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1940 - La France continue la guerre
 
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Lun Mar 16, 2020 15:35    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
Je ne doute pas que vous ayiez tenu compte des chiffres présentés au 2 juillet !


Ah, ça, c'était la rénovation de Juin.

La rénovation de Juillet, c'est demain ! Wink
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Casus Frankie

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MessagePosté le: Mar Mar 17, 2020 08:52    Sujet du message: Répondre en citant

Superbe. C'est passionnant de remonter aux sources de la FTL. Une madeleine rendue encore plus délicieuse parce qu'on connaît la suite.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Mar 17, 2020 11:48    Sujet du message: Répondre en citant

Pour juillet 40, j'ai décidé de reproduire la totalité de ce chapitre, très enrichi par les nouveaux apports de Tyler, qui avait déjà rédigé plusieurs passages.
Le reste est principalement l'œuvre de notre très regretté Menon-Marec Crying or Very sad Que cette réédition soit un hommage que nous lui rendons.
Pour être complet, l'un des paragraphes est de moi… - et si j'ai oublié des auteurs, qu'ils n'hésitent pas à me corriger.




La lutte politique
Marianne part pour l’exil

1er juillet

Protectorats et protocole
Rabat et Tunis
– La réalité des protectorats exige une dose de formalisme, de protocole et de fiction – à la limite du surréaliste parfois.
À la même heure (11h00 à Rabat, midi à Tunis), le général Noguès et Marcel Peyrouton se rendent respectivement auprès du sultan Mohamed Ben Youssef et du Bey Ahmed II pour leur remettre une lettre personnelle d’Albert Lebrun. Le président, qui s’exprime, écrit-il, « au nom de la France qui se bat et ne cessera de se battre qu’avec la victoire », annonce aux deux souverains la volonté du gouvernement, quoi qu’il advienne, de poursuivre la guerre et de se replier en Afrique du nord.
« Je saisis cette occasion, ajoute Lebrun, pour féliciter Votre Majesté [Votre Hautesse pour le bey] du courage indomptable et de la valeur dont les soldats marocains [tunisiens] qui combattent aux côtés de leur camarades français ont fait preuve et qu’ils montreront encore, j’en ai la certitude, en toute occasion. »
Et il conclut : « Je sais, et toute la France avec moi, que je puis compter en toutes circonstances sur la fidélité et la loyauté du Maroc [de la Tunisie]. »


2 juillet
Les politiques Déménagent…
Marseille
– On a beaucoup écrit sur le sujet et le cinéma s’est plusieurs fois emparé de l’épisode pour décrire, parfois complaisamment, la décadence du dernier parlement de la IIIe République et de ses membres. « Hier encore son nom seul faisait trembler, aujourd’hui le voilà gisant… » Au cœur de l’événement, l’odyssée du Massilia en est le symbole.
Le paquebot Massilia, de la Compagnie de Navigation Sud-Atlantique, a d’abord été affrété par le gouvernement français pour organiser l’évacuation du parlement par Bordeaux (Le Verdon). Le “Sursaut” ayant changé la donne, le vieux navire (construit en 1914) a embarqué en Gironde une foule disparate de soldats, d’administrateurs, d’ingénieurs… et les a conduits à Oran, avant de rejoindre Marseille, lieu de concentration désigné des parlementaires en errance : Paris, la Loire, Toulouse…
C’est ainsi que, le 2 Juillet 1940, le paquebot aux trois cheminées jaune et noir, amarré quai de la Joliette, attend sa “cargaison”.
Sous un soleil de plomb, les parlementaires rescapés embarquent, le pas plus ou moins lourd – certains illustrent bien l’origine de l’expression “train de sénateur”. A elles seules, les différentes façons de gravir les passerelles permettraient à un sociologue de rédiger une thèse de doctorat sur “la réaction des élites républicaines face à un désastre”.
Dans la petite salle à manger du bord, une conférence au sommet se déroule dans une ambiance tendue.
– Alors, où en sommes-nous ? C’est à dire, à combien ? demande Edouard Herriot, président de la Chambre, d’un air agacé. Face à lui, Jules Jeanneney, président du Sénat, écoute, imperturbable, la réponse du commandant de la Garde républicaine chargé de la sécurité du voyage.
– Si mes comptes sont bons, Monsieur le Président, nous en sommes à 250 députés et 100 sénateurs, sur un total prévu à l’embarquement de 340 députés et de 154 sénateurs.
– Mais enfin, mes députés sont 604 ! Qu’est-ce qui explique ces… défections ?
proteste Herriot.
Assis à sa gauche, son chef de cabinet feuillette un épais dossier et énonce avec une précision toute comptable : « Hum… Sur 604 députés élus en 1936, près de 200 sont prisonniers de l’ennemi, décédés, introuvables, ou, je vous le rappelle, emprisonnés en tant que membres du Parti Communiste n’ayant pas rejeté le Pacte Germano-Soviétique. » Il a un rire nerveux et poursuit : « En fait, ceux-ci nous suivront sous peu en Algérie… Ils ont même failli nous précéder ! »
– Et ça vous fait rire !
explose Herriot.
– Non, non, M. le Président, s’excuse son collaborateur, confus… Donc, 422 députés ont suivi le gouvernement et se sont présentés à Toulouse. Il hésite et poursuit malgré tout : Nous devons constater que 82 ont, heu, disparu entre Toulouse et Marseille…
– Disparu…
grince Herriot. Déserté, oui, il s’agit de désertion pure et simple, ou peut-être même de trahison ! Je suis sûr qu’il y a là-dessous l’appel d’un “charmeur de serments”…
– Mais, Monsieur le Président, rien ne l’indique avec certitude… Il a pu y avoir des accidents…
– Pour certains, peut-être,
admet comme à regret Edouard Herriot, mais pour d’autres je suis sûr de ce que j’avance. Pour des hommes comme Bergery, la catastrophe militaire est une divine surprise, juste ce qu’ils attendaient pour avancer leurs pions. Quand je pense que j’ai réchauffé cette vipère dans mon sein ! Le Maréchal sorti du jeu, il reste Laval pour tirer les ficelles. Elles sont un peu grosses, mais dans les circonstances présentes, tout peut arriver, même l’inconcevable. Certains politiciens français semblent avoir oublié que la démocratie, c’est la seule chose qui reste quand on a tout perdu.
Il soupire : « Quand même, quatre-vingt deux absents ! Me faire ça à moi ! »
Jules Jeanneney toussote : « Mon cher président, vous n’êtes pas visé personnellement… Le Sénat n’est malheureusement pas en reste. Vous le savez, les sénateurs sont moins enclins à l’aventure que leurs cadets du parlement, mais ils ne sont pas immunisés contre le chant de certaines sirènes… » Chaussant ses lunettes, Jeanneney consulte ses notes et indique : « Sur 303 sénateurs, 229 ont rejoint Toulouse et 154 ont demandé leur embarquement ce jour, ce qui, si je compte bien, fait que 75 sénateurs, comme le sous-préfet d’Alphonse Daudet, se sont sans doute attardés aux champs entre l’Occitanie et la Provence... »
………
A la nuit tombée, le Massilia fait route vers Alger. Il emporte vers la liberté et l’exil, sans tambour ni trompette, l’essentiel de ce qui reste du pouvoir législatif français : soit 340 députés et 154 sénateurs.

… Ou ne Déménagent pas !
Marseille
– Présents à Toulouse, 82 députés et 75 sénateurs n’ont pas embarqué à Marseille. Ils resteront connus dans l’Histoire sous l’appellation « les 150 » – bien qu’ils fussent 157. Selon l’auteur, il s’agit des 150 traîtres, des 150 lâches, des 150 égarés…
« Les 150 ! Quel opprobre reste attaché à ce chiffre ! Des décennies plus tard, il suffisait d’en faire partie, que l’on soit effectivement un de ces 150, ou même un fils, un gendre ou un cousin, pour voir toute ambition politique définitivement brisée, même au niveau local, et l’expression de la moindre opinion immédiatement contredite. La République avait vaincu, mais elle restait rancunière vis-à-vis de ceux qui avaient choisi de ne pas la suivre dans le Grand Déménagement. Il fallut bien des années pour que les passions se calment et que l’on considère ces hommes avec un peu plus de recul.
Bien sûr, les premiers noms venant à l’esprit de chacun : Vallat, Henriot, Scapini… sont frappés – à raison – du sceau de la traîtrise la plus noire. Certes, une petite dizaine d’autres ont participé de près ou de loin à la sinistre aventure de la Collaboration : Mourer, Chiappe, Lafaye, Creyssel, Zoretti… et ne méritent guère plus d’indulgence. Pour bien d’autres, leurs motivations politiques furent variées, mais guère patriotes : les défaitistes de la Drôle de Guerre comme Montigny, Brille, Reibel ou Marquet, les pacifistes obtus comme Caillaux ou Malvy, et surtout ceux tentés par un Ordre Nouveau, qu’ils soient SFIO (Burtin, Maffray), Fédération Républicaine (Boucher, D’Aramon), Alliance Démocratique (Gapiaud), Parti Radical (René Chateau) ou PSF (Ybarnegaray). Et puis, il y eut ceux qui refusèrent le Déménagement pour faire fructifier leurs affaires tels Cointreau (député Action Libérale du Maine-et-Loire), Gentin (député radical-socialiste de l’Aube) ou Bringer (sénateur conservateur de la Lozère).
Mais cette liste beaucoup trop longue ne doit pas porter ombrage à ceux qui firent le choix de rester pour des raisons beaucoup plus honorables. Est-il vraiment juste dès lors de mettre dans le même sac qu’un Henriot le sénateur-maire de Tulle, De Chammard (Gauche Démocratique), dont l’attitude pleine de courage et de dignité lors du terrible Noël de 1941 force le respect ? D’abaisser au niveau d’un Vallat le sénateur de la Marne, Patizel (radical socialiste), qui déclara qu’il n’avait « pas le droit d’abandonner sa circonscription sous la botte allemande, en butte aux vexations et aux impositions » ? De mettre sur le même plan qu’un Mourer le sénateur du Bas-Rhin, d’Andlau de Hombourg (Union Républicaine), affirmant que son « devoir était de retourner en Alsace » ? Ou d’assimiler à un Scapini le sénateur du Puy-de-Dôme, Bardoux (radical indépendant), pour qui « seule l’émigration des combattants est légitime, les autres doivent partager les souffrances du peuple » ?
Bref, il y eut de tout dans les parcours et les intentions de ces 82 députés et 75 sénateurs, du plus vil au plus noble, de l’opportuniste au dévoué. »

[D’après La République est morte, vive la République ! – Le roman vrai d’une renaissance, par Henri Amouroux, Editions Robert Laffont, Paris, 1992.]


3 juillet


4 juillet

Déménagement involontaire
Sète
– Il y a deux jours, la plupart des députés et des sénateurs prenaient la mer à bord du Massilia. Tous ceux qui auraient voulu y être ne sont d'ailleurs pas montés à bord : plus d’une centaine de représentants du peuple sont encore en train de lutter contre l’avance inexorable des armées allemandes et celle (moins irrésistible) des troupes italiennes.
Mais d’autres élus ont été jugés indignes de confiance par la République dès le début du conflit. Et l’État a jugé bon de les interner ! Aujourd’hui, ils vont déménager eux aussi, qu’ils le veuillent ou non, sur le Gouverneur Général Lafferrière (3 453 tx), de l’Armement Klaguine.
La grande majorité du groupe que leur escorte policière fait embarquer dans l’entrepont du bâtiment est constituée de députés communistes restés favorables au Parti malgré le Pacte Molotov-Ribbentrop d’août 1939, et qui ont été déchus de leur mandat en début d’année. Sur 78 parlementaires communistes (76 députés et 2 sénateurs) au moment de la déclaration de guerre, ils sont ainsi 62 à avoir été déchus. Parmi eux, 38 ont été internés et prennent aujourd’hui place à bord du Gouverneur Général Lafferrière. Neuf autres sont passés dans la clandestinité. Quatre ont trouvé refuge depuis de longs mois en URSS. Huit sont encore sous les drapeaux (dont trois au fond d’un stalag). Enfin, les sept autres ont adopté une position que l’on qualifiera de marginale (1). Les 38 qui embarquent pour l’Afrique sont accompagnés d’une cinquantaine de notables communistes (des figures locales), mis sous les verrous au moment de l’interdiction du Parti et jugés assez importants pour, au fur et à mesure de la débâcle, être transférés de geôle en geôle jusqu’à la Méditerranée.
Les Camarades internés ne sympathisent sûrement pas avec leurs quelques compagnons de voyage, une douzaine de “Nanzigers”, qui comptent dans leurs rangs trois députés. Ces autonomistes alsaciens-lorrains étaient retenus prisonniers à Nancy depuis le début de la guerre. Le gros de leur contingent a fini, malgré tout, par arriver à Marseille, en dépit de quelques inévitables couacs dus au chaos ambiant, dont l’inexplicable disparition du député Jean-Pierre Mourer au moment de son transfèrement de Carcassonne. Ils ne seront donc que deux députés (Sturmel et Rossé) à faire le voyage à bord du Lafferrière. Au gouvernement, on se dit qu’il est heureux que la plupart des principales figures autonomistes ne soient pas tombées entre les mains de l’envahisseur. Qui sait la partition que l’Allemagne triomphante aurait pu faire jouer à ces personnages dans une région si convoitée ?


5 au 13 juillet


14 juillet

Conseil de deuil
Toulouse
– C’est lors de cette lugubre fête nationale que se tient la dernière réunion du Conseil des Ministres en Métropole. Paul Reynaud, dans ses Mémoires, se souvient avec émotion : « Ce fut sans doute le Conseil le plus triste et le plus court de l’Histoire de France. Symboliquement, je donnai la parole à chacun, mais chaque intervention fut très brève. Toutes les gorges étaient serrées et bien des yeux étaient humides. Charles de Gaulle m’avait demandé à parler en dernier. Quand il se leva, nous sûmes tous qu’il ne ferait pas de discours – et en effet, de cette voix étrange que nous commencions à bien connaître, il entonna la Marseillaise, reprise bien sûr par tout le gouvernement. Puis, le silence retomba et nous nous séparâmes, sans prononcer un mot de plus. »
Le Conseil, dispersé par les nécessités de l’évacuation, ne se réunira à nouveau que le 20 août, à Alger.


15 juillet


16 juillet

Les politiques Déménagent
Lézignan-Corbières
– L’Armée de l’Air a rassemblé sur le terrain qui sert d’escale à Air France les éléments attribués à la 321e Escadre de Transport long courrier, opérationnelle à dater du 17. L’appellation grandiose de cette formation de marche est une pure fiction inventée pour dissimuler son rôle réel aux observateurs indiscrets. La pseudo escadre ne compte que quatre avions : un Dewoitine D-338 qui arbore encore les couleurs d’Air France, deux Amiot 143 rescapés des combats de mai, dont l’un a été muni à Avord de sièges pour six passagers (l’autre sera réservé à des voyageurs jeunes et solides), et un Farman 224 flambant neuf – personne n’en a voulu jusque-là tant la réputation de l’appareil, refusé par la compagnie nationale en 1937, est, peut-être à tort, mauvaise.
La 321e ne dispose que de quatre pilotes, dont deux anciens de 14-18, les capitaines Bernard et Pèlerin, un débutant surpris d’être là, le sergent Breuil, et un survivant de l’aviation d’assaut, blessé à Tongres le 12 mai et encore convalescent, le lieutenant Fourdinier. Les origines des huit navigateurs-radio et mécaniciens volants sont aussi variées. Au sol, il n’y qu’une dizaine de mécanos, dont trois civils volontaires qui ont dépassé l’âge d’être mobilisés.
Pour les communications, le terrain bénéficie d’un jeu de panneaux de signalisation sol-air, de trois pistolets lance-fusée et de la ligne de téléphone des PTT à partir d’un combiné à manivelle. Il n’y a pas de radio, sauf un ER 35 sans lampes.
La garde du terrain est confiée à une demi-compagnie du 34e régiment régional. La troupe, recrutée dans les classes 17 et 18, en bleu horizon et bourguignotte assortie, est armée de fusils Gras (avec douze cartouches de 11 mm par homme seulement). L’armement collectif se limite à un FM Chauchat. Ces vétérans, commandés par un adjudant-chef dont la manche porte sept brisques, affichent un moral à toute épreuve et une exceptionnelle capacité à lever le coude (et le gros bleu du Languedoc abonde). Autour du périmètre ont été mis en batterie quatre 25 mm de DCA modernes et six mitrailleuses Saint-Étienne modèle 1907 qui désespéraient déjà leurs servants en août 14. L’essence ne manque pas, à la différence des pièces détachées. Un stock de peinture hérité du GCN III/I permettra de passer les avions au noir mat.
Le patron de l’escadre, le capitaine Henri Guillaumet, a reçu l’interdiction absolue de voler lui-même. Il a été informé qu’il aura à transférer, à dater du 18, « plusieurs personnalités » vers l’Algérie ou le Maroc, exclusivement de nuit.


17 juillet
Les politiques Déménagent
Lézignan-Corbières, 08 h 30
– Guillaumet mène sa section d’attaque – l’adjudant-chef et sept troufions assez ingambes – à l’assaut de l’entrepôt de la Quincaillerie Agricole Louis et Fils, à Lattes (dix kilomètres au sud de Montpellier). Résultat : capture sans bon de réquisition de 50 arrosoirs de fer blanc destinés à l’improvisation d’un balisage nocturne.
15h00 – Une estafette à moto apporte à Guillaumet un document préparé par le cabinet du Président du Conseil, qui fixe l’ordre et la date des départs des membres du Gouvernement et d’autres dignitaires de la République vers l’AFN. Le président et madame Lebrun s’envoleront les premiers, dans la soirée du 19, sur le Dewoitine 338. L’avion devra embarquer aussi le maréchal Franchet d’Esperey, qu’il n’est pas question, en dépit de son état de santé, de laisser aux mains de l’ennemi. Transporté sur un brancard, le maréchal sera accompagné de sa fille Jacqueline, de son officier d’ordonnance, d’un médecin capitaine et de deux infirmières.
Toulouse, 22h00 – Départ de la préfecture de la Haute-Garonne d’un convoi d’une dizaine de voitures, Renault Vivastella et Citroën 11 cv, à destination de Montpellier. Escorté par des motards de la gendarmerie, il emmène le couple présidentiel, le directeur de cabinet du chef de l’État et le chef de sa maison militaire, ainsi que Vincent Auriol, le ministre des Finances, qui est chargé de diriger l’installation du gouvernement à Alger, et le ministre d’Etat Édouard Daladier, son célèbre manteau de cuir sur le bras, avec leurs épouses, et les secrétaires généraux.
Dès leur sortie de la ville, les véhicules peuvent rouler pleins phares, puisque la Luftwaffe ne se manifeste pas après le crépuscule, sauf pour des bombardements massifs des agglomérations. Le convoi parvient à la préfecture de l’Hérault, où des chambres ont été préparées, vers 7 heures du matin.


Note
1- Même pendant une guerre, tout n’est pas que politique dans la politique française. Exemple : le député du 18e arrondissement de Paris, René Colin, en charge des “planques” pour le compte de l’appareil clandestin du Parti (ainsi, tout en étant mobilisé, il a aidé Jacques Duclos à l’automne 1939 en lui permettant de vivre dans une maison qu’il louait en Eure-et-Loir). Il s’est éloigné du Parti pour des raisons… sentimentales. Fréquentant depuis peu une ancienne “proche” de Benoît Frachon, membre important du Bureau Politique du PCF, Colin a été classé comme « non fiable » par Frachon, donc par le Parti ! Démobilisé fin juillet, il restera en marge de l’Histoire pour le restant de la guerre, se satisfaisant sûrement de couler des jours heureux avec l’élue de son cœur (qu’il épousera après la guerre).

Suite et fin de ce chapitre demain.
Et merci à Capu Rossu pour le Gouverneur Général Laferrière !
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Chabert



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MessagePosté le: Mar Mar 17, 2020 12:11    Sujet du message: Répondre en citant

Merci de cette parenthèse.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Mar Mar 17, 2020 12:25    Sujet du message: Répondre en citant

Bobo s'évade ... Bobo ne s'évade pas ? C'est bien les chiffres dont je parlais hier !

Les Nanzinger - ah bien ! Très bien même !
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Mar 17, 2020 13:39    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
Bobo s'évade ... Bobo ne s'évade pas ?


Je crains, cher ami, que ces quelques mots ne soient révélateurs d'un âge caïman canonique ! (que vous ne faites pas, loin de là)
… Et le fait que je les aie reconnus m'en donne autant.
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Casus Frankie

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Etienne



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MessagePosté le: Mar Mar 17, 2020 14:12    Sujet du message: Répondre en citant

Euh, Guillaumet est utilisé dans le GDA au 15 et 18 juillet avec les MB-160 et 162…
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demolitiondan



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MessagePosté le: Mar Mar 17, 2020 14:13    Sujet du message: Répondre en citant

Appelons cela de la Culture ! Faut-il avoir lu L'Aurore pour lire Zola ? Laughing

Ouais, je m'en doutais… Les mini-livres du papa ? Cool
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Mar 17, 2020 14:27    Sujet du message: Répondre en citant

Etienne a écrit:
Euh, Guillaumet est utilisé dans le GDA au 15 et 18 juillet avec les MB-160 et 162…


Bon, comme c'est de ta faute, tu es bon pour trouver un remplaçant à Guillaumet dans l'un ou l'autre rôle (bon, disons dans le rôle de transporteur de VIP, ce sera plus facile). Cool

(Merci)
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Wil the Coyote



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MessagePosté le: Mar Mar 17, 2020 14:39    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Etienne a écrit:
Euh, Guillaumet est utilisé dans le GDA au 15 et 18 juillet avec les MB-160 et 162…


Bon, comme c'est de ta faute, tu es bon pour trouver un remplaçant à Guillaumet dans l'un ou l'autre rôle (bon, disons dans le rôle de transporteur de VIP, ce sera plus facile). Cool

(Merci)


Bien que je ne sois pas spécialiste...pourquoi pas Gabriel Thomas ?
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Capu Rossu



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MessagePosté le: Mar Mar 17, 2020 14:42    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour,

Un candidat avec un bon passé OTL : Maurice Dumesnil.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_pilotes_et_navigants_de_l%27A%C3%A9ropostale

0+
Alain

Effectivement et c'est bizarre Think, j'ai donc mis en ligne la liste wiki des pilotes de l'Aéropostale pour vous permettre d’accéder à sa fiche.


Dernière édition par Capu Rossu le Mar Mar 17, 2020 16:53; édité 2 fois
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Etienne



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MessagePosté le: Mar Mar 17, 2020 15:51    Sujet du message: Répondre en citant

En plus des deux cités ci-dessus (mais le lien d'Alain renvoie à un pianiste!), on peut aussi avoir Marcel Reine...
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Mar 17, 2020 16:01    Sujet du message: Répondre en citant

Reine me paraît excellent.
N'oublions pas que FTL, il a une fin tragique et imprévue, mais un peu plus tard qu'OTL et pas sur le même hémisphère.
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loic
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MessagePosté le: Mar Mar 17, 2020 16:10    Sujet du message: Répondre en citant

En fait, en relisant l'épisode du Massilia, je me dis que faire embarquer toute la représentation nationale dans un seul navire ferait très mal en cas de sous-marin italien chanceux.
Ce n'est peut-être pas très logique de procéder ainsi ...
_________________
On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...


Dernière édition par loic le Mar Mar 17, 2020 16:26; édité 1 fois
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Mar 17, 2020 16:15    Sujet du message: Répondre en citant

Pas logique mais c'est ce qui était prévu !
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