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1940 - La France continue la guerre
 
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La Porte
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Clappique



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MessagePosté le: Sam Mai 04, 2019 16:37    Sujet du message: La Porte Répondre en citant

J’avais commencé à poster ces textes dans la chrono « Balkans 1944 », mais cela me parait maintenant inapproprié ; mes élucubrations n’ont rien à faire dans le méticuleux travail de recherche, de simulation et de rédaction de la chrono officielle !
Les voilà donc sagement parquées à leur place – et sans autre prétention que celle de distraire et d’inciter à d’autres lectures



La Porte

Préface

Dans ma bibliothèque, j’essaie plus ou moins de ranger les ouvrages selon une logique minimaliste – la langue d’édition, puis les auteurs - non pas par amour de l’ordre, vertu suspecte à mes yeux, mais pour les retrouver sans difficulté excessive. Il y a toutefois un rayon qui échappe à tout système, et où tout cohabite dans un télescopage de format, auteur ou thème ; c’est le rayon des « vieux amis », des livres préférés.

Il y a là les ouvrages fondateurs, ceux qui ont formé mon regard sur le monde tout autant que l’expérience vécue, et ces bouquins là, on ne les ré-ouvre qu’avec un effort conscient, tant la grande littérature peut être, est souvent en fait, douloureuse. Et il y a aussi tous ceux, plus légers, qui vous sautent dans la main, ont été lus et relus, avec un plaisir jamais usé ; ils sont importants aussi à leur façon. Les deux volumes de « La France continue … » en font partie, tout comme la brillantissime Geste des Joyeux.

Mais tous les vrais lecteurs savent que les livres et leurs personnages s’animent, prennent une vie propre, s’interpellent, se répondent et se visitent. Je peux témoigner que c’est bien le cas chez moi.
J’ai dû parfois intervenir pour limiter des enthousiasmes un peu excessifs, comme lorsque Takeshi Kovacs a d’abord voulu aider « un peu » à dynamiter un pont dans la Sierra des Gredos et a fini par reprendre Ségovie à lui tout seul, le Nemex à la main.
Mais en général, ce n’est pas bien méchant, je cligne doucement les yeux le temps que tout le monde rejoigne tranquillement ses pages, et mes amis de papier ne s’en portent que mieux ; ses vacances en Crête, sa première cuite au raki et son dépucelage par Madame Hortense ont fait énormément de bien au jeune Werther, et lui ont probablement évité des emballements déraisonnables.

Aujourd’hui, c’est différent.
Aujourd’hui, trompant la vigilance des Parques de la FTL (le patient Casus, l’inflexible Chat Noir, le mystérieux Fantasque ), les puissances de l’Axe s’apprêtent à mettre en œuvre des forces redoutables, à même de faire basculer le destin de la FTL, et peut-être de notre monde.
Des forces contre lesquelles la puissance des Alliés, ou la bravoure des Lagadec, Leclerc, Mathis et tant d’autres, réels ou fantasmés, pourraient ne pas suffire.
Des forces que même l’insondable érudition des contributeurs FTL, capables de vous réciter les bulletins scolaires du petit Hugo Schmeisser tout comme les tonnages de production d’arachide en AOF en 1938, ne sauraient contrecarrer.

Alors aujourd’hui, devant cet immense péril, j’ai dû recourir moi-aussi à l’arme ultime, celle des temps de grand péril et de barbarie ; j’ai ouvert les livres …
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Clappique



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MessagePosté le: Sam Mai 04, 2019 16:43    Sujet du message: Répondre en citant

La Porte

Adriatique, Janvier 1944

Le caporal Dusty Miller se sentait terriblement las – une lassitude qui ne tenait pas qu’à l’heure tardive, et à l’inconfort de leur position, blottis depuis des heures derrière des filets de pêche puants pour s’abriter d’une Bora glaciale. Las, plutôt, des dernières semaines passées dans ce pays où le conflit mondial se doublait d’une atroce guerre civile.

Passe encore pour le début de leur mission ; le capitaine Keith Mallory et lui-même avaient accompagné et protégé la mission militaire du S.O.E auprès des maquis Titistes de Bosnie – Londres semblait avoir des doutes grandissants sur l’aptitude du jeune roi Pierre II à rassembler les morceaux d’un royaume éclaté, et estimait le temps venu de faire monter en puissance les « Partizani ». Des communistes certes, mais sans doute les seuls à ne pas baser leur existence sur l’appartenance ethnique …
Un peu gardes du corps, un peu conseillers techniques, Mallory et Miller avaient participé pendant plusieurs semaines à leurs opérations de guérilla, des combats rudes, sans merci … mais ça, leurs expériences en Lybie, en Grèce Continentale et en Mer Egée les y avaient habitués.

Les derniers jours, c’était une autre histoire. Le S.O.E leur avait enjoint de « reconnaitre et d’évaluer » les défenses de l’Axe sur la côte Dalmate, dans le secteur des Kornati. Coups de mains, opérations de ravitaillement ou futures opérations amphibies, Dieu seul savait ce le S.O.E avait en tête ! Pour eux, cela avait signifié traverser l’ouest de la Bosnie ravagée par les oustachis, et ces quelques jours avaient été …. une abomination. Parvenus sur la côte Croate proprement dite, en territoire totalement contrôle par les allemands et leurs alliés oustachis, ils étaient maintenant en danger constant, mais au moins ne tombaient plus à chaque instant sur des hameaux incendiés, ni des cadavres de civils suppliciés.

Et les voilà donc, au milieu de la nuit, mal cachés dans un coin du petit port de Murter-Kornati, en train d’attendre un caïque censé les conduire vers un sous-marin au large de l’archipel.

Leur contact était en retard, le ciel trop dégagé, tout cela ne s’annonçait pas bien.

Dix minutes plus tôt, Miller avait bien vu accoster avec soulagement un petit caïque, mais ce n’était manifestement pas le leur, même si ses deux marins semblaient eux aussi tenir à une grande discrétion. Drôles de type. Le matelot avait un profil taillé au couteau, et une inquiétante physionomie de mystique russe, mâtiné d’assassin et de crapule ; le patron réussissait à ressembler tout à la fois à un gitan et un officier de marine, et portait ce qui avait semblé à Miller une casquette de la Garde tsariste, une arme pourtant bien sélective.

Les deux hommes les avaient superbement ignorés, et disparus dans les rues du port avec quelques lourdes caisses. Puis ils avaient réapparu, accompagnés d’un vieil homme et d’un grand gamin. L’homme âgé ressemblait à un érudit, le gosse semblait juste terrorisé jusqu’à ce que le patron lui parle à l’oreille, avec un sourire ; ensuite les deux marins les avait escamotés au fond du caïque, cachés sous une bâche.

Miller et Mallory se consultèrent du regard ; « none of our business » murmura le néo-zélandais. « Hmmm .. » grogna Miller. « Notre homme à nous est trop en retard ».

Mallory n’eut pas le temps de répondre, des bruits furtifs sur la jetée fermant le port leur firent lever la tête. Puis un léger claquement métallique … semblable à l’armement d’une MG42. Les mains de Miller se refermèrent sur son Steyr muni d’un silencieux, Mallory avait saisi son revolver. Quand aux marins, le patron fumait, imperturbable, son matelot à la tête d’assassin avait … disparu.
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Clappique



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MessagePosté le: Sam Mai 04, 2019 16:49    Sujet du message: Répondre en citant

La Porte

Adriatique, Janvier 1944


« Hände hoch, stehen Sie auf !! » Puis dans un anglais très correct « Sortez de là, tout de suite ; les mains en l’air ! »

La cachette de Miller et Mallory était éclairée par une puissante torche, des silhouettes armées s’approchaient d’eux

« Miller, n’essayez rien. Leur mitrailleuse sur la jetée nous coupera en deux … »
« Plus haut les mains ! Qu’avons-nous là ? Deux saboteurs anglais, vous aviez dit vrai, Mirko »

A présent, Miller et Mallory distinguait un peu plus leurs assaillants. Un officier, celui qui parlait anglais, et trois hommes armés. Un cinquième se tenait en peu en retrait, habillé en civil. Sans doute le Mirko en question. Par peur, vénalité ou conviction, leur « contact » avait jugé préférable d’avertir les allemands.
Mallory détournait le regard du faisceau de la torche, et réussit à voir les uniformes ; pas des soldats de la Heer, mais des hommes de la Kriegsmarine. Il reprit un peu espoir, leur délateur avait fait au plus simple et averti le poste allemand le plus proche ; ils avaient affaire à de simples marins, sans doute l’équipage d’une des quelques unités légères de l’Axe encore à flot en dans cette zone de l’Adriatique

« Et toi là, sors de ton bateau ! Ou tu les emmenais ? Et qu’est-ce que tu as sous tes panneaux de pont ?»

Mirko s’avanca pour traduire, mais le patron du caïque, toujours flegmatique, répondit en anglais
« Moi, je passais par ici, Leutnant Zur Zee. Et ce que j’ai dans mon bateau, et bien, je ne peux pas vous laisser le prendre. Je suis désolé, Leutnant … »

A cet instant, il y eut un bruit sourd, un râle et une chute sur la jetée. Les allemands détournèrent leur attention une fraction de seconde, Miller et Mallory saisirent leur chance et se laissèrent tomber au sol. Miller logea deux balles dans la poitrine de l’officier, et une troisième dans la tête du matelot à sa droite ; Mallory abattit le deuxième matelot. Le dernier un peu en retrait eut plus de temps pour réagir et pivota son schmeisser ; le patron du caïque avait conjuré de nulle part un Sten MK « S » et lui fit sauter la tête. Mirko tourna les talons et disparut dans la nuit. On l’entendit courir, puis heurter quelque chose. Ou quelqu’un.

Le matelot à tête d’assassin réapparut, en essuyant un long couteau sur sa vareuse

« Ras, tu en as mis du temps !
- Tu es exaspérant. Je te sauve encore la vie, et tu te plains. Un jour il se pourrait que je te tue, toi aussi.
- Ras, je t’ai expliqué, tu ne peux pas tuer tout le monde. Et tu es mon meilleur ami, n’est-ce pas ? Nous devrions partir, maintenant. Messieurs …. On vous dépose quelque part ? »

Score-card à ce jour :
Frégaton : 1 pt, pour Keith Mallory et le caporal Miller, "Les Canons de Navarone, Alistair Mac Lean
Requesens & Dronne : 1 pt, pour Corto et Raspoutine évidemment, Hugo Pratt

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Dernière édition par Clappique le Sam Mai 04, 2019 23:11; édité 1 fois
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Capu Rossu



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MessagePosté le: Sam Mai 04, 2019 20:31    Sujet du message: Répondre en citant

Bonsoir,

Citation:
ils avaient affaire à de simples marins, sans doute l’équipage d’une des quelques unités légères de l’Axe encore à flot en dans cette zone de l’Adriatique


@+
Alain
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demolitiondan



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MessagePosté le: Sam Mai 04, 2019 20:46    Sujet du message: Répondre en citant

Tu me tuera un soir !!
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Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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Clappique



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MessagePosté le: Sam Mai 04, 2019 23:09    Sujet du message: Répondre en citant

Merci Capu, je corrige ça

La Porte

Archipel des Kornati


Le caïque avait pris la mer en hâte, laissant derrière lui le petit port et quelques cadavres.
Dés sa sortie de l’abri, l’embarcation fut frappée par la Bora dans toute sa force, glaciale. Le rendez-vous avec leur sous-marin était fixé au large de Otok Zirje, une des îles les plus éloignées de l’archipel ; sa côte les déventerait quelque peu et rendrait l’embarquement possible – acrobatique certainement, mais possible.

Il s’agissait maintenant d’y parvenir. La Bora soufflait à vingt-cinq nœuds établis, de fréquentes rafales dépassaient les trente, et comme souvent en Méditerranée soulevait une mer hachée, dangereuse pour une petite embarcation ouverte chargée de quatre hommes et d’un garçon. Du moins les poussait-elle plein sud.

Miller avait jauni dès les premières vagues, mais il écopait avec une régularité de métronome, ne s’arrêtant que pour vomir par-dessus le bordé, tout aussi régulièrement. Le vieil homme et le garçon lui prêtèrent main-forte.

Le patron tenait la barre franche d’une main ferme, Keith Mallory jouait avec le régime du monocylindre Baudoin, et tout le jeu consistait à garder le caïque en ligne avec la mer de l’arrière, et sa vitesse en phase avec les vagues. Les creux n’étaient pas encore assez formés pour que le caïque enfourne, mais se mettre en travers aurait été fatal

« Hugo, vieni qui ! » cria le patron. L’adolescent trempé lâcha son écope et le rejoignit à la barre.

« Prova, e divertente » le patron lui mis une main sur la barre « Ma guarda dove vai, d’accordo ?
- Si, zio Corto ! »
- Regarde, ou plutôt sens. Tu vois, la vague nous rattrape. Quand elle commence à lever le cul du bateau, il tire à bâbord ou tribord, il a très envie de partir en travers. Ton travail à toi c’est de le faire filer droit, et quand tu l’as bien équilibré … là … tu sens les vibrations dans ta barre ? … il va rester sur la vague un bon moment, et il capitano Mallory va s’occuper du moteur pour ne pas la dépasser »
Le garçon souriait aux anges, malgré la trouille et le froid.

« Vous avez de curieux passagers, pour une navigation pareille » tenta Mallory
« Nous n’avions pas prévu votre présence, ni l’arrivée de vos amis allemands ! Attendre jusqu’au matin que la Bora s’essouffle nous aurait d’avantage convenu. Même si notre ami Hugo semble bien s’amuser maintenant. Hugo est un jeune homme un peu balloté par la guerre, comme il y en a tant. Et mon vieil ami le rabbin Melchisedech a dû fuir le Ghetto Vecchio, même Venise est devenue franchement inhospitalière aujourd’hui.
Mais après votre … prestation, nos cabotages et nos petites affaires en Adriatique sont terminées.
- Je suis désolé. Merci pour votre intervention
- Capitaine Mallory, je vais être direct. Nous avions prévu de rejoindre les lignes alliées, mais pas cette nuit, pas dans cette barque, pas par ce temps. Embarquez-nous … un service en vaut un autre
- Je ne suis pas censé disposer librement des bâtiments de sa Gracieuse Majesté, mais j’imagine que vous avez dû voir des tas de choses intéressantes sur la côte de l’Adriatique. Acceptez une petite conversation avec mon supérieur à Malte, le commandant Jensen, et je pourrais justifier beaucoup de choses
- Vous n’imaginez pas quel point je serais content d’avoir cette conversation. En particulier à Malte »
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houps



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MessagePosté le: Dim Mai 05, 2019 08:14    Sujet du message: Répondre en citant

Cortoisement Very Happy :
"Le rendez-vous avec leur sous-marin était fixé au large de Otok Zirje, une des îles les plus au large de l’archipel..."

"les plus éloignées" ou bien alors - je n'ai pas regardé la carte de près Rolling Eyes - orientales / septentrionales / occidentales / méridionales / ? ("excentrées" ou "périphériques" me semblent inappropriés)
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Archibald



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MessagePosté le: Dim Mai 05, 2019 08:27    Sujet du message: Répondre en citant

houps a écrit:
Cortoisement Very Happy :
"Le rendez-vous avec leur sous-marin était fixé au large de Otok Zirje, une des îles les plus au large de l’archipel..."

"les plus éloignées" ou bien alors - je n'ai pas regardé la carte de près Rolling Eyes - orientales / septentrionales / occidentales / méridionales / ? ("excentrées" ou "périphériques" me semblent inappropriés)


septentrionales - ça claque, façon Jules Verne (je crois que c'est là que j'ai découvert ce mot)
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"La Meuse, ça ne m'intéresse pas" Gamelin à Corap, mars 1940.
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FREGATON



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MessagePosté le: Dim Mai 05, 2019 09:22    Sujet du message: Répondre en citant

+1 pour la tenue de cap mer de l'arrière et le moteur Baudoin... Cool

Sinon, dans l'oeuvre de Mc Lean, je crois que Jensen était un marin (captain dans le roman ou commodore dans le film), ce serait mieux qu'un... colonel! Mr. Green
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Clappique



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MessagePosté le: Dim Mai 05, 2019 10:18    Sujet du message: Répondre en citant

Thank you, old chaps !

J'ai checké ma vieille édition de "Navarone" - 1966 quand même, un papier devenu agréablement jaune et craquant - et effectivement Jensen est capitaine de vaisseau.

Et pour les îles, Otok Zirje est au sud/sud-est de Murter Kornati, donc on va mettre "une des plus éloignées". Tant pis, moi aussi j'aurai bien aimé septentrionale !
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Clappique



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MessagePosté le: Dim Mai 05, 2019 12:23    Sujet du message: Répondre en citant

La Porte

Malte, La Valette & Mdina


Mallory était perplexe. Passé l’embarquement, et la quasi noyade du vieil érudit, le passage jusqu’à Malte fut sans histoire. Les deux marins eurent juste le temps de ratisser aux cartes un midshipman imprudent et le Torpedo Gunner’s Mate.

Mais depuis l’arrivée à La Valette, Mallory était déconcerté par le comportement de son supérieur, le capitaine de Vaisseau Jensen, chef du 3° bureau du SOE. Ou plutôt depuis sa rencontre avec les deux marins. Jensen avait ensuite écouté son propre rapport avec ce qui devait bien se qualifier comme de la distraction, lui avait ordonné de rester à disposition. Puis il avait rencontré à nouveau les deux marins, et le vieux rabbin. Plusieurs fois. Longuement. Chaque rencontre suivie de la convocation d’un officier des communications.

Mallory rentra dans le bureau de Jensen.
« Ah Capitaine ! Comment trouvez-vous vos vacances maltaises ?
- Ne plus risquer de me faire tuer tous les matins est extrêmement reposant
- Bien, bien. Capitaine, vos amis marins ne sont pas arrivés à Malte tout à fait par hasard. Il se trouve qu’ils recherchent des, euh, documents qui pourraient se révéler d’un certain intérêt pour le gouvernement de sa Majesté. Ces documents – s’ils existent – se trouvent à Malte. J’aimerai que vous, avec le caporal Miller évidemment, puissiez les assister dans cette recherche.
- Très bien, commandant. Toutefois, j’ai eu l’impression qu’ils étaient très exactement le genre d’hommes à savoir se débrouiller tout seul
- Très juste, mais … j’aimerai mettre toutes les chances de notre côté. Et aussi m’assurer que ces documents, s’ils existent et sont découverts, parviennent jusqu’à ce bureau. Nous nous comprenons, capitaine ? »

Le Chevrolet 1533 roulait en direction de Mdina, au centre de l’île. Miller au volant, Mallory en grande discussion, pour autant que les cahots et les poussières des routes maltaises le permettaient, avec les marins et le rabbin. Jensen leur avait adjoint un policier britannique, que le marin au couteau – qui prétendait se dénommer tout comme ce dément de Raspoutine –fixait d’un regard venimeux

« Ou allons-nous exactement, Rabbi ?
- A la casa Manduca, la demeure d’une des vieilles familles de l’Ile. Trop vieille peut-être ; ces gens-là mijotent depuis des générations dans la religion, la tradition et une nostalgie de grandeur perdue qui doit remonter au Siècle d’Or »
Mallory sourit de la fraîcheur d’esprit du vieil érudit, corps fragile, esprit bien affuté …
« Le dernier Manduca a quitté Malte pour l’Italie fasciste en 1936, après l’abolition de l’italien comme langue officielle et les violences politiques associées. Les biens des Manduca sont gérés par leur intendant, qui va nous recevoir
- Et que cherchons-nous exactement ?
- De très vieux documents, capitaine. Des parchemins susceptibles de nous mettre sur la trace d’autres parchemins. Il semble bien qu’aux alentours de 1565 – l’année du Grand Siège de Malte – une Dame Manduca ait quelque peu rué dans les brancards, et épousé un gentilhomme de fortune » Sur ces derniers mots, le rabbi sourit aux marins.

« On parle à propos d’eux d’aventures sanglantes, de trésors pillés, de trafics avec le Turc – et aussi de … lumière, dans un siècle qui n’en était pas prodigue. Toujours est-il que nous avons des raisons de croire qu’ils ont mis la main sur ces documents importants, et les ont cachés ici, à Mdina. Nous serons bientôt fixés »

Mdina s’élevait sous un soleil froid, celui de la Méditerranée hivernale. Ville de bastions, de remparts, de ruelles sinueuses, de demeures mêlant la sévérité du médiéval normand à l’exubérance baroque. Ils laissèrent le Chevrolet devant la porte principale, gardée par les Lions de Mdina, immuables sentinelles de pierre.

Il ne fut pas facile de se faire admettre dans la casa Manduca – il fallut présenter le mandat de perquisition préparé, puis empêcher Raspoutine de tuer le majordome dont « la tête ne lui revenait pas ». Ils traversèrent un hall, puis un escalier obscur, un salon, un autre escalier – jusqu’à l’aile la plus ancienne de la demeure, comme l’avait demandé le Rabbi. Là ils commencèrent leur recherche.

« Nous cherchons une pièce cachée ; l’entrée doit se dissimuler sous une tenture, un tableau ou un panneau sculpté illustrant un thème religieux – « Sous la croix, la roue des Lions »

La quasi-totalité des pièces étant recouverte de tableaux de saint-martyrs, ce fut Miller, en sondant les murs, qui trouva. Raspoutine arracha avec jubilation le portrait d’un saint à l’air particulièrement malheureux ; au dessous, gravée dans la pierre blonde, une roue.
« La roue des Janissaires, la roue des Lions de l’Islam » murmura Melchisédech
« Il me semblait que les Turcs s’étaient cassés le nez à Malte » demanda Miller
« C’est exact, ils n’ont jamais franchi les remparts de Mdina et leurs corps ont rempli les fossés sous les bastions de La Valette – mais il semble aussi que l’époux de Dame Manduca ait été un homme … complexe. Caporal, voulez-vous bien essayer d’ouvrir cette porte – sans user d’explosifs ou des moyens affreusement bruyants qui vous sont chers, à vous américains ? »

Miller grimaça, tâtonna un instant, et enfonça le centre de la roue. Pressant de tout leur poids, ils firent pivoter un pan du mur, révélant une pièce obscure, mais sèche et tempérée, ce dont Melchisédech augurait bien.
La lumière révéla une panoplie d’arme, une cuirasse striée laquée de noir, des cuissardes d’acier, des sabatons, épaulières et haut-de-bras. A côté une fine rapière, et un massif estoc de bataille. Plus loin, un antique instrument à corde – « une viole de gambe » murmura le marin.

Au sol, un coffre bien remparé de fer

« C’est mon affaire » grinça Raspoutine. Il crocheta le coffre avec une aisance qui tira de Miller un long sifflement d’admiration professionnelle. Melchisédech s’agenouilla péniblement devant le coffre, Mallory fit un peu de lumière.

« Voyons … tout cela est bien fragile, mais encore feuilletable, avec beaucoup de précaution. Hm … tous ces textes sont en latin médiéval … excellent ! Que dit ceci : …. A la fin de ma patiente recomposition se profila comme une bibliothèque mineure, signe de la majeure disparue, composée de morceaux, citations, moignons de livre …. Il fait froid dans le scriptorium, j’ai mal au pouce. Je laisse cet écrit, je ne sais pour qui, je ne sais plus à propos de quoi : stat rosa pristina nomine, nomina nuda tenemus … »
« Rabbi, on s’en fiche, c’est une histoire de moine amoureux de bouquins et de roses ! » rugit Raspoutine « ça n’intéressera jamais personne ! »
« Non, Ras » tempéra le marin « Je crois que c’est exactement ce que l’on cherchait »
« Oui » murmura le Rabbi. « Tout était vrai. Messieurs, je crois que nous devrions retourner chez votre commandant Jensen. Et finir de lire ces feuillets. Très vite »
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Dernière édition par Clappique le Dim Mai 05, 2019 17:22; édité 3 fois
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houps



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MessagePosté le: Dim Mai 05, 2019 13:07    Sujet du message: Répondre en citant

Clappique a écrit:
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Malte, La Valette & Mdina


...



J’aimerais que vous, avec le caporal Miller évidemment, puissiez les assister dans cette recherche.
- Très bien, commandant. Toutefois, j’ai eu l’impression qu’ils étaient très exactement le genre d’hommes à savoir se débrouiller tout seuls.
- Très juste, mais … j’aimerais mettre toutes les chances de notre côté. Et aussi m’assurer que ces documents, s’ils existent et sont découverts, parviennent jusqu’à ce bureau. Nous nous comprenons, capitaine ? »

...




« On parle à propos d’eux d’aventures sanglantes, de trésors pillés, de trafics avec le Turc – et aussi de … lumière, dans un siècle qui n’en était pas prodigue. Toujours est-il que nous avons des raisons de croire qu’ils ont mis la main sur ces documents importants, et les ont cachés ici, à Mdina. Nous serons bientôt fixés »


...


La quasi-totalité des pièces étant recouverte de tableaux de saint-martyrs, ce fut Miller, en sondant les murs, qui trouva. Raspoutine arracha avec jubilation le portrait d’un saint à l’air particulièrement malheureux ; au dessous, gravée dans la pierre blonde, une roue.
« La roue des Janissaires, la roue des Lions de l’Islam » murmura Melchisédech
« Il me semblait que les Turcs s’étaient cassés le nez à Malte » demanda Miller
« C’est exact, ils n’ont jamais franchi les remparts de Mdina et leurs corps ont rempli les fossés sous les bastions de La Valette – mais il semble aussi que l’époux de Dame Manduca ait été un homme … complexe. Caporal, voulez-vous bien essayer d’ouvrir cette porte – sans user d’explosifs ou des moyens affreusement bruyants qui vous sont chers, à vous américains ? »

Miller grimaça, tâtonna un instant, et enfonça le centre de la roue. Pressant de tout leur poids, ils firent pivoter un pan du mur, révélant une pièce obscure, mais sèche et tempérée, ce dont Melchisédech augurait bien.
La lumière révéla une panoplie d’arme, une cuirasse striée laquée de noir, des cuissardes d’acier, des sabatons, épaulières et haut-de-bras. A côté une fine rapière, et un massif estoc de bataille. Plus loin, un antique instrument à corde – « une viole de gambe » murmura le marin.

...
« Rabbi, on s’en fiche, c’est une histoire de moine amoureux de bouquins et de roses ! » rugit Raspoutine « Ça n’intéressera jamais personne ! »
...»


Epique, Clappique, épique ! Very Happy
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FREGATON



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MessagePosté le: Dim Mai 05, 2019 13:27    Sujet du message: Répondre en citant

Humm Think, ça commence à sentir la sémiologie... De Guillaume de Baskerville à Robert Langdon le choix est vaste... Vivement la suite Wink
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Clappique



Inscrit le: 05 Mar 2017
Messages: 143
Localisation: Sud de la Durance

MessagePosté le: Dim Mai 05, 2019 13:55    Sujet du message: Répondre en citant

Score-card à ce jour :
Frégaton : un 2° pt, pour "Le Nom de la Rose", Umberto Eco
Requesens & Dronne : toujours ex-aequo à 1 pt


Mais vous n'avez pas encore tout retrouvé, niark, niark, niark !

Merci Houps pour la vérif' orthographique
_________________
Si on ne croit à rien, surtout si on ne croit à rien, on est obligé de croire aux qualités du coeur quand on les rencontre, ça va de soi.
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Auguste



Inscrit le: 17 Jan 2018
Messages: 172

MessagePosté le: Dim Mai 05, 2019 16:19    Sujet du message: La Porte Répondre en citant

"lui avait ordonné de rester en disponibilité", je crois que ce serait plutôt "de rester à disposition".
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