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Opération Tortues Ninja, par Colonel Gaunt
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Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Fantasque Time Line Index du Forum -> 1944 - Asie-Pacifique
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Colonel Gaunt



Inscrit le: 26 Mai 2015
Messages: 1104
Localisation: Val de Marne

MessagePosté le: Ven Avr 10, 2020 12:38    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai tenu par ce texte à montrer que l'on n'oublie pas ces milliers de femmes de tous pays occupés par les japonais, qui ont subi prostitution et viol de force.
Ma grand-mère et ma grande-tante maternelle vietnamienne, paix à leurs âmes, en ont souffert.
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Les guerres de religion consistent à se battre pour savoir qui a le meilleur ami imaginaire
Citation vue sur le net
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Etienne



Inscrit le: 18 Juil 2016
Messages: 2238
Localisation: Faches Thumesnil (59)

MessagePosté le: Ven Avr 10, 2020 13:27    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Base Epervier, Dien-Bien-Phu – La cuvette était en pleine ébullition. Les artificiers venaient d’atteler les dernières bombes. Agglutinés autour des 50 moteurs en étoile Curtis-Wright,


Et comme l'a souligné Houps, beaucoup trop de verbes à l'imparfait pour la Chrono...

Citation:
ses passagers : le capitaine Pierre Boulle, les lieutenants Robert Maloubier et Jean Sassi, le capitaine vétérinaire Emile Bercoff et le lieutenant vietminh Van Tien Dung.
Tous les cinq se posèrent au milieu d’une rizière déserte. En une poignée de minutes, les cinq parachutes furent repliés. Il ne restait plus qu’à attendre un signe des Viets. A la grande satisfaction de Tran Van Dong

Euh, cinq hommes mais six noms?

Citation:
– Ce n’est pas un peu trop tôt ? objecta Maloubier.

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Dieu est une femme. La preuve : On dit toujours qu’il vaut mieux voir le Bon Dieu que ses seins.
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demolitiondan



Inscrit le: 19 Sep 2016
Messages: 3863
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MessagePosté le: Ven Avr 10, 2020 14:27    Sujet du message: Répondre en citant

Novembre 2018 !!! Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Le temps passe, mortel ... je me disais aussi qu'on avait pas encore parlé de la 731 ... Si tu peut noyer le concerné dans le lac ... rien du tout en fait. Il serait empoisonné aussi surement qu'avec des produits chimiques. Tel le serpent de Fréron .

Citation:
il n’est pas dans le secret des dieux, il ne sait pas ce qui se trame au niveau de l’Unité 731


Personne en vérité, ca relevait de l'armée du Kwantung. Même étonnant qu'ils soient là !

Citation:
L’immeuble Shell, siège de la société d’exploitation du pétrole indochinois, était devenu quelques mois plus tôt le siège de la Kempetai, apprit le commando français.


Ca fera des morts dans les alentours et parmi les prisonniers. C'est la vie ...
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Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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Archibald



Inscrit le: 04 Aoû 2007
Messages: 4640

MessagePosté le: Ven Avr 10, 2020 15:13    Sujet du message: Répondre en citant

Colonel Gaunt a écrit:
J'ai tenu par ce texte à montrer que l'on n'oublie pas ces milliers de femmes de tous pays occupés par les japonais, qui ont subi prostitution et viol de force.
Ma grand-mère et ma grande-tante maternelle vietnamienne, paix à leurs âmes, en ont souffert.


Et aujourd'hui encore, le Japon de Shinzo Abe (entre autres) n'en a rien a fiche... ce qui n'améliore guère les relations avec la Chine...

Des femmes de réconfort ? c'est quoi ça ?
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« Je ne crois pas que les Allemands aient jamais l’idée d’attaquer dans la région de Sedan. » Huntziger, 7/05/1940.

"Weygand c'est un mur, Gamelin un édredon" (Daladier)
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demolitiondan



Inscrit le: 19 Sep 2016
Messages: 3863
Localisation: Salon-de-Provence - Grenoble - Paris

MessagePosté le: Ven Avr 10, 2020 15:18    Sujet du message: Répondre en citant

Shinzo Abe est lié avec l'Inagawa-kai - le plus grand clan Yakuza de la péninsule . Lequel a fait son pognon sur le recouvrement de dettes, les clubs à hotesses et les donations généreuses aux organisations d'extrême droite ... tout est lié cher ami !
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Archibald



Inscrit le: 04 Aoû 2007
Messages: 4640

MessagePosté le: Ven Avr 10, 2020 17:07    Sujet du message: Répondre en citant

charmant... !!!

Citation:
La cuvette était en pleine ébullition.


ça me rapelles cette vieille blague, vue dans le film "Le poulpe" avec J.P Daroussin

"La cuvette est pleine de bouillon" dit il en entrant dans un bar louche... et même pas peur.

Très bon texte.
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Wardog1



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MessagePosté le: Ven Avr 10, 2020 17:22    Sujet du message: Répondre en citant

Après ce que les japonais ont fait en Asie, on peut presque dire qu'ils ont mérités ces bombes atomiques.
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"You and I are opposite sides of the same coin. When we face each other, we can finally see our true selves. There may be a resemblance, but we never face the same direction."

Larry Foulke
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Imberator



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MessagePosté le: Ven Avr 10, 2020 18:32    Sujet du message: Répondre en citant

Ça me fait toujours bizarre les textes FTL au passé.
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Point ne feras de machine à l'esprit de l'homme semblable !
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Sam Avr 11, 2020 08:11    Sujet du message: Répondre en citant

Tien, on a Teddy de Montréal, le dingue qui ne travaille qu'avec la dynamite. Il manque encore les frêres Volfoni, et Maitre Folace.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Avr 11, 2020 12:56    Sujet du message: Répondre en citant

Imberator a écrit:
Ça me fait toujours bizarre les textes FTL au passé.


C'est parce que c'est un texte "post-FTL", un peu comme les souvenirs de Madame Erika.
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Casus Frankie

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Casus Frankie
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Messages: 10981
Localisation: Paris

MessagePosté le: Sam Avr 11, 2020 13:02    Sujet du message: Répondre en citant

12 au 18 mars 1944
Des hommes, des femmes… et des tortues
Hanoi
– On entrait dans une phase critique de l’opération… l’attente ! Attendre plusieurs jours dans une cave creusée à même la terre, où ruisselaient les eaux de surface qui emplissaient les tunnels d’une boue stagnante et nauséabonde. Attendre dans la promiscuité d’étroits passages, à la fois lieux de travail et lieux de vie, où se bousculait la foule des Vietminh pour y manger ce que l’Occupant n’avait pu rafler, y dormir, y panser ses blessures ou pour y mourir de maladie, de sous-alimentation, d’une balle ou d’un éclat d’obus, ou même de désespoir et des autres conséquences psychologiques de la guerre.
Les Français ne rechignaient pas à donner un coup de main. Bercoff se transformait en médecin de fortune, Boulle, Sassi ou Maloubier participaient à la maintenance des tunnels… Ils n’imaginaient pas attendre sans rien faire, alors qu’ils voyaient ces jeunes gens, filles ou garçons, faméliques, n’ayant souvent que la peau sur les os, mais le regard enfiévré d’une lueur dure, sûrs de leur cause et de leur combat.
Les Français étaient surpris de voir le sexe féminin participer autant aux combats et aux gros travaux – tous étaient encore habitués au mode de vie occidental, bien que Sassi et Maloubier aient pu constater, pendant leurs missions en France occupée, que les Françaises ne le cédaient en rien aux Vietnamiennes quand le besoin se faisait sentir, y compris pour tenir un fusil. Maloubier participait à des travaux de terrassement et de soutènement, en équipe avec deux jeunes Indochinoises. Malgré la crasse, les mauvaises odeurs, la sueur, il était tombé sous le charme de ces beauté asiatiques – sans avoir osé un seul geste, il ne savait même pas quel âge elles avaient et la disette leur donnait une allure d’adolescentes. Mais les regards de l’Européen n’étaient pas passés inaperçus et les deux jeunes femmes, qui s’en amusaient, en jouaient même pour faire réaliser par le mâle un peu plus que sa part du travail.
Dans ces conditions, il fallait pouvoir s’amuser de peu, et se détendre sans rechigner. Maloubier se laissa faire quand une des deux jeunes femmes le prit par la main et l’emmena dans une sorte d’alcôve creusée à même la terre, sommairement consolidée par quelques planches et nichée dans un recoin du complexe souterrain. Un simple bout de tissu faisant fonction de paravent assurait une intimité symbolique. Etait-ce le jour ou la nuit ? Sous terre, peu importait.
Le seul article alimentaire en abondance se trouvait être le Ruou Can, l’alcool de riz macéré traditionnellement dans de grandes jarres de terre cuite, principale monnaie d’échange avec l’Occupant. Ce n’était pas du saké, mais, faute de mieux, les Japonais s’en contentaient. Un alcool de paysan reste un alcool, s’il est suffisamment fort pour vous faire oublier les tourments du quotidien ne serait-ce qu’un instant. Ce fut suffisant pour créer un petit havre de paix l’espace d’un moment, pour avaler un repas de circonstance avec quelques rations militaires partagées, entrecoupées de grandes rasades de Ruou Can, à la lumière tremblotante d’une petite bougie.
Aucun ne parlait la langue de l’autre, mais aucun n’avait envie de parler de toute façon, par pour ça. Les regards et les gestes étaient suffisamment explicites et réciproques. Une caresse sur un visage, une autre sur un avant-bras, deux visages qui s’effleurent, deux bouches qui se cherchent, deux corps qui se dénudent maladroitement puis s’allongent sur une mauvaise natte de bambou, juste oublier quelques instants l’enfer de la guerre dans le timide rapprochement des corps, le délassement des cœurs et, l’espace d’un instant, l’évasion vers un ailleurs. Puis les deux amants fugaces se séparèrent sans rien demander, réclamer ou espérer de ce présent fragile et de ce futur incertain.


Nuit du 18 au 19 mars 1944
Des héros et des tortues
Lac Hoan Kiem (Hanoi)
– Le couvre-feu était en vigueur depuis moins d’une heure quand une ombre se glissa furtivement par-dessus la petite barrière bordant le lac. Au loin, des patrouilles japonaises arpentaient les rues sans grande conviction…
Se glissant dans l’eau, l’ombre nagea silencieusement en direction de la petite bâtisse de style colonial qui trônait sur l’île de la Tortue. Là, deux hommes étaient installés sur un tapis de bambou des plus rudimentaires en train de se restaurer tout en discutant. L’un portait l’uniforme standard de l’Armée de Terre, l’autre arborait des vêtements sobres et neutres mais portait un brassard orné d’une inscription. Un soldat, un scientifique de l’Unité 731. Les renseignements fournis par le Vietminh étaient encore une fois aussi exacts que précis… Il n’avait rien de plus à savoir.
Il connaissait quelques bribes de japonais – des termes militaires – mais il ne s’attarda pas à essayer de comprendre ce qu’ils échangeaient. Ce que les deux Japonais avaient à se dire importait peu à cet instant ! Il lui fallait seulement attendre l’instant propice. Quelques minutes après, ayant fini de manger, le soldat s’éclipsa de l’autre côté du bâtiment pour se dégourdir les jambes et satisfaire un besoin naturel. A peine son compatriote l’avait-il perdu de vue qu’il gisait sur le sol, la gorge tranchée jusqu’à la trachée, l’empêchant ainsi de pousser un cri d’alarme avec son dernier souffle. Maloubier connaissait son métier. Deux ou trois minutes plus tard, le jeune biologiste chargé d’observer les mouvements des tortues sur le lac vit son carnet de notes se couvrir d’un sang abondant jaillissant avec force de ses carotides sectionnées – il n’avait même pas senti le fil de la lame. Le commando français venait de lancer la phase active de l’opération Tortue Ninja.
Trois autres formes noires, parties quelques minutes plus tard, rejoignirent Maloubier sur l’île, convoyé des paniers tressés en feuilles de bambou et remplis de poissons. Il fallait bien attirer les tortues ! Mais avant, un dernier point restait à résoudre.
Les deux paires de soldats japonais qui patrouillaient cette nuit aux abords du lac Hoan Kiem se ressemblaient beaucoup. Ils s’ennuyaient ferme et regrettaient de ne pas être avec leurs camarades qui se couvraient de gloire pour servir l’Empereur en massacrant quelques paysans et en violant quelques paysannes. En un mot, ce n’était pas la fine fleur de la force occupante ! Les meilleurs hommes du corps expéditionnaire japonais en Indochine avaient été fauchés devant Dien-Bien-Phu, sur la RC4 ou à Saigon – quand ils n’étaient pas tombés fin 1941 ou début 1942 en écrasant la stupide résistance des Colonialistes français ! Mais tous les Japonais devaient combattre, les centres de recrutement n’avaient pas fait la fine bouche. Cependant, on aurait pu inculquer à ces quatre hommes quelques règles élémentaires de prudence – par exemple, ne pas se précipiter tête baissée quand on entend un bruit suspect dans une ruelle déserte.
Puis un silence complet retomba sur le lac Hoan Kiem. Même les bruits de la faune vivant dans la végétation environnante semblèrent se taire pendant un moment. Au loin, à l’autre bout de la ville, deux explosions retentirent avec force et une lueur orangée illumina la nuit tandis que s’élevait un énorme panache de fumée…
A ce moment, renseignés par les pêcheurs qui connaissaient les habitudes des tortues, les nageurs se rendirent jusqu’au gîte nocturne de ces animaux pour les attirer en semant force poisons jusqu’à la rive. Pendant ce temps, venant des ruelles alentour, une douzaine de silhouettes se hâtaient vers le lac. Une tortue après l’autre, aidé par se compagnons, Emile Bercoff administra un puissant sédatif aux tortues et les remis aux Vietnamiens, qui les portèrent jusqu’à deux charrettes camouflées dans une ruelle discrète.
………
Dans les rues d’Hanoi – Un vénérable B15 criblé de balles, roulait à toute allure dans les malgré un pneu endommagé. Au volant, hilare, l’associé québecois du 113e exultait : « Tabernac’ de tabernac’ ! Ça me rappelle Lucien Cheval ! »
Son passager était un des hommes de Le Trong To, qui le regardait avec l’attention inquiète de ceux qui essaient de saisir quelques mots dans une langue étrangère. Hélas, bien que le résistant vietnamien eût de bonnes notions de français, il semblait que le conducteur parlât une toute autre langue ! Derrière, deux autres hommes de Le Trong To, dont un blessé, faisaient le coup de feu par la lunette arrière pour ralentir les véhicules japonais lancés à leurs trousses. Un tir chanceux atteignit à la tête le conducteur du premier, une Traction avant réquisitionnée, et la Citroën percuta un immeuble, stoppant ceux qui suivaient assez longtemps pour qu’ils perdent la trace du B15.
Au début, le plan s’était déroulé comme prévu : l’inspecteur Kay et un homme de Le Trong To, présenté comme un indicateur infiltré au sein de la Résistance devaient entrer dans le siège de la Kempetai, chacun portant une lourde valise. Mais un garde japonais un peu trop zélé avait voulu vérifier ses papiers et surtout les colis. Dispute, bagarre, échange de coups de feu… Kay était sorti de la Kempetai en criant à Teddy : « Barrez-vous, on est foutus ! »
Le groupe d’artificiers avait pris la fuite à bord du Citroën B15 en direction de l’objectif secondaire : le générateur électrique alimentant Hanoi. Pendant ce temps, Kay se sacrifiait en faisant sauter sa valise, étouffant dans l’œuf la poursuite que tentaient de lancer par les ens de la Kempetai.
A l’usine électrique, ce fut un assaut en règle. Plusieurs Résistants tombèrent, mais il restait assez de dynamite pour éteindre les lumières de la ville ! Une grande partie de la ville était désormais plongée dans le noir, ce qui n’avait pas empêché quelques véhicules de se lancer derrière le B15.
Le vénérable engin, percé comme une écumoire, mais dont le conducteur était miraculeusement indemne, rendit l’âme, radiateur troué et pneus lacérés. Ses occupants pouvaient prendre la fuite à pied. L’homme connu sous le sobriquet de Teddy de Montréal trouva quelques instants pour allumer un cigare local en s’esclaffant : « Hostie ! J’aime quand un plan se déroule sans accroc ! »
………
Sur le fleuve Rouge – Après un trajet d’une lenteur crispante, Boulle, Maloubier, Bercoff et une poignée de Résistants vietnamiens avaient fini par atteindre la rive du fleuve sans rencontrer de patrouille – les Occupants étaient occupés ailleurs. Leur précieux chargement fut transbordé sur une grande jonque, où se trouvaient déjà Van Tien Dung et Sassi.
Le premier s’était chargé d’acheminer la jonque, pendant que Jean Sassi s’occupait de neutraliser une petite patrouille qui continuait sa ronde sur les bords du fleuve Rouge, jugeant sans doute qu’il valait mieux poursuivre cette mission plutôt que de courir sus aux terroristes qui avaient attaqué la Kempetai. Planqué derrière des ballots entreposés le long de la rive, Sassi les avait détrompés en les fauchant par des rafales de Thompson rageuses.
Alors que la jonque s’éloignait de la rive et remontait le fleuve, l’opération semblait bien partie. Boulle, Maloubier et Sassi, l’arme au poing, guettaient fébrilement tout mouvement suspect. Bercoff, après avoir examiné ses précieuses cargaisons, se laissa aller : « C’était plus facile que je ne le pensais ! »
– Ce soir, en effet,
énonça Van Tien Dung. Mais dès demain, quand les Japonais auront compris toute l’affaire, mes frères d’Hanoi souffriront au centuple…
Le reste du trajet se fit dans un lourd silence.
………
Sur la rive du fleuve Rouge, une dizaine de kilomètres en amont d’Hanoi – La navigation fluviale de nuit, surtout tous feux éteints, n’est pas un exercice commode. Il fallut aborder sur les rives du Mékong plus en aval que ce qui était prévu. Le temps de trouver deux charrettes tirées par des bœufs pour déplacer la précieuse cargaison et la troupe menée par Boulle et Van Tien Dung arriva au lieu de rendez-vous avec deux bonnes heures de retard ! Un autre que Nguyen Van Hinh serait peut-être reparti… Mais l’avion était toujours là.
Le Showa L2D, surnommé Tabby par les Alliés, était un avion de transport japonais. Il n’avait pas été compliqué de maquiller un DC-3 d’Épervier en Tabby, celui-ci n’étant rien d’autre que la version sous licence du DC-3, volant avec des moteurs Mitsubishi !
La petite troupe s’approchant de l’avion, trois commandos français en armes les accueillirent. A leur tête, un officier un peu nerveux : « Alors, vous étiez en goguette à Hanoi ? » lança-t-il au capitaine Boulle avec un rire crispé. Certes, des Vietminh entouraient le terrain de fortune pour le sécuriser, mais la carte de la discrétion risquait d’être définitivement perdue à cause du délai imprévu. « Lieutenant Bassompierre, du CLI. C’est moi qui suis chargé de vous ramener à la maison, vous et vos colis. Crèvecœur n’a pas voulu me dire ce que c’était, il m’a dit que j’aurais la surprise ! Mais !? »
Des rafales éclatèrent tout près, dans la jungle. La chance du commando “Tortues Ninja” avait tourné. Les patrouilles japonaises qui parcouraient la jungle étaient plus compétentes que celles des rues d’Hanoi.
Quelques secondes de flottement suivirent, suffisantes pour que Dame la Mort obtienne son tribut. Plusieurs impacts vinrent faucher Bassompierre qui s’écroula dans les bras d’un Bercoff affolé. A 29 ans, l’ancien Cagoulard devançait son ami Joseph Darnand dans l’autre monde de quelques mois – il venait de gagner une Légion d’Honneur posthume et la reconnaissance de la Patrie, alors que son ami aurait droit au mépris national.
Les Vietminh et les autres commandos français, rompus à l’exercice, s’éparpillèrent comme un vol de moineaux. Plus vétérinaire que militaire, Bercoff se jeta vers l’une des cages de fortune dans laquelle se trouvait une des tortues comme pour faire rempart de son corps et protéger l’animal pour lequel tant de monde s’était donné tant de mal. Malheureusement, une rafale japonaise emporta d’un coup le Français et l’animal sacré vietnamien.
Au bout de plusieurs interminables minutes, une manœuvre permit à Sassi, Maloubier et Boulle, aidés des deux hommes de Bassompierre, de prendre en tenaille les Japonais, assaillis de l’autre côté par Van Tien Dung et ses Vietminh. Mais l’ennemi avait une radio, qui avait été utilisée… Il fallait partir au plus vite. Boulle, Sassi, Maloubier et Van Tien Dung montèrent à bord du DC-3 avec les trois tortues restantes, en emportant les corps de Bassompierre et de Bercoff.
L’avion avait essuyé plusieurs impacts de balles, sans conséquence au niveau de la carlingue mais plus problématique sur le moteur droit, qui semblait montrer des signes de faiblesse. Cependant, Nguyen Van Minh réussit tant bien que mal à faire décoller le DC-3, couvert par un petit essaim de Lysander du Groupe “Louvre”, sortis de la nuit pour arroser de petites bombes les environs.
Le vol retour fut inquiétant, le moteur droit émettant de temps en temps des bruits suspects, mais finalement, le DC-3 put se poser sur la piste d’Epervier, au grand soulagement de Sainteny et au ravissement des Vietnamiens. Giap serrait les mains des membres du commando à s’en faire tomber les bras et même Mast comprit enfin la portée de l’opération quand il vit les Vietnamiens vénérer les animaux rescapés.


Fin mars 1944… et après
Des tortues et des destins
Marseille
– L’annonce de la réussite de la mission provoqua de nombreux soupirs de soulagement. Les pertes humaines avaient été minimes en comparaison du gain diplomatique pour l’avenir des intérêts français dans cette partie du monde.
L’affaire fut évidemment étouffée par les plus hautes instances japonaises en Indochine. Officiellement, les tortues sacrées avaient péri sous les bombes des Colonialistes euro-américains. Mais la population d’Hanoi et du reste du pays préféra croire la version colportée par la Résistance qui chantait son action héroïque pour exfiltrer les tortues, faisant à peu près disparaître l’intervention des Français.
Lorsque des photos des tortues à Dien-Bien-Phu commencèrent à circuler sous le manteau, les Japonais diffusèrent une troisième version, où les Français avaient tout fait pour s’assurer la dévotion des Vietminh pouilleux et racialement inférieurs aux Nippons… Néanmoins, plusieurs chefs japonais durent prendre leurs responsabilités, payées pour certains au prix fort avec un wakizashi.
Van Tien Dung, déjà fort apprécié par Giap comme un des jeunes officiers vietminh les plus prometteurs, finit la guerre comme son bras droit attitré. Il devint commandant en chef de l’Armée vietnamienne dans le courant des années 70 et fut un inamovible ministre de la Défense dans les années 80.
Nguyen Van Hinh finit la guerre en Asie comme patron de la 62e EB Béarn. Peu après l’indépendance officielle du Vietnam, il devint le premier commandant en chef de l’aviation militaire du pays et resta en poste jusqu’à sa retraite malgré les divergences politiques entre lui et le régime “communiste vietnamisé” qui dominait la vie politique vietnamienne.
Pierre Boulle fit une reconversion fort réussie dans l’écriture en tant que romancier. Ce qu’il avait vécu pendant la guerre l’avait trop marqué pour qu’il acceptât les sollicitations pressantes du Quai d’Orsay qui voulait l’envoyer comme ambassadeur au Vietnam. Il avait besoin de changer radicalement de vie et se mit à l’écriture. Deux ouvrages, un roman sur la guerre en Asie, Le pont de la rivière Kwai, et un roman de science-fiction, La planète d’Hanuman, en firent une célébrité mondiale après leurs adaptations au cinéma.
Sassi et Maloubier, ayant pris le goût des aventures exotiques, connurent une seconde partie de carrière tout aussi agitée que la première (mais plus rémunératrice), dans tous les endroits du monde où on avait besoin de leurs services…

(Fin)
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DMZ



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MessagePosté le: Sam Avr 11, 2020 13:18    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Pendant ce temps, Kay se sacrifiait en faisant sauter sa valise, étouffant dans l’œuf la poursuite que tentaient de lancer par les ens de la Kempetai.


Citation:
La navigation fluviale de nuit, surtout tous feux éteints, n’est pas un exercice commode.

Heu, la navigation fluviale du nuit n'est jamais un exercice commode et ce ne sont pas les feux de navigation (servant et être vu et non à voir) qui vont y changer quelque chose. D'autant que je doute qu'une jonque en soit équipée...
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"Vi offro fame, sete, marce forzate, battaglia e morte." "Je vous offre la faim, la soif, la marche forcée, la bataille et la mort." Giuseppe Garibaldi
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Etienne



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MessagePosté le: Sam Avr 11, 2020 13:22    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Malgré la crasse, les mauvaises odeurs, la sueur, il était tombé sous le charme de ces beauté asiatiques – sans avoir osé un seul geste


Citation:
les nageurs se rendirent jusqu’au gîte nocturne de ces animaux pour les attirer en semant force poisons jusqu’à la rive.


Citation:
Emile Bercoff administra un puissant sédatif aux tortues et les remis aux Vietnamiens


Citation:
le générateur électrique alimentant Hanoi. Pendant ce temps, Kay se sacrifiait en faisant sauter sa valise, étouffant dans l’œuf la poursuite que tentaient de lancer par les ens de la Kempetai.

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demolitiondan



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MessagePosté le: Sam Avr 11, 2020 13:24    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
ces beauté asiatiques


Perturbé par le charme de la baie d'Halong ? Laughing

Citation:
deux corps qui se dénudent maladroitement puis s’allongent sur une mauvaise natte de bambou, juste oublier quelques instants l’enfer de la guerre dans le timide rapprochement des corps


Citation:
Un vénérable B15


Au risque de paraitre inculte, c'est quoi ?

Citation:
Montréal trouva quelques instants pour allumer un cigare local en s’esclaffant : « Hostie ! J’aime quand un plan se déroule sans accroc ! »


Yeaaaaaaah !

Citation:
finit la guerre comme son bras droit attitré. Il devint commandant en chef de l’Armée vietnamienne dans le courant des années 70 et fut un inamovible ministre de la Défense dans les années 80.
Nguyen Van Hinh finit la guerre en Asie comme patron de la 62e EB Béarn.

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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Avr 11, 2020 13:38    Sujet du message: Répondre en citant

Merci aux relecteurs - même si certains sont parfois un peu vétilleux. Wink
Le B15 - je vais préciser Citroën B15, une sorte de camion léger au look très années 30.
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Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
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