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1940 - La France continue la guerre
 
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la Hollande aurait elle résisté a son invasion
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Chasseur Corse



Inscrit le: 04 Mar 2011
Messages: 586
Localisation: Résidence "Pierre Bogonano

MessagePosté le: Ven Juin 28, 2019 19:44    Sujet du message: la Hollande aurait elle résisté a son invasion Répondre en citant

je pense que oui car ce pays et constituée de terre gagnée sur la mer, et pour cela si j'aurait éte a la place du gouvernement, de la reine, de l'etat majors j'aurais donnée les ordres suivant:

1)évacuation de la population civil et du bétail par voie maritime(Angleterre)

2)destruction des digues et inondation des cultures et des fermes, destruction des moulins et écluses de régulation des eaux.

POUR L'ARMEE

1)rappel total des réservistes et des volontaires civils dans tous les services

2) les routes au dessus de la mer serait défendu par des troupes qui serait dotée de stock de munition important

3) l'aviation devrait attaquer massivement les transports allemands, les terrain et les villes ainsi que les lignes de chemins de fer évacuant des civil serait proteger par une importante DCA(possibilité de transformés des trains en trains DCA.

POUR LE GOUVERNEMENT et la REINE:

1)si la situation l'exige on fera une évacuation de la Famille Royale et du Gouvernement.

2)si des troupes se présente pour être évacuer on les évacuras égalemant

3) la flotte qu'elle soit civiles(les navires ne pouvant partir seront sabordée de manière a ne pas etre utilisée par l'ennemi, cet ordre et aussi valable pour les navires militaire en réparation) elle aurait pris la mer en direction de l'angleterre avec l'escorte de la royal navy.

quel est l'avis des membres
A prestou
Chasseur corse
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Archibald



Inscrit le: 04 Aoû 2007
Messages: 2909

MessagePosté le: Ven Juin 28, 2019 20:11    Sujet du message: Répondre en citant

QUELLE aviation ?

Les hollandais avaient en tout et pour tout
- deux douzaines de Fokker XXI, avec train fixe
- une demi-douzaine d'exemplaires d'un avion formidable, le Fokker G.1, une sorte de P-38 avant l'heure
- une poignée de bombardiers moyens Fokker T-V qui auraient pu faire des ravages, mais hélas bien trop peu nombreux
- une poignée de bombardier en piqué Douglas DB-8A... qui furent, par désespoir, utilisés comme chasseurs , faute justement de Fokker ci dessus, en nombre suffisant !
Je ne suis même pas sur que les Hollandais est obtenus une seule victoire aérienne. Les Belges un peu mieux armés en on eut 6 en tout.
Par contre ils ont réussi un carnage sur les Ju-52s des parachutistes allemands, en envoyant 170 au tapis en hérissant une plaine avec plein d'obstacles, ce qui a provoqué un carambolage colossal à l'atterrissage. 170 avions abattus sans le moindre chasseur, en voilà une performance ! C'est carrément la moitié du total remporté par notre Armée de l'air à nous, dans les 300 victoires (et non, les 1000, c'est gros mythe, les allemands ont perdus en réalité 850 avions, BRITANNIQUES compris...)

En fait les Pays-Bas n'ont pas su exploiter le potentiel de Fokker, pourtant passé à eux en 1919 depuis l'Allemagne - un comble ! Si ils avaient produit en masse G.1, XXI et T-V, les Allemands auraient pu passer quelques sales moments.
_________________
"Au fond, comme chef de l'État, deux choses lui avaient manqué : qu'il fût un chef ; qu'il y eût un État" (De Gaulle à propos d'Albert Lebrun, 1944).
...
"La Meuse, ça ne m'intéresse pas" Gamelin à Corap, mars 1940.
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Imberator



Inscrit le: 20 Mai 2014
Messages: 2744
Localisation: Régions tribales au sud-ouest de Nîmes.

MessagePosté le: Ven Juin 28, 2019 21:08    Sujet du message: Répondre en citant

En l'état en 1940, les Néerlandais n'avaient pas de quoi opposer grand chose aux Allemands.

Et Chasseur ne te fais pas d'illusions, inonder de larges portions du pays n'aurait pas durablement ralentit les Allemands et leurs cargos planeurs (canots pneumatiques, invention toute récente). Durant leur avance à l'ouest aucune coupure "hydraulique" n'a durablement arrêté l'agresseur (notamment sur le canal Albert pourtant bien défendu).

Au pire l'envahisseur n'aurait eu qu'a étirer un mince rideau de troupes de second ordre, elles-mêmes protégées d'une improbable contre attaque néerlandaise précisément par ces terres inondées, isolant la "forteresse hollande" ce le temps d'en finir avec les belges, les Français et les Britanniques. Ensuite le sort du pays aurait de toute façon été scellé. Seule l'invasion de la France, le plan rouge, aurait sans doute été retardée de quelques jours, au plus de quelques semaines. Et encore avec la fin de Dunkerque, le gouvernement hollandais aurait pu se sentir abandonné et décider rapidement de cesser le combat.


Ce que je me demande c'est que ce serait-il passé si dès les premières années du régime hitlérien les Hollandais avaient pris conscience de la nécessité pour eux de se préparer à une invasion en comprenant que leur neutralité ne saurait les protéger des ambitions allemandes comme en 14 ?

Ils auraient pu alors se doter effectivement d'une aviation respectable en taille et en qualité, d'armes anti-chars et de DCA en quantité, multiplier les lignes d'arrêt et les obstacles propres à ralentir les forces mécanisées, et, ici effectivement accepter si besoin d’inonder de vastes portions du pays pour retenir l'adversaire.


Mais surtout ils auraient pu se préparer psychologiquement aux conséquences de la guerre moderne, y compris au côté traumatisant des bombardements aérien et à l'impossibilité à peu prêt certaine à court ou au mieux à moyen terme pour une petite nation telle que la leur de résister militairement à un agresseur de la taille de la Wehrmacht.

En conséquence un retrait progressif du gros des forces royales sur cette éventuelle forteresse hollande dont je parlais, puis et surtout au final une anticipation de l'évacuation du maximum de troupes vers la Grande Bretagne pour poursuivre le combat d'outre-mer aurait constitué une stratégie rationnelle et finalement productive.

En effet si seulement 7 ou 8 divisions néerlandaises avaient pu après Dunkerque être à leur tour extirtpées du réduit hollandais, cela aurait apporté un renfort bien venu pour la défense anglaise rendant une invasion allemande de la Grande Bretagne, déjà peu réaliste OTL, totalement impossible ici.


Toutefois il aurait incontestablement fallu que les Néerlandais fassent de longue date preuve de capacités de prospective frôlant l'art de la divination, et d'une détermination et d'une volonté combative difficiles à imaginer chez une nation en paix depuis un siècle et tellement attachée à sa neutralité.

Historiquement les Hollandais ne se sont finalement pas si mal comportés, même si on peut peut-être regretter qu'ils n'aient pas patienté quelques précieux jours supplémentaires avant de capituler. Mais, je l'admets volontiers, c'est facile à dire avec le recul, surtout si on se souvient du choc engendré par le bombardement de Rotterdam dans tout le pays.
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Anaxagore



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Messages: 7247

MessagePosté le: Ven Juin 28, 2019 23:18    Sujet du message: Répondre en citant

Les Hollandais ne s'étaient pas battu depuis un siècle.
leurs armées manquaient d'armes modernes.
Leurs soldats manquaient d’entraînement et surtout d'expérience.
Leurs politiciens manquaient d'expérience... politique.
La population n'était prête ni à la guerre, ni surtout à cette forme de guerre, et encore moins à l'occupation.

Il est possible de commencer une guerre dans de plus mauvaises conditions ? Ah, oui, la Hollande c'est une plaine et c'est pas très étendus. Pour arrêter l'ennemi il faut... un miracle. Confused
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GUY2LUZ



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MessagePosté le: Sam Juin 29, 2019 18:45    Sujet du message: Répondre en citant

Les propos d'Imberator et d'Anaxagore me paraissent très pertinents.

Politiquement, en tant que neutre, peut être que les Hollandais auraient pu envisager une coordination voire une alliance défensive entre neutre.
Et par exemple, avec la Belgique.
Dans ce cas, il y aurait sans doute eu moins d'interface/confiance France-Belgique qu'il n'y en eu OTL.

La France/Gamelin aurait alors peut être abandonné le plan Dyle car trop risquer sans coopération Belge et serait resté sur l'Escaut.
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Wardog1



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MessagePosté le: Sam Juin 29, 2019 19:25    Sujet du message: Répondre en citant

Pour les pays bas il me semble que seul la marine n'a pas subit de grosse coupes budgétaires, et il me semble que quand le conflit à éclaté contre les japonais que leurs sous marin on coulé plus de navire enemies dans les premiere semaines du conflit que la royale et l'us navy.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Sam Juin 29, 2019 20:36    Sujet du message: Répondre en citant

Je rappelle la chrono au 6 juin - dixit les allemands :

K. : « L’armée néerlandaise n’avait aucune valeur militaire. Il n’en est pas de même de l’armée belge ; le régime que nous lui appliquons témoigne de l’estime où nous la tenons. Toutefois, si en principe la décision est arrêtée, on peut s’attendre à des aménagements. »
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Hendryk



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MessagePosté le: Sam Juin 29, 2019 20:48    Sujet du message: Répondre en citant

Archibald a écrit:
En fait les Pays-Bas n'ont pas su exploiter le potentiel de Fokker, pourtant passé à eux en 1919 depuis l'Allemagne - un comble ! Si ils avaient produit en masse G.1, XXI et T-V, les Allemands auraient pu passer quelques sales moments.

En effet. Et l'une des nombreuses choses qui faisaient défaut aux Néerlandais, c'était un fabriquant de moteurs.
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Merlock



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Messages: 1090

MessagePosté le: Lun Juil 01, 2019 12:03    Sujet du message: Répondre en citant

Ah, les Pays-Bas jusqu’en 1940… tout un poème.

Comme vous, ici, je me suis beaucoup intéressé aux Pays-Bas pré-1940 et me suis étonné, d’une part de l’effondrement de leur armée en 5 jours (là où les Belges ont tenu 18 jours) et de la rapidité de l’invasion japonaise des Indes néerlandaises.

Pour arriver à deux désastres d’une telle ampleur à un an et demi d’intervalle, il a nécessairement fallu une accumulation de négligences, d’impréparation et de bévues d’une ampleur au moins égale, sinon supérieure, à ce qui a prévalu en France en 1919-1940.

La dernière guerre que les Pays-Bas avaient connue était guerre d’indépendance de la Belgique en 1830-1839 au terme de laquelle les Pays-Bas avaient contracté une énorme dette, le déficit national atteint son apogée et le pays n'avait aucune réserve financière.

Pire, l’économie, l’industrie et, d’une manière générale, la société néerlandaise étaient médiocres, archaïques et figées dans un conservatisme frileux (c’est d’ailleurs une des motifs évoqué par les Belges pour leur indépendance). Les Pays-Bas étaient un petit pays très isolé et n’avaient pratiquement aucun commerce structurel avec ses voisins. Le commerce international était plus ou moins limité à la Scandinavie et à l'Allemagne. Le commerce local était traditionnel, dans le cadre de la structure des échanges régionaux établie depuis des lustres. Dans l'est du pays, les frontières avec l'Allemagne étaient plus ou moins artificielles.

Aussi, à partir de 1840, tous les efforts néerlandais ont visé à moderniser un pays relativement pauvre pour le doter d’une agriculture et d'une industrie un minimum modernes et rattraper un retard conséquent par rapport au reste de l'Europe.

Aussi, lors de la première grande guerre européenne postnapoléonienne, à savoir la guerre de 1870-1871 entre la France et la Prusse, les Pays-Bas maintinrent une politique de stricte neutralité. Cette politique porta ses fruits et posa les bases de la politique étrangère des Pays-Bas jusqu’en 1940 en convainquant les Néerlandais (gouvernant et gouvernés) qu’il était possible de se tenir à l’écart des conflits européens par la diplomatie.

Par ailleurs, selon la position clausewitzienne, l’une des bases d’une guerre victorieuse est la nation faisant bloc derrière son armée. Or, la société néerlandaise était très fragmentée.

Au cours du 19ème siècle, l'église protestante a provoqué un certain nombre de réformes internes radicales. La très forte fragmentation de la société néerlandaise (jusqu'en 1945) reposait sur ces nouvelles réformes et sur les divisions qui en résultaient. Avant 1940, on comptait essentiellement trois églises fortes (mais également divisées): 1) l'Église catholique traditionnelle, qui "régnait" sur tout le sud de la Hollande, 2) l'Église protestante régulière (réformée), qui était la plus influente à l’ouest et au centre du pays et 3) l’église calviniste, très formaliste, ayant ses fidèles parmi les régions agricoles du pays et les provinces du nord et du nord-est, Betuwe et Zeeland - appelées la "ceinture biblique"). Les habitants des Pays-Bas étaient actifs au sein de leur propre communauté et de leur église, mais les interactions entre les Églises étaient très limitées. En outre, la classe supérieure, la classe moyenne (bourgeoisie), la classe ouvrière et la classe agricole. Les deux premières classes se sont isolées des classes inférieures. Afin de donner une idée de la sévérité des écarts sociaux, il faut savoir que, vers 1870, environ 30% des Néerlandais vivaient dans la misère et à la veille de la Première guerre mondiale la situation sociale ne s’était que marginalement améliorée. Pourtant, à cette date, les Pays-Bas étaient devenus un pays moderne et riche.

Comme le système parlementaire néerlandais était basé sur un stricte proportionnelle, les forces politiques des Pays-Bas étaient tout aussi fragmentées que la population, et l’art de gouverner tenait plus dans la capacité à dégager des compromis pour créer une coalition parlementaire qu’à avoir une vision grandiose du Destin de la Nation™…

En 1914, les Pays-Bas parvinrent à rester en dehors du conflit mondial. Ils durent néanmoins mobiliser près de 200.000 soldats, par crainte d'une invasion du sud par les Allemands (qui pourraient vouloir traverser la province de Limbourg pour atteindre le territoire belge) et en mars de 1916, le bruit court que la Grande Bretagne voudrait envahir le pays… Dès 1914, les Pays-Bas accueillent quelque 80 000 réfugiés Belges, aussi bien des civils que des militaires.

Économiquement, pendant les premiers jours de la guerre, la panique règne aux Pays-Bas. La bourse d’Amsterdam ferme immédiatement après la déclaration de guerre de l’Autriche-Hongrie à la Serbie. Un grand nombre d’épargnants retirent leurs capitaux et les cafés n’acceptent que les pièces, qui ont une valeur stable. L’argent ne circule plus. La banque nationale des Pays-Bas prend des mesures pour stabiliser l’économie: l’exportation de l’or est interdite et on frappe une monnaie obsidionale pour remplacer la monnaie d’argent entassée, le bon d’argent, le "zilverbons". La stabilité est surtout favorisée par le Trust néerlandais d’outre-mer, qui est fondé le 24 novembre 1914. Cette organisation privée gérée par des chefs d’entreprise, des banquiers et des armateurs conclut un marché avec les Anglais, qui s’efforcent de mettre à genoux les Allemands par la mise en œuvre d’un blocus. Désormais, les importateurs néerlandais donnent permission de laisser contrôler leurs navires et garantissent que les cargaisons ne sont destinées qu’aux Néerlandais. Le système fonctionne raisonnablement bien pendant les deux premières années de la guerre. Pour la plupart des Néerlandais, la guerre ne se fait sentir que par une hausse des prix des aliments. A partir de 1917 les sous-marins allemands et les mines britanniques font de plus en plus obstacle au commerce maritime et à la pêche. Sans les importations d’outre-mer, les Pays-Bas n’ont pas suffisamment de matières premières, ce qui entraîne une baisse de la production intérieure. La pénurie se développe et les prix montent. Il n’y a que peu de blé, tandis que les pommes de terre ont doublé de prix par rapport à l’année précédente, la viande est rare et le rationnement d’un grand nombre de denrées est mis en place. Dans les derniers mois de la guerre le rationnement s’étend à plus de cinquante produits (pétrole, oignons, bois, métal, savon et textile). Dans la dernière année de la guerre, la paralyse quasiment totale des exportations cause des risques de famine et d’émeutes et lorsque l’économie néerlandaise s’est retrouvée en déficit à la fin de la Première Guerre mondiale, le parti travailliste néerlandais lança une révolution sociale, impliquant également certaines parties de l’armée. Des unités loyales de l'armée ont dû être amenées pour réprimer les ouvriers révoltés. Les troubles sociaux amenèrent à conserver une grande partie de l'armée sous les armes bien après la capitulation de l'Allemagne en novembre 1918.

L’Entre-deux-guerres : L’idée de neutralité renforcée

En 1918, les Pays-Bas ont bien conscience d’avoir évité le pire. Malgré les difficultés dues à la guerre, il ressort sur le long terme que celle-ci a profité à l’économie néerlandaise. Sans concurrence étrangère, l’industrie et le commerce ont eu beau jeu sur le marché national et international. Les entreprises se trouvèrent contraintes de prendre des initiatives qui s’avérèrent lucratives. Ainsi la compagnie Philips va prendre en main le soufflage du verre pour les lampes à filament de carbone. Comme on n’importe presque plus de charbon allemand, les mines néerlandaises connaissent un fort développement. L’industrie d’armement se développe. La guerre donne un essor à l’aviation. A la fin de la guerre, il s’avère que les "profiteurs de la guerre" sont devenus très riches, et certainement par rapport au peuple, qui est affligé par la pénurie et parfois même par la famine. Après la guerre, il y a trois fois plus de millionnaires aux Pays-Bas qu’avant.

Plus problématique fut lorsque la Belgique (en tant que membre des Entente lors de la Première Guerre mondiale) tenta d’ajouter au traité de Versailles une clause lui permettant de s’adjuger certaines parties du territoire néerlandais par des "corrections à la frontière" afin de rendre le pays plus défendable à l'avenir (la partie méridionale de la province néerlandaise de Limburg –chef-lieu : Maastricht) et de dégager l’accès à Anvers (la partie méridionale de la province de Zélande sur la rive sud de l'Escaut).
La Belgique a également tenté d’obtenir une révision radicale de certaines clauses du traité belgo-néerlandais de 1839, notamment en ce qui concerne la navigation sur l’Escaut. In fine, ces tentatives restèrent sans suite en raison d’une réaction diplomatique néerlandaise énergique et l’absence de soutien de la part des Alliés de l’Entente. Cet incident a contribué à plomber les relations belgo-néerlandaises pour tout l’entre-deux-guerres.

Le vrai problème était, pourrait-on dire, d’ordre mental. Les dirigeants néerlandais n’avaient tout simplement pas compris que le monde avait changé de siècle en 1914. Il y avait une particularité de la politique intérieure néerlandaise: la division nette du paysage politique en factions («zuilen», expression néerlandaise intraduisible). Ce factionnalisme a débuté à la fin du 19ème siècle et a atteint son apogée dans l'entre-deux-guerres et les quinze années suivantes. En réalité, il existait quatre entités néerlandaises différentes: une entité protestante, une entité romaine-catholique, une entité libérale et une entité social-démocrate. Chaque faction avait au moins un parti politique champion, mais chaque faction avait aussi ses propres écoles, journaux, société de radiodiffusion, clubs de scouts et organisations de jeunesse, mais aussi des clubs de loisirs, des clubs de sport et associations. Aucune de ces factions n’avait de majorité dans la population et, par défaut, de majorité des sièges au Parlement.

Gouverner signifiait former des coalitions, qui pouvaient facilement tomber pour cause de dissensions internes. En conséquence, les cabinets des coalitions devaient trouver des compromis sur les grands problèmes. Une alliance avec une grande puissance étrangère (l'Allemagne et le Royaume-Uni étaient les deux candidats entre 1900 et 1914) créerait par conséquent une rupture dans toute coalition, en raison de différences de loyauté. La faction libérale était considérée comme pro-anglaise, les protestants étaient pro-allemands (surtout après la guerre des Boers) et les catholiques et socialistes étaient désespérément divisés. De plus, les sociaux-démocrates étaient fortement antimilitaristes et soutenaient entre 1919 et 1930 une trentaine d’organisations antimilitaristes. L'armée était pro-allemande, la marine était fortement pro-britannique. Ainsi, la neutralité était le moyen le plus facile de sortir de ce dilemme politique, satisfaisant tout le monde...

C'est également en Hollande que fut développée la théorie politique unique de la "défense éthique": la conviction plutôt naïve selon laquelle un pays qui mène ses affaires de manière exemplaire ne susciterait pas l'envie, mais le respect des autres nations, donc esquiverait tout risque de confrontation militaire.

Ce concept fut étendu à la riche colonie des Indes néerlandaises. Dans cette vision, les Pays-Bas possédaient la force morale nécessaire pour développer les Indes orientales en une colonie modèle. Cette "politique éthique", à l'instar d’une Posture de retrait politique étrangère, obtint un soutien très large dans le paysage politique néerlandais fragmenté, allant de la droite protestante à la gauche social-démocrate, et devint un dogme - une vérité éternelle qui n'a pas besoin d'être discuté. La Posture de retrait était simplement un paradigme, qui était tenu pour acquis.

La politique étrangère néerlandaise mettait l’accent sur le droit international. La fondation de la Cour internationale d'arbitrage à La Haye en 1907, qui fut reprise par la Société des Nations en tant que Cour permanente de justice internationale en 1921 en est l’illustration. Devenir diplomate au sein des Affaires étrangères néerlandaises, il fallait de préférence avoir une origine noble et au moins un diplôme en droit. L’opinion publique néerlandaise et les divers gouvernements était largement convaincus que le droit international et la Société des Nations mettraient fin à tous les conflits internationaux.

Pourtant, les militaires néerlandais bien étaient conscients qu’ils l’avaient échappée belle lors de la Première Guerre mondiale. Le plan d’origine de Von Schlieffen (qui incluait que la France devait être attaquée en passant par les Pays-Bas/Limbourg) avait en effet été révélé lorsque les mémoires posthumes de Von Moltke furent publiées après la guerre. En 1923, deux articles parurent dans des magazines militaires néerlandais sur l’importance stratégique du Limbourg, rédigés sous le pseudonyme de major Ronduit (major Blunt). Son vrai nom était Jan Joseph Godfried van Voorst tot Voorst. En 1940, il commandait l’armée de campagne néerlandaise (veldleger).

Les divers gouvernements qui se succédèrent n’en tinrent pas compte, et invoquèrent systématiquement des raisons budgétaires pour refuser tout renforcement de l’armée et de la marine. Cet argument était spécieux : les Pays-Bas étaient un pays riche qui aurait pu financer une défense solide comme on le vit à partir de 1937 quand les Pays-Bas se décidèrent, enfin, à débloquer des fonds conséquents pour réarmer le pays. Malheureusement pour les Néerlandais, l’effort de modernisation de leurs forces armées fut un échec. Il est assez intéressant de souligner que cet échec ne fut pas dû à un manque de financement. Entre 1937 et 1940, la défense néerlandaise sous-utilisait ses fonds car les Pays-Bas ne possédaient presque pas d’industrie de guerre, et la demande sur marché international des armes était saturée par le mouvement général de réarmement. S’y ajoutèrent les lenteurs bureaucratiques et des choix techniques et industriels parfois malheureux (commande de 120 canons à la société allemande Krupp qui furent payés, mais jamais livrés pour cause d'invasion de 1940)…

Voilà, en très, très gros, la situation des Pays-Bas juste avant 1940. Je vous avoue que j’ai longuement cherché un point de divergence (POD) possible pour justifier un changement dans la politique de défense des Pays-Bas. Je n’ai pas trouvé. La classe politique néerlandaise évoque un troupeau de lemmings qui avancent droit devant eux vers la falaise avec la certitude que tout ira bien tant qu’ils restent groupés et polis avec tout le monde…
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Anaxagore



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MessagePosté le: Lun Juil 01, 2019 12:56    Sujet du message: Répondre en citant

Merci pour cette - terrifiante- explication !
Terrifiante ? Oui, moi je suis terrifié par ces gens bien pensants qui continuent toujours dans la même direction sans chercher à comprendre les changements du monde autour d'eux.
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houps



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MessagePosté le: Lun Juil 01, 2019 14:47    Sujet du message: Répondre en citant

Merci Merlock !
Les Bisounours sont néerlandais ?
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Merlock



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MessagePosté le: Lun Juil 01, 2019 16:41    Sujet du message: Répondre en citant

houps a écrit:
Merci Merlock !


De rien!

Si le sujet vous intéresse, voyez ce site (en anglais):
http://www.waroverholland.nl/

Incontournable.

houps a écrit:
Les Bisounours sont néerlandais ?


C'est plus compliqué que ça. J'y reviendrai.
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solarien



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MessagePosté le: Lun Juil 01, 2019 17:52    Sujet du message: Répondre en citant

C'est dommage car si il avait moderniser leur armées dans les années 20-30, certains pays aurait pus profiter de cette manne, au combien précieuse .
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Anaxagore



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MessagePosté le: Lun Juil 01, 2019 18:11    Sujet du message: Répondre en citant

Solarien, avec des "si" on met Paris en bouteille.
Après - littéralement- des dizaines de milliers d'heures de jeu de stratégie (papier, ordinateur) j'ai compris une chose. Si personne ne se comportait jamais de manière stupide, il n'y aurait jamais de guerre.
Parce que, le premier qui agit bêtement devient vulnérable, il est attaqué.

Les Pays-Bas se sont enfermés dans un système qui s'auto-justifiait. Ils n'avaient pas besoin d'armée parce qu'ils étaient neutres. Parce qu'ils étaient neutres, ils n'avaient pas besoin d'armée. Les gens sont très forts pour s'enfermer dans un système et ne plus en sortir.

Cette après-midi, je discutais du bâtiment en France et la multitude de pratiques illégales, dépassées qui font que l'on construit des immeubles 20 à 30% plus cher qu'en Allemagne, peu écologique et mal isolés qui tombent en ruine au bout de dix ans. La raison est identique. Le pays s'est laissé enfermer dans un système et les hommes politiques ressemblent aux trois petits singes : celui qui ne voit rien, celui qui n'entends rien, celui qui ne dit rien : parce qu'ils ne veulent pas sortir de leur zone de confort.

J'aurais pu prendre des dizaines d'exemples sur des choses plus ou moins graves sur toute la planète, mais la raison principale c'est... la flemme. Je ne parle pas seulement de la paresse physique, mais aussi de cette pesanteur mentale qui empêche de trouver une sortie par le haut à un problème.

La dernière raison, c'est qu'un système ne s’installe pas sans raison, et s'il perdure, c'est que des gens en tirent profit. Soit un profit matériel soit un profit politique.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Lun Juil 01, 2019 18:35    Sujet du message: Répondre en citant

Sur ce point précis, je ne répondrais que pour dire que c'est un long et vaste sujet ...
_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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