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Rudolf Hess, par Dak69
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Oct 26, 2011 09:28    Sujet du message: Rudolf Hess, par Dak69 Répondre en citant

Dak69 a envisagé pour Rudolf Hess un destin adapté à la FTL...
Dans le texte ci-dessous, les parties en bleu sont mes propositions. Mais je pense que le sujet va soulever quelques discussions, que Dak et moi attendons avec intérêt.
Casus Frankie




10 mai 1942 [ou 2 mai]
Encore loin à l’est de Moscou, 16h00 (locales)
– Le Fw 200 Müringen de la Lufthansa venant de Tokyo survole à 2000 m d’altitude l’immensité de la plaine russe, cap à l’ouest. Le pilote se tourne vers son voisin, assis en place droite quoiqu’il soit en civil : « Dans trois heures environ, nous serons à Moscou, Herr Reichsminister. »
– Oubliez donc le titre une fois pour toutes, Kurt, ou je ne vous appellerai plus que Herr Flugkapitän Schuhmann ! Depuis le temps, quand même… Bon, ça ira, demain matin, je pourrai dormir un peu le matin, pour être en forme lors de mon entretien avec le camarade Molotov à 5 heures et surtout, pour être frais pour la réception du soir.
– Vous pensez que Staline montrera le bout de sa moustache ?
– Je l’espère bien, mais je redoute la vodka supplémentaire qu’il faudra avaler !
Les deux hommes sourient et le pilote reprend : « Nous devrions déjà être arrivés, mais aujourd’hui, rien n’a marché comme prévu. D’abord l’interprète qui arrive avec une heure de retard, puis le vent contraire pendant tout le trajet… »
– Et ces abrutis à l’escale de ravitaillement en Sibérie qui s’étaient trompés d’heure parce qu’un gratte-papier avait oublié qu’on n’était pas dans le même fuseau horaire au départ et à l’arrivée ! Pas encore au point, le paradis des travailleurs !
La conversation est interrompue par l’arrivée de l’interprète, qui tend un feuillet au pilote : « Nous avons reçu ce message en morse il y a un moment, Herr Flugkapitän. Désolé pour le retard, mais il a fallu d’abord le transposer en caractères cyrilliques avant de le traduire. »
– Scheisse ! grogne le pilote. La zone aérienne de Moscou sera fermée à l’heure de notre arrivée, en raison d’un exercice de défense aérienne. Ils veulent qu’on s’arrête à Kazan !
Le civil pousse une exclamation de dépit. « Enfin, tovaritch, reprend le pilote, on pourrait tout de même aller jusqu’à Nijni Novgorod, ça ferait une heure de moins demain, non ? »
– Navré, Herr Flugkapitän, mais c’est imposible ! L’accès à Gorki est interdit sauf autorisation spéciale aux citoyens soviétiques et a fortiori aux étrangers, pour des raisons de sécurité militaire.
Il faut se résigner à passer la nuit à Kazan, étape importune au retour d’une mission diplomatique au Japon commencée quinze jours plus tôt. Pendant que le commandant de bord sort une carte, l’opérateur radio demande un relèvement gonio et l’avion vire légèrement pour prendre la direction de Kazan.
Le civil ne décolère pas : « C’est énervant, encore une réception à endurer, comme à chaque escale. Si on était arrivés à Moscou, on filait à l’ambassade et on passait une soirée tranquille. »
– Mais Kazan est une des plus belles villes de la sainte Russie, Herr… heu, Rudolf. Et pour une fois, on aura le temps de visiter un peu.
– C’est bien une réflexion de pilote de la Lufthansa sur la ligne Berlin - Venise ! Comme si on n’avait pas assez joué aux touristes au Japon. Envoyés extraordinaires du Führer pour envisager des opérations communes contre les Américains, ça nous a quand même laissé pas mal de loisirs.
– Oh, la délégation a apprécié, fait le pilote en désignant l’arrière de l’appareil. Et il y en a un qui apprécie particulièrement ce voyage en votre compagnie, c’est mon copilote en titre : il a dormi la moitié du temps dans un des fauteuils moelleux de la cabine, puisque vous occupiez sa place. Bon, il est temps de retourner au boulot. La descente va commencer dans quelques minutes, Monsieur le second pilote Rudolf ! La piste est orientée est-ouest, le temps est beau, avec le vent d’ouest qu’on a eu, on devrait faire une approche directe sans complication.
Si les contretemps de la journée ont mis la patience de Rudolf Hess à l’épreuve, les vraies raisons de sa nervosité sont bien plus à chercher dans les rendez-vous du lendemain, objectifs principaux quoique non officiels de sa mission, et connus seulement du Führer.
L’aérodrome de Kazan est bientôt en vue, et le Flugkapitän Schuhmann aligne l’appareil dans l’axe, quand la tour de contrôle envoie une fusée rouge, suivie par des exclamations en russe dans les écouteurs. Pendant que le Kondor s’éloigne prudemment du terrain, l’interprète, appelé à la rescousse, explique que le vent vient de l’est et que l’atterrissage est à faire dans l’autre sens. Schuhmann se met à contourner la piste, cherchant du regard des fumées d’usine pour confirmer que le vent a tourné, mais il n’y en a aucune en vue. Ah, tout de même : deux petits chasseurs biplans, comme ceux que les Rouges ont utilisés en Espagne, décollent vers l’est. Le vent a donc bien tourné, ce que confirme une manche à air disposée au seuil de piste. Schuhmann effectue un bel arrondi et pose délicatement son élégant quadrimoteur.
Le toucher des roues est plus doux que ce à quoi il s’attendait, mais, malgré une forte pression sur les freins, l’avion, au sol, ne ralentit guère et le bout de piste se rapproche à toute allure – Kazan n’est qu’un petit aérodrome.
– Il y a un problème avec les freins, appuyez avec moi !
– J’appuie !
– Bon sang, même sans freins, il devrait déjà être arrêté !
– On va rentrer dans les arbres, en face !
– Pied à gauche à fond, je contrôle le virage. Mieux vaut un cheval de bois !
La manœuvre de Schuhmann pourrait réussir, la course du Fw 200 s’infléchissant à gauche, mais c’est sans compter avec un fossé de drainage courant le long du terrain et à peu près invisible du cockpit, dans lequel les roues de l’appareil s’enfoncent brutalement. Le train droit cède et le Kondor, stoppé net, bascule sur la droite, le bout d’aile heurtant le sol avant de se rompre. Dans le cockpit, Schuhmann est projeté en avant, sa tête heurte le tableau de bord et il s’évanouit. Hess heurte violemment le côté droit du poste de pilotage et pousse un hurlement de douleur.
La tour de contrôle fait partir immédiatement le camion des pompiers et une ambulance, pendant qu’un des employés s’empare d’un téléphone et demande Moscou en priorité absolue – il ne met pas dix secondes pour avoir le numéro réclamé.
Pendant ce temps, une dizaine de personnes plus ou moins contusionnées descendent de l’avion, qui, heureusement, n’a pas pris feu. Dans la cabine des passagers, il n’y a pas de blessé grave, mais à l’avant, il en est tout autrement. Le pilote, toujours inconscient, est extrait de l’appareil avec le plus de ménagements possible et allongé sur une civière. Hess, soutenu par un de ses collaborateurs, sort de l’avion en grimaçant de douleur et en soutenant son bras droit blessé de la main gauche – on lui administre immédiatement une piqûre de morphine avant de l’allonger lui aussi sur une civière. Mais c’est l’opérateur radio qui paraît le plus mal en point, le médecin le fait immédiatement évacuer par l’ambulance pendant que les autres occupants de l’avion se remettent de leurs émotions en attendant d’autres véhicules.
C’est à ce moment que le pilote retrouve ses esprits – à peine a-t-il ouvert les yeux qu’il cherche à s’orienter, malgré de violents maux de tête : la position du soleil, celle de l’avion, et la direction du vent – pas de doute, il souffle de l’ouest, et assez fort. « Bon Dieu, on nous a fat atterrir vent dans le dos, sur une piste courte, et avec des freins, des freins – nom d’un chien, je me disais bien qu’il y avait des mécaniciens qui n’avaient rien à faire autour de l’avion, à l’escale de Sibérie ! » Un infirmier s’approche de lui en souriant et appelle l’interprète, qui s’en est sorti sans une égratignure et accourt aussitôt : « Ah, Herr Flugkapitän, comment allez-vous ? » Schuhmann le regarde un instant, effaré, ouvre la bouche, la referme, puis articule : « Heu, que s’est-il passé, on devait se poser où déjà, je ne me souviens de rien ! »

Moscou, 20h00 (locales) – « Voici les dernières nouvelles de Kazan, camarade Commissaire ! Il y a un mort, le radio, décédé avant d’arriver à l’hôpital d’une hémorragie interne. Les passagers ont des contusions variées, mais rien de sérieux. Le pilote est sérieusement choqué, il ne se souvient de rien ! »
– De rien vraiment, Gregori Arkadievitch ?
– C’est ce qu’il dit, camarade Commissaire. Il n’est même pas sûr de s’être posé à Kazan.
Le Commissaire du Peuple aux Affaire Intérieures se met à rire. Son assistant frémit, car en général, le rire de Lavrenti Beria n’annonce rien de bon. Mais pas cette fois : « Ce pilote est un homme très chanceux, ou très malin, Gregori Arkadievitch. Bon, qu’il rentre au Vaterland avec les autres ! A présent, ne me faites pas languir : notre client est-il toujours endormi ? »
– Bien sûr, camarade Commissaire, la morphine est très efficace. Vous vous souvenez qu’en descendant de l’avion, il n’avait qu’une fracture du poignet droit – mais un examen approfondi a révélé plusieurs fractures des côtes, un traumatisme crânien et une fracture de la mâchoire. Il a été plâtré avec soin, mais il ne pourra plus parler ni écrire pendant plusieurs semaines…
Nouveau rire : « Excellent, excellent ! Il en a pour combien de temps à l’hôpital ? »
– Au moins un mois, plutôt six semaines.
– Et il est intransportable, bien entendu ?
– Bien entendu, camarade Commissaire ! L’équipe médicale qui s’est occupé de lui a fait le nécessaire.
– Parfait, Grigori Arkadievitch, parfait, il faudra songer à accorder une petite faveur à ces médecins…
En fin de soirée, lors de sa rencontre quotidienne avec Molotov et Staline, Lavrenti Beria évoquera bien sûr l’accident de Hess, mais ne laissera filtrer qu’un minimum d’informations. Pas un mot, notamment, sur la raison de la visite du Reichsminister que certains considèrent comme le favori d’Hitler – car nul ne croit vraiment au prétexte allégué : congratuler les dirigeants soviétiques à l’occasion du 1er mai.


11 mai 1942 [3 mai]
Berlin
– Hitler a bien entendu été informé de l’accident dans les plus brefs délais. Sa première réaction a été une sorte de soulagement : après tout, cette tentative de parvenir à un accord avec Staline – accord léonin, bien entendu, et tout à l’avantage de l’Allemagne – était l’idée de Rudolf Hess. Qu’elle ait fait long feu avant même d’avoir pu être entreprise ne le dérange pas vraiment : la guerre contre l’URSS est tellement dans l’ordre des choses que même le destin s’y met !
Cependant, quand, vers midi, le Führer apprend que Hess n’est pas transportable et qu’il est cloué en URSS pour plusieurs semaines, il s’enferme dans son bureau de la chancellerie, d’où il ne ressortira que dans la soirée, avec sa mine des mauvais jours.


13 mai 1942 [5 mai]
Berlin
– Le rapport envoyé par l’ambassade d’Allemagne à Moscou, à peine décodé par une machine Enigma, est porté à la connaissance d’Hitler. L’attaché de l’air, qui s’est rendu à Kazan avec le médecin de l’ambassade et s’est entretenu avec le pilote de l’avion, confirme que l’accident est dû à un problème de freins sur l’appareil, comme l’ont affirmé les enquêteurs soviétiques. Quant au médecin, s’il est rassurant sur l’état de santé de Hess, il prévoit toutefois une longue convalescence, avec encore au minimum un mois avant la sortie de l’hôpital. Hitler, dont le visage s’était quelque peu détendu à la lecture du début du rapport, blêmit et s’enferme à nouveau dans son bureau.


14 mai 1942 [6 mai]
Berlin, Friedrichstrasse Bahnhof, 09h30
– La délégation envoyée au Japon débarque du train en provenance de Varsovie. Une garde d’honneur attend la dépouille de l’opérateur radio, qui est enterré immédiatement après. Le Flugkapitän Schuhmann, après que les honneurs aient été rendus au défunt, refuse vigoureusement d’être conduit à l’hôpital de la Charité, mais demande à être entendu de toute urgence par un responsable du SD (Sicherheits-Dienst, qui chapeaute toutes les nombreuses polices du Reich). Il est emmené au ministère de l’Intérieur, où il est reçu par Heinrich Müller, à qui il explique ses constatations et ses conclusions : l’accident de son avion n’a pas été fortuit, c’est incontestablement un attentat délibéré.
En début d’après-midi, Hitler est informé et explose de colère contre cette démonstration de la perfidie slave ! Barbarossa n’attendra pas le retour de Rudolf Hess en Allemagne. Tant pis pour l’ancien successeur présomptif du Führer !


16 juillet 1942 [8 juillet]
Sverdlovsk, en fin de soirée
– C’est un Rudolf Hess affaibli, mais valide, qui descend d’une superbe Mercedes (prise de guerre à l’ambassade d’Allemagne…) devant une grosse villa. Serré de près par deux militaires du NKVD, il est conduit à l’intérieur, où il est accueilli par un commandant portant le même uniforme. Celui-ci, dans un allemand correct, lui raconte en détails ce qui s’est passé en ce lieu vingt-quatre ans plus tôt, avant de conclure : « Vous comprenez, Herr Hess, qu’une mort violente de plus dans cette maison n’aurait rien d’anormal ! » Rudolf Hess hoche la tête.
………
Hess, Rudolf – (…) Il ne sortit de sa prison qu’en 1946, pour son procès. Entre temps, il avait appris le russe et avait, lui aussi, fini par comprendre ce qui s’était passé. Mais, faute de preuves et surtout de juges disposés à l’entendre, ses affirmations concernant la mission dont il était chargé et l’attentat dont il avait été victime passèrent pour une manifestation d’un esprit déjà dérangé. Il fallut attendre 1980 pour qu’un des directeurs occidentaux de la prison de Spandau, convaincu par l’insistance de son pensionnaire, demande une enquête officieuse. L’absence des relevés météorologiques de Kazan pour le mois de mai 1942 dans les archives de la ville et des services météo eux-mêmes, et surtout la totale contradiction de la page météo publiée le 11 mai 1942 dans les éditions locales des journaux avec celles éditions des villes voisines apportèrent une preuve matérielle à l’appui du témoignage de Kurt Schuhmann (qui, à la fois très malin et très chanceux, s’était sorti vivant de la guerre).
Un accord finit par être trouvé entre les quatre puissances (et accepté par le gouvernement allemand) : Hess fut libéré à la condition expresse de ne jamais paraître en public, de ne s’exprimer devant aucun journaliste ni historien, et de tenir son lieu de résidence secret jusqu’à sa mort, survenue en 1987.
Il va sans dire que l’affaire a alimenté les spéculations des historiens. S’il semble à présent évident que le pseudo accident a été organisé par Beria, ses motivations restent incertaines. Les travaux les plus approfondis, bénéficiant de la découverte d’archives allemandes capturées en 1944 et conservées à Moscou, font état d’un complot orchestré par Himmler, ou plutôt par Heydrich, pour se débarrasser d’un rival. Selon ces travaux, la SS aurait fait fuiter à Beria une version maquillée de la mission de Rudolf Hess, rendant l’accord proposé bien plus acceptable qu’en réalité pour Staline, donc bien plus détestable pour Beria, qui estimait qu’on avait déjà trop cédé aux nazis et dont la position aurait pu souffrir de la signature d’un « super-Pacte » Hess-Molotov.

(Grand Larousse de la Deuxième Guerre Mondiale, 2005)
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loic
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MessagePosté le: Mer Oct 26, 2011 12:42    Sujet du message: Répondre en citant

Ma foi, ça colle plutôt bien dans le contexte FTL.
Seul bémol possible : pourquoi Hess ne ferait-il pas sa mission en Angleterre à la veille de la date programmée de Barbarossa (dont lui et Hitler ne savent pas encore qu'elle va être reportée) ?
Autre possibilité, la mission de Hess se déroule à Alger, mais ça fait un peu trop franco-français.
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On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Oct 26, 2011 14:17    Sujet du message: Répondre en citant

loic a écrit:
pourquoi Hess ne ferait-il pas sa mission en Angleterre à la veille de la date programmée de Barbarossa (dont lui et Hitler ne savent pas encore qu'elle va être reportée) ?
Autre possibilité, la mission de Hess se déroule à Alger, mais ça fait un peu trop franco-français.


En 41 FTL, il faudrait imaginer une double mission, une à Alger une à Londres. OTL, l'Angleterre est vraiment toute seule.

Par ailleurs, en 42 FTL, les USA sont déjà en guerre et c'est l'URSS qui est toute seule, un argument de plus pour Hess, qui se vante de pouvoire dompter les Rouges sans recourir directement à la force.
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Casus Frankie

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ladc51



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MessagePosté le: Mer Oct 26, 2011 14:37    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour,

un grand bravo à dak, je trouve l'histoire passionante, superbement tordue et digne des plus grands romans d'espionnage....

Mais puisque Casus veut une discussion, je suis obligé de dire que je n'y crois pas.

En effet, autant je peux imaginer Hess parti en OTL négocier avec l'Angleterre avec l'aval d'Hitler, autant je ne peux pas croire qu'Hitler songe à négocier avec Staline : toute sa stratégie et sa folle logique depuis les années 20 est vouée à la destruction du pouvoir "judéo-bolchévique" et la conquête de l'espace vital à l'est ! Je ne peux pas l'imgainer renoncer à ces objectifs. Et comment les atteindrait-il en négociant avec Staline ?

Donc soit Hess a pris l'initiative de cette négociation sans avertir Hitler, soit c'est un complot d'Hitler qui sacrifie son dauphin pour faire croire à Staline qu'il veut négocier (mais seulement pour camoufler son attaque, et sans aucune intention de conclure un accord), soit il ne peut pas y avoir de tentative de négociation secrète...
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Laurent
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Oct 26, 2011 15:43    Sujet du message: Répondre en citant

Et pourquoi tu crois que je voulais une discussion ?
Parce que je me posais des questions ! Think

En fait, en réfléchissant sur tes observations, je pense jouable de multiplier les coups de billard : Hess se vante de dompter les Rouges par la seule force de son verbe (et la menace de la Wehrmacht),
Hitler se dit que c'est idiot et que de toutes façons il faudra cogner, mais que ce naïf de Rudolf sera parfait pour jeter de la poudre de négociation aux yeux de Staline peu avant Barbarossa (il ne sacrifie pas Hess, il s'agit de prétendre négocier)
Himmler-Heydrich pensent que de toutes façons, cette affaire permettra à Hess de se faire mousser et décident d'en profiter pour l'éliminer en faisant croire à Beria que la négociation est sérieuse.
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Casus Frankie

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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Oct 26, 2011 16:01    Sujet du message: Répondre en citant

Et voici un petit changement correspondant à ce qui vient d'être dit :
Berlin – Hitler a bien entendu été informé de l’accident dans les plus brefs délais. Sa première réaction a été un simple agacement : en effet, cette tentative de parvenir à un accord avec Staline – accord léonin, bien entendu, et tout à l’avantage de l’Allemagne – était l’idée de Rudolf Hess. Qu’elle ait fait long feu avant même d’avoir pu être entreprise ne dérange pas vraiment Hitler : la guerre contre l’URSS est dans l’ordre des choses, elle aura lieu, nul n’y pourra rien changer. En réalité, Hess, tout en se croyant investi d’une véritable mission de négociation, n’était parti pour Moscou que pour dissimuler les préparatifs de l’opération Barbarossa derrière une sorte de rideau de fumée !
Cependant, quand, vers midi, le Führer apprend que Hess n’est pas transportable et qu’il est cloué en URSS pour plusieurs semaines, il s’enferme dans son bureau de la chancellerie, d’où il ne ressortira que dans la soirée, avec sa mine des mauvais jours. Car perdre ainsi son vieux compagnon n’entrait pas dans ses plans…
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ladc51



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MessagePosté le: Mer Oct 26, 2011 17:41    Sujet du message: Répondre en citant

Alors là, ça me plait doublement !

L'histoire est superbe, et crédible ; plus machiavélique, tu meurs... Twisted Evil

Bravo à l'auteur et au rédacteur

Applause
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Laurent
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Jeu Oct 27, 2011 10:16    Sujet du message: Répondre en citant

La vache, on se croirait dans certains romans d'espionnage de la guerre froide avec vraie-fausse fuite d'information et tentative d'assasinat déguisé en crash aérien "appuyé", le tout dans le dos des patrons respectifs.
Mais dans le genre coup tordu, le pompom revient à l'élimination du Maréchal Tchoukachevski, avec vraie-fausse fuites d'information en provenance d'allemagne organisé depuis Moscou et "découverte" par le NKVD.
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"Au jeu des trônes, il n'y a que des vainqueurs et des morts, il n'y a pas de demi-terme". La Reine Cersei.
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sting01



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MessagePosté le: Ven Oct 28, 2011 04:36    Sujet du message: Répondre en citant

Il y a une legende (peut une realite, mais qui me fut donnee en seconde main) sur R.Hess, ou plus exactement sur sa vie privee :

son mariage aurait ete platonique (disons base sur une affection reciproque) et son truc qurait ete de ce travestir, et aurait ete de surnome par dans les speres nazies : Tata Yoyo (ou similaire, fait est que je ne me rappelles plus le nom utilise).

Cela est sous reserve, m;ayant ete confie durant ma jeunesse par mon tuteur d'allemand (J. Peiper).

Donc pourquoi ne pas se montrer vindicatif et imaginer une campagne de diffamation de Hess par les Services speciaux (Hess est absent car il a attrape une gono en ayant une relation contre nature avec Goering ... la question cruciale etant de savoir qui faisait la femme? ... Pour memoire ce genre de quolibet mensonger etait monaie courante)
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Anscarides je suis ne,
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Collectionneur



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MessagePosté le: Dim Oct 20, 2013 08:02    Sujet du message: Hitler savait que Hess allait proposer la paix au RoyaumeUni Répondre en citant

Dixit l'article suivant. Et Hess à servi de fusible dans cette affaire :

http://www.slate.fr/life/78278/hitler-paix-europe
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patrikev



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MessagePosté le: Dim Oct 20, 2013 13:04    Sujet du message: Répondre en citant

Une donnée moins anecdotique: Rudolf Hess était l'ami du vieux géographe Karl Haushofer et de son fils Albrecht. OTL, il aurait discuté avec Albrecht sur les contacts possibles en Angleterre. Et ce qui n'est pas moins intéressant, Albrecht aurait été en relation avec l'Orchestre Rouge d'Arvid Harnack. De là à penser que FTL, Hess a pareillement discuté de son projet russe avec Albrecht, géographe lui-même (le "Heartland" est au centre de la géopolitique haushoferienne) et que c'est peut-être Harnack qui a relayé l'information vers Moscou...

http://en.wikipedia.org/wiki/Albrecht_Haushofer
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Anaxagore



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MessagePosté le: Dim Oct 20, 2013 13:31    Sujet du message: Répondre en citant

Karl Haushofer est le fondateur de la société de Thulé... un disciple rebelle d'Helena Petrovna Blavaski la fondatrice du mouvement théosophique.
Si vous ne voyez pas qui sont les théosophes, je connais une excellente citation d'un romancier célèbre " Les théosophes annoncent des choses qui glaceraient le sang de terreur si elles n'étaient pas énoncées avec un optimisme aussi désarmant que béat". L'auteur en question n'étant autre que... H.P. Lovecraft...

C'est de cette filiation Théosophie -> Société de Thulée -> Nazisme que vient les légendes faisant des nazis des pratiquants des versants les plus sombres de l'occultisme.
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Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
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patrikev



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MessagePosté le: Dim Oct 20, 2013 14:14    Sujet du message: Répondre en citant

Oui, et il y aurait eu une vague fraternité de sociétés secrètes derrière les projets anglais de Rudolf Hess... Mais avec les Soviétiques FTL, ça ne marche pas. Il faudrait une version uchronique où l'impératrice Olga formerait un gouvernement avec Raspoutine et Gurdjieff, l'ex-bolchevik Djougatchvili occupant les fonctions de chef de la police.
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GAULLISTE 54



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MessagePosté le: Dim Oct 20, 2013 18:27    Sujet du message: Répondre en citant



L'idée n'est pas mal mais je ne vois guère Hess aller en URSS et je ne vois pas non plus Hitler le sacrifier !

Quand on voit qu'OTL il voulait laisser aux Britanniques l'intégrité de leur Empire en échange que le R-U laisse les mains libres aux Allemands en Europe de l'est je doute qu'il aille voir les Soviétiques

Même si son rôle pendant la SMG avait diminué c'était un "vieux compagnon" des luttes nazies (Il à participé en 1923 au putsch de la Brasserie à Munich. Après l'échec de la tentative de coup d'État, il est emprisonné avec Hitler dans la prison de Landsberg et l'aide à la rédaction de Mein Kampf et il était le Secrétaire particulier d'Hitler ) et il en savait beaucoup et c'était quand même le numéro 3 du régime nazi !

A mon avis en FTL il serait aussi parti pour le R-U peut être pour la France "Libre"

Par contre un "accident" d'avion de Hess pourrait servir aux Allemands comme motif d'attaque de l'URSS

Mais je peux me tromper....
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MessagePosté le: Dim Oct 20, 2013 19:56    Sujet du message: Répondre en citant

Je suis en train de relire "l'histoire secrète" de Jean-Raymond Tournoux, sur l'histoire de la cagoule et de ses émanations.

Il ne faut pas chercher plus loin pour trouver des contacts ayant des accointances à la fois à Alger, Paris, Rome et Berlin (y compris coté anti hitlérien comme Canaris qui peut faire le liens avec les Russes par divers moyens).
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