Fantasque Time Line Index du Forum Fantasque Time Line
1940 - La France continue la guerre
 
 FAQFAQ   RechercherRechercher   Liste des MembresListe des Membres   Groupes d'utilisateursGroupes d'utilisateurs   S'enregistrerS'enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Juin 1943 sur le Front Russe
Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4, 5, 6  Suivante
 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Fantasque Time Line Index du Forum -> 1943 - Le front russe
Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant  
Auteur Message
Tahitian Warrior



Inscrit le: 02 Mar 2016
Messages: 107
Localisation: Toulouse

MessagePosté le: Dim Aoû 12, 2018 02:15    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Bref, les ordres du Führer ont été obéis


Ce n'est pas plutôt "Bref, les ordres du Führer ont suivis" ?
_________________
« Il faut écouter beaucoup et parler peu, pour bien agir au gouvernement d'un État. » Armand Jean du Plessis de Richelieu
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 17 Oct 2006
Messages: 9251
Localisation: Paris

MessagePosté le: Dim Aoû 12, 2018 09:57    Sujet du message: Répondre en citant

Euh, non…
_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 17 Oct 2006
Messages: 9251
Localisation: Paris

MessagePosté le: Dim Aoû 12, 2018 10:13    Sujet du message: Répondre en citant

7 juin
Bataille du détroit d’Irbe – Les suites
Golfe de Riga
– Alertés par une série de messages de plus en plus fragmentaires et catastrophiques venant de l’escadre d’Y.F. Rall, Feldman a décidé, après un moment d’incertitude, de mettre le cap sur le détroit avec l’Oktjabrskaja Revolucija et ses dix petits compagnons. Mais peu après minuit, le BO-101 lance une alerte au sous-marin : il a aperçu le kiosque d’un U-Boot en surface, lequel s’est empressé de plonger, non sans lui décocher une torpille, que l’escorteur a évité de justesse.
Suivent de longs moments pendant lesquels le cuirassé zigzague de son mieux tandis que les bâtiments légers qui l’entourent s’agitent frénétiquement. Enfin, le BO-107 signale qu’il a un contact sonar de bonne qualité. Le BO-107 a en effet bénéficié de la générosité des Britanniques, qui lui ont offert un équipement asdic relativement récent… et ont appris aux opérateurs à s’en servir efficacement. Guidés avec précision par le BO-107, les BO-103 et BO-106 réussissent à envoyer par le fond l’U-259 au bout de trois quarts d’heure de chasse.
Soulagé, mais redoutant la présence d’autres submersibles, Feldman s’apprête à reprendre la route du détroit, quand un message urgent arrive de Leningrad : ordre formel à l’Oktjabrskaja Revolucija d’éviter toute confrontation avec la flotte de surface ennemie, sinon pour protéger les transports de troupes. La destruction du Marat a laissé des traces !
La rage au cœur, Feldman se résigne à faire des ronds dans l’eau en attendant le lever du soleil. Quand l’aube vient, il doit constater que les Allemands n’ont pas cherché à couler la flottille de transport ni son vieux cuirassé. Ils se sont apparemment évaporés ! Sans chercher à résoudre cette énigme, il prend position à proximité de la côte de Courlande.

Bataille de Courlande
Côte nord-est de la Courlande
– La 6e Brigade de Fusiliers marins a débarqué sur les plages au nord-ouest du village de Roja. La localité est au débouché d’une route avec un revêtement en dur menant à l’intérieur des terres. La tête de pont n’est pas bien large (cinq kilomètres de profondeur, trois kilomètres au nord-ouest et quatre au sud-est) mais les quatre mille hommes et dix chars T-40 parvenus sur le rivage sont soutenus par l’artillerie navale de l’escadre de Rall et par l’aviation de la Flotte.
D’ailleurs, la résistance allemande est très faible. L’aviation signale des groupements de la taille de compagnies ou de bataillons à Dundagen [Dundaga], [Mērsrags] et Talsen [Talsi], ainsi qu’une garnison plus étoffée à Venstpils… mais rien qui pourrait dans l’immédiat rejeter les Soviétiques à la mer. D’ailleurs, l’Oktjabrskaja Revolucija se fait un plaisir de marteler impitoyablement les rares éléments allemands qui tentent de jalonner la progression de l’infanterie de marine.
Les opérations de débarquement se poursuivent dans la journée, permettant à une compagnie de chars T-34 et à la moitié de la 3e Brigade, venue de Saaremaa, d’étoffer les défenses hâtivement implantées.

Bataille du détroit d’Irbe – Les suites
Golfe de Riga
– Sur la passerelle de l’Oktjabrskaja Revolucija, le capitaine de 1ère classe Feldman est soucieux. Seuls six La-5 orbitent au-dessus du navire pour assurer sa protection contre une attaque de la Luftwaffe. Bien que les quatre Régiments de Chasse des VVS-VMF de Baltique alignent environ cent vingt appareils (ce qui permet de maintenir en vol une quarantaine de chasseurs en même temps), c’est tout ce qui a pu être consacré à la protection du cuirassé ! Le problème est qu’en plus de la couverture de l’Oktjabrskaja Revolucija, la chasse soviétique doit s’assurer la maîtrise du ciel de la presqu’île, escorter les Il-2 qui appuient les attaques des fusiliers marins, protéger les bateaux qui amènent renforts et ravitaillement de Saaremaa et Hiiumaa… et ce n’est pas tout. A ces missions évidemment prévues par les concepteurs du plan est venue s’ajouter l’escorte des bombardiers et des avions torpilleurs qui vont tenter de venger les navires de la Flotte du Drapeau Rouge coulés dans la nuit, mission devenue prioritaire.
………
C’est qu’au matin, les premiers avions de reconnaissance soviétiques ont rapporté une nouvelle un peu consolante après la catastrophe nocturne. Un grand croiseur fasciste est en panne à l’ouest du détroit d’Irbe ! Malgré leur manque d’entraînement, les trente Il-4 de la MTAD ont été armés de torpilles et les trente Pe-2 de bombes perforantes. Ils seront accompagnés par les dix MiG-5 disponibles, chargés d’assaillir les escorteurs, et couverts par une vingtaine de Yak-9 et de La-5.
Une cible de grande taille immobile ou presque, on n’a pas le droit de la rater ! Camarades, il faut venger les camarades de la Flotte qui ont héroïquement donné leur vie cette nuit pour sauver la Mère Patrie ! Les équipages des avions d’assaut qui décollent vers le détroit d’Irbe sont peu entraînés à l’attaque d’une cible navale, certes, mais ils sont décidés à tout donner, y compris leur vie ! Et puis, c’est vrai, une cible de grande taille immobile, même pour des aviateurs peu entraînés…
………
Leur agressivité serait sans doute encore accrue s’ils savaient ce qui vient de se produire entre Hiiumaa et la côte estonienne. Les survivants de la bataille de la nuit précédente ont longé la côte nord de Saaremaa et sont passés entre cette île et Hiiumaa. Rall a ordonné à quatre des destroyers de retourner au sud de Saaremaa pour couvrir les navires qui transportent les troupes entre cette île et la tête de pont de Courlande.
Le Maksim Gorky ne peut donner plus de 15 nœuds et manœuvre difficilement – il ne zigzague donc pas et, malgré les trois destroyers qui l’accompagnent, fait une bonne cible pour l’U-34, qui va pouvoir se consoler de ne pas voir arriver le cuirassé signalé l’avant-veille. L’Oberleutnant z. See Hagenau fait lancer une salve de quatre torpilles, dont trois touchent ! Le naufrage du Gorky parachève la défaite soviétique de la veille – vexation supplémentaire, l’U-34, pourchassé jusqu’à la nuit par l’escorte, est assez sérieusement endommagé par plusieurs grenadages, mais parvient à s’échapper…

Opération Dvina-Niémen
Pendant ce temps, sur le front principal, les combats se poursuivent.
Contre la 18. Armee – Protégés par un impressionnant barrage d’artillerie, les pontonniers soviétiques achèvent leur mission durant la nuit. Sans plus attendre, Butkov lance ses premiers chars de l’autre côté de la Salacea, tandis que des détachements d’infanterie franchissent la rivière sur des embarcations plus ou moins improvisées. Faute de moyens, ni la 61. ni la 217. ID ne peuvent étouffer toutes les percées. Il leur faut de nouveau battre en retraite vers le sud. Krappe et Lasch entendent cette fois se repositionner le long de la rivière Svetupe, entre Svētciems et Pāle. Mais chaque abandon de terrain se paie une fois encore par des pertes humaines et matérielles.
Tandis que la 4e Armée continue de pousser ses deux pointes vers le sud, Mazsalaca brûle d’un bout à l’autre, incendiée par les bombardements. Seule la vieille église luthérienne est miraculeusement épargnée. Les Soviétiques y découvriront trois cents civils terrorisés, entassés dans ce qui reste aujourd’hui encore l’un des plus beaux bâtiments de style rococo de Livonie. Dans la confusion, Werner Göritz ordonne le sauve-qui-peut. Quelques centaines de rescapés de sa 291. ID – dont lui-même – parviendront à rallier les lignes allemandes après une marche épique de plusieurs dizaines de kilomètres sur les arrières des 1ère et 4e Armées.
A Valga, l’arrêt des attaques soviétiques n’est pas passé inaperçu. Lindemann ordonne de lancer de nouvelles contre-attaques pour donner un peu plus d’air aux défenseurs de la ville, mais cet arrêt de la 7e Armée pose question. Les idées du commandant de la 18. Armee s’éclaircissent d’un coup quand il apprend la mise en mouvement de la 42e Armée et qu’il se voit confirmer la progression de la 4e Armée. Valga n’aurait-elle été qu’un leurre pour attirer ses forces ? Si l’attaque de la 42e Armée réussissait à bousculer l’aile gauche de la 16. Armee, il serait inévitablement coupé de ses arrières. Ne pouvant obtenir un ordre de repli que von Küchler ne lui donnera pas, Lindemann entame discrètement le renforcement de ses communications. Désormais rejetée de l’autre côté de la ligne de séparation entre les deux armées du HeeresGruppe Nord, la 12. ID est retirée des premières lignes et envoyée à Stackeln [Strenči] pour protéger la route et la voie ferrée reliant Valga à Wolmar [Valmiera]. Enfin, Lindemann commence à représenter à son supérieur l’impossibilité de tenir Valga sous la menace d’une percée ennemie au travers de l’armée de Busch.
………
Contre la 16. Armee – Le saillant de Rositten [Rezekne] est quasiment encerclé. Seule la partie sud-ouest est encore virtuellement en contact avec le reste du territoire letton occupé, mais le 14e Corps Blindé avance vite et coupe une par une les dernières voies de communication encore ouvertes. Rositten [Rezekne] elle-même reçoit ses premiers obus.
Mais Zygin et Lopatine ne peuvent pas encore l’attaquer. La 14e Armée aérienne a averti Merestkov : les panzers sont en route. Les agents infiltrés par le NKVD à Jakobstadt ont confirmé l’arrivée progressive de plusieurs dizaines de chars moyens et de quelques chasseurs de chars lourds. Cette nouvelle n’enchante pas les tankistes soviétiques. En comptant sur leurs deux corps blindés et sur les chars en réparation, ils ne disposeront, au mieux, que de trois cents chars et cent vingt canons automoteurs. Mais Timochenko se montre optimiste : les KV-85 n’auront aucun mal à éliminer les Panzer III et l’artillerie et l’aviation se chargeront du reste. Le représentant de la Stavka va jusqu’à ordonner au 13e Corps Blindé de pousser son avantage contre les SS lettons avant de revenir à l’ouest de Rositten [Rezekne].
Cet effort prolongé contre l’unité SS facilite le travail de la 27e Armée. Berzarine peut avancer sans trop de risques vers Rugāji en ne rencontrant que des éléments épars de la 253. ID. Plus au nord, la 42e Armée a vite pris la mesure de la 121. ID et lui inflige de terribles dommages. Morozov peut indiquer à Popov que son objectif pour J + 3, Marienburg [Alūksne] sera vraisemblablement atteint avec vingt-quatre heures d’avance.

Bataille du détroit d’Irbe – Les suites
Golfe de Riga
– Sur l’Oktjabrskaja Revolucija, Feldman est de plus en plus inquiet. Certes, le dreadnought peut compter sur une abondante artillerie antiaérienne : quatre pièces de 76,2 mm, quatorze pièces de 37 mm, dix mitrailleuses de 13 mm et quatre-vingt neuf de 7,62 mm. On peut y ajouter la DCA des cinq destroyers de classe Novik (10 x 45 mm, 10 x 37 mm et 10 x 13 mm), celle des cinq escorteurs ASM de classe BO (10 x 37 mm et 20 x 12,7 mm) ainsi que celle des six petits dragueurs restés avec le cuirassé (6 x 45 mm et 6 x 37 mm). Mais si elle fait nombre, cette artillerie n’est pas adaptée à la menace aérienne moderne.
………
Ces inquiétudes ne sont pas celles des quelques troupiers allemands qui tentent de contrôler l’avance des fusiliers marins soviétiques, sans pouvoir s’y opposer. Pour les Landsers, l’intervention du cuirassé représente une menace redoutable. Certes, les obus de 120 mm ne les impressionnent pas plus que ça : la plupart sont des vétérans qui ont déjà subi des tirs de barrage de 122 mm de l’artillerie soviétique administrés par des dizaines de pièces. Mais l’impact des obus de 305 mm est non seulement plus destructeur mais encore plus effrayant : il n’y a pas de survivants là où ils tombent. Deux ou trois vétérans de la Campagne de France se croient revenus trois années en arrière, le 18 juin 1940, quand, au sud de Carentan, le Courbet avait salué à sa manière la progression de la Division Fantôme vers Cherbourg. Comme le cuirassé français à l’époque, l’Oktjabrskaja Revolucija tire lentement, trois obus à la fois.
Des plaintes – des appels à l’aide plutôt – remontent des unités combattantes allemandes vers le commandement. Elles suscitent d’abord de l’incrédulité, car les états-majors chargés de la défense de la presqu’île croyaient que la Flotte Rouge n’était plus un danger : à Berlin, la Kriegsmarine n’avait pas tardé à claironner l’élimination des croiseurs soviétiques. Mais il faut déchanter. La Luftwaffe est alors sollicitée pour museler l’importun cuirassé.
………
Pour achever le Lützow, le commandement des VVS-VMF estime que les torpilles sont l’arme la plus efficace. Pour offrir aux Il-4 la cible la plus facile à atteindre, les Pe-2 attaqueront d’abord les destroyers qui s’efforcent de remorquer le Panzerschiff (en effet, les remorqueurs demandés à Memel ne sont pas encore arrivés). Bombardiers et torpilleurs devront attaquer « sans se soucier de l’éventuelle opposition de la chasse fasciste, et moins encore de la DCA » disent les ordres.
Par bonheur, la chasse allemande se compose, au moment où arrive le raid soviétique, d’une douzaine de Bf 110. Il est vrai que les Bf 109 sont engagés sur le front terrestre, que le détroit d’Irbe est loin de leurs bases et (peut-être surtout) que la demande d’une couverture de chasse a mis longtemps à cheminer de l’état-major de la Kriegsmarine à celui de la Luftwaffe…
Les Yak-9 et les La-5 chassent sans trop de mal les bimoteurs allemands et les Pe-2 piquent sur les destroyers qui ahanent en tirant les remorques. Le Z-6 Theodor-Riedel est secoué par plusieurs near-miss et rompt sa remorque. Du coup, le Z-23 en fait autant.
Quand les Il-4 se présentent, par groupes de trois, la cible est parfaite et la Flak relativement réduite – la DCA du Lützow a été très endommagée la nuit précédente par les obus du Kirov. Malgré leur inexpérience, les équipages soviétiques vont obtenir là le plus grand succès de l’histoire des VVS-VMF. Sur trente torpilles, cinq vont au but. On n’ose imaginer combien de torpilles des avions japonais auraient mis au but dans les mêmes conditions, mais ces cinq-là suffiront – d’autant plus qu’elles sont toutes à bâbord : leur cible immobilisée, les Il-4 ont tous pu attaquer du même côté.
A 11h18, le Lützow chavire et sombre.
………
Curieusement, un autre drame aéronaval se joue à peu près au même moment, de l’autre côté de la péninsule de Courlande.
Le Hauptmann Steentz conduit dix-huit Stukas du 1./StG 2, couverts par dix Bf 109 F. Vers 11h15, les appareils allemands arrivent sur zone. Les chasseurs soviétiques en couverture – à ce moment, six Yak-9 – tentent de s’opposer aux attaquants, mais les Bf 109 de l’escorte les repoussent, en abattant trois en échange d’un des leurs. Les Stukas vont pouvoir attaquer en deux vagues, la première menée par Steentz en personne, la seconde sera conduite par le déjà fameux Hans-Ulrich Rudel (promu Hauptmann deux mois plus tôt).
A l’approche des appareils ennemis, le commandant Feldman met le cap au nord-est pour s’éloigner de la côte et manœuvrer, car ses seuls moyens de défense sont à présent sa DCA et les manœuvres évasives. Ne disposant pas à bord d’un officier de contrôle de la chasse comme sur les grands navires des marines occidentales, il ne peut appeler à l’aide d’autres chasseurs. L’Oktjabrskaja Revlolucija commence une série de lacets pour dérégler la visée des pilotes des Stukas.
La première bombe, celle du Hauptmann Steenz, perce le pont au pied de la tour de commandement, entre celle-ci et la tourelle B. Elle termine sa course dans la chaufferie avant, où son explosion provoque celle des chaudières, tuant tous les membres du personnel. Le dreadnought étant aux postes de combat, la chaufferie avant alimente le groupe des turbines avant tandis que la chaufferie arrière alimente le groupe arrière. Dans la salle des machines avant, l’ingénieur mécanicien responsable constate que ses turbines ne sont plus alimentées en vapeur. Il ordonne aux mécaniciens d’isoler le collecteur de vapeur vers l’avant et fait ouvrir les vannes pour recevoir la vapeur provenant de la chaufferie arrière. L’opération ne prend que quelques minutes, mais pendant ce temps, si les deuxième et troisième Stukas ratent leur cible, la bombe du quatrième perce le pont tribord au-dessus de la même chaufferie et, en explosant, ouvre une brèche de 2 m2 dans le bordé, sous la ligne de flottaison. L’importante entrée d’eau fait giter le navire sur ce bord. Pressentant que la blessure pourrait être mortelle, le commandant Feldman fait abattre sur bâbord pour échouer le cuirassé à la côte encore proche. Cette manœuvre inattendue désoriente les cinq derniers Stukas du groupe Steenz, dont les autres bombes tombent à la mer ; seuls quelques éclats blessent des canonniers. Mieux encore pour le moral de l’équipage, la riposte du cuirassé abat un des assaillants.
Bien que désespérée, la manœuvre réussit et l’Oktjabrskaja Revolucija parvient à se jeter à la côte. Mais le navire, bien que gravement endommagé, n’est pas hors de combat, comme le montre le tir acharné, quoique peu efficace, de sa DCA. Rudel plonge à son tour, ordonnant à ses huit équipiers d’espacer leurs piqués. Sa bombe perce le pont avant juste devant la tourelle triple de 305 mm. Elle explose dans la soute, faisant sauter les munitions de 305 dans un jaillissement de flammes et de fumée noire. Quand le nuage de fumée se dissipe, la plage avant est séparée du reste du navire, tandis que la tourelle A et la tour de commandement ont purement et simplement disparu – avec elles, le capitaine de 1ère classe Feldman et trois cent vingt-neuf hommes d’équipage.
Devant l’état du cuirassé, les huit derniers Stukas se détournent de l’épave et vont bombarder les destroyers soviétiques. Mais toucher de petites cibles qui zigzaguent à vingt-cinq nœuds n’est pas un travail facile pour des pilotes novices. Seul le Volodarskij est secoué par une bombe qui tombe à proximité, enfonçant une partie de sa coque mais sans ouvrir de brèche. Les autres destroyers sont indemnes. L’un des assaillants est touché à la jambe de train gauche ; en se posant, celle-ci va se briser et l’avion capotera, tuant pilote et mitrailleur.
A bord de l’arrière du cuirassé, qui flotte encore (seule la proue est échouée), les officiers survivants constatent que la partie en arrière de la tourelle B est structurellement intacte. L’onde de choc a désamorcé les pompes d’alimentation et éteint les chaudières, privant le navire de toute énergie. D’autres auxiliaires ont stoppé et les disjoncteurs électriques ont déclenché. Le lieutenant de vaisseau Petr Borisovitch Grichine, qui commande en second l’artillerie (c’est l’officier survivant le plus ancien dans le grade le plus élevé !) donne l’ordre à quatre dragueurs de pousser sur la coque de manière à la disposer parallèlement au rivage. Puis, en remplissant volontairement certains doubles-fonds, l’ingénieur mécanicien Maksim Petrovitch Belaev achève d’échouer le cuirassé avec une faible gite de 2° sur bâbord.
Toute l’après-midi, à la lueur de l’éclairage de secours, une partie de l’équipage isole tous les tuyautages et circuits électriques rompus dans l’explosion. Une autre épontille la cloison étanche qui séparait la chaufferie avant de la chambre des machines avant. Sur le pont, les équipes de DCA veillent tandis que les VVS-VMF de Baltique ont renforcé leur couverture – il est vrai qu’à présent, la chasse au-dessus de la zone de débarquement peut couvrir à la fois l’infanterie de marine et l’Oktjabrskaja Revolucija.
La nuit n’interrompt pas l’activité frénétique des marins soviétiques.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Capitaine caverne



Inscrit le: 11 Avr 2009
Messages: 3165
Localisation: Tours

MessagePosté le: Dim Aoû 12, 2018 21:02    Sujet du message: Répondre en citant

Pauvre capitaine de premier rang Feldmann! Il n'a décidément pas eu de chance avec ses navires celui-là. Mais bon, après la perte de deux cuirassés et autant de visite des locaux du NKVD, j'ai l'impression qu'il a eu une excellente idée de mourir au combat. Ca surement été plus rapide qu'à l'occasion d'une troisième et vraisemblablement dernière visite après avoir perdu un troisième bâtiment.
_________________
"Au jeu des trônes, il n'y a que des vainqueurs et des morts, il n'y a pas de demi-terme". La Reine Cersei.
"Les gens se disent en genéral affamé de vérité, mais ils la trouvent rarement à leur goût lorsqu'on la leur sert". Tyrion Lannister.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
FREGATON



Inscrit le: 06 Avr 2007
Messages: 948
Localisation: La Baule

MessagePosté le: Lun Aoû 13, 2018 08:59    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:

Le dreadnought étant aux postes de combat, la chaufferie avant alimente le groupe des turbines avant tandis que la chaufferie arrière alimente le groupe arrière. Dans la salle des machines avant, l’ingénieur mécanicien responsable constate que ses turbines ne sont plus alimentées en vapeur. Il ordonne aux mécaniciens d’isoler le collecteur de vapeur vers l’avant et fait ouvrir les vannes pour recevoir la vapeur provenant de la chaufferie arrière.


Détail tout à fait pertinent qui donne un coté très réaliste au récit, ApplauseApplause
_________________
La guerre virtuelle est une affaire trop sérieuse pour la laisser aux civils.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
JPBWEB



Inscrit le: 26 Mar 2010
Messages: 1542
Localisation: Kuala Lumpur

MessagePosté le: Lun Aoû 13, 2018 09:57    Sujet du message: Répondre en citant

FREGATON a écrit:
Casus Frankie a écrit:

Le dreadnought étant aux postes de combat, la chaufferie avant alimente le groupe des turbines avant tandis que la chaufferie arrière alimente le groupe arrière. Dans la salle des machines avant, l’ingénieur mécanicien responsable constate que ses turbines ne sont plus alimentées en vapeur. Il ordonne aux mécaniciens d’isoler le collecteur de vapeur vers l’avant et fait ouvrir les vannes pour recevoir la vapeur provenant de la chaufferie arrière.


Détail tout à fait pertinent qui donne un coté très réaliste au récit.


A ce propos, je me demandais, quel est l’intérêt de prélever de la vapeur provenant de la chaufferie arrière pour alimenter la salle des machines avant ? Je suppose que, classiquement, les dreadnoughts de la classe Gangut ont 4 arbres d’hélice, dont les deux arbres extérieurs sont entrainés par les turbines avant et les deux arbres intérieurs par les turbines arrière. Dans la mesure ou la chaufferie arrière alimente déjà plein pot les turbines arrière, si on prélève de la vapeur pour alimenter l’avant, ça va diminuer d’autant ce qui est livré à l’arrière, et donc diminuer d’autant la puissance développée par les turbines arrière, non ? En d’autres termes, pour maintenir la vitesse et les capacités d’évolution du navire, vaut-il mieux concentrer 100% de la puissance disponible sur deux arbres, ou répartir la puissance sur 4 arbres ?
_________________
"Les grands orateurs qui dominent les assemblées par l'éclat de leur parole sont, en général, les hommes politiques les plus médiocres." Napoléon
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 17 Oct 2006
Messages: 9251
Localisation: Paris

MessagePosté le: Lun Aoû 13, 2018 10:00    Sujet du message: Répondre en citant

FREGATON a écrit:
Détail tout à fait pertinent qui donne un coté très réaliste au récit, ApplauseApplause


Et dû, bien entendu, à Capu Rossu, comme toute cette partie du récit.
_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 17 Oct 2006
Messages: 9251
Localisation: Paris

MessagePosté le: Lun Aoû 13, 2018 10:16    Sujet du message: Répondre en citant

8 juin
Bataille du détroit d’Irbe – Les suites
Golfe de Riga
– Si un calme relatif est revenu sur le détroit d’Irbe, les eaux entre Saaremaa et la Courlande continuent d’être parcourues par les petits bâtiments soviétiques, qui achèvent de transporter en Courlande les troupes de la 3e Brigade d’Infanterie de Marine. Celles-ci sont bien nécessaires, car les renforts allemands affluent dans la péninsule : l’OKW a dégagé des réserves qui vont tenter de rejeter à la mer les éléments débarqués en Courlande.
………
Moscou – La consternation provoquée par le résultat de la bataille de la nuit du 6 au 7 est encore aggravée par le torpillage du Kirov et par les premiers rapports sur le bombardement de l’Oktjabrskaja Revolucija. Elle n’est qu’atténuée par la destruction du Lützow.
Puis, viennent de bonnes nouvelles. Les fusiliers marins sont apparemment solidement implantés en Courlande. Ils sont à présent deux brigades et il ne semble pas que les Allemands soient capables d’empêcher le transfert de Saaremaa en Courlande de la dernière brigade de la 4e DFM. La Flotte du Drapeau Rouge a perdu ses grandes unités, mais non le contrôle du golfe de Riga ! Et puis, on apprend que, finalement, l’Oktjabrskaja Revolucija n’est pas vraiment perdu – enfin, pas complètement. Il peut encore être utile.
Youri F. Rall a eu le bon goût de périr dans le naufrage du Kirov et Feldman a disparu à son poste de commandement… Pour le moment, il n’est pas question de faire tomber d’autres têtes. « On verra plus tard s’il faut sévir, et contre qui ! » commente sobrement Staline en personne. L’amiral Tributs peut (provisoirement) pousser un soupir de soulagement. Lui sait bien que les grands croiseurs de classe Chapaev ne vont pas tarder à être opérationnels (1) et qu’en revanche, les rapports de tous les services de renseignements alliés indiquent que les Allemands n’ont en construction aucun navire susceptible de remplacer le Lützow
………
Berlin – Tout allait presque bien jusqu’au matin du 7, et puis la destruction du Lützow a fait passer un frisson d’inquiétude dans le dos des officiers de l’état-major de la Kriegsmarine. Dans la soirée, la rituelle conférence d’état-major devant Hitler commence par un bilan complet des combats navals et aéronavals de Baltique. Puis le silence se fait. Et, miracle ! Après quelques instants d’une profonde réflexion, le Führer lâche : « Bien. Assurez-vous que le Seydlitz, l’Admiral Scheer et deux flottilles de destroyers rejoignent la Forteresse Norvège. Kummetz pourra contrôler la Baltique avec le Nürnberg et le Leipzig. » Un instant de silence, puis Hitler ajoute : « Et j’ordonne que désormais, aucun navire de guerre allemand ne soit débaptisé. » Percevant un flottement parmi les assistants, il daigne expliquer : « Suis-je le seul ici à avoir constaté que trois des navires coulés en Baltique avaient changé de nom ? C’est significatif ! »
Hitler, volontiers superstitieux, sait que, pour de nombreux marins, changer le nom d’un navire est de mauvais augure. De fait, c’était le cas du Lützow (ex-Deutschland), du Petropavlovsk (ex-Lützow) et de l’Oktjabrskaja Revolucija (ex-Gangut). Quoi qu’il en soit, cette coïncidence semble avoir amorti la colère du Chef. La Kriegsmarine va se hâter d’obéir à ses ordres. Les réparations du Seydlitz vont être menées au pas de charge et, fin juin, le croiseur lourd, l’Admiral Scheer et les 4e et 7e Flottilles de Destroyers auront rejoint les fjords de Norvège en profitant de quelques jours de mauvais temps (voir appendice 1).
………
Côte nord-est de la Courlande – Pendant que les états-majors font des bilans et des projets, sous le pont de l’Oktjabrskaja Revolucija, l’ingénieur mécanicien Belaev dirige une inspection méthodique, compartiment par compartiment, de ce qui reste du navire. Un énorme travail, mais les hommes sont animés par le désir de rendre hommage à leurs camarades disparus et de tenter de les venger.

Bataille de Courlande
Nord-est de la Courlande
– La flottille soviétique achève de débarquer la 3e Brigade d’Infanterie de Marine. A peine arrivés, les hommes sont envoyés en première ligne, où la situation a commencé à se détériorer. Un temps surpris, les Allemands se sont en effet ressaisis et activent des contre-mesures.
Des forces disparates se concentrent à Talsen autour de la 18. Luftwaffen FeldDivision et du 505. Btn de Chars lourds, sous le commandement du général Wolfgang Erdmann. A Markgrafen, un Kampfgruppe est formé avec le Marine-Artillerie-Abteilung 538 (une compagnie d’infanterie, un détachement de marins affectés au phare local, deux batteries de quatre canons de 75 mm chacune et une batterie antiaérienne de quatre canons de 20 mm) et des fantassins venus de Riga. Il est placé sous les ordres du capitaine de corvette Louis Lesewitz. Enfin, à Windau, un second Kampfgruppe d’artilleurs de marine et de marins est placé sous la responsabilité du capitaine de corvette Ernst Graeff. Ce dernier groupe comprend notamment plusieurs pièces antichar Skoda de 47 mm (initialement destinées à des positions défensives autour du port) et trois blindés légers SdKfz 222 armés d’un canon de 20 mm.
A dix heures, jugeant qu’il faut intervenir au plus vite, Erdmann ordonne aux éléments déjà parvenus à Talsen de filer vers le nord pour barrer la route aux « envahisseurs ». Tankistes et soldats de la Luftwaffe se mettent en route les premiers, longeant la voie ferrée à gabarit étroit qui traverse Sassmacken [Valdemārpils] et Anuži.
En fin de matinée, ces premiers contre-attaquants atteignent la gare de Lube, qu’ils trouvent fortifiée par des fusiliers-marins. Démunis d’armement lourd, les Soviétiques arrosent les blindés au fusil antichar sans résultat, quelques courageux tentant même d’approcher avec des mines. En réponse, les obus des blindés mettent le feu à la gare. C’est l’arrivée d’un Petlyakov Pe-2R de reconnaissance qui sauve les survivants. Alerté par la fumée de l’incendie, l’équipage vient constater la situation avant d’appeler à l’aide des Iliouchine Il-2. Pris à partie par les avions d’assaut, les chars se replient temporairement, laissant le temps aux marins de décamper.

Opération Dvina-Niémen
Contre la 18. Armee
– Les deux bataillons de canons automoteurs envoyés par le HeeresGruppe Mitte ne s’attardent pas à la gare de Riga. Ils partent immédiatement vers le nord afin de secourir les 61. et 217. ID qui se replient sous la pression croissante de la 1ère Armée et du 12e Corps Blindé. Seules les réactions des hommes de Lasch, qui multiplient les contre-attaques de harcèlement, contrarient Kourkine, car elles mettent en péril son planning. Et le soutien aérien commence à donner des signes de faiblesse.
Le général soviétique ignore que la 13e Armée aérienne est ailleurs, appelée au secours par la 4e Armée. Trop confiant, Gusev a laissé ses trois divisions (la quatrième toujours coincée à Mazsalaca) avancer parallèlement par deux routes différentes. Lindemann flaire immédiatement le bon coup. Laissant la défense de Wolmar [Valmiera] aux troupes de la Luftwaffe, le chef de la 18. Armee lance la 22. Panzer contre le flanc droit de Gusev. Les cinquante Panzer III d’Eberhardt Rodt déboulent par surprise sur les flancs d’une malheureuse division près de Rencēni, détruisant ses quelques chars avant de traverser ses colonnes. Enhardi, Rodt fait parcourir une quinzaine de kilomètres à ses équipages afin d’aller frapper l’autre pointe de la 4e Armée avant qu’elle n’approche de Matīši. Accourues au son du canon, deux compagnies de fusiliers sont engagées au canon par les panzers avant que ces derniers ne soient rappelés. La malchance et la destruction des moyens de communication radio de la première division engagée font perdre un temps précieux aux aviateurs soviétiques, qui ne localisent la 22. Panzer qu’à son arrivée sous la protection des canons antiaériens acheminés par la Luftwaffe à Wolmar [Valmiera].
Tandis que les combats s’enlisent à Valga, Lindemann décide de profiter du succès de la journée pour amadouer von Küchler. Les lourdes pertes subies par les 1. et 21. ID privent son armée de deux divisions. De plus, la 4e Armée récupérera vite après l’escarmouche du jour et à quatre divisions contre une et demie, la situation risque de devenir très rapidement périlleuse pour les défenseurs de Wolmar [Valmiera]. Il faut entériner la perte de Valga et en extraire au plus vite les défenseurs. Ebranlé par l’évolution de la situation (et notamment par la chute de Marienburg aux mains de la 42e Armée), von Küchler promet de demander leur repli à l’OKH.
………
Contre la 16. Armee – Peu confiant dans ses chances de repousser la contre-attaque allemande, Meretskov a tenté durant la nuit de convaincre Timochenko de passer sur la défensive, le temps que la 14e Armée aérienne réduise les rangs des Panzers. Mais ni ce dernier ni Voronov n’ont voulu l’écouter : maintenant que le 14e Corps est enfin arrivé, il n’y a plus lieu d’avoir peur. Il faut attaquer avant que les blindés ennemis ne soient prêts à le faire, ainsi aura-t-on plus de chances de les vaincre. Le 13e Corps du général Sakharov devra attaquer de front, tandis que Kirichenko se chargera de l’aile droite adverse.
La bataille de Stirniene commence très tôt le matin.
A l’aube, les premières lignes allemandes commencent à recevoir les obus d’une brève préparation d’artillerie. Von der Chevallerie a tout juste le temps d’avertir Steiner que les premiers chars soviétiques se dévoilent. Bakharov a placé en pointe des KV-85, contre lesquels les 50 mm des Panzer III de la 13. Panzer se révèlent dramatiquement insuffisants… contrairement aux 85 mm des KV. Même si, conformément à leur habitude, les tankistes soviétiques ont emporté plus d’obus explosifs que de perforants, le calibre de leurs munitions suffit à défoncer les minces blindages des Panzer III. Manœuvrant pour protéger ces derniers derrière ses Panzer IV, von der Chevallerie se tire d’affaire grâce aux tirs longue portée des Hornisse du 655e Btn de chasseurs de chars lourds, qui forcent les Soviétiques à se redéployer.
Au sud, le 14e Corps Blindé tombe sur la division SS Wiking et l’engage d’emblée. Alerté par les premiers combats, Steiner a anticipé cette attaque et a placé ses Leopard en embuscade. Les premiers KV-85 et T-34 encombrent vite le champ de bataille d’épaves en flammes, mais c’est bientôt une mêlée confuse où l’on se canonne de tout près et où certains ne dédaignent pas les tentatives d’éperonnage. Restés en arrière, les lourds automoteurs SU-122 et SU-152 tirent sur tout ce qui bouge, détruisant parfois des engins soviétiques, avant d’être engagés à leur tour par deux pelotons de Panzer III de la 3. Panzergrenadier. Menacés d’être tournés, les automoteurs doivent pivoter pour pouvoir se défendre, ce qui les rend très vulnérables.
Après quatre heures de combat, Merestkov ordonne aux survivants de ses deux corps blindés de battre en retraite vers le nord-est. Mais l’encerclement de Rositten [Rezekne] n’est pas encore brisé. Il faut encore percer les lignes des 34e et 39e Armées.
Au soir, les deux camps font le bilan. Les mémorialistes de la Panzerwaffe reconnaîtront cinquante-trois chars mis hors de combat, dont la moitié ne seront pas réparables (essentiellement des Panzer III et des Leopard). En face, les Soviétiques auraient perdu un peu plus de cent blindés.
Le dépit de Staline sera à peine atténué par l’éclatante réussite de la 27e Armée qui, après avoir parcouru une longue distance, a fini par s’emparer de Rugāji en éliminant au passage l’essentiel des services de la 13. SS-Grenadier.


9 juin
Bataille du détroit d’Irbe – Les suites
Côte est de la Courlande
– Après quarante-huit heures de travail acharné, les chaudières de la chaufferie arrière de l’Oktjabrskaja Revolucija peuvent être rallumées. Les dynamos, alimentées en vapeur, sont relancées et alimentent en électricité tous les compartiments intacts et, surtout, les installations de l’artillerie : les deux tourelles triples de 305 mm centrale arrière (C) et arrière (D) sont de nouveau aptes à tirer, ainsi que les quatre casemates arrière bâbord (du côté terre). Les monte-charge peuvent de nouveau apporter obus et gargousses aux canons tandis que les moteurs de pointage des grosses tourelles peuvent les manœuvrer.
La tourelle B n’a pu être remise en service, car les monte-charge la reliant à sa soute à munitions ont été faussés.
………
Au large de Memel – L’U-34 rentre au port, mais les avaries qu’il a subies sont telles qu’on doit lui envoyer du secours. C’est le ravitailleur Lech qui se porte à sa rencontre pour l’assister… Hélas, le temps s’est quelque peu gâté, la mer est forte – les deux bâtiments s’abordent et le sous-marin sombre ! L’accident fait quatre morts dans l’équipage de l’U-34.

Bataille de Courlande
Nord-est de la Courlande
– Pendant ce temps, les combats sur terre redoublent d’intensité. Forts de deux brigades et d’une partie d’une troisième, les Soviétiques ont pu progresser et tiennent une zone d’une douzaine de kilomètres de diamètre. Chargé d’éliminer cette tête de pont, Erdmann mobilise ses trois groupements.
Sur la côte, le Kampfgruppe Lesewitz avance prudemment avec l’appui de ses pièces d’artillerie et disperse un bouchon soviétique à Valgaciems.
De son côté, le KG Graeff rallie la compagnie retranchée à Dundaga et avance vers l’est. A la sortie du village de Kurbe, son avant-garde est visée par des tirs provenant de la forêt alentour. Des rafales de mitrailleuse clouent les fantassins au sol tandis que des blindés émergent des bois. Mais il ne s’agit que de chars légers T-40. Un canon de 47 mm très vite mis en batterie met en fuite les Soviétiques, qui abandonnent deux épaves fumantes sur le terrain.
Après avoir pris la gare de Lube, le 505. Btn de Chars lourds et les soldats de la Luftwaffe qui le soutiennent poursuivent leur progression, mais pour peu de temps. Prenant conscience de la menace, Voronov a ordonné à Popov de barrer la route de Roja avec la compagnie de T-34 arrivée la veille. Les éclaireurs d’Erdmann ne repèrent la présence des chars qu’au tout dernier moment. Surprise à découvert, l’infanterie s’égaille en tous sens, laissant les chars seuls. Mais les adversaires ne sont pas de force égale. Même ralentis par un sol boueux et peu adapté à leur masse, les Tiger encaissent sans broncher les obus de 76 mm avant de riposter. Quatre T-34 sont bientôt détruit, plus un cinquième tandis que les autres abandonnent la partie. Une fois encore, l’arrivée d’Iliouchine Il-2 contraint les Allemands à ralentir leur avance et permet aux défenseurs de décrocher. Mais les choses se dégradent très nettement : sans renforts d’armes capables de repousser les Tiger, les fusiliers-marins risquent d’être rejetés à la mer.
Après quelques échanges entre la Flotte de la Baltique, la Stavka et les différents quartiers généraux de Leningrad, une solution d’urgence est trouvée. Ordre est donné à la 10e Division de la PVO de se séparer de quelques tubes de 76 et de 85 mm. Les canons, leurs servants et leurs munitions partiront sur les premiers bateaux à faire la liaison entre l’île de Saaremaa et la Courlande.

Opération Dvina-Niémen
Contre la 18. Armee
– Journée d’agonie pour les restes du XXVI. ArmeeKorps. En sacrifiant leur arrière-garde, Krappe et Lasch peuvent in extremis établir une ultime ligne de défense entre le phare de Kurmeraage [Kurmags] et Lemzal [Limbaži], alors que le grondement de dizaines de moteurs de char ne laisse aucun doute sur les intentions des Soviétiques.
Mais d’autres bruits de moteurs se font entendre au sud. Les premiers automoteurs des 185. et 226. StuG Abt sont accueillis avec un soulagement visible par les Landsers. Avertis de leur présence, Butkov et Kourkine font d’abord grise mine avant de se reprendre. Comme il est hors de question de sacrifier les chars pour ne pas gâcher l’exploitation de la percée à venir, la 1ère Armée obtient un soutien accru de la 13e Armée aérienne. Kourkine fait également accélérer la montée vers l’avant de nouvelles batteries d’artillerie lourde. Dans l’intervalle, les Frontoviki s’enterrent et procèdent à des reconnaissances pour dévoiler l’emplacement des Sturmgeschutz.
Au nord-est, Gusev peste toujours contre son trop grand optimisme des jours précédents, mais aussi contre la 13e Armée aérienne, qui ne l’a pas avisé de la présence d’une division blindée allemande à Wolmar [Valmiera]. L’attaque inopinée de la 22. Panzer a été un rappel salutaire dont les conséquences n’ont pas été trop graves. Les commandants de division sont rappelés à leur devoir de vigilance. En attendant, Gusev rappelle en urgence la quatrième division de son armée et remet de l’ordre dans les trois autres. Les unités attaquées n’ont pas évoqué la présence de chars lourds parmi les assaillants de la veille, ce qui est une bonne nouvelle, et surtout, les reconnaissances ne signalent pas la présence d’une autre formation blindée dans la région.
Mais en face, les Allemands ont aussi leur lot de bonnes nouvelles. Travaillé par Lindemann, von Küchler a obtenu l’autorisation de dégager ses troupes du saillant de Valga pour les redéployer sur une ligne Stacklen-Smilten [Strenči-Smiltene]. Il peut ainsi récupérer l’essentiel des 21., 58., 254. et 32. ID, qu’il ajoute aux 96. et 12. ID déjà extraites. Hitler valide cette décision tout en exigeant l’organisation d’une contre-attaque sur le flanc droit de la 42e Armée, en plein mouvement vers le sud-ouest.
………
Contre la 16. Armee – Laissant les Hornisse et la 13. Panzer couvrir le flanc gauche de l’attaque, Busch lance les SS de la Wiking et la 269. ID à l’assaut du périmètre extérieur de l’encerclement de Rositten [Rezekne]. Couverte par tous les avions encore opérationnels de la LuftFlotte I et accompagnée d’une opération de diversion de la 3. Panzergrenadier, l’attaque perce les lignes soviétiques. Mais dans l’après-midi, Steiner doit faire face à une violente contre-attaque de la 39e Armée. Abandonnant les cieux face à des nuées d’avions soviétiques, la Luftwaffe ne peut être d’un quelconque secours et au sol, la bataille tourne rapidement au corps à corps le plus sauvage. Mais à la fin, les Allemands restent maîtres du terrain. Au nord, la 34e Armée et les deux corps blindés de Meretskov tentent de prendre par surprise von der Chevallerie, mais sans succès. Comme la veille, la puissance de feu du 655. Btn de Chasseurs de chars lourds se révèle déterminante : Lopatine rendra compte dans la nuit de nombreux cas de T-34 ou même de KV-85 détruits par des coups directs à plus de mille mètres, voire davantage.
Ecœuré et ne disposant plus que de la moitié de ses blindés à peine, Meretskov prend sur lui de contacter directement Staline pour solliciter un repli temporaire du saillant, le temps de faire souffler ses troupes et de réparer ce qui peut l’être. L’accord de la Stavka tombe en fin de soirée.
Réciproquement, dans le prolongement de son accord pour l’évacuation de Valga, Hitler avalise également le repli sur Schwanenburg des 30. et 126. ID, de ce qui reste des 121. et 253. ID et de la 13. SS-Grenadier-Division. L’idée cette fois est de constituer un groupement suffisamment puissant pour dissuader les 27e et 42e Armées de poursuivre leur avance vers le sud-ouest.


10 juin
Bataille de Courlande
Nord-est de la Courlande
– Dès le début de la matinée, les Allemands ont la désagréable surprise d’être à nouveau la cible d’obus de gros calibre. Un Bf 110 de reconnaissance se fait abattre par un Yak 9, mais non sans avoir envoyé un message confirmant l’invraisemblable : le cuirassé échoué sur la côte est encore en état de combattre. Les six pièces de 305 mm et les quatre pièces de 120 mm (2) encore opérationnelles du cuirassé pilonnent les positions allemandes, gênent ou interdisent les mouvements de troupes et déchaînent un orage d’acier sur toute attaque.
Un nouvel assaut du 1./StG 2 est mis sur pied, mais cette fois, les Faucons de Staline veillent. Les douze Bf 109 F de l’escorte ne peuvent permettre aux Ju 87 D de percer l’écran constitué par vingt-cinq Yak 9 et La-5. Les Stukas sont obligés de se délester de leurs bombes pour échapper au massacre. Deux Bf 109 et trois Ju 87 sont abattus en échange de quatre Yak 9 et cinq LaG 5 mais, imperturbable, l’Oktjabrskaja Revolucija n’a pas interrompu une seule minute son soutien à l’Infanterie de Marine.
La Luftwaffe montera plusieurs raids contre le cuirassé les semaines suivantes, sans jamais arriver à le faire taire. Seul le manque de munitions en aura raison !
En 1945, la Marine soviétique renflouera l’Oktjabrskaja Revolucija pour le ramener à Kronstadt. Il y sera partiellement reconstruit pour servir de ponton-école de canonnage, avant d’être transformé en musée à la gloire de la Flotte du Drapeau Rouge pendant la Grande Guerre Patriotique.
………
Avoir un cuirassé opérationnel couvrant de son feu tout le secteur qu’il doit attaquer ne fait pas les affaires d’Erdmann. Mais le navire est gravement endommagé et ne doit sans doute pas disposer de beaucoup de munitions. De plus, il ne pourra pas couvrir toute la zone en même temps. En attaquant des trois côtés à la fois, on peut espérer que deux des axes d’attaque seront épargnés par une pluie meurtrière d’obus de gros calibre. En face, le moral soviétique remonte. Grâce à une liaison radio avec le PC de la 6e BMS, au déploiement d’équipes d’observateurs sur le front et à l’activité de deux hydravions de réglage de tir, l’équipage se coordonne avec les troupes au sol afin de déterminer les cibles les plus intéressantes. Enfin, sur le cuirassé, on s’attelle à récupérer les obus de la tourelle B pour les canons des tourelles C et D, ainsi que les obus des 120 mm des casemates tribord pour les 120 mm des casemates bâbord arrière.
………
La journée est une succession de mouvements dans les deux camps. Tandis que les Allemands cherchent à avancer tout en échappant aux salves des tourelles encore opérationnelles de l’Oktjabrskaja Revolucija, les Soviétiques tentent de faire face et d’étouffer chaque début de percée. L’échec du raid matinal sur le cuirassé dissuade la Luftwaffe de s’engager à nouveau, ce qui laisse aux aviateurs de la Flotte de la Baltique une supériorité aérienne totale. Engageant tous les effectifs disponibles dans la péninsule et ceux raflés dans les dépôts et gares de Lettonie, Erdmann parvient pourtant à avancer presque partout. Pour sauver la tête de pont, l’amiral Tributs ordonne d’abandonner toutes les positions situées à plus de dix kilomètres de Roja, seul point d’entrée des renforts qui continuent d’affluer par voie maritime. Parmi eux, les premiers canons de 85 mm destinés à lutter contre les chars lourds adverses.

Opération Dvina-Niémen
Contre la 18. Armee
– La 1ère Armée ne laisse aucun répit aux restes du XXVI. AK.
Les combats commencent dans la nuit : sans emploi du fait d’un débarquement mené hors de la portée théorique des batteries de Courlande, les groupes d’assaut constitués par la Flotte pour les neutraliser ont été prêtés au 1er Front de la Baltique. Popov leur a ordonné de s’emparer du phare de Kurmeraage. Mais une forte pluie et des courants plus forts qu’attendus dispersent les assaillants. Seule une trentaine d’hommes parvient jusqu’au lieu de débarquement prévu. Les positions allemandes sont rapidement submergées par des fusiliers survoltés qui parviennent jusqu’au bâtiment du phare. Une dizaine de défenseurs s’y retranchent dans les parties hautes. Pendant plusieurs minutes, on s’étripe à coups d’armes automatiques et de grenades puis, à court de munitions, de pelle, de couteau et de crosse. Une contre-attaque montée à la hâte élimine finalement le dernier des hommes débarqués et dégage du phare cinq survivants hagards.
A l’aube, Kourkine lance ses divisions à l’assaut des lignes allemandes, défendues par deux divisions d’infanterie en mauvais état et deux Abteilungen de canons automoteurs. Lindemann est présent en première ligne pour encourager ses hommes. L’attaque frontale ne donne rien : les vagues soviétiques paient un lourd tribut aux obus explosifs tirés par les canons de 105 mm des StuH 42, tandis que les StuG III dissuadent les blindés de trop s’avancer. Galvanisés, les Landsers tiennent bon et ne laissent aucune faille exploitable dans leurs positions. Le commandant soviétique se rend à l’évidence : la percée ne se fera pas ce jour.
A la 4e Armée, Gusev a été avisé des mouvements allemands autour de Wolmar [Valmiera]. Mais le GRU est formel : le gros des divisions doit se déployer à l’est et au nord-est, de ce qui laisse une chance de déborder la garnison par le nord-ouest et l’ouest. La 7e Armée reçoit l’ordre de gêner ce déploiement en attaquant vivement Valga, qu’une forte arrière-garde doit défendre jusqu’au tout dernier moment.
Mais la défense allemande s’impose : ni Gusev ni Krutikov ne parviennent à prendre un avantage décisif. La 22. Panzer-Division court sur le champ de bataille et éteint tous les incendies à mesure qu’ils s’allument. La pression grandit sur les épaules de Popov, Timochenko et Voronov : Jdanov sait que la réussite de Dvina-Niémen pourrait lui être très utile politiquement et harcèle les trois généraux. Il faut absolument parvenir à la Dvina et une poignée de divisions allemandes ne doivent pas l’en empêcher.
Il n’y a bien que Morozov qui passe à côté de la colère de Jdanov. Progressant vers Smilten, sa 42e Armée va pouvoir aider la 7e à forcer le verrou allemand. Mais ni Morozov ni Popov ne se doutent que quelque chose se prépare contre le flanc droit de cette armée.
………
Contre la 16. Armee – Busch rend compte du repli soviétique à l’est de Rositten [Rezekne]. En retour, von Küchler l’informe de la volonté d’Hitler de conserver ce saillant afin de barrer la route de Riga et de Jakobstadt au 2e Front de la Baltique. Il faut en outre profiter de la faiblesse momentanée des forces adverses pour leur infliger une nouvelle défaite et ainsi les dissuader de repartir à l’attaque.
C’est à la Wiking que Busch confie cette mission. Epaulée par la 3. Panzergrenadier, l’unité SS est envoyée vers le sud-est pour dégager la rive nord du lac de Raznas, ce qu’elle réussit avec un minimum de pertes. Mais Steiner relève que les défenseurs du secteur étaient peu nombreux et visiblement très peu motivés. La partie septentrionale du front paraît beaucoup plus solide. Mais la présence d’un fort groupement à Bērzpils autour de la 253. ID et de la 13. SS-Grenadier-Division pourrait se révéler utile.
Côté soviétique, Meretskov et ses chefs d’armée et de corps blindé se démultiplient pour remettre d’aplomb des troupes très affectées par les combats des derniers jours. Les ateliers de réparation tournent jour et nuit pour remettre en état les véhicules touchés (les armuriers du 13e Corps Blindé en profitent pour faire remonter les bons résultats de l’automoteur SU-85, dont seuls quelques exemplaires sont malheureusement encore en état de combattre). Consigne est passée aux commissaires politiques de faire le tour des formations démoralisées, tandis que les magasins régimentaires sont discrètement priés d’augmenter les rations de vodka.


Notes
1- Le Vasili Chapaev dès la fin du mois de juin, le Zheleznyakov fin août et le Chkalov fin octobre. Ces bâtiments, dérivés de la classe Kirov, jaugent 15 000 t à pleine charge et leur armement principal est constitué de 12 canons de 180 mm en quatre tourelles triples. Deux autres sont en achèvement et deux en construction en Mer Noire.
2- En fait, il reste huit x 120 mm au cuirassé, mais son artillerie secondaire étant en casemate, seule la moitié sont battantes du côté de la terre.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
FREGATON



Inscrit le: 06 Avr 2007
Messages: 948
Localisation: La Baule

MessagePosté le: Lun Aoû 13, 2018 10:36    Sujet du message: Répondre en citant

JPBWEB a écrit:

A ce propos, je me demandais, quel est l’intérêt de prélever de la vapeur provenant de la chaufferie arrière pour alimenter la salle des machines avant ? Je suppose que, classiquement, les dreadnoughts de la classe Gangut ont 4 arbres d’hélice, dont les deux arbres extérieurs sont entrainés par les turbines avant et les deux arbres intérieurs par les turbines arrière. Dans la mesure ou la chaufferie arrière alimente déjà plein pot les turbines arrière, si on prélève de la vapeur pour alimenter l’avant, ça va diminuer d’autant ce qui est livré à l’arrière, et donc diminuer d’autant la puissance développée par les turbines arrière, non ? En d’autres termes, pour maintenir la vitesse et les capacités d’évolution du navire, vaut-il mieux concentrer 100% de la puissance disponible sur deux arbres, ou répartir la puissance sur 4 arbres ?


"Classiquement" comme tu dis, effectivement.

Sauf que si j'en crois Wiki, bizarrement sur cette classe de bâtiment, la répartition des turbines sur les lignes d'arbres intérieures et extérieures n'est pas homogène:
- les LA extérieures reçoivent les turbines haute pression,
- les LA intérieures reçoivent les turbines moyenne (croisière) et basse pression.

Donc si on veut profiter à plein de la production de vapeur restante il faut que la détente de celle-ci s'effectue sur les trois étages de turbine ((HP, MP et BP) pour conserver un rendement maximum. D'où le fait de garder les 4 LA en service.

Cette disposition "exotique" est probablement due à des contraintes d'architecture des compartiments extérieurs (manque de volume?).

Classiquement et pour assurer une meilleure redondance, mais ce ne semble pas être le cas ici, chaque LA est normalement dotée d'un groupe turbo-réducteur disposant de trois étages de turbines (HP, MP et BP).

Vieux Sage Ok, j'arrête la technique... Arrow
_________________
La guerre virtuelle est une affaire trop sérieuse pour la laisser aux civils.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
JPBWEB



Inscrit le: 26 Mar 2010
Messages: 1542
Localisation: Kuala Lumpur

MessagePosté le: Lun Aoû 13, 2018 11:41    Sujet du message: Répondre en citant

FREGATON a écrit:

Vieux Sage Ok, j'arrête la technique... Arrow

Merci beaucoup pour l’explication de texte. La Marine Impériale Russe est un de mes sujets préférés, mais j’ignorais totalement cette disposition originale. Il semble bien en effet que les Gangut disposaient de trois salles des machines, situées côte à côte dans l’axe du navire. Les deux compartiments extérieurs contenaient les turbines HP, couplées aux deux lignes d’arbre extérieures, et le compartiment central contenait le reste des turbines, couplées aux deux lignes d’arbre intérieures. Je me demande si ça signifie que le navire n’utilisait ses quatre hélices que lorsqu’il avançait à pleine vitesse ? S’agissant de turbines a entrainement direct, le rendement ne devait pas être fameux.

On dira ce qu’on veut, mais quand on voit les contorsions rendues nécessaires par les premières générations de navires a turbines, l’avantage est manifeste en faveur de la propulsion turboélectrique, telle qu’installée sur 6 cuirasses américains, sur les porte-avions classe Lexington et sur le paquebot Normandie. Puissance, souplesse et rendement optimal. Mais c’était 10-15 ans plus tard.
_________________
"Les grands orateurs qui dominent les assemblées par l'éclat de leur parole sont, en général, les hommes politiques les plus médiocres." Napoléon
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Anaxagore



Inscrit le: 02 Aoû 2010
Messages: 6524

MessagePosté le: Lun Aoû 13, 2018 11:52    Sujet du message: Répondre en citant

Je m'étais intéressé à la production électrique de ces navires et j'avais eu envie de me taper la tête contre un mur. Non seulement le système électrique était archaïque (courant continue) et illogique (probablement aussi à cause de contrainte de construction) mais il n'avait jamais été modernisé. (imaginez un "truc" déjà obsolète et construit avec les pieds qui a eu le temps de vieillir pendant 20 ans, je garantis les mauvaises surprise... alors je ne m’étonne pas vraiment pour les turbines.
_________________
Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
DMZ



Inscrit le: 03 Nov 2015
Messages: 431
Localisation: France

MessagePosté le: Lun Aoû 13, 2018 12:23    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
A la 4e Armée, Gusev a été avisé des mouvements allemands autour de Wolmar [Valmiera]. Mais le GRU est formel : le gros des divisions doit se déployer à l’est et au nord-est, de ce qui laisse une chance de déborder la garnison par le nord-ouest et l’ouest. La 7e Armée reçoit l’ordre de gêner ce déploiement en attaquant vivement Valga, qu’une forte arrière-garde doit défendre jusqu’au tout dernier moment.

Supprimer ce "de" ?

Citation:
Mais Steiner relève que les défenseurs du secteur étaient peu nombreux et visiblement très peu motivés. La partie septentrionale du front paraît beaucoup plus solide. Mais la présence d’un fort groupement à Bērzpils autour de la 253. ID et de la 13. SS-Grenadier-Division pourrait se révéler utile.

Supprimer le deuxième "Mais" ?

Citation:
2- En fait, il reste huit x 120 mm au cuirassé, mais son artillerie secondaire étant en casemate, seule la moitié sont battantes du côté de la terre.

(...) seule la moitié est battante (...)
_________________
"Vi offro fame, sete, marce forzate, battaglia e morte." "Je vous offre la faim, la soif, la marche forcée, la bataille et la mort." Giuseppe Garibaldi
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Kirishima



Inscrit le: 10 Nov 2013
Messages: 128

MessagePosté le: Lun Aoû 13, 2018 14:19    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Notes
1- Le Vasili Chapaev dès la fin du mois de juin, le Zheleznyakov fin août et le Chkalov fin octobre. Ces bâtiments, dérivés de la classe Kirov, jaugent 15 000 t à pleine charge et leur armement principal est constitué de 12 canons de 180 mm en quatre tourelles triples. Deux autres sont en achèvement et deux en construction en Mer Noire.
OTL les classes Chapaev (Projekt 68 ) ont été armés de 4x3 152 mm et le design a été finalisé en 1939.
Les variantes avec des 180 mm (Projekt 65) ont été envisagées après-guerre pour surpasser notamment les croiseurs US mais Staline a finalement décidé de continuer sur du 152 mm pour la série des Projekt 68bis (ou -k), les Sverdlov.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Capu Rossu



Inscrit le: 22 Oct 2011
Messages: 1382
Localisation: Mittlemeerküstenfront

MessagePosté le: Lun Aoû 13, 2018 17:20    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour JPBWEB,

Même avec une propulsion classique, c'est à dire un ensemble HP - MP - BP sur chaque ligne d'arbre, il est essentiel d'avoir les turbines des quatre lignes alimentées pour éviter en cas contraire, au cas où une d'entre elles est mise hors service, de rester immobilisé le temps de relancer une autre ligne d'arbre : un navire immobilisé est une cible facile.

@+
Alain
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 17 Oct 2006
Messages: 9251
Localisation: Paris

MessagePosté le: Lun Aoû 13, 2018 17:38    Sujet du message: Répondre en citant

@ DMZ

1) Merci !
2) Merci !
3) Un grand classique ! Quand une proportion (la moitié, beaucoup, peu, 25 %…) désigne des éléments qui font l'action (ici des pièces qui sont battantes), l'adjectif peut (et c'est souvent préférable) s'accorder avec les éléments et non pas avec la proportion (ce sont les pièces qui font l'action, pas la moitié).

@ Kirishima

La construction navale soviétique en FTL a été longuement travaillée par Fantasque, avec le concours de certains de ses étudiants Russes. Il aura peut-êre l'occasion de te répondre en détails.
_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Fantasque Time Line Index du Forum -> 1943 - Le front russe Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4, 5, 6  Suivante
Page 5 sur 6

 
Sauter vers:  
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum


Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com