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Avril 1943 sur le front russe
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Juil 20, 2018 09:55    Sujet du message: Avril 1943 sur le front russe Répondre en citant

Par Ciders & Le Poireau (note : je n'ai pas reproduit ici les derniers éléments sur Odessa, mais ils sont bien sûr inclus dans la version qui sera archivée).

Avril 1943
13 – Le front russe
Hautes stratégies

1er avril

Préparatifs allemands
Proskurov
– Après sa brève visite à Rastenburg le 26 mars, Manstein est revenu en Ukraine, s’attachant à visiter chacune des unités de la 8. Armee mais également toutes les divisions qu’il avait menées à la contre-offensive. Dans les états-majors, l’accueil n’a pas toujours été chaleureux : von Kluge s’est montré particulièrement cassant, rappelant à Manstein qu’il demeurait son subordonné et qu’il devait perdre moins de temps en mondanités et se préoccuper davantage de la troupe. Aux échelons inférieurs, parmi les sous-officiers et la troupe, les choses ont été différentes. La majorité des Landsers le remercient de leur avoir sauvé la peau à un moment critique et de leur avoir redonné un peu d’espoir de vaincre. Le spectacle des zones dévastées par les combats récents n’y fait rien, après tout, il s’agit d’un pays ennemi !
Mais Manstein pense déjà à l’avenir, à l’avenir proche. Briser l’élan soviétique a permis de restaurer un front à peu près cohérent et de limiter la casse, mais ce n’est que partie remise. Tôt ou tard, en juin ou en juillet, l’Armée Rouge repartira à l’assaut pour expulser la Wehrmacht de son territoire, mais probablement sans refaire les mêmes fautes qu’en février. Ce qui laisse deux mois, trois au mieux, pour préparer une chaude réception. Ou proposer une autre solution. Et qui mieux que Manstein, désormais auréolé de gloire et dont le nom est acclamé par toute la presse du Reich, pourrait imaginer cette autre solution ?


2 avril
Préparatifs allemands
Berchtesgaden
– Pour la première fois depuis bien longtemps, Hitler est de retour dans sa résidence du Berghof. Fuyant les miasmes de la Wolfsschanze, il s’est décidé à s’installer dans les Alpes où il pourra à loisir profiter des charmes de la nature environnante et étudier l’évolution de la situation stratégique. Celle-ci n’est finalement pas mauvaise, glisse-t-il à son aide de camp, le SS-Hauptsturmführer Gunsche. En Italie, les Alliés sont contenus. A l’Est, les Soviétiques ont été durement châtiés en Biélorussie et en Ukraine. Seuls les bombardements alliés sur l’Allemagne se révèlent plus nuisibles que prévu par Göring, mais le développement de contre-mesures permettra d’y mettre bon ordre.
En vérité, Hitler ne se montre vraiment inquiet que sur deux points. D’abord, si les coups assénés aux armées allemandes n’ont pas été mortels, ils ont été durement ressentis dans les capitales des pays d’Europe alliés du Reich. Le succès de Manstein a permis de rappeler que la Wehrmacht était la meilleure armée du monde mais, il ne saurait suffire. Il lui faut donc prioritairement rassurer Slovaques et Hongrois, Roumains et Bulgares, et jusqu’aux Croates. Ensuite, il faut se garantir de toute offensive alliée à l’Ouest. Les rumeurs de débarquement ne sont sûrement pas toutes fondées, mais il faut se garder contre toute mauvaise surprise. Enfin, cela peut attendre. L’impératif immédiat, c’est la promenade de Blondi, son berger allemand.

Berlin – Le retour du Führer au Berghof s’est accompagné d’un déménagement des principaux officiers supérieurs allemands qui se trouvaient à Rastenburg. Certains l’ont suivi en Bavière, mais d’autres restent temporairement dans la capitale. Bien que son poste se soit démonétisé depuis qu’Hitler a décidé de prendre lui-même le commandement de l’OKH, Franz Halder n’en demeure pas moins son chef d’état-major. Assisté de Kurt Zeitzler, son chef des opérations, il se penche sur les bouleversements subis par le front russe depuis février.
Face aux cartes, aux chiffres, aux rapports des commandants sur le terrain, il se montre soucieux. Le Russe n’est pas mort, seulement blessé. Il a déjà frappé fort et il frappera de nouveau, encore plus fort. Les pertes de la Heer ont été sévères et il paraît peu probable dans l’immédiat que l’on puisse reprendre le terrain perdu, sans parler d’aller plus loin. Il faut aussi tenir compte de ce qui se passe à l’Ouest. N’en déplaise à Jodl, Halder a suffisamment de sources à l’OKW pour se douter que tout ne s’y passe pas bien non plus.
La solution la plus évidente, la seule à ses yeux, est donc tout naturellement de se mettre sur la défensive. Manstein l’a montré en mars : l’Armée Rouge n’est pas invincible et il est possible, en concentrant des moyens au bon endroit, de lui infliger des dégâts considérables. La tactique du coup de revers, bien appliquée, peut permettre de regagner l’initiative ainsi qu’un temps précieux, que l’on pourrait utiliser pour renforcer les capacités de l’armée ainsi que les défenses de l’espace vital si durement arraché à l’ennemi.
Cependant, Halder sait que sa position est fragilisée du fait du monopole grandissant d’Hitler sur la direction des opérations. Mais il constate rapidement qu’elle est aussi fragilisée au sein même de l’OKH. Zeitzler, appuyé par son adjoint Adolf Heusinger, se montre moins prudent que lui : il ne faut pas attendre que les Soviétiques attaquent, il faut le faire avant eux en frappant leur Schwerpunkt. Une attaque du fort au fort dans laquelle l’Ostheer fera valoir sa supériorité tactique et technique, détruira le gros des troupes russes et pourra ensuite s’emparer des régions vitales à l’effort de guerre du Reich. Ces dissensions au sein de l’OKH ne passeront pas longtemps inaperçues.

Préparatifs soviétiques
Kiev
– Le réchauffement des températures et l’épuisement des deux camps a entraîné l’arrêt des grandes opérations en Ukraine, ce qui n’empêche pas une activité régulière d’incursions, de patrouilles et de tirs d’artillerie. Profitant de ce calme relatif, Joukov a décidé de faire le tour des formations soviétiques déployées dans la région afin de prendre le pouls de ces officiers et de piocher des informations utiles pour la suite. Car il est clair que l’été à venir sera chaud, voire brûlant.
Après une brève visite auprès de Bagramian pour parachever le retrait des 16e et 59e Armées, c’est au tour de Vatoutine. Le commandant du 3e Front d’Ukraine ne décolère pas d’avoir vu sa progression bloquée à l’ouest de la capitale ukrainienne par une 6. Armee qu’il jugeait très faible avant le début de l’offensive. Mais la qualité des retranchements adverses et une défense particulièrement efficace ont rapidement brisé son élan. Joukov ne peut qu’aller dans son sens et rappeler que plus au nord, Eremenko a subi les mêmes déconvenues en Biélorussie. Il y a sans aucun doute matière à débattre sérieusement de solutions destinées à percer proprement et rapidement le front ennemi. Peut-être en accroissant encore l’usage de l’artillerie lourde ou en modifiant la composition des unités d’assaut ?
Chemin faisant, les deux officiers évoquent la suite. Vatoutine surprend Joukov en se montrant peu enclin à conseiller une reprise immédiate de l’offensive. La contre-attaque allemande contre le front de Kirponos, et surtout la qualité des troupes engagées, l’ont impressionné. Mieux vaut attendre quelques semaines, au moins le temps de restaurer la capacité des corps blindés et de l’aviation, dont il juge l’action trop peu efficace. De son côté, Joukov est davantage porté à attendre l’attaque allemande – inévitable d’ici quelques mois, sans doute en juin, dit-il – afin de la contrer, de saigner au passage les meilleures unités adverses et seulement à ce moment-là, de passer à la contre-attaque.
Vatoutine n’est qu’à moitié convaincu, mais si l’on choisit cette stratégie, il insiste sur un point : il faut à tout prix savoir où frapperont les forces de l’Axe. L’arrivée de Rommel à la tête du Groupe d’Armées Centre pourrait être un indice. Mais est-ce que le gros des blindés allemands ne se trouve pas encore en Ukraine occidentale ? Et les Roumains ne tenteront-ils pas de convaincre Hitler de repartir à l’attaque vers le Dniepr ? Sans compter que Kiev pourrait attirer l’attention des nazis. A moins que Leningrad ne soit cette fois visée…
Bref, le flou est encore total et les débats ne sont pas du tout tranchés quand la nuit tombe et que Joukov doit repartir. Mais celui-ci profite des équipements de communication du 3e Front d’Ukraine avant de remonter dans son train blindé. Ordre est donné à toutes les unités soviétiques des quatre Fronts ukrainiens d’activer leurs effectifs dédiés à la razvedka. La chasse à l’information est ouverte.


3 avril
Stratégie allemande et propagande
Berlin, Ordenspalais
– Joseph Goebbels distribue ses consignes à ses services en charge de la propagande. Le nouveau mot-clé à insérer dans toutes les émissions et publications est le mot “Ostwall”. L’idée est de valoriser au maximum le passage sur la défensive des armées allemandes sur le front russe.
Il faut jouer sur le nombre, sur l’image de hordes bolchéviques constituées de barbares sauvages, hordes déferlant sur l’Europe occidentale et ruinant tout sur leur passage. On s’appuiera abondamment sur les clichés habituels de la chute de l’Empire romain et des Grandes Invasions, en qualifiant Staline de nouvel Attila, l’Armée Rouge de nouveaux Vandales. Face à cette marée rouge, la Wehrmacht devra être présentée comme la nouvelle armée de l’Europe unifiée, luttant courageusement en s’appuyant sur cet Ostwall, ce mur défensif édifié à l’Est et qui empêche l’ennemi d’avancer. L’accent devra être mis sur les hommes, mais également sur les chefs. Goebbels entend notamment mettre en avant le général Model, qu’il apprécie fort et qu’il estime être l’un des rares chefs allemands de valeur sur le front russe. Tout doit être fait pour convaincre le public que le sort de la guerre se joue maintenant et que seule une défense vigoureuse pourra empêcher les « barbares asiates » de se livrer aux pires déprédations dans le Reich.


4 avril
Préparatifs soviétiques
Moscou
– Le chef du NKVD, Lavrenti Beria, reçoit à la Loubianka son homologue du GRU (le service de renseignement de l’Armée Rouge), Ivan Ilyitchev. Les deux hommes conviennent de renforcer leur coopération (tout en se méfiant mutuellement l’un de l’autre) et d’accroître l’efficacité de leurs services respectifs contre leurs homologues allemands. Sur le front, l’action du SMERSH (service de contre-espionnage de l’Armée Rouge, mais subordonné à Beria) a permis de contrarier la plupart des tentatives d’infiltration d’agents de l’Axe, tandis que sur les arrières, fort peu d’espions ennemis sont parvenus à se fixer durablement. Mais Staline continue à voir des traîtres potentiels partout, ce qui justifie le maintien d’un gros effort.
Il faut aussi se soucier des territoires occupés. Si le mouvement partisan dépend de l’état-major spécial du maréchal Vorochilov et du général Ponomarenko (également Premier secrétaire du PCUS pour la Biélorussie), il reste de nombreuses possibilités d’action dans la profondeur du dispositif adverse. En Biélorussie, l’utilisation de petits groupes de reconnaissance (Spetsnaz pour le NKVD, Osnaz pour le GRU) a commencé à donner de bons résultats. Il faudrait accentuer cet effort pour rapporter d’autres données exploitables.
Et pourquoi ne pas en faire autant en Ukraine ? demande Ilyitchev. En plus des nombreux Allemands sur place, beaucoup d’Ukrainiens soutiennent les Nazis et pourraient se révéler une menace après la guerre. Beria ne peut qu’approuver une telle prudence, d’autant plus qu’il dispose déjà d’agents infiltrés parmi les mouvements collaborationnistes locaux. Autant profiter du climat et de la situation actuelle pour engager davantage de moyens sur l’arrière des forces adverses. Après tout, il se pourrait bien que l’Ukraine redevienne rapidement un champ de bataille, glisse le chef du NKVD.


5 avril
Stratégie allemande et propagande
Ternopol
– Le maréchal von Kluge a bien perçu le changement de cap de la propagande de Goebbels. L’idée de passer sur la défensive ne lui convient pas du tout. Après sa victoire à Gomel en tant que chef du HeeresGruppe Mitte, Kluge a réussi à la tête du HeeresGruppe Sud à enrayer l’offensive soviétique. Evidemment, il a dû partager sa gloire avec Model puis Manstein, mais n’est-il pas l’officier le plus en vue du moment ? Pourquoi ne pas relancer l’effort offensif maintenant que l’ennemi apparaît comme très affaibli ? Il sait qu’il n’est pas seul à penser de la sorte. Il lui faut plaider avec énergie pour convaincre Hitler que le salut viendra d’une attaque préventive. Et trouver des alliés pour pousser en ce sens.

Stratégie roumaine
Bucarest
– Désormais peu confiant dans les capacités de la Wehrmacht de défendre efficacement la Roumanie, le maréchal Antonescu décide de reconstituer une armée pour renforcer la couverture du Dniestr. En rassemblant les survivants de la 4e Armée, ceux des formations roumaines affectées auparavant à la 11. Armee et en raclant les fonds de tiroir (conscrits des dernières levées, convalescents, territoriaux), on pourra créer une nouvelle formation. La future 3e Armée est confiée au général Dumitrescu. Antonescu lui promet d’ici l’été deux corps d’infanterie, un corps de cavalerie et un corps d’infanterie de montagne.


6 avril
Repli stratégique
Kamenets-Podolski
– La 321. ID reprend possession d’une ville ravagée par les combats et par les destructions opérées par l’Armée Rouge. Le général Thomas rend compte à ses supérieurs que les Soviétiques ont évacué les lieux deux à trois jours plus tôt. Les jours suivants, les reconnaissances confirmeront que les 16e et 59e Armées ont abandonné l’étroit corridor d’une centaine de kilomètres reliant Moguilev-Podolski à Kamenets-Podolski.
Ce repli surprend von Kluge : il n’est pas dans les habitudes des Soviétiques de battre en retraite. Il s’agit certainement d’un signe de faiblesse qui renforce ses certitudes : il faut passer à l’offensive. C’est ce qu’il dira à Hitler.


7 avril
Un Tiger par jour
Kassel
– L’usine Henschel rend compte au ministre Speer que ses chaînes d’assemblage sont désormais en mesure de sortir une trentaine de chars lourds Panzer VI Tiger tous les mois. Cette augmentation des livraisons va d’abord profiter aux unités SS : deux bataillons de chars lourds doivent être équipés avec la production des mois d’avril à juin. Ils recevront les numéros 101 et 102.


8 avril
Stratégie allemande
Berchtesgaden
– Le Führer reçoit. Les principaux représentants de l’OKH, Halder et Zeitzler en tête, mais aussi Jodl et Keitel pour l’OKW et von Kluge pour le HeeresGruppe Sud. Malade, Rommel s’est fait représenter par son chef d’état-major, Hans Krebs. Officiellement, tous viennent pour débriefer l’opération Frühlingserwachen. Mais les discussions tournent rapidement vers l’établissement d’une stratégie pour la campagne de l’été 1943.
D’emblée, von Kluge attaque sur la nécessité de prévenir l’offensive soviétique qui ne manquera pas de frapper. Jodl se montre dubitatif : le sort de la guerre ne se joue pas qu’à l’Est. Ignore-t-on chez ces messieurs de l’Ostfront que les Alliés sont déjà en Italie et en Grèce et qu’ils pourraient fort bien débarquer ailleurs ?
C’est l’affaire de la Kriegsmarine et de l’OKW, répond Kluge. Et de toute manière, mieux vaut contrer une menace immédiate avant de se soucier d’un problème potentiel. Alors que Keitel demeure silencieux, Zeitzler se lance à son tour. Certes, Frühlingserwachen a été un succès, mais contrairement aux prévisions initiales du FHO, l’Armée Rouge dispose encore de réserves. Passer à l’offensive permettrait de les éliminer et de limiter les risques d’une nouvelle ruée soviétique similaire à celle de l’hiver 1942.
Hitler sort alors de son mutisme. Il refuse l’idée de lancer une offensive générale à l’Est. La priorité doit être accordée à l’Ouest. Il faut en particulier se protéger de tout débarquement allié sur les côtes de la mer du Nord, mais aussi de l’Adriatique (les analyses de l’Abwehr sur la possibilité d’une offensive alliée par la trouée de Ljubljana n’ont pas échappé au Führer). Cela ne peut se faire qu’en accordant des moyens supplémentaires aux armées déployées à l’Ouest.
Pourrait-on au moins monter des attaques locales afin d’améliorer certaines positions, quémande von Kluge ? Hitler acquiesce – mais à condition de se contenter des forces déjà déployées sur le Front de l’Est.


9 avril
Préparatifs soviétiques
Moscou – 
Il faut impérativement remettre de l’ordre dans les fronts ukrainiens. Au Kremlin, Staline s’y emploie. La mort de Kirponos laisse un vide qu’il faut combler au plus vite, le recours à Joukov ne pouvant être que temporaire. Il faut trouver un officier compétent et qui connaît bien le secteur. Son choix se porte rapidement sur Rokossovski, qui s’est montré très efficace depuis l’opération Mars. Il retrouverait en outre son ancien logisticien, le général Antipenko, au 1er Front d’Ukraine. Pour le remplacer au 4e Front d’Ukraine, Staline ordonne le déplacement de Tolboukhine du Front d’Odessa. Ce dernier n’a pas non plus démérité dans les opérations au bord de la mer Noire et a su, chose rare, travailler efficacement avec la Flotte (ce qui suscitera des regrets à Sébastopol). Pour clore ce jeu de chaises musicales, c’est Petrov qui prend en charge le Front d’Odessa. Malgré les critiques adressées au début du second siège d’Odessa, Staline a apprécié les qualités de l’ancien commandant de la 18e Armée soviétique. Et il n’a pas oublié Batov, dont la 51e Armée est rebaptisée 6e Armée de la Garde, un titre honorifique et très envié, qui garantit en outre de recevoir en priorité renforts et nouveaux équipements.


10 avril
Stratégie allemande
Ternopol
– De retour à son quartier général, von Kluge n’en finit pas de ruminer. L’OKW a bien mené son jeu en agitant de vagues menaces de débarquement ! Bien sûr, les Alliés représentent une grave menace, mais l’Armée Rouge, c’est tout de même autre chose.
Cependant, le commandant du Heeresgruppe Sud n’a pas perdu son temps. D’une part, l’OKH paraît au moins partiellement acquise à l’idée d'une offensive, notamment Zeitzler. Il pense pouvoir aussi compter sur l’appui de certains de ses généraux. Manstein et Model sont sans doute trop ambitieux à ses yeux, mais ils ne sauraient se satisfaire d’une attitude statique dans leurs secteurs respectifs. Un autre point positif est que le Führer ne s’est pas montré défavorable à des offensives limitées. Si Kluge parvenait à lier les deux, peut-être pourrait-il proposer quelque chose à même de convaincre Hitler.

Préparatifs soviétiques
Moscou
– Tout juste nommé chef de l’état-major général de l’Armée Rouge (bien qu’il occupât cette fonction de facto depuis plusieurs mois), Alexandre Vassilievski s’attelle à sa nouvelle tâche : déterminer où et quand l’Allemagne va frapper. Les informations remontées par les différents fronts en Ukraine et ailleurs commencent à s’accumuler, mais certaines sont contradictoires. Comment trouver la clé dans cet amas de chiffres, d’hypothèses et de suppositions ? Patiemment, assisté d’une petite équipe d’officiers supérieurs, Vassilievski se met en quête de cette clé, secteur par secteur.
Au nord ? Le Groupe d’Armées Nord paraît sur la défensive et surtout, il lui manquerait les forces blindées nécessaires pour percer vers Leningrad. Le Groupe d’Armées Centre ? Déboucher sur un terrain aussi difficile que les marais biélorusses est envisageable et a déjà été fait. Cette solution aurait en outre le mérite de menacer Moscou, hantise absolue du Vojd. Mais après l’échec de Smolensk, la Wehrmacht se montrera-t-elle prête à une nouvelle attaque dans cette zone ? Reste l’Ukraine, où l’Armée Rouge a été sèchement repoussée en mars. La Ostheer y maintient encore de gros effectifs, mais elle a montré qu’elle était tout à fait en mesure de les roquer ailleurs et rapidement. Est-ce que les plaines ukrainiennes pourraient accommoder une offensive d’été ? Odessa pourrait attirer les Roumains, le Donbass les Allemands. Reste enfin l’hypothèse de Kiev ou, peut-être, de la Crimée – pour bloquer les convois américains arrivant par la mer Noire…
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demolitiondan



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MessagePosté le: Ven Juil 20, 2018 10:18    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Reste l’Ukraine, où l’Armée Rouge a été sèchement repoussée en mars. La Ostheer y maintient encore de gros effectifs, mais elle a montré qu’elle était tout à fait en mesure de les roquer ailleurs et rapidement. Est-ce que les plaines ukrainiennes pourraient accommoder une offensive d’été ? Odessa pourrait attirer les Roumains, le Donbass les Allemands. Reste enfin l’hypothèse de Kiev ou, peut-être, de la Crimée – pour bloquer les convois américains arrivant par la mer Noire…


Petite redite ... Rolling Eyes

Au NKVD, on ne s'inquiète pas plus que ca des indépendantistes ukrainiens ?
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Anaxagore



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MessagePosté le: Ven Juil 20, 2018 11:33    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:


Au NKVD, on ne s'inquiète pas plus que ca des indépendantistes ukrainiens ?


Il n'en restera pas beaucoup après le passage de l'Armée Rouge. D'ailleurs, les " indépendantistes ukrainiens" relèvent davantage du fantasme paranoïaque que de la réalité objective. Les Nazis se méfiaient pratiquement autant d'eux que Staline lui-même... Et leur comportement vis-à-vis des sous-hommes... pardon... des "victimes du stalinisme" n' pas franchement poussé les Ukrainiens dans les bras de leurs "libérateurs".
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Imberator



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MessagePosté le: Ven Juil 20, 2018 12:27    Sujet du message: Répondre en citant

Anaxagore a écrit:
demolitiondan a écrit:

Au NKVD, on ne s'inquiète pas plus que ca des indépendantistes ukrainiens ?

Il n'en restera pas beaucoup après le passage de l'Armée Rouge. D'ailleurs, les " indépendantistes ukrainiens" relèvent davantage du fantasme paranoïaque que de la réalité objective. Les Nazis se méfiaient pratiquement autant d'eux que Staline lui-même... Et leur comportement vis-à-vis des sous-hommes... pardon... des "victimes du stalinisme" n' pas franchement poussé les Ukrainiens dans les bras de leurs "libérateurs".

D'autant que FTL les Allemands n'ont occupé que moins de la moitié de l'Ukraine, ce qui fait que, dans les régions qui n'auront pas été comme OTL conquises même provisoirement par la Wehrmacht, bien des sympathisants potentiels ne se seront pas révélés au passage de leurs "libérateurs". Et l'invincibilité de l'envahisseur semble presque dès le départ moins évidente qu'à l'été 41 OTL, de quoi calmer les plus prudents parmi les possibles collabos.
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delta force



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MessagePosté le: Ven Juil 20, 2018 13:54    Sujet du message: Répondre en citant

juste pour me rafraîchir la mémoire puisqu'on parle de propagande....
est ce le moment où l'on va avoir le discours FTL de "Total Krieg" de Goebbels ? ou a t il déjà eu lieu ?
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Juil 20, 2018 14:04    Sujet du message: Répondre en citant

Arg, nous en parlions…
En fait, il a été déterminé qu'une bonne date serait le tout début de 1943 - "Bonne Année, chers Aryens, voulez-vous la Total Krieg pour vos étrennes ?" Jawohl !!!

Je suis sûr que pour la fête nationale belge (ou peu après), je vais avoir plein de petits textes dans mon Mac…
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demolitiondan



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MessagePosté le: Ven Juil 20, 2018 14:45    Sujet du message: Répondre en citant

Je vais être embetant mais ... moins d'occupation = moins d'exactions ? Et plus de Stalinisme sur les territoires libérés. N'y a t'il pas un risque de nombreux engagés volontaires en Osttruppen (qui pourraient éventuellement regretter, mais après ?)
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delta force



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MessagePosté le: Ven Juil 20, 2018 14:55    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Arg, nous en parlions…
En fait, il a été déterminé qu'une bonne date serait le tout début de 1943 - "Bonne Année, chers Aryens, voulez-vous la Total Krieg pour vos étrennes ?" Jawohl !!!

Je suis sûr que pour la fête nationale belge (ou peu après), je vais avoir plein de petits textes dans mon Mac…


OTL le discours était arrivé au début 43 après que le Reich ait reconnu la chute de Stalingrad. Le ressort bien sûr était la peur, sous entendu : la défaite est possible..nous ne voulons tomber sous l'emprise des judéo bolchéviques...la patrie est en danger ....tous unis vers la victoire".....d'une certaine manière appel au sursaut....

De manière concrète le discours "total krieg" marque aussi un appel à plus forte mobilisation industrielle sous l'égide de Speer...

en FTL le souci va être entre autres la main d’œuvre : en effet moindre percée à l'Est veut dire moins de razzias d'esclaves slaves...
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Juil 20, 2018 17:01    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
Je vais être embetant mais ... moins d'occupation = moins d'exactions ? Et plus de Stalinisme sur les territoires libérés. N'y a t'il pas un risque de nombreux engagés volontaires en Osttruppen (qui pourraient éventuellement regretter, mais après ?)


Moins d'exactions au total. Mais autant sur les territoires occupés !
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demolitiondan



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MessagePosté le: Ven Juil 20, 2018 17:12    Sujet du message: Répondre en citant

Justement, la moindre conquete de l'Ukraine par la Heer peut favoriser les illusions de certains indépendantistes qui tenteraient des choses, pour être réprimé par le NKVD. Evidemment, cela le temps que l'Ukraine soit reconquis, et que d'édifiants reportages soient réalisés pour l'éducation des masses !
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Anaxagore



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MessagePosté le: Ven Juil 20, 2018 17:25    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
Justement, la moindre conquete de l'Ukraine par la Heer peut favoriser les illusions de certains indépendantistes qui tenteraient des choses, pour être réprimé par le NKVD. Evidemment, cela le temps que l'Ukraine soit reconquis, et que d'édifiants reportages soient réalisés pour l'éducation des masses !


Think

Je ne vois pas en quoi la démonstration que l'URSS est plus forte que le Troisième Reich pourrait pousser les Ukrainiens à se soulever contre cette même URSS.

M'imaginant dans ce pays ravagé par le conflit entre deux énormes armées et leurs régimes "sympathiques", instinctivement, ma réaction serait plutôt de chercher un abri discret que lancer une révolution.
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MessagePosté le: Ven Juil 20, 2018 17:27    Sujet du message: Répondre en citant

ne pas oublier qu'en FTL l'emprise soviétique sur l'ouest de l'Ukraine et l'est de la Pologne (suite au partage de 1939) dure un an de plus qu'en OTL. Cela laisse du temps pour le Nkvd de renforcer son action contre les nationalistes ukrainiens.
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le poireau



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MessagePosté le: Ven Juil 20, 2018 17:37    Sujet du message: Répondre en citant

delta force a écrit:
Casus Frankie a écrit:
Arg, nous en parlions…
En fait, il a été déterminé qu'une bonne date serait le tout début de 1943 - "Bonne Année, chers Aryens, voulez-vous la Total Krieg pour vos étrennes ?" Jawohl !!!

Je suis sûr que pour la fête nationale belge (ou peu après), je vais avoir plein de petits textes dans mon Mac…


OTL le discours était arrivé au début 43 après que le Reich ait reconnu la chute de Stalingrad. Le ressort bien sûr était la peur, sous entendu : la défaite est possible..nous ne voulons tomber sous l'emprise des judéo bolchéviques...la patrie est en danger ....tous unis vers la victoire".....d'une certaine manière appel au sursaut....

De manière concrète le discours "total krieg" marque aussi un appel à plus forte mobilisation industrielle sous l'égide de Speer...

en FTL le souci va être entre autres la main d’œuvre : en effet moindre percée à l'Est veut dire moins de razzias d'esclaves slaves...


Le discours OTL date du 18 février 1943, au palais des sports de Berlin.

On en a discuté et la date devrait être proche FTL.
La 2. PanzerArmee vient d'être aux trois quart anéantie et l'Italie a tout juste basculé (ce qui n'était pas le cas OTL). La situation est donc grave...

En correlaire Speer devient ministre de l'armement en février et lance la mobilisation totale de l'économie allemande.


Outre la peur inspiré par les judeo-bolcheviques (hordes rouges, sous-hommes slaves, barbares asiates et autres synonymes imagés), la propagande de Goebbels jouera certainement aussi sur la "peur noire" : celle des troupes africaines françaises et des noirs américains (même si on ne trouve quasiment pas de ces derniers dans les troupes combattantes de l'US Army) ; exploitant à l'envie le souvenir traumatique de l'occupation de la Rhénanie.

Entre les hordes judeo-bolcheviques d'un côté et les ploutocrates judeo-négrifiés de l'autre...le Reich est mal barré !
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bonatti



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MessagePosté le: Ven Juil 20, 2018 18:29    Sujet du message: Répondre en citant

le traitement infligé aux "soushommes" russes était parfaitement connus des allemands en particulier par les permissionnaires ramenant photos recits
l argument va étre: vu ce qu on leur a fait leur vengeance va étre terrible donc une seule solution combattre il sera utilisé jusqua la fin car il oculte les défaites
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Imberator



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MessagePosté le: Ven Juil 20, 2018 18:50    Sujet du message: Répondre en citant

Anaxagore a écrit:
demolitiondan a écrit:
Justement, la moindre conquete de l'Ukraine par la Heer peut favoriser les illusions de certains indépendantistes qui tenteraient des choses, pour être réprimé par le NKVD. Evidemment, cela le temps que l'Ukraine soit reconquis, et que d'édifiants reportages soient réalisés pour l'éducation des masses !

Je ne vois pas en quoi la démonstration que l'URSS est plus forte que le Troisième Reich pourrait pousser les Ukrainiens à se soulever contre cette même URSS.

M'imaginant dans ce pays ravagé par le conflit entre deux énormes armées et leurs régimes "sympathiques", instinctivement, ma réaction serait plutôt de chercher un abri discret que lancer une révolution.

Oui, moi aussi je ne comprends pas bien ton idée, Dan. Mais comme je sais que tes raisonnements sont des plus fondés, tu veux bien nous éclairer en précisant ta pensée s'il te plait ?
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Point ne feras de machine à l'esprit de l'homme semblable !
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