’armes, car dans quelques semaines, nos vies en dépendront ! Nous avons été très bien accueillis au sein de notre nouveau Quartier et je ne veux pas de malentendu, tout doit être clair. Compris ? »
– Oui Major !

………
Les hommes sont ensuite répartis en sections (1) suivant leurs futures fonctions.
Les officiers, y compris le major Naessens, sont pris en charge par le major Webber et le capitaine Balleger pour des explications sur les tactiques utilisées par les troupes sous le commandement opérationnel des Français et les différentes possibilités d’appui. Ils auront aussi des cours de tir donné par un officier français venant d’une unité bizarre (dixit l’armurier du bataillon).
Les deux sergents qui se trouvaient sur le pont du Mar del Plata se rendent avec leurs hommes suivre des cours avec leurs collègues du 3 Cha.
– Tu as quoi comme cours, Joos ?
– Antichars. Il paraît qu’ils ont mieux que mon bon vieux T-13. Et toi Bert ?
– Mortiers. Ils vont nous montrer notre nouveau matériel et nos véhicules.
– Bon courage et à tantôt au mess !
– A tantôt. Allez les gars, on y va. Ne faisons pas attendre les collègues.

………
L’un des hommes de Joos, le soldat Vercruysse, peste en lui-même : « Et voilà, notre leider, Staf de Clercq, avait raison ! On va encore avoir droit à des vexations de la part des Wallons, qui vont nous expliquer qu’ils sont meilleurs en tout… » Il ne l’a jamais avoué à ses supérieurs, mais il votait pour le VNV.
Dans le hangar réservé aux antichars, trois hommes attendent devant un véhicule semi-chenillé arborant le drapeau belge et le nom “Paulette” sur sa coque. Par contre, les marquages du 3 Cha. ont déjà été effacés.
– Bonjour, je suis le sergent Devos, lance Joos en français.
Mais la réponse est en flamand : « Bienvenue, je suis le sergent Callens, chef de véhicule. »
– Euh, vous parlez flamand ?
– Bien sûr ! Mes parents étaient de Roulers
[Roeselare, dans la province de Flandre Occidentale]. Ils sont venus habiter dans la région de Tournai en 1920. Je parlais le français à l’école, mais flamand à la maison. Donc tes hommes et toi pouvez me parler en flamand. Notre chauffeur, le caporal Hautecœur, se débrouille un peu en flamand, mais notre pointeur-tireur ne sait pas le parler. Enfin, on arrivera bien à se débrouiller comme ça !
– Tu as raison, ça ira sûrement !
reprend Joos, rassuré.
– Bien, je vais te présenter votre nouvelle monture, le half-track AU-75 mod.41/42.
– Cela va me changer du T-13.
– Ça oui ! Il paraît que tu t’es bien débrouillé en Bretagne, en 40.
– Euh, je n’ai fait que mon boulot,
répond Joos, un peu gêné.
– Hé bien, cet engin est beaucoup plus haut que le T-13, donc plus visible, hélas ! En échange, il a plus de punch. Et si on n’a pas de char ennemi dans le secteur, on peut faire de l’appui avec. Bon, toi et tes canonniers vous restez avec moi, ton chauffeur va aller avec François pour apprendre à dompter la bête. Au fait, moi c’est Albert et toi ?
– Joos.

Le caporal Hautecœur, pinceau et pot de peinture en main, s’approche : « Excusez-moi, Sergent, vous voulez l’appeler comment ? »
– Pardon ?
– Ah oui, on ne t’a pas encore prévenu, mais ici, on donne un nom à nos blindés, même les half-tracks. Nos tankistes ont vu que les Français donnaient des noms de vins à leurs chars, alors ils ont utilisé des noms de bières de chez nous ! Mais pour nos half-tracks, il faut être imaginatif. Et c’est au chef de véhicule de choisir !

Joss sourit, “Paulette”, c’est pour ça… « Pourquoi pas Marieke ? »
– Bien, Sergent. Je m’en occupe avec votre chauffeur,
conclut le caporal.


14 février


15 février

Le prince évadé
2e Bureau belge (Londres)
« Bonjour Messieurs, commence Lorent. Je vous présente André, qui est arrivé de Belgique cette nuit. Vous nous apportez de bonnes nouvelles du comte de Flandre, André ? »
– Oui major, le prince va bien, nous le changeons régulièrement de cache et pour le moment sans incident.
– Parfait. Les préparatifs vont bon train, nous avons le feu vert de la RAF. Passons encore le tout en revue.



16 février


17 février

Entre reines-mères…
Naples
– Elisabeth, reine-mère de Belgique, reçoit une aimable lettre de Mary, reine-mère d’Angleterre. Celle-ci séjourne depuis le Blitz à Badminton, chez les Beaufort. Elle invite sa “collègue” belge à la rejoindre en Angleterre.
Elisabeth, enchantée de la récente venue au monde de sa nouvelle petite-fille Marie-Béatrice (et, selon quelques mauvaises langues, de la séparation entre sa fille et Umberto), accepte l’invitation : elle ira très prochainement s’installer à Londres.


18-19 février


20 février

Des noms pétillants
Sfax
– Le capitaine Gailly commande l’Escadron A du I/1er Lanciers, rattaché à la 1ère Brigade de la 4e DI belge. Tout en observant les AU-75 mod.41/42 du 2e Grenadiers au stand de tir, il se remémore son parcours depuis avril 40.
A l’époque lieutenant, il commandait un peloton d’ACG1… Quel fiasco, ce char ! Enfin, si on pouvait appeler ça un char. Peu avant la bataille de Gembloux, il avait discuté avec des officiers du 13e Dragons. Eux avaient de bons chars, des Somua S-35. Mais le pire était que le commandement ne savait que faire de son unité.
Après les Dix-Huit Jours, il s’était retrouvé rattaché au CRI de Cavalerie et évacué sur l’Afrique du Nord. Le commandement et les politiciens avaient enfin compris qu’il fallait des unités mécanisées. On l’avait nommé capitaine et on lui avait confié un escadron de chars rattaché à une brigade d’infanterie. Bien sûr, il aurait préféré être affecté à la Tancrémont, mais bon, il n’avait pas trop à se plaindre. Son chef de brigade était un bon officier, pragmatique et à l’écoute de ses subordonnés.
Appuyé sur son SAV-42, il embrasse du regard ses chars et ne peut s’empêcher de sourire. En effet, lors des entraînements avec les instructeurs français, ses hommes ont appris que les Français donnaient un nom à chaque char et que, dans le régiment avec lequel le I/1L s’entraînait, tous les blindés avaient reçu des noms de grand vin. Les chefs de char belges ayant demandé à baptiser eux aussi leurs engins, il avait été d’accord et aussitôt, il avait vu jaillir les noms de bières belges typiques !
Le capitaine Gailly a maintenant sous les yeux Orval, Chimay, Leffe, Vieux Temps, Stout, Rodenbach, Rochefort, Palm, Lambic… Il y a aussi Gueuze Framboise, ainsi baptisé par le maréchal des logis Vandesteen (quand il a le dos tourné, tout le monde se pose des questions sur ses mœurs et se demande s’il va peindre son canon de la couleur idoine). Enfin, le margis Vanharpen, quelque peu pervers, a choisi Hoegaerden (2), qu’il s’amuse à faire prononcer à ses visiteurs français…
Le lieutenant Semal, commandant en second de l’escadron, un peu facétieux, a baptisé son blindé Orge. Quant à Gailly, il a joué de son grade pour s’adjuger Mort Subite, il en sourit encore.
Seuls deux blindés ont échappé à la bière. Leurs chefs de char, tous deux Bruxellois et fervents amateurs de football, les ont appelés Daring et Union (3). Mais ils ont promis de respecter une trêve jusqu’à la fin de la guerre.
Le chef de corps de Gailly a failli avoir une attaque lors de la première inspection, mais après avoir vu les blindés des Français, il a reconnu qu’il n’y avait pas de quoi : « Après tout, ce sont des noms bien de chez nous, très patriotiques ! » Enfin, le chef de brigade, ayant lui aussi le sens de l’humour, a décidé que l’indicatif radio de l’Escadron A serait “Brasseur” !
– Ils se débrouillent bien avec leurs nouveaux matériels, commente le lieutenant Semal.
– Oui en effet, répond Gailly, sortant de sa songerie.
– Il y en a un qui fait but à chaque tir !
– J’ai vu, le
Marieke.
– Un vrai tireur d’élite. Heureusement qu’il est de notre côté.

Alors que le 2e Grenadiers tire ses derniers obus, une unité de légionnaires arrive pour s’entraîner. Certains légionnaires, voyant le drapeau belge sur le flanc des chars de l’escadron de Gailly, commencent à siffler “Le Boudin”. Mi-agacé, mi-amusé, Gailly interpelle un officier de la Légion : « Lieutenant ! »
– … Oui, mon capitaine !
– Vous avez vu les cibles, là-bas ?
dit Gailly en désignant les cibles du Marieke.
– … Oui mon capitaine.
– Alors, pensez-vous que nous sommes toujours des tireurs au cul ?
– Euh… Eh bien non mon capitaine, de bons tireurs mais pas des tireurs au cul !
– Ah, il me semblait bien. Bonne journée et bon tir, lieutenant !
– Merci mon capitaine.

Et, se tournant vers ses hommes : « Celui qui siffle encore “le Boudin” en présence des Belges me fera 4 jours ! »
………
– Bien Semal, on y va.
Gailly prend la radio : « Brasseur 1 à tous les Brasseurs, moteurs en marche, les Grenadiers ont fini de tirer, on rentre au quartier. Brasseur 2 ouvre la marche. »


21 février

Notes
1- La section belge est l’équivalent du groupe dans l’Armée française.
2- Selon la graphie d’époque. Aujourd’hui Hoegaarden.
3- Le Daring et l’Union St-Gilloise, deux clubs de football de Bruxelles, sont ennemis héréditaires… Cette rivalité est la trame de la pièce de théâtre Bossemans et Coppenolle, dont Marcel Pagnol s’inspira, avec Le Mariage de Mademoiselle Beulemans, pour écrire sa trilogie marseillaise.
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MessagePosté le: Ven Mai 14, 2021 11:40    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Oh regarde, sur le quai, le type raide comme un piquet, c’est Van Strijdonck !


Pour les amateurs de contexte dialectal, je crois qu’on dirait en VO que le type en question est stijf. Ce qui signifie « raide » en néerlandais standard et donc en flamand. C’est le même mot en anglais (stiff), en allemand (steif), en norvégien (stiv) et même en polonais (sztywny)…
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Etienne



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MessagePosté le: Ven Mai 14, 2021 13:45    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Les officiers, y compris le major Naessens, sont pris en charge par le major Webber et le capitaine Balleger


Webber ou Weber? Wink
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Mai 15, 2021 12:37    Sujet du message: Répondre en citant

22 février
Le prince évadé
2e Bureau belge (Londres)
– Un message reçu de Belgique annonce que les Allemands ont lancé des opérations de ratissage dans les Ardennes… Seraient-ils sur la piste du prince Charles ? Il ne faut plus tarder.
Bien après la guerre, la vie du prince Charles dans le “maquis” sera racontée avec verve par Jo Gérard dans ses Chroniques de la Lieutenance Générale et de la Régence (éditions Jean-Marie Collet).


23- 24 février


25 février

Coups au but
Quartier Lys-Leie, Sfax
– Les jours précédents se sont passés en cours théoriques et pratiques.
Dans l’équipe de Joos Devos, la conversion du chauffeur se fait sans heurts (hormis une barrière démolie, car un semi-chenillé ne tourne pas comme une voiture, Verdomme !).
Le canon de 75 a tout de suite plu aux canonniers. Cependant, le soldat Vercruysse – dont le rôle principal à bord est celui de chargeur – ne semble pas satisfait des explications données en français sur la maintenance du canon, malgré l’aide des bilingues flamands et wallons présents. A la troisième remarque désobligeante, en flamand bien sûr, à laquelle le malheureux pointeur-tireur ne comprend rien, un bras puissant apparaît au-dessus de la ridelle du half-track et a attrape le soldat par le col : « C’est quoi ton problème, manneke [mon petit bonhomme] ? » grogne Joos (tandis le sergent Callens trouve soudain qu’il faut d’urgence vérifier la pression du pneu gauche du half-track).
– Sergent, il nous prend de haut. Il ne veut pas parler flamand.
– Faux. Ce n’est pas qu’il ne veut pas, c’est qu’il ne sait pas. Ça fait une grande différence.
– En deux semaines, il aurait pu apprendre !
– En deux semaines, par gestes et par l’exemple, il nous a déjà bien aidés, intervient un des pointeurs. Nous ne sommes pas d’accord avec Vercruysse, Sergent.

Vercruysse, furieux, ronchonne : « Et voilà, c’est comme en 14, on va encore être commandés par des Fransquillons ! »
– Bien, bien, bien. Je vois… On a appris par cœur les carabistouilles du VNV. Ne t’inquiète pas, on va régler cela entre nous une fois. Ça ne sortira pas du hangar.

Tout l’après-midi, Vercruysse fera des exercices de chargement-déchargement chronométrés. Un obus de 75, ce n’est pas si lourd. Mais au bout d’un certain nombre de manipulations, on dirait du 155… au moins.
Le soir, Devos s’efforce de mettre les choses au clair avec Callens : « Excuse-moi pour l’incident de tout à l’heure, cela ne se produira plus. Je ne connaissais pas bien ce soldat, contrairement à mes autres hommes. Il était au 3e Bataillon et on me l’a affecté dernièrement. »
– Ne t’inquiète pas. Cela arrive, hélas. J’ai fait bien attention de ne pas intervenir. En revanche, je vais pouvoir dire à mes patrons que vous êtes aptes à servir votre nouveau véhicule.
– Merci à toi et à tes hommes. Mais il me semble que nos deux chauffeurs nous doivent un verre.
– Pour la barrière ? Oui, en effet !

Vercruysse n’ira pas trinquer avec les autres ce soir.
………
La conversion du 1er Bataillon s’achève sans trop de problèmes, tandis que celle du 2e est bien entamée et que celle du 3e a commencé. Comme le major Felies, le major Naessens et ses officiers ont découvert qu’il leur faudrait savoir se servir d’une Thompson, et apprécient la façon dont s’est déroulée l’instruction.
– J’ai beaucoup d’échos positifs sur le fait qu’une grande partie des cours aient été donnés en flamand, indique Naessens au major Weber. Je dois te dire que beaucoup craignaient…
– … que les Wallons fassent les dikkeneks [fassent les “gros cous” : les prennent de haut].
– Oui… c’est cela…
– Je m’en doute. Nous avons tout fait pour que certains, tu vois de qui je veux parler, ne puissent profiter du moindre accroc pour… déchirer le tissu. Alors que nous n’avons qu’un but : libérer le pays. Que nos femmes et nos enfants puissent retrouver leur liberté et que nous puissions les retrouver. Alors, les chicaneries des uns ou des autres… Bon, autre chose, j’ai vu les résultats des tirs de ta compagnie d’appui. Chapeau ! Surtout un de tes véhicules anti-char, le Marieke, il a fait 100 % de coups au but.
– Merci. Le chef du Marieke est une sorte de tireur d’élite au canon… A Redon, il a détruit trois Panzers d’affilée avec trois obus. Cela lui a valu une citation et ses galons de sergent.
– Tes mortiers se débrouillent bien aussi. Le capitaine Balleger les a suivis au cours d’un exercice avec ton second, et ils font également dans la précision, pour des mortiers bien sûr !
– Ils n’auraient pas eu d’excuse, leur matériel est finalement le même qu’en Angleterre, sauf le nom du fabricant ! Espérons qu’ils seront aussi précis au front.



26 février
Etre ou ne pas être toisés
Quartier Lys-Leie, bureau du chef de corps du 3e Chasseurs à Pied, Sfax
– Par courtoisie, le colonel Wets partage son bureau avec le colonel Herbiet, des Grenadiers. Celui-ci est ravi : « Je ne te remercierai jamais assez pour ton accueil. J’espère que mes collègues de la 1ère Division te recevront aussi bien en Angleterre. Je les tiens au courant de ce qui se passe ici, et je peux te dire qu’ils ont une foule de question pour toi et tes hommes. »
– Nous serons heureux de leur répondre. Est-ce que tout va bien pour tes bataillons ?
– Oui, les hommes s’habituent bien à leur nouveau matériel. Nous venons d’en envoyer vingt à la base aérienne pour les cours… hmm, les cours FAC – Forward Air Controller, c’est ça ?
– Oui. Et c’est fort utile : grâce à eux, l’appui aérien est bien plus précis.
– Tant mieux. En 40, nos avions – si on en avait – auraient aussi bien pu être au Congo ! Bon, je te laisse, je vais assister aux exercices de tirs mortier du 2e Bataillon.
– Je reste,
soupire Wets, j’ai une foule de papiers à signer…
– Par contre, ça, c’est toujours la même chose !
– Hélas !

………
PC du I/2 Grenadiers« Ah, Van Strijdonck, j’ai les résultats des tirs mortier et antichar de notre compagnie d’appui. Ils sont excellents. Vous pourrez les féliciter de ma part. »
– Merci, Major. C’est vrai qu’ils se débrouillent bien.
– Apparemment, les cours qu’ils ont eus ont été efficaces ! D’après Balleger, notre bataillon sera bientôt prêt. Il pense qu’il reste juste quelques réglages à faire dans la coordination entre les Compagnies et l’Appui.
– De quoi se mêle-t-il, celui-là !
ronchonne Van Strijdonck à voix basse.
– Pardon, capitaine ?
N’en pouvant plus, Van Strijdonck lâche sa bile : « Je me demandais de quoi se mêle ce Wallon, mon major ! Lui et ses hommes du 3e Chasseurs nous toisent à longueur de journée. Certains font mine de baragouiner le flamand, mais ils n’ont aucune sympathie à notre égard, en fait, ils nous méprisent ! »
Naessens grogne de mécontentement. Apparemment, les observations d’Hellenbosch au sujet de Van Strijdonck étaient fondées !
– Cela suffit, capitaine ! Depuis que je suis ici, je n’ai vu à aucun moment les Wallons toiser les Flamands, comme vous dites. Je me demande où vous avez appris ce mot d'ailleurs, “toiser”... bah. Ils nous apportent leur expérience sur la façon d’utiliser le matériel. Beaucoup, même si vous ne voulez pas le voir, font des efforts pour que notre intégration se passe au mieux. Rien ne les obligeait à rebaptiser le Quartier en Lys-Leie, ni à faire de leur mieux pour trouver des hommes parlant le flamand, pourtant ils l’ont fait. Qu’avez-vous contre eux ?
– Ils ont peut-être changé le nom du quartier, mais il y avait plein d’autres indications qui n’avaient pas été traduites, contrairement au règlement. Regardez,
insiste Van Strijdonck en ouvrant un carnet jaune et noir, même le panneau des toilettes ! Pourtant, “Toiletten”, ce n'est pas si compliqué, même pour des Wallons ! C’est sûr, ce sera comme sur l’Yser, les Fransquillons vont nous commander uniquement en français ! Je vais faire un rapport sur ces problèmes de traduction.
– Allons donc ! A la dernière réunion de brigade, les échanges se sont faits dans les deux langues, non ? Et puis vous y étiez, vous, sur l’Yser ? Moi oui. Alors la propagande nationaliste, je sais ce qu’elle vaut. Maintenant, capitaine, je vous donne l’ordre, et je dis bien l’ordre, de cesser vos remarques sur les soldats provenant des provinces wallonnes. Compris ? Et votre rapport, je vous laisse deviner où vous pouvez le mettre !
– A vos ordres mon major.
– Et pour en finir, vous devriez de temps en temps sortir du Quartier. Vous pourrez constater que nos hommes et ceux du I/3 Chasseurs sont souvent ensemble en ville et que ça se passe bien.

Van Strijdonck fulmine mais ne répond rien.
– Autre chose ?
– Oui mon major. Le commandant de la Cie d’Appui est exempt pour la semaine. Il s’est blessé à l’entraînement.
– Oui, j’ai appris. Rien de grave, d’après les médecins.

On frappe à la porte.
– Mes respects mon major.
– Capitaine Balleger ! Entrez.
– Puis-je disposer, mon major ?
demande Van Strijdonck.
– Oui, allez vérifier que les marquages sur les véhicules ont bien été faits.
Van Strijdonck sort sans un regard pour Balleger.
– Il ne m’apprécie pas de trop.
– Je suis au courant !
– Il a un… préjugé contre les Wallons. Mais bon, c’est son problème.
– Cela ne vous choque pas ?
s’étonne le major.
– Je m’en moque ! Je n’ai qu’un but, major, foutre les Boches hors du pays et leur ôter l’envie d’y revenir. Alors, franchement, les états d’âmes du capitaine Van Strijdonck sont le cadet de mes soucis.
– Vous, en revanche, vous n’aimez vraiment pas les Allemands !
– Etiez-vous sur la Lys, mon major ?
– Non, nous nous étions déjà repliés en Bretagne pourquoi ?
– J’étais lieutenant et je commandais un peloton de mitrailleurs. Le 25 mai, nous avions repoussé plusieurs assauts ennemis. Mais le 26 au matin, ils ont à nouveau attaqué, mais cette fois, en faisant quelque chose d’horrible. Ils ont avancé en poussant des prisonniers belges devant eux !
– Ce n’est pas possible !
s’exclame Naessens, horrifié.
– Hélas, c’est vrai. C’est le pire souvenir de ma vie. J’ai crié à mes mitrailleurs d’ouvrir le feu, de tirer quand même. Certains m’ont obéi en fermant les yeux. Ensuite, j’ai été voir mon commandant de compagnie et je lui ai dit que, quels que soient les ordres de l’état-major, je ne me rendrais pas. Avec plusieurs de mes hommes, nous avons su rejoindre Dunkerque et nous avons embarqué.
– Je comprends mieux votre attitude,
commente Naessens après un silence.
Balleger reprend son souffle, puis : « Major, vos hommes sont pratiquement prêts. Il y a bien quelques ajustements à faire, mais l’utilisation de l’armement et des véhicules ne pose aucun problème. »
– Merci. Je vais organiser une réunion entre les officiers de nos deux unités pour vous remercier.
– Nous n’avons fait que notre travail, major, et avec plaisir.



27 février


28 février

Opération Patron
Londres
– Le Lt-colonel Piot (commandant le 2nd (Belgian) Wing, intégré à la RAF) et le major Lamarche (chef du Sqn 348) sont tous deux convoqués à 09h00 à l’état-major de ce qui s’appelle encore (mais plus pour très longtemps) l’Aéronautique Militaire. Dès leur arrivée, ils sont conduits dans le bureau du chef d’état-major en personne, le lieutenant-général Tapproge.
– Bienvenue, Messieurs. Asseyez-vous, nos visiteurs ne sont pas encore arrivés. J’ai reçu les félicitations de nos amis anglais pour la tenue et le travail de vos hommes.
– Merci mon général,
répond Piot. Hélas, ça ne s’est pas fait sans casse.
– Oui, trop de nos compagnons d’armes sont tombés pour la Patrie. Nous ne les oublierons pas quand nous rentrerons chez nous.
– Si je puis me permettre, pourquoi avons-nous été convoqués, le Major et moi-même ?

Tapproge sourit : « Encore un peu de patience ! » Sur ces entrefaites, son ordonnance signale que les personnes attendues sont dans la salle de réunion.
Quand les trois officiers entrent dans la pièce, ils y trouvent trois civils (ou du moins trois hommes en civil) et un colonel en uniforme. Tapproge fait les présentations : « Messieurs, voici Monsieur de Staercke, chef de cabinet du Premier ministre, le colonel BEM Gilbert, chef de cabinet du ministre Delfosse, Monsieur André, de… nos Services spéciaux et le major Lorent, chef des dits Services, qui vont vous exposer leur demande. Je vous en prie, colonel. »
– Merci mon général. Chers collègues, nous organisons actuellement au Pays une mission d’une importance critique, sous le nom de code “Patron”. Cette mission va nécessiter votre aide.
– Et en quoi des avions de chasse, et même des chasseurs-bombardiers, peuvent-ils aider les Services spéciaux ?
interroge Lamarche.
– Vous ne devez pas en savoir de trop, vous vous doutez que la discrétion est essentielle dans cette affaire. Nous avons pensé à vous parce qu’une des spécialités de votre squadron est l’attaque nocturne, indique Lorent. Il s’agira d’escorter un avion lent à basse altitude en fin de nuit.
– Ah... Bien, et quand donc ?
– A partir de ce jour et jusqu’au 4 mars, il faudra prévoir chaque nuit, à partir de 03h00, quatre avions prêts à décoller sur ordre dans les plus brefs délais en direction du secteur La Panne-Nieuport. André, ici présent, vous rejoindra dès ce soir à Manston pour vous transmettre l’ordre de décollage. André a déjà mené à bien la première partie de l’opération Patron, en Belgique même.
– Quel est le but de la mission ?
interroge à son tour Piot.
– Sauf votre respect, répond d’une voix calme “Monsieur André”, vous n’avez pas à le savoir pour le moment, mon colonel.
– Bien, nous allons donner des ordres en conséquence,
répond Piot, interloqué mais discipliné.
Lamarche prend le relais (ce sont ses avions et ses hommes !) : « Chaque nuit, quatre Typhoon seront prêts à décoller immédiatement sur mon ordre, aussitôt que… Monsieur André m’aura donné le signal. Les pleins seront faits, les moteurs resteront chauds et les pilotes équipés, n’ayant plus qu’à courir à leurs avions. Mais il faudra prévenir les Anglais. »
– Ne vous en inquiétez pas,
déclare de Staercke avec froideur. Le gouvernement a mis le Prime Minister au courant, Monsieur Churchill se charge d’informer la RAF.
Les deux aviateurs ouvrent de grands yeux. « Oh oh, pense Piot, si les plus hautes autorités s’en mêlent ! L’avion lent en question, c’est sûrement un Lysander, et il doit transporter un très gros poisson. » Mais il ne dit rien et ajoute : « La fin de la mission pourrait-elle se dérouler de jour ? »
– C’est possible,
répond le major Lorent.
– Alors je pense utile de demander au 1st Wing de mettre le 350 en alerte dès 06h00 chaque matin, prêt à décoller pour couvrir les Typhoon et leur protégé.
– Excellente idée, ce sera une assurance supplémentaire. Je vois que vous comprenez l’importance de l’opération,
daigne approuver de Staercke.
– Il va de soi, Messieurs, ajoute Tapproge, qu’à présent que vous êtes au courant, vous êtes interdits de vol au-dessus du territoire ennemi jusqu’à nouvel ordre ou jusqu’à la fin de la mission.
– Nous nous en doutions, mon général.
– Bien, si vous n’avez plus de questions, nous vous laissons donner les ordres nécessaires.

En sortant, les deux hommes ne peuvent qu’échanger leurs incertitudes et leurs conjectures…
………
De retour à Manston, Lamarche, sous l’œil de Piot, informe – très partiellement ! – les commandants de flight.
– Voici notre ordre de mission pour les prochains jours : chaque fin de nuit à tour de rôle, vos flights fourniront quatre Typhoon prêts à décoller immédiatement. A partir de trois heures du matin, les moteurs seront chauffés, les pilotes près des avions et les pleins faits. Ils devront assurer l’escorte rapprochée d’un avion lent volant à basse altitude. Vous me fournirez la liste des pilotes par nuit. Lorsque nous recevrons le feu vert (si nous le recevons bien sûr !), je leur donnerai personnellement l’ordre de décoller après leur avoir fourni les coordonnées du point de rendez-vous avec l’avion à escorter. Pour tous, secret absolu et plus d’autres missions prévues pour le moment.
– Ces ordres sont valables jusqu’à quand ?
interroge Gonay.
– Jusqu’au 4 mars.
– Pourquoi nous et pas les Spit du 349 ou du 350 ?
– Parce qu’ils n’ont pas l’habitude des missions nocturnes, contrairement à nous. Mais les gars du 350 seront d’alerte pour nous couvrir si ça tourne mal après le lever du jour. Ah, une précision : les pilotes désignés dormiront sur la base tous les soirs, pour éviter qu’ils se… perdent en chemin dans la nuit, dirons-nous !

Les équipes sont désignées et l’attente commence. A Manston, seul Lamarche sait que le nouveau gratte-papier qui vient de s’installer dans un minuscule bureau proche du sien n’est autre que “Monsieur André”… lequel se nomme en réalité André Wendelen, mais cela, Lamarche ne l’apprendra que bien plus tard.
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MessagePosté le: Sam Mai 15, 2021 14:25    Sujet du message: Répondre en citant

et je peux te dire qu’ils ont une foule de questionS pour toi et tes hommes. »
_________________
"Vi offro fame, sete, marce forzate, battaglia e morte." "Je vous offre la faim, la soif, la marche forcée, la bataille et la mort." Giuseppe Garibaldi
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MessagePosté le: Sam Mai 15, 2021 22:53    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Et n’en déplaise à ceux qui, avant 40, voulaient faire voler en éclats

_________________
On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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MessagePosté le: Mar Mai 18, 2021 14:13    Sujet du message: Re: Février 43 - Intégrale Belges Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
1er février
[...]
Enfin, notre cavalier du ciel, le lieutenant-baron Jean de Selys Longchamps (1), pilote de P-39 Airacobra au sein du II/53 d’Appui rapproché.


La note 1 manque. La Gestapo l'aurait-elle fait censurer ?
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