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Le destin de l'armée polonaise en exil
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ladc51



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MessagePosté le: Mar Nov 03, 2009 10:19    Sujet du message: Le destin de l'armée polonaise en exil Répondre en citant

Bonjour,

j'ai commencé à travailler sur ce thème.

Je vous proposerai progressivement cette synthèse autour du plan suivant :

1- Le gouvernement polonais en exil

2- Les prémices de la reconstitution de l'armée polonaise
2.1- L'exode des combattants exilés de Pologne et la mobilisation des Polonais en France
2.2- La reconstruction de l'armée polonaise en France (sept 39 - juillet 40)
2.3- La reconstruction de l'armée de l'air polonaise en France et en Angleterre (sept 39 - juillet 40)
2.4- La reconstruction de la marine polonaise

3- L'armée polonaise dans la bataille de France
3.1- La campagne de Norvège (sic)
3.2- Le martyre des armées de l'est
3.3- Le réduit breton
3.4- L'odyssée de la brigade blindée polonaise
3.5- L'armée de l'air polonaise : un atout mal utilisé

4- Un second exil : l'évacuation de France de l'armée polonaise
4.1- Les aviateurs polonais au sein de l'armée de l'air... française ?
4.2- L'armée de terre

5- L'armée polonaise dans la bataille d'Angleterre (juillet-novembre 40)
5.1- A l'origine : les squadrons polonais de bombardement
5.2- Les pilotes polonais dans les squadrons "anglais" de la RFA
5.3- Les squadrons de chasse polonais

6- L'armée polonaise dans les batailles en Médterranée (1940)
6.1- Marignan
6.2- Cordite

Commentaires, questions et contradictions bienvenus...
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Laurent
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Mar Nov 03, 2009 10:45    Sujet du message: Répondre en citant

Bravo, c'est un très bon début. Mais est-ce qu'une suite est prévue pour après 1940 FTL?
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"Au jeu des trônes, il n'y a que des vainqueurs et des morts, il n'y a pas de demi-terme". La Reine Cersei.
"Les gens se disent en genéral affamé de vérité, mais ils la trouvent rarement à leur goût lorsqu'on la leur sert". Tyrion Lannister.
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ladc51



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MessagePosté le: Mar Nov 03, 2009 11:01    Sujet du message: Répondre en citant

Capitaine caverne a écrit:
Bravo, c'est un très bon début. Mais est-ce qu'une suite est prévue pour après 1940 FTL?


Waou... comme tu y vas ! quelle belle ambition...

En fait, je vais te faire une réponse de normand Wink
- oui, il y aura une suite, à quoi bon s'arrêter là ? Cool
- non, pas tout de suite ! d'une part parce que ne faire que 39-40 va déjà me prendre bcp de temps, ensuite parce que pour aller au-delà il faudra sans doute arbitrer qques points dans l'existant... Confused
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Laurent
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ladc51



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MessagePosté le: Mer Nov 04, 2009 10:23    Sujet du message: Le destin de l'armée polonaise en exil Répondre en citant

1- Le Gouvernement Polonais en exil

Après l’attaque allemande contre la Pologne, puis l’invasion de l’est du pays par les troupes soviétiques, une fois l’issue de la lutte sans espoir, le gouvernement polonais choisit l’exil et demande à la Roumanie l’autorisation de passer par son territoire pour embarquer vers la France. La Roumanie accepte mais interne le gouvernement polonais une fois celui-ci sur son territoire ! D’après les termes de la constitution polonaise, le Président Ignacy Moscicki doit démissionner.

La France fait alors d’intenses pressions diplomatiques sur la Roumanie pour que celle-ci laisse partir les membres du futur gouvernement polonais. En même temps, la France choisit les personnalités polonaises qui composeront ce gouvernement, pour éliminer l’ancienne équipe responsable de la défaite et ne retenir que les démocrates et francophiles.
Wladyslaw Raczkiewicz, ancien président du Sénat, est ainsi désigné, le 30 septembre 1939, nouveau président de la République polonaise. Il désigne le jour même le général Wladyslaw Sikorski comme Premier Ministre, qui s'installe dans un premier temps à l'hôtel Régina à Paris et forme aussitôt son gouvernement.

En novembre 1939, les autorités polonaises s'installent à Angers.
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Laurent
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ladc51



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MessagePosté le: Mer Nov 04, 2009 10:58    Sujet du message: Le destion de l'armée polonaise en exil (2) Répondre en citant

2- La reconstruction de l’Armée Polonaise (septembre 1939 - mai 1940)

Par décret présidentiel du 7 novembre, Sikorski est nommé commandant en chef des armées polonaises.

Suite au travail d’une mission franco-polonaise (dirigée par le général d’armée Denain) auprès du haut commandement polonais, l’accord signé le 4 janvier 1940 par les présidents E. Daladier et W. Sikorski permet le retour de la Pologne dans la guerre grâce à la reconstruction d’une armée polonaise en exil en France.

Les principaux points de cet accord prévoient que :
- l’armée polonaise sera considérée comme une armée alliée et placée sous les ordres du Général Commandant en chef de l’armée française,
- le recrutement sera effectué par les autorités polonaises parmi les ressortissants Polonais venant de Pologne ainsi que ceux situés sur le territoire français,
- le principe d’égalité des droits et de traitement entre citoyens polonais et français sera appliqué,
- l’encadrement de cette armée sera polonais, et l'organisation des unités suivra le modèle français,
- le gouvernement polonais remboursera au gouvernement français les dépenses avancées pour la mise sur pied et l’entretien de cette armée,
- les autorités militaires françaises, mettront en place les camps nécessaires à l’instruction et à la constitution de l’armée polonaise, notamment les camps de Coëtquidan (Ile-et-Vilaine), de Saint Loup sur Thouet (Deux Sèvres), ainsi que ceux de Lyon-Bron pour l’aviation et de Beyrouth pour la Brigade polonaise du Levant.


L’exode des combattants exilés de Pologne et la mobilisation des Polonais en France

La reconstitution de l’armée polonaise en exil s’appuie principalement sur deux sources : d’une part les soldats de l’armée polonaise ayant réussi à fuir la Pologne en septembre et étant internés dans les pays voisins, et d’autre part les émigrés polonais vivant en France volontaires ou mobilisés.

- L’exode des combattants exilés de Pologne
A l’issue de la bataille de Pologne, de nombreuses unités polonaises (et des soldats isolés) tentent d’échapper à la reddition en gagnant les pays neutres frontaliers. Dès leur passage de la frontière, les combattants polonais sont désarmés et internés par les autorités des pays concernés. Les militaires polonais internés comptent 36.000h en Hongrie, 23.000h en Roumanie, 21.000h en Lituanie et Lettonie, soit une force potentielle de 80.000 hommes.

L’état-major français, très intéressé par ce potentiel de combattants aguerris et motivés, tente alors d’organiser l’exode et le rapatriement de ces hommes.

Le 6 octobre 1939, le général Kleeberg, récemment évadé de Hongrie, et mandaté par Paris, part pour Belgrade pour organiser l’évacuation. Les hommes désignés s’évadent des camps, reçoivent des vêtements civils, de l’argent et des passeports en règle, puis transitent soit par la Yougoslavie et l’Italie, soit par la Roumanie et la Grèce, par chemin de fer ou de préférence par voie maritime; les transports par mer sont assurés par la France à partir des ports de Constanza-Balcik sur la mer Noire, du Pirée sur la Méditerranée et de Split sur l’Adriatique. Cette opération est favorisée par la collaboration discrète des pays concernés, au moins dans un premier temps ; suite aux pressions exercées par l’Allemagne, l’Italie cesse de délivrer des visas fin novembre 39, et la Hongrie fait de même en décembre 39.
Les tentatives d’évacuation des Polonais internés dans les pays Baltes rencontrent beaucoup moins de succès.

Au total, près de 32.000 h sont ainsi évacués et regroupés dans les camps des forces polonaises en France.

- La mobilisation des Polonais en France
Lors de la déclaration de guerre de la France à l’Allemagne, des milliers d’émigrés polonais travaillant, ou réfugiés en France, demandent à s’engager dans l’armée française pour permettre à la Pologne de recouvrer sa liberté.

Le 9 septembre, un accord franco-polonais prévoit la formation d’une division polonaise en France à partir des Polonais vivant en France volontaires ou mobilisés. Le 15 septembre, l’ambassade de Pologne en France déclenche le recensement et la mobilisation des citoyens polonais vivant en France : 123.000 hommes de 17 à 45 ans sont recensés parmi lesquels 50.000 sont retenus pour le service armé.



La reconstruction de l’Armée de Terre Polonaise

L’état-major polonais prévoit la constitution de 4 divisions d’infanterie polonaises et de 4 brigades spécialisées (dont une d’aviation). Il espère l’apport ultérieur de deux divisions supplémentaires en cours de constitution outre atlantique, avec les engagés volontaires polonais du Canada et des Etats Unis.

La mobilisation des 50.000 recrues débute le 17 novembre 1939. Elle se déroule en plusieurs temps, avec l’incorporation à Coëtquidan de 7.000 hommes venant s’ajouter aux 13.000 volontaires déjà sur place, pour la constitution de la 1re Brigade des Chasseurs du Nord et de la 1re Division polonaise. Le 1er janvier 1940, les recrues prévues pour la 2ème Division polonaise sont incorporées à Veluché (Deux-Sèvres). Enfin à partir du mois de mai 1940, suite à la montée au front de ces unités, les recrues pour la constitution de la 3ème Division sont incorporées au camp de Coëtquidan et celles de la 4ème Division au camp de Veluché.

Dans les faits, les principales unités de l’armée de terre polonaise recréées en 1940 sont :
o la 1re Brigade du Nord
o la 1re Division de Grenadiers
o la 2ème Division de Chasseurs
o la 10ème Brigade blindée
o la Brigade polonaise d’infanterie de montagne des Carpathes
o la 3e DIP
o la 4e DIP
o 10 compagnies antichar intégrées à des divisions françaises



La reconstruction de l’Armée de l’Air Polonaise
Le général Zajac, nommé commandant en chef de l’armée de l’air polonaise le 30/10/09, s’atèle immédiatement à la reconstruction de son arme.
A partir des effectifs évacués, l’état-major polonais souhaite rapidement former des unités combattantes opérationnelles pour reprendre la lutte aux côtés des alliés ; il préfère que l’ensemble de ces unités soient formées et engagées soit en Grande-Bretagne, soit en France. Mais, surpris par le nombre inattendu de pilotes polonais, aucun des deux alliés ne peut (ne veut ?) s’engager à former et équiper la totalité de l’armée de l’air polonaise. Les accords de janvier et février 1940 prévoient donc la formation de deux groupes de bombardement polonais (avec deux autres en réserve) en Grande-Bretagne, et de deux groupes de chasse et d’un groupe de coopération en France.

Au 14 mai 1940, l’armée de l’air polonaise en exil compte près de 10.500 hommes, dont 8.300 en France (y compris 940 hommes pour la DCA et 370 pour les transmissions) et 2.250 en Grande-Bretagne.


La reconstruction de l’Armée de la Marine Polonaise
A la veille du début des hostilités avec l’Allemagne, face à une position sans espoir, les destroyers Blyskawica, Burza et Grom sont évacués vers la Grande-Bretagne. Après les premiers combats, les sous-marins Orzel et Wilk réussissent à les rejoindre (alors que les Rys, Zbik et Sep sont internés en Suède) ; les autres navires polonais sont détruits ou capturés par es Allemands. Le 18 novembre 1939, le comte Raczynski, ambassadeur de Pologne en Grande-Bretagne, signe un accord pour former les forces navales polonaises en Grande-Bretagne : les navires polonais sont sous commandement opérationnel de la Royal Navy, mais les aspects administratifs et de de haut commandement restent polonais. ; cet accord prévoit aussi les conditions des futures cessions de navires par les Anglais à la marine polonaise.
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MessagePosté le: Mar Nov 17, 2009 10:48    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai complété ce qui avait déjà été publié ci-dessus (en rouge).
La suite arrive...

NB : en noir, cequi est 100% OTL ; en bleu ce qui a été modifié dans la FTL... Wink
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ladc51



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MessagePosté le: Mar Nov 17, 2009 11:00    Sujet du message: Le destin de l'armée polonaise (3) Répondre en citant

3- L’Armée Polonaise dans la bataille de France (mai-juillet 1940)

La Campagne de Norvège
La 1re Brigade polonaise du Nord (Podhale) est formée en avril 1940, sous le commandement du général Boghusz-Szyszko. Elle est intégrée dans la 1ère Division Légère de Chasseurs du général Béthouart destinée au corps expéditionnaire en Norvège (envahie par les Allemands la 9 avril 1940). Elle débarque en Norvège le 9 mai et participe aux combats de Narvik. Suite aux événements sur le front nord-est, les alliés évacuent la Norvège en juin et la 1ère brigade, toujours au sein de la 1ère DLCH, est ramenée en Grande-Bretagne : on pense un temps la débarquer en Bretagne pour participer à la défense du réduit breton, mais les événements (et l’avancée allemande !) étant plus rapide, elle est transférée vers le Maroc où elle est regroupée fin juin.

La marine polonaise apporte sa contribution à cette campagne, avec la participation des contre-torpilleurs Blyskawika et Grom ainsi que des sous-marins Orzel et Wilk. Le sous-marin Orzel coule le 8 avril 1940 dans les eaux norvégiennes le bâtiment allemand Rio de Janeiro, transportant à son bord des unités de combat allemandes destinées à l'invasion de la Norvège. Ce sous-marin polonais est lui même coulé le 8 juin non loin des côtes norvégiennes avec ses 55 marins. Le 4 mai 1940, les bombardiers allemands coulent près de Narvik le contre torpilleur polonais Grom avec ses 59 marins.


Le martyre des armées de l’Est
Les combats dans l’est de la France voient la participation de la 1ère et de la 2ème DIP au sein du Groupe d’Armées 2.

La 1ère Division de Grenadiers, ou 1ère Division d’Infanterie Polonaise, est formée à Coëtquidan et déclarée opérationnelle en avril 1940 sous le commandement du général Duch ; elle est placée en réserve dans la région de Nancy. Le 8 juin elle est affectée au 20e Corps d'Armée français au sein du Groupe d’armées 2 du général Prételat. Suite à la percée allemande en Champagne et à la menace d’encerclement du GA 2, elle reçoit l’ordre le 11 juin de se déplacer sur la Saône à Gray, pour la défendre face au nord : ses mouvements par voie ferrée commencent le 11 au soir et elle est en position le 13 juin.
La 2e Division de Chasseurs (ou 2ème Division d’Infanterie Polonaise), formée au camp de Véluché, est prête le 20 mai 1940 sous les ordres du général Ketling ; elle est acheminée dans la région de Nancy et est affectée en réserve de la 3ème Armée française. Le 8 juin, elle est mise à la disposition du 45e corps de la 8ème Armée pour la défense de la trouée de Belfort. Le 11 juin, comme la 1ère DIP, elle reçoit l’ordre de gagner la Saône de Port-sur-Saône au sein du Groupement de la Saône. Son mouvement s’effectuant pour partie à pied et pour partie par moyens automobiles, elle est en place le 15 juin.

Les deux DIP s’organisent sur des positions nouvelles et étendues. Elles n’ont que peu de temps pour se préparer, puisque les avant-gardes motorisées allemandes atteignent le fleuve le 18 juin : mais, partout, les ponts sautent sous leurs yeux. Pendant plusieurs jours, sur la Saône, chacun se prépare : chez les Français, le général Bourret et l’état-major de la 5e Armée viennent prendre la tête du Groupement de la Saône ; chez les Allemands, les fantassins de la 12e Armée viennent relayer les blindés de Guderian.

Les Allemands passent à l’attaque le 24 juin, entre Gray et Port-sur-Saône, dans la zone des deux DIP. Malgré une défense héroïque, grâce à une forte supériorité numérique et des techniques d’infiltrations éprouvées, les assaillants parviennent à s’emparer d’une tête de pont suffisante pour faire traverser les panzers qui peuvent exploiter et s’emparer de Besançon dès le lendemain soir.

Menacées d’encerclement, leurs munitions sur le point d’être épuisées, la situation de la 1ère et de la 2ème DIP devient sans espoir dès le 25 juin au soir. Refusant la reddition et la captivité, leurs chefs, après s’être concertés, ordonnent aux bataillons qui le peuvent de fuir vers la Suisse : quant aux autres, ils doivent se dissoudre et, après avoir brûlé les drapeaux et détruit leur armement lourd, inciter leurs hommes, par petits groupes, à tenter de gagner la Suisse ou le sud de la France. Seul le II/2e RIP (engagé à l’aile gauche de la 1ère DIP) et les escadrons motorisés du 1er GRDI polonais arrivent à gagner la Suisse de façon organisée. La plupart des autres soldats qui tentent de s’enfuir individuellement sont capturés par les Allemands, mais quelques centaines d’hommes réussissent à gagner le sud de la France (ils seront évacués vers l’AFN) et au total près de 2.000 soldats parviennent à gagner la Suisse où ils sont internés.


Le réduit breton
Face à la menace d’invasion du territoire national par l’ennemi, sous la pression du secrétaire d’état à la Défense, un réduit national est organisé en Bretagne sous la direction du général Béthouart. Celui-ci mobilise tous les moyens régionaux disponibles, et forme des unités de marche issues des dépôts et camps de la région. L’armée polonaise apporte sa contribution en formant un régiment de marche, à trois bataillons et deux compagnies anti-char, à partir des recrues de la 3e DIP en cours de formation à Coetquidan. Ce régiment est constitué le 13 juin et organise la défense de la trouée de St Aubin de Cormier. Le 19 juin, il est attaqué de plein front par la 5e PzD qui tente de foncer sur Brest. Remplissant leur rôle de sacrifice, les Polonais bloquent les panzers toute la journée et ne se replient qu’à la nuit, pour gagner la Loire et embarquer à St Brévin vers l’Angleterre.

L’odyssée de la brigade blindée polonaise
La 10e brigade blindée (ou brigade blindée polonaise) est l’héritière de la brigade du même nom qui a combattu en Pologne en septembre 39 et a réussi à s’enfuir en Roumanie. La brigade est reformée en catastrophe, début juin, dans la région parisienne, sous le commandement du général Maczek ; elle est composée d’environ 5.000 hommes. En raison de la rapidité de l'avance allemande, elle est engagée précipitamment le 11 juin, sur la Marne, incomplète avec un seul bataillon de chars et un bataillon porté. Rattachée à la 240e DLI, elle affronte et retarde le XVIe PzK le 12 juin dans la région de Montmirail, puis se replie sur la Seine et tient les ponts à l’ouest de Nogent. Elle recule à nouveau pour organiser des bouchons dans la région d’Auxerre et de Tonnerre. A court d'essence, et sous la poussée de l'ennemi, son chef procède à sa dissolution, encourageant ses hommes à gagner par petits groupes le sud et les ports d’embarquement…

Le 16 juin, son dernier bataillon de char (le 1er BCC polonais), maintenant équipé, ainsi que quelques compagnies antichars de Satory, sous le commandement du colonel Dworak, franchit la Loire à Orléans. Avec tous les autres survivants des unités de chars, elle se regroupe à Vierzon et est intégrée au sein du groupement Delestraint, avec lequel elle couvre la retraite des VI et VIIe armées vers la Vienne. Lors de la pause de juillet, elle remet son matériel aux tankistes français et évacue son personnel, par Bordeaux, vers l’Angleterre en vue d’y être rééquipée et reformée.

L’armée de l’air polonaise : un atout inutilisé
Le général Zajac et son adjoint en France, le général Stanislaw Ujejski essaient de faire appliquer les accords franco-polonais de janvier et février 1940 en faisant renaître des escadrilles et groupes aériens polonais.

Les personnels de l’armée de l’air polonaise sont rassemblés au sein du Dépôt d’Instruction de l’Aviation Polonaise à Lyon-Bron ; mais les appareils d’entraînement et les activités manquent pour occuper ces jeunes gens pleins d’énergie et d’espoir de revanche. En janvier, un groupe de 19 pilotes de chasse polonais est envoyé se former sur MS 406 à Montpellier (ce sera le fameux « Montpellier Squadron ») : les Français pensent qu’il faudra 4 mois pour certifier les pilotes polonais, ceux-ci pensent qu’il faudra 2 mois… Au bout de 5 semaines, les instructeurs français doivent reconnaître que les pilotes polonais sont opérationnels !

Mais cette expérience pourtant concluante ne permet pas l’accélération de la remise à niveau des pilotes polonais…Qu’il s’agisse d’une volonté de garder le contrôle de cette population en l’empêchant de prendre son autonomie, d’une volonté de ne pas disperser de maigres ressources en appareils, ou d’une incapacité à décider, les autorités de l’armée de l’air française ne semblent pas très proactives pour utiliser ce réservoir de compétences.

En mars 1940, contrairement aux accords précédents qui prévoyaient la mise sur pied de groupes nationaux, l’armée de l’air demande l’incorporation de petits groupes de pilotes polonais dans les Groupes de Chasse français : en désespoir de cause, l’état-major polonais accepte cette proposition (à condition qu’elle soit temporaire…) et 6 patrouilles triples polonaises sont incorporées dans les GC français. A la même époque, toujours ne désespoir de cause, l’état-major polonais accepte la formation d’un Groupe de Bombardement polonais.

Enfin, en mars et avril 1940, les choses commencent à bouger avec l’envoi de nombreux pilotes polonais sur différents aérodromes français pour entraînement ou remise à niveau ; près de 600 polonais dont 71 pilotes confirmés et 200 pilotes en cours de formation sont envoyés en Afrique du Nord (essentiellement dans des écoles de bombardement ou de personnel navigant). Las, il s’agit souvent plus d’occuper ces hommes que de les rendre opérationnels, et ces entraînements progressent peu…

A la même époque, l’idée d’un corps expéditionnaire dans la guerre finno-soviétique permet à la cause polonaise d’avancer : l’état-major français voit d’un bon œil l’envoi en Finlande d’une escadrille de chasse polonaise. Ce sera la future GC I/145 formée de pilotes polonais et équipés d’abord de MS.406 puis de Caudron CR.714 dépassés.

A nouveau en mai (puis une dernière fois début juin), les Polonais, rappelant les accords signés début 1940, présentent des plans permettant la création d’unités aériennes polonaises : en vain…

Le 10 mai 1940, quand se déclenche l’offensive allemande, l’armée de l’air polonaise compte en France près de 7.000 hommes dont 1.600 pilotes confirmés ou en cours de formation. Sur ce potentiel, seuls une quarantaine de pilotes polonais sont utilisés au front au sein des différents GC français, et une seule unité polonaise a vu le jour : le GC I/145 avec 38 pilotes et 20 MS.406…mais elle n’a pas été déclarée opérationnelle ! Un GAO (futur GAO 523 sur Potez 63.11) et 3 GC polonais sont prévus, les pilotes s’entraînent, mais rien de définitif n’est fait…

A partir du 22 mai, le GC I/145 reçoit ses Caudron 714 et participe à la défense de Paris à partir de Villacoublay ; les Caudron sont dangereux, inaptes au combat et interdits de vol par le ministre, mais les Polonais refusent de rester passifs et continuent à combattre, l’état-major français acceptant cet état de fait : ils totaliseront une dizaine de victoires ! Pour protéger Lyon-Bron et le DIAP après le départ du GC I/145, un Groupe de Chasse et de Marche Polonaise (GCMP) est créé et opère avec des MS.406.

A partir de fin mai, les attaques aériennes allemandes dans l’intérieur du territoire entraînent la mise sur pied de patrouilles de chasse de Défense Aérienne du Territoire (DAT) pour protéger les points sensibles, à partir des personnels et matériels des centres d’instruction à la chasse ou des usines… L’état-major de l’armée de l’air fait cette fois un appel massif aux pilotes polonais (dont la formation insuffisante n’est bizarrement plus un problème…) et une soixantaine de pilotes de chasse polonais rejoignent les unités du DAT pour combattre les Allemands. A la même date, les effectifs polonais de deux escadrilles de bombardement (sur GM.167F) et de deux escadrilles de coopération (sur Potez 63.11) sont en train de finir leur mise à niveau sur leurs nouveaux appareils.

A partir de mi juin, dans le cadre du Sursaut, la plupart des personnels de l’Armée de l’Air polonaise sont progressivement évacués via la Méditerranée vers le Maroc.

En définitive, seuls 180 pilotes polonais (sur 1.600 !) auront été engagés dans la bataille de France. Pour le prix de 13 morts et disparus, ils auront collectionné plus de 60 victoires sûres ou probables…
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Laurent


Dernière édition par ladc51 le Mar Nov 17, 2009 21:41; édité 2 fois
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MessagePosté le: Mar Nov 17, 2009 11:48    Sujet du message: Répondre en citant

Excellent. Je trouve que c'est assez bon, continue sur cette lancée car ton texte est vraiment prometteur. J'attends avec impatience le moment ou tu en viendra à décrire l'expansion des forces polonaises avec les personnels libérés des camps staliniens en 1942.
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MessagePosté le: Mar Nov 17, 2009 14:34    Sujet du message: Répondre en citant

Très bon résumé, sauf que les GC I/55 et II/55 ne verront pas le jour en FTL.
On pourrait aussi évoquer les 3e et 6e BCC polonais en formation.
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MessagePosté le: Mar Nov 17, 2009 15:47    Sujet du message: Répondre en citant

Loïc,

pour le 3e et 6e BCC, je manque d'informations, je suis preneur d'un coup de main pour les inclure.

Pour le I/55 (qui existe en OTL) et pour le II/55 (que j'ai extrapolé et inventé), pourquoi n'existent-ils pas en FTL ? que deviennent en FTL leurs pilotes, et surtout leurs avions (je parle bien de ceux des DAT et CIC, pas ceux des GC) ?
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MessagePosté le: Mar Nov 17, 2009 16:09    Sujet du message: Répondre en citant

Un inventaire exhaustif pour la chasse est fait dans l'annexe 40-6-1. Le POD étant le 10/11, on peut ne pas former ces groupes qui en OTL arrivent après le crois.
Je n'ai pas plus d'infos sur les 2 BCC polonais en formation (faudrait voir sur ATF).
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MessagePosté le: Mar Nov 17, 2009 17:07    Sujet du message: Répondre en citant

Loic,

Je regarde plus en détail pour les appareils des DAT...
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Laurent
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FREGATON



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MessagePosté le: Mar Nov 17, 2009 17:27    Sujet du message: Répondre en citant

Juste un mot: OTL, la brigade polonaise des Carphates (général Kopanski) était basée au Levant, (constituée à Beyrouth à partir des évacués de Roumanie). Suite à l'armistice et aprés de sévère discussions avec l'EM français, elle rallia la Palestine et fut intégrée à la 8th Army au sein de laquelle elle s'illustra à Tobrouk et El Gazala.
FTL, je présume que Laurent lui a d'ores et déjà prévu des actions glorieuses dans les combats Méditérrannéens de ses § 6.1 et 6.2 .... Cool
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ladc51



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MessagePosté le: Mar Nov 17, 2009 18:05    Sujet du message: Répondre en citant

Oui Frégaton, la brigade des Carphates est bien au Levant (en OTL comme en FTL) ; c'est en particulier pour parler un peu d'elle que j'ai complété mon premier post.

Et on reparlera effectivement d'elle dans les combats du § 6 : mais je ne peux pas en assumer la paternité, je ne ferai qu'un très succinct résumé de ce que Folc a superbement décrit dans son post "Dodécaneso / Dodécanèse" que je t'engage à relire...
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folc



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MessagePosté le: Mar Nov 17, 2009 19:33    Sujet du message: Répondre en citant

ladc51 a écrit:
Et on reparlera effectivement d'elle dans les combats du § 6 : mais je ne peux pas en assumer la paternité, je ne ferai qu'un très succinct résumé de ce que Folc a superbement décrit dans son post "Dodécaneso / Dodécanèse" que je t'engage à relire...


Merci Laurent Very Happy Il faut bien sûr que je continue le récit des opérations dans le Dodécanèse. Mais l'opération Marignan va passer avant !
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