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1940 - La France continue la guerre
 
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España - Una, Grande, Libre
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Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Fantasque Time Line Index du Forum -> 1942 - Politique intérieure, Diplomatie, Information
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Fév 12, 2019 12:15    Sujet du message: España - Una, Grande, Libre Répondre en citant

Tyler est revenu sur les mésaventures de l'Espagne, pour boucher quelques trous… de façon à préparer le devenir espagnol après la guerre, qui ne devrait pas être identique à celui de l'Espagne OTL.


17 octobre 1940
Le beau-frère du général
Madrid
– Alors que des informations commencent à fuiter à propos d’un possible voyage du Caudillo au Pays Basque pour rencontrer un officiel allemand d’envergure – Himmler ? Ribbentrop ? Göring ? Voire le Führer lui-même, le maître de l’Europe continentale en personne ? – c’est la fin d’une joute, d’aucuns diraient une corrida au sein de l’Espagne franquiste.
Depuis la fin de la guerre civile, le colonel Beigbeder, ministre des Affaires étrangères depuis l’été 39, monarchiste et héros de guerre, incarne une ligne attentiste dans la diplomatie espagnole. Bien sûr, l’Allemagne a été d’une grande aide pour mettre à bas la République honnie, mais il n’aime guère la Phalange et sa sympathie va envers les Alliés, qui, peu importe le temps que ça prendra, finiront bien par prendre le dessus sur le Reich. Après tout, l’Espagne a connu une certaine prospérité durant le Premier conflit mondial en restant à l’écart, pourquoi ne pas profiter du Deuxième pour relever la tête ?
Au contraire, Ramon Serrano Sùñer, ministre de l’Intérieur et président de la Junta politique de la Phalange, est un grand admirateur de l’Italie (surtout) et de l’Allemagne (aussi). Pour lui, l’Espagne doit tirer profit du bouleversement de la vieille Europe décadente par les « jeunes pays » et prendre le train en marche. De plus, Sùñer tient l’Angleterre et la France pour responsables de la mort de ses deux frères durant la guerre contre les Républicains – et cette conviction biaise évidemment son jugement.
Les triomphales campagnes allemandes en Pologne puis en France ont renforcé la position de Sùñer au sein du gouvernement. Mais le peuple espagnol n’est pas pour autant pro-allemand : l’ancien camp nationaliste s’est quelque peu ému du pacte signé par Berlin avec les Bolchéviques haïs par-dessus tout, et tous les Espagnols ont apprécié en connaisseurs l’attitude donquichottesque du gouvernement Reynaud décidant de poursuivre la lutte depuis Alger.
Néanmoins, le saviez-vous ? En Espagne, tout le monde est franquiste. C’est pourquoi c’est (forcément) avec l’approbation générale que le pragmatique Franco oriente sa girouette en direction du vent allemand. Le colonel Beigbeder est donc remplacé dans ses fonctions de chef de la diplomatie espagnole par Serrano Sùñer, qui revient tout juste d’une visite à Berlin. Il n’en faut pas plus pour que l’Espagne bruisse de rumeurs : le numéro deux de l’état est-il en passe de devenir le premier ? Sùñer remplacera-t-il son beau-frère ? Oui, son beau-frère, car Franco et lui ont épousé deux sœurs…
A Madrid, une plaisanterie bientôt en vogue raconte un dialogue entre la Señora Sùñer et l’une de ses amies, rentrant en Espagne après un long séjour à l’étranger : « Et ton mari, ça va, son travail ? – Oh ! Il a bien réussi : il est chef de la Phalange et ministre des Affaires étrangères, bref c’est lui qui dirige l’Espagne. – Ah, bravo ! Et ta sœur, Carmen ? – Eh bien ! Ce n’est pas mal non plus : elle a épousé un militaire. »


18 octobre 1940
L’œil de Berlin
Gare du Nord, Madrid
– Arrivée en grande pompe du Reichsführer SS Heinrich Himmler pour une visite de cinq jours dans la capitale espagnole. Avec un faste comme l’Espagne en a peu connu ces dernières décennies, celui que beaucoup présentent comme le numéro deux du régiment allemand est accueilli chaleureusement. La Gran Via est tapissée d’oriflammes et de drapeaux hitlériens. Mais, signe des temps difficiles que vivent les Espagnols, la plupart des drapeaux ne sont décorés que sur une face !
Officiellement, le Reichsführer désire simplement visiter ce beau pays qu’est l’Espagne. En fait, il s’agit pour lui de finaliser la supervision des services de sécurité espagnols par les nombreux « conseillers techniques » allemands qui ont été placés à des postes clés au sein de la plupart de ces services. Avec le Grand Déménagement et le transfert du conflit vers la Méditerranée, la surveillance des étrangers transitant par l’Espagne devient en effet une question d’importance prioritaire. Tant pour Londres et Alger que pour Berlin d’ailleurs…


28 février 1941
Le Roi est mort, vive qui… ?
Madrid
– Les Espagnols apprennent dans la journée la nouvelle du décès d’Alphonse XIII, ancien roi d’Espagne entre 1886 et 1931, en exil depuis quelques années à Rome et qui a mis fin à ses prétentions sur la Couronne quelques jours auparavant, en faveur de son troisième fils, Juan, comte de Barcelone [Ses deux frères aînés, handicapés (hémophilie et surdité) ont été gracieusement priés de renoncer à leur droit sur la couronne espagnole par leur propre père !].
Dans la capitale espagnole, pourtant à majorité républicaine depuis bien avant l’apparition de la Phalange, les quartiers bourgeois, mais aussi certains quartiers populaires, se couvrent de voiles de deuil en l’honneur de la figure regrettée de l’ancien Roi. Ambivalence ? Paradoxe ? Plutôt l’occasion de contredire ouvertement la Phalange, qui s’oppose à la figure royale, d’une façon que le pouvoir franquiste ne pourra critiquer ! En effet, le Caudillo a toujours affirmé qu’il n’était à la tête de l’Espagne que le temps de stabiliser le pays afin de permettre le retour du Roi. Le gouvernement s’associe donc à ce deuil spontané et annonce qu’une décision prochaine devrait intervenir pour transférer les cendres d’Alphonse XIII au Panthéon Royal de l’Escorial. Quand la guerre se terminera en Europe, les démarches pour ce transfert seront toujours en cours…


17 mai 1942
¡ Abajo el comunismo !
Madrid
« Nous étions sûrs que l’Allemagne n’avait pas amené le drapeau de la lutte contre le communisme ! Si, en toute occasion, depuis 1939, l’Espagne a témoigné sa sympathie et sa solidarité à l’Allemagne nationale-socialiste, aujourd’hui ces sentiments se transforment en un élan enthousiaste ! »
Certes, Informaciones, journal de l’ambassade d’Allemagne (dont l’attaché de presse est un des rares juifs espagnols du nom de Lazar !), ne manque jamais de vanter sans mesure les victoires nationales-socialistes en Europe, mais pour une fois, une majorité d’Espagnols parcourent ces lignes, parues l’après-midi dans une édition spéciale, avec une chaleureuse approbation. La très catholique Espagne ne peut qu’approuver ce que d’autres journaux du soir qualifient de « Guerre pour l'Europe » ou de « Dernier acte de la guerre civile européenne », tel autre préférant proclamer : « L’Allemagne prend la tête de la croisade anticommuniste en Europe ».
L’opération Barbarossa est lancée. Pour un temps, l’incertitude n’est plus de mise. Certes, l’Axe a été chassé d’Afrique depuis près de deux ans, sur la frontière entre les deux Maroc, la crainte d’une invasion a changé de camp et l’Amérique, dont la pauvre Espagne dépend tellement pour son ravitaillement, est en guerre contre l’Allemagne et l’Italie – ce qui commence à se traduire à Madrid par des pressions diplomatiques de plus en plus désagréables et de plus en plus fréquentes. Certes. Mais il s’agit ni plus ni moins, dans la steppe russe, de la lutte finale contre l’ennemi commun des catholiques, royalistes et phalangistes. Cet ennemi qui les a unis, il y a, semble-t-il, une éternité : le bolchevisme peut trembler !
Fort de cet enthousiasme primesautier, une manifestation « spontanée », mais néanmoins encadrée de près par les Chemises Bleues de la Phalange, va défiler devant l’ambassade britannique aux cris de « Mort à la Russie ! », « Mort à l’Angleterre ! » et, pour faire bon poids, « Mort à la France ! » (alors que le NEF tient ambassade à Madrid, amabilité que le gouvernement franquiste ne lui rend pas). Les manifestants sont salués en cours de route par le ministre des Affaires étrangères Sùñer, présent par un heureux hasard au balcon de son ministère, et qui se fend d’un petit discours improvisé (?) : « Camarades (sic), l’heure n’est pas aux discours mais à la condamnation ! Aujourd’hui en effet, Phalange prononce sa sentence ! La Russie est coupable ! Coupable de notre guerre civile, coupable de la mort de José Antonio Primo de Rivera, notre fondateur. L’extermination de la Russie est une exigence de l’histoire et de l’avenir de l’Espagne ! » Pendant une bonne demi-heure, des vitres sont brisées, des véhicules immatriculés CD sont mis à mal et des « Mort à l’Angleterre ! Gibraltar espagnol ! » sont hurlés et répétés.
En conclusion de cette journée mouvementée, Serrano Sùñer, ayant attendu patiemment une bonne demi-heure, se met enfin en relation avec l’ambassadeur britannique pour lui demander s’il a besoin qu’on lui envoie des renforts de police. Et Sir Hoare de répondre : « Inutile. Ayez seulement l’obligeance de ne plus m’envoyer de phalangistes. »


16 août 1942
La discorde chez les franquistes
Bilbao
– A l’occasion d’une cérémonie en l’honneur des Requetés tombés lors de la Guerre civile, une bombe explose dans la cathédrale Notre Dame de Begona. L’attentat fait plusieurs morts et blessés, mais le ministre de la Guerre, Varela, figure de proue des monarchistes traditionalistes (les carlistes) au sein du gouvernement Franco, est indemne.
Un attentat des maquis républicains ? Du NKVD ? Absolument pas ! Le coupable est très vite identifié. Il s’agit ni plus ni moins de la Phalange ! Les exécutants sont trois membres du Parti, un responsable régional d’envergure et deux futures recrues de la Division Azul qui ont retardé leur départ pour l’entraînement en Allemagne. Le coup était d’ailleurs signé : la Phalange avait organisé le jour même une contre-manifestation spectaculaire dans la ville basque. C’est ainsi qu’une bagarre d’envergure entre phalangistes et monarchistes, où l’on a joué de la matraque et du couteau, a clos la journée. « ¡ Viva el Rey ! » et « ¡ Abajo Franco ! » se sont opposés à « ¡ Arriba Espana ! » et « ¡ Viva Franco ! ».
Dans la chaleur de sa résidence d’été, dans sa Galice natale, le Caudillo va décider… de ne pas bouger et de ne pas trancher entre son socle monarchiste et son soutien phalangiste. Lâcheté ou intelligence ? Franco décide aussi de ne pas intervenir directement dans le conflit larvé opposant l’Église à la Phalange, ni dans celui qui agite de l’intérieur la Phalange elle-même, partagée entre les pro-Allemands, qui reprochent à Sùñer de ne pas s’aligner de façon plus nette en faveur de l’Axe, et les plus tièdes, qui préfèrent le statu quo.


3 septembre 1942
Franco sur une échelle
Madrid
– Après les événements de Bilbao, Franco accepte les démissions simultanées de Varela, son ministre carliste de la Guerre, et de Sùñer, son ministre phalangiste des Affaires étrangères. Si Franco peut se réjouir de prendre le dessus sur la principale figure qui lui faisait de l’ombre au sein de son gouvernement, toute l’Espagne fait fi du retrait de l’effacé Varela et interprète la démission de Sùñer et la mise à l’écart de ce phalangiste de premier plan comme une marche arrière par rapport à la germanophilie diplomatique du gouvernement. Les monarchistes sont ainsi renforcés.


1er novembre 1942
Démocratie à la franquiste
Dans toute l’Espagne
– Alors qu’en Italie, Mussolini est en train de se faire destituer par son propre Grand Conseil Fasciste, en Espagne, on vote pour la première fois depuis 1936 !
Préférant éviter que les Espagnols prennent exemple sur les péripéties de la politique à l’étranger, le pouvoir franquiste a ces dernières semaines axé sa communication pour que l’on parle principalement des élections des procureurs aux prochaines Cortès. Une avancée démocratique que le Caudillo offre généreusement à son peuple malgré les temps troublés. Bien sûr, les deux tiers de cette assemblée sont membres de droit ou déjà nommés par Franco en personne, mais on estime du côté du régime que cette élection permettra de sonder le petit peuple ibère.
De fait, une nette majorité des élus aux Cortès seront monarchistes plutôt que phalangistes. La position des premiers est d’autant plus renforcée par l’impression de puissance qui se dégage des Nations-Unies depuis que l’entrée en guerre des États Unis a provoqué une intensification des activités alliées en Méditerranéennes et que – malheur ! – l’URSS a réussi à stopper l’élan des troupes allemandes en Ukraine et aux marges occidentales de la Russie. L’annonce, il y a quelques semaines, des premiers morts au champ d’honneur parmi les volontaires de la Division Bleue n’a pas aidé à rendre populaire les phalangistes, connus pour leur alignement aveugle sur les positions fascistes et nazies.

(à suivre demain)
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requesens



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MessagePosté le: Mar Fév 12, 2019 12:51    Sujet du message: Re: España - Una, Grande, Libre Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
[b] le numéro deux de l’état est-il en passe de devenir le premier ? Sùñer remplacera-t-il son beau-frère ? Oui, son beau-frère, car Franco et lui ont épousé deux sœurs…
A Madrid, une plaisanterie bientôt en vogue raconte un dialogue entre la Señora Sùñer et l’une de ses amies, rentrant en Espagne après un long séjour à l’étranger : « Et ton mari, ça va, son travail ? – Oh ! Il a bien réussi : il est chef de la Phalange et ministre des Affaires étrangères, bref c’est lui qui dirige l’Espagne. – Ah, bravo ! Et ta sœur, Carmen ? – Eh bien ! Ce n’est pas mal non plus : elle a épousé un militaire. »
)[/i]


Un des multiples titres que portait Franco etait celui de "generalísimo", Serrano Suñer étant son beau-frère ( en espagnol cuñado ), il fut promptement affublé du surnom de "cuñadísimo"
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“On va faire le trou normand. Le calva dissout les graisses, l'estomac se creuse, et y a plus qu'à continuer. »
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Etienne



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MessagePosté le: Mar Fév 12, 2019 15:10    Sujet du message: Répondre en citant

Manque pas une virgule?
Citation:
C’est pourquoi c’est (forcément) avec l’approbation générale que le pragmatique Franco


Citation:
celui que beaucoup présentent comme le numéro deux du régiment allemand est accueilli chaleureusement.
Laughing
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Dieu est une femme. La preuve : On dit toujours qu’il vaut mieux voir le Bon Dieu que ses seins.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Fév 12, 2019 15:16    Sujet du message: Répondre en citant

1) Non; mais c'est vrai que ce n'est pas très heureux.

2) ça, c'est un coup du correcteur automatique… Evil or Very Mad
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Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
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demolitiondan



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MessagePosté le: Mer Fév 13, 2019 10:18    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
En conclusion de cette journée mouvementée, Serrano Sùñer, ayant attendu patiemment une bonne demi-heure, se met enfin en relation avec l’ambassadeur britannique pour lui demander s’il a besoin qu’on lui envoie des renforts de police. Et Sir Hoare de répondre : « Inutile. Ayez seulement l’obligeance de ne plus m’envoyer de phalangistes. »


Excellent !!!!! Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Laughing Tout cela me donne quelques idées.
_________________
Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Fév 13, 2019 10:36    Sujet du message: Répondre en citant

29 janvier 1943
Una, Grande, Libre
Franco sur une échelle
Séville
– Depuis un mois, l’équilibre des forces en Europe est bouleversé. L’Italie a changé définitivement de camp. La moitié de la Botte est tombée aux mains des Alliés. En Ukraine se joue un match fait de successions d’uppercuts plus violents les uns que les autres et dont le vainqueur semble bien indécis, mais les difficultés de la Wehrmacht sont chaque jour plus apparentes.
A l’occasion d’une visite officielle du président portugais Salazar, venu affirmer qu’il souhaite, tout comme le Caudillo, une stabilité de la péninsule ibérique, Franco prononce un discours somme toute ordinaire au vu des circonstances, mais qu’il enflamme pourtant par la sortie suivante : « En ces moments de lutte entre les peuples, nous voyons comment on essaie de détruire le rempart opposé au communisme, auquel on offre l’Europe comme une proie. Nous ne craignons pas que cela se réalise, nous avons l’absolue certitude que cela ne sera pas. Mais si survenait un moment de péril, si le chemin de Berlin était ouvert à l’ennemi, ce ne serait pas une division de volontaires espagnols qui irait là-bas, mais bien un million d’Espagnols qui offriraient leurs poitrines ! »
En bon équilibriste galicien sur sa proverbiale échelle, Franco entendait ainsi ménager son amitié avec Berlin. Néanmoins, il vient de faire une formidable bourde en sous-entendant que l’Allemagne pourrait perdre l’initiative voire même, comble de l’horreur, être mise en difficulté par les Rouges. L’ambassadeur von Stohrer et son attaché de presse Lazar, vexés, n’apprécient vraiment pas et vont le faire savoir aux services diplomatiques espagnols. Dans le même temps, les Alliés ne vont pas tarder à faire des remontrances à Madrid, critiquant ce qui apparaît comme un appel aux armes en faveur de l’Axe.
Bref, Franco a perdu sur les deux tableaux ! Quand ça ne veut pas…


20 février 1943
Una, Grande, Libre
La Division Azul est morte…
Madrid
– Ne sachant comment se dépêtrer de l’affaire du « million de poitrines » pour effacer les remontrances diplomatiques qu’elle a entraîné, Franco décide, en accord avec son ministre de la Guerre, le général Cabanillas, et son ministre des Affaires étrangères, le comte Jordana, de rapatrier discrètement la Division Azul, que les Allemands ont baptisé 250. ID, en accord avec les autorités de Berlin. Mais bien sûr, rien de tout cela ne doit filtrer !
Cependant, comme on est en Espagne, si la presse mettra plusieurs semaines à en parler (et de façon édulcorée), l’homme de la rue aura compris bien avant… Et les chancelleries alliées auront été informées en détail assez rapidement. Il faut dire que la saignée de la fin d’année 1942 a fait revenir au pays une quantité de cercueils et de gueules cassées bien supérieure aux pertes annoncées dans Informaciones…


8 mars 1943
Una, Grande, Libre
Vive la Légion Azul !
Madrid
– Sur la pression des phalangistes de son gouvernement, qui savent toujours rappeler à leur Caudillo à quel point ils sont essentiels à la stabilité de son règne, Francisco Franco décide de corriger quelque peu sa décision du 20 février.
Sans doute, la Division Azul du général Agustin Muñoz Grandes doit bien revenir dans les plus brefs délais et dans la plus grande discrétion en Espagne, mettant fin ainsi à la participation officielle de l’Espagne à la grande croisade contre le bolchevisme. La 250. ID est dissoute ! Ce qui ravit les ministres pro-Alliés, comme le ministre des Affaires étrangères Jordana.
Mais les Espagnols doivent malgré tout continuer la lutte contre les Soviétiques afin de protéger l’Europe du bolchevisme. Ce qui ravit les phalangistes, tel le général Juan Yague Blanco (dont on dit qu’Hitler le tient en très haute estime et le verrait comme un successeur tout désigné de Franco si jamais…). C’est pourquoi Franco confie au général Esteban-Infantes, qui fulmine de n’avoir pu relever Muñoz Grandes (dont il était le second) à la tête de la Division Bleue, la mission de retourner sur le Front Russe avec une cohorte de nouveaux volontaires et de former avec eux et avec ceux vétérans de la Division Azul qui voudront poursuivre la lutte une Légion Azul qui sera versée dans la SS.
Cette unité formera quelques semaines plus tard la Sturm-Brigade SS Azul, commandée par le colonel Antonio Garcia Navarro. Il sera question de l’associer à la “Légion Wallonie”, appellation pompeuse donnée à un maigre bataillon formé de Wallons collaborateurs [En fait, ce bataillon en sous-effectifs rassemblait principalement des condamnés de droit commun sortis des prisons belges et encadrés par quelques rexistes fanatiques.]. La propagande allemande en profitera maladroitement pour évoquer le duché de Bourgogne et pour parler de “Division Charles-Quint” – mais cette “division”, qui n’était guère à même d’enflammer les cœurs, fussent-ils phalangistes ou rexistes, n’aura d’existence que pour les services de Joseph Goebbels.


17 juillet 1943
Una, Grande, Libre
Franco sur une échelle
Conseil national de la Phalange (Madrid)
– Alors qu’Athènes et Florence semblent sur le point de tomber aux mains des Alliés, l’Espagne bruisse des rumeurs les plus folles. A présent que le conflit semble bien tourner en faveur des Nations-Unies, qu’adviendra-t-il du régime de Franco ? La France lancera-t-elle contre lui les hordes de Républicains qu’elle a recrutées dans son armée ? Les Américains, aveuglés par les perfides Soviétiques, décideront-ils d’affamer le peuple espagnol pour faire chuter le Caudillo ?
Les Cortès, qui devaient démontrer au monde le bon fonctionnement de la démocratie espagnole, ont eu le culot de prendre leur rôle trop au sérieux : par l’intermédiaire de quelques procureurs téméraires, elles ont transmis à Franco une pétition réclamant… le retour de la monarchie ! Il va sans dire que les imprudents procureurs se sont vus remplacés par d’autres, beaucoup plus dociles quant à leur pratique de la liberté de parole. Ce qui n’empêche pas les « ¡ Viva Juan III ! » de commencer à fleurir sur les murs de différentes villes espagnoles.
On parle de plus en plus d’une dissolution de la Phalange, qui serait une condition sine qua non des Américains pour continuer à commercer avec l’Espagne et pour ne pas l’isoler définitivement du reste du monde (alors que la frontière marocaine avec la France est fermée et que le Royaume Uni semble particulièrement s’attacher à choyer le seul Portugal).
Le Caudillo va-t-il céder ? Ou plutôt, que va céder le Caudillo ? C’est la question que tout le monde se pose en Espagne…
Mais c’est bien mal connaître Francisco Franco ! Devant le Conseil national de la Phalange, il prononce un grand discours où il met en garde tous ceux qui avaient pu le croire affaibli ! Les Alliés – « A-t-on pensé à ce que serait la présence du communisme en Europe ? » – ainsi que les monarchistes – « Nous ne repoussons pas l’éventualité de restaurer l’expression politique que l’Espagne a connue dans les siècles passés, mais sans préjudice de notre révolution, ni de la réalisation de notre destin historique ». En conclusion, le Caudillo assène un menaçant : « Nous débarquerons du navire ceux qui sèment la défiance contre le pilote ! »
Persévérance ? Obstination ? Entêtement ? Jusqu’au-boutisme ? Cette énième bravade du Caudillo est prise particulièrement au sérieux par les Alliés, qui voient de moins en moins l’intérêt de ménager un pays dont l’alignement n’a cessé d’ondoyer depuis le début du conflit, alors que la bataille de l’Atlantique est pratiquement finie et que la Méditerranée est devenue un lac allié…


5 août 1943
Una, Grande, Libre
Franco sur une échelle
Dans toute l’Espagne
– José Maria Gil Robles y Quinones, 45 ans, fut un éphémère ministre de la Guerre de la République espagnole en 1935, député de Salamanque entre 1931 et 1939, mais surtout chef incontesté de la Confédération Espagnole des Droites Autonomes durant toute cette décennie. Partisan de la dictature de Primo de Rivera dans les années 20, il a incarné la possibilité d’un gouvernement de droite dans les derniers moments de la République, et n’a été battu que de peu par le Frente Popular. Il a alors basculé du côté de la monarchie en devenant conseiller du comte de Barcelone, avant de s’effacer politiquement en annonçant la dissolution de son parti dès les premiers instants de la Guerre d’Espagne.
Quelques années plus tard, en exil en Argentine, il fait figure pour de nombreux monarchistes de solution idéale : catholique, de droite, non impliqué dans les horreurs de la Guerre Civile, il a de solides appuis dans le milieu modéré et pourrait faire le lien entre différentes tendances du paysage politique espagnol. Pourrait-il être une alternative crédible à Franco ? Ce dernier traîne depuis 1936 une image d’homme fort par défaut et commence à lasser de plus en plus de monde avec son régime dictatorial et surtout avec ses amitiés allemandes, qui deviennent chaque jour plus encombrantes en ce moment…
Conscient que cette idée trotte dans la tête d’un nombre grandissant d’Espagnols, le pouvoir franquiste a une idée originale : donner la parole à Gil Roblès pour qu’il se décrédibilise en affichant son soutien aux Alliés, c’est à dire à cette Armée Rouge qui s’apprête à déferler sur l’Europe telle une nouvelle Horde d’Or. La Phalange fait donc publier dans le journal ABC une tribune parue quelques temps auparavant dans la presse argentine. Gil Roblès y critique avec une certaine virulence la politique franquiste d’aide aux Allemands, de la complicité dans le ravitaillement des U-boots à l’envoi de la Division Azul sur le Front Russe, et sa conclusion est lapidaire : « Lorsque la guerre prendra fin, un puissant courant démocratique soufflera sur le monde. Peut-on penser que le monde tolérera, en Espagne, l’existence d’un régime si intimement lié à l’Allemagne ? »
Pour la Phalange, cela devait vacciner l’opinion espagnole contre les idées de changement à la tête du régime en montrant à quel point Gil Roblès est un traître. Il n’en est rien. L’effet est tout autre. Loin d’y voir l’avis d’un Rouge dévoyé et traître à la nation, beaucoup y lisent la position d’un homme politique d’envergure, conservateur et catholique mais aux vues éclairées. La gaffe est monumentale ! La police franquiste tentera même de confisquer les exemplaires d’ABC, mais elle sera bien en peine de pouvoir mettre la main sur un seul journal, tant celui-ci s’est arraché rapidement.
Le directeur d’ABC, ami de Gil Roblès et conseiller national de la Presse, est immédiatement destitué, mais la sortie de l’ancien “cédiste” fait réfléchir bien des têtes en Espagne…


18 octobre 1943
Una, Grande, Libre
Franco sur une échelle
Madrid
– Par l’intermédiaire de son ministère des Affaires étrangères (pourtant aux mains de l’anglophile Jordana), le Caudillo Franco fait parvenir au gouvernement philippin tout fraîchement créé… par les Japonais une lettre de félicitations adressée au président José Laurel.
Encore plus que le « million de poitrines » du début de l’année, cette bourde difficilement compréhensible va faire vivement réagir les chancelleries américaine (surtout), britannique et française (cette dernière est représentée très officiellement à Madrid depuis le départ de l’ambassadeur du NEF, au printemps précédent). Apprenant quelques semaines plus tard cet impair par les voix de la BBC et de Radio Alger, le peuple espagnol (ou du moins ceux des citoyens que préoccupent les relations internationales de leur pays) va se sentir horriblement gêné. Il faut dire qu’en cet automne 1943, on se bat en vallée du Rhône, les Américains approchent des Pyrénées, à l’est les Russes sont aux portes de la Roumanie et bientôt de la Pologne… Afficher ouvertement de la sympathie pour un état croupion des pays de l’Axe, qui plus est à l’autre bout du monde, semble peu pertinent. Ce sera l’occasion d’un magnifique rétropédalage des services diplomatiques du Caudillo, parlant non pas d’une reconnaissance officielle mais tout au plus d’un simple acte de courtoisie « sans aucune arrière-pensée politique ». Trop tard, le mal est fait. Pour plusieurs raisons parfaitement concordantes, les trois grands Alliés occidentaux vont décider de profiter de l’évolution favorable du conflit pour renforcer la pression sur un gouvernement franquiste bien isolé…
Tout d’abord, le wolfram (minerai de tungstène), qui fait l’objet d’une guerre économique depuis l’été entre les Américains et les Allemands. Si les Yankees semblent autosuffisants, les Allemands n’occupent que très peu de territoire ukrainien où ils pouvaient exploiter le précieux minerai. Aussi, les Américains décident de jouer de la loi de l’offre et de la demande en achetant de grandes quantités du minerai, le rendant rare et onéreux pour les finances allemandes qui n’en demandaient vraiment pas tant. Mais les Espagnols peuvent difficilement refuser de le vendre aux Américains.
Ensuite, les Nations-Unies vont exiger de Madrid la fermeture du consulat allemand à Tanger et l’expulsion des agents travaillant pour le compte de l’Abwehr ou du SD.
Enfin, les Espagnols vont se voir imposer de libérer tous les navires étrangers (notamment italiens) réfugiés chez eux.
Malgré les sympathies anglophiles du ministre Jordana, le régime franquiste commence par refuser à cor et à cris. Mais, au fil des semaines, l’évolution favorable des opérations en cours va modifier la politique du Caudillo, malgré quelques nouvelles bravades de ce dernier (comme la reconnaissance d’un consulat de la République Socialiste Italienne de Salo à Malaga !).
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Dronne



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MessagePosté le: Mer Fév 13, 2019 11:06    Sujet du message: Répondre en citant

Comment ces gens arrivaient-ils à dormir?

Casus Frankie a écrit:
8 mars 1943
[... ]Madrid – Sur la pression des phalangistes de son gouvernement

Sous la pression, non?
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Cinq fruits et légumes par jour, ils me font marrer! Moi, à la troisième pastèque, je cale..
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Mer Fév 13, 2019 11:09    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai comme l'impression que le régime franquiste pourrait bien changer de tête de gondole avant la fin de la guerre! El Caudillo aura t-il une retraite paisible (villa aux baléares) ou brutale (balle dans la nuque), voire intermédiaire (exil)?

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    demolitiondan



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    MessagePosté le: Mer Fév 13, 2019 11:17    Sujet du message: Répondre en citant

    Magnifique !!!!!
    Citation:
    Madrid – Par l’intermédiaire de son ministère des Affaires étrangères (pourtant aux mains de l’anglophile Jordana), le Caudillo Franco fait parvenir au gouvernement philippin tout fraîchement créé… par les Japonais une lettre de félicitations adressée au président José Laurel.


    Authentique cette ânerie ?
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    DMZ



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    MessagePosté le: Mer Fév 13, 2019 11:23    Sujet du message: Répondre en citant

    Citation:
    Aussi, les Américains décident de jouer de la loi de l’offre et de la demande en achetant de grandes quantités du minerai, le rendant rare et onéreux pour les finances allemandes qui n’en demandaient vraiment pas tant.

    "qui n'avaient vraiment pas besoin de ça." plutôt ?
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    Jubilé



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    MessagePosté le: Mer Fév 13, 2019 11:24    Sujet du message: Répondre en citant

    Je ne comprends pas bien pourquoi Franco si habile OTL serait si maladroit FTL.
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    Tyler



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    MessagePosté le: Mer Fév 13, 2019 11:30    Sujet du message: Répondre en citant

    Pour l'instant, tout ce qui est indiqué est arrivé OTL.
    Certains passages ont bien sur été plus ou moins adaptés pour la FTL ( la Legion Azul d'emblée collée à la Wallonie est la plus grosse trangression par rapport à OTL) et suivre un certain timing ( Gil Roblès a vu sa tribune publié dans les journaux franquistes un bon mois avant le D-Day OTL par exemple).

    Mais oui le "million de poitrines" ou bien les félicitations à Laurel sont authentiques.

    Quand au devenir de Franco, les paris sont ouverts... Faites vos jeux Very Happy Razz

    A noter l'excellent ouvrage de Marcelin Defourneaux " L'Espagne pendant la seconde guerre mondiale" qui m'a grandement accompagné.
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    Casus Frankie
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    MessagePosté le: Mer Fév 13, 2019 11:55    Sujet du message: Répondre en citant

    DMZ a écrit:
    Citation:
    Aussi, les Américains décident de jouer de la loi de l’offre et de la demande en achetant de grandes quantités du minerai, le rendant rare et onéreux pour les finances allemandes qui n’en demandaient vraiment pas tant.

    "qui n'avaient vraiment pas besoin de ça." plutôt ?


    "Je n'en demandais pas tant" est un euphémisme courant pour "je n'avais pas besoin de ça".
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    Casus Frankie

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    MessagePosté le: Mer Fév 13, 2019 12:07    Sujet du message: Répondre en citant

    Féliciter Laurel, c'était hardi !

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    requesens



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    MessagePosté le: Mer Fév 13, 2019 12:08    Sujet du message: Répondre en citant

    Quelques précisions sur les personnages qui apparaissent dans ce récit :
    - Juan Yague Blanco : officier de la Légion Etrangère espagnole. Sympathisant de la Phalange, il se fit remarquer par l'emploi de la violence lors de la répression de la grève insurrectionnelle des Asturies (1934), partisan de la force il menaça d'une arme le général commandant les troupes pour avoir négocier un accord avec les grévistes.
    En 1936, il commanda la colonne formée de troupes marocaines et de légionnaires qui remontait vers le nord en longeant la frontière portugaise. Cette avancée fut marquée par de nombreux massacres de civils, le plus important d'entre eux fut celui de Badajoz ou entre 1000 et 4000 personnes furent exécutées. Yague y gagna le surnom de "boucher de Badajoz". Il continua la guerre à la tête des troupes coloniales.
    Il fut nommé plus tard, ministre de l'Air (!) et s'opposa a Franco au sujet de la reconciliation nationale, curieusement il s'avéra un partisan du pardon et prona un accord politique avec les anciens ennemis.
    - Agustín Muñoz Grandes : officier d'infanterie, il fut arrêté par les autorités républicaines, jugé et condamné à 2 ans de prison. Gracié en 1937 il prétendit vouloir servir la République mais déserta et exerça des fonctions de commandement au sein de l'armée nationaliste jusqu'à la fin de la guerre civile.
    Républicain, il n'était ni phalangiste, ni un catholique dévot et proposa dès l'après-guerre de réintégrer les officiers de carrière qui avaient servi la République. Proposition á laquelle s'opposa Franco.
    En 1941, il fut nommé à la tête de la Division Azul ou Hitler en personne le décora de la croix de fer avec feuilles de chênes. Franco suspicieux et voulant éviter qu'un de ses généraux ai de trop bonnes relations avec Berlin le rappela en 1943.
    _________________
    “On va faire le trou normand. Le calva dissout les graisses, l'estomac se creuse, et y a plus qu'à continuer. »
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