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La Guerre en Maison (par HOUPS)
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demolitiondan



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MessagePosté le: Lun Fév 17, 2020 14:30    Sujet du message: Répondre en citant

Ce texte toujours savoureux éveille en moi quelques souvenirs de mes propres écrits récents ! La Maison, le Milieu ... Laughing
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Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Fév 18, 2020 12:01    Sujet du message: Répondre en citant

Bref, c’était plus vraiment ça.
Et à partir du moment où Marseille a été libérée, puis Avignon… Tu vois, au début, ils étaient sûrs d’eux, fringants, vainqueurs… ça se sentait… non, ça se voyait… partout. Ça paradait, ça jouait du menton, de la cravache, de la casquette, des gants et du fume-cigarette. Et pas que sur les Champs. Faut pas croire ! Là, ça a changé. Pas d’un seul coup, mais tout de suite, nous, on l’a senti. Ils étaient plus tout à fait les mêmes, les fiers guerriers. Je pourrais pas te dire à quoi ça se devinait, mais… Et chez les “autres”, ceux des “affaires” on va dire, si ça a été un poil plus long, ça a vite tourné vinaigre. Faut pas croire ! T’as ceux qui sont devenus encore plus méchants, si c’était possible, ceux qui se sont barrés quasiment tout de suite, et ceux qu’essayaient de prendre en marche le premier train qui passait, vu qu’ils venaient de louper les deux pullmans, là. Ceux-là, crois-moi, c’étaient les pires. Aussi francs du collier qu’une Brésilienne du Bois, les rois des coups plus tordus les uns que les autres. A ne plus faire confiance à personne, même pas à un miroir, et tout le monde le leur rendait bien. Mais ils étaient encore là. Et bien là.
Et dans le lot, t’avais aussi tous ceux qui retournaient leur veste. Tiens, ils y’en a même qu’auraient retourné leur pantalon, pour faire bonne mesure ! Faut pas croire ! Y’avait plus de savon, non, mais eux, c’était pure savonnette garantie. Et parfumée, j’te dis pas ! Pour le coup que c’était de l’eau de Cologne ! Et pour de bon, le client s’est vraiment raréfié. Autant au début, on aurait fait des heures sup’, que c’était pas le genre de la maison, question standing, autant, là… Un dîner par ci, une première par là… Un gradé de temps en temps, mais tu sentais bien qu’ils n’avaient plus la tête à ça… Oui, oui, des premières ! Parce que certains trucs tournaient encore, et que pour tout le monde, il fallait bien vivre… La force de l’habitude, hein, sans doute. Qu’est-ce tu crois ? Ceux-là, ils avaient des œillères, ou ils étaient bouchés à l’émeri, mais t’en avais encore qui péroraient, dans les salles des bistrots à la mode, dans les caves et dans les réceptions….
Tiens, tu vois, maintenant que j’y repense, ça me fait penser au Titanic. Tu sais, le bateau qu’a mis trop de glace dans son verre ? T’as bien dû voir le film, non ? Paraît que les Boches voulaient en tourner un, à l’époque… T’as vu çui avec l’Américaine, là ?… ‘Tends voir, ça va me revenir… Marylin ? Clara ? ou Barbara ? C’est ça ! Barbara ! Barbara Stanvique ! L’orchestre qui joue… ça m’a marquée. Tu sais, je t’ai déjà dit que moi, l’avion… Mais le Titanic, eh bien, ça m’aurait pas freinée. C’était y’a longtemps, ça. Regarde, le Normandie, il a jamais coulé, lui. J’aurais bien aimé faire une croisière, une fois. Faire un tour dessus. Ça s’est pas fait. Mais on a eu deux “cousines” qui sont allées à New-York, avec. Même que Claudia, c’était avant sa maladie, elle y est allée une deuxième fois. Et c’était pour la dernière traversée. Si t’avais vu ça … Presque j’aurais été jalouse d’elle. Ah, c’était pas les croisières de maintenant !… Tout ça pour dire quoi, au fait ?
Ah oui ! Oui. Je disais : Paris, vers la fin de la guerre, ça faisait un peu penser au Titanic : t’avais l’orchestre qui jouait, t’avais ceux qui se battaient pour une place dans les canots, et t’avais ceux qu’étaient coincés en troisième classe. Toujours les mêmes…. Ah oui, t’as raison : et l’équipage. L’était beau, l’équipage, tiens ! Sauf qu’on en parle là maintenant. Tu comprends ? A l’époque, si on continue la métaphore (pour parler bien) façon Titanic, tu cherchais plutôt le canot que le capitaine. Et tu te doutais bien que le capitaine, il allait pas te prendre dans le sien, de canot, sur ta bonne mine… Ni toi, ni un autre, d’ailleurs…
Tiens… A propos de bateau… Y’a encore quelques années de ça, on avait des “cousines” qui voyageaient beaucoup avec des types dans le pétrole. C’était la grande époque. Des Arabes, des Américains, des English… et des Français, bien sûr. Mais aussi des Nippons, des Allemands… On se croisait au Negresco, on se saluait chez Dior, on se retrouvait chez Rainier… Bref, on dirait maintenant qu’on travaillait « à l’International ». Ça doit plaire aux cocos, tiens, une expression comme ça… Nous, on faisait plutôt dans l’artisanal, en fait. Faut pas croire… On aurait pu embaucher plus, mais fallait pas qu’un beau cul, être dactylo et se tenir à table. J’ai toujours été exigeante, rapport au profil. Le fond et le fondement, ça doit coller, on va dire. Serge me le reprochait souvent, mais au final, il était bien obligé de reconnaître que j’avais raison. « Occupe-toi de tes carrosseries, que je lui disais, moi, je m’occupe des miennes. Et viens pas me dire que tu fais pas attention au moteur, aux amortisseurs et à la tenue de route ! » Non mais… Faut pas croire ! Et puis, des “cousines” qui parlaient deux langues et même trois, si pas couramment, au moins correctement, ça courait pas les rues, crois-moi. Bref, y’avait plus de clients que de “cousines”…
Ah oui, sûr ! Y’avait de la concurrence ! Le miel attire les guêpes ! Des “indépendantes”. Des qui l’étaient pas autant qu’elles le croyaient. De la starlette en mal de studio. De la fille de bonne famille à caser. Des “aventurières” – les pires. A te casser le boulot… Bref… Tout ça pour dire qu’un jour une “cousine” est revenue avec un journal et l’original de la photo : on baptisait un bateau. Tu sais ? La bouteille au bout de sa ficelle ? ‘Tends voir… Je dois avoir kékechose là-d’ssus… ça me prendra pas cinq minutes… Non, non, c’est dans mon fourbi, tu trouverais pas, même avec une carte… Merci… Faudrait vraiment que je mette une planche sous c’truc ! Va bientôt m’falloir un palan !… Oui, je pourrais les changer, mais… tu sais ce que c’est… Et puis l’autre, là, ça va le perturber. Et des neufs ? C’est juste bon à ce qu’il se fasse les griffes dessus !… Tu sais comment il est…
Tiens, regarde, ça y est, j’ai trouvé les photos. Mais pas le journal… Non, non, c’était pas elle la marraine ! Heureusement ! T’imagines, pour la discrétion ? Ni moi ! Mon Dieu ! Après ce qu’est arrivé… Et puis, c’est pas le même. Le même : çui-là, et çui du baptême. Mate la cérémonie. La Virginie, elle doit être dans le paquet, là derrière. L’autre, c’est ça.
Ah, le v’là en entier. Chouette photo, non ? Presque un tableau contemporain. Deux à-plats bleus, deux bandes rouge et noir, un poil de blanc… J’ai pas de nom d’artiste en tête, mais ça y ressemble… J’aurais bien aimé l’avoir en plus grand. Je l’ai gardée un temps accrochée dans le couloir… Demander à un peintre ? Tiens, oui… bon, j’ai pas eu l’idée… Et ça, c’est celle où on voit son nom. Tu comprends pourquoi Virginie s’est dépêchée de me la montrer ? Hein ? « Ça en jette ! » comme on dit maintenant. Sur le coup, voir ça, ça m’a fait un p’tit quelque chose, on va dire. C’est vrai… Je pense pas qu’ils l’aient fait exprès, quand même ! Bien sûr qu’on avait des relations, mais c’était juste comme ça. Un dîner par ci, une soirée par là… Et puis, pas avec tous ! A ce point, t’imagines ? Quand même ! Faut pas croire ! On va parler d’un concours de circonstances, comme vous dites dans les journaux. Et je veux pas savoir qui l’a gagné, le concours. Tu parles d’un hommage ! Un gros machin comme ça, comment qu’il aurait fallu que je le prenne, hein ? A part à la rigolade ? C’est le côté rigolade qu’avait séduit la Virginie. Faut pas croire !
Honnêtement… honnêtement, même en sachant que c’était le hasard, quand je regardais la photo… ça me faisait quand même quelque chose, et je me disais que peut-être… Hein, quand je te parlais de côté fleur bleue et nunuche… Chassez le naturel, il revient en canot… Sacré canot ! Doit faire dans les deux cents mètres, je crois… Bon… Heureusement, il y avait Serge… Faut pas croire ! Il était bien bas, déjà, mais il mâchait pas ses mots. La grosse tête, c’est pas bon pour ce bizness… Françoise ? Ça la faisait rigoler, aussi… Après, comme toutes les jeunesses, tu sais ce que c’est, ça doit pas être bien loin, pour toi, elle a trouvé que c’était moche. Et plus tard, elle m’a confié que c’était parce qu’elle aurait préféré un voilier. Pour aller dessus, évidemment. Bonne excuse. Tu parles ! Un voilier ! La faute à ses copines, qui devaient lui monter le bourrichon. Mieux que le canasson, la voile ! Sur le Léman, je dis pas. Mais là, c’était de la provoc’. L’âge ingrat, que ça s’appelle. Tu vois, tu leur trouves un pensionnat bien comme il faut, tu fais confiance à la Mère Supérieure, et tu finis par découvrir qu’on leur a pourri le ciboulot. Et tout ça, pour finir « conseillère en patrimoine » ! Encore heureux qu’elle ait pas tourné communiste ou bonne sœur, tiens !
Un support publicitaire ? De cette taille ? Et puis quoi encore ? Tu charries ! La publicité, on n’en a jamais eu besoin. C’est ça, notre pub : pas de bruit, pas de vagues… J’ai dit « c’est » ? T’es sûre ? Je mélange, c’est l’âge. Bon, on va pas y passer la nuit. Où on en était ? Bateau… Titanic… Paris… L’orchestre… Ah oui, l’orchestre… Tu sais, j’ai toujours fait en sorte qu’on se tienne loin du show-biz, comme on dit maintenant, les cousines et moi. Ça vient p’têt de cette époque. Note que j’ai connu des artistes, des vrais, acteurs, auteurs, peintres… Mais ça a toujours été des relations, hein, pas des clients. Jamais voulu que ce soit des clients… Difficile à expliquer. La bonne excuse, c’est de dire soit ils sont fauchés comme les blés, et on fait pas dans la philanthropie, faut pas croire, soit ils sont connus, et alors là, je te dis pas la faune qui tourne autour. Et surtout, les photographes. Pour ce qui est de la discrétion… Faut dire aussi qu’une fois qu’ils sont connus, pourquoi ils paieraient pour des trucs qu’ils peuvent avoir gratos, hein ? Faudrait être con en plein. Remarque, des cons, y’en a. La connerie, c’est pas incompatible avec le talent. Faut pas croire. Un con talentueux, c’est pas un oxymore, c’est un con. Et puis, y’en a tant, des oies mâtinées de pintades, qui leur tournent autour. Ça finit par te gâcher la sauce.
Tout ça, c’est pour te rappeler que pendant que d’un côté, t’en avais qui s’étripaient, Blancs, moins blancs, Jaunes, Noirs, Rouges, Marrons, Vert-de-Gris, et même des couleurs que le Stan’ aurait pas pu refaire, de l’autre t’avais ceux qui te tondaient ras la couenne et auraient écorché les poux pour avoir leur peau. Rajoute ceux qui savaient jamais s’ils allaient voir la fin du jour quand ils se levaient, ceux qui se la sautaient, ceux qu’on “disparaissait”, ceux qui t’espionnaient, ceux qui te roulaient dans la farine, ceux qui essayaient de faire quelque chose, ceux qui résistaient et ceux qui se sont dits Résistants… J’arrête là, mais la liste est pas finie… Et puis t’avais ceux qui étaient là, à faire « comme avant » ! Ah, ceux-là !… Bon, dans l’tas, t’as eu aussi des salauds et des héros, et des pauv’ types – ou filles, faut pas êt’ chien – paumés, comme partout ailleurs à c’t’époque. Faut pas croire !
Quand j’y repense, aujourd’hui, je me dis que c’était dingue, ce truc. On était en guerre. Je veux dire, c’était pas comme quand on te parlait de la guerre de Benito chez le Négus, ou du Pérou contre la Colombie, hein… Une sorte de match qui se passait chez les Zoulous ou sur la planète Mars, quoi. Ou de celle qu’était passée, qui devait être la der des der, qu’avait laissé plein d’artisanat sur douilles de 75 et de gueules cassées à foutre les jetons à leurs mômes. Non, là, c’était tous les jours ! Faut pas croire ! Tous les jours ! Et les aut’, là, qui faisaient « comme avant » ! Réception chez les Duchnoques, renvoi d’ascenseur chez les Delahaute et tout et tout. Tu savais pas si tu devais les admirer, les plaindre, ou les secouer pour les faire tomber de l’arbre.
Et je te parle pas des Cozetoujourjemintéresse. Ceux-là, c’étaient pas les pires. Loin de là. Apparemment. Mais pour trouver plus bizarre, il aurait fallu se lever tôt ! C’étaient de drôles de loustics ! Heureusement, z’étaient pas très nombreux. Tu les voyais, deux ou trois, pas plus, qui continuaient à prendre leur café à la même place, tous les jours, en terrasse par beau soleil, en salle, le reste du temps, que si “leur” chaise était déjà occupée, c’était l’esclandre, avant de pérorer devant toujours les mêmes allumés. Pour le café, t’avais plus qu’un truc infâme à la place – tu d’vrais essayer, un jour, juste pour voir, le mélange orge-glands torréfiés, j’ai encore la recette, j’te la passerai – je suis pas sûre qu’ils aient vu la différence. Par contre, je suis sûre que leur cafetière à eux, c’est pas possible, elle devait être sacrément fêlée ! Au moins. Mais quand même, de sacrés drôles de zozos !… qu’on retrouvés, kifkif les mêmes, après la guerre. Les mêmes. Ni collabos, ni Résistants… Même pas… même pas… même pas “passe-muraille”, tu vois ? Tu leur parlais de ça… C’était pas vieux, ça v’nait de se terminer… Tu les questionnais là-dessus… et t’avais une réponse… T’avais le choix entre te demander quelle question t’avais posée, ou te demander s’ils se foutaient pas de ta gueule. Mais non, pas du tout. Ces types-là, ils étaient ailleurs. Ou d’ailleurs. Grand bien leur fasse, hein. C’est sans doute pour ça que les Boches leur ont foutu la paix, et que Doriot les a pas expédiés dans ses « fermes modèles », comme pas mal d’artistes qu’étaient pas « judéo-bolchéviques », mais qui lui plaisaient pas quand même. Dieu sait ce qu’ils auraient fait aux chèvres et aux patates, tiens !
Oh dis donc ! T’as vu l’heure ? Tu devais pas me montrer ta tenue ? On continuera l’an prochain. T’as pensé à amener tes escarpins ? Et la pochette ? T’as pensé à la pochette, aussi ? Oui ? Tu progresses ! Faut pas croire… »

(Fin de l'épisode…)
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demolitiondan



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MessagePosté le: Mar Fév 18, 2020 12:34    Sujet du message: Répondre en citant

On parle de la Carlingue, on parle de Titanic ... fait plaisir ! Laughing

Citation:
Regarde, le Normandie, il a jamais coulé, lui.
Crying or Very sad Crying or Very sad

Je sais pas quel bateau on lance encore en France occupée à l'automne 43 Laughing

Citation:
Pérou contre la Colombie
Ah, bien qu'on en parle de celle-là !
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Fév 18, 2020 12:37    Sujet du message: Répondre en citant

Note amie parle de ses souvenirs, qui ne remontent pas tous à 1943.

Le lancement du bateau en question, en particulier, c'est bien plus tardif. J'ai mis un moment à piger de quel bateau il s'agissait, j'avoue !
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Casus Frankie

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houps



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MessagePosté le: Mar Fév 18, 2020 14:26    Sujet du message: Répondre en citant

Dan, les "cousines", ça démarre sans doute début 45.
Là, c'est plus tardif, le système est bien rodé... Very Happy
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FREGATON



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MessagePosté le: Mar Fév 18, 2020 17:02    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Note amie parle de ses souvenirs, qui ne remontent pas tous à 1943.

Le lancement du bateau en question, en particulier, c'est bien plus tardif. J'ai mis un moment à piger de quel bateau il s'agissait, j'avoue !


Je sèche... Alain a peut-être une idée?
Quoique si on parle du lancement raté, en 1973, d'un cargo polyvalent de la CGM chez Dubigeon à Nantes et portant effectivement un nom très "évocateur" pour ces dames Embarassed alors j'ai peu être une idée... Mais les couleurs décrites ne correspondent pas... Confused
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Fév 18, 2020 17:33    Sujet du message: Répondre en citant

Non, le lancement s'est très bien passé, c'est plus tard dans la carrière du navire…
Qui n'est pas un cargo polyvalent. Monovalent serait exact !

Deux question à poser : pourquoi la "cousine" était-elle à la cérémonie ? Parce qu'elle accompagnait un monsieur impliqué dans l'affaire.
Et pourquoi a-t-elle rapportée une photo à notre amie ? Parce que… elle devait forcément penser à elle !
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FREGATON



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MessagePosté le: Mar Fév 18, 2020 18:14    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Non, le lancement s'est très bien passé, c'est plus tard dans la carrière du navire…
Qui n'est pas un cargo polyvalent. Monovalent serait exact !

Deux question à poser : pourquoi la "cousine" était-elle à la cérémonie ? Parce qu'elle accompagnait un monsieur impliqué dans l'affaire.
Et pourquoi a-t-elle rapportée une photo à notre amie ? Parce que… elle devait forcément penser à elle !


Ok je l'ai: Lancement au japon en 1975, 184m de long, affrété plus tard par notre multinationale nationale, fin de carrière (tragique) en décembre 1999.
Cependant, au lancement, il s'appelait Shinseï-Maru, mais avec son dernier nom de baptême on comprend le pourquoi du comment.
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Etienne



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MessagePosté le: Mar Fév 18, 2020 18:25    Sujet du message: Répondre en citant

Eurêka, quoi... Laughing Laughing Laughing
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Fév 18, 2020 18:27    Sujet du message: Répondre en citant

FREGATON a écrit:
Ok je l'ai: Lancement au japon en 1975, 184m de long, affrété plus tard par notre multinationale nationale, fin de carrière (tragique) en décembre 1999.
Cependant, au lancement, il s'appelait Shinseï-Maru, mais avec son dernier nom de baptême on comprend le pourquoi du comment.


Ah ! Je vois. En fait, la Virginie, elle devait être au re-baptême, quand on a changé le nom Shinsei-Maru (bravo Fregaton, au fait !).
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MessagePosté le: Mar Fév 18, 2020 18:38    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:

Ah ! Je vois. En fait, la Virginie, elle devait être au re-baptême, quand on a changé le nom Shinsei-Maru (bravo Fregaton, au fait !).

Ceci dit le premier navire auquel je pensais était le Pointe Madame, tout un programme... Wink
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MessagePosté le: Mar Fév 18, 2020 18:53    Sujet du message: Répondre en citant

Bravo les mecs !
Un petit bémol :
Notez qu'Erika dit bien : ".. Et puis, c'est pas le même. Le même : çui-là (ie : sur la photo) et çui du baptême..."
Oui, faut suivre !
Razz
Embarassed Casus, une erreur ... oui, je sais ...
"Jamais voulu que ce soit (soient) des clients..."
Je m'autorise le rouge.
Et un oubli :

"... de sacrés drôles de zozos ! ... qu'on a retrouvés..."
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MessagePosté le: Mar Mar 24, 2020 15:07    Sujet du message: Répondre en citant

HOUPS nous offre un nouvel épisode d'Erika, pour nous désennuyer en ces temps confinés…


Erika réveillonne (fin)


« … Ah, te voilà ! T’es pas en retard, note, mais je t’attendais plus tôt. Une idée… Mais t’es toute belle ! Viens par là, que je t’admire. Pose ton manteau. Regarde-moi… Ah, bien le maquillage ! Bien ! Tourne-toi… Très bien, ma p’tite, très bien ! T’apprends vite ! Lydie passera nous prendre d’ici une petite heure…
Comment ? Combien on s’ra ? J’te l’ai pas dit ? Non ? T’es sûre ? Ça m’embête, ça… J’aurais dû… Bon… Oublier ça, quand même ! Alors… on devrait être dans les deux cents, je pense. Oh, ta tête ! Ta tête ! Ah, ça valait le coup d’œil ! Mais non, je plaisante ! Deux cents ! Et puis quoi ? On loue un stade ? Non, non, on reste dans l’intime. On sera quarante-deux. Pile poil. Très bon chiffre, quarante-deux. Enfin, aujourd’hui, c’est un très bon chiffre. Y paraît. C’est ce que m’ont dit les filles. Ça n’a pas toujours été le cas, hein. Faut pas croire !
Et quarante-deux triés sur le volet, fais-moi confiance. C’est pour ça que t’es là. Rien que des gens qui savent se tenir. Personne de debout sur les tables, et pas question de faire tourner les serviettes, passé onze heures… Quoique, des fois… Bref… Je t’ai expliqué avec qui tu s’ras ? Oui ? Ça va, ça. J’ai donc pas tout oublié… Alors, fais-moi plaisir, tu vas bien ouvrir tes oreilles, plus tard, tu me donneras ton avis sur elles… Mais non, c’est pas de l’espionnage ! Et pis, si j’avais le moindre reproche à leur faire, elles seraient pas là. Non. Je t’expliquerai tout en temps voulu. T’es pas en mission, non plus, faut pas croire ! D’ailleurs, si t’avais une mission, ce serait de t’amuser. C’est pas un enterrement ! Sauf de cette année. Moi, je tiendrai jusqu’à la bûche, vers les douze coups, mais après, au bercail ! Et avec Juanita dans le coin, t’inquiète, tout va bien se passer. P’têt trop bien. Et si y’avait que Juanita ! Par contre, faudra te débrouiller toute seule, hein, pour la suite. T’es grande.
Ah, dis donc, et le menu ? Je t’ai parlé du menu ? Oui ? J’y ai pensé ? Bon, bon… T’aimes tout ?… Sans te forcer ? Très bien… Juanita va finir par avoir raison, à toujours dire que je vais me tuer, à continuer de vouloir tout faire. Mais si j’avais pas ça, qu’est-ce que je ferais ? Heureusement que t’es là, pour me faire la causette !… Oui, je sais, je cause aussi pas mal. C’est pas ce que tu voulais, au début ?
Bon, pour causer, tu vas avoir de quoi faire ! Les jeunettes, là, elles sont pas muettes ! Tiens, tu tâcheras de deviner dans quoi elles travaillent, toutes les cinq. Sans leur demander de but en blanc, ça serait trop facile ! Je leur ai pas dit ce que t’étais, faut pas croire, pour faire jeu égal. Bon, on va pas s’envoyer un porto en attendant, non ? C’est pas que ça me déplairait pas, si j’avais ton âge… Mais le médecin… Et puis, faut savoir attendre, c’est pas un mal. Assieds-toi. Oh, fais pas attention, Monsieur boude. Il est pas bête, il a bien senti que c’était spécial, ce soir… Tiens, passe-moi le papier, là : c’est un truc que j’ai noté l’autre jour. Je me suis dit « si tu l’écris pas maintenant, tu vas oublier ». Ces temps-ci, j’ai le carafon comme du gruyère, on dirait. C’était à propos de la salle… Voyons voir… Quarante-deux ! Quarante-deux…
Je t’ai montré la photo du Premier de l’An ? Celle où on est « en l’état de Nature », comme je l’ai lu un jour dans je ne sais plus quel bouquin ? Oui ?… Quarante-deux… Ah, oui ! Pour le Réveillon de 41-42, je me souviens – tu vois, c’est ça que j’ai noté, là – on a eu du gigot d’agneau. A cause de Laval, il paraît. Oh, c’était pas par amour de son prochain, faut pas croire ! L’avait quelque chose derrière la tête, le Bougnat. On se la sautait déjà depuis un moment, mais comme tout semblait aller pour le mieux pour ses petits copains, il avait décidé de faire un geste. Alors, je peux le dire, moi, du gigot d’agneau, j’en ai eu. Pour ce qui est des Français de l’époque, ceux qu’étaient pas du côté du manche, je veux dire, pas sûr… Bien contents ceux qu’ont pu trouver des patates.
Donc ça nous fait deux repères : d’un côté, t’as 41 qui se termine, avec ses oies plumées prêtes à consommer – oh si, des oies, qu’est-ce tu crois ? – et de l’autre, t’as 42, et son mignon petit agneau bien doré, avec une pointe d’ail. Entre les deux… Tu sais, je crois qu’on peut dire que ça n’a pas été une si mauvaise année. Pour Suzy et moi, hein, faut pas croire ! C’est très égoïste, mais faut le reconnaître. Avec le recul… En 41, tout se mettait en place. Les Boches étaient quasiment sur un petit nuage : leur restait plus qu’à terminer le boulot. Et du côté Laval, Doriot et consort, on pleurait pas, et on tirait des plans sur l’avenir… Nous, la routine s’installait, ça ressemblait presque à une vie normale. Enfin, normale… si t’enlèves les uniformes, les bombardements, les pancartes. Et les restrictions, bien sûr. En 42, début 42, hein, faut pas croire ! Tout baignait, comme on dit… Pas pour tout le monde, oui, mais vu de not’ nombril…
Comment qu’on le prenait ? Qu’on prenait quoi ? Le coup du gigot ? Si y’avait eu que ça ! Tu veux que je te dise ? Honnêtement ? Honnêtement, on en profitait au maximum, tiens ! Bien sûr qu’il y avait les queues ! Même qu’on était dedans, nous aussi, et souvent. Suffisamment souvent pour que, quand y’avait à becqueter correctement, on laisse pas passer l’occasion ! Faut pas croire ! T’aurais voulu quoi ? Qu’on se serre la ceinture par solidarité ? Qu’on en mette dans notre sac à main pour les pauvres au coin de la rue ? L’aurait fallu un sacré sac ! Et si j’avais eu ma mère, ou une de mes sœurs, avec moi, est-ce que j’aurais essayé de leur grappiller un p’tit quelque chose ? Bon, pas cette fois-là, vu not’ tenue, mais une autre fois – y’en a eu, des autres fois – est-ce que j’aurais essayé de ramener du rab à la maison ?… Je sais pas. Peut-être. Peut-être bien… Mais, tu vois : « Peut-être ». Tu sais, y’a eu des familles où on se battait pour un quignon. C’est pas que c’était impossible, hein, note. Souvent, enfin, assez souvent – autant que possible, quoi – on est revenues avec des bricoles, qu’on se gardait pour le lendemain, ou plus tard. Faut pas croire ! Tu partais avec du pain, ou une pomme ou deux, un bout de frometon, une saucisse… Ça se faisait… Oh, on risquait pas grand-chose, voire rien, tant que c’était à ce niveau. Des fois, c’était tendu avec le personnel, fallait arriver à passer avant les loufiats, c’était… hum… délicat. Sauf quand il y avait vraiment du rab, évidemment. Là, on arrivait à s’arranger. Non, ce que tu risquais le plus si on te voyait – on, c’est-à-dire les gens « du monde », hein… c’était la honte, tu vois. Pas la honte de voler. Et puis, c’était pas voler, ça, juste de la récup’. Non, la honte d’avoir faim.
Le plus duraille, c’était les bouteilles. D’abord, ça tient plus de place, et ensuite, faut saisir l’occasion. Et là, pas te faire choper ! Ben, c’était pas du picrate, du bleu qui tache, hein, faut pas croire ! Un canapé, un bout de pain… mais une bouteille ! Ensuite, tu vas pas en chourer une quasiment vide. T’en ferais quoi ? Une collection ? Donc, ça limitait les occasions. Le bon moment, c’était quand ils étaient soûls comme des Polonais. Autant en embarquer en douce une pleine, ou quasi, le risque est le même, et une boutanche pas dépucelée, ça valait de l’or, crois-moi ! Tu pouvais graisser la patte à un flic, l’échanger contre du savon, du charbon, du tissu… Là, les larbins, y veillaient au grain, fallait manœuvrer fin. C’étaient les pires, de loin. Au début, si tu les laissais toucher, ça pouvait encore aller. Mais plus on avançait, plus ils préféraient les bouteilles à la main chaude. Et ça se comprend. Les autres, patrons et invités, c’est pas qu’ils s’en foutaient, mais ils faisaient moins gaffe. Après, le plus dur, lorsque tu l’avais embarquée, la fillette, c’était pas de la transporter, crois-moi, c’était de la garder. Ah ben oui ! Pas “Madame”, c’était pas trop son truc. Encore qu’un Pouilly… Non, plutôt le Mario. Lui, tiens, il nous guettait tout le temps. Faut pas croire ! De temps en temps, on était bien obligées de lui lâcher ce qu’on ramenait pour qu’il nous fiche la paix. Du pâté ou une tranche de rôti, passe encore. Mais un litron, à cet enfoiré ?!
Après ce que je viens de te raconter, va pas croire qu’on fauchait à droite et à gauche à tout va et qu’on trafiquait tant et plus. Non. Loin de là ! De temps en temps, mais vraiment de temps en temps, tu vois, on pouvait se ramener ce genre d’extra. Un peu de rab. Pas de quoi faire des folies ! Avec les “cadeaux”, ça nous faisait un petit plus bien à nous. Pour ça, la gratte, on faisait quand même un peu attention du côté de “Madame”, tu comprends, vu que ça nuisait au standing. Les “cadeaux”, elle nous les laissait : ça faisait partie du jeu. La récup’, fallait pas qu’elle tombe dessus. Elle avait beau se douter de ce qu’on faisait – on aurait été vraiment cruches de pas en profiter – ça la faisait tiquer, même si c’était pas à l’échelle de la Rue Lauriston, hein, faut pas croire ! Et puis un chou à la crème dans ton sac à main, ça risquait de donner un drôle de résultat. Imagine que t’aies eu besoin d’un mouchoir à un moment ! « Viens voir ici, t’as du rouge, là, que je te l’enlève… » Tu vois le tableau ?
Enfin, tout à l’heure, au moins, on aura pas ces états d’âme. On pourra avoir la tête à ce qu’on fera. A l’époque, c’était plus difficile : d’abord, tu te demandais comment ça allait tourner, et déjà, ça, ça te travaillait. Ensuite, t’essayais d’en profiter… Ce que je viens de te dire : on fait pas la gueule à un bon casse-croûte ! Rajoute que tu calculais comment te faire le petit plus que je viens de t’expliquer, et pour finir, fallait participer, le client devait en avoir pour son argent. Pas question de tirer une tronche de six pieds de long ! Bref, Noël, Réveillon, dîners de gala, oh oui, on en a fait ! Surtout cette année-là ! Avant, aussi, note, et bien moins l’année qu’a suivi.
Qu’est-ce que j’ai encore noté ? Rien d’autre ? Printemps 42… Printemps 42… J’ai pas retrouvé d’autres photos, ça m’aiderait… Printemps 42… Tu vois, ma mémoire me joue des tours… Y’a un truc qui m’est revenu… et pschitt… envolé. Et encore, j’ai noté ça ! Printemps 42… Bon… On va pas y passer la nuit, t’as raison, ça me reviendra bien ! Je vais plutôt te parler de ce soir… »
(…)
« Fais pas cette tête ! C’est juste l’autre gangster qu’est venu reluquer sous mes jupes, et ça m’a surprise ! Surveiller ma tension, qu’a dit le jeunot que t’as dû croiser dans l’escalier, sinon j’ai un sacré bleu, et rien d’autre. Ça, c’est rien. Un peu d’arnica, et comme je sors guère… Ben oui, je suis tombée ! Du bol que ce soit sur le tapis, et pas contre un meuble. Allez, c’est tout. Pas de quoi en faire un drame ! Le jeunot, là, y va prendre la suite de mon toubib attitré. Qu’est-ce tu veux, tout le monde vieillit, faut bien remplacer ceux qu’arrêtent… Encore heureux que t’aies pas croisé les infirmiers ! Paraît qu’il faut que j’aille à l’hosto, pour des examens, mais c’est pas urgent, vu que la caboche n’a rien. On va juste mettre ça au clair, qu’il a dit, le toubib au biberon… Non, non, reste ! Si tu me fatigues, je te le dirai, et puis, t’es plus intéressante qu’un bouquin ou la télé ! T’en as, des choses à me raconter, non ?… Surtout que t’es une fichue cachotière ! Tu m’en avais caché, des choses !
Tiens, pour commencer, aide-moi donc à me redresser… Je suis moulue ! Merci… Assieds-toi là. Si t’as soif, tu sais où ça se trouve. Moi, je suis à l’eau plate, regarde. Pas les biscottes, mais c’est tout comme ! Je te jure ! Alors ?… Au fait, « Bonne Année » hein ! Faut pas croire ! Et merci pour ta carte ! Courchevel, ma chère ! Tu vois, tu sais saisir les occasions au vol, quand tu veux ! C’est la vie, ça, ma p’tite ! Fais quand même attention à ton teint, hein … C’est bien beau, le bronzage, mais tu vois, faut pas forcer, et, surtout, éviter les marques… Si, si, t’as des marques ! Au col, là… tu vois… ça te fait un air de dessert italien, là… attends… tiramisu, tu vois ? C’est pas que ce soit une faute de goût, note, mais c’est… limite, on va dire. Bon, ça, c’est mon côté langue de vipère, fais pas attention. Si tu veux un beau bronzage, vaut mieux la mer que la montagne…
Ça y est ! Je me rappelle !… Prends le papier, là, derrière toi… Qu’est-ce que j’ai écrit ? J’ai pas écrit « Cannes », des fois ? Non ? « Iles » et « Mer, 42 » ? C’est tout comme ! Très bien, très bien… Mais pour une fois, on commence par toi… C’est ça, « Un interrogatoire ! » T’étais prévenue, non ? Alors, qu’est-ce que tu dis du quintette ? Sabine m’a dit qu’elle t’avait trouvée « coincée au début », elle. Mais c’est Sabine, hein. Un peu langue de fer et dent de diamant, si tu veux. Pas langue de pute, note. Serait pas là, sinon. Faut pas croire ! Dans l’ensemble, tu leur as fait bonne impression. Un bon point pour toi. Et pour la boîte, tu les as soufflées. Très bien, ça, très bien ! Tu vas me raconter… Oh si ! C’est pas de la curiosité, ma p’tite, c’est… de l’intérêt. Je t’écoute… »
(…)
« Bien, ma p’tite, bien ! A quinze jours de là, t’oublies pas grand-chose ! Tu t’es simplement gourée pour Anaïs. L’est pas hôtesse de l’air. L’est pilote. Oh, pas les gros machins, faut pas croire ! Hélico. Un bon boulot. Plein de perspectives… Oui, t’as raison, la dactylo, ça se fait plus. Ce qui me fait dire que, comme ça, l’ancienne championne de ski a retrouvé ses marques ? Oui, je sais, pas championne. “Graine de championne”, ça te va ? Pourquoi t’as arrêté, au fait ? Pas le niveau ? Ah !… Et la sécurité de l’emploi ? Un truc comme ça ? Ça se comprend. Et le fils Dumortier, lui, tiens, comment qu’il skie ?… Mieux qu’il ne danse ? Bon, je te demande pas pour le reste, hein, ça ne me regarde pas. Au fait, tu sais quoi de lui, maintenant ?… « Fils à papa » ? C’est rien de le dire ! Et papa craint par-dessus tout qu’une gourgandine mette le grappin dessus avant que le rejeton rentre dans le rang et prenne la bourgeoise qu’on lui aura dégottée. Oh non, la gourgandine, c’est pas toi ! Mais la maison Dumortier a déjà senti le vent du boulet. Faut pas croire ! Alors, puisqu’il faut bien que fiston s’amuse… Prends pas cet air, et laisse-moi finir ! Non, c’était pas un traquenard ! C’était prévu qu’il parte avec Lydie ou Sylvie. Il t’a embarquée toi, ça fait partie des… hem… des risques ou des règles du jeu. Crains rien, elles ne t’en veulent pas. Et rassieds-toi, j’ai pas fini !
Erika t’a invitée au Réveillon parce qu’elle t’a à la bonne ! Pas pour te piéger ! J’ai jamais été comme ça ! Mais, bon sang, secoue-toi ! Vois les choses en face ! T’as l’air de quoi, dans ton journal, avec l’autre qui cherche qu’une chose, faire une croix dans son carnet, pour t’oublier dans un coin ensuite ? Tu crois qu’il t’aurait payé même une place de ciné ? T’es toujours nunuche à ce point ? Ecoute-moi, j’te dis ! J’ai dû rassurer le Dumortier père, moi, pendant que Mademoiselle dévalait les pentes ! Et c’est bien à cause de ça que t’as eu ta semaine ! T’as pas pleuré ? Non ? Et tu ne t’es pas monté le bourrichon ? Non plus ? C’est-y que t’aurais fini par laisser Margot dans son coin ?… Un p’tit peu, hein, avoue !… Ah, quand même ! Tu me rassures ! Et ose me dire en face que tu regrettes !… Bien. Allez… On va p’têt finir par faire quelque chose de Bécassine ! Faut pas croire ! Je te jure, des fois, vous me facilitez pas le boulot ! »
(…)
« Oui, Juanita, je m’énerve, c’est pas bon pour ma tension… T’as vu ? Elle t’a fait les gros yeux !… Si, si, c’était à toi ! Tu vois, c’est pas qu’elle écoute aux portes, je tolèrerais pas, mais c’est une vraie mère poule. Bon, faut que je me calme, c’est vrai. Tu vas finir par avoir ma mort sur la conscience ! Pour ta peine, tu vas m’expliquer cette histoire de russe, là. Tu me l’avais bien caché aussi, ça !… Oui, pas important. C’est vrai, j’avais pas besoin de le savoir. Mais quand même !… Et… tu te débrouilles comment ?… Je veux dire… juste deux mots, ou bien… ? Avec ton grand-père ?… D’accord… Mais pourquoi t’as pas continué ? Dans ton boulot, ça t’aurait servi… Hmm, oui, bon, pour les chiens écrasés… Mais c’est quand même dommage…Quel gaspillage ! Remarque, c’est comme le vélo, ça s’oublie pas. Allez, on va parler d’autre chose.
Tu tiens toujours à écouter mes radotages ? Tant que je me souviens… Non, non, ça va, c’est pas comme si j’avais la grippe ! Tu veux un porto ? Tu sais où c’est… Toi, t’es lourd mon gros père ! Faut te bouger un peu, tu m’ankyloses, là… Tiens, Léa, prends-le avec toi, le tigre fait sa tête de mule. C’est bon ? Alors, repasse-moi mon papier… « Cannes… îles… mer… 42… » Oui…
Cannes, tu connais ? Non ? Ça fait un bail que je n’y suis pas retournée ! Là, on devait être fin mai, ou en juin… “Madame” m’avait trouvé un gentil monsieur qui fricotait d’un côté avec Darnand, et de l’autre avec les Boches. Quelque chose comme Lebeau, ou Leveau… Bref… Tu vois pas le rapport ? Bon, je vais tenter de faire court. Tu vois, Laval, ou Déat, ou Darnand, p’têt bien, tu chercheras, avait eu la riche idée de créer un truc à mi-chemin entre le camp de redressement et le camp de scouts, pour y coller les mômes entre dix et quatorze ans, par là, qu’étaient orphelins ou même, pour certains, dont le père était comme qui dirait en délicatesse avec eux. Un truc d’endoctrinement, tu vois, pour former de futurs « vrais Français ». Bien dans l’air du temps. Expérimental, et pas du tout officiel, d’après ce que j’en entendais. Donc, pour ça, il fallait de l’espace, et que ce soit loin de tout. La Creuse, la Corrèze, le Cantal… ces coins là, ça déplaisait pas au Bougnat, hein, faut pas croire, mais c’était pas assez isolé. Et là, mon Lebeauveau, il avait eu une chouette idée : les coller sur une des îles de Lérins. Il connaissait, il avait eu de la famille dans le coin. Sauf que les îles, là, elles étaient en face de Cannes… Elles sont toujours, hein ! et aussi en mer, et tout ça, c’était du ressort de nos bons amis d’outre-Rhin… Oh non, pas des Ritals ! Mon Dieu, non… Tu parles si le Leveau allait laisser passer l’occasion ! Hé ! Mais c’est que même pour des gars comme lui, la Province, c’était le bon endroit pour dégotter ce qui se trouvait de plus en plus difficilement à Pantruche ! Surtout que c’était pas lui qu’on allait contrôler au retour, tu parles ! Bref, il est parti tout content au soleil, pour discuter le bout de gras avec les autres, là, et il m’a embarquée aussi, pour faire bonne mesure.
On y est allés en train. Oh, y’avait pas que nous deux ! On devait être, je sais pas, une bonne dizaine, entre Fridolins et Français. Et deux ou trois dames de compagnie, comme moi, faut pas croire ! Même que j’y ai retrouvé Olga… enfin, Nadia, que j’avais pas revue depuis qu’on avait débarqué un beau matin toutes les trois à Paname, elle, Suzy et moi. Après, je ne sais pas ce qu’elle est devenue. On avait promis de se revoir, et puis… tu sais ce que c’est. Bref.
Alors, Cannes. A Cannes, ça s’est bien passé. Hôtel, bien sûr, et classe, t’imagines ! Soleil, restau, et, tiens-toi bien, tourisme ! On est même allés sur l’île, la grande ! Sainte-Marguerite ! C’est comme ça, d’ailleurs, qu’elle est devenue ce qu’elle est maintenant. Si, si ! Alors, ce jour-là, il faisait beau. Heureusement, comme ça, le bateau bougeait pas trop. On a vu les fours à boulets. Tu parles si ça m’intéressait ! Leveau faisait semblant. Le seul que ça passionnait, c’était un des officiers allemands. Un de la marine. Bref. On a vu aussi la prison du Masque-de-Fer. Là, Lebeau s’est réveillé. Bon, c’était quatre murs, hein. Faut pas croire ! Ç’aurait aussi bien pu être la chambre de Jeanne d’Arc ou le boudoir de Marie-Antoinette, moi qui pensais aller faire un tour en ville !… Ben, pour voir comment c’était. T’imagines, ce que j’avais fait comme tourisme, à l’époque ? Tours. Notre-Dame et la Tour Eiffel, bien évidemment, et deux-trois aller-retour dans la cambrousse normande. Alors…
Le camp ? Les Boches disaient ni oui, ni non. Comme souvent. Lebeau s’y voyait lui : les baraques à mômes ici, rien que des garçons, hein, tu l’avais compris, la « place d’armes » là, ça, c’était son truc, il n’avait que ce mot à la bouche. Et, bien sûr, la mer, pour le grand air vivifiant. Le sport, aussi. Puis un bâtiment en dur, pas en planches, c’était les gosses qu’il fallait dresser, pas les matons. Bien en face de Cannes. C’était idiot, moi, je l’aurais vu avec vue sur le grand large, mais p’têt qu’y zavaient peur que ça donne des idées aux ronds-de-cuir. Ou parce que ça regardait Alger, tiens. A l’époque, j’avais pas pensé à ça… Ah ! et un appontement refait, parce qu’on s’était fait peur en débarquant. Tu sais, le cuir des pompes et l’eau de mer, ça fait deux, et les pompes, à l’époque, même un gars comme lui y faisait gaffe. Tout ça, quoi… Les Frisés n’avaient pas levé un sourcil, faut pas croire ! Mais lui, il aménageait déjà le coin. Savoir si c’était de la connerie en barre… Ben oui ! Est-ce qu’il y croyait vraiment ? Lui ? Certainement ! Les autres… Va savoir… Trente-six idées à la minute, mais après…
Moi, ce que je regardais surtout, c’était la flotte. Napoléon et Rostand, c’était pas trop mon truc. Rostand. La pièce ! Tu connais pas ? Oh, je ne l’ai pas vue, faut pas croire ! Lue, seulement. De là à dire que j’ai apprécié… C’est comme Françoise, qu’a étudié Les Fourberies de Scapin sans jamais voir une planche, même dans son pensionnat. Faut pas croire ! L’a bien fallu qu’on compense. Bon, je m’égare… On était au bord, dans les rochers. On voyait le fond, des machins, des herbes, quoi, qui bougeaient avec les vagues, des poissons, des crabes… et ces trucs noirs, pleins de piquants, qui ressemblent à une bestiole comme moi à la Sainte Vierge, les oursins. Pas besoin qu’on te dise d’y faire gaffe, rien qu’à les voir… Et y paraît que ça se mange !… Tu sais, faut pas croire ! J’avais appris à barboter, à Tours. Mais à Paris, la piscine, ça ne me disait rien de rien… Oh, oui, elles fonctionnaient ! Avec heures réservées, panneaux sympas, du genre « Interdit aux Juifs » ou bassins « Verboten », va t’en savoir pourquoi, hein… Attractif, je te dis pas ! Quant à la Seine… Disons que c’était pas pour nous non plus. Là, entre les rochers, y’avait un bout d’échelle qui tenait plus par habitude que par entretien. Ça permettait d’éviter les oursins. Alors, je me suis dessapée, et… à l’eau. Bon, un peu fraîche, quand même. Ben oui, à poil. Comment t’aurais voulu que je sois ? En culotte et soutif ? Pour les esquinter ? Si t’avais vu la tête des Français !… Les Boches ? Y’avait une sentinelle tous les vingt mètres. Mais tu sais, chez eux, le naturisme, ça faisait partie du paysage. Alors, oui, ils se sont rincé l’œil. Et gratos, faut pas croire ! Mais y’a pas un poil de casque qu’a bougé !
Et l’autre, le gars de la Marine, là, tu sais ce qu’il a fait ? Voilà ! Pas une phrase, y’en avait pas besoin, et hop, plongeon ! Il nageait sacrément mieux que moi, le bougre ! C’était pas compliqué ! J’ai pas osé faire la planche… Devine… ! Et tu sais quoi ? J’ai pris un coup de soleil ! Pourtant, je ne suis pas restée les miches à l’air si longtemps que ça ! Et où je me suis débrouillée de le choper, ce coup de soleil ?… Non, pas les épaules. Tu réfléchiras à une chanson de Trenet. C’est les jours d’après que ça n’a pas été drôle. Bon. Alors, du coup, va comprendre, le Leveau m’a fait la tête tout le reste du séjour, c’est-à-dire pas longtemps, vu qu’on est rentrés le lendemain. Heureusement ! Déjà que ça me cuisait. Depuis, j’ai toujours fait gaffe. Très bien, le bronzage, mais léger. Hâler, mais pas cramer. Et te fie pas de trop à leurs fichues crèmes solaires. Les dindes, on les beurre avant de les passer au four. C’est pour ça, ce que je t’ai dit tout à l’heure.
Bien sûr, Le Lebeau s’est dépêché de cafter à “Madame” ! Faut pas croire ! Mesquin, je te dis pas ! “Madame”, qui m’a demandé des explications entre quat’zyeux, tu penses bien ! Mais quoi ? J’y ai dit que dans mon idée, ça aurait permis de mettre de l’huile dans les rouages, tu vois. Mettre les Boches dans de bonnes dispositions. Bref, je me suis fait enguirlander, mais pas trop, finalement. En fait, sur le coup, tu penses bien que j’avais simplement eu envie de faire trempette. Pour une fois que c’était une envie facile à satisfaire ! Et donc, voilà comment je me suis retrouvée pour la première fois devant la Grande Bleue. Et même dedans.
Et pendant ce temps-là, ça s’étripait joyeusement. Tu parles si les Allemands étaient prêts à laisser la colonie de vacances à Leveau ou à Doriot s’installer, tiens !… Ben oui, ça a tourné en eau de boudin, c’t’ histoire ! Faut pas croire ! Je crois pas que ça ait donné autre chose que du bavardage et de la paperasse.
Avant de devenir ce que c’est aujourd’hui, il me semble que l’île a servi un temps de camp de prisonniers pour des Boches, mais pas longtemps, vers la fin, et puis ça a été revendu, vu que le NEF de Laval avait mis la patte dessus… Dans les années soixante, le proprio, un truc social, en avait fait un camp d’un autre genre, pour naturistes. Oh, des Français, mais surtout des Scandinaves… et des Boches. Tu vois, j’avais été en avance. Si ça tombe, dans le lot, y’en avait au moins un qu’était de service ce jour-là… On les avait mis là, parce que comme ça, là, ils choquaient personne, et pour ce qui était de venir mater les mémères à gants de toilette et les gamines à boutons de sonnette, tu pouvais te brosser ! Et c’était un chouette coin.
Aujourd’hui, ça a bien changé. Y’avait de grands pins, et surtout pas trop de moustiques, et Cannes à portée de main. Encore que Cannes, c’est pas terrible. Très provincial. Mortel, presque. Y s’y passe jamais rien. Je préfère cent fois la Riviera… L’Algérois est bien mieux, il paraît. Tu sais, à l’époque, le deux-pièces faisait scandale parce qu’on montrait not’ nombril, alors, montrer ce qu’y a en dessous, oh là là ! Remarque que c’est les mêmes pères Lapudeur qui payaient pour voir les gamines de la rue Saint-Denis et faire la bête à deux dos dans le dos de “Madame”, si j’ose dire. Faut pas croire ! Tout ça pour te dire que l’île, j’y suis jamais repassée, même depuis qu’ils ont fait leur truc haut de gamme, là. Mais pour ça, faudrait que tu voies Lydie. Elle y est déjà allée trois fois. »
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LaMineur



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MessagePosté le: Mar Mar 24, 2020 15:25    Sujet du message: Répondre en citant

C'est sûr, des histoires de maison close en plein confinement, ça va vachement nous changer les idées.... Rolling Eyes
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demolitiondan



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MessagePosté le: Mar Mar 24, 2020 17:18    Sujet du message: Répondre en citant

La bonne ambiance en 42... Comment vendu ! Elle nous dévergonderait pas un peu sa journaliste, l'Erika ?

Citation:
ça la faisait tiquer, même si c’était pas à l’échelle de la Rue Lauriston, hein, faut pas croire !


Merci Houps ... Vraiment, je suis touché ! Wink

Citation:
Un truc d’endoctrinement, tu vois, pour former de futurs « vrais Français ».


C'est vrai qu'on a jamais parlé des camps de Jeunesse !

Citation:
Quant à la Seine… Disons que c’était pas pour nous non plus.


Chirac sors du corps de cette pauvre dame (spectralement parlant).

Citation:
Les dindes, on les beurre avant de les passer au four. C’est pour ça, ce que je t’ai dit tout à l’heure


Bien dit !
_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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