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1940 - La France continue la guerre
 
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Considérations sur l'histoire de la Belgique
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Benoit XVII



Inscrit le: 24 Oct 2006
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MessagePosté le: Dim Mai 31, 2020 22:00    Sujet du message: Répondre en citant

Puisque certains semblent s'intéresser à la frontière nord de la France, qui n'est autre que la frontière sud de la Belgique, je souhaiterais en profiter pour tordre le cou à quelques canards concernant la Révolution belge de 1830. Du style: "la Belgique, création des grandes puissances - ou de l'Angleterre (c'est selon)", "les Belges voulaient redevenir français, mais on les en a empêchés", "On a forcé les Flamands et les Wallons à cohabiter ensemble alors que tout les séparait", etc. etc.

A vrai dire, la création des grandes puissances (et surtout de l'Angleterre), c'est le Royaume-Uni des Pays-Bas sorite des salons du Congrès de Vienne en 1815. L'"amalgame" ainsi conçu devait constituer une puissance suffisante pour tenir la France en respect et lui dénier l'accès aux ports de la Mer du Nord, alors que les provinces belges servaient de compensation aux pertes coloniales des Hollandais au Cap et à Ceylan. Personne n'avait évidemment songé à demander l'avis des Belges. Les dernières années du règne napoléonien avaient laissé à bien peu le goût de vouloir rester français. Les plus chimériques rêvaient de revenir aux Etats-Belgiques-Unis de la Révolution brabançonne (en y adjoignant le pays de Liège pour faire bonne mesure), là où les plus réalistes espéraient revenir à une lointaine tutelle autrichienne, couplée à une large autonomie locale - le règne de Marie-Thérèse ayant laissé un souvenir plutôt heureux.

Le Royaume-Uni des Pays-Bas fut donc accueilli avec un certain étonnement, mais on finit, bon gré mal gré, à se faire à l'idée. Cependant, les maladresses répétées de Guillaume Ier d'Orange, dans tous les domaines - religieux, linguisitique, administratif, financier ou miltaire - couplée à une grave crise économique et à l'exemple de la Révolution de Juillet à Paris, finirent par mettre le feu à des poudres déjà bien sèches.

Entre les émeutes de la Muette de Portici au mois d'août et la proclamation de l'indépendance par le Gouvernement Provisioire en octobre, l'opinion des élites évolue par étapes. On espère au départ un certain assouplissmement du régime royal; puis, face à l'inflexibilité du souverain, on exige une séparation administrative avec le Prince d'Orange comme une sorte de vice-roi pour les provinces belges; et enfin, après les journées de septembre à Bruxelles et le bombardement d'Anvers, on juge la rupture irrémédiable et on se résout donc à l'indépendance. Tout en se demandant avec une certaine inquiétude comment vont réagir les grandes puissances.

Il y a parmi les révolutionnaires belges un parti prônant la réunion avec la France, avec de grands noms comme Gendebien ou Rogier. Et même si l'opinion publique garde pour la France une grande sympathie comme amie et protectrice, ce parti français n'est guère suivi par la majorité. Ses membres s'en lamentent d'ailleurs aussi bien dans leur correspondance privée que dans leurs publications, et finissent les uns après les autres par rallier la cause de l'indépendance. A vrai dire, la carte française sera jouée avec une certaine habileté par la jeune diplomatie belge comme une sorte de pis-aller auquel on se contraindra si jamais les grandes puissances refusent le scénario de l'indépendance. L'élection de Louis d'Orléans au trône du jeune état participe du mouvement général de sympathie, mais c'est bien un fils cadet de Louis-Philippe qu'on choisit, ce qui n'est pas un prélude à une annexion, mais plutôt à une alliance. Qui plus est, il s'agit d'un jeune prince inexpérimenté provenant d'une famille à la réputation libérale - il devrait facilement comprendre et accepter les limites de son pouvoir.

En fin de compte, les Belges bénéficient d'un alignement favorable:
- les Français, après le plan de partition irréaliste de Talleyrand (on l'a connu mieux insipiré, mais bon, il était en fin de carrière...) comprennent que l'indépendance de la Belgique va dans leurs intérêts là où l'annexion serait inacceptable pour les autres puissances. La candidature du Prince d'Orléans au trône est écartée et on s'accommode bien vite du statut de neutralité perpétuelle qui rassure l'Angleterre;
- les Anglais, initialement contrariés par les événements, s'irritent de plus ne plus des maneuvres pataudes de Guillaume Ier, et acceptent que l'indépendance de la Belgique vaille mieux que son annexion par la France. L'élection au trône du prince Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha, veuf de la princesse héritière Charlotte, finit par les convaincre que ces Belges sont finalement des gens très raisonnables;
- les Russes ont quelques problèmes à régler à Varsovie (qu'il me soit permis d'exprimer ici la reconnaissance trop souvent négligée que mon pays doit aux braves Polonais);
- les Autrichiens jugent que la situation en Italie est autrement plus préoccupante (et gardent quelque rancoeur à l'égard de la maison d'Orange de leur avoir sifflé le morceau 15 ans plus tôt...)
- et les Prussiens n'ont guère envie d'alourdir encore plus leurs dettes de guerre, pour ce qui ne semble guère une priorité.

On voit donc que l'indépendance de la Belgique est bien un événement portés par les Belges eux-mêmes (ou à tout le moins leurs élites), et qui contrarie plutôt les grandes puissances - à l'exception de la France. Un heureux concours de circonstances, et une diplomatie plus maneuvrière que celle de nos voisins bataves, ont permis qu'elle soit confirmée dans la durée. L'opposition entre Wallons et Flamands naîtra de la création de l'état belge, voulu par ses élites francisées comme exclusivement francophone dans ses structures de pouvoir. La Flandre et le sentiment national flamand sont nés de la Belgique, en réaction au dénigrement de sa langue et de sa culture, et non l'inverse.
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Colonel Gaunt



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MessagePosté le: Lun Juin 01, 2020 15:06    Sujet du message: Répondre en citant

Oui m'enfin le Leopold il épouse en deuxime noce une fille de Louis-Philippe. Donc l'influence française sur le jeune état...

Je crois comprendre que le sentiment anti-wallon s'est dramatiquement envenimé durant la première guerre mondiale. Les histoires furent nombreuses ou les officiers éduqués issu de intelligentsia wallone commandaient des troupes constituées de "paysans" flamands. Dans les premières semaines de la guerre, le problème de communication fit de nombreux morts chez les flamands, qui n'ont pas oublié.
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Auguste



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MessagePosté le: Lun Juin 01, 2020 16:11    Sujet du message: La France avec ses frontières au nord-est Répondre en citant

Il ne conviendrait pas d'oublier que l'indépendance belge fut la première victoire diplomatique de la France post congrès de Vienne ( avec l'opération en Espagne pour les Bourbons pur sang), aller au delà Question Mort . Quand Napoléon III envisagea avec la Prusse l'acquisition du Luxembourg, on était très loin d'Anvers, si je suis bien mes cours d'Histoire (du secondaire car je n'ai pas eu ça en fac), Bismarck se serait hâté de le répéter à la perfide Albion qui s'abstint en conséquence de tout soutien à la France lors de la première guerre franco-allemande, alors la Wallonie Rasta
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Wil the Coyote



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MessagePosté le: Lun Juin 01, 2020 16:53    Sujet du message: Répondre en citant

Colonel Gaunt a écrit:
Oui m'enfin le Leopold il épouse en deuxime noce une fille de Louis-Philippe. Donc l'influence française sur le jeune état...

Je crois comprendre que le sentiment anti-wallon s'est dramatiquement envenimé durant la première guerre mondiale. Les histoires furent nombreuses ou les officiers éduqués issu de intelligentsia wallone commandaient des troupes constituées de "paysans" flamands. Dans les premières semaines de la guerre, le problème de communication fit de nombreux morts chez les flamands, qui n'ont pas oublié.



Oui mais non.....cela c est les grandes idées nationaliste....les flamands tués par les officiers wallons...... Les unités issues des provinces flamandes étaient commandées par des officiers flamands qui parlaient français...langue de la bourgeoisie..... certains wallons s exprimant en patois local ne comprenaient pas bien non plus le français..

Pour en revenir aux pains aux chocolats....êtes vous certains que Joe Dassin est décédé de mort naturel? N a t il point été occis par un défenseur des chocolatine? Arrow
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Benoit XVII



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Localisation: Belgique

MessagePosté le: Lun Juin 01, 2020 17:50    Sujet du message: Répondre en citant

Il y avait effectivement une influence française sur le jeune état, surtout au plan militaire, puisque c'est une armée française qui a repoussé l'invasion hollandaise en 1831, puis conduit le siège d'Anvers jusqu'en 1832. La Belgique a employé de nombreux officiers français pour moderniser son armée par après.

Ceci dit, la reine Louise-Marie n'a pas été un vecteur très puissant de cette influence. Elle faisait partie d'un équilibre global où on avait choisi un roi allemand étroitement apparentée à la famille royale britannique et marié à une princesse française.

Les relations entre la Belgique et la France sont cordiales pendant la Monarchie de Juillet. Par contre, les choses s'enveniment sous le Second Empire, dont Bruxelles craint le goût de l'expansion territoriale, là où Compiègne s'irrite de la liberté d'expression dont jouissent les proscrits du régime en Belgique.

Enfin, je plussoie les commentaires de notre ami Wil. Comme brillamment démontré par l'historienne flamande Sophie de Schaepdrijver, les soldats flamands massacrés par manque de compréhension d'ordres donnés en français relève du mythe le plus complet. Cette histoire a été évoquée pour la première fois au cours d'une cérémonie nationaliste flamande près de 10 ans après la fin de la guerre, alors qu'une analyse très complète de la correspondance des soldats flamands au front ne relève aucune plainte de cet ordre.

La structure de l'armée belge en 1914-18 est calquée sur celle de la société dans son ensemble. Le haut commandement et les officiers supérieurs sont certes francophones, mais les officiers subalternes et les sous-officiers issus des provinces flamandes sont bilingues. Ils proviennent de la petite bourgeoisie ou de l'enseignement, et sont donc parfaitement à même de traduire les ordres pour les soldats.

J'ajouterai que la mortalité dans l'armée belge est bien inférieure à celles des armées française, britannique ou italienne. En partie à cause de son rôle défensif derrière l'Yser, en partie à cause de la volonté du Roi Albert de préserver le sang de ses soldats.

Ceci dit, ce mythe a effectivement joué un grand rôle dans l'auto-représentation des populations flamandes depuis lors.
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JPBWEB



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MessagePosté le: Lun Juin 01, 2020 17:52    Sujet du message: Répondre en citant

Colonel Gaunt a écrit:
Oui m'enfin le Leopold il épouse en deuxième noce une fille de Louis-Philippe. Donc l'influence française sur le jeune état...

Je crois comprendre que le sentiment anti-wallon s'est dramatiquement envenimé durant la première guerre mondiale. Les histoires furent nombreuses ou les officiers éduqués issu de intelligentsia wallonne commandaient des troupes constituées de "paysans" flamands. Dans les premières semaines de la guerre, le problème de communication fit de nombreux morts chez les flamands, qui n'ont pas oublié.


C'est Leopold I qui épousa une fille de louis-Philippe. Leopold II quant a lui épouse (et trompe abondamment, ce n'était pas du tout un mariage d'amour) Marie-Henriette de Habsbourg-Lorraine, archiduchesse d'Autriche et princesse palatine de Hongrie, cousine de l'empereur François-Joseph Ier d'Autriche et fille de Joseph, archiduc d'Autriche.

Pour le reste, je crois qu'il faut vraiment sortir de cette caricature de Western en BD, avec les Flamands et les Wallons comme les Cow-Boys et les Indiens.

Quelques idées-force:
1. Les Flamands (habitants de la Flandre) ont toujours été majoritaires en Belgique, depuis sa creation en 1830 at bien avant.
2. Comme dans tout état démocratique, la majorité (flamande donc) a toujours dominé la politique de la Belgique, et continue a le faire, malgré de nombreuses reformes de la constitution qui ont amené un fédéralisme batard.
3. Les classes dirigeantes tant en Flandre qu'en Wallonie et a Bruxelles s'expriment en français depuis au moins le 16e siècle. La langue française est ce qu'on appelle un marqueur sociologique; les gens 'bien' parlent le français, ceux qui aspirent a passer pour des gens biens font des efforts pour franciser leur discours (voir Le Mariage de Mademoiselle Beulemans). Le reste de la gueusaille tente de s'adapter comme il peut. Ailleurs, le marqueur sociologique n’est pas la langue, mais plutôt la religion (en Irlande, les gens bien sont protestants, les gueux sont catholiques), ou la couleur de la peau (en Afrique du Sud etc…)
4. La Belgique est créée en 1830 comme un état unitaire unilingue, la constitution, par ailleurs libérale pour l'époque, est écrite en français et rien d'autre. La justice est rendue en français, les universités enseignent en français (quand ce n'est pas en latin, et l’armée ne possède que le français comme langue de commandement. Comme disait a l'époque le Cardinal Mercier "La Belgique sera romane ou ne sera pas!".
5. La haute et basse bourgeoisie domine la Flandre, et donc la Belgique, mais elle le fait en français, ce qui se voit moins. Mais dans l’inconscient collectif de la majorité des Flamands, qui parlent quelque patois germanisant et peinent a se comprendre de bourgade en bourgade, la langue française est la langue de l’oppresseur (économique), bien que l’oppression soit le fait de gens les a côté de chez eux et qui portent le cas échéant le meme patronyme (van quelque chose…).
6. En tant que Wallon (Liégeois, spécifiquement), je certifie que ni moi ni aucun de mes ancêtres n’avons jamais oppressé qui que ce soit, pas plus des Flamands que des Congolais (autres ‘victimes’ de Léopold II, a ce qu’on se plait a répéter). Dans ma famille, on ne parle que français depuis très longtemps, au moins depuis que c’est la seule langue d’enseignement en Belgique francophone.

Alors, certes en 1914, l’armée belge était une armée francophone, a l’image du pays bourgeois, francophone et catholique dont elle émanait. Elle comptait une majorité de soldat flamands, qui ne maitrisaient vraisemblablement pas la français que parlaient leurs officiers. Tout au plus. avaient-il appris les rudiments nécessaires a l’execution des ordres, exactement comme le faisaient a la meme époque les Slovaques dans l’armée austro-hongroise, les Polonais dans l’armée russe et les Lorrains dans l’armée allemande. Il semble fort improbable qu’aucun soldat flamand soit jamais tombé parce qu’il n’avait pas compris un ordre donné en français.

D’ailleurs, beaucoup d’officiers, surtout de reserve, étaient issus d’un milieu plus populaire, et possédaient au moins des rudiments de patois flamand. En plus, il ne faut pas négliger l’existence d'une couche de sous-officiers, qui sont dans toutes les armées du monde la ‘colle’ qui fournit une bonne partie de la cohésion d’une armée. L’armée belge de 1914, pour unilingue francophone quelle était, s’est brillamment comportée, et a tenu bon pendant 4 longues années, alors que celle de 1940, réformée pour prendre en compte le bilinguisme devenu officiel de la Belgique, s’est effondrée en 18 jours, notamment par désintégration d’un partie substantielle de ses unites flamandes, pourtant désormais commandées en néerlandais.

Aucun document d’époque ne mentionne de friction linguistique dans l’armée belge de 1914-18. Les lettres des soldats n’en font pas mention, et tout particulièrement ne mentionnent nulle part d’anecdote concernant des soldats flamands morts pour n’avoir par compris les ordres données en français. C’est une construction apocryphe, datant des années 30, lorsque le nationalisme flamand, nourri de pacifisme, d’aigreur et de ressentiment de classe et pour certains de sympathie avec le fascisme, a commencé a faire du chiffre dans l’opinion publique flamande. De manière amusante, si on peut dire, il existe une version moderne de ce canard historique: aujourd’hui, l’histoire met en scene un Flamand, victime a Bruxelles d’une crise cardiaque, qui meurt aux urgences de l’hôpital parce que les ambulanciers et l’urgentiste de l’hôpital, forcement uningues francophones, ont été incapables de diagnostiquer qu’il ne souffrait pas de ballonnements d’estomac et l’ont laissé sans soins. Inutile de dire qu’on ne trouve aucune trace de pareille tragédie dans aucune archive. C’est une pure invention qui flotte en surface de cet étrange complexe d’infériorité surcompensé qui sert encore d’arriéré-plan au psyché d’un certain nombre de Flamands d’aujourd’hui.
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Konrad Adenauer
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JPBWEB



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MessagePosté le: Lun Juin 01, 2020 18:09    Sujet du message: Répondre en citant

J'ajoute pour faire bonne mesure qu'il existe a contrario une boutade à propos du Soldat Inconnu, dont le tombeau fut installé en 1920 au pied de la Colonne Du Congrès a Bruxelles, à la mémoire des soldats belges morts pendant la guerre 1914-1918.

On dit que bien sur, on ne connaît pas l'identité du Soldat Inconnu, mais on pense qu'il devait être flamand, parce que s'il avait ete francophone, il aurait ete officier.

Avant de Arrow , je mentionne en passant que ce monument, comme tous ses contemporains ailleurs à Bruxelles en en Belgique, comporte des inscriptions de circonstances gravées dans le marbre uniquement en français a l'origine, la version en néerlandais étant ajoutée ultérieurement sur une autre face, ou en dessous. Le rajout est tres visible, et peut. eventuellement, servir a raviver des blessures d'amour-propre chez certains Flamands. Ce n'est pas exactement de la même nature ni surtout de la même intensité que la controverse des statues confédérées aux Etats-unis, mais c'est un peu la même idée.
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JPBWEB



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MessagePosté le: Lun Juin 01, 2020 18:11    Sujet du message: Répondre en citant

Chers Wil the Coyote et Benoit XVII, je constate avec grand plaisir notre pleine concordance sur ce sujet. Very Happy
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Benoit XVII



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MessagePosté le: Lun Juin 01, 2020 20:25    Sujet du message: Répondre en citant

La citation exacte du Cardinal Mercier est "La Belgique sera latine ou ne sera pas". Et c'était pour exprimer son opposition aux premières suggestions de célébrer la messe en vernaculaire, ce à quoi il était fortement opposé. Ca n'avait rien à voir avec le conflit entre Flamands et Wallons.

Ce qui n'a pas empêché certains de sortir la phrase de son contexte pour prouver la soi-disant haine du saint homme envers le peuple flamand...
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Merlock



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MessagePosté le: Lun Juin 01, 2020 22:08    Sujet du message: Répondre en citant

JPBWEB a écrit:
On dit que bien sur, on ne connaît pas l'identité du Soldat Inconnu, mais on pense qu'il devait être flamand, parce que s'il avait ete francophone, il aurait ete officier.


Sans compter cette polémique de savoir s’il fallait écrire "Mort pour la Belgique", "Mort pour la Flandre", voire encore "Mort pour la Wallonie"… ce qui vexa les Bruxellois, d’ailleurs…

On décida d’interroger les anciens combattants qui tombèrent d’accord pour "Mort contre son gré"…
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Archibald



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MessagePosté le: Mar Juin 02, 2020 08:31    Sujet du message: Répondre en citant

Merlock a écrit:
JPBWEB a écrit:
On dit que bien sur, on ne connaît pas l'identité du Soldat Inconnu, mais on pense qu'il devait être flamand, parce que s'il avait ete francophone, il aurait ete officier.


Sans compter cette polémique de savoir s’il fallait écrire "Mort pour la Belgique", "Mort pour la Flandre", voire encore "Mort pour la Wallonie"… ce qui vexa les Bruxellois, d’ailleurs…

On décida d’interroger les anciens combattants qui tombèrent d’accord pour "Mort contre son gré"…


J'ai ri comme un imbécile en lisant ça.
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JPBWEB



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MessagePosté le: Mar Juin 02, 2020 14:11    Sujet du message: Répondre en citant

Benoit XVII a écrit:
La citation exacte du Cardinal Mercier est "La Belgique sera latine ou ne sera pas". Et c'était pour exprimer son opposition aux premières suggestions de célébrer la messe en vernaculaire, ce à quoi il était fortement opposé. Ca n'avait rien à voir avec le conflit entre Flamands et Wallons.

Ce qui n'a pas empêché certains de sortir la phrase de son contexte pour prouver la soi-disant haine du saint homme envers le peuple flamand...


Et on en rajoute. Il se dit que Son Eminence avait expliqué a un prêtre flamand (selon les dires de celui-ci, sans témoin…) “Moi, je suis d’une race destinée à dominer, et vous d’une race destinée à servir.” De ce fait, le Monsignore a acquis une réputation de “Vlamingenhater” (littéralement: “haïsseur de Flamands”).

Je ne connaissais pas cette interpretation de la citation "La Belgique sera latine ou ne sera pas" comme faisant reference a la messe en vernaculaire.

En faisant une rapide recherche sur internet, il semble que la phrase ait été attribuée plutôt a Charles Rogier, une des grandes figures de l’indépendance de la Belgique et Liégeois célèbre, qui l’aurait écrite dans une lettre en 1834, mais dont on ne trouve aucune trace a l’époque.

La citation semble en fait attribuable a Raymond Colleye, un obscur auteur francophone, et daterait de 1915. C’est un parlementaire du Vlaams Belang, Bruno Valkeniers, (ce sympathique parti ultra-nationaliste flamand) qui l’aurait attribuée erronément a Rogier en 2010, quoique on trouverait également cette attribution erronée a Rogier dans les années 1980.

Donc, il se pourrait bien que ce soit un bobard nationaliste flamand du meme tonneau que les soldats flamands de 14-18 et le cardiaque a Bruxelles: invente de toutes pieces, mais semblant suffisamment plausible pour qui cherche a justifier ses a-prioris et ses préjugés.
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Benoit XVII



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MessagePosté le: Mar Juin 02, 2020 18:51    Sujet du message: Répondre en citant

Et l'on pourrait encore citer la fameuse lettre de Rogier à Palmerston, où, non content d'insulter la langue et la culture flamandes, il révèle son plan machiavélique pour franciser la Belgique. Sauf que la lettre en question est un faux concocté encore par un esprit flamingant dérangé...
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Juin 02, 2020 19:28    Sujet du message: Répondre en citant

JPBWEB a écrit:
Donc, il se pourrait bien que ce soit un bobard nationaliste flamand du meme tonneau que les soldats flamands de 14-18 et le cardiaque a Bruxelles: invente de toutes pieces, mais semblant suffisamment plausible pour qui cherche a justifier ses a-prioris et ses préjugés.


Heu, le cardiaque à Bruxelles ? J'ai loupé un truc, ou c'est le correcteur automatique qui a fait des siennes ?
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Archibald



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MessagePosté le: Mar Juin 02, 2020 19:32    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
JPBWEB a écrit:
Donc, il se pourrait bien que ce soit un bobard nationaliste flamand du meme tonneau que les soldats flamands de 14-18 et le cardiaque a Bruxelles: invente de toutes pieces, mais semblant suffisamment plausible pour qui cherche a justifier ses a-prioris et ses préjugés.


Heu, le cardiaque à Bruxelles ? J'ai loupé un truc, ou c'est le correcteur automatique qui a fait des siennes ?


Pas de quoi tomber dans les choux... Arrow Arrow

Je penche pour "cardinal" et un correcteur d'orthographe qui se prit pour Gamelin...
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