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saharage - waterloo des étoiles & prisonniers allemands
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Archibald



Inscrit le: 04 Aoû 2007
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MessagePosté le: Mer Mai 22, 2019 10:53    Sujet du message: saharage - waterloo des étoiles & prisonniers allemands Répondre en citant

J'ai besoin d'information sur les endroits ou sont parqués

a) les vieux shnocks responsables de la défaite de 1940 - Georges et Gamelin, essentiellement, puisque les autres sont morts (Weygand, Huntziger, Pétain) ou ont déjà fait l'objet de coloriages (Corap je crois, resté en métropole et oublié)

b) les prisonniers allemands comme Werner Molders

Pourrait on imaginer, pour les humilier, de confier à nos vieux généraux décatis de 1940, la garde des prisonniers allemands quelques part dans un trou perdu du Maroc ? A part Georges et Gamelin, qui serait disponible ?
(c'est risqué quand même, avec des tels imbéciles aux commandes, la grande évasion n'en est pas vraiment une)

Il y en avait 24 - il me faudrait la liste complète et leur destin FTL
https://croixdeguerre-valeurmilitaire.fr/2014/05/08/les-generaux-francais-de-1940/
Je vais faire des recherches de mon coté. Je pense que l'ouvrage ci-dessus vaut son pesant de cacahouètes et mérite une version FTL - le destin de ces 24 en FTL, disons.
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"Au fond, comme chef de l'État, deux choses lui avaient manqué : qu'il fût un chef ; qu'il y eût un État" (De Gaulle à propos d'Albert Lebrun, 1944).
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"La Meuse, ça ne m'intéresse pas" Gamelin à Corap, mars 1940.
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Anaxagore



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MessagePosté le: Mer Mai 22, 2019 11:12    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai déjà proposé d'envoyer Gamelin au Tchad sous le titre ronflant de : " Commandant en chef des patrouilles lacustres et fluviales au Tchad (AEF)"

Avec pour tout moyen, six pirogues et leurs pagayeurs armés de fusils chassepot modèle 1866 et un bureau d'une pièce dans un Taudis de fort Lamy. Voilà exactement la "promotion" qui convient à ce "grand" général.
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Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
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Archibald



Inscrit le: 04 Aoû 2007
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MessagePosté le: Mer Mai 22, 2019 11:13    Sujet du message: Répondre en citant

Pour l'instant j'ai la liste suivante
Gamelin, Giraud, Huntziger, Weygand, Bourret, Freydenberg, Garchery, Besson, Doumenc, Héring Olry, Frère*2, Prioux, Corap, Huntziger, Billotte, Prételat, Altmayer*2, Flavigny, Blanchard, Germain, Keller, Prételat, Condé, Réquin, Bourret, Touchon, Garchery.

Pas tous des vieilles ganaches non plus, certains ont fait leur devoir, d'autres comme Frère ont résisté et perdu la vie.
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Archibald



Inscrit le: 04 Aoû 2007
Messages: 2997

MessagePosté le: Mer Mai 22, 2019 11:17    Sujet du message: Répondre en citant

Anaxagore: j'ai explosé de rire. Mais il est vrai que un des aspects les plus étonnant de la présente FTL, est que l'on a réglé leur compte à Weygand, Pétain, Huntziger et quelques autres, mais Alphonse Georges et Maurice Gamelin, eux, sont restés en rade. Il faut vraiment leur trouver un destin à la mesure de leur incompétence !
Ont ils été seulement évacués ? non parce que vu que Corap est resté sur le quai, lui... Laughing

Je pense aussi à Henri Vuillemin, le "boss" de l'aviation en 1940, qui n'avait de "boss" que le titre.

Comme disait de Gaulle à propos de Albert Lebrun en 1946
"Chef de l'Etat, lui ? peut être, en tout cas il ne lui manqua que deux choses a) un état et b) qu'il fut chef". Impitoyable mais tellement vrai.

Imaginez, la punition pour les prisonniers allemands: en plus d'un camp pourri au fin fond du Sahara, ils doivent en plus supporter les bruyants radotages de leur gardiens - rien moins que les généraux français qu'ils croyaient avoir vaincus.
Quelle ironie mordante !!! et quelque déchéance pour une jeunot arrogant comme Molders... Shocked
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Anaxagore



Inscrit le: 02 Aoû 2010
Messages: 7273

MessagePosté le: Mer Mai 22, 2019 11:23    Sujet du message: Répondre en citant

Archibald a écrit:
Anaxagore: j'ai explosé de rire. Mais il est vrai que un des aspects les plus étonnant de la présente FTL, est que l'on a réglé leur compte à Weygand, Pétain, Huntziger et quelques autres, mais Alphonse Georges et Maurice Gamelin, eux, sont restés en rade. Il faut vraiment leur trouver un destin à la mesure de leur incompétence !
Ont ils été seulement évacués ? non parce que vu que Corap est resté sur le quai, lui... Laughing

Imaginez, la punition pour les prisonniers allemands: en plus d'un camp pourri au fin fond du Sahara, ils doivent en plus supporter les bruyants radotages de leur gardiens - rien moins que les généraux français qu'ils croyaient avoir vaincus Quelle ironie mordante !!! et quelque déchéance pour une jeunot arrogant comme Molders... Shocked


merci, merci, je suis sûr que je peux trouver un poste adéquat pour chacun de nos oiseaux. Mais effectivement, on devrait en envoyer un ou deux d'entre eux garder des camps de prisonniers... je vois bien une pompeuse vielle ganache en chef de camp... une sorte de version française de Wilhem Klink (le chef de camp de la série "papa Schultz)...
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Jubilé



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Messages: 706

MessagePosté le: Mer Mai 22, 2019 11:32    Sujet du message: Répondre en citant

Pour Georges, la notion d'incompétence est très discutée. Au pire, on lui reproche de ne pas avoir été plus désobéissant aux ordres de Gamelin.
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demolitiondan



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Messages: 2162
Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris

MessagePosté le: Mer Mai 22, 2019 11:37    Sujet du message: Répondre en citant

Il est précisé dans la chrono que Gamelin a été évacué au 11 juin :

Citation:
Paris, 06h30 – Un capitaine de l’état-major du général Héring tambourine à la porte de
l’appartement privé du général Gamelin, avenue Foch. De son bras unique (il est manchot), il
remet à l’ex généralissime, encore en robe de chambre, une lettre du ministère qui l’informe
de la décision du gouvernement de l’expédier sur le champ en Afrique du Nord par avion.
L’appareil, un Dewoitine 338 qu’escorteront trois Morane jusqu’à Marseille, doit décoller
d’Orly à 10 heures au plus tard. Au plus haut niveau de l’Etat, il a été jugé impossible de
prendre le risque que l’ancien commandant en chef soit capturé par les Allemands – et le voici
inclus dans un Déménagement pas encore avoué.

11 CIGS : Chief of Imperial General Staff, Sir John Dill.
– Mon général, insiste le capitaine (dont la vareuse s’orne de la barrette de la Croix de Guerre
avec deux palmes), il faut que vos bagages et ceux de madame Gamelin, aussi légers que
possible bien sûr, soient prêts à 9 heures. Je passerai vous prendre. Mes respects, mon
général. Le capitaine salue, main gauche au képi.
Au même moment, un sous-lieutenant accomplit une mission analogue auprès du
commandant Petibon, ancien chef de cabinet de Gamelin.
Citation:

_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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egdltp



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Messages: 336
Localisation: Cher

MessagePosté le: Mer Mai 22, 2019 11:38    Sujet du message: Répondre en citant

Archibald, as tu essayer la recherche dans les .pdf ? C'est l'espace dénommé "recherche" dans la colonne de gauche du site. En sortie tu as la liste des fichiers où le mot est présent et le nombre d'occurrences. Tu n'as plus qu'à ouvrir le fichier et un coup de Ctrl+f et tu trouves le texte...
Exemple : Garchery
1 citation dans Janvier 41 3- Politique :
Citation:
4 janvier : [...]Au sommet de la hiérarchie, les généraux d’armée Touchon, Corap, Blanchard, Gamelin, Prételat, Garchery et Colson ont rapidement été rayés des cadres en application du nouveau règlement sur l’âge de la retraite ; Georges s’est retrouvé placardisé avec les honneurs en tant que Gouverneur Militaire de la Tripolitaine occupée, tandis que Réquin était éloigné à Londres en tant que représentant auprès de l’Imperial General Staff ; Catroux a été maintenu (pour l’instant) comme Gouverneur Général de l’Indochine et Bührer comme chef d’état-major des colonies. En revanche, Doumenc, Huntziger, Héring, Besson, Noguès, Olry et les récents promus Altmayer, Frère et Blanc ont été appelés à de hautes fonctions.
Il ne restait plus que Mittelhauser sans affectation. Son cas était le plus épineux : De Gaulle tenait à l’écarter en raison de son âge (plus de 67 ans) pour faire de la place à des généraux plus jeunes. Mais il restait le vainqueur de Cordite et le libérateur du Dodécanèse, et lors des
journées de juin, où tout avait failli basculer, son télégramme, avec d’autres, avait aidé Reynaud à trouver le courage de tenir bon. Sa désignation au poste prestigieux de Résident général du Maroc est finalement une solution élégante à cette situation délicate [...]


Dernière édition par egdltp le Mer Mai 22, 2019 11:40; édité 1 fois
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Anaxagore



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MessagePosté le: Mer Mai 22, 2019 11:39    Sujet du message: Répondre en citant

Je suis d'accord avec Jubilé, ni Georges, ni d'ailleurs Huntziger ne méritent d'être dans cette liste.
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Archibald



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MessagePosté le: Mer Mai 22, 2019 11:56    Sujet du message: Répondre en citant

Merci a tous. Je vais faire un tri !
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De la Rochejacquelein



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MessagePosté le: Mer Mai 22, 2019 12:14    Sujet du message: Répondre en citant

Si ma mémoire est bonne FTL Huntzinger est mort dans un accident d'avion ET Weygand sur la Loire.
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Alias



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Messages: 626
Localisation: Dans les environs de Genève-sur-Léman

MessagePosté le: Mer Mai 22, 2019 13:50    Sujet du message: Répondre en citant

De la Rochejacquelein a écrit:
Si ma mémoire est bonne FTL Huntzinger est mort dans un accident d'avion ET Weygand sur la Loire.


Pour Weygand, j'en suis certain. Ça lui vaut même une vacherie de De Gaulle, pastichant Clémenceau.
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Stéphane "Alias" Gallay -- https://alias.erdorin.org
Multi-classé rôliste / historien / graphiste / fan de rock-prog / utilisateur de Mac
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Auguste



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MessagePosté le: Mer Mai 22, 2019 13:57    Sujet du message: saharage - waterloo des étoiles & prisonniers allemands Répondre en citant

Ne soyons pas trop dur avec Georges, sa blessure lors de l'attentat qui couta la vie à Barthou et au roi de Yougoslave le rendait insomniaque, il était donc diminué pour des raisons...honnêtes :sage: le problème c'est qu'il ait été désigné alors que ce handicap n'était sans doute pas secret, on ne saura jamais si Gamelin aurait fait le poids s'il avait été en pleine forme ni dans quelle mesure il aurait été compétent.
Au pire il méritait une retraite digne, au mieux un emploi d'Inspecteur général.
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Archibald



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MessagePosté le: Mer Mai 22, 2019 14:07    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai commis un petit coloriage, et je me suis bien amusé. Gloire et misère des aviateurs allemands et généraux français... destins croisés...

---------------

Novembre 1941
Maroc Français, à la frontière avec l'Afrique Noire.


C'était un cauchemar. Pire que tout ce qu'il avait imaginé. Werner Molders croupissait dans ce camp de prisonniers, misérable, dans le désert. Ils étaient de nombreux pilotes allemands, évidemment tenus le plus éloigné possible de la guerre aérienne en cours. Les conditions de détentions étaient rustiques mais les français faisaient quand même le minimum sur la nourriture et le confort, juste assez en fait pour libérer l'esprit des nécessités primaires de la pyramide de Maslow... et livrer ainsi l'esprit des prisonniers à l'inaction et au désœuvrement. Mais ce ne n'était pas le pire. Les français visiblement rancuniers avaient imaginé une forme de supplice intellectuel particulièrement dévastateurs. A la grande surprise de Molders, les geôliers et l'administration du camp étaient loin d'êtres des rebuts de l'armée – mutilés, recalés, criminels, brefs le genre de types dont on ne peut rien faire, même en temps de guerre.
Non.
Tout avait commencé quand la nouvelle avait circulé dans le camp. Visite officielle d'importance ! Le gradé commandant du camp, un vétéran bardé de décorations faisant de lui une incongruité en un lieu si reculé, étaient nerveux depuis plusieurs jours. Son nom disait vaguement quelque chose à Molders... et surtout, la troupe de bras cassés sous son commandement, les rebuts de l'armée susnommés, manchots, boiteux, recalés, criminels et autres, lui donnaient tous du "Mon général ! Absolument, mon Général ! A vos ordres, Mon général !"

Un général ? ici ? au début Molders pensaient que c'était de la moquerie, vu le niveau des gardiens - mais non, c'était du respect, et l'autre semblait apprécier. Bourret, qu'il s'appelait. Victor Bourret.

Molders tentait depuis longtemps de se renseigner sur le nombre d'aviateurs allemands retenus en Afrique du nord, le nombre de camps comme le sien, le nom de leur dirigeants. Car il comptait bien s'en évader, et aider à d'autres évasions après lui. Fort heureusement, de nouveaux pilotes entraient constamment – fort mauvais présage d'ailleurs, cela voulait dire que la Luftwaffe devait souffrir, perdant des avions et les présents pilotes.

Molders finit par comprendre qu'il existait une douzaine de camps, écartés de plusieurs centaines de kilomètres a travers le Sahara, au Maroc, en Algérie, en Tunisie, et en Afrique noire aussi. Peu a peu, il reconstituait la liste de leur directeurs, et la hiérarchie du système. Et c'est alors qu'un évidence lui sauta au visage, et lui coupa le souffle. La liste des directeurs et de l'administration des camps... et bien... c'était une réplique parfaite du Who's who du commandement de l'armée Française de l'avant guerre. Ce fut confirmés par d'autres prisoniers, haut gradés de la Wehrmacht qui se devaient de connaître le nom des haut gradés ennemis... et bien, il n'y avait là, que des généraux cinq étoiles ! Bon, manquaient Pétain et Weygand, tombés en juin 1940. Et Huntziger aussi, qui avait continué la lutte seulement pour consommer l'inéluctable défaite de la Métropole, et mourir d'un accident d'avion idiot en ce mois de novembre 1941, ce qui d'ailleurs donnait à Molders un curieux malaise, il ne savait pourquoi...
Mais le reste !
Maurice Gamelin... Gamelin ??!!! Bourret, Freydenberg, Garchery, Besson, Flavigny, Blanchard, Germain, Keller, Condé, Réquin, Touchon... Molders ne pouvait le croire. Et pourtant, par un beau matin, il les vit, tous rassemblés, en train de se congratuler et se taper dans le dos.
Il y eut en effet une réunion du Service de Détention des Prisonniers Allemands en Afrique, rassemblant donc tous les commandants de camps auprès de Gamelin, visiblement leur supérieur.
Mon dieu ! Quand Molders les vit, a travers le grillage, il comprit pourquoi leur pays avait sombré dans l'abîme. Lippes baveuses, mains tremblantes, dos voutés, ah, ils n'avaient pas fière allure, les sexagénaires décatis. Plusieurs de ses messieurs vinrent avec une infinie commisération s'enquérir du bien être des prisonniers - ou peut être simplement se rassurer sur le fait qu'il existait des déchéances pires que les leurs.
Molders et quelques autres prisonniers comprenait suffisamment bien le français pour percevoir leurs conversations – et ce n'était pas beau à entendre. Pas un mot de contrition pour avoir fait subir à leur pays un nouvel Azincourt, oh non. Juste de bruyants radotages sur leur présente déchéance et les responsables – suivant le sens du vent du désert et l'humeur des vieux grincheux, et dans le désordre - de Gaulle, Reynaud, les juifs, les francs-maçons, les communistes, la cinquième colonne, le front populaire qui avait désorganisé l'industrie et fait des ouvriers, des fainéants, ou les autres généraux qui, eux, avaient su sauver leur peau, notamment ce satané Huntziger et ce foutu Giraud !

Le premier, grand battu de Sedan, qui s'était racheté... en consommant la défaite de la métropole.

Et l'autre grand boiteux à l'égo surdimensionné, revenu de Breda au galop avec sa 7ème armée, l'ancienne réserve stratégique qui désormais manquait cruellement à l'appel - pour se faire prendre prisonnier comme un imbécile ! Et pourtant, il se couvrait présentement de gloire dans les Balkans après une évasion rocambolesque. Ah oui, vraiment, bravo, de beaux examples pour l'Armée et la Nation. Ah, si Pétain et Weygand avaient vécus, s'ils étaient restés aux commandes, et de l'Armée, et de la Nation, on aurait bien vu, hein !

Après quelques jours, Molders était passablement écoeuré.

Ce fut alors qu'il remarqua un homme un peu plus jeune, perdu au milieu des vieilles ganaches. Il le reconnut immédiatement, car lié à l'aviation, son royaume à lui aussi. Vuillemin. Henri Vuillemin. Ancien commandant en chef de l'Armée de l'Air. Mais que faisait-il ici, lui ? Écarté, dégradé également ? Il n'avait vraiment pas le profil des autres, ne prenait pas parti aux radotages collectifs.

Molders appris bientôt que l'ancien chef de l'Armée de l'air avait pour tâche de piloter l'avion transportant les ganaches d'un camp de prisonniers à l'autre – un vieux Farman 221 a l'allure de dinosaure. En somme, il conduisait le bus de la maison de retraite cacochyme.
Molders songea cyniquement que, à la place de Vuillemin, il eut tôt fait de sauter en parachute, laissant tomber l'avion avec sa cargaison. Après tout, ce fut ainsi que Franco se débarrassa de rien moins que trois de ses encombrants conjurés et désormais rivaux– tombés comme des mouches dans des accidents d'avions, les Sanjurjo, Mola, et quelques autres.

Molders n'en pouvait plus, et songea qu'il allait lui falloir s'évader sous peu, sous peine de perdre la raison dans cet endroit minable.

La seule lueur d'espoir dans ce marasme pris un tour inattendu.

Féminin.

Elle s'appelait Germaine. Germaine l'Herbier Montagnon, un nom à la consonance si typiquement française et aristocratique.
Cette femme lettrée et héroïque s'était chargée d'une mission ô combien cruelle et ingrate: elle tentait de retrouver les dépouilles des aviateurs français tombés au champ d'honneur. Bien entendu, passée du côté d'Alger, l'accès à la Métropole lui était présentement interdit. Cependant, après d'interminables négociations avec Alger, puis avec les vieilles ganaches, elle avait obtenu le droit d'interroger les aviateurs allemands prisonniers, Molders y compris. Ce qui ramena l'aviateur allemand, pour un bref moment, au jour de sa capture, juin 1940.

Juin 1940
Dans le ciel, quelque part entre Compiègne et Beauvais


La patrouille basse de Dewoitine D-520 ne comprit que les 109s leurs étaient tombés dessus... qu'en voyant leurs camarades, patrouille moyenne, patrouille haute, tomber en flammes au milieu d'eux. Les allemands pouvaient communiquer par radio entre eux alors que les Dewoitine devaient passer par un relais au sol d'une portée maximale de 80 km... René Pomier-Layrargues, déjà titulaire de trois victoires le mois précédent, réagit avec la rapidité de l'éclair. Un des 109 était là, en descente. Il cabra son Dewoitine, ajusta son tir, et fit mouche, envoyant le boche en enfer. Puis ce fus le chaos d'un combat aériene désespéré. Il ne le sut jamais, mais les 7 français rescapés luttaient contre 25 adversaires, plus 15 autres en couverture haute. Un autre 109, là – canon, mitrailleuses, blam, en plein dans le mille, la verrière s'ouvrit et le boche sauta en parachute – leur regard se croisèrent en un instant figé. Un type brun, d'allure altière, peut être un as, un de ses salauds avec des douzaines de victoires, vétérans de la Légion Kondor espagnole, là ou tout avait commencé, 4 ans plus tôt... un as ? Ce fut alors qu'une fulgurance traversa l'esprit de Pomier-Layrargues.

deux de plus...lui aussi... il était désormais un as !! Comme Guynemer et tout les autres. La chasse, bordel !

Pas de temps pour célébrer la gloire, hélas. Un coup d'oeil circulaire ne montra que des ennemis convergeant vers lui – au moins six, désormais à ses basques comme des chiens enragés. Une seule solution: piquer vers le sol et tenter de semer la meute. En dessous s'étendait une grande ville, Compiègne peut être, ou Beauvais – peut importait, il redressa au ras des toits et partit plein gaz pour tenter de sauver sa vie. Hélas, il jouait perdant, avec 900 CV contre 200 de plus pour les autres, derrière, qui faisaient désormais la chaîne pour mitrailler son taxi, qui souffrait, qui souffrait de plus en plus...

Alors qu'il vivait les derniers instants de sa vie, René Pomier-Layrargues vit soudain s'ouvrir une porte dans le ciel, et des visions étranges défilèrent devant ses yeux, visions qu'il ne pouvait pas comprendre, correspondant à des événement qu'il ne vivrait pas, mais que d'autres accomplirait à sa place, pour le meilleur et pour le pire...

Il y eut d'abord deux types, très reconnaissables – Pétain, le vainqueur de Verdun, et l'autre – moins connu, le grand type de Moncornet et d'Abbeville, De Gaulle ? Curieux... et au milieu de ça, Paul Reynaud – Reynaud ? - qui ne disait rien, alors que les deux militaires se balancaient des anathèmes à la figure. A en juger par son visage, Reynaud était clairement au bout du rouleau, donc l'un des deux autres triompherait et l'autre sombrerait. Mais impossible de dire lequel, comme si deux avenirs étaient en lutte...

...et voilà maintenant qu'il voyait le futur de ses équipier d'escadrille... Henri Hugo... Denis Ponteins... le destin de Hugo était rigoureusement incompréhensible, voilà qu'il pilotait leurs D-520s contre les Américains en Algérie, puis des Spitfires, de nouveau contre les allemands... et Ponteins! Il vivrait centenaire, jusqu'en 2010, dans un futur tout simplement inimaginable... mais quel futur, celui de Pétain, ou celui de De Gaulle, c'était impossible à dire...

Quelque chose allait se passer prochainement, que Pomier-Layrargues ne verrait pas, mais qui allait certainement décider du futur de la France après cette défaite épouvantable, la pire depuis Azincourt.

Il y eut une nouvelle apparition dans la porte noire, ouverte sur le ciel... une vision du type qu'il avait descendu... ah ça oui, il ne s'était pas trompé, ce n'était pas un péquenaud ! Non de Dieu, Molders ! Werner Molders, un as en effet ! Et le salaud était fait prisonier, bien fait pour lui. Mais voilà que... de nouveau, ces deux satanés futurs embrouillés... dans l'un, des français... oui, des français... des compatriotes... le rendait aux allemands, libre comme l'air ! Pomier-Layrargues jura. Il s'était donc battu comme un lion, pour rien ? Mais non ! A nouveau ce brouillard, qui s'épaississait mais s'éclaira une dernière fois... le même Molders croupissait dans un camp de prisonnier, visiblement en Afrique... incompréhensible, encore une fois...

Et la porte se referma.

Elle se referma au moment ou l'inévitable arriva... Le Dewoitine reçu un coup mortel qui tua son pilote et les fit tomber, en flammes, contre une maison de Marissel, banlieue de Beauvais.

Il était 18h, le 5 juin 1940.

Au moment ou les débris du Dewoitine percutaient le sol, à plusieurs dizaine de kilomètres de là, à Paris Paul Reynaud vivait béatement les derniers moments en compagnie de sa maîtresse Hélène de Portes et son conseiller Paul de Villelume, tout deux tenant ce De Gaulle, aux idées si dangereuses, à l'écart.

Reynaud ne le savait pas, mais un accident de voiture allait changer sa destinée.

C'était juste une question de date, de timing, comme disait les anglais.

Dans un des univers entrevu par Pomier-Layrargues avant sa chute mortelle, l'accident surviendrait le lendemain matin, 6 juin 1940, éliminant d'un seul coup les deux perverses influences et faisant de Reynaud un homme libre et partisan de la poursuite de la lutte.

Dans un autre univers, pas de Villelume en vue: à la fin et non au début de ce fatal mois de juin, Reynaud lui même conduirait la voiture, causant également la mort de la Comtesse De Portes, la pauvre femme étant visiblement condamnée quoi qu'il arrive. Mais trop tard pour sauver la France... Reynaud démissionnaire le 16 juin, Pétain prendrait le relais le lendemain, forçant De Gaulle à l'exil à Londres et plongeant la France dans l'abjection de la collaboration.

Retour à Beauvais.

Pendant que se nouait le destin du pays, Werner Molders, as des as allemands, vétéran de la Légion Kondor, 38 victoires et Croix de Fer, se balançait sous son parachute. Sans qu'il le sache, son collègue Gerhard Homuth, un autre as de la JG-27, allait régler son compte à l'insolent français qui l'avait descendu. Homuth qui ne combattrait jamais la RAF en Afrique du Nord pour finalement disparaître quelque part en URSS... enfin, tout dépendrait de ce qui allait se passer le lendemain, à Paris.

Ignorant de tout cela, Molders avait d'autre préocupations plus immédiates. Le front était à 60 km, donc il était bon pour la capture. Il tenta de se cacher dans un champ de blé mais fut découvert par un militaire français et un civil, une brute qui lui fendit l'arcade sourcilière avant d'être écarté sans ménagement par d'autres militaires. Des français, bien sur. Scheisse.
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Anaxagore



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MessagePosté le: Mer Mai 22, 2019 14:17    Sujet du message: Répondre en citant

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Archibald ! Enfin ! Cette cruauté, ce manque de pitié... On a de la peine à décider qui est le plus puni... le plus prisonnier... les Allemands ou les généraux français! Vous croyez que l'on devrait déposer une plainte à la Croix Rouge : " est-ce que vous pensez aux pauvres pilotes allemands ? Que dit la convention de Genève au sujet de la torture mentale ? C'est déjà dur d'être au Sahara, loin de leurs familles, dans un camp de prisonnier. Mais en plus subir les généraux de Français... ils doivent se sentir salles.. presque Français ! L'horreur quoi !" Ah ! Cela tient du débat philosophique à ce niveau.
J'ai presque l'impression d'avoir été gentil avec Gamelin pour le compte !
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Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
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