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1940 - La France continue la guerre
 
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demolitiondan



Inscrit le: 19 Sep 2016
Messages: 3598
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MessagePosté le: Mer Mar 18, 2020 12:19    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Néanmoins, en franchissant la porte, le lieutenant-colonel de Villelume a bien l’impression d’avoir scellé son destin…


Pas encore techniquement parlant - et pourtant ...

Pas trop de Mistral à Lézignan, en été ? Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing

Citation:
l n’avait eu que quelques semaines d’instruction au dépôt métropolitain de la Légion Étrangère de Sathonay avant de subir l’épreuve du feu au sein du bataillon de marche de Sathonay


Pas moyen d'éviter la répétition ? Eponyme, tout ca ? Crying or Very sad

Citation:
la République a failli dans des proportions catastrophique


Fôte !

Louis Renault ... Les affaires, toujours les affaires ... evidémment, c'est uniquement pour les usines et ses ouvriers, pas pour son orgueil voire son train de vie ! Tiens question à deux centimes - et PSA ?
_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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loic
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Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 5412
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MessagePosté le: Mer Mar 18, 2020 12:47    Sujet du message: Répondre en citant

Tyler a écrit:
Préciser le destin de chaque parlementaire ?

... de chaque parlementaire qui est cité dans ce document bien sûr.
_________________
On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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Tyler



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Messages: 639

MessagePosté le: Mer Mar 18, 2020 18:08    Sujet du message: Répondre en citant

@DemoDan : Pour Peugeot, la dynastie ayant un membre au Parlement (qui a l'age d’être mobilisé qui plus est), elle devrait très cyniquement choisir de laisser au moins un de ses membres d'importance de chaque coté de la Méditerranée.
D'un coté par patriotisme.
De l'autre dans l’intérêt "franc et sincère" du devenir des salariés et (surtout?) des machines outils.

@loic : Pourquoi pas? A mettre dans ma to do list ( qui pourrait être entamé si je passe en chômage technique sait-on jamais)
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Archibald



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Messages: 4323

MessagePosté le: Mer Mar 18, 2020 19:34    Sujet du message: Répondre en citant

retour en 2007 ! émouvant... cent fois sur le métier...

sinon je me rappelles d'un magnifique lapsus (j'ai oublié qui) dont le clavier fourcha entre
- Paul de Villelume
et
- Dominique Leica

en faisant un hybride... nommé (roulement de tambour)

Dominique de Ville...lume.

Magnifique.
_________________
« Je ne crois pas que les Allemands aient jamais l’idée d’attaquer dans la région de Sedan. » Huntziger, 7/05/1940.

"Weygand c'est un mur, Gamelin un édredon" (Daladier)
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Mar 19, 2020 12:42    Sujet du message: Répondre en citant

Derniers ajouts 1940 : le mois d'août en France Occupée.



Laval s’installe dans les ruines

1er août

Le jeu des têtes à couronner
Ambassade d’Allemagne, Paris
– Ce qu’Otto Abetz aimerait avoir des instructions précises, pour une fois ! Depuis son arrivée, mi-juin, dans la capitale historique française (il semble que la capitale politique de la République soit dorénavant à Alger), il n’a cessé de rechercher des interlocuteurs. On lui avait parlé d’un « camp de la paix » qui devait faire faire chuter le gouvernement Reynaud – mais dès le lendemain de son arrivée à Paris, il apprenait la mise aux arrêts du maréchal Pétain et plusieurs discours de ministres français annonçaient la poursuite de la lutte ! Un mois et demi plus tard, alors que plus une parcelle de terre métropolitaine n’échappe au contrôle de l’Axe, le cabinet Reynaud ne cède pas ! Dans ces conditions, que devient-il, lui, Otto Abetz, spécialiste de la France aux Affaires étrangères ? Va-t-il être rappelé à Berlin, faute de poste à Paris ?
C’est pourquoi il s’échine à défendre le territoire des Affaires Étrangères face à la Heer, qui nommerait bien un gouverneur militaire à Paris, ou à la SS, qui souhaiterait évidemment installer un gauleiter dans cette zone de non droit. A défaut d’interlocuteur légal, le diplomate a tâté le pouls de la France occupée en rencontrant des représentants de différents groupes d’influence restés au nord de la Méditerranée : les pacifistes, les maréchalistes, les anti-parlementaires, certains syndicalistes, les doriotistes, les indépendantistes (ou autonomistes ?) bretons, les autonomistes alsaciens et lorrains (pour lesquels le Reich a de grands projets !) et même les communistes mis à mal par la répression de Daladier.
Pour finir, Abetz n’a pas oublié les monarchistes. En attendant des instructions de Berlin, il reçoit un bien étrange personnage, qui ne semble pas vraiment savoir ce qu’il veut : Henri, comte de Paris et dauphin des Orléans !
Celui-ci, sans doute venu sonder le diplomate du Reich, semble avoir des idées bien tranchées sur le renouveau de la France, notamment au niveau social et sociétal. Écoutant distraitement l’exposé de celui qu’il juge comme un interlocuteur bien vert (alors qu’il n’a que cinq ans de plus), Abetz repense aux prophéties de son Führer (prophéties qui l’ont séduit au point de lui faire prendre sa carte du NSDAP dès 1931) : « Partout, en plein pays ennemi, nous trouverons des hommes qui nous aideront. Je choisirai des personnages trop vieux pour plonger leur regard dans le lointain et discerner mes buts. Ils ne seront pas fatalement des traîtres et des coquins. J’exploiterai la faiblesse, la sénilité et l’ambition. De tels hommes, nous en trouverons partout. Nous n’aurons même pas besoin de les acheter. Ils viendront nous trouver d’eux-mêmes ! »
Son été à Paris a confirmé ces paroles – la Nature a horreur du vide. Mais, pour Abetz, il faudrait que la Chancellerie décide rapidement quoi faire de la Métropole française, sous peine de voir bientôt fleurir une Bretagne indépendante et une Alsace autonome encadrant une République Populaire des Soviets français et un nouveau Royaume de France en train de s’entr’égorger ! Certes, nous n’y sommes pas, le gouvernement français battu refuse de déposer les armes, il va falloir trouver une solution pour administrer la métropole. En attendant que son Ministre statue – sous l’inspiration du Führer bien sûr ! – c’est à Abetz de s’informer et de proposer des solutions adaptées aux spécificités françaises. Il éconduit donc aimablement Henri “de France” tout en lui promettant de prochaines nouvelles.
Certes, le Comte de Paris ne lui a pas fait une aussi mauvaise impression que Jacques Doriot, lui aussi soldat réchappé on ne sait comment des griffes de l’armée allemande et qui était dans ce même bureau quelques jours auparavant. Mais il ne l’a reçu que sur l’insistance de quelques songe-creux du Ministère (pas tous différents de ceux qui lui avaient chaudement recommandés le chef du PPF), rêvant d’une restauration monarchique française dont ils sont persuadés qu’elle provoquerait une fatale scission dans les rangs de ce qui reste de cette Armée française qui refuse de se rendre. Abetz, qui fut social-démocrate en ses jeunes années, n’a pas les fantasmes moyenâgeux d’autres nationaux-socialistes.
D’autant plus qu’octroyer la couronne au prétendant des Orléanistes (largement majoritaires dans les rangs des monarchistes français) serait le meilleur moyen de s’aliéner les partisans des deux autres courants monarchistes en France ! En effet, il y a aussi le prétendant des légitimistes, les Bourbons, qui se trouve être actuellement… Alphonse XIII d’Espagne, en exil en Italie ! Imaginer une double couronne franco-espagnole comme clientèle du Reich peut faire fantasmer certains, mais dans les faits cela risquerait quand même de poser plus de problèmes que d’apporter de solutions. Et puis, il faut aussi compter avec les bonapartistes, quand bien même leur prétendant Louis Bonaparte (Napoléon VI), qui réside d’habitude en Suisse, se serait engagé dans la Légion Etrangère [Engagé volontaire pour la durée de la guerre sous le nom de Louis Blanchard, le prince Napoléon est stationné actuellement en Algérie dans la compagnie de passage n° 2 au dépôt commun des régiments étrangers, son volontariat récent pour Narvik lui ayant été refusé.] et n’est donc pas disponible pour la diplomatie allemande. Non, vraiment, la carte couronnée n’est pas la plus intéressante à jouer pour la France Occupée qui, selon les vœux du Führer, doit être docile et disponible pour toutes requêtes.
C’est donc avec un plaisir non feint qu’Abetz s’apprête à recevoir en urgence le député socialiste paulfauriste Alexandre Rauzy, arrivé il y a peu à Paris suite à une récente et fort opportune démobilisation dans le canton ariégeois dont il est conseiller général, après s’être retrouvé derrière les lignes allemandes (encore un !). C’est pour le diplomate un ami de l’époque où il œuvrait en France pour une bonne entente entre son pays d’accueil et son pays d’origine. Il avait même été jusqu’à se rendre en Allemagne mi-août 1939 pour rencontrer Ribbentrop. Mieux encore : Rauzy aurait des nouvelles d’Espagne, où se trouverait un ami commun et prometteur, un ancien Président du Conseil, nul autre que Pierre Laval !


2 août
Les premiers pas de la Collaboration
Bagnères-de-Bigorre
– MM. Laval, Flandin et Déat sont discrètement remis aux autorités d’occupation allemandes par les services espagnols. Ils demandent aussitôt à se rendre à Paris, mais la Kommandantur locale préfère attendre d’en savoir plus sur leur compte. Ils vont passer deux longues journées dans une résidence surveillée fort peu confortable…


3 août
Les premiers pas de la Collaboration
Berlin
– Adolf Hitler est déçu et même frustré ! Ses forces ont envahi la presque totalité de la France, mais le gouvernement français refuse avec entêtement d’accepter sa défaite. Et c’est une véritable épine dans le pied du Führer, qui fait subir à son entourage un long développement sur la gêne que cela inflige aux plus grandes ambitions du Troisième Reich ! Il assomme son entourage de ses récriminations, que rapporte Joseph Goebbels dans son journal : « La Wehrmacht ne va pas se mettre à jouer les nounous d’un pays vaincu en effectuant gracieusement toutes les tâches d’administration et de simple police que les Français devraient prendre en charge ! Et je ne vais pas leur envoyer des milliers de bons Allemands pour faire tourner leur économie, alors qu’ils vont devoir nous verser des dommages de guerre suffisants pour leur faire passer pour l’éternité l’envie de se mettre en travers de la route du Reich allemand !
Et puis, il y a les Anglais ! Objectivement, ils n’ont aucune raison de poursuivre la guerre. Si les Français avaient demandé l’armistice, les Anglais se seraient déjà débarrassés de Churchill, nous serions en train de négocier un accord raisonnable et l’Allemagne pourrait enfin se tourner vers l’Est, car c’est là-bas qu’elle accomplira son Destin !
Enfin, qu’est-ce que nous allons dire aux Russes, aux Américains, aux Japonais ? Que nous continuons la guerre contre un pays d’Afrique ? Il doit pourtant y avoir quelques hommes politiques français ayant assez de sens commun pour constituer un gouvernement raisonnable, reconnaître la victoire de l’Allemagne et l’affirmer à la face du monde ! »

Hélas pour Hitler, jusque-là, seul le nommé Jacques Doriot (qui a resurgi quelques jours plus tôt à Paris) a fait acte de candidature. Cependant, cet ex-communiste au parcours politique complexe n’inspire aucune confiance aux Allemands.
C’est Himmler qui va tirer son Führer d’embarras. Ce sont en effet ses services qui ont reçu les informations concernant la présence à Bagnères, sous bonne garde, de trois politiciens français présentables – un ancien Président du Conseil, Pierre Laval, un ancien ministre des Affaires Etrangères, Pierre-Etienne Flandin et un député connu, Marcel Déat. Voilà de quoi bâtir un gouvernement français qui se montre enfin « raisonnable ». Ordre est aussitôt donné d’expédier les trois hommes à Paris, où un fin diplomate, à la fois nazi convaincu et bon connaisseur de la France, les encadrera : Otto Abetz, déjà sur place ! Ce dernier pourra aussi compter, outre Doriot, sur deux autres députés influents, Gaston Bergery et Georges Bonnet, que les Français en retraite ont “oubliés” dans leur prison de Bordeaux (sans doute, là encore, grâce à certaines complicités) et sur divers orphelins du Maréchal qui ne manqueront pas de venir rôder, attirés par l’odeur des maroquins.


4 au 11 août


12 août

Les premiers pas de la Collaboration
Orléans
– Grâce à l’action diligente de l’habile Otto Abetz, les négociations pour la formation d’un gouvernement français fantoche sont près d’aboutir. Bien qu’une méfiance extrême domine leurs rapports, Laval, Déat et Doriot se sont mis d’accord sur un projet qui convient aux Allemands. Tous trois vont constituer une apparence de gouvernement, qui sera reconnu par l’Allemagne et avec lequel Berlin signera un armistice. Comme celui de Quisling en Norvège, ce gouvernement doit servir de relais des volontés allemandes auprès de l’administration française, réduire le besoin en garnisons de la Wehrmacht et favoriser, le moment venu, le recrutement de supplétifs pour la lutte anticommuniste, voire contre le gouvernement d’Alger. De plus, l’existence d’un interlocuteur, même illégal et illégitime, doit faciliter la “collaboration économique” au profit de l’Allemagne, qui sera baptisée après l’attaque de l’URSS “contribution à la lutte contre le bolchevisme”.
Mais l’opération ne va pas sans poser des problèmes de droit international. Le gouvernement français légal, reconnu par l’ensemble des gouvernements neutres, est à Alger. Il est d’emblée certain que les Etats-Unis ne reconnaîtront pas le gouvernement Laval : leur ambassadeur, William Bullitt, pressé par des télégrammes comminatoires de Roosevelt, vient de faire ses valises, ne laissant à Paris qu’un chargé d’affaires, Somerville Tuck (après un détour par l’Espagne et le Portugal, Bullitt finira par trouver le chemin d’Alger). Au mieux (du point de vue de Laval), l’URSS s’abstiendra de choisir, ce qui ne préoccupe guère Déat ni Doriot… L’Espagne (qui a au Maroc, Franco ne l’oublie pas, une frontière commune avec « les gens d’Alger » !) va louvoyer.
De fait, l’existence de leur marionnette pourrait gêner les Allemands eux-mêmes : s’ils décident qu’il s’agit du gouvernement français légitime, ils devront considérer les soldats français se battant contre eux comme des francs-tireurs susceptibles d’être exécutés. Mais, outre qu’ils exposeraient ainsi les prisonniers allemands à des représailles, les neutres – et en tout cas les Etats-Unis, fort chatouilleux sur ce chapitre – condamneraient l’Allemagne pour non respect des Conventions de Genève. Par contre, traiter les soldats français faits prisonniers après la signature d’un armistice avec le gouvernement Laval comme des prisonniers de guerre au sens légal du terme signifierait que ledit armistice n’aurait aucune valeur ! En pratique, l’Allemagne fera fi de ces considérations juridiques. Dans ses relations avec Laval et consorts, elle fera comme si « les gens d’Alger » n’existaient pas. Et sur le front, tout se passera comme si le gouvernement Laval n’était qu’une fiction.
Pour l’heure, l’équipe réunie à grand peine par Abetz entre dans l’Histoire par une déclaration qui se veut solennelle : « Nous, responsables politiques français [le mot « élus » a été supprimé], constatant que le gouvernement prétendument légal de notre pays a commis dans la nuit du 12 au 13 juin une forfaiture qui le prive désormais de toute prétention à représenter la France et qu’il a abandonné les Français aux heures les plus funestes de leur histoire pour s’embarquer dans une aventure sans espoir ni retour, affirmons aujourd’hui qu’il nous appartient de reconstruire la nation. Réunis aujourd’hui à Orléans, ville qui perpétue le souvenir d’une sainte chrétienne qui sut défendre la France contre les menées de l’Outre-Mer et de ses agents, fidèles à l’exemple du Maréchal Pétain que son âge n’a pas empêché de se dresser contre les factieux [Pétain agonise à Bordeaux, où son état s’aggrave inexorablement], nous jurons de tout mettre en œuvre pour fonder dans notre pays un ordre nouveau qui lui rendra sa place dans la Nouvelle Europe. » Signé : MM. P. Laval, G. Bergery, M. Déat, J. Doriot, P.-E. Flandin et J. Ybarnegaray (notons l’ordre alphabétique des signataires, en dehors de Laval).


13 août
Hitler n’est pas content
Berlin
– Hitler prononce un discours de victoire où la rage de ne pas avoir pu forcer son adversaire à capituler est masquée par l’ironie : « La décision du gouvernement français déchu d’émigrer en Afrique pour prétendre y continuer la guerre sous la conduite des mêmes Juifs apatrides qui ont mené la France à l’effondrement est évidemment ridicule. Mais elle est aussi logique pour un peuple qui s’est progressivement abâtardi et qui n’est plus aujourd’hui digne de l’Europe. » Quant à l’Angleterre, elle ne perd rien pour attendre : « Si Monsieur Churchill et les ploutocrates britanniques se croient à l’abri derrière un ridicule bras de mer, ils se trompent. La Luftwaffe leur fera bientôt sentir qu’un peu d’eau salée ne les préservera pas de la colère du peuple allemand, qu’ils ont contraint à la guerre ! »
Et Göring va répétant que “sa” Luftwaffe aura bientôt réduit l’Angleterre à merci.

Les premiers pas de la Collaboration
Orléans
– Peu après le discours d’Hitler, la formation du Gouvernement Provisoire de l’Etat Français est annoncée en grande pompe (autant que le permet la situation – du moins les caméras allemandes et italiennes sont-elles présentes, ainsi que le plus possible de journalistes neutres, rameutés par les Occupants).
Ce gouvernement est un assemblage bizarre constitué par Pierre Laval après plusieurs jours de tractations où il a rencontré tout ce qu’il a pu trouver comme hommes politiques opportunistes ou laissés pour compte, et même quelques personnalités qui, malgré leur désir, n’avaient pu participer au Grand Déménagement (voir appendices 1 et 2).


14 août
Les premiers pas de la Collaboration
Berlin
– Le gouvernement du Reich reconnaît officiellement le Gouvernement Provisoire de l’Etat Français (GPEF). Otto Abetz est nommé ambassadeur auprès de ce gouvernement.
………
Orléans – Premier Conseil des ministres du GPEF, essentiellement consacré à des questions de préséance et de répartition des domaines d’activité entre ses membres.


15 août
Les premiers pas de la Collaboration
Pithiviers
– Aidé par des amis, Joseph Darnand s’évade du camp de prisonniers local en compagnie d’autres officiers. Il va trouver refuge à Paris.

Un prince déçu
Notre-Dame de Paris
– Alors que – sans sonnerie de cloches, qui se sont tues deux mois plus tôt – la messe de l’Ascension s’achève, l’homme au costume très chic tranche au milieu de la foule des humbles fidèles assis sur les dernières rangées de bancs, bien loin du Tout Paris qui installé aux premiers rangs. Alors que tout le monde se presse vers la sortie, l’élégant personnage s’attarde pour embrasser du regard la nef de la cathédrale. Son précepteur italien lui en avait parlé quand il était enfant, il en avait vu des photographies, mais il n’espérait plus la voir de ses propres yeux…
Il avait fallu pour cela que la France, fille aînée de l’Église qui fête aujourd’hui la Vierge, connût bien des tourments. Ces tourments qu’Henri d’Orléans, dauphin de France, a voulu apaiser. Mais les événements récents lui ont démontré qu’on ne voulait pas de lui. Ce médiocre Laval n’a pu lui proposer – et par le biais d’un intermédiaire qui plus est – qu’un obscur poste de ministre du Ravitaillement au sein de ce Nouvel État Français né il y a quelques jours. Pourtant, l’effondrement de la République lui donnait l’occasion de revendiquer la Couronne, au nom de son père le duc de Guise bien sûr ! Le comte de Paris aurait même pour cela accepté l’appui des Allemands, mais comme leur ambassadeur a éconduit le Parti des Orléans…
Sa décision est prise, s’il doit relever le panache français, ce sera pour cette République mise à mal et qui tente de se reconstruire en Afrique du Nord. Peut-être que ses responsables comprendront qu’une Restauration leur permettrait de se structurer et de croire à nouveau en la France ? Il s’est bien battu pour elle fin juin, dans la région lyonnaise… Mais il lui faudra avant tout quitter discrètement la Métropole aux mains des Allemands et des Italiens. Heureusement, il peut compter sur l’appui des frères La Rocque, enfin du frère aîné, Pierre, son secrétaire, qui lui a proposé son aide pour cela. Parmi les monarchistes que le comte de Paris a rencontrés depuis le 20 juillet, il a été l’un de ceux qui ont le plus tenté de le décourager de rencontrer le représentant de l’Occupant à Paris. L’autre frère La Rocque, François, lui a fait l’impression d’une ombre, ébranlé qu’il était par la perte récente d’un de ses fils lors de la Campagne de France.
Le retour dans sa patrie d’origine a donc laissé au compte de Paris un goût amer. La mine plus gênée qu’autre chose du cardinal Suhard, quand on le lui a présenté ce matin, avant la messe, l’a quelque peu vexé, de même que nul ne l’ait salué dans la foule des fidèles. Bien sûr, il a remarqué ici et là des visages intrigués et des messes basses suspectes autour d’individus qui le désignaient d’un discret coup de tête. Mais rien d’ouvertement… royaliste. Comme si la suspicion était devenue la norme dans cette Autre France de Pierre Laval.
S’il n’a pu l’utiliser, il œuvrera donc pour mettre à bas ce Nouvel État, se dit-il en se redressant ! Mais comment va-t-il raconter son odyssée en terre de France à son père, le cuc de Guise, en convalescence dans sa propriété marocaine de Larache…
………
[Musique épique] « N’écoutant que son courage, Henri, séparé de ses camarades au cours des combats de la Campagne de France, passa l’été 1940 derrière les lignes ennemies à tenter de trouver un moyen de continuer la lutte comme tant d’autres courageux soldats. Dissimulant avec soin son identité, il embarqua à bord d’un chalutier et rejoignit clandestinement la Corse. De là, il se rendit au domaine familial de Larache où il apprit le tragique décès de son père, Jean III, mort de maladie le 25 août 1940.
Rassuré sur la volonté combative du gouvernement français, Henri, nouveau chef de la Maison d’Orléans, fit alors revenir sa femme et ses enfants de leur refuge brésilien. Prenant ses responsabilités, le comte de Paris continua de défendre la France tout au long de la guerre, allant jusqu’à s’engager à nouveau dans la Légion comme modeste deuxième classe.
[Musique émue] Et c’est animé de cette même passion qu’au printemps 1944, le sergent Orliac tomba à la tête de ses hommes au cours des combats qui devaient permettre la libération de Reims, la ville qui avait vu ses ancêtres tant de fois couronnés au long des siècles. »

Extrait de Secrets d’Histoire – Henri, le prince qui a dit non, émission de Stéphane Bern, France 2, 2014.


16 août
Les premiers pas de la Collaboration
Versailles
– Le GPEF, insoucieux de la référence à 1871, s’installe provisoirement dans l’ancienne capitale royale.
Pierre Laval, cette fois clairement identifié comme « Chef du Gouvernement Provisoire de l’Etat Français », prononce sur Radio-Paris un discours qui annonce le début d’une « Révolution Nationale » dont l’ossature sera « un grand parti unique rassemblant les énergies françaises ». Il annonce que tous les militaires et fonctionnaires qui ne se trouveraient pas dans les dix jours en territoire métropolitain (Corse exclue !) seront considérés comme « traîtres à la Patrie ». Cette décision est officialisée dans la soirée, ce sera la première à être publiée par le Journal Officiel de l’Etat Français (dont la parution commencera à la fin du mois).


17 août
Les premiers pas de la Collaboration
Versailles
– Le GPEF commence officiellement à négocier les clauses d’un armistice avec les autorités allemandes et italiennes.

(demain la fin du mois)
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raven 03



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MessagePosté le: Jeu Mar 19, 2020 13:32    Sujet du message: Répondre en citant

bonjour
trouver 3 petites coquilles au paragraphe du 15 aout

messe de l'Ascension. (.plutot Assomption)

le comPte de Paris

le Cuc de Guise

bravo à Tyler pour ces complements
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Hendryk



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MessagePosté le: Jeu Mar 19, 2020 13:35    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Abetz repense aux prophéties de son Führer (prophéties qui l’ont séduit au point de lui faire prendre sa carte du NSDAP dès 1931) : « Partout, en plein pays ennemi, nous trouverons des hommes qui nous aideront. Je choisirai des personnages trop vieux pour plonger leur regard dans le lointain et discerner mes buts. Ils ne seront pas fatalement des traîtres et des coquins. J’exploiterai la faiblesse, la sénilité et l’ambition. De tels hommes, nous en trouverons partout. Nous n’aurons même pas besoin de les acheter. Ils viendront nous trouver d’eux-mêmes ! »

Prophétique en effet, hélas.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Jeu Mar 19, 2020 13:44    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
C’est pourquoi il s’échine à défendre le territoire des Affaires Étrangères face à la Heer, qui nommerait bien un gouverneur militaire à Paris, ou à la SS, qui souhaiterait évidemment installer un gauleiter dans cette zone de non droit.


Un petit mot sur le MBF et sur l'interdiction de la SS en France ? Il me semble qu'il faut bien distinguer gouverneur militaire et autorités militaires !

Citation:
les autonomistes alsaciens et lorrains (pour lesquels le Reich a de grands projets !)


Les bretons aussi ! D'ailleurs ils sont mentionnés plus loin ...

Citation:
« Partout, en plein pays ennemi, nous trouverons des hommes qui nous aideront. Je choisirai des personnages trop vieux pour plonger leur regard dans le lointain et discerner mes buts. Ils ne seront pas fatalement des traîtres et des coquins. J’exploiterai la faiblesse, la sénilité et l’ambition. De tels hommes, nous en trouverons partout. Nous n’aurons même pas besoin de les acheter. Ils viendront nous trouver d’eux-mêmes ! »


Nom de Dieu - je ne demande même pas si c'est OTL ... Quant aux monarchistes ... quelle légitimité pour un roi remis sur le trone par des armes étrangères (Coucou, Louis XVIII ...) - même pas sur que l'Action Francaise suive dans son ensemble.

Tyler, tu m'a fait rire - avec Bern, je l'entendais lire ton texte derrière moi !
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Etienne



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MessagePosté le: Jeu Mar 19, 2020 14:34    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
On lui avait parlé d’un « camp de la paix » qui devait faire faire chuter le gouvernement


Citation:
bien loin du Tout Paris qui installé aux premiers rangs.

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MessagePosté le: Jeu Mar 19, 2020 14:56    Sujet du message: Répondre en citant

Hitler avait fait aussi fait la prediction suivante en 1935 je crois:"Donnez mois 10 ans et l’Allemagne sera méconnaissable."

De ce coté là il ne s'est pas trompé!
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"You and I are opposite sides of the same coin. When we face each other, we can finally see our true selves. There may be a resemblance, but we never face the same direction."

Larry Foulke
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MessagePosté le: Jeu Mar 19, 2020 15:18    Sujet du message: Répondre en citant

Merci aux correcteurs !

A Demo Dan : les Bretons sont cités juste avant les Alsaciens !

SS interdits : ça ne les empêche pas d'avoir des envies !

MBF : pas encore !
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Casus Frankie

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demolitiondan



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MessagePosté le: Jeu Mar 19, 2020 15:23    Sujet du message: Répondre en citant

Streccius est mentionné remplacé le 25 aout - à mon avis, il est déjà en place.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Mar 19, 2020 15:39    Sujet du message: Répondre en citant

Où ça ?
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Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
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demolitiondan



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MessagePosté le: Jeu Mar 19, 2020 15:46    Sujet du message: Répondre en citant

Ben déjà dans mon annexe sur la Carlingue - note que les deux textes ne sont pas exclusifs. Une petite mention/distorsion et on est bon ... [/list]
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Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Mar 19, 2020 16:20    Sujet du message: Répondre en citant

Tu préfères comme ça ?

C’est pourquoi il s’échine à défendre le territoire des Affaires Étrangères face à la Wehrmacht, qui a déjà nommé à Paris un “responsable militaire”, le général Alfred Streccius, Militärbefehlshaber Frankreich (et aimerait en faire un gouverneur de plein exercice). Ou face à la SS, qui souhaiterait évidemment installer un gauleiter dans cette zone de non-droit (bien que la Wehrmacht le lui ait fait interdire… pour l’instant !).
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Casus Frankie

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