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Décembre 1943 - Seconde Campagne de France
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Dim Nov 12, 2017 15:34    Sujet du message: Répondre en citant

Ils pouvaient se prévaloir d'une apparence de légalité.
Est-ce que justement, FTL, on ne voudrait pas marquer qu'ils n'étaient en quelque sorte que des "droit commun" ?
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Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
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FREGATON



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Localisation: La Baule

MessagePosté le: Dim Nov 12, 2017 15:34    Sujet du message: Re: Décembre 1943 - Seconde Campagne de France Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:

Je pense qu'il ne sera pas considéré comme militaire par la Justice, mais comme une sorte de milicien illégal (mais le débat est ouvert).


Pour alimenter le débat:

Citation
Code pénal, code de justice militaire et textes législatifs complémentaires dressaient jusqu’en 1981 une longue liste de crimes passibles de la peine de mort.
Ils précisaient les conditions d’exécution de la peine capitale :
la fusillade quand le condamné relevait des tribunaux militaires ;
la décapitation dans tous les autres cas (article 12 du code pénal).
Le décret du 20 mars 1792, toujours en vigueur en 1981, retenait la guillotine comme seul moyen d’exécution, à deux exceptions près où la fusillade était prévue :
quand par suite de circonstances de guerre ou de difficultés de communication, les "bois de justice" ne pouvaient être amenés sur les lieux fixés pour l’exécution (ordonnances des 3 mars et 29 novembre 1944) ;
quand la mort était prononcée pour des crimes contre la sûreté de l’État (article 13 du code péqnal).

Fin de citation

Ce qui fait qu'OTL, Laval bien que civil, fut fusillé car condamné à mort pour haute trahison et complot contre la sûreté intérieure de l'État par la Haute Cour de justice.
_________________
La guerre virtuelle est une affaire trop sérieuse pour la laisser aux civils.
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Casus Frankie
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Messages: 9453
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MessagePosté le: Dim Nov 12, 2017 15:41    Sujet du message: Répondre en citant

Bravo !
La peine de mort ayant été prononcée pour atteinte à la sûreté de l'Etat, les miliciens seront fusillés.
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Casus Frankie

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solarien



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MessagePosté le: Dim Nov 12, 2017 15:44    Sujet du message: Répondre en citant

Jolie texte mais c'est vraiment impossible de permettre a quelque bataillon ou un régiment de lancer une offensive ou des escarmouches dans la plaine pour essayer de faire un étroit corridor pour évacuer les résistants du Vercors.
Surtout que si l'armée française manque de soldats, les hommes du Vercors pourrait fournir un apport important d'ici 3-4 mois.
Enfin, avec la bataille du Vercors, les troupes françaises ont une raison d'attaquer, l'opération Lavoisier ne serait pas menacer, au contraire, avec un nouvel axe d'attaque, cela pourrait gêner les allemands, pour savoir ou ils doivent envoyer des renforts.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Dim Nov 12, 2017 17:18    Sujet du message: Répondre en citant

@ Solarien : cette réaction est exactement du genre de celles que j'évoquais en dernière partie de texte. "Ils auraient pu faire ci ou ça" = c'est possible, mais ils ne l'ont pas fait, on peut en déduire que, sur ce coup, ils ont été mauvais (pour X raisons).
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Casus Frankie

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Anaxagore



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Messages: 6673

MessagePosté le: Dim Nov 12, 2017 19:11    Sujet du message: Répondre en citant

En tout cas je vous remercie, OTL mon grand- père a été un des rares survivants du Vercors, il devra recommencer FTL. d'oh!
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Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
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loic
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MessagePosté le: Lun Nov 13, 2017 00:04    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Avant d'affronter le peloton d’exécution plutôt? car militaire et probablement condamné pour haute trahison?

Tout dépend si l'officier en question était déjà dans l'armée avant le Grand Déménagement (ce qui est quand même probable).
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On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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demolitiondan



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MessagePosté le: Lun Nov 13, 2017 00:38    Sujet du message: Répondre en citant

Si ce n'était pas un officier avant le déménagement, on se retrouve sur un cas pas si éloigné des djihadistes : un particulier prenant les armes contre son pays. Compte tenu du fait qu'il n'a même pas la protection légale de la Heer, et que c'est un volontaire ... franchement c'est un franc-tireur ! Ce qui ne manque pas de piquant au passage !
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Imberator



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MessagePosté le: Lun Nov 13, 2017 20:56    Sujet du message: Répondre en citant

Petite question :

Une fois que vous aurez terminé l'année 43 pour les opérations dans le sud de la France, envisagez-vous d'enchainer sur janvier 44 dans la région, ou bien avez-vous prévu de "mettre à jour" les autres fronts européens (Russie, Italie, Grèce) en priorité ?


Je précise que nous prendrons bien évidemment tout ce que vous choisirez de nous offrir avec plaisir. C'est juste histoire de savoir, parmi les travaux en chantier, lesquels il faut s'attendre à voir progresser en premier.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Lun Nov 13, 2017 21:28    Sujet du message: Répondre en citant

Ciders et Le Poireau avancent de leur mieux sur le Front Russe.

Si Patrikev lit ces lignes, qu'il sache que nous serions ravi qu'ils revienne boucler le front grec.

Et en règle générale… la FTL manque de bras (comme d'habitude !).
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Casus Frankie

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Dernière édition par Casus Frankie le Lun Nov 13, 2017 22:32; édité 1 fois
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demolitiondan



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MessagePosté le: Lun Nov 13, 2017 22:04    Sujet du message: Répondre en citant

Si vous avez les données, je peut toujours faire la rédaction !!! Very Happy
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patzekiller



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MessagePosté le: Lun Nov 13, 2017 23:16    Sujet du message: Répondre en citant

Imberator a écrit:
Petite question :

Une fois que vous aurez terminé l'année 43 pour les opérations dans le sud de la France, envisagez-vous d'enchainer sur janvier 44 dans la région, ou bien avez-vous prévu de "mettre à jour" les autres fronts européens (Russie, Italie, Grèce) en priorité ?


Je précise que nous prendrons bien évidemment tout ce que vous choisirez de nous offrir avec plaisir. C'est juste histoire de savoir, parmi les travaux en chantier, lesquels il faut s'attendre à voir progresser en premier.


je travaille actuellement sur decembre 43 France
quand j'aurais fini, j'irai m'amuser du coté de la birmanie : il a là bas 4 mois d'opérations navales à rattraper
et il reste aussi decembre 43 en Italie à faire
un fois decembre en France terminé, je tournerai un mois sur chaque front...

pour donner un ordre d'idée, cela va faire un an que j'ai rendu le travail du 6 septembre- dragon, que vous avez eu pour noel l'an dernier
_________________
www.strategikon.info
www.frogofwar.org
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Nov 14, 2017 12:18    Sujet du message: Répondre en citant

Cet appendice à début Décembre 43 est de Houps.


La Sardine de Beethoven


Le 19 décembre 1941, Siegfried Holzbaur, chef-pilote chez Junkers, rencontre le Hauptmann Dietrich Peltz, patron des écoles de bombardement de la Luftwaffe, qu’il connaît de longue date, puisqu’ils ont tous deux travaillé chez Daimler-Benz avant la guerre. Peu de temps avant, Holzbaur a soumis au bureau d’études de Junkers une idée qu’il développe devant son ami. Si, chez Junkers, on n’a donné aucune suite à la suggestion, ce que propose Holzbaur éveille l’intérêt de son camarade, qui se dépêche d’en informer le Hauptmann Werner Baumbach, Kommandeur de la I/KG 30. Et au début de 1942, le projet se retrouve sous les yeux du Reichsmarshall Hermann Göring en personne.
En d’autres temps, le concept développé par Peltz et Holzbaur serait passé à la trappe. Oui, mais voilà : après ses brillantes victoires de 1940, la Luftwaffe a rencontré bien plus de difficultés, que ce soit dans les cieux d’Angleterre ou de Méditerranée. Le nouveau Bf 109 F a rendu à la chasse allemande un certain ascendant, mais les bombardiers, He 111, Do 17 ou Ju 88 ont les pattes un peu courtes et/ou la soute à bombes un peu petite pour être une véritable arme de bombardement stratégique contre ces damnés Franco-Britanniques, sans compter qu’on va bientôt avoir besoin d’eux… ailleurs. Quant au He 177, il ne sera pas prêt pour Pâques, et pas non plus pour la Trinité, se dirait Göring s’il connaissait la chanson.
Or, ce que proposent les deux compères, ce n’est ni plus ni moins que de délivrer 3,5 t d’explosifs à 1 500 km de la base de départ, avec précision et rapidité, et tout ça, avec un seul homme d’équipage, le pilote. Le Reichsmarshall donne donc sa bénédiction au projet, qui sera développé sous le nom de code “Beethoven”.
Tandis que des essais “à blanc” permettent de tester le système de commande trois axes, les premiers appareils prennent forme. Ils se composent d’un Bf 109 greffé sur le dos d’un Ju 88, d’où la dénomination donnée à l’ensemble : “Mistel” (Mistel = gui : une plante parasite…)
Bénéficiant des attentions du RLM, le composite est doté de commandes novatrices permettant au bombardier d’être dirigé depuis le chasseur puis, une fois abandonné à son sort, de pouvoir continuer à voler comme prévu.
Durant le second semestre de l’année 1942, divers essais ont lieu dans l’île de Møn (Danemark). Plusieurs sont des échecs retentissants, mais en décembre, Holzbaur peut annoncer au RLM que l’oiseau est prêt. Entretemps, sur son dos, le Bf 109 E a cédé la place à un Bf 109 F. Suit la commande d’une présérie de 15 appareils, puis une commande ferme de 30 autres exemplaires.
Reste à savoir sur quelle cible les diriger ! L’allonge du Mistel permet en effet (en théorie) de frapper la base de Scapa Flow, dans les Orcades, tout un symbole pour le Reich. Gibraltar, un temps envisagé, est écarté, car il faudrait survoler l’Espagne, or pas question d’indisposer Franco. Finalement, on discute des cibles à la fois militaires et civiles : Alger et Moscou.
En haut lieu, la question est tranchée : ce sera Alger. Tout doit être mis en œuvre pour effectuer la mission “Carthage” dans les délais les plus brefs. Détruire le port et la capitale de cette “France Combattante” qui nargue le Reich sous la protection anglo-américaine sera un coup d’éclat qui fera comprendre aux populations des pays occupés qui est vraiment le maître de l’Europe !
Néanmoins, les quarante-cinq exemplaires envisagés sont loin d’être prêts. Il faut apporter quelques modifications aux Ju 88 affectés à l’opération (notamment un renforcement du train), sans bouleverser la production des usines Junkers.
Malgré la priorité accordée au programme, les Mistel ne sont livrés qu’au compte-goutte à la toute nouvelle Einsatzstaffel du KG 101, qui n’aligne que sept engins en avril 1943, puis douze en juin. L’entraînement se poursuit toujours au Danemark, avec des hauts et des bas (un appareil perdu sur défaillance technique, pilote récupéré ; un accident au décollage, Mistel détruit, deux morts : le pilote du 109 et le pilote du bombardier, qui avait pris place dans le Ju 88 par précaution).
Fin août 1943, l’unité est déclarée opérationnelle. Elle doit gagner l’aérodrome d’Istres, près de Marseille, d’où elle s’envolera pour frapper Alger. Il est prévu de positionner deux sous-marins sur sa route pour la guider et assurer la récupération de tout pilote incapable de regagner sa base. Ce qui dénote une certaine candeur quant aux possibilités pour les U-boots de naviguer dans ces eaux à ce moment…
Mais le 7 septembre, c’est l’opération Dragon ! Les 13 appareils de l’Einsatzstaffel du KG 101 devaient se rendre à Istres le même jour. Le débarquement allié les bloque sur le territoire du Reich. L’opération “Carthage” est provisoirement ajournée, puis tout simplement annulée : la couverture aérienne de la zone à survoler est telle qu’on ne peut envisager d’y risquer ces trop belles cibles que font les Mistel.
Que faire de tous ces engins ? On reparle de Scapa Flow, évidemment, mais sans trop y croire. De son côté, Göring pique une grosse colère contre les responsables de la Luftwaffe du Südwall, incapables de s’opposer au débarquement et de couler la moindre unité alliée. Dans son collimateur, entre autres : le Kapitän Horst Rudat, en charge de l’Einsatzstaffel des Mistel, que le Reichsmarshall jure de dissoudre : alors que le front a un besoin criant d’avions, deux douzaines d’appareils attendent pour rien sur un aérodrome du Reich !
………
Rudat et les membres du Führungsstab sont au pied du mur. Il leur faut trouver au plus vite une brillante idée pour rentrer dans les bonnes grâces du maître : ce sera l’opération “Sardine !” (la paternité de ce nom de code n’a pas été revendiquée…), basée sur une idée très simple : on ne peut plus aller jusqu’à Alger, mais ce n’est pas grave, puisqu’Alger est venu à soi… Bref, on frappera Marseille.
Base de départ : Toulouse. Vol à basse altitude jusqu’à la côte méditerranéenne, franchie aux environs d’Argelès-sur-Mer (une escorte est prévue jusque-là), puis cap au sud-est, toujours au ras des flots (les pilotes apprécient modérément). Comme il est impossible de guider les avions en utilisant le X-Gerät, les Mistel de “Sardine !” seront accompagnés d’un Ju 88 A-4 consacré à la navigation. Ce dernier les conduira jusqu’à un point précis au large, et les abandonnera. De là, les Mistel, répartis en deux groupes, “Sardine 1 !” et “Ölsardinen !” [Authentique. Ce groupe “Sardine à l’huile !” devait s’appeler “Sardine 2 !”, mais les pilotes en ont décidé autrement.], monteront jusqu’à 1 000 m (altitude définie comme optimale lors des essais) tout en prenant un cap nord. En effet, les planificateurs ont tablé sur le fait que les Alliés guettent des attaques venant du continent et ne réagiront pas, ou avec du retard, lorsqu’ils détecteront le raid, qu'ils pourront confondre avec un vol ami venant d’Afrique du Nord. De plus, un raid de diversion tentera d’attirer la couverture aérienne au-dessus des terres.
En raison du changement constant de navires dans le port, les objectifs des Mistel seront définis sur place. Pour “Sardine 1 !” (sept appareils) : les navires dans la rade (porte-avions, cuirassés ou croiseurs en priorité, navires de transport éventuellement). Pour “Ölsardinen !” (quatre appareils), navires à quai, docks, ou toute cible d’opportunité.
………
Le 6 décembre, après un report la veille, une amélioration de la météo en fin de nuit permet de lancer l’opération. Le premier envol est prévu à 10h00. Pas d’escorte de chasse, par manque d’appareils disponibles, pas de raid de diversion non plus, pour la même raison (mais ça, Rudat l’apprendra… le 12 !). Les Mistel s’envolent les uns après les autres… pour la plupart. Ce matin là, trois des treize composites restent au hangar sur ennui mécanique.
L’appareil de l’Oberfeldwebel Konrad Ruchmüller (“Sardine 1 !”) ne peut décoller (avarie moteur lors du point fixe). Le pneu gauche du dernier appareil (pilote: Feldwebel Rudi Stahatt, “Ölsardinen !”) éclate alors que l’avion allait décoller. Le pilote n’a pas le temps de séparer son chasseur du bombardier, qui dévie et percute un véhicule en bord de piste. L’explosion est entendue à plusieurs kilomètres à la ronde et creuse un cratère de plus de 30 m de diamètre. Les servants d’un Flakvierling qui se trouvait tout près de la collision sont projetés à plus de 100 m de leur pièce, et plus une vitre n’est intacte sur l’aérodrome ni dans les bâtiments alentour.
Le Mistel de Ruchmüller, qui ne s’était pas éloigné de la piste, est bon pour la casse. On dénombre plus d’une trentaine de morts, et seize « disparus » (dont le Feldwebel Stahatt…).
A 11h45, l’appareil du Feldwebel Heinrich Udet (pas de lien de parenté) fait demi-tour sur ennui moteur. Il largue sagement son bombardier qui s’abîme en mer et revient se poser sans autre incident. Il faisait partie de “Sardine 1 !”.
Les sept composites restants continuent leur vol. Au point prévu, ils entament leur montée en altitude, éprouvant des sentiments mitigés en voyant leur guide regagner sa base. Ils ignorent que l’appareil, intercepté par une patrouille de deux Mustang du 33e FG, s’écrasera dans les Corbières (deux morts, un blessé – fracture du tibia après saut en parachute – et un rescapé).
Bien que mystérieusement prévenus (par un message de la Résistance toulousaine) de la forte probabilité d’un raid ennemi, les opérateurs radar de la flotte alliée au large de Fos ne prêtent d’abord qu’une attention distraite à l’apparition des spots sur leurs écrans. Cependant, comme aucun vol suivant ce cap ne leur a été signalé et que l’altitude des nouveaux venus leur semble « bizarre », une section de la 4e EC, déjà en l’air, est finalement dépêchée pour rendre compte. Devant les engins étranges qui se dirigent vers Marseille, elle sonne aussitôt l’alerte, mais un peu tard.
Tandis que les quatre unités de “Sardine 1 !” se dirigent vers leur objectif, les navires dans la rade, Rudat assigne une cible à chacun de ses équipiers, lui-même se réservant « un gros porte-avion ». Mais il est vite évident que s’en prendre à des dunes ou, au mieux, à une coque d’un autre âge immobilisée sur le rivage, est fort différent de s’attaquer à des navires dont la position n’était pas connue auparavant, dont certains sont en mouvement et dont l’artillerie aérienne commence à donner de la voix. Les pilotes basculent l’alimentation de leur chasseur des réservoirs du Junkers à celui du Messerschmitt et entament leur piqué au milieu d’éclatements de DCA de plus en plus denses, tandis que les chasseurs alliés rappliquent à tire d’aile.
Touché de plein fouet par un obus de fort calibre, le Mistel de l’Oberfeldwebel Konrad Schütz explose en plein vol avant que le pilote ait pu déclencher le système de mise à feu des boulons explosifs devant le libérer de sa charge. Le Feldwebel Martin Aschenberner a plus de chance: il se désolidarise de sa monture avant que celle-ci, moteur droit en feu, ne percute la mer loin de sa cible. Il va réussir à rejoindre les lignes allemandes et se posera sur le ventre, victime d’ennuis mécaniques, près de Condrieu. Sans doute sérieusement blessé, l’Oberleutnant H. Neumann mène sa mission jusqu’au bout : il ne sépare pas son Bf 109 du porteur et l’ensemble percute le liberty ship Anne Hutchinson qui attendait son tour pour le déchargement. Peu fait pour supporter de tels dégâts, le navire se casse en deux et coule aussitôt (vingt-trois morts, dix-huit disparus, sept rescapés).
De son côté, Rudat, constatant qu’il lui est impossible d’atteindre sa cible (mais où sont ces damnés porte-avions ?), se rabat sur « un gros navire », lâche son Ju 88 explosif et voit avec satisfaction sa cible disparaître derrière une monstrueuse gerbe d’eau. Dans son Bf 109, Rudat échappe ensuite aux chasseurs et parvient à se poser près de Lyon, revendiquant la destruction d’un croiseur. Néanmoins, sa victime n’est qu’un modeste destroyer d’escorte, l’USS Andres. La bombe volante a explosé à une vingtaine de mètres de lui. L’onde de choc a soulevé le navire, enfoncé sa coque et fortement endommagé sa poupe. Son commandant signale de graves avaries, ainsi que plusieurs blessés et trois morts. Le petit escorteur est immédiatement pris en remorque et amarré à quai, mais il sera considéré comme irréparable.
Pendant ce temps, les chasseurs alliés se ruent à la poursuite des trois derniers Mistel, qui tentent de s’en prendre à Marseille.
Le Mustang du capitaine Bernard Barbier gagne rapidement sur le dernier assemblage et, arrivé à une soixantaine de mètres sur ses arrières, l’arrose copieusement. S’ensuit une explosion d’une violence imprévue – le Mistel est transformé en chaleur et lumière, mais l’avion du capitaine Barbier est si gravement endommagé qu’il est contraint à un amerrissage forcé dans la rade, ce qui rend les autres poursuivants pour le moins circonspects.
C’est ainsi que l’appareil de l’Oberleutnant Ulricht Becker est atteint par un tir effectué à une distance plus respectueuse. Becker se libère rapidement du Junkers, dont le moteur droit commence à fumer, mais son 109 est immédiatement abattu par le lieutenant Boris Rabineau et c’est suspendu à son parachute qu’il voit son bombardier détruire l’illustre demeure provisoire du comte de Monte Cristo – le château d’If.
Le dernier Mistel s’abat sur le fort Saint Nicolas, à l’entrée du Vieux Port, à trois cent mètres des premiers docks. La formidable détonation donnera énormément de travail aux vitriers marseillais. Des débris sont projetés jusqu’aux Catalans et l’onde de choc, se propageant dans le bassin, malmène tous ses occupants, coulant plusieurs “pointus”, mais on ne comptera que quelques blessés légers (par éclats de verre) et aucun dommage matériel pouvant affecter les opérations portuaires. Frôlant la Bonne Mère, le Bf 109 du Feldwebel T. Schättz échappe à ses poursuivants et peut gagner Lyon.
………
Le bilan de l’opération Sardine est pour le moins mitigé. Côté allemand, Schättz et Neumann (celui-ci à titre posthume, pour « conduite héroïque ») reçoivent la Croix de Fer de 2e classe et Rudat la Croix de Fer de 1ère classe. Ils ont détruit un destroyer d’escorte (identifié comme un croiseur) et un transport. En revanche, sur dix pilotes, cinq sont morts, sans parler des pertes causées à Toulouse par l’explosion du Mistel de Stahatt.
Reçus à Berlin, Rudat et Holzbaur font remarquer que l’absence de diversion (Göring promet de trouver un responsable !) a fortement compromis le succès de l’opération. S’y ajoute le fait que la non-disponibilité de la charge développée par la firme Lauchammer a réduit le potentiel destructeur des appareils.
La production des Mistel n’est pas interrompue, mais leur usage doit être revu, tandis que l’Einsatzstaffel du KG 101 pansera ses plaies. Pour une prochaine attaque, Scapa Flow reste une option à l’étude, mais le Front de l’Est pourrait mieux convenir à l’utilisation d’une telle arme.
Côté allié, le lien est rapidement fait avec des photos prises par un Spitfire en septembre 1942 sur un aérodrome du nord du Danemark, et qui n’avaient pas retenu l’attention des services de renseignement. Il est décidé que dès l’apparition de semblables silhouettes sur un aérodrome, celui-ci fera l’objet d’attentions toutes particulières, même si les Mistel, vulnérables et imprécis, ne semblent pas présenter une trop grande dangerosité. La principale leçon à tirer de ce raid est que des échos suspects, même venant d’une direction inattendue, justifient d’envoyer sans retard des patrouilles de chasse.[/i]
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demolitiondan



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MessagePosté le: Mar Nov 14, 2017 13:15    Sujet du message: Répondre en citant

Non mais ca va pas Peuchère ! Il nous a coulé le Chateau D'if et le Fort Saint-Nicolas dans la même journée. Pour info, ce dernier est au milieu d'une zone assez peuplé, il devrait y avoir des morts dans la population civile, vers les catalans et le Port du Pharo. En plus, y a des sous-sols d'ici que la montagne s'affaise ...

C'est pas de chance pour le chateau d'If mais ... Si vous êtes de la région vous saurez qu'il y a un ju 88 coulé juste devant ... Very Happy

http://www.tourisme-marseille.com/fiche/epave-du-junker-ju-88-luc-vanrell-marseille/

A llez fada, sois sympa et sauvegarde un monument historique en liant la FTL et l'OTL
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Nov 14, 2017 13:16    Sujet du message: Répondre en citant

Je laisse la parole à Houps Cool
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