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1940 - La France continue la guerre
 
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Décembre 1943 à l'Est
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loic
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MessagePosté le: Lun Mai 03, 2021 19:32    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
Ben OTL le monsieur voulait aller aux US et n'a jamais pu.

Justement, il est dans l'intérêt de la France de récupérer un tel personnage, non ? Il devrait se laisser convaincre après une tentative infructueuse en direction des USA.
Pour l'annexe, OK bien sûr.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Lun Mai 03, 2021 20:18    Sujet du message: Répondre en citant

Je ne saurai te dire - comme vu il est pilote agricole et aurait sûrement regagné un peu mieux sa vie après son retour dans le circuit. Helas, le charme roumain, l'instabilité professionnelle et le rêve américain. Ceci étant, pour traîner en France dans les années 50, il a forcément un titre de séjour !
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Mai 04, 2021 12:18    Sujet du message: Répondre en citant

19 décembre 1943
Bataille de Roumanie
Ploesti-Bucarest – Digue
Front roumain
– Le LIV. AK de Carl Hilpert arrive enfin à Brașov dans le froid et la neige, devancé de quelques heures seulement par la 14. PanzerGrenadier de Rudolf Holste. Toutes ces formations vont bien sûr poursuivre vers le sud en direction de Sinaia ou Vălenii de Munte afin de fermer définitivement la route des Carpates aux Rouges et de prendre le relais des PanzerDivisions. Ces dernières sont en effet requises ailleurs : les unes doivent se déployer provisoirement à l’ouest (dans les monts face à Craiova), les autres doivent repasser en réserve stratégique, voire au repos (la 24. Panzer et le 502. schw Pz Abt en ont bien besoin).
Ces mouvements s’effectueront rapidement, mais sans précipitation : Karl-Adolf Hollidt n’éprouve plus aucune inquiétude quant à sa situation stratégique, alors que la 17. Panzer continue de tenir fermement face à la 6e Armée de la Garde de Pavel Batov. Celle-ci se contente d’enchaîner des assauts décousus afin d’empêcher son adversaire de manœuvrer trop à sa guise, en attendant l’arrivée des Roumains. Ceux-ci ne devraient pas tarder, d’ailleurs…
En effet, dans les régions évacuées par les Allemands, le nettoyage s’achève. Au total, entre égarés, personnels administratifs et combattants piégés, ce ne sont pas moins de 56 000 ressortissants du Reich qui ont été fait prisonniers depuis le 13 décembre. Parmi eux, on trouve de tout, même des “affairistes diplomatiques”, tel Carl-August Clodius – qui mourra en détention en 1952. Mais pas l’amiral Gustav Kieseritzky, tombé à la tête de ses hommes en tentant de rejoindre les lignes amies. La plupart de ceux qu’il commandait y sont parvenus grâce à lui, mais son corps ne sera jamais retrouvé.
………
Des Roumains chez les Soviets
Le bal des maudits
« Les nouvelles du front étaient bonnes : bonnes pour nous, s’entend, car partout les Fascistes reculaient : les Allemands au nord, les Bulgares au sud…
Les Bulgares ! Pour nous, toute camaraderie révolutionnaire mise à part, ils ne valaient pas guère plus que les Hongrois – lesquels, à cette époque, ne valaient pourtant déjà pas grand-chose : c’est dire l’estime que nous leur portions. Médiocres combattants n’ayant jamais pu triompher de nous qu’avec l’appui de l’étranger teuton, charognards nous ayant arraché par la force un lambeau de terre comme presque tous nos autres voisins, leur pathétique simulacre de résistance ne nous fit pas grand effet. Ils étaient l’exemple à ne pas suivre, celui des vieux régimes compromis voués à disparaitre sous l’élan populaire. Comme ils avaient sûrement cru pouvoir le dire en 1917, alors que l’espoir naissait à Leningrad : malheur aux vaincus ! »

(Adieu mon pays… encore une fois, Vasil Gravil, Gallimard 1957)

Nouvelle ère
Bucarest
– D’évidence, la domination allemande sur la Roumanie s’achève. Mais c’est une nouvelle ère qui commence – et comme un symbole de qui décide désormais ici, des pilotes soviétiques arrivent à l’aérodrome de Popesti pour récupérer les Fw 190 du II/SG.2 capturés lors du retournement. Ces appareils qui passent ainsi aux mains des VVS malgré les insignes roumains hâtivement peints sur les croix noires ne sont d’ailleurs plus que cinq – le sixième a été abattu au-dessus des Carpates hier matin, victime d’un tir du Uffz. Schatermann (un mitrailleur du 3./Transportgeschwader 5, une unité de transport (1) !). C’est bien la preuve que les Roumains sont incapables d’utiliser leurs prises – elles seront donc infiniment plus utiles sous l’étoile rouge.
En ville, le petit Vladimir Cosma regarde par la fenêtre sans comprendre pourquoi son père enchaîne les morceaux tristes au piano. L’URSS tient déjà fermement la Roumanie. Elle est là pour longtemps… et la suite ne sera pas meilleure pour le pays (voir Annexe F I1). Dans un quartier ouvrier périphérique, le jeune Iulius Rosner, étudiant en médecine communiste et naïf, découvre ce nouveau monde en saluant le camarade qu’il a hébergé les nuits précédentes, au péril de sa vie. Un cadre du Parti peu connu, mais déjà assez important pour qu’on lui ait trouvé un abri personnel un certain Nicolae Ceaucescu (2)…

Bulgarie esseulée
Conversion éclair
Bulgarie
– Situation paradoxalement calme dans le pays, au sein duquel les armées soviétiques s’enfoncent comme un fer chaud dans du beurre, en faisant des milliers de prisonniers. La 18e Armée entre dans Varna et Doulovo – elle n’est déjà plus très loin de sécuriser la frontière avec la Turquie. Ce qui n’empêche pas la Flotte du Drapeau rouge de prévoir pour demain un débarquement à Bourgas, selon le modèle qui a réussi à Constanza. Il convient d’aller vite, Camarade !
Quant au 6e Corps Blindé, il a atteint Pleven et approche de la chaîne du Grand Balkan – donc de la vallée de Sofia – par Yablanitsa et Veliko Tarnovo.

Roumanie
Mains propres
Bucarest
– Sans tambour ni trompettes – mais aussi sans beaucoup de regrets – les autorités roumaines remettent au lieutenant-général Tevchenko (commissaire-politique du 2e Front Ukrainien, envoyé par Moscou pour l’occasion) et au général Nikolai Burerin (le tout nouveau commandant de la place de Bucarest) un groupe de détenus bien connus : Mihai Antonescu, Gheorghe Alexianu, Radu D. Lecca, Constantin Vasiliu, Constantin Pantazi, Constantin Tobescu … et aussi Ion et Maria Antonescu, le Conducator déchu et son épouse. Tous les huit, qui ont déjà subi une longue succession d’interrogatoires (globalement civilisés, nous ne sommes pas en Germanie !), montent dans un train pour Moscou. Impossible de savoir le sort qui les attend – mais ils ne se font évidemment guère d’illusions.


Notes
1- Ce sera le seul Fw 190 jamais revendiqué par la Luftwaffe…
2- Bien que devenu par la suite un médecin et un chercheur brillant, promis au plus grand avenir, Iulius allait devoir fuir la Roumanie une quinzaine d’années plus tard – ce bon communiste avait commis la double erreur d’être né Juif et d’exprimer un peu trop souvent des opinions s’éloignant de la ligne du Parti. Arrivé à Dijon au tout début des années soixante, il refit complètement sa vie en France, associé avec sa femme puis avec sa fille – toutes deux médecins comme lui. Il a raconté depuis son expérience dans un livre passionnant : Dans les coulisses du Rideau de Fer - Autopsie d’un régime totalitaire (Le Cherche-Midi éditeur, 2003).
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Mai 04, 2021 12:22    Sujet du message: Répondre en citant

L'annexe F I1 ce soir ! Wink
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loic
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MessagePosté le: Mar Mai 04, 2021 14:05    Sujet du message: Répondre en citant

Un détail intéressant, nous allons donc bientôt assister à la rencontre entre soldats "de l'ouest" et "de l'est", pratiquement un an avant la fin du conflit ! Voilà qui change radicalement de l'OTL.
Une drôle de cohabitation le long d'une frontière assez longue qui va préfigurer le rideau de fer, mais sans l'être encore. Quid des affaires d'espionnage, des déplacements de population, ..., tout ça alors que la guerre continue ?
Check-point Charlie quelque part à la frontière roumano-yougoslave ?
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Wardog1



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MessagePosté le: Mar Mai 04, 2021 14:19    Sujet du message: Répondre en citant

Je me demande quelle sera l'avenir de la famille royale roumaine, sera elle exilé par la futur république populaire de Roumanie, ou le souverain jouerai un role symbolique dans un royaume socialiste de Roumanie, ou alors comme pour le roi du Viêtnam, ambassadeur dans un pays étranger?
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solarien



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MessagePosté le: Mar Mai 04, 2021 14:40    Sujet du message: Répondre en citant

Pour le capitaine Constantin Cantacuzino, on peux imaginer une meilleur situation.

Les pilotes polonais ne vont pas tous retourner en Pologne communiste, et il est fort probable qu'il reste dans l'aviation civile ou militaire, quitte à demander la nationalité française ou anglaise.

On peux imaginer que l'un de ces pilotes polonais retrouve notre capitaine et en parle à sa hiérarchie, permettant à notre cher constantin de postuler pour l'armée de l'air mais avec 2 éxigence, la nationalité française et un plus gros respect des ordres.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Mar Mai 04, 2021 14:57    Sujet du message: Répondre en citant

Je crois bien que, ni le rêve américain, ni la diaspora des pays de l'Est outre-Atlantique, ne disparaitront avec la FTL. Cool
Et pour l'interface, nous avons narré en détail la jonction Est-Ouest à Zanjecar en décembre 43 ... ainsi que toutes les complications qui s'en sont suivies, sans parler de mes histoires de chemin de fer transfrontaliers !
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loic
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MessagePosté le: Mar Mai 04, 2021 15:55    Sujet du message: Répondre en citant

(Message en doublon, peux-tu supprimer) ?

Je ne retrouve pas Zanjecar, ça s'écrit comme ça ?
Oui, je me souviens de ce premier contact, mais il ne concernait "que" les affaires de logistique. Mais c'est la suite (sur la durée) qui va être intéressante. Tout dépend si l'ami Staline se sent sûr de lui au point d'imposer une socialisation et au final une chape de plomb précoces, car il craint les fraternisations alors que la guerre n'est pas encore finie.

C'est à ce demander s'il ne faudra pas recycler la rubrique "En Europe occupée" au fut et à mesure que la zone de contrôle allemand se réduit comme peau de chagrin Smile
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Dernière édition par loic le Mar Mai 04, 2021 16:01; édité 1 fois
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Hendryk



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MessagePosté le: Mar Mai 04, 2021 16:00    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
Je crois bien que, ni le rêve américain, ni la diaspora des pays de l'Est outre-Atlantique, ne disparaitront avec la FTL. Cool

Un membre de la diaspora qui ne reviendra pas plus qu'OTL dans sa Roumanie natale, c'est Emil Cioran, dont je suppose qu'en ce moment il vivote dans le Quartier latin et écrit des bouquins déprimants.

Par contre, qu'en est-il de Ionesco? Obtient-il comme OTL un poste d'attaché de presse à l'ambassade de Roumanie en France?
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MessagePosté le: Mar Mai 04, 2021 17:47    Sujet du message: Répondre en citant

loic a écrit:
C'est à ce demander s'il ne faudra pas recycler la rubrique "En Europe occupée" au fut et à mesure que la zone de contrôle allemand se réduit comme peau de chagrin Smile


J'y pensais… ! Cool
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MessagePosté le: Mar Mai 04, 2021 17:48    Sujet du message: Répondre en citant

Hendryk a écrit:
Par contre, qu'en est-il de Ionesco? Obtient-il comme OTL un poste d'attaché de presse à l'ambassade de Roumanie en France?


Pas de raison qu'il en soit autrement, sans doute !

Ah - en parlant d'exilés - j'espère que vous avez lu attentivement la note de bas de page n°2. Si vous trouvez le livre, n'hésitez pas ! Iulius ne pourra plus vous le dédicacer, hélas, mais vous ne regretterez pas ce reportage au cœur d'un totalitarisme…
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Kirishima



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MessagePosté le: Mar Mai 04, 2021 18:18    Sujet du message: Répondre en citant

Iulius Rosner, incroyable !
Dire que je l'avais rencontré (beaucoup plus jeune) en 2003 au Mémorial de Caen où il dédicaçait son livre.
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MessagePosté le: Mar Mai 04, 2021 18:25    Sujet du message: Répondre en citant

Kirishima a écrit:
Iulius Rosner, incroyable !
Dire que je l'avais rencontré (beaucoup plus jeune) en 2003 au Mémorial de Caen où il dédicaçait son livre.


L'un de ses livres. Il en a aussi écrit sur la médecine, un notamment, excellent malgré le temps qui passe - une lecture à recommander à tout étudiant en médecine ou jeune médecin.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Mai 04, 2021 20:28    Sujet du message: Répondre en citant

La descente aux enfers de la Roumanie
Extrait de Derrière le Rideau de Fer – L’Europe de l’Est écrasée, par Robert Stan Prasky (Perrin, 2002)

« La fable du gouvernement d’union nationale indépendant de l’URSS durera jusqu’en septembre 1944. A ce moment, Staline se sentit assez fort – sur le conseil de Lucrețiu Pătrășcanu – pour imposer Petru Groza en remplacement d’un général Sanatescu « décidément incapable de combattre les sympathisants fascistes » et responsable, quelques semaines plus tôt, de la mort sous les balles de l’armée de nombreux manifestants de « cortèges pacifiques et spontanés » (1). Un choix judicieux ! Groza, bien qu’assurément communiste, était surtout le dirigeant d’une des principales organisations populaires : le Front des Laboureurs, membre du Front national démocratique (dirigé par le PCR) et qui avait largement pris la place du Parti national paysan dans le cœur des fermiers les plus appauvris par des années de crise économique puis de conflit.
Consolidant soigneusement son assise populaire – notamment grâce à la récupération de la Transylvanie (quand bien même il faudrait attendre le traité de Paris, en septembre 1946, pour que cette annexion ait une base légale) – Petru Groza se tint tranquille pendant un an.
Durant cette période, l’affaire qui fit le plus de bruit à l’étranger fut le retour d’URSS en Roumanie de Ion et Maria Antonescu, le Conducator déchu et son épouse, accompagnés de Mihai Antonescu, Gheorghe Alexianu, Radu D. Lecca, Constantin Vasiliu, Constantin Pantazi et Constantin Tobescu. Tous les huit seront jugés par le tout récent tribunal populaire de Bucarest, évidemment acquis au nouveau gouvernement. Cette instance ne connaissait qu’une peine : la mort. Ion Antonescu, Mihai Antonescu, Constantin Vasiliu et Gheorghe Alexianu furent ainsi exécutés par fusillade le 1er juin 1945 à la prison de Jilava. Pour les quatre autres, la peine fut commuée en prison à perpétuité. Le lieu d’inhumation du Conducator ne fut jamais rendu public, afin de prévenir tout risque de pèlerinage.
Par ailleurs, durant l’année 1945, Groza se contenta, si l’on peut dire, de mener à bien un important remembrement agraire. Celui-ci eut au moins pour mérite de profiter aux vétérans, aux dépens des collaborateurs… et des paysans d’origine hongroise, quoiqu’en démantelant au passage toutes les propriétés de plus de 51 hectares. Puis, enfin assuré de sa base, Groza s’attacha à éliminer minutieusement toute source potentielle de contestation – notamment en nommant personnellement chaque préfet. Les libertés offertes d’une main (comme le droit de vote aux femmes) furent systématiquement réduites de l’autre. Les journaux d’opposition furent fermés, le nombre de partis politiques limité, des corps d’état puis des organisations entières supprimés.
Enfin, lors des élections générales de 1946, marquées par la fraude et l’intimidation, le PCR remporta une victoire écrasante (70 % des suffrages).
Désormais regroupées autour du Parti national paysan, les forces démocratiques voulurent réagir, avec l’appui des Occidentaux. Mais ces tentatives bien trop tardives furent définitivement réduites à néant par l’affaire de Tămădău (mars 1947), quand plusieurs responsables du PNP furent surpris au pied d’un avion « en train de fuir pour créer à l’étranger un gouvernement en exil ». Ces responsables furent immédiatement arrêtés pour haute trahison par la Siguranţa Statului. Deux semaines plus tard, c’est tout le parti qui était déclaré hors la loi et dont les membres étaient à leur tour incarcérés. Iuliu Maniu devait mourir en détention en 1953, comme son bras droit Ion Mihalache dix ans plus tard. Le Parti national libéral fut interdit dans la foulée (Constantin I.C. Brătianu moisissait déjà en prison pour avoir refusé de rejoindre le gouvernement (2)), tandis que les sociaux-démocrates – privés de dirigeants, eux aussi sous les verrous – et les membres de l’Union populaire hongroise étaient incorporés de force au Parti des Travailleurs roumains, donc au Parti communiste.
Les partis d’opposition pulvérisés, il ne restait plus à Petru Groza qu’à anéantir le dernier symbole de la « réaction » : le roi Michel, auquel une partie significative de l’armée restait fidèle, et qui multipliait maladroitement les sujets de crispation, par exemple en critiquant des condamnations de criminels de guerre (ou supposés tels), ou encore en faisant de l’obstruction pour retarder l’attribution de la citoyenneté d’honneur roumaine à Staline. Il n’y avait là rien de neuf : dès 1945, et avec quelque naïveté, Michel avait tenté d’obtenir la démission de Groza, en s’appuyant sur les accords interalliés qui avaient prévu qu’une commission quadripartite déciderait de l’avenir de son pays. Evidemment, l’intéressé n’avait pas donné suite. Et quand il jugea le moment venu d’en finir, le communiste ne s’encombra pas de manières : le 30 décembre 1947, il convoqua le roi dans son bureau « pour discuter d’affaires importantes » et lui tendit une lettre d’abdication à signer sous peine de déclencher « l’arrestation et l’exécution de plusieurs milliers de personnes, dont un millier d’étudiants déjà emprisonnés » (3). Le roi signa – une heure plus tard, le parlement acquis à Groza votait l’abolition définitive de la monarchie, et Michel devait fuir le pays avec sa famille. Le royaume de Roumanie devenait la République populaire de Roumanie.
Cette dernière devait rester de fait sous occupation soviétique jusqu’en 1958 – le temps pour les compagnies roumano-soviétiques (les fameuses SovsRoms) de mettre le pays en coupe réglée.
Gheorghiu-Dej, Premier secrétaire du PCR, succéda à Groza au poste de Premier ministre en 1952 (4). Il bénéficia alors d’un pouvoir absolu. Sous sa houlette, la Roumanie devint l’un des plus puissants et des plus loyaux satellites de l’URSS, notamment grâce à la très redoutée Securitate, dont la main de fer réussit à prévenir tout trouble comparable à ceux qui agitèrent l’Allemagne de l’Est, la Pologne ou la Hongrie (5). Mais dès la fin des années cinquante, des divergences avec l’URSS commencèrent à se faire jour : de la déstalinisation voulue par Kroutchev jusqu’à la politique semi-autonome souhaitée par Bucarest – laquelle impliquait notamment la création d’importantes industries lourdes, alimentées par un commerce pas exclusivement tourné vers l’Est.
Sous l’effet de cette politique, le pays semblait s’ouvrir peu à peu, au moins économiquement. Et en 1964, Gheorghiu-Dej n’était sans doute plus très loin de franchir le Rubicon : son industrie s’équipait déjà en Allemagne de l’Ouest (via le RFSY) et Bucarest venait de signer un premier accord commercial avec Washington. Pour tous, il paraissait alors vraisemblable que la Roumanie allait passer ainsi, à terme, d’un glacis néostalinien à une dictature soviétisante autonome, première étape peut-être vers une politique baroque et indépendante comparable à celle de son voisin, le Royaume Fédéral Socialiste de Yougoslavie. Ce dernier pouvait sans doute servir d’exemple, au moins sur cet aspect précis. Les Occidentaux, du reste, y consentaient volontiers : la perspective d’attirer une partie du Bloc communiste et d’isoler la Bulgarie à l’aide de simples financements s’appuyant sur une forme de “soft power” fit sans doute beaucoup gamberger à Washington, Londres ou Paris.
Toutefois, le 19 mars 1965, Gheorghe Gheorghiu-Dej décédait brutalement d’un cancer du poumon. Il avait désigné son successeur – un apparatchik encore peu connu, mais qui allait hélas faire beaucoup parler de lui : Nicolae Ceaușescu.
Ce dernier reprit à son compte la politique “autonome” de Gheorghiu-Dej – qui faisait notamment de la Roumanie le seul pays du bloc communiste à maintenir ses relations avec Israël et à se montrer critique des interventions soviétiques. Il y ajouta simplement une incompétence économique totale, doublée d’un culte de la personnalité affirmé ainsi que d’un goût prononcé pour exercer un pouvoir sans nul partage. Aimant à se distinguer de l’URSS, mais n’ayant à présent aucun lien solide avec une autre puissance, capitaliste ou communiste – malgré ses tentatives du côté de la Mandchourie (vite abandonnées, tant Harbin était dépendante de Moscou) – et également instruit par la lamentable expérience albanaise, son régime évolua alors peu à peu vers ce que l’Est savait faire de pire à cette période : la Corée de Kim-Il-Sung (6). Suivant cet exemple, la Roumanie devint rapidement un régime présidentiel aussi nationaliste que totalitaire. Les livres furent censurés, les arts mis entièrement au service du pouvoir. Le pays se ferma à nouveau sur tous les plans, sauf pour ce qui relevait du commerce.
Désormais libre de toute influence étrangère et inspiré, peut-être, par la révolution pédagogique d’Enver Hoxha, Ceaușescu se lança dans sa propre « révolution culturelle ». Cette sorte d’immense offensive de propagande stalinienne devait établir dans tous les domaines « l’humanisme, le réalisme et l’intellectualisme socialiste, afin de guider le peuple vers une conscience socialiste totale, qui permettra de faire émerger une société fusionnant à la fois l’état et le Parti, l’individu et le collectif ». L’idéologie remplaça tous les autres critères de choix pour les promotions dans toutes les carrières et le pays bascula sans remède dans une glaciation absolue, sans que rien ni personne ne puisse plus s’y opposer. Glaciation encore aggravée par la politique en apparence raisonnable et « impérialiste » de Tito, dont l’intervention réussie en Albanie avait littéralement stupéfait le Bloc communiste… au moins autant qu’elle avait inquiété son voisin roumain. De fait, Ceaușescu consacra une grande partie du budget roumain à l’armement de son pays et à la fortification de sa frontière ouest, dilapidant des sommes colossales qui auraient sans doute été plus utiles ailleurs. C’est ainsi, par exemple, qu’il acquit auprès de Moscou toute une flotte de MiG 25 destinée à défendre Bucarest contre des bombardiers censés venir d’Athènes ou de Belgrade. Cette dépense parfaitement inutile aurait sans aucun doute pu faire débat – s’il y avait encore eu à ce moment la moindre possibilité de débat en Roumanie.
Gouvernant en tyran et ne répondant que pour la forme à Moscou, Ceaușescu fut pris d’une véritable folie d’investissements destinés à démultiplier les capacités de raffinage de pétrole (et non plus seulement d’extraction) du pays afin de rendre la Roumanie totalement autonome de l’étranger. Le budget militaire ayant déjà considérablement appauvri le pays, il dut contracter à la fin des années 70 de très lourdes dettes à des taux usuraires après de quelques banques ouest-européennes. C’était les seules qui avaient accepté de lui prêter de l’argent… Bien sûr, la vente de produit pétroliers aurait dû, en théorie, lui permettre de rembourser très rapidement, mais le « génie des Carpates » surestimait beaucoup l’efficacité de son administration et l’ardeur au travail de sa classe ouvrière ! Confronté à des délais de construction interminables (encore aggravés par un important tremblement de terre !), ainsi qu’à une grève majeure de ses mineurs dans la vallée de la Jiu (7), Ceaucescu fut contraint de passer brutalement d’une politique sociale toute soviétique à une politique d’austérité. Un comble pour un pays communiste ! Austérité aggravée, une fois encore, par de nombreux achats de prestige à l’étranger – par exemple, la production sous licence par Romaero de 80 avions BAC 1-11 dont la Roumanie n’avait que faire… Onze RomBac 1-11 seulement furent construits, mais l’affaire fit paradoxalement beaucoup apprécier le dictateur en Occident !
Pendant ce temps, la veille garde, fidèle depuis la prise de pouvoir, décédait plus ou moins paisiblement dans son lit : Iosif Rangheț (septembre 1953), Emil Bodnăraș (juillet 1976), pour ne citer que les “historiques”… Le chef n’avait déjà guère de critiques – il n’aurait même plus d’interlocuteurs.
Finalement, au début des années 80 – littéralement prise à la gorge par ses dettes – la Roumanie fut contrainte de céder la quasi-totalité de sa production agricole et industrielle pour tenir ses échéances. Aujourd’hui encore, certains se demandent pour quelles raisons le régime refusa de faire défaut. La réponse est sans doute fort simple : il ne le pouvait pas, pour des raisons de stabilité.En effet, admettre que le président Ceaușescu avait eu tort de façon aussi patente aurait gravement menacé la survie d’institutions bien moins solides qu’il y paraissait. Déjà, en 1978, le général Ion Mihai Pacepa (de la Securitate !) avait porté un coup très rude aux apparences en passant à l’Ouest, tandis que les signes de mécontentement se multipliaient dans la nomenklatura (se traduisant par exemple par l’éviction de Constantin Pârvulescu, en janvier 1979).
Mais quelles qu’aient été les véritables raisons de cette décision, ses conséquences ne tardèrent pas à se faire sentir : le niveau de vie du Roumain baissa de façon dramatique (Cool, dans un pays à présent en proie à des pénuries de carburant et de nourriture, alors que même la radio et la télévision voyaient leurs émissions limitées à deux heures de programmation par jour afin d’économiser l’énergie !
Faute d’un allié désireux d’aider la Roumanie et sans aucune perspective d’amélioration à court ou moyen terme, la situation en resta là, tenant vaille que vaille jusqu’en 1985. Puis, en butte à une économie totalement ravagée, alors que Ceaucescu exerçait depuis déjà vingt ans un pouvoir absolu d’une façon digne de Staline (9), le pays craqua. Le 18 décembre 1985, à Timișoara (près de la frontière yougoslave), une manifestation pro-hongroise dégénéra en émeute armée, supportée par une masse étudiante. La police riposta avec violence – on dénombra officiellement 7 morts (un chiffre qui fut par la suite multiplié… alors qu’il est possible qu’il ait en réalité été plus faible !). Le 21 décembre, Ceaucescu présidait une réunion publique, où il prononça comme de coutume un discours stalinien dans lequel il accusait notamment, pour expliquer les troubles les plus récents, « des agitateurs fascistes armés par l’étranger pour détruire notre socialisme ». Il fut alors hué et insulté par l’assistance, malgré des promesses de réformes sociales et d’augmentation du salaire minimal décidées dans l’instant pour calmer son public ! Menacé par une foule en colère, Nicolae Ceaușescu dut se retirer sous les jets de pierres, alors que la population basculait dans une révolte ouverte. L’armée, passé un premier réflexe de répression, changea spontanément de camp avec le suicide (particulièrement suspect) du ministre de la Défense Vasile Milea.
Le régime s’effondra donc d’un coup. Le président déchu – car il n’était plus soutenu par personne – dut alors fuir son palais en hélicoptère, devant les caméras et sous une pluie de projectiles, poursuivi par une masse enragée ! Il n’alla pas loin. Rattrapé par des chasseurs dans l’espace aérien roumain, il fut arrêté avec sa femme Elena, jugé par une cour sommaire sans base légale et fusillé par quatre soldats tirés au sort parmi des centaines de volontaires, le tout dans une émission retransmise à la télévision ! C’est dire la haine que le pays vouait au tyran.
Avec le recul, on peut néanmoins regretter, non point l’homme, mais bien la manière. En effet, cette fin aussi rapide que brutale arrangeait d’évidence beaucoup de monde en Roumanie – de fait, la majorité des responsables de l’époque ne seraient jamais inquiétés. Et la triste, sombre, immonde époque Ceaușescu reste encore à ce jour enveloppée des plus épaisses ténèbres de l’histoire roumaine, plus épaisses encore s’agissant des circonstances précises ayant conduit à l’émeute de Timișoara – peut-être organisée par des nervis du régime, avec la complicité de pays voisins, afin de faire tomber d’une manière “contrôlée” un dictateur que tous savaient déjà condamné et qui n’était plus guère qu’un facteur de déstabilisation.
Cependant, comme le fit plus tard remarquer le général Victor Atanasie Stănculescu, un des principaux artisans de la répression à Timișoara (il commandait les troupes ayant fait feu), mais aussi (par sa passivité !) du soulèvement de Bucarest : « l’alternative aurait sans doute été de voir les Ceaușescu carrément lynchés dans la rue et pendus à un réverbère. » Et peut-être lui avec… Pénible conclusion d’une douloureuse période de 45 ans. »


Notes
1- Sanatescu devait mourir d’un cancer à Bucarest en novembre 1947. Il fut enterré avec les honneurs militaires. Il évita sans doute ainsi d’être à la fois humilié et emprisonné… Le Prince Blanc Barbu A. Știrbey, lui, était déjà mort en mars 1946 d’un cancer du foie.
2- Il serait décédé à la prison de Sighet, dans les années 50. Constantin-Titel Petrescu (des sociaux-démocrates) sera par contre libéré en 1954… pour raison de santé ! Il survivra deux ans à l’hôpital, avant de succomber (notamment) à la tuberculose.
3- Une rumeur tenace colportée en particulier par Enver Hoxha prétend que, plutôt que Petru Groza, ce fut Gheorghe Gheorghiu-Dej qui se chargea de la besogne – un revolver à la main, selon une tradition qui avait déjà bien servi au PCR. L’URSS rapportera que le major-général Pavel Sudoplatov (du NKVD) et le commissaire aux Affaires étrangères Andrei Vyshinsky avaient civilement négocié avec le roi, en lui promettant notamment des compensations financières. Un argument des plus vicieux : de fait, Michel put quitter le pays avec une partie de ses biens, ce qui permit au PCR de dire qu’il avait vendu son royaume !
4- Petru Groza, devenu président du Présidium de la Grande Assemblée nationale, décédera en 1958 à la suite d’une opération de l’estomac.
5- On estime qu’en quarante ans, la Securitate communiste devait faire plus de deux millions de victimes, dans un pays d’environ quarante millions d’habitants !
6- Nicolae Ceaușescu fit plusieurs visites d’état en Corée – suivant chaque fois un parcours précis destiné à mettre en valeur les « magnifiques réalisations » du régime, il semble qu’il ne se soit jamais rendu compte qu’il s’agissait d’un décor de théâtre !
7- Nicolae Ceaușescu descendit personnellement négocier avec les grévistes, persuadé que sa stature et son aura suffirait à leur faire reprendre le travail – il fut accueilli par des cris de haine et autres « A bas la bourgeoisie rouge ! ». Mis au pied du mur, il fit mine de céder aux revendications… mais les grévistes ne l’emportèrent pas en paradis. Dans les années qui suivirent, tous leurs meneurs connurent une étonnante suite d’accidents malencontreux ou de maladies rares. La Securitate aurait ordonné aux médecins du travail d’augmenter la durée des radioscopies de dépistage de la silicose (obligatoires à l’époque chez les mineurs), afin de provoquer des cancers !
8- Plaisanterie de l’époque : « Ferme la fenêtre, ceux qui sont dans la rue vont avoir froid ! »
9- Autre plaisanterie : Ceaușescu reçoit un chef d’état étranger à Bucarest. Ils parcourent la ville et, dans chaque rue, avenue ou place, le visiteur demande : « Jolie rue (avenue, place…) ! Quel est son nom ? ». La réponse du Roumain est toujours la même : « Ben, Ceaușescu, pourquoi ? ».
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