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Novembre 43 - Seconde Campagne de France
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patzekiller



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MessagePosté le: Sam Nov 04, 2017 00:00    Sujet du message: Répondre en citant

ok pour le lac, suivons la suggestion de loic, mea culpa, je ne me suis pas renseigné sur ce lac

pour l'appui feu, remplaçons par deux monitor de classe M100 les Tonnelier et Chaudronnier, je les avais oublié depuis steamer duck, avec leurs 155, ça devrait faire l'affaire. on peut même garder les deux DE pour faire de la protection rappprochée
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Nov 04, 2017 00:03    Sujet du message: Répondre en citant

On n'a que l'embarras du choix, le Colbert suggéré par Capu Rossu aurait plus de gueule ! Wink
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patzekiller



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MessagePosté le: Sam Nov 04, 2017 00:09    Sujet du message: Répondre en citant

mouais, mais le gros de la flotte est parti pour cockpit, ce qui reste en med et en atlantique doit etre à hue et à dia
sans compter que quelques CA français ont du participer à Span puisqu'il y a une escadre française, même si on ne parle que des BB et des CV dans le texte (la plupart des renforts pour dragon sont retournés dans leurs mers respectives)
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Nov 04, 2017 00:40    Sujet du message: Répondre en citant

A ce moment, il n'y a plus besoin de grand monde comme grands bâtiments dans l'Atlantique, ni en Méditerranée (sauf justement pour l'appui-feu).
Mais bon, Tonnelier et Chaudronnier, c'est sympa aussi.
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le poireau



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MessagePosté le: Sam Nov 04, 2017 00:52    Sujet du message: Répondre en citant

loic a écrit:
Patz, il n'y a aucun problème à ce stade pour que l'armée allemande arrive à contenir les Français dans les Alpes, au pire on trouverait bien une division d'infanterie supplémentaire (même convalescence du front russe).


Si il y a besoin, j'en ai une qui ferait l'affaire : la 362e ID (OTL formation novembre 43 en Italie à partir de débris de diverses divisions détruites).
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patzekiller



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MessagePosté le: Sam Nov 04, 2017 10:23    Sujet du message: Répondre en citant

pour les CA, il faut aussi tenir compte du fait qu'ils font qq navettes pour re remplir les soutes à munitions pour soutenir span, ils sont donc encore moins dispo pour chambord qui reste une opération secondaire

pour la 362 ID, vu ce qu'il y a de prévu pour décembre (et jusqu'au printemps) en Italie, ce front peut s'en passer, je la laisse donc à dispo des autres fronts qui en auront surement besoin d'ici là

la 715, pour synthetiser : on a en rapport avec la biblio, une structure à 3 régiments un peu anticipée mais pas assez de matos pour l'équiper avec une vrai structure de ID cad avec pzjg abt, ausfklarung etc etc... d'où le bataillon de fusiliers à vélo, où au mieux pour faire couleur locale (front italien) qq AS42 de récupération dans les stocks italiens.
cette structure permet de tenir le front (35 km) des alpes maritimes (c'est quand meme pas la barre des écrins) Wink . le mieux étant l'ennemi du bien, je propose qu'on la laisse en l'état
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Nov 04, 2017 12:36    Sujet du message: Répondre en citant

Suite…
Vous reconnaîtrez la patte de Houps !



5 novembre
Opération Span
Languedoc
– Devant la tournure des événements, l’état-major allemand décide de faire monter en ligne la 327. ID, basée dans la région de Bayonne. Elle sera remplacée dans ce secteur par la 245. ID, récemment arrivée à Orléans. La 708. ID, installée depuis peu à Toulouse, est elle aussi appelée pour assurer une relève sur le front lorsque la 60. Panzergrenadier et la 11. Panzer passeront en position arrière pour reconstitution.
Sur le front, l’heure est au décrochage général. La 11. Panzer est à bout de potentiel et se fait malmener au nord et au sud de Béziers, tandis que le 1057. Grenadier Rgt de la 344. ID est obligé d’abandonner la ville pour ne pas subir le sort des deux régiments de la 326. ID à Sète.
Mais du côté américain, les combats ont laissé des traces. La 1st Armored a payé durement sa percée du premier jour ; la Hell on Wheels commence à être épuisée après deux mois de campagne sans discontinuer ; et la 3rd Armored, la plus inexpérimentée, a perdu presque quatre chars pour chaque blindé allemand détruit. Malgré tout, Béziers est officiellement libérée en fin de journée par les Rangers et l’infanterie du CCB de la Spearhead.
………
Sur les contreforts du Massif Central, les choses bougent peu, mais il n’en est pas de même tout au nord, en Ardèche, où la Thunderbird et la Big Red One font encore parler la poudre face à la 165. ID. Ainsi, face à la percée alliée à St André de Cruzières, la 334. ID, au sud de cette percée, est obligée d’étendre son dispositif vers le nord pour garder le contact avec sa voisine, obligée de retraiter sur la ligne de reliefs suivante. Ce faisant, elle ouvre une porte dans la vallée menant à Aubenas, ce qui entraîne le décrochage du Sturm Abt 341 et de la 243. ID dans les collines. Ces retraites peuvent d’autant moins être évitées que le commandement de la Thunderbird a lancé en exploitation la brigade blindée Tancrémont qui a été, pour l’occasion, placée sous commandement américain.

Opération Chambord
Provence
– La bataille pour La Turbie a commencé. Les Allemands s’accrochent au terrain et entraînent les coloniaux dans des combats de rue. Les MG du 735. Grenadier Rgt sont judicieusement positionnés et les tireurs d’élite font des ravages dans l’encadrement français.
Le caporal-chef Ntia Baguidi neutralise à lui tout seul deux nids de mitrailleuses, puis il ramène sur son dos son lieutenant blessé et retourne chercher trois autres de ses camarades sous le feu ennemi. Après avoir soufflé et bu quelques gorgées d’eau, il repart sous les yeux éberlués de son adjudant et de son capitaine et rapporte cette fois les armes et le porte-cartes de son lieutenant, alors que les Allemands lui tirent encore dessus. Cet exploit lui vaudra la Légion d’Honneur.

Rédemption
Vercors –
Le général Olléris débarque avec son état-major à La Chapelle-en-Vercors (Drôme). Le motif officiel est de remonter le moral des troupes de la FST et de réaffirmer lors d’une prise d’arme leur fidélité au Nouvel Etat Français.
Au départ, la FST devait être forte de 60 000 hommes, mais elle n’a jamais atteint ce chiffre. Avant le débarquement, elle en comptait environ 30 000. Courant septembre, « contraint par les circonstances et dans l’intérêt général des forces armées du NEF » (a-t-il affirmé au ministère Doriot), Olléris a proposé de transférer une partie de ses effectifs, « les plus motivés », à la Légion Tricolore du général Bridoux ou à la Garde Française du général Misserey, considérées comme mieux préparées politiquement à prendre l’offensive contre les armées alliées. La proposition a été acceptée avec empressement des deux côtés, comme par Doriot en personne.
Cependant, si les documents officialisant les mutations de 12 000 hommes ont été signés début octobre, ces mutations ont été aimablement assorties d’une permission de deux semaines. Or, au terme de ces deux semaines, la plupart de ces soldats ne se sont pas présentés à leurs nouvelles affectations. Ce qui ressemble fort à une désertion en masse – en tout, plus de 9 000 manquants sur 12 000 hommes – est désormais l’affaire des polices du NEF (dont le grand nombre n’améliore pas l’efficacité).
De son côté, le général Olléris a décidé, afin de montrer son allégeance et celle de ses hommes au NEF, qu’il allait effectuer une tournée de toutes les “garnisons” de la FST. Celle-ci compte encore environ 18 000 soldats, répartis en huit garnisons : Ariège-Pyrénées, Armorique, Auvergne, Champagne, Limousin, Morvan, Touraine, Vercors. Chacune de ces garnisons doit envoyer une section d’honneur aux huit prises d’armes prévues. De plus, leurs éléments les plus méritants suivront Olléris dans son tour de France, formant une sorte de garde d’honneur.
La cérémonie de La Chapelle-en-Vercors aura lieu le 10 novembre. Auparavant, le général s’octroie quelques jours de permission, pour aller voir des amis et de la famille qui habitent la région entre Valence et Grenoble, mais aussi pour rendre une visite de courtoisie à la 9. Panzer SS, près de Lyon. Comment critiquer un homme qui prend soin de cultiver l’amitié franco-allemande même durant une permission ?


6 novembre
Opération Span
Languedoc
– La 1st Armored Division, accompagnée du 4e Rangers Btn, arrive au niveau de Narbonne, tandis que la 3rd Armored est un peu à la traîne après les combats pour Béziers, que le 1er Rangers achève de sécuriser avec l’aide de la Résistance. Si l’Old Ironside a autant avancé, c’est qu’en plus de son artillerie organique, elle demande régulièrement le soutien de l’artillerie navale le long de la côte, partant du principe qu’on n’envoie pas des hommes faire le travail là où bombes et obus peuvent le faire – et ce soutien lui a été volontiers accordé.
A l’aile droite de l’offensive blindée américaine, la 2nd Armored se contente de se couvrir contre une improbable contre-attaque de la 60. PanzerGrenadier, tandis que la 7e DI-US, dite Bayonet Division, cherche la faille en direction de Lodève et de Bédarieux, autour du lac de Mourèze.
En Ardèche, pendant que la 1ère DI-US et les Chasseurs Ardennais avancent vers le nord, mais tombent sur du vide, le 157e RCT de la 45e DI-US passe la journée en opérations de nettoyage sur les arrières de la Tancrémont, qui a percé jusqu’à la coupure suivante : la Beaume. Là, les blindés belges sont tenus en respect toute la journée par les Sturmgeschutz du 341. Abteilung : il va falloir attendre l’infanterie pour assurer le soutien pendant la traversée. Aubenas n’est plus qu’à une quinzaine de kilomètres.

Opération Chambord
Provence
– Après une nuit agité où les deux camps ont tenté des coups de main contre les positions ou les bâtiments tenus par l’adversaire, le lever du soleil marque le début du deuxième jour des combats pour le village de La Turbie. Les Bélier du I/8 RCA ont fini par rallier et fournissent un appui bienvenu pour neutraliser les bâtiments où les Allemands se sont retranchés. Plus au nord, le 3e Choc a fini par percer en compagnie des M7 et des EBR du 3e RSM. Il s’avance sur la D21 en direction du Peillon.

En altitude
Hautes Alpes
– L’embuscade du mois précédent au refuge du Pelvoux est encore en travers de la gorge des Alpinis du I/2 Reggimento de la division Monterosa. Ayant l’initiative, les Français les ont devancé sur les crêtes et tiennent les refuges sur les versants orientaux, déniant aux Italiens l’accès au fond des vallées. Les Alpini se sont donc infiltrés de nuit dans la vallée Brune, vers le glacier du Sélé. Leur but est de s’emparer du refuge du même nom, ce qui couperait le ravitaillement du point d’appui français sur le Pelvoux.
A l’aube, ils se lancent à l’assaut et parviennent à quelques centaines de mètres du refuge, mais les hommes du 15e BCA les attendent de pied ferme. L’assaut est finalement brisé. Les hommes du 2° Reggimento retournent sur leurs positions de départ, en essuyant au passage quelques tirs de mortier du Pelvoux.

Philosophies
Non loin du front tenu par la 4e DMM
Le sergent Maurice Benoist (avec un s) échangea encore quelques mots avec son chauffeur, puis claqua la portière du camion, frigorifié. Le mistral, qui soufflait sans désemparer depuis trois jours, le chahuta malgré son paquetage lorsqu’il s’éloigna dans l’obscurité naissante, en se demandant comment il allait pouvoir se retrouver dans ce… ce… Il s’attendait à… autre chose. Il eut cependant le bonheur de croiser le chemin de deux troufions avant d’être complètement perdu.
………
Martinez, Jacob et Albertini s’étaient dégotté un trois étoiles, la cave d’une ferme à demi-ruinée qui abritait encore – et miraculeusement – un couple d’irréductibles, trois improbables lapins terrorisés et cinq tout aussi improbables gallinacés peu regardants quant à leur pitance. Les voûtes souterraines n’avaient pas bronché, et une fois les lieux débarrassés d’un bric-à-brac pittoresque qui les peuplait comme une cagole sa coquille, un rien les avait transformés en un nid douillet.
Dans un coin – mistral oblige – ronflait un Godin “libéré”, aux parois quasi cramoisies malgré la clé presque complètement fermée. Le bois ne manquait pas, sous forme de poutres, chevrons, planches… Il n’y avait qu’à se baisser. Une table bancale “récupérée” ici, trois chaises dépareillées “trouvées” là, quelques caisses, des couvertures, plusieurs longueurs de corde, de ficelle et de fil de fer, trois lits de camp, des bougies, une lampe-tempête et un peu de débrouillardise apportaient un confort dont peu pouvaient jouir en ces parages.
Ha ! C’était effectivement un peu sombre et un tantinet humide, il fallait choisir entre la ventilation et la chaleur, mais on pensait bien que c’était provisoire.
On frappa à la porte, et avant qu’ils aient pu se donner meilleure contenance, “on” entra derechef et sans façon, sinon irrévérencieuse.
– Salut la classe !
– Ben dis-donc ! Maurice ! Qu’est-ce tu fiches ici ?
Martinez donnait l’accolade à l’intrus qui l’entraînait dans sa course, droit sur le poêle. Il s’en dépêtra pour faire les présentations :
– C’est le sergent Benoist, un copain. … Jacob…
– Il me semble que nous nous sommes déjà rencontrés…
– … Albertini…
– Salut !
– Alors, muté ? reprit Santini.
– Muté ?
Benoist frottait ses doigts gourds : « Diable non ! Faudrait être fou ! Figure-toi, Raphaël, que j’avais droit à trois jours. Alors, j’me suis dit : “Trois jours… Si tu vas faire la bamboula à Marseille, ta solde y passe.” Et avec qui ? Des horizontales douteuses ? Des chandelles brûlées par les deux bouts ? Et puis, j’ai réfléchi que je n’avais pas vu certains copains depuis une paye. Justement, y’avait un convoi qui montait… Alors, me v’là. Notez que je ne fais que passer… »
– Faut que tu saches, Albertini, que cette arsouille est l’un de ces planqués de l’arrière qui pioncent dans un vrai plumard, et se les roulent pendant que nous…
– C’est ça ! Merci pour les planqués de l’arrière ! Tu sais ce qu’ils te disent, les planqués de l’arrière ? Sans nous, qu’est-ce t’enverrais sur la tronche des boches ? Des cailloux ? Qu’est-ce tu boufferais ? Encore des cailloux ? Et tu pisserais dans les réservoirs ? Sans compter qu’on s’fait plomber en route !
– Oh, dis…C’est plus 40 !
– Ben, c’est pas 36 non plus, tu vois…
– Arrête de pleurer, quitte ta capote et mets-toi à l’aise… Viens t’asseoir, tu vas cramer.
– Fais l’voyage, tu verras… Merci… Tiens, j’ai quand même un peu d’éducation, j’suis pas v’nu les mains vides.
Il plongea dans son sac : « J’ai eu du nez, j’en ai trois… » reprit-il en exhibant sa trouvaille.
– Chouette ! Des tiges !
– Et des ricaines ! Mazette !
– Une cartouche chacun, ça ira ?
– Des blondes ! T’aurais pas des bleues, aussi ?
– Tu veux que je te les roule, en plus ? Non, monsieur Jamaiscontent ! Les bleues, c’est pas un truc d’Amerloques, t’vois. Par contre… j’ai aussi… des fruits au sirop ! Et même… du chocolat !
– Ben dis donc, c’est Noël avant l’heure !
– Bah, pour Noël, on verra ce qu’on pourra faire. J’ai pas d’leur foutu chouigomme, non plus. Ni de leur soda de m…, là.
– Alors, rien à boire ? Pas d’ouisky ?
– C’est ça ! Essayez d’faire plaisir, tiens ! Mon gars, l’ouisky, c’est plus duraille. Note que j’ai pas dit qu’c’était impossible…
– Et tout ça ?…
– Oh, tu sais ce que c’est…
– Du trafic ?
– Du trafic ! Du trafic ! Tout de suite les grands mots, Jacob ! Mais non ! De la débrouille. Du troc, pas plus…
– Du troc ?
– Les Ricains raffolent des souv’nirs, tu sais. Alors, on fait des échanges. Tiens… Supposons que t’aies trouvé un pistolet d’officier boche. Un souv’nir…
– Va expliquer au colon, pour les “souvenirs” !
Benoist haussa les épaules.
– Fais moi rire ! Bon. Alors, t’as un pistolet. Un insigne. Une dague. Ou un casque… Remarque, une casquette, c’est mieux. Ce genre de choses, quoi… Y’a moyen d’l’échanger pour des trucs plus intéressants, t’vois. Les Ricains, si tu voyais !
Il ponctuait son discours de grands mouvements de bras : « Tiens, pour dix camions qui quittent Marseille, doit y en avoir au moins un, si pas deux, qui s’perdent en route. Autant en profiter, non ? »
– J’me disais aussi…
– Ou alors, si tu mets la main sur un clou en bon état, côté civils…
– Un clou ?
– Sûr ! Pas forcément un pour faire le Tour, mais…
– Et donc, dans ton sac à malices, rien à boire ?
– Eh non ! J’comptais sur vous, moi ! Doit y avoir du pinard, ici, non ? Y’a pas des vignes, dans l’secteur ? Doit bien y’avoir des restes…
– Tu parles… D’abord, côté pinard, y’a mieux. Ensuite, entre ce que les Boches ont avalé et ce que les “bons Français” ont réquisitionné, ou Lycée de Versailles, reste pas bézef…
– Ouais…
Martinez disparut derrière les couvertures qui délimitaient son espace personnel. On l’entendit fourrager dans ses affaires avant de remontrer son nez. « Bon, puisque les Chleus ont tout sifflé, on s’risque dans l’bizarre ? »
– C’est quoi c’truc ? D’la limonade ? ! T’es malade ?
– D’la limonade, Maurice ? Tiens, sens-moi ça…
– Houhou…
– Fais voir ?… Holà ! T’as sorti l’vitriol ?
– C’est du local. Ou presque. Je la gardais pour une grande occase. Sors les quarts, Jacob ! T’as l’tien, Maurice ?
– Sûr ! Ça va pas l’trouer ?
– Imbécile ! C’est que du naturel. Que des plantes ! Z’appellent ça “d’la pète”, là-bas !
– Ah ! Des plantes ?
– Mais oui.
Il fronçait les sourcils : « Comme le génépi, tiens ! »
– L’génépi, ça, j’connais ! 40 brins, 40 morceaux de sucre, 40 jours… Ben, m’regardez pas comme ça ! En 38, j’étais à Briançon. En vacances. Oui monsieur ! Le génépi, c’t’une herbe qui pousse en montagne…
– D’accord. Alors ça, c’est… tu vois les buissons qui poussent le long des torrents ?
– Ces saloperies qui traversent les treillis ?
– Voilà. C’est les graines. Pas les épines, hein… Paraît que ça… (Il leva la bouteille avant de se mettre à servir.) Ça sert de médicament. Donc… Santé !
– L’génépi aussi. Santé !
– Santé !
– Santé ! Mais ton génépi, y tue aussi.
– Hein ?
– Bon sang, ça arrache ! Heu… Le génépi, ça tue… ça tue… faut pas exagérer, non ?
– Ben voilà. Ça pousse en montagne, l’génépi. Haut, tu vois. Dans les schistes. C’est joli, les schistes. C’t’une roche qui fait des plaques, comme des feuilles. Ça brille… Alors, tu vois, t’aperçois encore un dernier brin. Tu avances… les feuilles glissent… T’essayes de te retenir. Mais à quoi ? Macache bono ! Et hop là… le grand saut ! M’regardez pas comme ça !
– T’en sais, des choses !
– R’marque, si tu vas par là, ton truc, là, y tue aussi.
– Y tue ?
– Le tétanos. Recta !
– Ah… (Silence.) Effectivement, vu comme ça…
– Si tu veux. Mais tu vois, l’génépi, la chute en montagne, ça fait héros de l’alpinisme, Grandes Jorasses, Mont Blanc, tout ça… Angliche… Rupin, quoi… La classe !
– Mmm…
– Tandis que tes buissons, là… Le tétanos…
– Ben, t’es mort pareil…
– Oui. Mais en plus, t’es con…
– Ha !… (Silence.) C’est pas faux !… Un autre ?
Ils regardaient tous le fond de leur récipient, dans un mutisme empli d’introspection méditative, mutisme que finit par rompre Jacob : « C’est pas tout, ça, mais j’ai des brèmes. On s’en fait une ? »
– D’accord. Combien l’point ?
Jacob se mit à battre les cartes, graisseuses à souhait, et la conversation reprit. Rien que des sujets sérieux – et variés : les femmes, les filles, les gonzesses, les fleuristes, les ouvreuses de cinéma, les coiffeuses, les chandelles, avec un détour inopiné par les pipelettes. On se garda bien, par superstition, d’évoquer les épouses et les fiancées.
Finalement, la lampe-tempête accusa un coup de fatigue. Ça tombait bien, la bouteille était morte de sa belle mort, entraînant dans sa chute sa petite sœur. En plus, Benoist avait une veine de cocu.
Chacun s’en alla rejoindre Morphée et le lendemain, Benoist, après un dernier et peu discret appel à “souvenirs”, remonta dans son GMC. On se promit de faire une nouba mémorable à Marseille, quand leur tour viendrait. Pt’êt’ à Noël, vu que Noël à Paris, voire même à Lyon, pour cette année, ça avait l’air d’être à l’eau.
Et le quotidien reprit le dessus.
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Hendryk



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MessagePosté le: Sam Nov 04, 2017 13:25    Sujet du message: Répondre en citant

Le coloriage se lit comme un dialogue de Michel Audiard Cool
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With Iron and Fire disponible en livre!
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Nov 04, 2017 14:09    Sujet du message: Répondre en citant

Et les Belges…

5 novembre
On fonce !
Barjac, PC de la Tancrémont
– Mon colonel ! Un message urgent de notre officier de liaison auprès de la 45e DI-US !
– Ah ! Mon cher Baeyens, les Américains ont enfin percé ! A Saint-André de Cruzières… C’est là, à l’ouest de notre position. Le col de la Serre est dégagé !
– Oui, les Allemands reculent… Alors, c’est à nous d’exploiter.
– Faites passer l’ordre : que le peloton de M7F d’alerte fonce via la… D202… Et qu’il prenne à droite à hauteur de Les Laurents, plein nord en direction de Comps le Rouret. Qu’il rende compte ensuite. Dite lui que le Groupe d’Escadrons de Javaux va le suivre.


6 novembre
La Baume
En pointe des forces de la Tancrémont
– Les Lanciers de Javaux avancent bien. L’infanterie a du mal à suivre, mais elle peut rester dans les half-tracks car ce sont les Américains qui s’occupent du nettoyage. Le 2 Cy a repris sa place d’unité de reconnaissance.
Javaux rejoint Dumont près de son scout-car de commandement : « Nous avons trouvé un passage ici, au nord des Tessiers. »
– Le pont est encore debout ?
– Non, mais mes gars ont trouvé un passage à gué juste ici. Jockin est déjà passé au nord du Chassezac, il nous attend à Saint-Alban.
– Alors on fonce !
SAV-42 et half-tracks s’ébranlent et franchissent le Chassezac. A Saint-Alban, les chars de Jockin redémarrent.
Soudain, à la radio : « Ici Noir 4, le pont sur la Baume a sauté et nous venons de perdre deux M7F, les chasseurs de chars allemands sont bien planqués et ils nous immobilisent ! »
Dumont jure avec rage : « M… ! Et pas moyens de contourner ! Il faut attendre l’infanterie et l’artillerie. Sans appui, on ne saura pas passer la Baume ! »
Au PC de brigade : « Nos gars sont bloqués au nord de Saint-Alban, ils ne savent pas passer la rivière… »
– Fais déployer le II/13 Li et que notre artillerie se déploie à Comps le Rouret. Qu’ils ouvrent le feu dès que possible, on va les attendrir avant de poser un pont.
………
Plus au nord, dans le secteur des 1er et 7e Ardennais, les hommes avancent, mais ne tombent que sur des positions abandonnées. Devant, les Allemands reculent en bon ordre.
– Pour une fois on ne va pas se plaindre, commente Lambert, ça nous évite des pertes.
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Capu Rossu



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MessagePosté le: Sam Nov 04, 2017 14:50    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour,

Je reviens sur le problème de l'appui-feu de la Flank Force FTL.

1) Pour pouvoir assurer une présence continue sur zone, il faut deux groupes : un au contact, l'uatre à Toulon pour recompléter les approvisionnements et reposer un pu les équipages.

2) Ne pas mettre de DE dans le groupe, ils sont plus utiles dans leurs fonctions d'escorte des convois.

3) la portion centrale d'un groupe doit être constituée de deux garde-côtes ou d'un croiseur, le Duguay Trouin. Je choisi ce croiseur car il est âgé (programme de 1922) et parfaitement adapté pour ce travail avec ses huit pièces de 155 mm.

4) les forces légères de ces groupes seront de deux ou trois torpilleurs de 1500 tonnes. Leurs trois pièces de 130 mm sont suffisantes pour le tir d'appui sur la côte et le proche intérieur et de plus très précises (ce qui est essentiels pour de l'appui feu). Leur DCA (I x 40 mm - VI x 20 mm) est plus que suffisant face à la menace réduite de la Luft.
De plus, il reste un bon noyau de ces torpilleurs qui même sont un peu "fatigués" sont très robustes et même si leur emploi dans leur configuration d'origine (torpilleurs) n'est plus ni à l'ordre du jour ni dans leurs capacités actuelles.

5) même en cas d'attaque des deux ou trois torpilleurs pris aux Italiens et armés par la KM, cet ensemble de navires est parfaitement capable de tenir tête aux assaillants tant avec leur artillerie principale qu'avec les TLT encore présents à bord.

@+
Alain
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Anaxagore



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MessagePosté le: Sam Nov 04, 2017 15:21    Sujet du message: Répondre en citant

Le coloriage m'a bien fait rire.
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Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Nov 04, 2017 15:34    Sujet du message: Répondre en citant

Capu Rossu a écrit:
Je reviens sur le problème de l'appui-feu de la Flank Force FTL.
1) Pour pouvoir assurer une présence continue sur zone, il faut deux groupes : un au contact, l'uatre à Toulon pour recompléter les approvisionnements et reposer un pu les équipages.


Si je te suis bien, on pourrait avoir DEUX groupes :

- Groupe Duguay-Trouin, assisté par 3 x 1 500 tonnes.

- Groupe X - pourquoi pas le Montcalm - assisté par 3 autres 1500 tonnes.

Quels 1 500 tonnes ?

En plus de ces deux fois 4 bâtiments, ne serait-il pas utile de disposer d'un ou deux monitors légers par groupe (Tonnelier et Chaudronnier) ?
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Casus Frankie

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FREGATON



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MessagePosté le: Sam Nov 04, 2017 15:47    Sujet du message: Répondre en citant

Anaxagore a écrit:
Le coloriage m'a bien fait rire.


Comme dirait Mr Fernand: "C'est ça que t'appelles une petite dinette au coin du feu?".
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Capu Rossu



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MessagePosté le: Sam Nov 04, 2017 15:53    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour Frank,

Pour le 1500 tonnes, on a :

- 1) classe "Bourrasque" : Ouragan, Simoun, Tramontane, Typhon

- 2) classe L'Adroit : Basque, Bordelais, Brestois, Forbin, Fougueux, Frondeur, L'Alcyon, La Palme, Le Mars.

Pour les 7600 tonnes, on a : Jean de Vienne, La Galissonnière, Montcalm

On peut ajouter un monitor léger à chaque groupe.

La Flank Force doit être articulée en deux groupes de façon à en avoir un toujours sur zone tandis que l'autre ravitaille.

@+
Alain
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patzekiller



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MessagePosté le: Sam Nov 04, 2017 20:23    Sujet du message: Répondre en citant

franck est au courant, mais je vais avoir besoin pour décembre et après d'un CL dans le pacifique/en Australie
Toulon n'est peu être pas encore pleinement opérationnel, dans ce secteur, la corse a peut être encore un role à jouer

sinon, je vois pas ce que vous avez contre mes monitors légers
Razz
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