Fantasque Time Line Index du Forum Fantasque Time Line
1940 - La France continue la guerre
 
 FAQFAQ   RechercherRechercher   Liste des MembresListe des Membres   Groupes d'utilisateursGroupes d'utilisateurs   S'enregistrerS'enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Avril 1943 sur le front russe
Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4  Suivante
 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Fantasque Time Line Index du Forum -> 1943 - Le front russe
Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant  
Auteur Message
Finen



Inscrit le: 17 Oct 2006
Messages: 1198

MessagePosté le: Mar Juil 24, 2018 12:53    Sujet du message: Répondre en citant

Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Etienne



Inscrit le: 18 Juil 2016
Messages: 1709
Localisation: Faches Thumesnil (59)

MessagePosté le: Mar Juil 24, 2018 13:00    Sujet du message: Répondre en citant

Finen a écrit:


Doublé! Laughing
_________________
Dieu est une femme. La preuve : On dit toujours qu’il vaut mieux voir le Bon Dieu que ses seins.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Visiter le site web de l'utilisateur
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 10320
Localisation: Paris

MessagePosté le: Mar Juil 24, 2018 18:19    Sujet du message: Répondre en citant

Non, rien de familier là dedans. Le traité franco-polonais parlait des gros de l'armée française qui devaient se porter au secours des Polonais.
_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
JPBWEB



Inscrit le: 26 Mar 2010
Messages: 1991
Localisation: Thailande

MessagePosté le: Mer Juil 25, 2018 03:36    Sujet du message: Répondre en citant



Vous avez dit "Elle est forte, CELLE-LÀ ". Soyez CORRECT ! Qu'il soit CORRECT !
_________________
"L'histoire est le total des choses qui auraient pu être évitées"
Konrad Adenauer
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Imberator



Inscrit le: 20 Mai 2014
Messages: 2985
Localisation: Régions tribales au sud-ouest de Nîmes.

MessagePosté le: Mer Juil 25, 2018 04:29    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Vassilievski rappelle que Vatoutine, soutenu par Khrouchtchev, ne cesse de le harceler pour lancer dans (?) semaines une attaque à l’ouest de Kiev.

Manquerait pas un mot entre "dans" et "semaines" ?


Citation:
Elle doit démarrer par une offensive menée à partir des régions de Novograd-Volynski et de Rovno.

Non ?


Citation:
Les dégâts demeurent cependant limités et la plupart des groupes d’attaquants subissent des pertes. Cependant, l’action de la chasse et de la flak, bien qu’efficace, s’est faite au détriment de la couverture des troupes sur le front...

Redite.
_________________
Point ne feras de machine à l'esprit de l'homme semblable !
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Archibald



Inscrit le: 04 Aoû 2007
Messages: 3310

MessagePosté le: Mer Juil 25, 2018 08:11    Sujet du message: Répondre en citant

Tea for two, and two for tea... ça me rappelle que je doit plancher sur La Grande vadrouille FTL... Whistle
_________________
« Je ne crois pas que les Allemands aient jamais l’idée d’attaquer dans la région de Sedan. » Charles Huntziger, 7 mai 1940.
...
"La Meuse, ça ne m'intéresse pas" Gamelin à Corap, mars 1940.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 10320
Localisation: Paris

MessagePosté le: Mer Juil 25, 2018 10:16    Sujet du message: Répondre en citant

(Merci pour la relecture, Imberator)


21 avril
Parade SS
Riga
– La 5. SS Panzergrenadier-Division Wiking organise une cérémonie publique d’incorporation de quelques dizaines de recrues lettones. Cet évènement radiodiffusé dans l’ensemble du Reich a pour objectif de rappeler que les forces armées allemandes sont tout à fait en mesure d’accueillir les individus les plus méritants, quelles que soient leurs origines… ou presque. C’est aussi l’occasion de présenter à la foule les Panzer V Ausf.F Leopard : récemment entrés en service dans la division, ce sont les chars les plus modernes de tout le HeeresGruppe Nord. Invité à assister aux agapes, le commandant de la 22. Panzer, Eberhardt Rodt, ne peut cacher sa gêne. Lui et ses hommes doivent se contenter de vieux Panzer III tout juste capables de servir de cibles pour les KV-1 soviétiques…
La journée se poursuit par un grand défilé organisé par la 13. SS-Grenadier-Division. Cette formation incorpore également un grand nombre de Lettons mais aussi des Volksdeutche issus des minorités germaniques vivant dans les pays baltes. La propagande nazie ne manque pas, là encore, l’occasion de mettre en lumière la solidarité des peuples germaniques contre la barbarie native des hordes bolchéviques, naturellement inféodées à la juiverie ploutocrate internationale. Elle se gardera en revanche de présenter au public le fonctionnement du camp de Kaiserwald, inauguré en mars 1943 dans un faubourg du sud de Riga. Là, on commence, sous la direction d’Hinrich Lohse (commissaire du Reich pour les territoires de l’Est), à exterminer les Juifs issus des ghettos de Daugavpils, Liepaja et de Riga.

Préparatifs soviétiques
Leningrad
– Le 1er Front de la Baltique déclare opérationnel le premier régiment de canons automoteurs entièrement équipé de SU-85, soit vingt-et-un exemplaires tout juste fabriqués à Stalingrad, accompagnés de trois SU-76 plus légers. La constitution d’une telle formation, destinée à intégrer une future brigade spéciale antichars, sur un front relativement secondaire pourrait étonner. En fait, elle doit être reliée à l’offensive prévue en Lettonie en juin suivant.
………
Moscou – Toujours en lien avec la prochaine opération dans les Pays Baltes, Staline informe confidentiellement le maréchal Timochenko et le général Voronov qu’ils représenteront la Stavka auprès des fronts concernés et en assureront la coordination. Ils sont d’ores et déjà chargés de préparer l’opération, en lien avec l’état-major général et les deux chefs de fronts, Popov (pour le 1er Front de la Baltique) et Meretskov (pour le 2e Front de la Baltique). Quatre corps blindés et deux armées aériennes seront mobilisés en soutien.
Cependant, les renseignements soviétiques estimant la présence de blindés allemands comme peu importante, les tankistes engagés ne seront pas prioritaires dans l’attribution des nouvelles machines. Ils ne pourront même pas profiter des nouveaux chars lourds IS-1 produits par l’arsenal de Leningrad à partir du mois d’avril, ceux-ci n’étant pas encore considérés comme opérationnels.


22 avril
Citadelle
L’offensive, seule solution
Berchtesgaden
– Désormais promu général d'armée, Model prend l’une de ces initiatives qui font régulièrement hurler ses supérieurs en allant voir directement Hitler au Berghof. Celui-ci est surpris par sa visite, mais accepte bien volontiers de le recevoir.
Le nouveau commandant de la 3. PanzerArmee ne se perd pas dans les détails. L’opération Citadelle telle qu’elle est conçue ne pourra pas réussir, affirme-t-il tout de go. Il s’appuie d’abord sur les reconnaissances de la Luftwaffe et sur les rapports des agents infiltrés par le FHO, qui font état de progrès enregistrés dans la remise en état des voies ferrées reliant Kiev à l’est de l’Ukraine. En désenclavant la capitale ukrainienne, les Soviétiques se mettent en mesure d’y concentrer rapidement des renforts si le besoin s’en faisait sentir. Surtout, Model s’inquiète de la valeur symbolique de la ville. Outre le fait que Staline fera tout pour la défendre, celle-ci pourrait pousser Russes et Ukrainiens – pour une fois d’accord – à mourir sur place plutôt que de laisser les Allemands s’en emparer. Le grand nombre de civils encore présents dans la ville et l’arrivée de réserves qui ne manqueraient pas d’accourir au son du canon risquerait de rendre les choses extrêmement difficiles et même une victoire serait très coûteuse.
Hitler se montre très attentif à l’exposé de Model. Les risques d’un échec pèsent toujours très lourd dans son esprit. Mais le Führer se montre tout aussi clair que son visiteur. A part demeurer sur la défensive, il n’y a pas d’alternative à une attaque dirigée contre Kiev. L’Estonie paraît hors d’atteinte pour le moment, la Biélorussie n’est qu’un infâme marécage peu propice à la guerre-éclair et il n’y a bien que les plus extrémistes subordonnés de Rosenberg pour imaginer s’emparer du Caucase. Il faudra donc compenser les difficultés signalées par Model en engageant encore plus de moyens et en mobilisant la Luftwaffe pour entraver la logistique soviétique. Cela pourrait commencer par l’affectation aux forces chargées de l’attaque d’une unité originale de l’Ostheer, la 78. Sturm-Division du général Völckers, et d’Abteilungs de chasseurs de chars lourds d’un type nouveau. Model pourrait aussi se voir allouer des renforts en infanterie, qu’il faudra prélever sur d’autres parties du front. En un mot, Hitler s’engage à fournir à ses armées tout ce qui sera nécessaire à la victoire. Mais il faudra obtenir des résultats – sans quoi, « il n’y aurait plus qu’à liquider la guerre ».

Blitz à la soviétique
Lituanie
– Golovanov lance un second raid nocturne sur les arrières allemands. Sa première proposition, bombarder Vilnius, a été expressément repoussée par Staline : interdiction de frapper la capitale lituanienne pour des raisons politiques. Il ne faut pas pousser davantage de Lettons dans les bras de l’envahisseur fasciste ! Golovanov a donc décidé de viser Memel, où la Kriegsmarine a l’habitude de déployer des navires de guerre, ce qui a un avantage : Radio-Moscou aura un argument tout trouvé à opposer à l’opinion occidentale en cas de pertes dans la population civile.
Mais le bombardement est un échec : contrairement à Königsberg, la Flak n’est pas surprise et oppose un feu nourri aux Il-4, qui se délestent de leurs bombes un peu au hasard. Par bonheur, la chasse de nuit allemande n’est pas présente, et tous les appareils peuvent rentrer jusqu’aux terrains de la région de Novgorod. Mais deux des bombardiers, trop endommagés, sont considérés comme irréparables et aussitôt cannibalisés.

Méfiez-vous des contre-révolutionnaires !
Sébastopol
– Bogdan Koboulov envoie un premier rapport à son supérieur hiérarchique, Lavrenti Beria. C’est un véritable réquisitoire. Selon lui, toute la Crimée est infestée par des groupuscules contre-révolutionnaires dont l’activisme souterrain nuit gravement à l’effort de guerre soviétique. Ainsi, la production des mines de fer de Kerch, qui aurait dû dépasser les deux millions de tonnes en 1942 et n’a atteint péniblement qu’un million et demi de tonnes, ou la qualité des produits du combinat sidérurgique qui en dépend, qui est plus que médiocre. Ou ces quantités « invraisemblables » de marchandises occidentales qui disparaissent des convois ferroviaires, voire qui s’évaporent dans l’enceinte même des ports criméens, nourrissant un marché noir de moins en moins invisible et une criminalité galopante. Enfin, les déficiences du contrôle de la main d’œuvre sont responsables de la perte d’innombrables journées de travail, cependant que l’indiscipline notoire des travailleurs altère la qualité des productions locales.
Pour expliquer ces graves manquements à l’ordre public, Koboulov insiste sur le rôle nocif d’anciens Blancs non repentis, qui auraient trouvé des complices dans les populations tatares et dans certaines minorités, Bulgares et Grecs notamment (le cas des Juifs et des Krymchaks, des Juifs d’origine turque, est plus difficile à évaluer). Une autre raison, politiquement plus délicate dans la situation internationale actuelle, est la lente diffusion d’idées occidentales néfastes qui pousseraient quelques habitants à remettre en question certaines politiques publiques et à envisager de réclamer plus de droits et moins de contrôle étatique. A l’appui de cette seconde explication, il cite notamment des paroles carrément séditieuses entendues dans des kolkhozes, qui remettent en question le montant des prix de rachat des produits agricoles par l’Etat ou l’organisation de la production. Les représentants du Parti dans la presqu’île ne sont certainement pas tous responsables, mais il s’en trouve un certain nombre qu’il conviendrait d’interroger afin de déterminer leur degré de compromission.
Le représentant du NKVD conclut son rapport en indiquant à Beria qu’il n’oubliera pas l’Armée et la Flotte et qu’il se rendra dès le lendemain en inspection dans le port militaire de Sébastopol. Il y trouvera sans doute matière à enquêter et ne manquera pas de rendre compte.


23 avril
Citadelle
La Luftwaffe fera de son mieux…
Berlin
– Göring revient prématurément de son séjour champêtre, la décision d’Hitler d’attaquer en Ukraine impliquant de prendre rapidement des décisions majeures.
La LuftFlotte 4 sera mobilisée dans le cadre de Citadelle : à ce titre, elle doit être prioritaire dans l’attribution des appareils les plus modernes disponibles. Mais la très forte pression exercée à l’Ouest par les Américains, les Britanniques et les Français pèsera indéniablement sur la disponibilité de tels appareils. Il faudrait pourtant dégager suffisamment de moyens pour équiper convenablement les escadrilles qui se lanceront à l’assaut de Kiev.
Du côté des chasseurs, Ehrard Milch a promis d’obtenir le plus possible de Bf 109G-6 et de Fw 190A-5. Göring aurait préféré disposer du très prometteur Fw 190D pour contrer les nouveaux chasseurs soviétiques, mais Kurt Tank n’a pu que rappeler que ce modèle allait à peine passer en phase de préproduction.
Pour les missions d’attaque au sol, la Luftwaffe pourra compter sur un assortiment de Bf 110F (séries F-6 et F-7), de Fw 190F (séries F-3 et F-Cool et de Ju 87. Cependant, les Stukas ne se contenteront pas de bombarder en piqué (séries Ju 87C et Ju 87D), ils serviront aussi d’artillerie antichar. Le déploiement du tout nouveau Ju 87G est l’un des secrets les mieux gardés de la Luftwaffe et son arrivée au-dessus du champ de bataille devrait constituer une méchante surprise pour les équipages de chars soviétiques.
Finalement, c’est du côté des bombardiers que la situation est la moins bonne. Il faudra se contenter de vieux Ju 88 et He 111, ainsi que d’unités pas forcément en pleine possession de leurs moyens.
En face, les Soviétiques ne se laisseront pas faire et comprendront rapidement que Kiev est la cible de l’attaque allemande. Il faudra empêcher ou du moins ralentir l’approvisionnement des troupes ennemies, ce qui passera par une campagne de frappes préventives… un peu à la manière de ce que paraissent d’ailleurs tenter les VVS au même moment. Cette mission est confiée par Göring à Rudolf Meister, commandant du IV. FliegerKorps. L’opération Carmen devra s’attacher à détruire les principales lignes et infrastructures ferroviaires de l’Ukraine orientale.

Prévisions soviétiques
Moscou
– Un document confidentiel signé de Joukov et de Vassilievski est remis en mains propres à Staline par son secrétaire Alexandre Poskrebychev. Dans ce mémoire, les deux généraux font état de leurs réflexions sur les futures offensives allemandes sur le front russe. Après avoir exposé une série d’arguments s’appuyant notamment sur les données récoltées par le GRU, les services d’écoutes et les troupes sur le terrain, ils indiquent qu’à leur avis, la prochaine grande attaque allemande sera de nouveau portée en Ukraine. A l’appui de leur thèse, ils mentionnent le maintien dans la région de fortes concentrations de blindés ennemis, les efforts entrepris par la Ostheer et par l’Organisation Todt pour renforcer les lignes et les dépôts logistiques dans le secteur du Groupe d’Armées Sud et l’arrivée continue de renforts en hommes et en matériel.
La seconde partie du document porte sur les propositions d’actions à entreprendre une fois l’offensive allemande démarrée. Car Joukov et Vassilievski sont formels : lancer une attaque préventive n’est pas la solution. Il convient de bloquer l’offensive ennemie et seulement ensuite de passer à la contre-attaque. Cette méthode aurait pour avantage de fixer le gros des réserves allemandes et faciliterait les percées sur d’autres points du front.
Dans la soirée, Poskrebychev contacte directement les deux hommes. Ils sont convoqués tous les deux au Kremlin dès le lendemain.

Méfiez-vous des contre-révolutionnaires !
Sébastopol
– L’arrivée d’un groupe d’officiels du NKVD dans l’enceinte du port militaire surprend désagréablement le vice-amiral Oktyabrskiy, qui n’en avait évidemment pas été averti. Le commandant de la Flotte de la Mer Noire enrage d’autant plus que Koboulov lui présente un ordre signé de la main même de l’amiral Kouznetsov, commandant de la Flotte soviétique. Il ne peut savoir (même s’il peut s’en douter) que Kouznetsov n’a pas eu le choix et n’a autorisé la visite du NKVD qu’avec de fortes réticences.
Rapidement, les hommes de Koboulov se répandent dans les installations navales, exigent des données chiffrées des responsables et demandent à interroger directement ouvriers et autres personnels. Avec un sourire aussi innocent que faux, Koboulov informe Oktyabrskiy que l’inspection se poursuivra aussi longtemps que nécessaire, mais qu’il ne doute pas qu’elle se conclue de façon positive.


24 avril
Un coup de main blindé pour les Roumains
Bucarest
– Les lourds véhicules chenillés du 560. s.PzJ. Abt (bataillon de chasseurs de chars lourds) débarquent un à un du convoi ferroviaire arrivé dans la nuit dans le quartier de Grivița. Habituellement frondeurs, les cheminots roumains vivant ici sont très attentifs à cette démonstration de force. Chaque automoteur descend le long de la calea Griviței jusqu’à l’école d’artillerie avant de bifurquer sur la calea Victoriei jusqu’à la pasajul Victoriei (place de la Victoire). Arrivés sur la place, les blindés allemands et leurs équipages sont accueillis par le maréchal Antonescu. La foule massée le long des rues hésite entre applaudissements sincères et silence résigné tandis que des sympathisants communistes prennent des notes.
Grâce à leur diligence… et à la couverture de l’évènement par la presse roumaine, le général Petrov pourra dès le surlendemain être informé par le GRU de l’arrivée dans le secteur de la 11. Armee de chasseurs de chars Nashorn (armés d’un redoutable canon Pak 43 de 88 mm L71) et de canons automoteurs Grille (porteurs d’un obusier sIG 33/1 de 150 mm sur un châssis de Panzer 38(t)). Avec l’arrivée de ces engins, la défense germano-roumaine vient de se raffermir de façon significative.

Prévisions soviétiques
Moscou
– Le bureau d’angle du Kremlin où Staline a pris l’habitude de travailler est bien occupé : Antonov, Joukov, Vassilievski ainsi que Lazare Kaganovitch, ce dernier en tant que représentant de la Stavka et Commissaire du peuple aux Transports. Sur la table de travail, le rapport transmis la veille voisine avec des cartes du front et de la région de Kiev.
Staline évoque pour commencer la solution d’une attaque préventive, défendue par Vatoutine et Khrouchtchev. Les coups portés aux Allemands en Ukraine ont certes été suivis d’une contre-attaque mais, avec les moyens adéquats, ne serait-il pas possible de briser ce qui apparaît comme le dernier soubresaut d’une bête fasciste blessée à mort ? Joukov répond posément, reprenant les arguments du mémoire. Attaquer maintenant serait contre-productif. Les capacités de l’Armée Rouge s’accroissent de jour en jour, celles de la Wehrmacht approchent de leur point de rupture. Mais même un ours blessé peut encore tuer. Il faut l’affaiblir, le saigner, l’immobiliser avant de l’attaquer là où il ne se défendra pas.
Staline rebondit sur ces derniers propos : ne pourrait-on pas contre-attaquer partout à la fois plutôt que de se concentrer sur la seule Ukraine ? C’est cette fois Vassilievski qui prend la parole : il serait possible d’attaquer ailleurs, mais il ne faut pas gaspiller les forces accumulées. Chaque offensive doit être suffisamment alimentée pour obtenir des résultats concrets. Le manque de réserves ne peut mener qu’à un match nul ou même provoquer une catastrophe. Kaganovitch va dans ce sens : bien que relativement épargné par la guerre, le réseau ferroviaire soviétique frôle régulièrement la surcharge. L’on manque de locomotives, de wagons, plus encore de cheminots. Multiplier les fronts, c’est multiplier le risque d’une panne logistique.
Staline se fait soudain silencieux avant de consulter le carnet de cuir où il consigne diverses informations confidentielles sur l’état des réserves et les stocks d’équipements disponibles. Il finit par se montrer favorable à la proposition de Joukov et de Vassilievski, à la condition expresse que des moyens substantiels continuent de barrer la route de Moscou, sans négliger celle de Leningrad. Les deux généraux acquiescent avant de présenter les grandes lignes de la future opération. Elle exigera le renforcement accéléré des 1er et 3e Fronts d’Ukraine et une concentration massive d’avions de combat, ainsi que l’établissement d’une puissante réserve sur les arrières pour éviter toute mauvaise surprise. La mise en défense de Kiev, le rétablissement des infrastructures ukrainiennes et le prépositionnement d’un ravitaillement abondant sont également nécessaires.
Enfin, il faut réfléchir dès à présent aux contre-offensives qui suivront l’arrêt de l’attaque allemande. Staline évoque immédiatement la Bessarabie et le delta du Danube, tout en rappelant la nécessité de mener à bien la percée en Lettonie.

Méfiez-vous des contre-révolutionnaires !
Sébastopol
– De tous les navires affectés à la Flotte de la Mer Noire, le cuirassé Parisjkaïa Kommuna est le plus grand, le plus lourd et le plus puissant – s’il est loin d’être le plus moderne. Mais le navire-amiral de la Flotte a été endommagé le 1er mars par un avion torpilleur allemand au large de Kobleve. Entré en cale sèche pour assurer les réparations, il n’en est pas encore ressorti : la faute au manque d’acier, distribué prioritairement aux usines fabriquant les blindés de l’Armée Rouge. Les choses sont d’autant plus compliquées qu’il faut des tôles d’une épaisseur bien précise et que les besoins de la marine ne sont clairement pas les plus importants pour les planificateurs soviétiques. Les ingénieurs de l’arsenal en sont réduits à attendre que l’on veuille bien leur livrer les pièces prévues, tout en faisant assurer dans l’intervalle d’autres travaux de maintenance.
Sur place, les journées de travail sont bien assez longues pour épuiser les ouvriers et le manque de personnel (dont une partie a été mobilisée ou affectée à des travaux considérés comme plus urgents) rend les choses encore plus pénibles. A l’avant du cuirassé, une petite équipe effectue des travaux de soudure qui n’ont rien à voir avec la réparation des dommages subis devant Kobleve : on profite toujours des séjours imprévus à l’arsenal pour faire faire des menus travaux toujours reportés faute de temps. Aujourd’hui, on pose tout simplement des étagères métalliques dans le magasin de peinture. La proximité d’un stock d’articles de voilerie (1) et de pots de peinture ennuie un peu les contremaîtres, mais il faut respecter les cadences et la sécurité n’est pas non plus une priorité des planificateurs. Aussi les étincelles projetées par les chalumeaux volent-elles en tout sens, plus ou moins proches de ces objets inflammables. Un pot de dissolvant mal fermé, des vapeurs inflammables…
Dans l’affairement général, personne ne s’aperçoit du début de l’incendie et nul ne pourra certifier combien de temps a pu s’écouler avant que l’alerte ne soit donnée aux pompiers de l’arsenal. Bien que rapide, leur intervention est gênée par la panique et entravée par les amoncellements de matériels sur les quais. Les choses auraient pu être différentes si les alertes répétées du MPVO de Sébastopol (2) sur le manque de lances à eau et de véhicules anti-incendie motorisés aient été entendues. Mais il est désormais trop tard pour y remédier.
La fumée de l’incendie est visible du bureau du vice-amiral Oktyabrskiy mais c’est le NKVD, aux aguets de toute anomalie, qui arrive sur les lieux en premier. Monté à bord dès l’incendie contrôlé, Bogdan Koboulov peut à loisir constater les dégâts. Le feu a atteint les soutes à munitions avant, heureusement vides (3). En revanche, la chaleur a provoqué des dégâts importants : ponts et cloisons sont gondolés, surtout dans les postes d’équipage , où le mobilier, bancs et tables en bois, a fourni au feu un aliment de choix (4).
Aussitôt interrogé par des assistants de Koboulov, un ingénieur du port ne peut cacher la sinistre vérité. En temps normal, quelques semaines de travail suffiraient à réparer les dégâts. Mais dans les conditions actuelles, il faut parler de mois entiers, à supposer que la structure du cuirassé ne soit pas endommagée. C’est une authentique catastrophe (même si la Flotte de Mer Noire a, ces temps-ci, bien davantage besoin d’escorteurs ASM que d’un cuirassé très fatigué). Descendu sur le quai au moment de l’arrivée du commandant de la Flotte, l’adjoint de Beria prend son expression la plus sévère : un sabotage ici, à Sébastopol ! Les choses ne vont pas se passer comme ça. Le camarade Beria et le camarade Staline en seront informés immédiatement. Des sanctions seront prises. En attendant, le vice-amiral et ses principaux subordonnés sont fermement priés de retourner dans leurs bureaux où ils seront consignés, le temps que des ordres parviennent de Moscou.

Notes
1- Il s’agit des tauds qui permettent d’abriter les ponts du soleil en été.
2 - MPVO : Mestnaia protivovozdushnaia oborovna – service créé en 1932, dépendant du NKVD et chargé de la défense antiaérienne locale, mais dont les prérogatives se sont progressivement étendues à la régulation des dégâts et à la lutte contre les incendies.
3 - Dans toutes les marines, on a tiré les leçons de la catastrophe de l'Iéna, en France, en 1907. Tout navire de guerre passant en cale sèche débarque ses munitions, que l’on soit en temps de paix ou de guerre.
4 - Dans la construction navale militaire du XIXe siècle et jusqu’à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, les postes d’équipage et des officiers mariniers sont sous la plage avant, sur un ou plusieurs ponts, tandis que les cabines des officiers et leurs carrés sont sous la plage arrière – disposition héritée de la marine en bois.

(Merci à Capu Rossu pour le coup de main technique!)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
solarien



Inscrit le: 13 Mai 2014
Messages: 1553
Localisation: Picardie

MessagePosté le: Mer Juil 25, 2018 13:17    Sujet du message: Répondre en citant

Avec l'arrivée du 560.s.PzJ Abt en Roumanie, les généraux allemands ne pourraient ils pas organiser une diversion dans le Sud histoire d'essayer d'attirer quelques forces soviétiques du coté d'Odessa, ou au moins de gêner les réflexions de la STAVKA ???

Après tout, la pince Sud pourrait aussi pivoter plein Sud après avoir percer les lignes soviétiques pour foncer sur Mykolaev et encercler le Front Odessa.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
ciders



Inscrit le: 16 Sep 2016
Messages: 618
Localisation: Sébastopol

MessagePosté le: Mer Juil 25, 2018 13:30    Sujet du message: Répondre en citant

Pour le moment, il s'agit surtout de dissuader les Soviétiques de franchir le Dniestr. Les deux camps savent de toute façon que ni la 11. ni la 17. Armee (et ne parlons pas des Roumains) n'ont les moyens de faire autre chose que de rester en défense. Quant à la pince sud qui pour l'instant n'est pas autre chose qu'une idée sur un plan d'état-major, il n'est pas sur qu'à l'OKH on se dise : "nous avons la possibilité de prendre Kiev ou d'encercler un Front soviétique à trois armées tout en laissant notre flanc nord à la merci des contre-attaques venant de Kiev. Qu'est-ce qui serait le plus profitable ?".
_________________
- Mister Graham, tell this man to fire at me !
- I beg your pardon ?

The Last Samurai
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Visiter le site web de l'utilisateur
Archibald



Inscrit le: 04 Aoû 2007
Messages: 3310

MessagePosté le: Mer Juil 25, 2018 14:21    Sujet du message: Répondre en citant

pas seulement le Iéna: le Liberté (classe Danton, de mémoire) a explosé aussi, quelques années après en 1911 provoquant un nouveau carnage de matelots... Shocked
_________________
« Je ne crois pas que les Allemands aient jamais l’idée d’attaquer dans la région de Sedan. » Charles Huntziger, 7 mai 1940.
...
"La Meuse, ça ne m'intéresse pas" Gamelin à Corap, mars 1940.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
delta force



Inscrit le: 07 Juin 2009
Messages: 530
Localisation: france Gironde

MessagePosté le: Mer Juil 25, 2018 16:40    Sujet du message: Répondre en citant

le futur champ de bataille est un superbe charodrome, de grande plaines sans beaucoup de hauteur, pas beaucoup de coupures humides il me semble (si on est en dehors de la saison des boues). La supériorité technologique des panzers récents peut jouer à plein : le canon du Nashorn par exemple avec son obus sous calibré pourvu d'un cœur au carbure de tungstène, Pzgr. 40/43, était capable de pénétrer 190 mm de blindage d’acier à un angle de 30 ° à une distance d’impact de 1 000 m....
Mais en FTL 1943 les chars russes sont moins à la "ramasse" technologiquement qu'OTL . Mais si je lis l'annexe EY 1 sur la montée en puissance de l'armée rouge , les nouveaux chars (IS1 et t34/85) ne sont pas beaucoup présents avant septembre 43.
La STAVKA a sans doute déjà des informations sur les chars allemands . Cela peut aider à favoriser auprès de Staline la nécessité d'attendre l'offensive allemande car l'armée rouge pourra utiliser au mieux ses atouts comme l'artillerie pour bloquer les panzers.

OTL je crois que la capture d'un tigre intact fin 42 dans le secteur de Leningrad sonna l'alarme à la Stavka.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Imberator



Inscrit le: 20 Mai 2014
Messages: 2985
Localisation: Régions tribales au sud-ouest de Nîmes.

MessagePosté le: Mer Juil 25, 2018 16:49    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
interdiction de frapper la capitale lituanienne pour des raisons politiques. Il ne faut pas pousser davantage de Lettons dans les bras de l’envahisseur fasciste !

Là, je suis pas très sûr: C'est en bombardant les Lituaniens qu'on jette les Lettons dans les bras de l'Allemagne ?
_________________
Point ne feras de machine à l'esprit de l'homme semblable !
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
ciders



Inscrit le: 16 Sep 2016
Messages: 618
Localisation: Sébastopol

MessagePosté le: Mer Juil 25, 2018 16:53    Sujet du message: Répondre en citant

En juillet 1943 FTL, l'arme blindée soviétique est au bord d'un profond changement, comme OTL d'ailleurs. Elle aligne des milliers de chars, elle peut compter sur des livraisons massives mais l'immense majorité des engins en production ou déjà en service demeurent des T-34/76 ou des T-50, avec quelques centaines de chars lourds (KV-1 dont le remplacement par le KV-85 est cependant bien avancé). Le premier est un char qui atteint ses limites face aux Leopard, Tiger et Panzer IV dernière génération, le second un char léger qui peut au mieux se dépêtrer face à des Panzer III. Mais sans aller au-delà du suspense, oui, l'arme blindée soviétique reste à ce moment du conflit inférieure à son homologue allemande. Elle a par contre la supériorité numérique, une solide capacité à apprendre de ses erreurs, pléthore de tubes de tous calibres pour la soutenir et je ne parle pas de l'aviation.

Mais si vous vous attendez à la vision soviétique de l'après-guerre avec le combat revisité de Prokorovka... vous allez être déçus. Ce sera plutôt un sitting duck challenge.

EDIT : ah oui, petite erreur sur les Lettons/Lituaniens. Il s'agit bien des Lituaniens.
_________________
- Mister Graham, tell this man to fire at me !
- I beg your pardon ?

The Last Samurai
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Visiter le site web de l'utilisateur
Capu Rossu



Inscrit le: 22 Oct 2011
Messages: 1660
Localisation: Mittlemeerküstenfront

MessagePosté le: Mer Juil 25, 2018 17:28    Sujet du message: Répondre en citant

Bonsoir Archibald,

Je n'ai fait mention qu'à la catastrophe de l'Iena car ce cuirassé étant en cale sèche pour carénage. Ce qui fait que le navire ne pouvait pas utiliser son circuit incendie car il n'y avait pas d'eau à pomper. Autre circonstance aggravante, il n'était pas possible, à l'époque, de connecter le collecteur incendie à une canalisation terrestre et donc de fournir de l'eau au bâtiment en feu. Enfin, les tentatives de noyage du bassin afin que l'eau pénètre par les brèches des explosions initiales et éteigne l'incendie : une explosion a fauché l'équipe qui tentait de procéder à l'ouverture des vannes du bateau-porte tandis que l'obus tiré par un autre cuirassé pour percer le bateau porte sous la flottaison a ricoché à la surface de l'eau et s'est perdu dans la nature.
Pour la Liberté, le navire était opérationnel, apte à toutes missions et mouillé sur rade. La catastrophe n'a pu être évitée car les commandes du noyage des soutes étaient au cœur de l'incendie.

@+
Alain

PS : La Liberté est un 15.000 tonnes et non pas un Danton (18.000 tonnes). Les 15.000 tonnes sont divisés en deux sous-classes République et Vérité, la différence se fait sur la composition de l'artillerie secondaire. XVIII x 164,7 mm pour les deux "République" et X x 194 mm pour les quatre "Vérité" dont la Liberté.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 10320
Localisation: Paris

MessagePosté le: Jeu Juil 26, 2018 09:53    Sujet du message: Répondre en citant

25 avril
Citadelle
Les Hongrois en seront-ils ?
Budapest
– L’amiral Horthy se voit confirmer par Dietrich von Jagow, ambassadeur du Reich en Hongrie, la réaffectation des 4e et 7e Corps de la 2e Armée Hongroise au sein de la 2. PanzerArmee reconstituée. De plus, la 2e Division Blindée hongroise sera envoyée dans la réserve du HeeresGruppe Nordukraine dès que son entraînement sera terminé.
Fin politique, Horthy n’est pas dupe des compliments de von Jagow sur la bonne tenue de ses troupes en Ukraine. Le fait que la Wehrmacht maintienne six divisions d’infanterie et bientôt une division blindée dans la même région peut signifier qu’elle y manque cruellement de moyens… ou qu’elle compte en mobiliser le plus possible dans les semaines et mois à venir. Le déploiement d’une nouvelle armée entre les 8. et 17. Armeen allemandes pourrait en témoigner. Envisagerait-on sérieusement de passer à l’offensive du côté de Berdichev ? Puis de Kiev ? Une attaque du fort au fort dans un secteur qui sera sans aucun doute bien garni…
Sans se départir de son air bienveillant et d’acquiescer poliment face aux paroles de l’ambassadeur, Horthy fait rapidement les comptes. Se priver de sept bonnes unités qui auraient pu servir ailleurs – au hasard, sur la frontière roumaine – n’arrange pas ses affaires. Surtout si ce qu’il pressent comme la future campagne d’été d’Hitler devait mal se terminer. Préparer des contre-mesures paraît on ne peut plus nécessaire.
De son côté, von Jagow a bien perçu les hésitations croissantes des Hongrois depuis son arrivée en mars 1942. La durée croissante du conflit à l’Est et la victoire qui paraît de plus en plus lointaine ont entamé la résolution de certains officiers supérieurs. Si le régent Horthy paraît encore fermement accroché à l’Axe (bien qu’il se refuse toujours à autoriser la déportation massive des Juifs de son pays vers l’Allemagne), ce n’est peut-être pas le cas de tous à Budapest. Dans le télégramme qu’il envoie à Ribbentrop dans la soirée, l’ambassadeur évoque ses doutes sur la volonté des Hongrois de suivre l’Allemagne jusqu’au bout d’une guerre qui devient plus longue que prévu. La réponse du ministre des Affaires Etrangères du Reich ne tarde pas : surveillez les Hongrois et assurez-vous de conserver des amis bien placés au sein de l’armée et du gouvernement. Immédiatement informé, Hitler donnera l’ordre à la Wehrmacht de préparer un plan de réaction rapide en cas de changement d’attitude – voire d’allégeance – à Budapest. Ce plan de rétorsion prendra bientôt le nom d’opération Margarethe.

Préparatifs soviétiques
Leningrad
– Le quartier général du district militaire de Leningrad accueille la première réunion entre les chefs des deux fronts de la Baltique, les deux coordinateurs envoyés par la Stavka et les principaux officiers chargés de planifier la future offensive dans les Pays Baltes.
Timochenko et Voronov placent d’entrée les participants sous tension : le Vojd veut un succès éclatant et rapide, les Allemands sont au bord de la rupture, la victoire est à portée de main. L’objectif fixé par le Kremlin est clair : dans un premier temps, forcer le Groupe d’Armées Nord à abandonner ses positions et s’assurer de passages sur la Dvina puis, après une très courte pause opérationnelle, foncer vers le Niémen. Pour ce faire, Meretskov et Popov disposeront de quatre corps blindés qu’ils placeront en pointe, mais qu’ils devront faire accompagner de détachements d’infanterie motorisée pour éviter que ne se reproduise « ce qui s’est passé en Ukraine » (même si personne ne parle de défaite, moins encore de désastre). En agissant de la sorte, on placera sous pression le Groupe d’Armées Centre et on menacera directement le cœur du militarisme allemand, la Prusse. Le date de l’offensive est fixée au 1er juin, ce qui ne manque pas de susciter des protestations de Meretskov. Mais Voronov se montre inflexible : c’est un ordre de Staline. Il faut agir avec diligence et sans faiblesse.

Kiev – En sa qualité de Premier secrétaire du Parti communiste ukrainien et de chef du conseil politique du 3e Front d’Ukraine, Nikita Khrouchtchev ordonne la mobilisation générale de la main d’œuvre civile. Tous les travailleurs qui ne sont pas déjà affectés à l’effort de guerre doivent être déployés sur des chantiers répondant aux besoins de l’Armée Rouge, ce qui entraîne la fermeture de la plupart des usines produisant encore des biens pour la population civile.
En quelques jours, des centaines de milliers de citoyens soviétiques, mais aussi de soldats permissionnaires et de blessés légers ramassés dans les gares et les hôpitaux, sont mobilisés. Certains sont envoyés terminer la remise en état des lignes ferroviaires reliant Kiev au reste de l’Ukraine, mais la plupart sont engagés comme terrassiers. Il ne faut pas beaucoup de temps pour qu’ils comprennent ce pourquoi ils ont été appelés : construire des positions fortifiées et des lignes défensives à l’ouest, au nord et au sud de Kiev.

Méfiez-vous des contre-révolutionnaires !
Moscou
– Beria a reçu de Koboulov l’information concernant l’incendie sur le cuirassé Parisjkaïa Kommuna en même temps que son rapport préliminaire sur le reste de sa mission. La nouvelle de l’accident – du sabotage, se reprend Beria – est naturellement censurée par les organes d’information soviétiques, Pravda en tête. Le Commissaire du Peuple aux Affaires Intérieures transmet rapidement le rapport et y rajoute un texte rédigé de sa main. « Il paraît de plus en plus clair, écrit-il, que la Crimée est infestée de contre-révolutionnaires anti-bolcheviks et que la loyauté des Tatars ne va plus au pouvoir soviétique. Peut-être conviendrait-il de sécuriser la région en obligeant les Tatars à partir vers des zones plus éloignées du front, où il serait plus facile de les surveiller ? L’Ouzbékistan peut-être. Bien sûr, cela nécessiterait des moyens logistiques importants, mais de tels déplacements ne sont pas sans précédent. »
La réponse de Staline – par téléphone ! – ne tarde pas : purgez les autorités locales, remettez de l’ordre et préparez la déportation des Tatars et des minorités suspectes.
La question de la Marine est plus délicate : doit-on également purger la Flotte de mer Noire ? Cette fois, la réponse est négative. Ce sera le travail d’une commission spéciale qui est nommée dans l’heure. Pour la diriger, Staline fait appel à Nikolaï Boulganine, étoile montante du Parti et haut fonctionnaire tout dévoué au Vojd.


26 avril
Citadelle
Rommel est inquiet
Minsk
– A peine remis d’une fièvre typhoïde qui l’a cloué au lit les semaines précédentes, Rommel reprend véritablement les commandes du HeeresGruppe Mitte. Krebs n’a pas eu de crises à gérer durant son absence forcée. Les Soviétiques sont restés sur leurs positions et n’ont rien tenté de bien conséquent en Biélorussie. Il faut dire que le climat ne s’y prêtait guère. Il n’y a bien qu’autour de Gomel que les choses sont plus compliquées, l’artillerie soviétique bombardant régulièrement les ruines de la ville et empêchant la 1. PanzerArmee de s’y fortifier correctement.
Krebs lui résume ensuite les débats qui ont mené à l’organisation de la future opération Citadelle. Le Feldmarschall est profondément mortifié d’apprendre que personne n’a sollicité son avis et que la Biélorussie apparaisse désormais comme un théâtre d’opération secondaire. Bien sûr, son groupe d’armées n’est pas ridicule pour autant et conserve notamment cinq divisions blindées et deux divisions de panzergrenadiers, mais Rommel sait bien qu’il ne pourra pas compter sur des renforts ou sur des matériels neufs. En fait, il se pourrait même qu’il serve de réserve en cas de problème ailleurs sur le front. Or, déshabiller une portion du front pour en regarnir une autre n’a jamais apporté que des ennuis.
Le feld-maréchal appelle alors l’OKH, mais Halder ne peut que confirmer ses inquiétudes, tout en essayant de le tranquilliser : une fois Kiev prise, les choses ne pourront qu’évoluer favorablement. Le ton peu assuré de Halder finit par réellement inquiéter Rommel. Si tout doit se jouer en Ukraine, son groupe d’armées risque fort de servir de cible toute désignée aux Soviétiques en cas d’échec de Citadelle.

Blitz à la soviétique
Varsovie, 03h10
– Le hurlement des sirènes d’alerte réveille des habitants désormais presque habitués aux horreurs de la guerre aérienne. Cette fois, cependant, les assaillants ne viennent pas de l’ouest mais de l’est. Après avoir concentré ses frappes sur la Prusse Orientale et les Pays Baltes, Golovanov a décidé de tenter un coup beaucoup plus complexe : attaquer nuitamment Praga, le grand faubourg oriental de la capitale polonaise, et surtout ses ponts. La préparation de la mission a été longue : pas moins de cinquante Iliouchine Il-4 qui sont mobilisés, toujours de la région de Novgorod. Ils seront suivis de quinze Yermolayev Yer-2, qui décolleront de terrains d’aviation autour de Moscou. Tous les appareils emportent une tonne de bombes, les Yer-2 étant armés de bombes incendiaires.
Le raid s’engage mal d’emblée : trois Il-4 et deux Yer-2 ne parviennent pas à décoller ou doivent se poser d’urgence dès le départ. Les autres avions volent trop haut et trop groupés, ce qui facilite leur repérage par les radars allemands. Parvenus sur l’objectif, les bombardiers sont accueillis par une flak très puissante, mais parviennent à conserver leur formation et à larguer leurs bombes. Hélas, le bombardement est très imprécis et la plupart des bombes tombent en périphérie de Praga.
Ayant décollé trop tard, les Soviétiques se retrouvent au-dessus de la Biélorussie quand le jour se lève. Il sont alors assaillis par les Bf 109 de la II/JG 51, rameutés par le contrôle au sol. Les chasseurs soviétiques censés les escorter à leur retour décollent trop tard pour être d’un quelconque secours. Enfin, le sort s’acharne sur les Yer-2 : la DCA de Moscou, que nul n’a songé à prévenir, ouvrant le feu et leur inflige de nouvelles pertes.
En fin d’après-midi, Golovanov fait ses comptes : quinze bombardiers abattus, neuf autres si endommagés qu’ils sont irréparables ! Les missions longue portée sont aussitôt suspendues.


27 avril
Nuit et Brouillard
Lvov
– L’ancien commandant de l’Einsatzgruppe C, Paul Blobel, est désormais à la tête d’une unité spéciale dépendant du Sonderaktion 1005 et chargée d’éliminer toute trace de l’élimination des populations juives en Europe orientale. Blobel débarque dans une région qu’il connaît bien : il est chargé de retrouver les lieux de ses propres massacres et d’en effacer jusqu’au moindre souvenir. Il commence son travail par la destruction du ghetto de Zborow [Zboriv], dont les habitants ont été liquidés la semaine précédente.

Préparatifs soviétiques
Moscou
– Le GKO (comité d’Etat à la Défense) se réunit au Kremlin. Tous ses membres sont présents : Staline naturellement, mais aussi Beria, Kaganovitch, Malenkov, Mikoyan, Molotov, Vorochilov et Voznessenski. L’ordre du jour est consacré à la préparation des futures opérations de l’été à venir. Trois sont validées : la première, qui mobilisera les deux Fronts de la Baltique, est baptisée “Dvina-Niémen”. La seconde ne reçoit pas de nom de baptême : elle aura pour but de contrer l’attaque allemande prévue par l’état-major général dans la région de Kiev. La dernière est imposée par Staline : “Molot” a pour objectif d’amener les fronts les plus méridionaux sur le Danube.
La préparation de la défense soviétique en Ukraine est présentée comme la priorité absolue de l’effort de guerre pour les mois à venir. Le NKO (Commissariat du Peuple à la Guerre) et les services de planification reçoivent pour consigne de servir en premier les 1er et 3e Fronts d’Ukraine et de déverser sur l’Ukraine centrale matériels neufs et renforts humains. Cet effort devra être maximal pour les canons automoteurs, les chars de combat et les avions de chasse.
………
De leur côté, Joukov et Vassilievski mettent la dernière main à leurs estimations. En prenant en considération toutes les informations disponibles et en travaillant sur un scénario volontairement pessimiste (la Ostheer engageant le gros de ses moyens sur une seule attaque, ce qui serait très risqué mais n’est pas impossible), les deux hommes s’entendent pour demander la mobilisation de pas moins de douze armées renforcées pour les 1er et 3e Fronts d’Ukraine et de huit corps blindés à effectifs complets. Et il faudra aussi des réserves significatives (plusieurs armées et corps blindés supplémentaires), l’appui de deux armées aériennes de premier ordre et un soutien logistique exceptionnel. Le tout sous deux mois. En envoyant le mémoire au Kremlin, Joukov ne peut s’empêcher d’être légèrement sarcastique en comparant ces demandes à une liste de courses dans un pays capitaliste.


28 avril
Citadelle
Préparation aérienne
Opération Carmen
– Les premières missions de bombardement menées sous la conduite du général Meister débutent dans la soirée. Décollant de terrains situés près de Rovno, des Heinkel He 111 du Kampfgeschwader 27 (KG 27) frappent les installations ferroviaires de Koursk et d’Orel, tandis qu’à Jitomir, ce sont des Junkers Ju 88 du KG 51 qui dévastent la gare. Ces deux attaques préfigurent toute l’opération Carmen : une succession d’attaques des gares les plus proches du front, pour attaquer directement la logistique des armées soviétiques de première ligne, et d’attaques des grandes gares régulatrices de l’arrière, pour perturber plus en profondeur l’ensemble du trafic ferroviaire soviétique, civil et militaire.

Nouveaux chasseurs soviétiques
Crimée
– Le 7e IAP (régiment de chasse) de la composante aérienne de la Flotte de mer Noire devient la première formation soviétique à mettre en ligne le nouveau chasseur lourd MiG-5. Il est stationné sur la base aérienne de Yevpatoria, soixante-dix kilomètres au nord de Sébastopol et environ quatre cents kilomètres à l’est du port roumain de Constantza. La mission première des MiG-5 est d’attaquer le trafic côtier de l’Axe ; secondairement, ils peuvent s’en prendre à des objectifs terrestres avec leurs canons en nacelle, remplacés au besoin par une bombe de 500 ou 1 000 kilos ou une torpille.
Parallèlement, un second régiment sur MiG-5, le 9e IAP, achève sa formation sur le terrain d’aviation de Yeysk. Mais il n’est pas prévu qu’il devienne opérationnel avant juillet.


29 avril
Citadelle
La Panzerwaffe se prépare
Berlin
– A l’OKH, Zeitzler peaufine sa proposition de répartition des forces pour Citadelle.
La branche septentrionale de l’opération, la 3. PanzerArmee, se verrait attribuer trois divisions blindées renforcées et une quatrième en réserve, une division de Panzergrenadiers, deux Abteilungen de chars lourds et un régiment de chasseurs de chars lourds. Au total, Model pourrait disposer de près de cinq cents chars et d’autant de chasseurs de chars.
De son côté, la branche méridionale serait encore plus fournie avec trois divisions blindées (plus une en réserve) et surtout un corps blindé SS. Confié à Paul Hausser, le I. SS-PanzerKorps déploierait à lui seul près de sept cents blindés dans ses trois divisions (Leibstandarte, Das Reich, Totenkopf). En tout, Manstein disposerait de neuf cents chars et six cents chasseurs de chars.
Le rassemblement d’une telle force serait sans précédent côté allemand. En relisant les chiffres, Zeitzler a une bouffée d’orgueil, rapidement suivie d’une brusque inquiétude. Mobiliser sur un seul secteur du front mille quatre cents chars et onze cents chasseurs de chars ne peut qu’écraser tout ce que l’Armée Rouge pourrait leur opposer. Mais les dépôts existants n’y suffiront pas. Où trouver le carburant et les munitions requises pour Citadelle si ce n’est en obtenant d’Hitler d’en priver plus ou moins tous les autres groupes d’armées ? Cela fera grincer des dents beaucoup de monde (et notamment à l’OKW), mais il n’y a pas d’autre choix.

Guerre aérienne
Biélorussie
– A l’est de Gomel, quatre Focke-Wulf Fw 190 A tombent nez à nez avec un groupe de bombardiers bimoteurs Petlyakov Pe-2 en route pour bombarder les installations ferroviaires de la ville. La lutte est inégale et trois bombardiers s’abattent en flammes. Huit Yak-1b de la 15e Armée aérienne tentent de s’interposer. Les chasseurs allemands ne s’attardent pas, mais un des Yak tombe, la dérive arrachée par une salve d’obus de vingt millimètres. Au sol, une patrouille soviétique parviendra à récupérer les restes du pilote, qui sera vite identifié. La mort du lieutenant Leonid Nikitich Khrouchtchev sera notifiée deux jours plus tard à son père par le général Papivine en personne.

Méfiez-vous des contre-révolutionnaires !
Sébastopol
– Après des jours d’interrogatoires serrés, Nikolaï Boulganine rapporte les résultats obtenus par sa commission d’enquête au sein de l’état-major de la Flotte de mer Noire. Si des dysfonctionnements mineurs sont signalés, il n’y a pas lieu de considérer que les marins sont liés à une quelconque conjuration. Mais il est clair que l’organisation du travail à l’arsenal de Sébastopol est à revoir. Boulganine pointe du doigt le sous-encadrement politique des travailleurs, l’incurie des responsables syndicaux locaux et le manque d’ardeur patriotique de certains commissaires politiques. Tous ces facteurs ont facilité l’incendie du Parisjkaïa Kommuna. En retour, Staline informe Boulganine de la principale “découverte” de Koboulov : les causes de l’incendie, de la médiocrité de la production ou du manque de patriotisme des travailleurs sont toutes liées au rôle des Tatars, inféodés à d’anciens traîtres épargnés par cet incapable de Iejov.
Finalement, les militaires s’en sortent relativement bien. Le vice-amiral Oktyabrskiy et plusieurs de ses subordonnés écopent d’un blâme et d’une remontrance administrée par Boulganine, celui-ci se chargeant au passage d’établir une liste de modifications à apporter au bon fonctionnement des installations de Sébastopol (il effectuera également une visite en ce sens à Kerch et une autre à Simferopol). Le navire-amiral avarié demeurera encore de longs mois en cale sèche. Faute d’un réel besoin et de moyens suffisants (l’arsenal concentre ses capacités sur les escorteurs ASM), sa réparation sera longue.
En revanche, le Parti sera beaucoup moins clément pour d’autres. Le NKVD sera chargé dans les jours suivants de l’organisation de purges qui décimeront l’encadrement économique et politique de la Crimée. La déportation des Tatars vers la région de Tachkent sera menée dès la fin du mois de mai : en tout, près de 250 000 personnes. On ignore le sort du malheureux soudeur responsable de l’incendie. Après la guerre, certaines sources ont laissé entendre qu’il fut sommairement jugé dans les jours qui suivirent par Bogdan Koboulov en personne, et exécuté aussitôt.


30 avril
Préparatifs soviétiques
Moscou
– Le général Andreï Khroulev s’arracherait les cheveux – s’il lui en restait encore. Responsable des approvisionnements militaires, travaillant de concert avec son homologue pour le Parti, Anastase Mikoyan, Khroulev vient de recevoir les ordres de Staline concernant le second semestre 1943. Les exigences de la Stavka atteignent un niveau inédit, inégalé et extrêmement ambitieux. Rien que les quantités requises pour équiper les deux fronts ukrainiens autour de Kiev risquent de mettre en péril tout le système ferroviaire soviétique et il va falloir servir aussi les fronts de la Baltique, sans négliger les besoins normaux des autres fronts !
Mais ces arguments, déjà employés par Kaganovitch, ne semblent pas intéresser Staline. Les besoins de l’Armée Rouge doivent passer avant tout le reste, y compris les besoins de l’économie civile.
Et voilà que le NKVD réquisitionne des moyens de transport pour mener à bien quelque opération spéciale en Crimée… ce qui, au passage, va gêner les livraisons du prêt-bail, qui empruntent elles aussi, pour l’essentiel, la voie ferrée reliant Sébastopol à Zaporojié. Il faudra sans doute reporter ces livraisons par Rostov ou Taganrog, ce qui occasionnera de nouveaux retards sur le planning. Bien sûr, on aurait pu dire non à Beria, mais Khroulev n’a pas envie de visiter la Loubianka. Un coup d’œil à l’horloge de son bureau le déprime un peu plus : il dormira encore ce soir ici. Autant se montrer productif.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Fantasque Time Line Index du Forum -> 1943 - Le front russe Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4  Suivante
Page 3 sur 4

 
Sauter vers:  
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum


Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com