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La Guerre en Maison (par HOUPS)
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Archibald



Inscrit le: 04 Aoû 2007
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MessagePosté le: Mar Mar 24, 2020 18:11    Sujet du message: Répondre en citant

LaMineur a écrit:
C'est sûr, des histoires de maison close en plein confinement, ça va vachement nous changer les idées.... Rolling Eyes


C'est pire que ça... au moins dans ses *maisons closes LA* les gens n'étaient pas seuls, mais en compagnie de dames de petite vertu... on ne s'y enfermait pas pour la contrainte, mais bien pour se payer du bon temps.

https://www.youtube.com/watch?v=r-A2jJ3voQs
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« Je ne crois pas que les Allemands aient jamais l’idée d’attaquer dans la région de Sedan. » Huntziger, 7/05/1940.

"Weygand c'est un mur, Gamelin un édredon" (Daladier)
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Hendryk



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MessagePosté le: Mar Mar 24, 2020 20:03    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
On sera quarante-deux. Pile poil. Très bon chiffre, quarante-deux.

La réponse est toujours quarante-deux.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Juin 12, 2020 12:31    Sujet du message: Répondre en citant

Pour vous consoler de l'entr'acte du Front de l'Est, HOUPS nous offre la suite des confidences de notre amie Erika…


Au secours, Erika


« Et voilà notre grande enquêtrice ! Tu vois, t’es toujours à l’heure, et ça, c’est important. Tu vois, c’est pas parce que l’autre empoudré à perruque a dit que c’était… attends… que c’était « l’exactitude des rois », ah non, « la politesse des rois », mais c’est juste qu’y faut être à l’heure. Des fois, les choses tiennent juste à ça. Bien, c’est pas tout, entre, entre… Dis donc ! J’avais bien vu ! Tu sors ? Cendrillon va chasser le célibataire à poil gris ? Avance un peu… T’es très bien comme ça ! Pour avoir mon avis ? Seulement ?… Ça s’appelle pas caresser dans le sens du poil, ça ? Non, non, ça te va très bien. Tourne-toi… Marche un peu… Bien ! Bien. Dis donc, la Bécassine des débuts a bien changé ! Faut pas croire ! Un peu moins de talon, peut-être. Peut-être, hein. Juste pour dire quelque chose. Ça vient de chez Camille ? Non ? Eh bien…

T’es là pour le boulot, quand même ? Oui ?… D’accord. On va planter le décor. Tiens, Claudia m’a fait passer ces chocolats. Que du noir. Et pas du supermarché du coin ! Regarde un peu d’où ça vient. Toujours attentionnée, la Claudia. Son accident ne lui a pas démonté le caractère. Faut que je pense à lui répondre… On va pas s’étendre là-dessus. De quoi tu veux que je cause ? C’est que ça devient duraille de déculotter mes souvenirs sans faire la vieille qui radote. Mais c’est un excellent exercice, qu’il a dit, le toubib. Pas le jeunot, hein, l’autre. Le jeunot… l’est trop jeune. Pas mauvais, faut pas croire ! Je suis mal placée pour dire ça. Mais presse-lui le nez, il en sort encore du jus de Vidal. S’inquiète plus de ma tension et de mes vertiges que de ma caboche ! Ben oui, des vertiges… Non, je ne te l’ai pas dit. A quoi bon ? T’es de la Faculté, toi aussi ? Non ? Et puis, c’est rien du tout. Juste que si je me lève trop vite, des fois, ça tourne un peu. Faut que j’aille plus doucement. Et fais pas comme le dragon d’à côté, hein. Une suffit.

Tiens, tu vois, ce que c’est que d’être vieux… Enfin, c’est comme ça. Quand j’avais ton âge, je te l’ai déjà dit, on risquait pas de nourrir les matous du quartier avec nos restes… Oh non ! Tu vois, on avait des voisins, de l’autre côté de la rue… Oui, en général, ça correspond à la définition d’une rue. Et y’en a, Suzy et moi, on a mis un moment à piger leur manège. Le matin, lui, il mettait des miettes sur son balcon. Déjà, fallait avoir des miettes. Déjà ça. Alors, les miettes, ça faisait venir les piafs et les pigeons. Bon. Après tout, une lubie comme une autre. Y’a eu plus bizarre ! Et puis un soir, Suzy l’a vu qui installait tout un attirail de caisses ou de planches. Et le lendemain, ils ont invité les pigeons à leur table. P’têt même les moineaux, aussi. On a pas demandé à vérifier. On faisait dans la curiosité, pas dans l’espionnage ! Faut pas croire ! Bref. Avec Suzy, on les a regardés faire… Trois ou quatre, je crois. Je me demande encore comment ils se sont débrouillés pour les p’tits pois… Oh, je sais pas comment faisaient les autres, mais je peux te dire qu’y avait de moins en moins de pigeons à crotter sur les voitures ou sur le parvis de Notre-Dame…. Oui, c’est vrai, c’est pas pour la circulation de l’époque… En tout cas, à cause de ça, on aurait pu croire que les bestiaux allaient devenir sacrément marioles, puisqu’il en est resté. Ben oui, réfléchis : c’est les plus cons qui auraient dû se faire avoir. Faut pas croire ! Sauf que t’as qu’à voir ce que ça a donné aujourd’hui ! M’est avis que les ramollis du ciboulot, le temps qu’ils comprennent que la soupe populaire était ouverte, les autres avaient déjà tout raflé. Sont donc passés à la casserole, ceux-là, les premiers arrivés, et pas leurs copains. Comme quoi, c’est pas forcément les meilleurs qui s’en tirent. C’est tout pareil pour les gens, faut pas croire ! Des fois, c’est les cadors qui s’en sortent, et des fois, c’est le dernier des caves. Y’a pas d’explication à ça.

Y’avait une mauvaise blague qui disait que pour faire cuire un corbeau, faut le mettre avec une paire de tenailles. Tu la connais ? Quand les tenailles sont molles, le corbaque est cuit. Si tu veux mon avis, pour ces pigeons-là, il a dû falloir mettre un fer à repasser. Au minimum. Note que dans certains restaus, quand on te proposait du pigeon, c’était pas de la volaille qu’avait chié sur le chapeau de Clémenceau ! Faut pas croire ! C’était du pigeonneau pris au nid, et le bedeau de Montmartre, il savait y faire ! Enfin, ça dépendait aussi du restau. Et du client, évidemment. Fallait être au parfum, et même plus, hein… Mais ça n’a duré qu’un temps, tu penses bien. Remarque, il paraît qu’au siège de ‘70… Tu sais, ‘70 ? 1870 ! Gambetta ! Les ballons, tout ça… On mangeait du rat après avoir boulotté de l’éléphant ! J’y étais pas, note. En ‘41 aussi, on a boulotté de l’éléphant. Faut pas croire ! De toute façon, y’avait plus rien pour les nourrir, alors… Enfin, “on”… Pas nous, en tout cas. Il ne s’en est pas trouvé dans toutes les boucheries…. Non, je n’en ai jamais mangé. Oh, ça a fait la carte de certains endroits très chics, ma petite ! Discrète, la carte, tu t’en doutes. L’éléphant, le rhinocéros, y paraît… Y paraît, hein… Les autres bestioles, je sais pas. Mais les mauvaises langues ont vite fait le rapprochement avec ‘70, tu penses bien ! La claque à Doriot faisait grise mine, tu peux pas savoir. C’était pas dans les journaux, t’inquiète ! S’en vantaient pas. Faut pas croire ! En ‘70, les Pruskos, ils étaient en face, on bouffait de l’éléphant pour leur résister. En ‘40, c’étaient devenus nos grands copains. Alors, croquer un bout de trompe, c’était spécial. Pas anodin, on va dire… Y’en a qui auraient pu y voir comme de la provoc’. Tu sais comment sont les gens : y’a des médisants, ça jase pour un rien, ça fait désordre. D’un autre côté, ça faisait quand même de la barbaque, et par les temps qui couraient… Et puis, je te rappelle qu’on pouvait plus les nourrir, les gentilles grosses bêtes toutes mignonnes. Hein ? C’était pas en tondant les Tuileries et le Luxembourg qu’on allait leur caler une dent creuse ! Et les zèbres et les gazelles ? Alors ? Faire bouffer le zèbre par le lion ? Et après ? Bouffer le lion ? Tu parles d’un plan !

Tiens, au passage, on n’a pas croqué les lions ni les tigres. Les lions, la ville de Paris les a gracieusement offerts à la ville de Berlin. Si, si, c’est pas des blagues ! Faut pas croire ! Et les tigres, Laval en a personnellement fait cadeau au gros Göring. Le Bougnat pouvait décemment pas lui filer les éléphants ou les rhinos, non ? T’imagines ? Y’aurait eu comme qui dirait du sarcasme dans le geste. Certains se seraient mépris. On y a eu droit, aux Actualités. Toto s’est chargé de la chose. Pas sûr que ça lui ait fait très plaisir, au Toto, mais c’était son boulot, quoi… Très forts, les gars des Actualités ! D’un côté, on a vu les tigres, qu’on embarquait dans un wagon. Z’avaient l’air en forme, venaient peut-être de boulotter le zèbre, au final… De l’autre, on nous a montré Hermann en train de saluer on savait pas quoi avec son bâton et son sourire, et on nous expliquait qu’il était ravi du cadeau. Voilà. Passez muscade ! Bon. C’est pas que j’avais l’esprit mal tourné, et j’ai sans doute pas été la seule, mais on pouvait se demander pourquoi y’avait que des aviateurs à l’image. Tu sais, j’avais vite appris à reconnaître les uniformes. Faut pas croire ! Que des types de leur Luftmachin, là… Très contents, tous. Ça se voyait. Pleins de sourires, et presque t’entendais claquer les talons. Sans doute qu’ils voulaient leur apprendre à voler, aux matous à rayures. Enfin…
Pour le reste de la ménagerie, je ne sais pas. Le marché noir, on y trouvait de tout. Paraît aussi que des plaisantins ont émis l’idée de nourrir les fauves avec les Juifs. Tu parles d’une plaisanterie ! Jamais rien entendu de tel. Ça, c’est de la légende, les conneries qu’on raconte plus tard, pour briller en société, quand on parle des « événements ». Parce qu’on ne parle jamais de la guerre, chez ces gens-là, encore moins de l’Occupation. Faut pas croire ! On parle des « événements », des « événements » qui se sont déroulés loin du salon. Heureusement, sinon ça aurait sali la marqueterie. Quasiment sur une autre planète et à une autre époque. Les mêmes imbéciles, à l’époque, tu sais ce qu’ils disaient ? Ça, c’est la vérité, j’y étais : « Manger du singe ou du rat ? Mais ma chère, pour les nègres et les métèques, c’est normal. C’est dans leur nature ! Ils ont d’ailleurs des tas de façons de les cuisiner… » et tout ça, entre la tranche de rosbif et les pommes-vapeur. Pour les singes, je sais pas, mais pour les rats, y’avait plus que des bruits qui couraient… Déjà, après les pigeons, les matous aussi se faisaient rares dans certains quartiers. T’imagine, le monstre, là, finir repas de communion ? Oui, ma canaille… En civet, monsieur ! En civet ! Ou à la moutarde, chenapan !… Alors, les rats… dans certains coins… c’est possible. Va savoir ! Les clebs aussi, il paraît. Dépiautés, en morceaux… Tu vois mémère tordre le nez dessus après deux heures de queue ?

Vincennes, j’y suis allée début ‘41. Quand c’était encore visitable. Y’avait les girafes qui te tiraient la langue, les autruches qui regardaient passer les filles du Lido – habillées, hein, faut pas croire – et qui ne se doutaient de rien, les singes qui nous montraient leurs fesses… Et plein de touristes en vert-de-gris. Tout plein. Plutôt du bidasse, à déchiffrer leur petit guide. Plein de jeunes dames comme nous, aussi. Enfin, presque comme nous. Et d’autres. Sans doute des éclosions, celles-là, après tout, c’était le printemps. Et des moins jeunes, des éclosions de quand je torchais mes sœurs, pour le moins. Ce qui faisait qu’on nous accostait plutôt nous. On devait nous prendre pour des pensionnaires de L’Etoile de Kléber. Mais nous, Suzy et moi, on était vraiment là pour prendre l’air. Et puis, le troufion en goguette, merci bien ! En plus, on allait pas ôter le pain de la bouche des escaladeuses de braguette qui marinaient dans les allées ! Faut pas croire ! Chacune chez soi ! Mais ça s’est très vite dégradé. Déjà que les soigneurs, c’étaient plus que des vieux. Au début, ils avaient trop de travail, ils te faisaient peine, à pousser leur brouette pleine de… de machin. Après, ils n’en avaient plus assez… Du boulot. Du machin aussi, note, vu que l’un n’allait pas sans l’autre…

L’Etoile de Kléber ? Oh… c’était du haut de gamme, et pas fréquenté par n’importe qui, tiens ! Faut pas croire ! D’abord, c’était dans le seizième. Une chouette baraque ! C’est là qu’avait atterri Olga, enfin, Nadia. Je t’ai parlé d’elle ? Oui ? Bon… Donc, très grande maison, à tous les sens du terme. Un sacré pedigree ! Très courue avant-guerre, très courue pendant, et même après… Oh oui, après. Même après la Marthe. Tiens, faudra que je t’en parle, de celle-là ! Bon, on verra. Et de L’Etoile à la rue Lauriston, y’avait pas long, tu vois. Tu devines donc qui étaient les habitués du coin ! Tiens, j’y pense maintenant : les gars de la Rue Lauriston fréquentant un claque qui s’appelait L’Etoile. Hein ? Faut l’faire, quand même ! Y’a de ces trucs, parfois… Bon. Alors, nous, si on la sautait parfois, là, c’était pas le cas ! Tu pouvais y aller, c’était viande, caviar, pâtisseries et grands crus tous les soirs ! Tu sais, je t’ai parlé de la fois où on a fait le service à poil, pour les Fêtes ? Oui ? Eh bien, la Nadia, elle a fait mieux ! T’es assise ? Tu vas pas me croire. A poil. Bon, à poil, ça, on va dire que ça faisait partie des incontournables du métier. Prends le restau du One-Two-Two : tous les jours les filles y servaient en tablier. Seulement en tablier. Avec rien dessous… Mais Nadia, elle a fait ça dans une assiette… Si, si, je te jure ! A poil dans une assiette ! Au milieu de la charcuterie, des soles et des langoustines ! Bon, une grande assiette. Mais quand même ! Et servie par des extras de chez Maxim’s ! Tant qu’à faire ! Et pas toute seule, c’était pas un tête-à-tête ! Au moins douze couverts ! Tu me crois pas, hein ? Pourtant, c’est vrai ! C’est un Hollandais qu’avait payé la note. Quand je te dis que c’était une époque de dingues !

Vrai, L’Etoile, ça ratissait dans les hauteurs. Et pas que chez les clients, crois-moi ! Y’en avait, des filles de bonne famille, et même de la haute, qui faisaient dans le kamasoutra tarifé ! Faut pas croire ! Elles se faisaient un bas de laine, elles acquéraient de l’expérience, et, sait-on jamais, elles pouvaient y dégotter un jules. Et, plus tard, quand monsieur s’échappait avec ses potes, à son retour, ça leur faisait un sujet de conversation. Ils pouvaient faire des comparaisons. Comme qui dirait que ça sortait pas de la famille. J’avais eu de la chance, moi : j’avais démarré dans une “bonne” maison. Mais c’était en Province. Ensuite, à Paname, on faisait dans le sur-mesure. Mais là, là, c’était autre chose ! Sans être de l’abattage, note, hein… Deux-trois passes dans la journée. On soignait le client, et on n’abîmait pas la marchandise. Dire que l’autre tarte a tout foutu en l’air… Tu vois, c’est ce genre de truc que Serge aurait voulu monter. Et si on avait fait comme il voulait, on se serait retrouvés le bec dans l’eau !

Tiens, on va faire une pause. Ouvre la porte de gauche, sous la télé, y’a ma chaîne. Tu vois ? Vérifie que c’est branché… C’est bon ? Aide-moi… Faut que je trouve, ça doit être dans ce… tir…oir. Ouf ! Faudrait les graisser. Non, non, laisse-moi faire ! Retourne t’asseoir, tu vas écouter, tu me diras si tu connais. La chanson est pas d’époque, mais la dame, si… C’est de parler des piafs et des pigeons que ça m’y a fait penser. On va en profiter pour goûter les petits machins, là…

Il est à quoi, le tien ? Praliné ? Faut que je fasse gaffe. Claudia a beau savoir, faut que j’évite le café. Maintenant, une goutte, et j’ai le palpitant qui prend des tours… J’te jure ! Tiens, çui-là doit être bon… Cerise ! Alors, pourquoi que je te parlais de Vincennes ? Le zoo… les bestioles…. La bouffe… Ah oui ! Tout ça pour dire : on mangeait quand même pas très bien. T’avais pas entrée, plat et dessert à tous les repas. Tu te préoccupais plus des pommes de terre que des pommes tout court, alors bananes, oranges ou même raisin, c’est tout juste si tu savais que ça pouvait exister. Question calories, c’était court, et question vitamines, c’était aléatoire. Eh bien, Suzy et moi, on n’est jamais tombé malades ! Faut pas croire ! Peut-être un rhume, et encore ! Et ça a duré jusqu’à aujourd’hui. Quasi. Si à l’époque on m’avait dit « Ta fille fera un régime pour pas grossir », je sais pas ce que j’aurais répondu. Peut-être rien. Pas besoin de peser ton casse-dalle, on le faisait pour toi. Au milligramme, et devant tout le monde. Alors, parler de régime… Tu te surveilles, toi ?… Oui ? Ça m’étonne pas. Fais surtout gaffe à pas bouffer trop de ces saletés qu’on trouve partout. Tu sais cuisiner ?… Non ? Ça, c’est pas bien ! Tu devrais demander quelques trucs à Juanita. Quand elle fait de la morue, elle m’en apporte toujours une part. C’est mon péché mignon. Tu sais quand j’ai remangé de la morue ? En ‘46 ou ‘47 ! Elle était tellement salée qu’on a vidé au moins trois carafes de flotte, Serge et moi. J’avais pas l’habitude, j’étais trop pressée. La cuisine et moi, ça a toujours fait deux.

Alors ?… Oui, c’est elle. Bon, c’était facile. Là, c’était à l’Olympia, dans les années soixante. Tiens : soixante-trois. Ça n’a jamais été ma chanteuse préférée. Faut pas croire ! Déjà, à l’époque, je trouvais qu’elle datait. “Chanteuse de rue”, ça se faisait de moins en moins. Plus y’a eu de TSF, moins y’en a eu. C’est comme ça. Le rapport avec tout à l’heure ? Voilà : devine où elle créchait ? Je te le donne en mille : au troisième. Au troisième de L’Etoile ! Hein ? C’est-y pas beau, ça ? Et pas qu’une piaule ! Tout l’étage ! Et nous, on nous a em… quiquinées pour moins que ça ! Et comment ça s’est terminé ? Tu veux que je te fasse un dessin ? Et s’y avait eu qu’elle ! Ou si qu’elle avait eu des excuses ! Tu comprends que j’ai eu certains a-prioris, ensuite, pour ce genre de public ?… Attends, j’veux pas les mettre tous dans le même sac ! Faut pas croire ! Loin de là ! Prends la Joséphine, par exemple. Là, moi je dis : chapeau bas ! T’as aussi ceux qui ont assuré le service minimum, on va dire. Des comme nous : fallait bien vivre ! Facile de critiquer une fois que tout est terminé ! Mais y’en a d’autres… Et la Billy ? La patronne ? Blanchie, elle aussi ! Tu vois, quand tout ça s’est terminé, certains se sont dépêchés de soulever le tapis pour filer la poussière dessous. Sûr que chacun avait ses raisons. Et à un moment, on a tourné la page, sinon, on y serait encore, peut-être ! Je dis pas. Mais ça a été dur à avaler pour d’autres. Faut pas croire ! Y’avait de quoi croire que le copinage marchait à fond et que ça ne s’était jamais arrêté. D’après moi, ce qui nous a manqué, tu vois, c’est une machine avec un cadran et une aiguille pour mesurer ça. D’un côté, t’aurait eu Doriot, on va dire, ou Déat, ou pire, y’en a eu, et de l’autre, je sais pas, moi, tiens, la Joséphine, là, mais c’était pas la seule, note. T’aurais eu qu’à brancher le truc sur le gars, et regarder où s’arrêtait l’aiguille. On va dans la Lune, mais on est pas foutu d’inventer un truc comme ça. A croire que personne n’en a envie !

… Du poisson ? A Paname, c’était duraille à trouver. En cherchant bien, de la carpe, du brochet, des bestiaux comme ça, c’était pas impossible. Mais ça relevait du voyage au long cours. Tiens, fallait voir les quais dès qu’il faisait beau ! Y’avait parfois des frictions. T’avais les habitués, et puis t’as eu tous ceux qui se disaient que c’était gratos, mais qui n’y connaissaient rien. Les hirondelles s’arrêtaient pour discuter le bout de gras, et calmer le jeu. Des fois, ils se faisaient refiler de la friture. C’était pas du racket. Ça servait à entretenir de bonnes relations. Les Autorités avaient autre chose à faire, ça signait pas la pénurie, ça. Et puis, ça avait une tronche de “Vraie France”. La preuve, les Frisés prenaient des photos. Faut pas croire ! Je dis pas que ça a duré tout le temps de la guerre, hein. Ni que tous les Parigots taquinaient le goujon à longueur de temps. On comptait quand même pas que sur ça pour vivre, mais certains des petits malins qui revenaient de chez leurs pauv’ vieux de la cambrousse avec du sauciflard sous les chaussettes, ils embarquaient aussi de l’anguille ou de la truite, en loucedé. Faut pas croire ! Sauf que le jésus voyage bien mieux que le saint-pierre. Y’a eu des accidents. Un bombardement, un train prioritaire, tu mets six heures au lieu de deux, si pas huit, les wagons avaient beau ne pas être chauffés, je t’explique pas la suite : bonjour l’odeur ! Remarque, t’avais aussi ceux qui tentaient le calendos ou la cancoillotte…

Les Fridolins, de leur côté, ils crachaient pas sur la poiscaille, non plus. A la grenade, dans les étangs, y paraît ! A ce compte-là, ils jouaient petit bras à côté des Ricains, des British et des Africains. Quand ils rendaient visite aux ponts, ceux-là, les voisins encore debout et entiers pouvaient sortir les paniers, y’avait de quoi faire ! Faut pas croire ! Paraît qu’à des kilomètres en aval, on trouvait du gardon le ventre en l’air. Evidemment, à côté du pont qu’avait rien, on ramassait plutôt du macchabée. De quoi te couper l’appétit. Si les gens avaient été moins cons, ils se seraient planqués sous le pont, c’est là que ça risquait le moins.

Pour la sardine et la morue, c’était une autre paire de manches !… Ah, ben, c’est que les gros bateaux, z’avaient plus le droit d’y aller. Restait que les p’tits. Quand j’ai été à Cannes, j’en ai vu. C’est tout juste si on leur passait pas une laisse, et qu’on les sifflait pas ! « Ici, au pied ! » Tu vois le genre ? Des fois qu’ils aient eu l’idée de traverser, sans doute. J’y connais rien, mais sur la Seine, il en passait de sacrément plus gros ! Alors avec ces petits trucs – jolis, hein, faut pas croire ! – jouer la Route du Rhum et traverser la Grande Bleue ? Pff ! Et quand ils revenaient, y’avait les flics. Et les Boches. C’est pas tout le monde qui pouvait se servir ! Faut pas croire ! En Normandie, j’ai vu pareil. Ou même pire. Là, les gars embarquaient sur commande, et carrément avec des soldats ! Bon, là, faut comprendre : les British, y z’étaient juste en face. Y’avait quasi qu’à leur tendre la main… Ah oui, j’ai mangé de la sardine et puis du maquereau, faut pas croire ! Ça, ça m’a fait drôle d’ailleurs… Du tourteau et des huîtres aussi, mais c’était pas au restau ! Et pour la morue, pas celle à frisettes, hein, l’autre… Comme y’avait plus que les Portos qui régalaient, devine qui pouvait s’en payer ?
Oui, becqueter, ça nous a bien occupés, tous. Presque tous. Demande à tous ceux de cette époque, ils t’en parleront, des tickets, de la bidoche semelle, du pain à la sciure et de ces foutus rutabagas. Même ceux qui s’en tiraient pas si mal que ça. Pas que les rois de l’arnaque et de l’embrouille, note. T’avais toujours des petits futés à la coule qu’arrivaient Dieu sait comment à avoir deux lapins dans l’escalier, ou même des poules sur le balcon. Bon, fallait déjà avoir un balcon, hein. Faut pas croire ! Cette bidoche-là, au moins, tu pouvais l’espérer. Et puis, une poule, un œuf. Un vrai trésor ! Après, y’en a même qui ont tenté le cochon dans la cave ou la chèvre dans l’arrière-boutique. Là, ça sortait de l’artisanal… Fallait oser ! Entre la pipelette et les voisins… Ah oui, dans Paname ! En province, mais aussi en plein Paris ! Oh, pas dans certains quartiers, où le bestiau se pointait sous une forme plus conventionnelle. Peut-être qu’à cette époque y’en a qu’ont découvert certains morceaux qu’ils ne savaient même pas que ça existait. Peut-être. C’est pas sûr. Le problème, c’est qu’un nourrain, ça a pas la même descente qu’une galline, et d’une, et de deux, quand t’es arrivé à mettre quelque chose à un bout, parce que, ça tombe bien, c’est pas regardant de trop sur ce sujet, faut t’occuper de ce qui sort à l’aut’ bout ! Et là, c’est pas la même chose ! Tu dois regretter la pondeuse ! Ça n’a pas empêché des tas de gens bien d’essayer, faut pas croire. Et j’en connais qui ont vu débarquer les Gris pile-poil à deux jours de saigner le goret. Pas de bol, hein ? Sacrée coïncidence ! Tout ce boulot pour rien ! On pouvait faire confiance à personne, à c’t’époque ! Faut pas croire !

Tu peux en reprendre un, si tu veux. Moi, j’arrête, mais vas-y, te gêne pas. Et puis, ça me fera une tentation de moins ! Si, si… Tiens, essaie celui-là. Je connais. Grand Marnier ! En plus, si le café, ça me fout patraque, l’alcool, faut que j’y aille mollo, qu’il m’a chapitrée, le toubib. A réserver aux très grandes occasions, tu vois. Mon enterrement, quoi. »
(…)

Suite et fin de l'épisode demain.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Ven Juin 12, 2020 13:19    Sujet du message: Répondre en citant

Ah le fameux civet de Pigeon sous l'occupation. Je l'ai assez dit : on crevait de faim à cette période. Et je crois qu'on trouve encore les menus du siège de 70 sur internet ;.. c'est poétique. Et j'avais eu l’occasion de parler du jardin des plantes autrefois !

Citation:
le pain de la bouche des escaladeuses de braguette


Ca aussi c'est poétique tiens ...

Et ca me fait toujours plaisir de voir que les mémoires d'Erika rentrent en résonance avec celles de France Inter ! Houps aurait pu parler des Luchaires à ce compte-là, Erika a dû connaitre ...

Citation:
Si les gens avaient été moins cons, ils se seraient planqués sous le pont, c’est là que ça risquait le moins.


Excellent, je note !

Citation:
Après, y’en a même qui ont tenté le cochon dans la cave


Référence référence ... même que le concierge qui devait faire le transport à fini dans les Balkans !
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Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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Archibald



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MessagePosté le: Ven Juin 12, 2020 13:27    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Après, y’en a même qui ont tenté le cochon dans la cave


JAAAAAAMMMMBIIIERR !!!!!
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Juin 13, 2020 11:15    Sujet du message: Répondre en citant

« Ah ! C’est toi ! Eh bien, dis donc, tu m’as fait une de ces peurs ! C’est pas que j’ai cru à la Gestapo, mais quand même ! C’est ni ton jour ni ton heure !… Qu’est-ce… Oh… mais… mais t’en fais une tête ! Oh là là ! Toi, c’est pas un jules qui t’a plaquée, hein ? Toi, t’as fait une bêtise, hein ? Une grosse ? Vraiment grosse ?… T’as quand même pas tué quelqu’un, non ? Non ?… Bon. C’est déjà ça !… Presque ? Oh, tu sais, “presque”… Attends voir une minute… Faut parer au plus pressé… Juanita ? Juanita ? Vous pouvez faire une course, pour moi ? Oui ? C’est gentil. Vous pouvez aller jusqu’à la pâtisserie ? Il me faudrait… une Forêt-Noire, oui, une Forêt-Noire. Je crois qu’il y a urgence. Six parts. A la rigueur, un Paris-Brest. Enfin, faites au mieux à c’t heure. Evitez le baba, quand même… Eh oui, c’est ça… Prenez mon porte-monnaie… Mais si, mais si, t’occupe !… Merci, Juanita. A tout de suite…

Bon, à nous, maintenant. Attends… Y faut que je sorte du raide ? Oh non, pas pour toi. Prends pas de mauvaises habitudes ! Pour moi… Pas la peine ? Bon, si tu veux. Tu sais que je ne marche plus qu’à la camomille… Comment, « après ce que j’ai dit l’autre jour » ? J’pourrais faire une entorse, faut pas croire ! Si personne ne cafte, la Faculté n’en saura rien… T’es bien sûre ? Allez, pousse-toi, l’affreux jojo ! Pousse-toi ! Ouste ! Non mais, c’est qu’il voudrait faire la loi, c’t’animal ! Voilà, je suis calée, je peux plus tomber. Je t’écoute.
(…)
Eh bien ! Si on m’avait dit ! Non, non… Faut que je réfléchisse… Bon sang, à l’époque, le nombre de fois où ça m’a démangé, tu peux pas savoir ! Mais ç’aurait été suicidaire pour de vrai, là. Fallait avaler la couleuvre… Comme ça, de but en blanc, je te dis bravo. Même s’il faut se méfier des réactions épidermiques, des fois, ça soulage. Ça t’a soulagée, non ? Si ? Un peu ?… Bon, on va pas philosopher là-dessus, on aura le temps plus tard. Combien qu’ils étaient, tu dis ?… Ah ! Eh bien, dans un premier temps, c’est pas terrible pour toi, hein, on va dire… Oui, mal barrée ! Carrément ! Ça a beau être des collègues… Faut pas croire ! Oui… Mais d’après ce que tu m’as raconté du zozo, finalement, y’a p’têt’ un truc à jouer, remarque. Faut voir… Tu me fais confiance ?… Oui, tu serais pas là. Mais j’ai raté l’examen de bonne fée, tu sais ? Et j’suis pas ta marraine… Je te promets rien. On va tenter un truc. Pas sûr que ça marche… Ecoute, t’as de quoi noter ? Fais voir… C’est bien parce que c’est toi…

Voilà, demain, à la première heure, tu files à cette adresse. Là, c’est tard. Tu connais ?… Oui, c’est vrai, c’est connu. T’y es déjà allée ?… Aussi, ça m’aurait étonnée. Non, non… Laisse-moi faire. T’es venue me voir pourquoi ? Pleurer sur mon épaule ? C’est pas le genre de la maison, non ? Faut pas croire !… Alors ?… Laisse-moi faire, je te dis ! Et écoute bien. Tu rentres pas par la grande porte, y’a urgence. Tu vas à celle d’à côté, celle en bois où y’a rien. Tu montes au premier. Tout de suite en haut de l’escalier tu frappes à la porte de droite. Tu dis bien que tu viens de ma part. De la part d’Erika ! Après, tu te débrouilles… Tu peux y aller comme ça, tu vas pas au bal. Bon. Ta main, ça va ? J’ai vu que t’arrêtes pas de la tripoter. Fais voir, un peu… T’as rien de cassé, au moins ? Manquerait plus que ça, tiens ! Faudra voir quelqu’un, si ça continue. Faudrait mettre de l’arnica. Va déjà la passer sous l’eau froide. Et en parlant de ça, mets-en à chauffer, Juanita devrait pas tarder… Tiens, qu’est-ce que je te disais ? Ecoute, c’est elle…
(…)
Alors ? Une Forêt-Noire ?! Juanita, vous êtes une perle ! Léa, rends-toi utile : les plats sont dans le buffet à gauche… Prends trois petites assiettes aussi… Merci… Attention ! Non, c’est pas pour toi ! Pousse tes moustaches de là !… Tu sais que c’est très mauvais pour eux, le chocolat ?… Alors, ça, c’est pour toi… Juanita ? Comme ça ? Mais si Juanita, vous pouvez vous le permettre ! C’est pas sur vous que ça se verra ! Bien… Et ça, c’est pour moi. C’est raisonnable, non ?… Le jeunot dirait rien, tu crois pas ? Et celle-là, elle est encore pour toi… Si ! A emporter… Si, si ! J’te connais, demain, t’auras pas envie de manger. Et pourtant t’auras besoin de prendre des forces pour aller où je t’ai dit… Et ça, c’est pour Juanita, et ses hommes. Juanita ! Le petit est en pleine croissance ! Faut pas contrarier la nature ! C’est comme ça ! On va quand même pas tout boulotter, faut pas croire !… Hmm… l’est bon… C’est là qu’on reconnaît les vrais pâtissiers… J’aurais p’têt dû couper un poil plus… Non, non, je plaisantais ! Non mais ! Quel gang de Mères Supérieures ! Ah, vous faites bien la paire, tiens ! Faut pas croire ! »
(…)
« Bon. C’est pas tout, mais comment que tu vois la suite ? Ben oui : sur le coup, ça t’a soulagée, hein ? Non ?… Ah, quand même ! Tu me rassures ! Mais ça veut dire que t’as pas trop gambergé. Tu vas faire quoi, ensuite ? Tu sais pas trop, hein ?… Tu y’as pas encore pensé, hein ? Va falloir pourtant t’y mettre, ma p’tite ! Tu vas en avoir, du temps, du coup, pour faire ton truc, là, avec tout ce que je t’ai raconté !… Comment ça, “Non” ?… Ah oui, c’est vrai… Vu comme ça… Sois optimiste, dis-toi que tu pourras t’en servir plus tard. On sait jamais.

En attendant, au risque de me répéter, tu te vois faire quoi ? Tu vas pas tourner en rond dans ton studio toute la journée, non ? Faudra bien t’occuper. C’est maintenant qu’il faut y penser ! Tu veux que je te prête le philodendron, pour tailler une bavette ? Et puis, va falloir casser la croûte ! Déjà, ça… Et pour ton studio ? Tu penses à quoi ? Je veux pas te faire peur, mais l’autre c… va te pourrir la vie, crois-moi ! Ces types-là sont mesquins, c’est rien de le dire. L’a déjà dû bigophoner partout pour te savonner la planche. Tu paries ? En plus, ça m’étonnerait pas qu’il cogne sa bourgeoise, c’est le genre de mec à ça. Là, du coup, tu l’as vexé méchamment. S’il peut te faire une vacherie… Alors, donc ? T’as réfléchi ? Non ? Caissière de supermarché ? Ça te dit ? “Préposée”, comme on dit maintenant ? Ou vendeuse ? Je peux demander à Camille, si tu y tiens. T’y avais pas pensé, à ça, hein ? Tu te vois caissière ? Tu mérites bien mieux ! Bon, tu peux aussi chercher un vieux beau avec un bon matelas, mais… Pff…

J’ai bien une idée… Comment ça, “cousine” ? Ah non, pas “cousine”, non ! Tu rigoles ? Quand je parlais de vieux beau, c’était comme ça. Faut pas croire ! Te fâche pas, mais t’as pas le profil ! Crois-moi. Je suis bien placée pour le dire, non ? La Fatiha, le fils Dumortier, c’étaient des coïncidences. Des opportunités à saisir au vol. Des passe-temps pour te changer la tête. Parce que je t’ai à la bonne. Mais “cousine” ? Toi ? T’es pas faite pour ! Enfin, pas vraiment. C’est pas le physique, note. Je m’y connais un peu, je te dis : t’es bien carrossée, mais c’est pas ça. T’as du goût. Encore que… Mais t’as fait des progrès. C’est pas une question de “don” ou de quelque chose comme ça, non plus. Faut pas croire ! Heureusement ! Un don, sans pratique, c’est jamais que des mauvaises manières.

Non, tu vois, t’as plein de qualités, mais tu t’en sers pas, et le contre-emploi, c’est bon pour personne. La preuve : t’es pas faite pour les chiens écrasés. Ni les grands reportages, hein, avoue-le… Mais si !… Et réfléchis : dans vingt ans, tu serais devenue quoi ? Une bonne femme à lorgnons qui fait le loto des vieux et la rentrée des classes ?… Ben oui, j’suis comme ça. T’as eu le chocolat, maintenant, t’as le reste. Faut pas croire !… Bon… Oui, je pense peut-être à kék’chose… mais ça va me prendre du temps. C’est pas l’ANPE, ici ! Faut que je me renseigne, et j’ai plus vingt ans, moi. Ça dépendra. Je te promets rien. Faudra qu’on cause, aussi. Qu’on cause sérieusement.

Reviens pas avant quinze jours, au moins. Et surtout, pas de téléphone. On sait jamais… En plus, j’ai d’autres examens, pas à l’hosto, ce coup-ci. T’es pas pressée, non ? De toute façon, tu vas avoir de quoi t’occuper, hein ?…
Maintenant, si tu veux, je te parle de la Marthe. Tu te rappelles ? On en avait causé l’aut’ jour. Ça te changera les idées. Et puis, j’avais révisé ! Tu me fiches tout en l’air, là !… Bon… Son nom, ça te dit quand même quelque chose, non ?… Bien. Tu vois, si j’ose dire, cette nana, elle s’est faite à la force du poignet. Ah ! T’as souri ! Si ! C’est bon signe !… J’aurais pu démarrer comme elle, faut pas croire ! Ça tient à pas grand-chose, ces histoires. Regarde la Simone, ma voisine de l’époque…

Alors, je vais pas revenir à quand elle était en couche-culotte, la Marthe, ça compliquerait les choses. Quand la guerre a débuté, la mienne, pas la sienne, elle avait déjà de l’ancienneté, c’est rien de le dire… Ah ! Si tu me coupes, c’est sûr que ça va mieux, mais ça va pas nous avancer ! Je t’explique : elle avait “fait” 14-18 à sa façon. D’abord, avant, elle avait fait ce dont toutes les putains rêvent : mettre le grappin sur un rupin. Seulement, là où elle bossait, y’en a qu’une sur mille qui décroche le pompon ! Heureusement qu’elle était pas restée dans son claque à bidasses, sinon ça serait jamais arrivé. Oui, elle avait démarré dans un truc comme ça. Et elle avait juste l’âge pour, y paraît. Ce que je te disais tantôt : des fois, ça tient à pas grand’ chose. Bref, du coup, elle était “arrivée”, comme on dit. Ça aurait pu se terminer là. Comme moi : j’épouse mon notaire, ou un autre, et je finis dame patronnesse. Ou bien Serge et moi, on ouvre une belle maison, et à cause d’elle, je termine à filer les clés des chambres en tricotant des chaussettes… Faut pas croire !

Sauf que… tu vois, moi, j’ai appris à conduire. Je t’ai expliqué ?… Oui, à Tours. Merci “Madame”. Elle, la Marthe, elle a appris à piloter. Piloter ! Pas conduire ! Piloter ! L’aut’ façon de s’envoyer en l’air ! Ça m’a jamais tentée. Difficile de faire un cent quatre-vingt au frein à main, sur ces engins. Passons. Elle, son bourgeois lui a carrément acheté un avion. Hein… Y’en a qui lui aurait fourgué une cuisine dernier modèle, ou une grosse bagouse et un vison pour envelopper l’escargot baveux, non ? Eh bien, lui, il lui offert un avion ! Remarque, quand tu vois les coucous de l’époque, c’est à se demander si c’était un si beau cadeau que ça… On était quand même avant-guerre ! L’Autre guerre. La Grande. Celle où mon paternel a laissé son bras. Quand je te dis que parler d’avion pour ces machins, c’était osé. D’ailleurs, on disait “aéroplane”, comme ça, tu vois, y’avait l’idée qu’on pouvait revenir sur terre pas trop vite. Bon, avec ça, elle a fait des meetings. Tu vois ? Elle aurait pu le sortir une fois ou deux, juste histoire d’aérer sa permanente, mais non ! Y’en a qui organisaient une garden-party, elle, elle allait à des meetings ! Et pas ceux de Jaurès ! Des trucs d’avions ! Un truc entre le Salon de l’Auto du coin et les Vingt-quatre heures du Mans. Là, je dis : respect ! Et pour finir, qui c’est qui casse sa pipe ? Pas elle ! Lui ! Encore qu’elle s’est cassé la figure, je crois bien. A force. Bref… Donc, lui, couic ! Rectifié raide ! Au front ! Intoxication au plomb. Ou trop de fer dans le sang, un truc comme ça. A l’époque, ça se faisait beaucoup, beaucoup. Faut pas croire !

Bon, je te passe sur les détails de la veuve joyeuse, le remariage, pour arriver en 40… Ah ben oui, remariée ! Quand même… Fallait bien vivre ! Avec un British… qui file manger les pissenlits par la racine presque tout de suite ! Ah non, c’est vraiment une coïncidence ! Elle y est pour rien ! C’était pas la Besnard ! Et lui, il était pas Président du Conseil… Président du Conseil ! Tu comprends pas ? Bon, on comblera cette lacune plus tard, sinon on y passe la nuit. Déjà que…

Alors, la Marthe… Bref, en 40, c’était une héroïne nationale, estampillée et tout et tout ! Presque elle avait gagné la guerre à elle toute seule ! La première, hein, toujours. Y’avait un film sur elle, avec machine, là, ça va me revenir… Feuillère, je crois. Et on lui a remis la Légion d’Honneur, à la Marthe. Pas Edwige ! Hein, c’est-y pas beau, ça ? Estampillée, je te dis ! Moi, j’ai même pas le Mérite Agricole. Faut pas croire ! De toute façon, les déguisements sapin de Noël, c’est pas mon truc.

Elle racontait qu’elle avait sauvé la France en tant qu’espionne. En couchant avec les Boches, quoi. Pas de quoi en faire un plat, y’en a eu d’autres. Ça, elle le disait pas, ou pas trop, quand elle allait partout pour en parler… C’est qu’il fallait éduquer le populo, qu’avait pas l’air très au jus ! Et ça marchait ! Y’en avait, du monde, pour voir l’héroïne en jupons ! Et pour l’écouter, puis pour la lire, puisqu’elle écrivait… Tu penses bien qu’il y avait du retour sur investissement derrière !… En train ? Non, voyons ! Pas en train ! Ni en bagnole ! Madame pilotait, je te dis. Fallait marquer le coup ! Epater le bourgeois ! Faire frissonner les julots ! Mais c’était fini, le temps des coucous fil de fer et allumettes ! Un bel avion. Un avion de course ! Prêté par le Ministère, ma chère ! Une sorte de Bugatti de l’air, on va dire, pour faire simple, hein. Faut pas croire ! On se refait pas ! Et puis, tu sais comment qu’elle l’a eu, l’avion ? Et aussi son ruban ? En réchauffant les pieds d’Herriot ! Sûrement pas que les pieds, note. C’était pas un Boche, et il s’appelait pas Félix, mais Edouard… Oui, çui-là ! Que veux-tu, Madame avait du goût ! Ça, je peux pas le lui reprocher ! Encore que pour les gonzes, on ira pas jusqu’à dire qu’il ait été aussi bon…

Arrive la guerre. La Deuxième ! Et surtout, les touristes d’Adolf. Sûr qu’ils allaient s’y intéresser, à la… tiens, comme qui dirait James Bond, mais en tailleur, bas à couture et talons aiguilles. Et française, bien évidemment. Des fois qu’elle ait eu envie de recommencer. Ou qu’ils aient eu la rancune tenace. Va savoir ! C’est têtu, le Teuton, quand ça veut. Faut pas croire ! Eh bien… non ! Et c’était pas parce qu’elle était maquée avec “Beau Ficelle”, un pote à Carbone ! Non ! Ah oui, entre temps, elle avait changé… Qu’est-ce tu crois ? Est-ce qu’on peut dire qu’elle avait la cuisse légère ? Peut-être. Mais si ça avait été un mec, y aurait-on fait attention ? Si on s’arrête à ce genre de détails… Faut pas croire ! A part son carnet mondain, elle avait quand même un sacré curriculum vitae, à l’écouter. A l’écouter, hein ! D’un autre côté, y’en a, tu sais, pour sentir d’où vient le vent… Chapeau ! Enfin… Bon.

Au début, elle les a attendus, comme sœur Anne. Et puis, comme ils se radinaient pas assez vite, elle est allée les voir, carrément. Oui, elle aurait pu en profiter pour filer au soleil, hein… Donc, elle va les voir. Faut croire qu’ils l’ont écoutée. Mais là, son histoire, ça a fait pschitt ! Tout simplement. Pour la première fois : tous ses récits, à la Mata-Hari patriote, c’était du flan ! Ça, on ne l’a su qu’après, tu penses bien. A l’époque, elle s’en est pas vantée, et eux, ils avaient aut’ chose à f…iche. On l’a donc appris après coup, tout ça. Un jour ou l’autre, fallait bien que ça sorte. Les mauvaises langues, c’est comme la mauvaise herbe : il en vient toujours. Mais y’avait prescription, comme qui dirait, vu que ces histoires, c’était avant-guerre, et que les gens ont la mémoire courte. Quand ils en ont envie.

Bon, pour se consoler, elle est restée à Paname. Tu sais, à bien réfléchir, je crois que ça a tenu à pas grand-chose. On peut dire qu’elle s’est trompée de guerre. Elle est pas née au bon moment. Elle pilotait. Elle aurait pu devenir une Tillonnette. Pour de vrai ! En 14, c’était pas possible. Pourtant, elle aurait bien voulu, y paraît… Est-ce que ça aurait changé la suite ? Sans doute. Enfin… On va pas refaire le monde… Donc, elle est restée. Elle allait pas risquer de s’abîmer le teint de l’autre côté de la Grande Bleue ! Je l’ai croisée deux ou trois fois. Ça en jetait dans les dîners ! C’était une gloire, quand même ! Les Boches, ils n’y comprenaient rien. Tu parles ! D’abord, les Boches, elle les pratiquait depuis longtemps. Elle était en terrain connu. Tu comprends, elle avait ses entrées un peu partout, et plein de relations qu’étaient restées, elles aussi. Et surtout qu’avec son mec, elle était du côté du manche. Des gagnants. Elle était pas la seule à penser comme ça. Alors, l’Afrique, ça l’a pas vraiment tentée. Y’avait peut-être l’âge, aussi. Ben si, quand même ! L’avait plus vingt ans ! Y’avait aussi qu’ils pouvaient peut-être se montrer curieux, les Africains. Mouchée une fois, mais pas deux ! Mais là, on est dans la médisance.

Arrive la fin de la guerre. Madame sentait le soufre, quand même, non ? Eh bien… non. Alors, là, je sais pas s’il faut admirer ou pleurer. Elle avait quand même traîné dans de drôles de coins plus très en vogue fin 44. Eh bien, la v’là t’y pas qui se met à raconter qu’elle avait été de la Résistance ! Elle était plus à ça près ! Plus c’est gros, mieux ça passe ! Remarque, elle a pas été jusqu’à raconter qu’elle avait fait sauter des trains et qu’elle avait décimé une Panzerdivision à elle toute seule, faut pas croire ! Encore heureux ! Et, donc, vas-y que je t’écris mes mémoires, une fois de plus ! Serge et moi, on aurait pu en raconter, aussi, tiens, vu qu’on tournait dans les mêmes coins. Bon, on n’est pas venus nous chercher, et puis, on montait notre bizness, tu comprends bien qu’on allait pas la ramener !… Attends ! On sortait de la guerre ! C’était pas rien, ça avait marqué les gens. On pouvait le croire. Surtout ceux qui revenaient de chez Adolf, ou ceux qui s’étaient tapé quatre ans de colonies de vacances à Alger et ailleurs, sans compter ceux qu’avaient plus de trous que de cuir à leur ceinturon ! Eh bien, crois-moi ou pas, ça a marché ! Si, si ! Ça a marché ! Et même que les gens n’ont pas marché : ils ont couru ! Faut pas croire ! Bon, on lui quand même refilé une guirlande de plus. Non, pas de ruban. P’têt qu’il y en a eu un pour réfléchir. Une écharpe ! Elle a été élue. Pas députée, quand même. A une mairie. Un vrai parcours de sainte ! T’imagines ? D’un bordel à un autre, tiens, si j’étais mauvaise langue. Comment qu’on dit ? “Mythomane” ? Non ? D’autres auraient fini à Charenton…

Tout ça pour dire qu’à force, ça a dû quand même lui monter au citron, ou c’est parce qu’elle pouvait plus s’envoyer en l’air, la “Veuve qui clôt”. Elle pilotait plus… Elle avait peut-être vu la Sainte Vierge ? Ou senti le vent du boulet ? Est-ce qu’elle a réalisé que pour le coup, elle avait des heures de vol et qu’il fallait envisager l’avenir autrement ? Va savoir ce qui lui a pris… En tout cas, elle a comme qui dirait viré sa cuti. Et sa foutue loi est passée… D’abord Paris, puis le reste. Plus de Maisons ! Toutes les filles dehors ! Grande crise de moralité personnelle et nationale ! Ah si ! Faut pas croire ! L’heure était à ça ! Fallait redresser le Pays ! Et dans des cas comme ça, qui c’est qui trinque, hein ? Toujours les mêmes ! On venait d’en sortir, d’un “Redressement de la Nation”, mais faut croire que ça n’avait pas suffi ! Bref, les filles, pas les tapineuses, pas les salades, pas les michetonneuses qui racolaient rue Saint-Denis ou dans les troquets de Barbès, non, les autres : on les a mises dehors ! Elles y ont gagné quoi ? Rien de rien ! « C’est pas ce que je voulais ! » qu’elle a fini par pleurnicher sur le tard, la Marthe. Tu parles ! C’était dans sa nature, qu’on parle d’elle. Elle avait toujours vécu pour se faire voir. Faire des étincelles. Briller. Même morte. Faut pas croire !
N’empêche que, qu’elle l’ait voulu comme ça ou pas, le mal était fait. Tu comprends bien qu’elle a pas pondu ça toute seule. Les mères Cul-serré, les pères Lapudeur, et toutes les punaises de bénitier bichaient. Finis, les “lieux de perdition” et les “filles de mauvaise vie”. Bande d’hypocrites ! Tu vois, ça, ça s’appelle mettre la poussière sous le tapis. Presque ils auraient fait fermer les bistrots, dans la foulée, tiens ! Sauf que les troquets, c’était plus “respectable”, vu qu’ils y allaient, après la messe. Que veux-tu, le faux-col, ça passe mieux que la cravate de notaire…

Et puis, le One-two-two ou le Fourcy, ça rappelait trop de souvenirs – c’était surtout ça qui dérangeait, en fait. Des souvenirs noirs, gris ou vert pisseux, qu’en appelaient d’autres. Pourtant, faut avouer que les Frisés, avec leur sens de l’organisation, ils avaient plutôt amélioré le système. Ils avaient une sainte pétoche de la chaude-pisse et des autres saloperies, alors, les chandelles, au trou – zut, ça m’a échappé – mais pour les Maisons, banco ! Que veux-tu que la bande à Laval ait dit, derrière ? Amen, c’est tout. Et elle a donné un coup de main, pour « moraliser la profession ». Même si certains qu’étaient plus à ça près faisaient le grand écart. Tiens, prends les Dupanloup et compagnie… C’est qu’ils auraient presque interdit la profession aux Français, ceux-là ! Faut pas croire ! Aux Français ! Pas aux Françaises, aux gagneuses, hein ! Aux clients ! Pour la réserver à nos « hôtes ». Et à leurs copains, quand même, fallait pas exagérer ! C’est que ça faisait marcher le tourisme ! Dans certaines rues, y’avait la queue, mais c’était pas à cause des restrictions ! Tour Eiffel, Moulin Rouge, « Bedides Vrançaises » : le tiercé gagnant de l’époque… Bref, tout ça, c’étaient de mauvais souvenirs, faut pas croire !

Et puis, quand les Ricains sont arrivés, ça a vraiment dérapé. Avec les Fridolins, au moins, y’avait de la discipline. Là… Puisque les Françaises avaient toutes couché avec des Boches, pourquoi qu’ils se seraient gênés ? Passons. Et tout ça, à un moment, ça a fait tache ! Bref… Fallait faire disparaître les témoins de cette joyeuse période, quoi.

Alors, ouste, on a fermé ! Tout ! C’était trop voyant, les Maisons. On pouvait pas les laisser comme ça. Dommage. Certaines étaient sacrément chouettes ! Pas toutes, note, mais tu vends pas le foie gras dans des boîtes en carton ni du Dior dans la poussière et la naphtaline ! Et on y a gagné quoi, en fait ? Rien ! Ça continue ! Des hôtels miteux, des clandés… Y’a plus de maison d’abattage ? Oh oui, belle victoire ! Et les fourgons, sur les quais ? C’est quoi ? Les baraques de la Foire du Trône ? C’est pour Guignol et Gnafron ? Faut pas croire ! Le trottoir – et quand je dis le trottoir… – est-ce que c’est mieux, pour ces gamines de seize ans, qu’une Maison avec un toubib et une mère maquerelle qui tient ses filles et ses clients à l’œil ? Oui, je pourrais m’en fiche, j’étais pas concernée, mais c’est plus fort que moi. Tiens, regarde, ça y est, je démarre… Sois gentille, j’ai un sac, là, sur le buffet, puisque j’ai plus droit au porto… »

(Fin de l'épisode. Episode suivant lundi.)
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Hendryk



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MessagePosté le: Sam Juin 13, 2020 11:57    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Un don, sans pratique, c’est jamais que des mauvaises manières.

Elle avait la taill' faite au tour, les hanches pleines,
Et chassait l' mâle aux alentours de la Mad'leine...
A sa façon d' me dir' : "Mon rat, est-c'que j' te tente ?"
Je vis que j'avais affaire à une débutante...

L'avait l' don, c'est vrai, j'en conviens, l'avait l' génie,
Mais sans technique, un don n'est rien qu'un' sale manie...
Certes, on ne se fait pas putain comme on s' fait nonne.
C'est du moins c' qu'on prêche, en latin, à la Sorbonne...

_________________
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demolitiondan



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MessagePosté le: Sam Juin 13, 2020 12:16    Sujet du message: Répondre en citant

Elle nous l'a quand même bien dévergondé la petite journaliste, notre Erika. Et ca s'est mal passé pour le coup - courageux qu'Houps rappelle certaines réalités qu'on a mis sous le tapis avec la disparition des maisons closes et qui ont abouti à plus de violence.

Citation:
Et lui, il était pas Président du Conseil… Président du Conseil !


Président de la République même !

Citation:
Et c’était pas parce qu’elle était maquée avec “Beau Ficelle”, un pote à Carbone !


On les retrouve partout, mes marseillais ! Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing

C'est pas Marthe Richard qui trafiquait aussi des "certificats de résistances" (y a qu'en France qu'on voit des trucs pareils ... ) ?

Citation:
Sauf que les troquets, c’était plus “respectable”, vu qu’ils y allaient, après la messe.


Encore du Pierre Perret ?
Tiens tout de suite après la messe,
Chuis allé dans un pince fesse ...


Citation:
Et puis, quand les Ricains sont arrivés, ça a vraiment dérapé. Avec les Fridolins, au moins, y’avait de la discipline. Là… Puisque les Françaises avaient toutes couché avec des Boches, pourquoi qu’ils se seraient gênés ? Passons. Et tout ça, à un moment, ça a fait tache ! Bref… Fallait faire disparaître les témoins de cette joyeuse période, quoi.


Ca plus des vilains incidents avec des prostitués noires confrontés à des sudistes se croyant tout permis ...

Citation:
Certaines étaient sacrément chouettes !


On en parle du 122 avec son lit mécanique destiné à reproduire les effets d'une tempête sur un navire, avec bruits, jets d'eau ... et matelot pour se joindre à la fête ! Rolling Eyes
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houps



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MessagePosté le: Sam Juin 13, 2020 21:18    Sujet du message: Répondre en citant

Eh oui, Hendryk, Tonton Georges, que j'ai préféré paraphraser plutôt que pomper.

Par contre Dan, la référence à Perret, c'est à l'insu de mon plein gré. Et merci au passage pour le complément d'info sur le 122, j'ignorais cette "attraction",
je vois que nous avons affaire à un amateur éclairé !

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demolitiondan



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MessagePosté le: Sam Juin 13, 2020 21:20    Sujet du message: Répondre en citant

Oh si tu veut, je me rappelle qu'il y avait aussi une cabine de l'orient d'express et une salle de question moyen-âgeuse pour les gens un peu plus torturés ... Bon par contre, la croix, c'était avec des liens, pas avec des clous. Faut pas déco...er tout de même ! Y en a qui font le ménage après !

Pardon, je sais c'est glaugue. Mais historique. Ca fait partie du folklore.
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Archibald



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MessagePosté le: Sam Juin 13, 2020 21:27    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Et puis, le One-two-two ou le Fourcy, ça rappelait trop de souvenirs


"Je me rappelle en particulier d'une supposée grande cantatrice internationale, Héléna B. qui en fait de tournée internationale, faisait surtout celle des cabarets, au moins six dans une soirée, avant de finir à six heure du matin, au One-two-two justement, complètement bourrée et le nez dans la choucroute..."

Citation:
On en parle du 122 avec son lit mécanique destiné à reproduire les effets d'une tempête sur un navire, avec bruits, jets d'eau ... et matelot pour se joindre à la fête !


Et vu que les marins ont une légère propension à l'homosexualité, l'on peut se demander si les matelots en question marchaient à la voile ou la vapeur ? Il venait pour le monsieur client, ou pour la dame de petite vertu ?
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Juin 13, 2020 22:09    Sujet du message: Répondre en citant

Méfie toi, Archibald, tu t'avances sur un terrain miné !

Tu risque de t'attirer les foudres de marins hétérosexuels, qui eux-mêmes risqueraient de se faire attaquer pour homophobie… Etc.

Bref, Messieurs, on dit qu'Archibald n'a rien dit, OK ?

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Casus Frankie

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Imberator



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MessagePosté le: Dim Juin 14, 2020 04:03    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Méfie toi, Archibald, tu t'avances sur un terrain miné !

Tu risque de t'attirer les foudres de marins hétérosexuels, qui eux-mêmes risqueraient de se faire attaquer pour homophobie…

??? Les marins ne sont donc pas tous comme celui des Village People ???... Arrow Arrow Arrow
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Archibald



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MessagePosté le: Dim Juin 14, 2020 08:33    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Méfie toi, Archibald, tu t'avances sur un terrain miné !

Tu risque de t'attirer les foudres de marins hétérosexuels, qui eux-mêmes risqueraient de se faire attaquer pour homophobie… Etc.

Bref, Messieurs, on dit qu'Archibald n'a rien dit, OK ?


Sans compter que Sibeth Ndiaye and Marlene Shiappa vont me poursuivre avec des torches enflammées et des fourches... (non, pas de jeu de mots pourris avec leurs noms sinon Imberator va encore râler... )
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MessagePosté le: Dim Juin 14, 2020 08:36    Sujet du message: Répondre en citant

Archibald a écrit:
Sans compter que Sibeth Ndiaye and Marlene Shiappa vont me poursuivre avec des torches enflammées et des fourches... (non, pas de jeu de mots pourris avec leurs noms sinon Imberator va encore râler... )

Reconnait que bien souvent sur ce point tu vas au plus facile.Smile
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