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Archéologie sans frontières
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Jan 17, 2018 16:02    Sujet du message: Archéologie sans frontières Répondre en citant

Ce texte inclassable est de Houps (vous auriez reconnu son style).
Miam.



Juin 1943
Département du Lot
– Fût-il débutant, tout siestologue aurait trouvé en Zacharie un sujet d’exception. Las, les temps ne se prêtant pas à ce genre d’étude, Zacharie, berger de son état, s’apprêtait à exceller dans cet art majeur à des fins strictement personnelles.
Un bruit, incongru tout autant que lointain, interrompit ses préparatifs.
Dans la chaleur de cette fin de printemps, le concert des insectes avait cessé, et même les éperviers se taisaient. Aussi le ronronnement qui allait s’amplifiant ne pouvait passer inaperçu. Sur l’antique chemin des pèlerins de Compostelle cahotait une petite cohorte de véhicules. En queue, dans un side-car, trois feldgrau (quoique pour l’heure revêtus d’une couleur indéfinissable) mangeaient la poussière de deux voitures d’aspect plus civil.
Celle de tête, Zacharie la reconnut sans difficulté. C’était la Monaquatre de “Pissadreï”, le nouveau maire de Gréalou. On l’appelait ainsi parce que c’était à peu près la seule chose qui fût droite chez lui. « Et encore ! » suggéraient les plus mauvaises langues. Sournois et veule, le bonhomme devenait chaque jour d’autant plus méchant qu’il peinait à discerner d’où soufflait le vent, entre Laval, Doriot et consorts.
Comme la Renault s’immobilisait à quelque distance de notre berger, il se tassa derechef sous un buisson pour mieux voir, ayant vérifié que sa poignée de brebis chômait benoîtement à l’ombre des chênes.
De la seconde voiture – une 402 militarisée par un vert sûrement réglementaire – descendirent deux Teutons. L’un était manifestement le chauffeur de l’autre, un officier, donc (casquette, lunettes dont le cerclage de métal renvoyait les rayons de soleil, sans doute bottes vernies, et brassée de grandes feuilles de papier). Officier sur lequel Pissadreï mit le cap sans tarder.
Sommairement époussetés, les trois soldats du side entreprirent de jeter un œil soupçonneux à l’entour, l’arme à la main – chaque buisson pouvant potentiellement abriter une nuée de terroristes judéo-gallo-communistes, armés jusqu’aux dents – et Zacharie s’incrusta encore plus dans le sol.
Plus inconscient du danger potentiel, ou plus fataliste, le chauffeur s’était écarté pour satisfaire un besoin naturel. De leur côté, le maire et l’officier se penchaient sur ce qui devait être des cartes. Fidèle à lui-même, Pissadreï faisait l’important et brassait l’air à grands gestes. Tout à trac, l’officier le planta là et, faisant signe de la main à son escorte, partit à grandes enjambées…
Et Zacharie faillit en avaler son chapeau (ce qui, au vu de l’objet, aurait été un grand exploit).
………
Les derniers tintements de l’appel dominical s’estompaient lorsque le berger pénétra dans le “café” du village. Un bien grand mot pour désigner une salle assez sombre, avec trois tables et quelques bancs, où l’on pouvait espérer sinon boire un coup, du moins rencontrer du monde, et ce, au frais. Fraîcheur pour laquelle point n’était encore besoin de tickets…
Près de la lucarne qui tenait lieu de fenêtre, il retrouva le Gros Albert, Maurice, le Père Duchesne et Emilien, qui l’attendaient pour leur partie hebdomadaire. Albertine lui servit son blanc, et tandis que les cartes se distribuaient, il ne fut question que de la présence des Allemands au village.
Non pas que la race y fût inconnue, mais elle s’y faisait discrète et passagère. Or, ceux-là s’installaient bel et bien ! L’officier, dans la pièce au-dessus de la mairie, et les quatre autres, chez la veuve Maringot : merci Pissadreï ! Double merci, car l’officier prenait pension… au “café” ! Pour l’heure, cependant, point d’uniforme dans les parages. On pouvait respirer.
Zacharie informa ses compères de la scène à laquelle il avait assisté. L’Emilien en manqua le compte des trèfles, perdant du coup le “petit”.
– Tu dis qu’il est allé voir sous la dalle ? Tu aurais pu nous prévenir !
– Comme je te vois ! Il a d’abord regardé le premier dolmen, puis il est allé à l’autre… Tu me vois cavaler ici pour vous prévenir ? Et laisser les bêtes ? Tu parles d’une discrétion ! Même Pissadreï aurait flairé du louche !
– Et c’est Pissadreï qui l’a mené là-bas ?
– En voiture. Mais pas jusqu’aux pierres… Tu sais la peur qu’il a des vipères !
– Et le Boche ?
– Il a fait le tour, écarté les buissons, et il a passé la tête sous la dalle.
– Nom de… Et ?
– Et rien !
– Rien ?
– Rien ! Rien de rien ! Pas un cri ! Pas un appel ! Rien ! L’est revenu à sa voiture, demi-tour, et tout le monde est reparti… Dis donc, cœur, c’est la coupe, j’te rappelle !
– Comme ça ?!
– Comme ça… Et ça fait deux jours. Je suis pas allé voir, mais je suis retourné garder par là-bas, et j’ai rien vu bouger…

Suivirent un long silence de réflexion, un débat animé, une tournée, et finalement, la décision de vider la cache la nuit même. C’était un risque à courir, mais on ne pouvait pas se permettre de perdre son contenu ainsi.
………
Jules Lesspeyle jeta un dernier coup d’œil à sa montre et descendit dans sa classe. Son visiteur – et voisin – n’allait pas tarder. Quand même ! Travailler avec un Boche !
La scène du vendredi précédent resterait à jamais gravée dans sa mémoire.
Tout occupé à ses corrections, tandis qu’Antonin suait sur un problème de robinets, il n’avait pas pris garde aux bruits qui lui parvenaient de l’extérieur. Les fenêtres étaient ouvertes, histoire de rafraîchir l’atmosphère de la classe et de combattre un mélange subtil d’odeurs brutales de gamins plus familiers du bouc et de la chèvre que de la savonnette, d’encre aromatisée de mouches crevées, de papier, de poussière et de craie.
On avait toqué à la porte, et avant qu’il ait quitté son estrade, “Monsieur le Maire” entrait, précédant un officier allemand, certes blond, mais peu représentatif de la “Race des Seigneurs”.
Sans dissimuler sa jubilation, l’édile – qui n’aimait pas l’instituteur, un Rouge qu’il rêvait de pouvoir évincer – lui présenta l’officier : le capitaine – « Hauptmann » avait rectifié l’autre – Wenzer. Pour quelque temps, ce dernier logerait au-dessus de la mairie, en voisin. Ayant appris la nature de certaines des activités de l’enseignant, il avait manifesté le désir de le rencontrer aussitôt.
Sur ce “Monsieur le Maire” s’était éclipsé. Sans doute pour s’embusquer sous une fenêtre, Lesspeyle l’aurait parié.
Jules congédia l’Antonin. Le galapiat, trop content d’être ainsi libéré, détala, laissant son maître rectifier une pile de cahiers pour retrouver contenance.
– Un puni ?
L’Allemand s’exprimait avec une pointe d’accent, mais avec aisance.
– Pas du tout, Monsieur l’officier. Pas du tout. Le certificat d’étude approche…
– Ach ! Le certificat d’étude… Une belle tradition…

Circulant entre les pupitres, le militaire s’était arrêté devant une vitrine suspendue au mur.
– Evidemment, en bon Français, Monsieur Boudeyre s’est empressé de me faire part de votre petite occupation secondaire…
Le ton, sarcastique, visait-il l’homme ou l’activité ? Jules tenta de maîtriser sa voix : « Ma petite occupation secondaire ? »
L’officier tapota la vitrine de l’index : « Les antiquités. » Il fit la moue. « Est-ce là toute votre collection ? »
– Ma collection ? Ma collection ? Oh non ! Non ! Mes “cailloux”, comme aime à les appeler Monsieur Boudeyre, sont entreposés à la cave. Le manque de place…
– Bien, bien…

L’Allemand pivota sur ses talons.
– Monsieur Lèssepèle, je suis en mission pour l’Einsatzab Reicher Rosenberg. Cela vous dit-il quelque chose ?
– Excusez-moi, heu… Hauptmann… Je ne suis pas très au fait de ces choses… Je vous croyais appartenir à l’Armée allemande…
– J’excuse votre ignorance, monsieur l’Instituteur. A imputer aux déficiences de votre système éducatif, je suppose… Vous n’ignorez pas que la contamination judéo-bolchévique s’étend dans de nombreux domaines…L’
Einsatzab Reicher Rosenberg est chargé de procéder au… réajustement de certaines données, notamment en ce qui concerne la préhistoire. L’influence de la civilisation nordique sur cette période a été soigneusement occultée… Quant à moi, j’appartiens au Kunstschutz de l’Armée allemande, et je suis chargé de recenser les monuments celtiques de votre région.
– Ha !…
– Nos services travaillent actuellement sur les monuments mégalithiques de Bretagne. La suite de notre visite de ‘30. 1930. Fantastique ! Vous connaissez ?
– Eh bien, je…
– C’est pourquoi j’ai personnellement été chargé de procéder à un relevé préliminaire des dolmens de votre région. Afin de mieux circonscrire leur aire de répartition, vous comprenez ?
– Euh… eh bien… certes… j’ai lu quelques articles de la SPF à ce sujet…
– Fort bien. Je suis ravi de trouver ici dans cet environnement… rural… une personne au fait de ces choses… Je compte donc sur vous pour m’aider à faire mes relevés. J’examinerai vos trouvailles un autre jour. Vous avez du travail, je vois… Mais il n’y a pas classe le jeudi, n’est-ce pas ?
– Effectivement…
– Pas de certificat d’étude non plus, alors. Retrouvez-moi jeudi, donc, à… (Il sortit un carnet d’une de ses poches) Pech Lag… Laglè…
– Pech Laglayre ? Je connais…
– Bien. Sept heures, pour profiter de la fraîcheur. Jeudi. Bonsoir, Monsieur Lesspèle.

………
Jules profita du tombereau d’Emilien pour faire le trajet, en compagnie de Bésigue et du jeune Florent, “recrutés” par Pissadreï, ainsi que trois autres hommes, pour travailler avec les Allemands. « Toujours mieux que de travailler pour Todt, non ? » avait-il commenté.
L’officier avait proprement évincé Pissadreï de la mairie, parce qu’elle disposait d’un des rares téléphones du village, lui signifiant que cela n’aurait qu’un temps et qu’il pouvait gérer les affaires courantes de chez lui. “Monsieur le Maire” avait avalé la couleuvre. Mais il ne décolérait pas de ce que l’instituteur soit si bien vu et ce, pour des cailloux qui auraient été bien plus utiles à remblayer les chemins.
Les trois sbires montaient la garde. Toujours à cause des « terroristes ». Au lieu de “Frisés”, “Boches” et autres “doryphores”, tout le monde ne parlait plus d’eux que comme des “Chinois”, tant il était vrai que leurs yeux légèrement bridés et leurs larges pommettes différaient des canons aryens.
Le chauffeur tenait lieu de secrétaire, tandis que l’officier, sa veste soigneusement pliée et rangée dans la Peugeot, dirigeait ses ouvriers, prenait des photographies sous tous les angles et procédait à des relevés avec l’aide de l’instituteur. A son grand dam, on avait enrôlé Zacharie, qui surveillait la scène depuis la lande, pour un tableau l’associant avec son troupeau au dolmen dans une composition très étudiée.
L’Allemand avait dédaigné le premier monument pour se concentrer sur le second, mieux conservé. Escorté de Jules, il en avait fait le tour.
– Ces mégalithes ont de tout temps attiré les chercheurs de trésor, Monsieur Lesspeyle. Ou les érudits comme vous. Mais ils peuvent encore nous réserver bien des surprises…
Inspectant l’intérieur de la chambre à l’aide d’une lampe électrique, il avait insisté sur le mot avec un regard en coin et un petit sourire énigmatique. N’importe quel imbécile aurait vu la trace des caisses sur le sol.
Tandis que Jules tentait vainement de réfléchir à tout ça en maniant décamètre et chaîne d’arpenteur, le reste de l’équipée essartait les lieux.
Le Hauptmann lança d’une voix forte : « Nous irons visiter les autres monuments de votre commune la semaine prochaine, monsieur l’instituteur. J’aimerais que vous m’accompagniez ensuite vers Carjac. »
– Hélas, monsieur l’officier, ce sera impossible. Non pas que la distance me rebute, mais…
– Je comprends. Vous avez votre… certificat d’études…
– Entre autres…
– Connaîtriez-vous une personne susceptible de m’aider ?
– Hélas, je crois bien être le seul à collectionner les antiquités celtiques à des kilomètres à la ronde !
– Tant pis, tant pis… Reprenons. Combien, dites-vous ?
– Vingt-cinq mètres. Mais à mon avis, je ne suis pas au bout…
– C’est probable. Venez dégager ce coin…

A la pause, Jules cassa la croûte en compagnie d’Emilien. Les autres s’installaient en bordure des chênes, avec Zacharie, et les Allemands faisaient bande à part près de leurs véhicules.
– Tu as entendu ce qu’il a dit ?
– Mouais… On va encore déménager. Reste bien la bergerie au Maurice…
– Moi, ce qui m’étonne, c’est son attitude. Il a rien dit pour les caisses, et il claironne où il va aller. Bizarre, non ?
– Tu crois qu’il est de la Gestapo et qu’il veut nous piéger ?
Emilien grimaça : « Faut prévenir “Renard”. »
– Et vite…
………
Les jours suivants, un petit rituel s’instaura. Vers les six heures du soir, l’officier recevait l’enseignant dans les locaux de la mairie, où ils inventoriaient le contenu de boîtes sagement étiquetées, fruits des collectes réalisées sur le Causse ou chez des particuliers ayant accepté la cession de curiosités encombrant les manteaux de cheminée.
L’Allemand consignait ses observations dans un calepin, pointait des lieux sur une carte et discutait ferme avec Jules, qui s’étonnait lui-même de tenir tête à son interlocuteur.
Parfois, le chauffeur assistait à la séance, qui ne s’éternisait pas au delà des neuf heures du soir, et parfois non. A la dérobée, l’instituteur se risquait à l’observer. L’ordonnance (il se demandait si ce titre convenait) semblait bien jeune. Si ce n’était une mâchoire un peu carrée, des traits fins, presque féminins. De longs cils. Une voix gutturale, cependant. Et des mains aux longs doigts, des mains auxquelles le piano seyait certainement mieux que la mitraillette.

(A suivre)
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Jan 17, 2018 16:05    Sujet du message: Répondre en citant

Précision historique – Jusqu’au milieu du XXe siècle, il était admis que les mégalithes bretons (et autres) étaient dus à un mouvement venu du Moyen-Orient, Moyen-Orient que les recherches archéologiques pointaient comme étant à l’origine, d’abord du Néolithique, ensuite des civilisations. Or Moyen-Orient = Sémite. Gênant pour certains et notamment pour les Nazis…
Pour ces derniers, il fallait prouver que les mégalithes bretons étaient le fruit de l’influence de civilisations nordiques. 1940 fournit l’occasion d’entamer des travaux en ce sens, et divers services s’attelèrent à la tâche : le Reichsbund für Deutsche Vorgeschichte, le service de protection de la Wehrmacht (Kunstschutz), ou la Deutsche Gesellschaft für Keltische Studien. Ce, bien sûr, dans un sain esprit compétition.
Emanation du Reichsbund, l’Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg devait « réajuster la préhistoire européenne, prendre en charge des normes de sécurité et de recherche précises dans les régions occupées… » A ce titre, l’organisation eut en charge la recherche sur la culture mégalithique de l’ouest, à partir de Carnac. Les travaux commencèrent dès l’automne 40 (mesures, photos – y compris aériennes – dessins et aquarelles…)
Le Kunstschutz, fondé en 1940, était directement rattaché au Haut Commandement de la Wehrmacht et avait pour mission de « protéger » les œuvres d’art. Il ne se priva pas de piller les collections privées de toute l’Europe pour les envoyer à Berlin. Mais il se mit aussi en devoir de préserver les monuments des destructions.
Le 30 mai 1941, un ordre de l’Oberkommando (de la Wehrmacht) faisait obligation aux unités de signaler tous les monuments et objets préhistoriques au Kunstschutz. La fouille et la destruction des monuments étaient interdites pour toutes les troupes et services officiels en France, Belgique et Pays-Bas. Et en 1942, le Pr Walther Matthes entreprenait le relevé des gravures dans les tombes mégalithiques pour prouver leur ressemblance avec les symboles indo-germaniques…
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Etienne



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MessagePosté le: Mer Jan 17, 2018 17:53    Sujet du message: Répondre en citant

Un siestologue!

Diable, ça existe? Laughing
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Archibald



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MessagePosté le: Mer Jan 17, 2018 18:10    Sujet du message: Répondre en citant



ROGNTUDJU !
_________________
"Au fond, comme chef de l'État, deux choses lui avaient manqué : qu'il fût un chef ; qu'il y eût un État" (De Gaulle à propos d'Albert Lebrun, 1944).
...
"La Meuse, ça ne m'intéresse pas" Gamelin à Corap, mars 1940.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Mer Jan 17, 2018 18:22    Sujet du message: Répondre en citant

Des Chinois… C'est pas les Tibétains plutôt ?
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Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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houps



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MessagePosté le: Mer Jan 17, 2018 18:34    Sujet du message: Répondre en citant

demolitiondan a écrit:
Des Chinois… C'est pas les Tibétains plutôt ?

Mon cher demolitiondan, quand il s'agit de bêtes allumettes ou de sobriquets, on s'attarde rarement sur ces détails... Very Happy
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Timeo danaos et dona ferentes
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Merlock



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MessagePosté le: Mer Jan 17, 2018 18:52    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Précision historique – Jusqu’au milieu du XXe siècle, il était admis que les mégalithes bretons (et autres) étaient dus à un mouvement venu du Moyen-Orient, Moyen-Orient que les recherches archéologiques pointaient comme étant à l’origine, d’abord du Néolithique, ensuite des civilisations. Or Moyen-Orient = Sémite. Gênant pour certains et notamment pour les Nazis…
Pour ces derniers, il fallait prouver que les mégalithes bretons étaient le fruit de l’influence de civilisations nordiques. 1940 fournit l’occasion d’entamer des travaux en ce sens, et divers services s’attelèrent à la tâche : le Reichsbund für Deutsche Vorgeschichte, le service de protection de la Wehrmacht (Kunstschutz), ou la Deutsche Gesellschaft für Keltische Studien. Ce, bien sûr, dans un sain esprit compétition.
Emanation du Reichsbund, l’Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg devait « réajuster la préhistoire européenne, prendre en charge des normes de sécurité et de recherche précises dans les régions occupées… » A ce titre, l’organisation eut en charge la recherche sur la culture mégalithique de l’ouest, à partir de Carnac. Les travaux commencèrent dès l’automne 40 (mesures, photos – y compris aériennes – dessins et aquarelles…)
Le Kunstschutz, fondé en 1940, était directement rattaché au Haut Commandement de la Wehrmacht et avait pour mission de « protéger » les œuvres d’art. Il ne se priva pas de piller les collections privées de toute l’Europe pour les envoyer à Berlin. Mais il se mit aussi en devoir de préserver les monuments des destructions.
Le 30 mai 1941, un ordre de l’Oberkommando (de la Wehrmacht) faisait obligation aux unités de signaler tous les monuments et objets préhistoriques au Kunstschutz. La fouille et la destruction des monuments étaient interdites pour toutes les troupes et services officiels en France, Belgique et Pays-Bas. Et en 1942, le Pr Walther Matthes entreprenait le relevé des gravures dans les tombes mégalithiques pour prouver leur ressemblance avec les symboles indo-germaniques…


Une seule réponse possible:
https://www.youtube.com/watch?v=hno9akVYRGE
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Clappique



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MessagePosté le: Mer Jan 17, 2018 20:45    Sujet du message: Répondre en citant

La suite, la suite .... je suis curieux, je me demande où cette histoire va nous emmener
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Van Gogh



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MessagePosté le: Mer Jan 17, 2018 21:40    Sujet du message: Répondre en citant

Bientôt une arrivée de l'Ahnenerbe, pour montrer à quel point la coopération entre services nazis est... spéciale ?

Sympa en tout cas !
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patzekiller



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MessagePosté le: Mer Jan 17, 2018 21:53    Sujet du message: Répondre en citant

la version ftl d'Indiana jones... Razz
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houps



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MessagePosté le: Mer Jan 17, 2018 22:35    Sujet du message: Répondre en citant

Van Gogh a écrit:
Bientôt une arrivée de l'Ahnenerbe, pour montrer à quel point la coopération entre services nazis est... spéciale ?

Sympa en tout cas !


Merci. Mais je n'ai pas osé mettre ce cher Karl à la recherche de l'Atlantide dans le Lot.
Pour le coup Casus aurait pu avoir des doutes.... Very Happy
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Jan 18, 2018 01:18    Sujet du message: Répondre en citant

houps a écrit:
Merci. Mais je n'ai pas osé mettre ce cher Karl à la recherche de l'Atlantide dans le Lot.
Pour le coup Casus aurait pu avoir des doutes.... Very Happy


Non, j'aurais simplement décidé que Karl + l'instituteur étaient la version FTL d'Indiana Jones !
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Casus Frankie

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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Jan 18, 2018 10:03    Sujet du message: Répondre en citant

Eté 1943
Karl Wenzer, son chauffeur et les trois “Chinois” s’en étaient allés, remplacés par l’été, les moissons et les petites vexations imbéciles de Pissadreï, de plus en plus tourmenté par la météo politique.
Tourments qui ne firent que s’accentuer quand arrivèrent septembre et les nouvelles du Retour. L’air semblait chaque jour plus lourd. Parfois passaient quelques véhicules, toujours en convois, emplis d’uniformes, pas que vert-de-gris, et le vent colportait les rumeurs les plus folles.

Octobre 1943
Vint l’automne. Plus par habitude et nécessité de s’accrocher à une certaine normalité, ce fut la rentrée des classes. Dans cette atmosphère irréelle, Jules procéda au rituel de la première journée, accueillant les nouveaux pleurnicheurs et saluant les “anciens”. Antonin avait raté son certificat et battait la campagne avec son oncle Zacharie, à poser des collets… et porter des messages.
Un matin d’octobre, un bruit de moteurs lui fit hâter la rentrée des élèves. Les mères s’éloignèrent, le cœur serré. Il y avait des bruits qui couraient… Depuis quelque temps, les Allemands utilisaient de plus en plus les routes secondaires. La guerre s’invitait dans les campagnes les plus reculées.
De l’angle d’une fenêtre, Jules vit progresser un convoi hétéroclite en direction de Carjac. Si la plupart des soldats avaient l’air tendus, le doigt sur la gâchette, jetant des regards soupçonneux sur le ciel et la campagne, quelques-uns dodelinaient de la tête, ou s’étaient carrément affaissés sur leur voisin.
Des branchages couvraient deux ou trois de ces camions, au milieu desquels l’instituteur surprit plusieurs voitures en “tenue civile”. Sur l’une, affaissée sur ses suspensions, on avait empilé plusieurs matelas. La chose aurait pu paraître cocasse, elle n’était que pitoyable. Des motos roulaient en serre-file.
La colonne s’arrêta et le cœur de l’enseignant manqua un battement. Mais non, la tête du convoi repartait. Hors de sa vue, on discutait. Puis, sans surprise, Jules vit la Monaquatre de Pissadreï s’insérer dans la file. « Les rats quittent le navire », pensa-t-il.
On frappa à la porte. Toutes les têtes se tournèrent vers lui. Même les petits, les yeux encore rougis, se pétrifièrent. Lucette agrippa le bras de sa cadette.
Maîtrisant mal un vilain tremblement, Jules ouvrit la porte.
Sur les marches se tenait Karl Wenzer. Sa voiture attendait, moteur au ralenti.
– Ach, Monsieur Lesspeyle… J’espérais bien repasser vous voir, mais vos compatriotes d’Afrique ont quelque peu perturbé mon emploi du temps… Nous finirons par vaincre, le Führer l’a annoncé, n’est-ce pas ? Mais en attendant, les événements étant ce qu’ils sont… J’ai dans ma voiture quelques documents qui seront plus à l’abri avec vos collections. Entre vos amis américains et vos… camarades terroristes, on ne sait jamais…
– Vous voulez me confier… ?
– Ce ne sont que des photos, des plans et des notes. Rien de compromettant, ni pour vous… ni pour moi. Je sais que vous en prendrez soin.

Il fit un signe. Le chauffeur abandonna sa place, ouvrit la portière arrière et les rejoignit avec une grosse sacoche pleine à craquer.
– Mais…
– Si !

Il descendit le perron, se retourna : « Et au revoir, Monsieur l’instituteur. Plaise à vos… amis que nous nous revoyions… Et si d’aventure… enfin… faites-en bon usage. »
Plantant là un Jules pantois, l’officier et son chauffeur regagnèrent la Peugeot. La voiture s’éloigna aussitôt à la poursuite de la petite colonne, prestement suivie d’un side-car qui avait attendu au carrefour.
Jules tendit le cou : la route était vide. Vide aussi la ruelle qui longeait l’église.
On tiraillait sur un pan de sa blouse. Il baissa les yeux. C’était la petite Marinette, larmoyante : « Pipi… »

……………………

Juillet 1955
« … abandon de Ferdi Kübler ! Depuis plusieurs kilomètres, le comportement du coureur suisse, qui zigzaguait sans raison dans l’ascension du col, inquiétait les spectateurs massés le long de la route. Décidément, le Mont Ventoux … »
Papa ! Papa ! Y’a Françoise qui veut pas que je fais de la balançoire !
– Je ne suis pas sourd, Michel ! Mais avant tout, on ne dit pas "y’a" ni "que je fais". Répète après moi: « Françoise ne veut pas que je fasse de la balançoire »…
– Mais c’était mon tour !

– (soupir) Maryse ! Dis à ta fille que son frère aussi peut utiliser la balançoire !
– Michel ! Laisse ton père écouter sa radio et viens avec moi !
– Papa ! Papa !
– Quoi encore ?
– Papa, y’a… Il y a une voiture…
– Jules ! Arrête ta radio et viens voir, nous avons de la visite !

Une voiture s’engageait sur le chemin de terre qui menait à la petite maison.
– Tu connais ?
Il fit la moue : « Non. Ton cousin ? »
– Paul a une 203…
– C’est vrai !… On dirait bien une voiture américaine… ou allemande…
– Tu devrais aller voir…

Faisant son deuil de l’étape du Tour, Jules s’en alla à la rencontre du véhicule. De la fenêtre de la cuisine, sa femme le vit s’approcher du conducteur, lui parler par la vitre ouverte, lui montrer la maison de la main, et réalisa qu’ils allaient avoir des visiteurs.
Et rien à leur offrir ! Un café, peut-être ? Elle s’empressa de mettre de l’eau à chauffer, vérifia le niveau des biscuits dans le buffet, le sucre, plaça les tasses à portée (trois ? quatre ?) et sortit à son tour dans leur petit jardin.
L’arrivée des étrangers avait réglé le différend entre les deux enfants. Tels des petits sauvages guettant les hommes de Christophe Colomb, ils observaient de loin leur père en grande conversation avec un couple descendu de l’Opel.
– Maryse, ma femme…
– Enchantée.

Elle tendit la main, sentant aussitôt ses pommettes s’embraser car la manche droite pendait, inerte. L’homme fit comme si de rien n’était, tandis que Jules continuait:
– Maryse, je te présente le cap… Monsieur Wenzer et son épouse…
– …Greta. Ravi de vous rencontrer, Madame Lesspeyle.
– Maryse, tu ne devineras jamais…
– Jules ! Nous n’allons pas rester dehors ! Conduis Monsieur Wenzer et sa femme au salon… A moins qu’ils ne préfèrent rester à l’ombre du tilleul ?
– Madame Lesspeyle, il fait un temps magnifique ! Quel dommage ce serait de s’enfermer par une si belle journée ! Ce sont vos enfants ?
– Françoise et Michel. Venez dire bonjour, les enfants, au lieu faire vos timides et de vous tortiller comme si vous étiez sur une fourmilière !

La conversation se poursuivit donc sous le tilleul, autour d’un verre de sirop (« Excusez-moi, je n’ai que de la menthe et de la grenadine… »)
– Monsieur Wenzer ! Ha ben ça alors ! Si on m’avait dit… Après toutes ces années…
– N’est-ce pas, Monsieur Lesspeyle ? Et savez-vous que pour moi aussi, si l’on m’avait dit…
– Eh bien, buvons à cet heureux hasard !
– Hasard, hasard, monsieur Lesspeyle… Je vous cherchais… Vous vous cachez ! Nous sommes allés à Gréalou. Par chance, la mairie était ouverte et la secrétaire m’a informé de votre mutation. Vous avez laissé de bons souvenirs… Mais pour vous trouver…
– Mais je ne me cache pas !

La remarque fit briller l’œil de sa femme, ce qui ne passa pas inaperçu de son interlocuteur.
– Je suppose que madame votre épouse ne sait pas dans quelles circonstances nous avons pu nous rencontrer ? Non ?
– Une histoire de cailloux ?
– Ha ! Fine… Comment dites-vous… Fine mouche, n’est-ce pas ?
– C’est une longue histoire…
– Jules ! Si vous avez beaucoup de choses à vous raconter, pourquoi ne pas inviter monsieur Wenzer et sa femme à dîner avec nous ce soir ?
– Madame Lesspeyle ! Nous ne voudrions pas abuser ! Nous débarquons chez vous à l’improviste…
– Oh, nous ferons cela à la bonne franquette ! Il me reste deux bocaux de confit… J’ai des pommes de terre… Et le temps de couper une salade au jardin… Vous n’avez rien contre le confit ? Ou votre dame ?
– Greta parle très mal le français.

Ils eurent tous deux un échange à voix basse. « Vraiment, nous ne voudrions pas abuser… »
– Là, Monsieur Wenzer, vous allez me vexer, et vexer mon épouse…
– Ach ! Appelez-moi Karl. “Monsieur” fait si protocolaire…
– Si vous m’appelez Jules.
– Et moi, Maryse.
– C’est curieux, mais… votre femme… son visage me dit quelque chose…

Nouvel échange en allemand, des plus animés. Greta avait rougi. Elle sourit et dit, avec un accent épouvantable : « Ponne mémoire. Je, chauffeur… »
– Pardon ?
– Eh oui, Jules… Karl tapotait affectueusement la main de son épouse. « Greta a été mon chauffeur durant toutes ces années. »
– Elle ? Enfin… lui ? Mais comment… ?
– Tout expliquer serait très long… et ne conviendrait sans doute pas à l’atmosphère de nos retrouvailles…
– Ça n’a pas dû être… facile…
– Non, ça n’a pas été facile. Non. Mais il y avait des… comment dites-vous ? Des précédents ?
– D’autres officiers, comme vous ?
– Il fallait connaître les bonnes personnes… Et faire attention, quand même… Dans ma position, c’était plus facile…

Le ton de sa voix s’amenuisait tandis que son regard se perdait.
Un discret coup de pied de Maryse incita Jules à dévier maladroitement la conversation sur un autre sujet. Karl semblant hermétique aux arcanes de la petite reine, la discussion reprit meilleure tournure lorsqu’on en vint à parler voitures. Cylindrée, reprises, performances, rêves, réalités…
………
Les deux femmes venaient de disparaître dans la cuisine. Greta, qui avait dû s’ennuyer ferme durant tout le repas, avait bondi sur l’occasion de se rendre un peu utile !
Servant le digestif, Jules en profita pour poser la question qui le turlupinait depuis un bon moment:
– Alors, Karl, pourquoi ?
L’ex-officier fit tourner l’alcool dans son verre.
– Assez de temps a passé… Disons que je voulais vous revoir… savoir ce que vous aviez fait de mes travaux…
– Tous vos documents sont intacts. Ils vous attendent… Mais ce n’est pas de cela que je voulais vous parler. Vous le savez. Pourquoi ?

Il y eut un autre silence.
– Le sais-je moi-même ? Oui, j’aurais dû alerter les soldats… La suite aurait été fort déplaisante pour beaucoup de vos concitoyens. Très déplaisante… Mais, vous savez… Je n’ai adhéré au Parti que parce qu’il n’y avait pas d’autre issue… surtout pour un étudiant en archéologie comme moi… Et travailler sur vos monuments était si exaltant… Vous allez trouver cela… stupide… mais ces caisses… je les ai trouvées… gênantes. Curieux, n’est-ce pas ? Elles contenaient sans doute de quoi me tuer, et tuer d’autres soldats du Reich… et je n’ai pensé qu’à la gêne que cela me causerait…
Se tournant vers son interlocuteur, il lâcha alors, l’air plus déterminé, et presque comme une provocation : « Greta était… est toujours… juive. »
– Ho!… Je comp… enfin… je crois comprendre…
– En êtes-vous sûr ? Moi-même…

Il eut un petit rire désabusé : « Des vies… des caisses… des cailloux… C’est peut-être là que j’ai commencé à comprendre certaines choses… Enfin… »
Jules se taisait. Que dire ?
– Même maintenant, très peu de gens sont au courant. La famille de Greta… Il pinça les lèvres. « Lorsque j'étais hospitalisé… » Il agita sa manche vide. « … Ma hantise était d'avoir parlé. La fièvre. Le délire… J'ai été touché à la jambe et au bras. Juste avant la fin. La jambe, ça allait. Une cicatrice, c'est tout. Pour le bras… On m’a amputé une première fois. Au niveau du coude…»
Il fit un geste explicite de sa main gauche.
« L'hôpital était plein. Plein à craquer. Civils. Militaires. Hommes, femmes, enfants… Trop de blessés, pas assez de médecins. Plus de médicaments… Ensuite, c'est un chirurgien français qui m'a de nouveau amputé. A l'épaule. Une chance. Quelques jours de plus et… Quand je suis sorti, je ne savais pas ce qu'elle était devenue. Vous comprenez, ce jour-là, elle était à côté de moi… »
Il tendit son verre. Jules le servit sans piper mot. Après avoir sifflé une bonne gorgée, Karl reprit : « De son côté, elle me croyait mort. Un homme en civil, à l'époque, dans la zone des combats, c'était les “Kettenhunde”, et la corde. Une femme en civil… Avec le chaos… Une réfugiée parmi d'autres. Pas de papiers, mais tellement de gens avaient tout perdu… Nous avons mis trois ans à nous retrouver. Trois ans à tenter, comme tant d’autres, de retrouver des camarades de combat ou des témoins, à faire le siège des administrations… »
– A espérer ?
– Disons : à ne pas désespérer. Et voilà… Mais je vous ennuie avec tous ces mauvais souvenirs…

Il poussa un petit soupir et se leva : « Mais j’abuse de votre hospitalité… Nous devrions être déjà partis… Greta ?! »
– Vous avez beaucoup de route ?
– Jusqu’à Figeac. Très jolie petite cité, Figeac… Et après-demain, nous continuons sur l’Espagne.
– L’Espagne ? Repassez donc nous voir sur la route du retour ! Comme je vous le disais, je n’ai pas laissé tomber mes “cailloux”. Et, tenez : l’an prochain, pourquoi ne pas prévoir une excursion ?… J’ai deux ou trois choses intéressantes à vous montrer…
– C’est que…
– Ho, Maryse pourra très bien tenir compagnie à votre épouse ! Confitures, confits… lèche-vitrines… farniente… bronzage…
– Alors, il faudra que je vous écrive…
– Excellent ! J’attends de vos nouvelles avec impatience ! Qu’en penses-tu, Maryse? J’ai proposé à Karl de repasser quand ils reviendront d’Espagne…
– Ah oui… Très bien, très bien… Et comme cela, nous pourrons mieux vous recevoir… Vous êtes un petit cachotier, Monsieur Wenzer !

Il sourit.
– Soit. Auf Wiedersehen, Madame Lesspeyle. Auf Wiedersehen…
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Hendryk



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MessagePosté le: Jeu Jan 18, 2018 10:09    Sujet du message: Re: Archéologie sans frontières Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
– Moi, ce qui m’étonne, c’est son attitude. Il a rien dit pour les caisses, et il claironne où il va aller. Bizarre, non ?

Evidemment qu'il n'a rien dit pour les caisses. Il doit se souvenir de la mésaventure d'un collègue avec une caisse également ramenée d'un site archéologique.


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Wardog1



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MessagePosté le: Jeu Jan 18, 2018 10:25    Sujet du message: Répondre en citant

Et pendant ce temps en Egypte une équipe franco britannique déterre un mystérieux anneaux métallique de couleur grise avec 9 chevrons et une sorte de panneau de commande...
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Ne soyez pas trop sévère avec vos enfants, car c'est un peu de votre faute s'ils son c**

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