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1940 - La France continue la guerre
 
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Colonel Gaunt



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MessagePosté le: Mar Nov 19, 2019 16:30    Sujet du message: Répondre en citant

En fait j'ai lu un article

Citation:
Dans son livre Par le sang versé (Ed. Perrin), Paul Bonnecarrère explique le cas de nombreux Allemands au sein du 3ème Régiment Etranger d’Infanterie pendant la guerre d’Indochine (formé à l’époque de 33% d’Allemands) :


- « Krugger est un ex-lieutenant de la Wehrmacht. Croix de fer. Multiple citations. Evadé d’un camp de prisonniers américain de la région de Munich l’année dernière. A gagné l’Algérie par l’Autriche, l’Italie, la Tunisie, apparemment seul ».
- « Ruhmkorft, ancien adjudant de la Wehrmacht, Kalish, qui combattit dans les rangs de l’Africa Korps, et fut l’ordonnance du maréchal Rommel ».
- « Wolfram, ex-capitaine SS ».
- « Hoffmann, légionnaire de 2ème classe (il a toujours refusé de participer à un peloton d’avancement), est pourtant une des personnalités du 3ème Etranger. Nul n’ignore au bataillon son identité réelle : Karl von der Heyden. Ex-plus jeune capitaine de la Luftwaffe. Croix de fer à 24 ans. Multiple citations. Une vingtaine de victoires aériennes. L’hebdomadaire Der Adler lui consacra en 1943 sa couverture et plusieurs pages. C’est un véritable héros national que tous les Allemands du régiment connaissent et vénèrent ».


Mais il arrive que les Allemands – comme d’autres soldats d’autres nationalités – désertent les rangs de la Légion étrangère et espèrent trouver leur salut dans leur ralliement au Vietminh et aux idées communistes.


Dans son livre, La guerre en Indochine (Ed. Perrin), Georges Fleury raconte comment des légionnaires allemands quittent leurs régiments pour s’engager dans des bataillons de l’armée du général Giap. Pendant un temps, les communistes vont même jusqu’à composer des unités formées seulement de déserteurs.

Parmi toutes les explications de la déroute du Corps Expéditionnaire Français en Extrême-Orient (CEFEO), à l’occasion de l’abandon des postes de la Route Coloniale n°4 et de la ville de Cao-Bang, événement connu sous le nom du « désastre de la RC4 » (octobre 1950), l’une tient justement dans la remarquable tactique employée par les troupes du Vietminh. Aujourd’hui, il est admis qu’un rôle non négligeable fut joué par de nombreux légionnaires déserteurs.


Pour valeur d’exemple, certains légionnaires allemands seront d’ailleurs rapatriés par la Chine et la Russie – sorte d’internationale du communisme – pour retrouver leur terre natale, du moins celle de l’Allemagne de l’Est.


http://www.souvenir-francais-92.org/article-fur-frankreich-58143824.html
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Les guerres de religion consistent à se battre pour savoir qui a le meilleur ami imaginaire
Citation vue sur le net
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Pendjari



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MessagePosté le: Mar Nov 19, 2019 16:42    Sujet du message: Répondre en citant

Mouais... on peut épiloguer sur le sujet, qu'il y ait eu des déserteurs Allemands qui ont voulu (ou pas d'ailleurs) se racheter une virginité en passant de l'autre côté, ça me semble "normal". Cela s'est aussi passé sur le front de l'Est, et sur les autres fronts d'ailleurs.

Mais de là à dire que ce sont eux qui sont les principaux artisans de la victoire VM lors de la retraite / désastre de Cao Bang est un raccourci que je ne peux cautionner.

D'ailleurs, ce serait faire insulte au sens militaro / stratégique de Giap qui a pourtant prouvé, contre les Français tout d'abord puis les Américains, qu'il était un excellent chef militaire.

Et puis si on part de là alors autant dire que la victoire contre les Français n'est due qu'à l'aide matérielle de la Chine puis celle contre les Yankees de l'aide Soviétique.

Aide il y a eu, c'est certain... mais sans le sacrifice de milliers de Bo-Doi, ladite aide n'aurait servi à rien.
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"J'ai glissé Chef !"
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demolitiondan



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MessagePosté le: Mar Nov 19, 2019 16:50    Sujet du message: Répondre en citant

Voir à ce sujet :

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=5354.html
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Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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requesens



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MessagePosté le: Mar Nov 19, 2019 17:43    Sujet du message: Répondre en citant

Pendjari +1

Le "desastre de la RC4" est bien connu et documenté. Le commandement français commis une succession d'erreurs dramatiques .

- Choix de la RC 4 au detriment de la RC3 plus degagée ( appui aérien aisé ) et conduisant directement à Hanoï
- Maintien du plan d'evacuation par la RC4 alors que le VM s'empare d'une ville situé à mi-chemin ( Dong Khé ?)
- Presence de civils dans la colonne

Sans parler de la conception même du plan, une colonne descend de Cao Bang alors qu'une autre remonte à sa rencontre pour faire demi-tour après la jonction. Pourquoi faire simple …?
Alors que quelques legionnaires desertent ne va pas changer grand chose aux causes du desastre...
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Pendjari



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MessagePosté le: Mar Nov 19, 2019 17:53    Sujet du message: Répondre en citant

Tout à fait Señor Requesens !

J'ajoute que nos braves ont vendu chèrement leur peau, notamment les troupes du dispositif Le Page au col de Coc Xa, entre autres moments d'héroïsme.

D'ailleurs, si d'aventure vous crapahutez dans la région, prenez l'ancienne RC4, qui fonctionne toujours, et admirez ces lieux magnifiques, c'est prenant.
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Pendjari



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MessagePosté le: Mar Nov 19, 2019 17:54    Sujet du message: Répondre en citant

@ Demo Dan = la 317e section est "MON" grand film de guerre...

J'arrive presque à sentir le goût du Pernod quand je le re-re-re-revois et quels acteurs que le regretté Bruno Cremer et Jacques Perrin.

"Jaune rester, blanc partir" Razz
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requesens



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MessagePosté le: Mar Nov 19, 2019 18:19    Sujet du message: Répondre en citant

Pendjari a écrit:


J'ajoute que nos braves ont vendu chèrement leur peau, notamment les troupes du dispositif Le Page au col de Coc Xa, entre autres moments d'héroïsme.

.


La guerre d'Indochine a pour moi des réminiscence de 1940. A part les périodes de Lattre et Salan pour le reste que d'erreurs du commandement et des politiques !. L'héroïsme des troupes ne peut pas tout.
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Archibald



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MessagePosté le: Mar Nov 19, 2019 18:28    Sujet du message: Répondre en citant

Et juste après, la Guerre d'Algérie: enfin, ENFIN une victoire militaire... parfaitement inutile, et honteuse avec ça, la gégenne et tout...

Le plus fort c'est quand même ce pauvre Mendès France, qui arrive en février 1954 pour en finir avec l'Indochine, triomphe en juillet avec les accords de Genève... et tombe en novembre sur la Guerre d'Algérie qui commence. De Charybde en Scylla, le pauvre.
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requesens



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MessagePosté le: Mar Nov 19, 2019 18:34    Sujet du message: Répondre en citant

Archibald a écrit:
Et juste après, la Guerre d'Algérie: enfin, ENFIN une victoire militaire... parfaitement inutile, et honteuse avec ça, la gégenne et tout...

Le plus fort c'est quand même ce pauvre Mendès France, qui arrive en février 1954 pour en finir avec l'Indochine, triomphe en juillet avec les accords de Genève... et tombe en novembre sur la Guerre d'Algérie qui commence. De Charybde en Scylla, le pauvre.


Dèsolè Archibald mais tu te trompes dans les dates, Mendes arrive au pouvoir le 18 Juin 1954 soit après le desastre de Dien Bien Phu et tombe le 5 fevrier 1955. Quant à sa chute il disait ".. mon gouvernement est tombé à propos de l'Algérie, mais ce n'était qu'un prétexte (mauvais d'ailleurs). Il serait tombé de toute manière… "
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Archibald



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MessagePosté le: Mar Nov 19, 2019 20:17    Sujet du message: Répondre en citant

Fair enough.

Et je lui souhaites une meilleure carrière en FTL, à Mendès. Ce type méritait mieux. D'ailleurs la gauche méritait lui, plutôt que Miterrand. L'histoire est injuste.
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requesens



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MessagePosté le: Mar Nov 19, 2019 20:46    Sujet du message: Répondre en citant

Archibald a écrit:
Fair enough.

Et je lui souhaites une meilleure carrière en FTL, à Mendès. Ce type méritait mieux. D'ailleurs la gauche méritait lui, plutôt que Miterrand. L'histoire est injuste.


My pleasure…
Et tout a fait d'accord avec toi, un grand bonhomme. Plus jeune depute de France, sous secretaire d'etat à moins de 30 ans, volontaire FFL, je ne sais plus combien de missions de guerre, a sorti la France du bourbier vietnamien, a resolu la crise marocaine qui aurait pu degenerer, a initier la decolonisation de l'Afrique. Je crois me souvenir qu'il a conclu un accord avec Bourguiba en Tunisie. Bref, la France a laissé passer un homme d'état.
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Archibald



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MessagePosté le: Mar Nov 19, 2019 21:03    Sujet du message: Répondre en citant

Et une foutue crise cardiaque en 1972 a terminé sa carrière au plus mauvais moment - quand la gauche redressait la tête après le cataclysme de 1969, avec 74 puis 81 en ligne de mire. Pas de chance. Pareil pour Rocard d'ailleurs. Ce foutu Mitterrand - le Florentin ! - les a tous enterrés.
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Dim Nov 24, 2019 18:07    Sujet du message: Répondre en citant

..3) L'affaire libyenne entre punition et coercition.
A l'occassion du sommet de l'OTAN du 6 Mars 1981, le Président Américain Robert Kenndy avait réunit discretement autour de lui les chefs d'états des membres de l'Alliance Atlantique qui étaient aussi membres de la CED. Il leur proposa de monter une opération afin d'éliminer Mouammar Kadhafi, le chef d'état Lybien. Il le considérait comme un chien fou incontrôlable, un supporteur du terrorisme et une source de déstabilisation pour l'ordre international. Mais sa proposition rencontra peut d'enthousiasme chez les européens qui avaient tous leurs propres problèmes, même si le Dictateur Lybien était mêlé à certains d'entre eux (1). En fait, la plupart des européens craignaient la réaction des états arabes, car ils se souvenaient de leur attitude six ans plus tôt lors de la Guerre du Ramadan et avec une économie incertaine, ils n'avaient aucune envie de risquer un nouvel embargo pétrolier. Le Président Kennedy choisit alors de ne pas trop insister afin de ne pas rebuter ses interlocuteurs. Mais il était confiant car Kadhafi était suffisamment imprévisible pour commettre des erreurs et se faire haire positivement des européens. Il décida d'attendre le temp nécessaire.
Ce qui pris tout de même quatre années, jusqu'au 6 Mars 1985. A l'occasion d'un sommet de l'OTAN à Paris, le président Robert Kennedy réunit de nouveau autour de lui les états membres qui sont aussi dans la CED. Le premier ministre espagnol était également présent à son invitation. Le président américain remit sur le tapis la question de l'éviction du paysage politique international de Mouammar Kadhafi, le dictateur lybien dont le statut de fauteur de troubles géopolitique s'était accentué depuis quelques années. Et contrairement à ce qu'il s'était passé quatre ans auparavant, les européens se montrèrent réceptifs à son idée. Non seulement ceux-ci avaient acquis une réelle confiance en eux et en la puissance de la CED, au point de ne plus véritablement craindre la réaction des états arabes, mais en plus ils commençaient à inspirer confiance. De fait, comme l'espérait Kennedy, Kadhafi avait donné aux européens d'excellentes raisons de se faire haïr. Attentats à la bombe dans des discothèques, explosions d'avions de ligne en plein vol, financement de groupes terroristes hostiles aux états, assassinats de personnalités,... La liste des griefs était très longue. De fait, si les européens se montraient intéressés, ils ne savaient pas comment procéder dans l'immédiat. Le chef d'état américain proposa un plan qui minimisait les risques pour les occidentaux et qui consistait à monter une opération commune USA-CED-Egypte, avec pour schéma général une offensive aéronavale américaine (appuyé par la CED), suivi d'une offensive terrestre égyptienne sur l'est de la Lybie et d'un assaut amphibie/aéroporté sur Tripoli pour débusquer Kadafi. L'idée plut beaucoup, mais les premiers ministres Mitterrand et Foot firent remarquer alors qu'ils étaient bien placés pour savoir qu'il ne suffisait pas d'éliminer Kadhafi pour régler leur problème Lybien, mais qu'il fallait lui trouver un remplaçant pour prendre le pouvoir et éviter de déstabiliser tout le nord de l'Afrique. Pour s'être adonné dans leurs ex-colonies au sport sanglant qu'était l'organisation de coup d'états et de changements de régime, avec toutes les conséquences désagréables possibles, les français et les britanniques savaient pertinemment qu'on ne devait jamais négliger la stabilisation d'un état/pays après un changement de leadership politique. De fait, Kennedy avait déjà un homme à placer à Tripoli une fois Kadhafi mort. Le Général Khalifa Belqasim Haftar, capturé deux ans plus tôt au Tchad à la tête de ses troupes, et livré à la CIA pour "interrogatoire". L'homme avait été proprement retourné et se montrait tout à fait disposer à jouer les remplaçants à Tripoli, tandis que les deux-milles hommes de sa brigade, capturés avec lui étaient d'accord pour lui servir de garde prétorienne une fois au pouvoir. Finalement, après plusieurs heures de dialogue, les européens donnèrent leur accord de principe et décidèrent de s'associer avec les américains et les égyptiens pour éliminer Kadhafi.
Il fallut six mois, jusqu'au 2 Septembre 1985, pour que tous se mettent d'accord sur ce qu'il convenait de faire précisément. A l'occasion d'un sommet de l'OTAN à Norfolk, Virginie, le président Robert Kennedy réunit à nouveau autour de lui ses alliés européens. Il avait également invité le premier ministre espagnol et le Haut-Commissaire Giscard D'Estaing. Après six mois de dialogue intergouvernementaux et inter états-majors, les politiques firent le point sur les préparatif de l'opération visant à éliminer Mouammar Kadhafi. Le schéma général était celui d'une action militaire conjointe USA-CED-Egypte lancé suite à un attentat ou une provocation kadhafiste que celui-ci ne manquera pas de fournir sous peu étant donné son caractère. Après un ultimatum devant permettre la mise en place du dispositif d'attaque, les forces aériennes et aéronavales de la CED, ainsi que les forces aériennes et aéronavales américaines en Europe lanceraient une offensive aérienne d'une durée de trois à cinq semaines et destiné à démanteler les défenses anti-aériennes libyennes. Une foi la supériorité aérienne acquise, l'armée égyptienne lancerait une offensive terrestre majeure sur l'est de la Lybie et devant s'arrêter aux portes de la tripolitaine. L'objectif étant au bout de quatre à six semaines, la destruction des forces terrestres libyennes, autant les forces régulières que les milices et les mercenaires. A ce moment, les forces franco-britannique issues de la Francafrique et de la Britanniafrica, alliés avec les forces régulières Tchadiennes, lanceraient une offensive contre les positions de la rébellion tchadienne pro-libyenne et de l'armée lycienne présente dans le nord du Tchad afin de les renvoyer de l'autre côté de la frontière et, si possible, lancer des raids en territoire lybien. Après quoi la CED lancerait, sous la couverture de l'USAF une double action simultanée de débarquement amphibie de part et d'autre de Tripoli et un largage parachutiste sur l'aéroport de la capitale afin d'encercler la ville et empêcher la fuite du dictateur. Dans le sillage de la CED, le général Haftar débarquerait avec sa brigade pour s'emparer des lieux de pouvoir de la capitale. Si Kadhafi n'était toujours pas mort à ce moment, il était prévu de le capturer et de le confier aux bons soin du général Haftar qui s'engageait à ce que le dictateur soit victime d'un "accident" fatal. Après quoi, le général Haftar négocierait la ralliement des élites de la junte grâce aux pétrodollars du Pays, moins les personnes impliqués dans les attentats anti-occidentaux qui seraient livrés aux principaux intéressés pour jugement. Les différentes troupes impliqués pourraient alors se désengager et rentrer chez elles, le nouveau maitre du pays ayant donné l'assurance que son régime adoptera une attitude pro-occidentale en toutes choses. Le plan plut beaucoup et fut approuvé par les différents participants à l'assemblée. Le président Kennedy prévint qu'un accord avec l'Egypte était inutile, le président Sadate ayant déjà approuvé le plan.
Un évènement survenu l'année suivante allait toutefois percuter de plein fouet les projets européens, car le 6 Avril 1986 eut lieu le décès à l'Age de 68 ans du président Egyptien Anouar-El-Sadate, assassiné lors d'un défilé militaire au Caire auquel il assistait avec son gouvernement et les chefs d'état-major de ses forces armés. Un commando était descendu d'un véhicule participant au défilé et avait immédiatement lancé des grenades avant d'ouvrir le feu au fusil d'assaut. Quatorze personnes moururent en même temps que le président, dont l'ambassadeur de Cuba, le patriarche des coptes d'Egypte, le ministre irlandais de la défense et le vice-président Hosni Moubarak. Les assaillants furent tous abattus, mais l'enquête établirait qu'ils étaient membres d'un mouvement islamiste proche des frères musulmans. Conformément à la constitution égyptienne, l'intérim de la présidence fut assuré par le président du parlement, Soufi Abou Taleb (2). Le mois suivant eut lien un autre évènement qui acheva de convaincre les occidentaux de lancer la phase active des opérations. Le 5 Mai, lors d'un attentat dans une discothèque de Berlin-ouest, une dizaine de personnes dont trois militaires américains furent tués par l'explosion d'une bombe. Dans l'heure qui suivit, l'interception des communications des services diplomatiques libyens faite au même moment par la NSA et la branche électronique des services de renseignements de la CED révéla que c'était des agents des services spéciaux Libyens en poste à Berlin-Est qui avaient conçus, fabriqués et posés la bombe dans la discothèque à la demande de leurs supérieurs. Si c'était un drame pour les familles des victimes, pour le Président Robert Kennedy c'était l'occasion dont il rêvait et qu'il attendait depuis des mois pour faire accepter au peuple américain une action militaire d'envergure dirigé contre la Lybie. Pour ses alliés européens, la question était déjà réglé car Mouammar Kadhafi s'était comporté comme on pouvait l'attendre et les attentats s'étant succédés, le dictateur Libyen était l'homme le plus détesté d'Europe de l'Ouest. Une semaine plus tard, le 12 Mai, et après une semaine d'entretien téléphoniques et d'échanges de messages diplomatiques, les chefs d'états et de gouvernements des USA et de la CED décidèrent de lancer l'opération "Conquistador" visant à abattre le dictateur Libyen. Soucieux toutefois d'assurer la légitimité de leur action au plan international, les européens avaient insisté pour obtenir un soutien de la Ligue Arabe et de l'Organisation de l'Unité Africaine, les organisations régionales qui pouvaient soutenir leur action car Kadhafi y comptait autant d'ennemis que de partisans. Pour l'ONU, c'était inutile car la présence au conseil de sécurité de l'Union Soviétique, un état allié et ami de le Lybie, ne laissait aucune chance d'obtenir un vote favorable. Ce qui n'empêcha pas Moscou de fournir un soutien politique à la Lybie qui était un pays "ami" de l'URSS, en mettant en doute ouvertement l'authenticité des preuves et en menaçant l'occident de mesures de rétorsions en cas d'actions unilatérales contre Tripoli. Les forces armées américaines et celles de la CED reçurent alors l'ordre de commencer les transferts de troupes pour mettre en place le dispositif d'attaque destiné à éliminer le régime Libyen.
Huit jours plus tard eut lieu un évènement apparemment anodin mais qui devait s'avérer lourd de conséquences. Le 20 Mai, à l'issue d'un scrutin électoral "arrangé" par les militaires qui voulaient que l'un des leurs dirige l'Egypte, ce fut finalement Mohammed Hussein Tantawi qui devint le nouveau chef de l'état égyptien. Si les égyptiens étaient soulagés car ils craignaient la déstabilisation de leur pays, c'était un désastre pour les Euro-américains qui voulaient la chute du dictateur Libyen et de son régime. En effet, le nouveau maitre du Caire ne voulait pas de l'Opération Conquistadore, car il préférait se consacrer au raffermissement de son pouvoir et à travers lui, à la stabilité de son pays. Moins d'une semaine plus tard, le 26 Mai et après trois semaines de préparation intensive, le représentant des USA aux Nations-Unies, soutenus par ceux de la Grande-Bretagne et de la France, prononça un discours dans lequel il accusait formellement le régime du Dictateur Mouammar Kadhafi d'avoir fomenté de nombreux attentats terroristes et de soutenir de manière très active le terrorisme international. Présentant de nombreuses preuves ( transcriptions d'écoutes, témoignages, rapports d'investigations,...) dont l'accumulation s'avérait accablante, il demanda officiellement à ce que Tripoli livre les personnes (nommément cités) impliqués dans les attentats dans un délai de deux mois sous peine de subir une offensive militaire d'envergure qui renverra son pays à l'Age de pierre. Le discours déclencha un tumulte considérable dans l'assemblé onusienne, mais aucun vote n'a lieu car les alliés ligués contre Kadhafi ne le demandait pas, préférant tenter de passer en force plutôt que de s'exposer à un vote négatif (3). Le 4 Juin, après trois semaines de discussions confidentielles entre les capitales des états qui voulaient la chute de Kadhafi, les occidentaux durent se faire une raison et renoncèrent à leur plan initial qui prévoyait une invasion à grande échelle du territoire libyen. Le Président Tantawi s'était montré inflexible et ne voulait pas participer aux actions en préparation et préférait se concentrer sur la vie politique intérieure de son pays. Il allait falloir redimensionner l'opération "Conquistadore" et trouver une solution d'ici la fin de l'ultimatum. Dans le même temps, l'URSS bâtait le rappel des troupes parmi ses états alliés et amis pour essayer d'offrir un soutien maximal à la Libye kadhafiste. Le 25 Juin, lors d'une réunion exceptionnelle de la ligue arabe au Caire, Mouammar Kadhafi vint plaider la cause de son pays et demander le soutien de la Ligue. Il se défendit avec vigueur des accusations qui avaient étés lancés contre lui-même et son régime et demanda à ce qu'une motion de soutien à son pays soit voté. Il demanda aussi à ce qu'une menace explicite d'embargo pétrolier à l'encontre des éventuels agresseurs de la Lybie y soit incluse et entre en vigueur aussitôt les premières bombes tombés. Mais lors de la mise aux voix, il subit une déconvenue sévère car il n'obtint pas une majorité en sa faveur. Neufs pays votèrent pour la demande Libyenne, dix votèrent contre et deux s'abstinrent. Le résultat n'était toutefois une surprise que pour Kadhafi qui avait toujours surestimé l'influence qu'il avait dans le monde arabe. Populaire dans la rue, pas véritablement auprès des gouvernements qui s'étaient toujours méfiés de son comportement fantasque et provocateur. Les soviétiques avaient bien mobilisé les pays frères arabes (Syrie, Irak, Yemen,...) pour essayez d'appuyer la demande Libyenne, mais l'hostilité suscité par le maitre de Tripoli chez ses pairs arabes avait été la plus forte. Kadhafi décida alors de tenter sa chance auprès de l'Organisation de l'Unité Africaine. Le 29 Juin, à l'occasion d'une assemblée plénière de l'OUA à Addis-Abeba, Kadhafi tenta d'obtenir le soutien qu'il n'avait pas obtenu de la ligue arabe. Toutes les tentatives de mobiliser l'ONU ayant échoué devant le barrage érigé par les USA, la France et le Royaume-uni qui avaient systématiquement utilisé leur droit de veto, il s'agissait pour le dictateur de jouer sa dernière carte afin d'éviter de subir la colère des occidentaux. Mais le résultat fut encore pire car la France et la Grande-Bretagne avaient mobilisé tous les pays amis de la Françafrique et de la Britanniafrica, tandis que les USA s'étaient adressés aux quelques partisans qu'ils avaient sur le continent. Le résultat fut que sur les cinquante-quatre états membres, à peine une vingtaine soutinrent la Lybie. En dépit des pétrodollars qu'il avait déversé sur nombre de chefs d'états africains depuis près de vingt ans, ceux-ci avaient pris peur devant la colère des européens et des américains qui avaient fait pression sur tous ceux qui soutenaient le régime Libyen et plus ou moins ouvertement menacés d'action dirigés contre eux-mêmes et leurs pays.





(1) Les chefs d'état et de gouvernement européens étaient néanmoins d'accord avec leur collègue américain pour ce qui était du diagnostic quand à la situation du dictateur arabe.
(2) Lequel se garda bien d'être candidat à la succession présidentielle pour ne pas compromettre son espérance de vie.
(3) Ce qui était la norme à l'époque dans les modalités d'action des grandes puissances sur la scène internationale.
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Dim Déc 08, 2019 18:57    Sujet du message: Répondre en citant

..3) L'affaire libyenne entre punition et coercition (la suite).
Alors que le compte à rebours touche à sa fin, eut lieu un évènement imprévu le 12 Juillet 1986. Quelques heures avant la fin de l'ultimatum, les occidentaux firent une dernière tentative en direction de Khadhafi à la demande de l'URSS. Celui-ci se vit accorder un délai supplémentaire de trois jours pour livrer les personnes impliqués dans la planification et l'exécution de l'attentat de Berlin, ainsi que pour renoncer à l'usage du terrorisme comme moyen d'action politique. La demande restera sans réponse en dépit des pressions soviétiques pour obtenir du dictateur libyen qu'il lâche du lest et fasse un geste d'apaisement en direction des occidentaux.
Le 15 Juillet, à la fin de l'ultimatum, l'Opération Eldorado fut déclenchée. Aux premières lueurs de l'aube, les Grumman EA-6 Prowler euro-américains décollèrent des porte-avions de la flotte européenne et de la 6ème flotte américaine, puis mirent le cap au Sud en volant au ras des vagues. Ils furent suivis de près par les F18 Hornet de la coalition qui prirent la même direction sans se dissimuler. Alors qu'ils arrivaient à porté de tir de la partie nord du territoire libyen, les Prowler reprirent de l'altitude, mirent en ligne leurs systèmes de guerre électronique à pleine puissance ce qui aveugla complètement les radars libyens. Les F18 en profitèrent alors pour lancer des missiles anti-radar qui détruisirent tous les plus importants sites radars du pays en moins d'une demi-heure. Plusieurs autres raids du même genre eurent lieu dans la journée et à la tombé de la nuit, la Libye ne possédait plus de couverture radar digne de ce nom. Les 16 et 17 Juillet, lors des deuxièmes et troisièmes jours, les bombardements commencèrent réellement. Agissant de jour, les Handley Page Victor et les Avro Vulcan attaquèrent les batteries de défense antiaériennes à base de missiles SAM, escortés par les F18 et précédés par les Prowler qui aveuglaient systématiquement les radars libyens subsistant. Leur action fut complété la nuit par les F111 Aardvark qui agirent similairement, des F117 Nighthawk furtif (1) maraudant pour frapper les systèmes ayant échappés à l'attention des forces aériennes occidentales. Le 16, les libyens tentèrent de réagir en lançant des missiles SCUD contre les flottes euro-américaines, mais ils furent facilement esquivés par les escadres car ils arrivaient en limite de porté et ne possédaient pas de système de guidage adaptés à la lutte antinavire. Le 17, les libyens essayèrent de recommencer avec des bombardiers Tu-22, mais ceux-ci manquaient de discrétions et furent interceptés et abattus avant d'arriver à porté d'attaque. Les 18 et 19 Juillet, aux quatrièmes et cinquièmes jours de l'Opération Eldorado, les forces aériennes euro-américaines terminèrent la destruction de la DCA Libyenne qui n'avait jamais été capable d'opposer une résistance efficace. C'était une sévère déception pour Mouammar Kadhafi qui constatait que l'équipement soviétique acquis à grands frais n'avait été d'aucun secours, et que l'URSS refusait de soutenir militairement la Libye. L'Union Soviétique ayant obtenu l'assurance que l'action entreprise contre Tripoli n'est que punitive/coercitive et ne vise pas à renverser le régime, elle s'en tint à un soutien strictement politique qui s'avérait peu efficace devant la détermination des occidentaux. Du 20 au 22 Juillet, les bombardements diminuèrent nettement en intensité, de jour comme de nuit, car les forces aériennes et aéronavales américaines s'occupaient de détruire ce qui ne l'avait pas encore été en matière de radars ou de batteries de missiles SAM. Dans le même temps, les soviétiques tentèrent sans succès d'amener Kadhafi à de meilleurs sentiments mais celui-ci renvoyât ses interlocuteurs en leur apprenant le 22 que sa femme Safia Farkash et son quatrième fils Moatassem avaient été tués lors d'un bombardement quatre jours auparavant. Une proposition de cessez-le-feu faite par les occidentaux fut repoussé.
Leur tentative de tendre la main à Kadhafi ayant échoué, les euro-américains décidèrent de passer à la vitesse supérieure. Pendant une semaine du 23 au 29 Juillet, de jour comme de nuit, ils s'en prirent à l'aviation Libyenne et à ses bases en utilisant toute la panoplie des munitions disponibles (2). Les bombardiers, couverts par de solides escortes, mirent progressivement hors d'usage les bases libyennes lorsqu'ils ne détruisaient pas au sol les avions. L'aviation libyenne tenta bien de s'y opposer, mais de jour ils étaient victimes de la portée supérieure de l'armement occidental et de la qualité de leur électronique militaire, et de nuit de l'absence d'équipement adaptés. Au bout d'une semaine, l'aviation libyenne avait cessé d'exister en tant qu'entité organisé, les avions survivants se dispersant pour échapper à la destruction. En parallèle, les forces aériennes franco-britanniques rameutées de toute la françafrique et de la britanniafrica, entamèrent une campagne de frappes aériennes dans le nord du Tchad visant les positions de l'armée libyenne présente dans le territoire contesté de la bande d'Ouazou, ainsi que celles du groupe rebelle Tchadien pro-Libye. De fait, les attaques se concentrèrent sur la logistique adverse dont les lignes de communication et de ravitaillement ainsi que les dépôt de matériels, de munitions et de carburants. Les 30 et 31 Juillet, pendant que les opérations aériennes se poursuivaient, les Forces armées tchadiennes montèrent en ligne à proximité des positions libyennes dans le nord du Tchad, appuyé par des contingents français et britanniques. La brigade mécanisé du Général Khalifa Haftar suivit le mouvement, même s'il n'était plus question de voir le général s'installer à Tripoli à court terme. A la faveur d'une émission de la télévision d'état libyenne qui retransmettait leurs funérailles, les occidentaux découvrirent non seulement la mort la femme du dictateur Libyen et de son quatrième fils, mais aussi de deux autres de ses fils, Saif-Al-Arab et Khamis, tous deux tués dans le bombardement de leur convoi alors que leur père tentait de leur faire quitter la capitale. Les dirigeants euro-américains en profitèrent pour renouveler leur offre en direction du régime libyen mais sans davantage de succès. Du 1er au 3 Aout, les alliés constatant le peu d'effet sur le régime de Tripoli, décidèrent d'étendre les bombardements de l'opération Eldorado à toutes les bases militaires libyennes et autres concentrations de troupes présentes sur le territoire. Constatant que les actions entreprises ne semblent pas apporter de résultats en dépits de 20 jours d'opérations, le Haut-Commissaire Giscard D'Estaing, les chefs d'états et de gouvernements de la CED et le président américain Kennedy se réunirent en conférence à Londres. A tous, il était devenu évident que les bombardements entrepris, pour destructeurs et couteux qu'ils soient, n'étaient pas de nature à faire plier le régime, sauf à les étendre et les intensifier au point que le pays tout entier soit effectivement renvoyé à l'âge de pierre. Et que l'effondrement du régime risquait de déstabiliser tout le nord de l'Afrique se dont personne ne veut. Comme personne ne voulait voir l'opération Eldorado durer des mois, il fallait une solution efficace et surtout rapide. Se souvenant de la crise pétrolière ayant eu lieu au moment de la guerre du Ramadan lorsqu'il était aux affaires en France, le Haut-commissaire Giscard D'Estaing proposa alors de frapper la ou c'est vraiment douloureux, au portefeuille, puisque visiblement les souffrances de ses armées et de son peuple semblaient indifférer complètement le dictateur. Et de s'en prendre directement à la source de sa puissance, le pétrole de la Libye. En ciblant les infrastructures pétrolières, source de la puissance économique qui alimentait son action politique, il devait être possible de faire plier Kadhafi en faisant peser sur sa tête la menace d'une banqueroute de son pays. Convaincus de tenir la clé qui leur permettraient de terminer les opérations dans un sens favorable, la proposition du haut-commissaire fut acceptée.
Après une pause d'une journée destiné à planifier les frappes sur le système pétrolier Libyen, les forces aériennes de la coalition euro-américaine engagent sur le théâtre des opérations les B-52 de l'US Air Force 5 au 11 Aout, accompagné des bombardiers de la CED . Le premier jour, les B-52 frappèrent et détruisirent les réservoirs de pétrole brut, le second ce fut le tour des terminaux pétroliers. Le troisième jour, ce furent les pompes qui permettaient de faire voyager le pétrole dans les oléoducs qui furent prisent pour cibles, puis les oléoducs furent frappés eux-mêmes le quatrième jour. Et les deux jours suivants, afin de donner le coup de grâce, ce furent les puits de pétrole situés au fond du désert Libye, et le dernier jour, ce fut le tour des cibles ayant échappés à la vindicte des occidentaux les jours précédents. Tout au long de cette semaine décisive, le régime khadhafiste avait vu sa résistance faiblir avant de s'effondrer. A la stupeur du premier jour avait suivit l'inquiétude du second ou les premiers clients étrangers du pétrole libyen commencèrent à annuler leur commandes et a demander à voir leurs acomptes remboursés. Les troisièmes et quatrièmes jours, l'ampleur de la réaction chez les clients de la libye prit un tour catastrophique car le niveau de destruction des infrastructures pétrolières ne permettait plus d'envisager une reprise de l'extraction à court terme et donc de la commercialisation du pétrole avant plus d'un an si ce n'était davantage. La hausse importante des cours (3) ne profiterait pas au pays car il n'y avait plus rien à vendre. Et la facture du rééquipement des forces armées promettait d'être d'autant plus salé que l'URSS insistait pour que la libye paie d'abord ses dettes envers l'Union Soviétique et ensuite paie au comptant ce qu'elle lui achèterait (4). Qui plus est, il faudrait surement envisager de licencier les mercenaires arabes au service du régime car leur loyauté risquait fort de devenir des plus douteuse si il se mettaient à mettre en question la capacité du régime à les payer. La diplomatie du chéquier qui consistait à arroser de pétrodollars les chefs d'état africains et arabes qui soutenaient le pays devrait également être vraisemblablement révisé. Les cinquièmes et sixièmes jours, la panique commençait à gagner le régime khadhafiste car il devenait évident que le niveau de destruction interdisait d'envisager la reprise des activités pétrolières avant plusieurs années ce qui, avec le cout de la reconstruction, risquait d'assécher les réserves de devises du pays et compromettrait la survie du régime lui-même. La libye risquait tout simplement la faillite à moyen terme, d'autant qu'il ne fallait plus compter sur l'aide soviétique. Et les occidentaux se montraient sourds à toute ouverture qui ne commencerait pas par l'acceptation de leurs revendications. Ce fut seulement le dernier jour que les occidentaux prirent à nouveau contact et offrirent une trève à Mouammar Khadhafi en l'échange de vraies négociations. A travers l'intermédiaire de l'ambassade et des services diplomatiques suisses, le dialogue dura toute la journée avant qu'en fin de soirée le dictateur libyen ne finisse par accepter de négocier avec les occidentaux en échange d'une trêve.
Le jour suivant, le12 Aout, débuta de la trêve entre la Libye et la coalition euro-américaine et la suspension des bombardements. La communauté internationale fut soulagé et la tension entre les blocs commença à diminuer. Mais l'affrontement Tchado-Libyen préexistant continuait. Une semaine après, le 19 Aout, débutèrent les négociations entre occidentaux et libyens au siège de la ligue arabe du Caire. Les premiers avaient l'avantage et les second constatèrent bien vite leur isolement, aucun pays ne manifestant de signe ostensible de soutien à Tripoli, tandis que les premiers percevaient un sentiment mitigé entre honte et satisfaction chez les représentants des états arabes. Le 26 Aout 1986, après une semaine de négociations difficiles le Haut-commissaire Giscard D'Estaing, le Secrétaire américain aux affaires étrangères et le premier ministre Libyen signaient les accords dits du Caire qui mettaient un terme à l'affrontement entre occidentaux et libyens. Isolés diplomatiquement, soutenus du bout des lèvres par l'URSS, avec des finances en chute libre, une population qui commençait à s'agiter et des finances en chute libre, le régime kadhafiste avait finit par céder. Les termes des accords étaient relativement simples et se résumaient à quelques points. Tout d'abord, le régime Libyen acceptait de livrer toutes les personnes impliqués dans la préparation et l'exécution des attentats anti-occidentaux fomentés par Tripoli à des fins de traduction en justice. Etrangement, l'ancien chef des services secrets libyens et son subordonné directeur des services spéciaux ne cesseront jamais de jurer qu'ils avaient agit sur initiative personnelle sans en référer à leurs maitres politiques. Puis, Tripoli accepta d'indemniser les familles des victimes des attentats et les survivants au niveau d'un million de dollars américains par défunt et d'un demi-million par blessé. Ensuite, Tripoli accepta de renoncer à "l'usage des méthodes de guerre asymétrique" pour réguler ses rapports avec les états ou groupes d'états rivaux, hostiles ou ennemis de la Libye. De même, Tripoli devait démanteler tous les camps de formation terroristes installés dans le pays et transmettre les informations permettant de démanteler les filières terroristes situés à l'extérieur de son territoire. Enfin, la Libye devait renoncer à ses revendications territoriales sur le golfe de Syrte et la bande d'Ouazou dans le nord du Tchad.
Si les occidentaux estimaient, à juste titre, être sortis largement vainqueurs du conflit libyen, le régime libyen avait été humilié devant le monde entier et son chef perdu plusieurs membres de sa famille. De fait les premiers eurent tendance à s'endormir sur leur lauriers et les second a vouloir préparer leur revanche. Toutefois, un évènement se chargea de rappeler au régime Libyen à la réalité. Le 7 Septembre suivant, après un mois et demi de bombardement intensif, les forces régulières Tchadiennes, appuyés par les forces franco-britanniques et renforcé par la brigade du général libyen Khalifa Haftar passèrent à l'offensive dans le nord du Tchad. Les cibles étaient les forces libyennes présentent sur place ainsi que les forces rebelles pro-Tripoli, l'objectif étant de les chasser de la bande d'Ouazou, un territoire dont la souveraineté était encore il y a peu contesté entre les deux pays.
Il fallut encore deux ans aux Libyens pour voir la fin de leurs problèmes. Le 3 Mars 1988 au siège de la Ligue Arabe au Caire, les ministres des affaires étrangères du Tchad et de la Libye signent le Traité de Paix Tchado-lybien. Le traité portant règlement de la querelle de souveraineté entre les deux pays sur la Bande d'Ouazou et l'identité du leadership tchadien. De fait, le régime de Mouammar Kadhafi renonçait à toute revendication sur le territoire contesté et reconnaissait Hisséne Habré comme seul et unique chef de l'état Tchadien (5). En échange, le Tchad acceptait de libérer les très nombreux prisonniers faits au cour du conflit, et de ne plus autoriser l'action de groupes d'opposants armés aux autorités de Tripoli sur le sol tchadien. Kadhafi acceptait également de désarmer et démobiliser la milice armé tchadienne pro-libyenne que celui avait mise sur pied. Si N'Djaména, Paris et Londres était satisfaits, pour Tripoli c'était un nouvel échec et une nouvelle humiliation ce qui accrut son ressentiment. Le plus mécontent restait toutefois le Général Khalifa Haftar, qui voyait encore s'éloigner le "fauteuil présidentiel" qu'on lui promettait depuis près de quatre ans, mais qui se consola avec le ralliement (généreusement subventionné par les USA) de très nombreux prisonniers de guerre libyens qui n'avaient pas vus d'objections à changer d'employeur.


(1) Dont ce fut le premier engagement au combat réel, leur existence n'étant reconnu qu'après la guerre froide.
(2) La question de l'usage d'armes nucléaires tactique fut même abordé mais finalement rejeté par crainte des retombés politiques avec Moscou.
(3) Entre le début et la fin de la crise, le cour du pétrole fut momentanément multiplié par quatre, flirtant avec les 120$, mais comme Tripoli ne comptait que pour moins de 4% de la production mondiale, une hausse de la production des pays de l'OPEP compensât rapidement l'éviction de la Lybie.
(4) La vulnérabilité de Tripoli fut accrue ensuite par la fait que les capitales occidentales acceptèrent après la crise de ne plus vendre d'armes à Tripoli avant que celle-ci n'ait remboursé toutes ses dettes à son allié soviétique.
(5) Ce qui n'empêchât pas celui-ci d'être éliminé par un rival nommé Idriss Deby Itno moins de trois ans après.
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Colonel Gaunt



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MessagePosté le: Lun Déc 09, 2019 17:48    Sujet du message: Répondre en citant

Comme quoi le Capitaine ne se trompe pas trop sur le nom du président, juste le prénom.

Dans l'Uchronie télévisée spatiale "For All mankind" , aux élections de "72", sans l'affaire de Chappaquiddick, Ted Kennedy est élu président ( parce que Robert lui se fait quand même tuer par Sihan Sihan)
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