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La guerre vue d'Argentine, par Demolition Dan
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Oct 11, 2018 09:32    Sujet du message: La guerre vue d'Argentine, par Demolition Dan Répondre en citant

Un chapitre méconnu de la guerre : ce qui se passe dans un pays neutre… Par Démolition Dan


Ne pleure pas, Argentine…
L’effet papillon de la 2e Guerre Mondiale en Amérique du Sud

14 février 1943
Leur agent à Buenos-Aires
Province de Buenos-Aires, à la frontière de l’Uruguay
– Après de nombreux détours, chemins de traverses et moult liasses de billets abandonnées sur les bureaux de fonctionnaires pour les sensibiliser à ses problèmes, Johannes Siegfried Becker revient finalement en Argentine, pays qu’il avait quitté en février 1942 pour rencontrer ses supérieurs à Berlin. Un voyage dangereux et onéreux, mais l’homme paraît avoir les moyens d’aplanir bien des difficultés.
En effet, Herr Becker, plus connu sous le pseudonyme de “Sargo” dans les bureaux de l’Abwehr sis 75-76 Tirpitzufer à Berlin-Tiergarten, n’est ni un simple trafiquant de matières premières un peu louche, ni même un banal espion : c’est le responsable de l’opération Bolívar, montée dès 1940 par les services secrets du Reich pour collecter des informations utiles à ses armes, entraver les efforts des Alliés et de leurs soutiens en Amérique latine, voire tenter de “retourner” ces pays.
Les principales cibles de Bolivar étaient au départ le Brésil, le Chili, le Mexique, Cuba et l’Argentine. Las ! Par la force des choses, et le cours de la guerre suivant le cheminement que l’on connait, seule la cellule d’Argentine fournit encore des informations valables. Le Mexique est bien trop contrôlé par les Américains pour être un terrain de chasse favorable, malgré les efforts du très capable George Nicolaus – lequel n’a réussi qu’à attirer l’attention du S.O.E. A Cuba, le but de l'opération Bolivar était avant tout renseigner les U-boots opérant dans la région – et des U-boots, il n’y en plus beaucoup dans les Caraïbes. De surcroit, l’homme de Berlin, un certain Heinz Lüning, se révéla comme un parfait incompétent, incapable même d’utiliser sa radio ! Sûrement plus intéressé par le déhanché des femmes locales que par les mouvements des navires, ses boîtes de dépôts restaient vides. Sa capture en août 1942 et son exécution trois mois plus tard n’avaient donc ému personne (1).
Le Chili et le Brésil ont été plus productifs. De Santiago, une cellule dirigée par Ludwig von Bohlen et Friedrich von Schulz Hausman centralisait les rapports en provenance du Pérou, de l’Equateur, du Guatemala et du Mexique, pour les expédier ensuite à Berlin via une station-radio (indicatif PYL). Le tout sous le couvert d’une société, la Compania Transportes Maritimos (2), en apparence irréprochable… Mais les efforts du Département d’Etat ont réduit peu à peu à rien ce délicat édifice – il ne reste plus au Chili qu’un réseau qualifié de “groupe PQZ”, autonome et compétent, mais aussi traqué et sous pression. Au Brésil, les trois stations contrôlées par le groupe “Informadora Rapida Limitada” de Herbert O.J. Muller (dit Prinz) ont été neutralisées dès mars 1942, lors d’une opération policière massive et coordonnée. Sargo n’a d’ailleurs échappé à l’arrestation que parce qu’il était absent. Depuis, son collègue Heinz Lange (dit Jansen) s’est enfui au Paraguay pour rétablir avec Johnny Hartmuth (Guapo) et Wolf Franczok (Luna) une cellule, bien plus petite mais équipée d’un émetteur envoyé par avion.
Reste donc l’Argentine. Becker connaît bien l’Argentine – il y a déjà été envoyé en mai 1940, alors que ses compatriotes triomphaient en Europe, mais n’avait pu y travailler qu’assez peu. En effet, au départ, lui et Jansen devaient commettre des sabotages contre les intérêts anglais à Buenos-Aires. Mais en raison d’indiscrétions internes que Becker renonçait à comprendre, l’ambassade d’Allemagne avait obtenu que leurs activités se concentrent uniquement sur l’espionnage. Et l’organisation de cette mission avait été rapidement déplacée au Brésil pour des raisons de sécurité, avec l’appui de Gustav Albrecht Engels (Alfredo), propriétaire de la General Electric Company à Krefeld – un homme précieux. Mais en 1942, les plans ambitieux montés avec Alfredo se sont écroulés sous les coups des Alliés (3). Pour l’instant, Sargo doit en revenir à des actions dans le seul cadre argentin.
Or, l’Argentine est loin d’être sans intérêt pour le Reich ! Le pays a beaucoup pour plaire aux nazis. De nombreux citoyens argentins sont d’origine allemande, une grande partie de l’armée a de la sympathie pour la cause de l’Allemagne et le pays est un rival traditionnel de l’Angleterre, notamment pour une dispute à propos d’un archipel insignifiant perdu dans l’Atlantique Sud. Pas de quoi déclencher une guerre, mais il n’en reste pas moins que le gouvernement argentin maintient une neutralité bienveillante envers l’Axe, et ce malgré les pressions américaines. En effet, c’est bien l’armée qui dirige le pays – les élections ne sont qu’un folklore destiné à complaire à l’étranger.
Mais il faut nuancer ce tableau attrayant pour les Allemands. Contrairement aux apparences, l’Argentine n’est ni stable, ni destinée à rejoindre le Reich. En premier lieu, son économie dépend largement de ses exportations de nourriture et de matières premières vers l’Angleterre et la France (celle d’Alger, ces temps-ci). Le bœuf argentin est très réputé et produit en grande quantité – avec les céréales américaines, il a sauvé l’AFN de la famine durant l’été 1940. Et l’Argentine pratique des tarifs fort compétitifs : les pressions… amicales des clients historiques britanniques et de Washington l’ont empêché de profiter de l’effet d’aubaine. Mais même avec des prix raisonnables, ces commandes constituent une manne financière considérable pour le pays, qui favorise son développement industriel (4). Néanmoins, celui-ci, mené d’une main de fer, a entraîné un exode rural socialement catastrophique (5).
L’Argentine est donc un pays en pleine transformation économique et la guerre n’a fait qu’accélérer le mouvement.
………
Depuis 1930 et le coup d’état du général Felix Uriburu contre le président élu Hipólito Yrigoyen – Uriburu étant reconnu président de facto (6) par la cour suprême le 10 septembre – l’Argentine a connu une « décennie infâme » faite de durcissement politique et d’exploitation massive de la population par les capitalistes anglo-saxons, dont l’influence balayait les tentatives de renouvellement politique. Ainsi, le 5 avril 1931, à la surprise générale, le candidat d’opposition, Honorio Pueyrredón, un quasi-inconnu, était élu gouverneur de Buenos-Aires – la province de la capitale ! Uriburu réagit alors avec violence, remaniant son gouvernement selon une approche encore plus favorable à ses bailleurs de fonds et annulant les élections locales pour nommer Manuel Ramón Alvarado gouverneur de facto de Buenos-Aires.
Cette évolution vers la dictature d’un régime déjà autoritaire ne resta pas sans réponse : un mois plus tard, une insurrection armée menée par le lieutenant-colonel Gregorio Pomar éclatait dans la province de Corrientes. Mais elle fut rapidement écrasée et servit de prétexte à une politique encore plus répressive : fermeture des locaux de l’Union civique radicale (parti d’opposition), arrestation de la majorité de ses dirigeants et interdiction aux collèges électoraux d’élire des politiciens directement ou indirectement liés à l’ancien président Yrigoyen. Ses ministres, dont notamment Pueyrredón et Alvear, étaient exilés. Les années qui suivirent, des élections furent régulièrement annoncées puis annulées selon l’humeur d’Uriburu.
L’Argentine était désormais sous la coupe de la “Concordancia”, une alliance politique entre le Parti national démocratique conservateur, l’Union civique radicale antipersonnaliste et le Parti socialiste indépendant. Ce trio s’efforça de favoriser le développement industriel du pays – mais au bénéfice des grandes familles propriétaires des industries et avec des méthodes loin d’être démocratiques et pacifiques (7). Cette mise en coupe réglée s’accompagna de difficiles négociations avec les Anglais, principaux investisseurs et principaux clients, qui augmentaient leur mainmise économique sur le pays tout en privilégiant leurs dominions dans leurs propres quotas d’importations (Cool.
Au début des années 40, le résultat de cette politique et de ces compromissions était visible de tous : l’Argentine importait moins et produisait plus. Mais l’argent restait dans les caisses de quelques banques à Buenos-Aires… ou à Londres. Les syndicats étaient dispersés et réprimés, tandis que le Parti communiste consacrait l’essentiel de ses faibles moyens à la défense des seuls intérêts de l’URSS. Deux présidents avaient été élus par la fraude et sans que rien ne change : d’abord l’antipersonnaliste María Ortiz Lizardi (de 1937 à 1942), un peu plus démocrate mais qui avait cédé le contrôle de l’Etat dès juillet 1940 à son vice-président Ramón Antonio Castillo Barrionuevo. Celui-ci devint officiellement président en juin 1942, à la mort de son prédécesseur.
Même le chaos mondial ne pouvait bouleverser cette situation – et d’ailleurs qui en avait les moyens ou l’intérêt ? Neutre dans tous les conflits du siècle, l’Argentine gardait des liens commerciaux qui arrangeaient tout le monde – y compris l’Angleterre, qui avait refusé la proposition d’Ortiz de rejoindre les Alliés en décembre 1939 ! Le Sursaut français et le rapide contrôle de l’Atlantique par la Royal Navy et la Marine Nationale évita au pays une dépression économique, les exportations croissants avec les besoins des Alliés.
Quant au conflit en lui-même, la population restait divisée. Aliadófilos (pro-alliés) et neutralistes débattaient dans les faibles limites que le pouvoir voulait bien leur accorder. Les Germanófilos (partisans du Reich) restaient numériquement assez minoritaires – au-delà des sympathies idéologiques, voire de l’admiration professionnelle d’une portion significative de l’Armée, il paraissait évident que déclarer la guerre aux Alliés ne pouvait déboucher que sur une catastrophe à très court terme. L’Allemagne était bien loin et aider un pays d’Amérique latine paraissait hors de sa portée dans les circonstances actuelles, si tant est qu’elle l’eût voulu (9) ! L’affaire d’Irak avait d’ailleurs découragé les plus téméraires des Germanophiles.
Pour pouvoir compter, l’Argentine devait donc rester neutre et attentiste, quitte pour cela à s’asseoir sur l’anglophobie répandue dans la population. En compensation, les plus anglophiles de ses responsables seraient écartés à la moindre occasion. Si jamais l’Empire britannique était assez affaibli, on tâcherait de récupérer les Malouines. Finalement, seul le quotidien El Pampero soutenait clairement le Reich – le gouvernement continuait de son côté à faire de la corde raide, au milieu d’une agitation politique désormais habituelle. Ainsi, en 1940, une commission d’enquête parlementaire dirigée par le député socialiste Enrique Dickmann (et certainement téléguidée de l’étranger) fut mise sur pied pour enquêter sur une potentielle tentative allemande de saisir la Patagonie avant de conquérir le reste du pays. Signe des temps et des oppositions politiques, le député conservateur Videla Dorna avait alors répondu que le véritable risque dans cette région était une invasion communiste, et le gouvernement avait fini par considérer qu’une invasion allemande n’était qu’un risque potentiel, alors que la domination britannique sur l’économie argentine était une réalité. Cette attitude baroque et ambiguë devait tenir jusqu’au début de l’année 1942.
Mais l’entrée en guerre des Etats-Unis changea la donne : lors de la conférence de Rio de 1942, le président Roosevelt invita expressément les pays d’Amérique latine à s’engager contre l’Axe avec l’appui américain. Cette manœuvre avait deux buts bien différents : sans doute, isoler toujours plus l’Allemagne et le Japon sur le plan diplomatique, mais aussi (voire surtout) remplacer l’Angleterre dans son rôle de puissance tutélaire de toute l’Amérique du Sud – l’Amérique aux Américains (10) !
Toutefois, en lieu et place du président Ortiz (clairement pro-allié), Cordell Hull avait désormais face à lui un président Castillo bien plus réservé et craignant certainement un coup d’état en cas d’alignement sur les démocraties. Le chancelier Enrique Ruiz Guiñazú avait donc opposé une fin de non-recevoir aux demandes de Washington. Mais depuis, la pression américaine, notamment par l’intermédiaire de l’éternel rival brésilien, ne cessait de s’accroitre. Le pseudo-embargo imposé par les Etats-Unis sur les ventes argentines en Amérique du Nord n’avait que marginalement impacté l’économie du pays, les clients français et anglais suppléant les Américains et évitant une baisse significative du chiffre d’affaires. Mais eux même se retrouvaient de plus en plus obligés de régler leurs achats avec de l’argent américain – combien de temps pourraient-ils continuer de se fournir en viande de bœuf à Buenos-Aires ?
………
Au début de 1943, la situation de l’Argentine est donc très fragile. Les derniers accords commerciaux conclu avec l’Angleterre, particulièrement défavorables et tenant presque de l’extorsion (11), risquent d’achever de déstabiliser toute l’Amérique du Sud, donc l’effort de guerre allié. Dans les milieux les mieux informés, on murmure que les Anglais prétendent désormais payer aux Argentins des biens commerciaux des navires de guerre obsolètes ! Pareille escroquerie ne peut qu’attiser le mécontentement, alors que les élections présidentielles approchent sous l’état d’urgence et que le président Castillo paraît déterminé à imposer comme son successeur un puissant entrepreneur sucrier de la province de Salta, nommé Robustiano Patrón Costas. Celui-ci sera sûrement contraint de déclarer la guerre à l’Axe, ne serait-ce que pour sauver son commerce…
Or, l’armée ne semble pas disposée à suivre cet arrangement, qui perpétuerait un système frauduleux tout en mettant à bas la neutralité. Becker sait, de sources bien informées, qu’un groupe de généraux envisage de créer une organisation secrète, le Groupe des officiers unis (GOU), destiné à évincer Castillo. Bien sûr, l’Allemand ne connait pas ses membres, mais il soutiendra autant que de possible leurs actions, intrinsèquement favorables à l’Axe. De plus, des rumeurs de remaniement courent, on parle d’une éviction du ministre de la Guerre, le général Pedro Pablo Ramírez – des rumeurs que les hommes de l’Axe tentent d’amplifier ! Le futur de l’Argentine s’annonce donc agité, pense “Sargo” en traversant le poste frontière pour quitter enfin l’Uruguay…


Notes
1- Détail significatif : Heinz Lüning apparaît surtout dans l’Histoire par les réponses de Hoover et Rockefeller (associés au général-président Batista) aux récriminations de la Navy quant à la présence de sous-marins allemands dans les Caraïbes ! De là à penser qu’il fut le bouc émissaire involontaire et commode de l’absence de convois alliés le long des côtes américaines au début de l’année 1942, il n’y a qu’un pas. Lüning fut d’ailleurs le seul espion allemand exécuté en Amérique latine.
2- Ancienne filiale de la Norddeutscher Lloyd…
3- Il avait été question de monter un réseau aux USA via la General Electric. L’opération avait échoué quand l’homme choisi, un dénommé Immers (nazi connu et convaincu) vit tout simplement son visa refusé à la Douane ! Végétant à Porto Alegre et se faisant de nombreux ennemis du fait de son arrogance et de son imprudence, Immers fut finalement rapatrié en Allemagne en 1943.
4- Entre 1939 et 1943, la part de l’industrie dans les exportations argentine est passée de 2,9 % à 19,4 %, tandis que l’indice de production industrielle dépassait pour la première fois celui de la production agricole.
5- En 1943, on comptait 117 000 arrivées par an à Buenos-Aires, soit une augmentation de 62 % par rapport à 1936 et de… 1 387 % par rapport à 1930 ! La plupart de ces immigrants nationaux étaient de simples peons recherchant une situation meilleure que le servage dans les grands domaines – sans forcément la trouver.
6- Une expression très utile ! Elle sera réutilisée pour légitimer tous les coups d’état qui suivront…
7- On ne saurait que trop conseiller au lecteur l’album Tango d’Hugo Pratt, dans lequel il est notamment question du recours à certains anciens hors-la-loi très connus de l’ouest américain pour réprimer dans le sang (mais discrètement) les révoltes de paysans en Patagonie.
8- Ainsi, aux termes du traité Roca-Runciman du 27 avril 1932, l’Argentine conservait le droit de vendre ses produits au Royaume-Uni (mais en moindre quantité que les dominions) en échange de très grandes concessions en termes de droits de douane et de facilités d’investissement des Britanniques en Argentine. Le vice-président Roca déclara alors que « de par son importance économique, l’Argentine ne ressemblait qu’à un grand dominion britannique ». Cet accord, signé sous la pression de grands propriétaires fonciers argentins soucieux de conserver leurs marchés, fut finalement annulé le 28 juillet 1932 après d’intenses manifestations ouvrières. Le bras de fer entre partisans et opposants à l’ouverture économique se poursuivit sous une autre forme.
9- On rappellera les mots d’Hermann Göring dans les fameux Entretiens de Nuremberg (par Leon Goldensohn, Flammarion éd.). Interrogé sur d’éventuels projets en Amérique latine, l’intéressé aurait haussé les épaules pour répondre « Ach, que voulez-vous que nous allions faire là-bas ? »
10- Cette prise de pouvoir avait été engagée dès 1940, mais le Sursaut français avait empêché son achèvement en préservant les capacités des Anglais.
11- L'accord signé avec la mission diplomatique du Britannique Willingdon imposait à l’Argentine d’envoyer gratuitement à la Grande-Bretagne des milliers de bêtes, décorées aux couleurs argentines et portant la mention « Good luck ». Cet arrangement fut vivement critiqué par la presse et les hommes politiques argentins, d’autant plus que les régions les plus reculées du pays souffraient de malnutrition.


Dernière édition par Casus Frankie le Jeu Oct 11, 2018 18:31; édité 1 fois
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Tyler



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MessagePosté le: Jeu Oct 11, 2018 10:01    Sujet du message: Répondre en citant

Passionnant !!! Applause Applause Applause
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requesens



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Messages: 759

MessagePosté le: Jeu Oct 11, 2018 10:04    Sujet du message: Re: La guerre vue d'Argentine, par Demolition Dan Répondre en citant

14 février 1943
A Cuba, le but de l'opération Bolivar était avant tout renseigner les U-boots opérant dans la région – et des U-boots, il n’y en plus beaucoup dans les Caraïbes. De surcroit, l’homme de Berlin, un certain Heinz Lüning, se révéla comme un parfait incompétent, incapable même d’utiliser sa radio ! Sûrement plus intéressé par le déhanché des femmes locales que par les mouvements des navires, ses boîtes de dépôts restaient vides. Sa capture en août 1942 et son exécution trois mois plus tard n’avaient donc ému personne (1).
[/quote]

Merci pour cet éclairage original sur la guerre vue du sud du Rio Grande.
De nouveau my 2 cents ( 4 depuis ce matin ).
Au sujet de Cuba, je voulais vous parler d'un personnage incroyable: Gustavo Duran.
Espagnol, compositeur et homosexuel ( Malraux s'inspire de lui pour l'un des personnages de l'Ëspoir ). Lors de la guerre civile il rejoint les rangs républicains, est rapidement promu officier et se rapproche des communistes, il dirige briévement le SIM ( renseignements militaires ) Avant de rompre avec le PC, il finira la guerre colonel.
En 1939, resté en Espagne il va se livrer aux Nationalistes quand il est reconnu par des amis qui eux ont combattu avec Franco, ils le cachent et
réussisent a lui faire quitter le pays grâce à l'aide du cónsul britannique de la zone.
Réfugié en Angleterre, il se marie ( à la grande surprise de tous ) avec une représentante de la bonne sociéte britannique.
Lors de la seconde guerre, il est à Cuba ou ami d'Hemingway il doit surveiller pour le compte de l'OSS la comunauté espagnole.
Après-guerre, vivant à New-York il est poursuivi lors du Mac-Cartysme pour son passé "rouge". Il finira sa vie comme fonctionnaire international amant de l'oncle d'une ministre du Parti Populaire espagnol (
Laughing ) et será enterré en Grêce.
Pas mal, non ?
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“On va faire le trou normand. Le calva dissout les graisses, l'estomac se creuse, et y a plus qu'à continuer. »
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houps



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Messages: 572

MessagePosté le: Jeu Oct 11, 2018 10:28    Sujet du message: Répondre en citant

Tyler m'a fauché l'adjectif à propos du texte de Demolitiondan

Un petit correctif:

".....Le Sursaut français et le rapide contrôle de l’Atlantique par la Royal Navy et la Marine Nationale évitèrent au pays une dépression économique, les exportations croissant avec les besoins des Alliés.
Dans les milieux les mieux informés, on murmure que les Anglais prétendent désormais payer aux Argentins des biens commerciaux avec (?)des navires de guerre obsolètes !..."

requesens : en voilà des coloriages à faire !
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Timeo danaos et dona ferentes
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Bob Zoran



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MessagePosté le: Jeu Oct 11, 2018 11:40    Sujet du message: Répondre en citant

Je n'arrive pas à trouver les notes (10) et (11) dans le corps principal du texte. Elles ont du être oubliées.
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loic
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Messages: 4627
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MessagePosté le: Jeu Oct 11, 2018 12:46    Sujet du message: Répondre en citant

Excellent texte, mais qui serait peut-être mieux comme annexe que dans la chrono ?
_________________
On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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demolitiondan



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MessagePosté le: Jeu Oct 11, 2018 13:26    Sujet du message: Répondre en citant

Merci, merci, merci Cool . Je réponds pour ma partie et sous le couvert de Casus :

@Requesens : un profil atypique en effet Laughing
@Houps : OK
@Bob Zoran :

Citation:
remplacer l’Angleterre dans son rôle de puissance tutélaire de toute l’Amérique du Sud – l’Amérique aux Américains  10  !

Citation:
Au début de 1943, la situation de l’Argentine est donc très fragile. Les derniers accords commerciaux conclu avec l’Angleterre, particulièrement défavorables et tenant presque de l’extorsion  11

@ Loic : ce qui est prévu précisément Wink
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Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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Anaxagore



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MessagePosté le: Jeu Oct 11, 2018 14:13    Sujet du message: Répondre en citant

Les politiciens ne manquent jamais d'imagination pour donner un nom stupide à leur parti... mais là
Citation:
l’Union civique radicale antipersonnaliste
c'est fort !

Je n'ose pas demander pourquoi un nom aussi baroque... j'ai peur de la réponse.
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Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
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Hendryk



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Localisation: Paris

MessagePosté le: Jeu Oct 11, 2018 14:16    Sujet du message: Répondre en citant

Pauvre Argentine, un pays avec tant de potentiel, mais si mal dirigé...
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With Iron and Fire disponible en livre!
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Archibald



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Messages: 2803

MessagePosté le: Jeu Oct 11, 2018 14:32    Sujet du message: Répondre en citant

Anaxagore a écrit:
Les politiciens ne manquent jamais d'imagination pour donner un nom stupide à leur parti... mais là
Citation:
l’Union civique radicale antipersonnaliste
c'est fort !

Je n'ose pas demander pourquoi un nom aussi baroque... j'ai peur de la réponse.


c'est pas pire que le Partido Unitario de los Trabajadores Anarquistas INdigenos (qui doit surement exister quelque part entre Espagne et Amérique du Sud...)
_________________
"Au fond, comme chef de l'État, deux choses lui avaient manqué : qu'il fût un chef ; qu'il y eût un État" (De Gaulle à propos d'Albert Lebrun, 1944).
...
"La Meuse, ça ne m'intéresse pas" Gamelin à Corap, mars 1940.
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demolitiondan



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Messages: 1891
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MessagePosté le: Jeu Oct 11, 2018 14:49    Sujet du message: Répondre en citant

Euh :

- Union (faut bien commencer par là Laughing )
- Civique (car pas militaire),
- Radicale (car issue du parti radical),
- Antipersonnaliste (regroupe les opposants à Yrigoyen - trop vertical dans son exercice du pouvoir à leurs gouts).

En toute logique, ils soutiennent des militaires putschistes. Ca me rappelle les inconnus :

Benoit : - (sniffe de la coke)
Ah ouis !!! LE cur'' ! Ouais !!! Bon, si tu veux, son parcours est assez classique, hein :
- Il a été ministre sous Giscard D'Estaing...
- Ensuite il travaille pour Mittérand
- Et aujourd'hui il hésiste entre l'écologie et le Front National, avec qui il refuse tout alliance...
Henri-Brice : - Voilà, donc ça nous donnerait : Jack Beauregard pour une politique ferme, mais pas trop.
William : - Ouais, ça me parait pas mal, mais ça me rappelle quelque chose.... "Ferme, mais pas trop"... ???
Henri-Brice : - Bein, disons que c'était notre campane de publicité pour le camembert Bridoulou.
J'ai repris le concept, mais ça fonctionne...


Cher Hendryk, j'ignore si tu es familier du pays - si ce n'est pas le cas tu risque de t'amuser ici. Je pense notamment à un épisode qui ressemble presque à un sketch. Wink
_________________
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Alias



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MessagePosté le: Jeu Oct 11, 2018 14:50    Sujet du message: Répondre en citant

Le Mexique a bien le Parti révolutionnaire institutionnel.

Réfléchissez-y un moment.
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Stéphane "Alias" Gallay -- https://alias.erdorin.org
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Archibald



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Messages: 2803

MessagePosté le: Jeu Oct 11, 2018 16:06    Sujet du message: Répondre en citant

En effet Alias, c'est complètement imbécile. C'est comme si on disait "le chef des anarchistes". Ou "le froid de l'eau chaude"

ça me rapelle les Monty Pythons - la vie de Brian, avec le Front du peuple Judéen (à ne pas confondre avec le Front du peuple de Judée - et vice et versa, pour en revenir aux Inconnus)
_________________
"Au fond, comme chef de l'État, deux choses lui avaient manqué : qu'il fût un chef ; qu'il y eût un État" (De Gaulle à propos d'Albert Lebrun, 1944).
...
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Jeu Oct 11, 2018 16:47    Sujet du message: Répondre en citant

Alias a écrit:
Le Mexique a bien le Parti révolutionnaire institutionnel.

Réfléchissez-y un moment.


C'est vrai qu'il y a comme une contradiction dans les termes, et pas mal d'hypocrisie dans le contenu.

Pour mieux apprécier ce genre de chose, je conseille la lecture de la BD "Le Tueur" de Matz et Jacamon chez Casterman. Le personnage principal a le chic pour promener un regard cynique et désabusé sur les réalités du monde.
_________________
"Au jeu des trônes, il n'y a que des vainqueurs et des morts, il n'y a pas de demi-terme". La Reine Cersei.
"Les gens se disent en genéral affamé de vérité, mais ils la trouvent rarement à leur goût lorsqu'on la leur sert". Tyrion Lannister.
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Casus Frankie
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Localisation: Paris

MessagePosté le: Jeu Oct 11, 2018 18:36    Sujet du message: Répondre en citant

Merci (à Houps, notamment) pour les corrections.
J'ai placé les 2 appels de note manquants.
@ Loïc : C'est en effet ce qui est prévu, Annexe E D1.
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Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
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