Fantasque Time Line Index du Forum Fantasque Time Line
1940 - La France continue la guerre
 
 FAQFAQ   RechercherRechercher   Liste des MembresListe des Membres   Groupes d'utilisateursGroupes d'utilisateurs   S'enregistrerS'enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Chine, Mai 1944
Aller à la page 1, 2  Suivante
 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Fantasque Time Line Index du Forum -> 1944 - Asie-Pacifique
Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant  
Auteur Message
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 10608
Localisation: Paris

MessagePosté le: Mer Avr 25, 2018 15:29    Sujet du message: Chine, Mai 1944 Répondre en citant

Oui, bon, désolé, la Chine prend de l'avance… et le Front Russe ferme toujours la marche, en mars 43 - il faut dire que c'est celui qui pose les plus lourds problèmes d'effectifs, de doctrine, etc.
Merci HENDRYK.




1er mai
La guerre sino-japonaise
Opération Ichi-Go – Préparatifs
Nankin
– Le maréchal Shunroku Hata, commandant suprême des forces expéditionnaires japonaises en Chine, n’est pas resté inactif ces dernières semaines. En réaction à l’offensive chinoise dans le Guangdong, lui et son état-major ont ébauché les plans d’une ambitieuse contre-offensive permettant de reprendre le terrain perdu : ce sera l’opération Ichi-Go. Profitant de l’essoufflement chinois, l’état-major se réunit ce jour pour en fixer définitivement la date.
………
Vallée de la Rivière des Perles – Suite à la décision d’interrompre les opérations offensives pour la prise de Hong Kong, la 52e Armée entreprend de se retrancher au nord des Nouveaux Territoires, tandis que les 1e et 5e Armées prennent leurs quartiers à Canton. Toutes trois ont été durement éprouvées par les combats de l’opération Bailu et doivent reconstituer leurs forces.


4 mai
La guerre sino-japonaise
Les Anglais de retour en Chine
Kunming
– Le général britannique Geoffrey Scoones, ancien commandant du IVe Corps de l’Eastern Army, arrive de Birmanie pour superviser la mise en place de la toute nouvelle Commonwealth Expeditionary Force in China (CEFC), dont la création a été décidée une semaine plus tôt pour prêter main-forte aux Chinois… et accessoirement pour éviter qu’ils soient tentés de garder Hong Kong pour eux, s’ils parvenaient à libérer la ville. La CEFC sera composée de trois éléments : une division d’infanterie, une brigade blindée et l’équivalent d’un régiment “spécial” :
la 11e East African Division (général Charles C. Fowkes) ;
la 252e Armoured Brigade, récemment formée : un bataillon sur M5 Stuart, un bataillon sur Valentine et un bataillon, le 9e Deccan Horse, sur Sherman (il s’agit de M4 des tout premiers modèles, dotés du canon de 75 standard et dont on ne veut plus en Europe) ;
– et la toute neuve Force W (australienne… en théorie) : 1er Bataillon de Parachutistes australien, avec ses appuis (génie et artillerie de campagne), 154e Bataillon de Gurkhas (aérotransporté), et n°1 Commando britannique (aérotransporté).
Pour l’instant, la CEFC est encore en pièces détachées ; à charge pour le général Scoones de l’organiser. De toute façon, les Chinois ne seront pas en état de lancer une nouvelle offensive dans la région de Hong Kong avant au moins deux mois, et les Japonais se terrent dans ce qui leur reste de territoire occupé.



6 mai
La guerre sino-japonaise
Opération Ichi-Go – Préparatifs
Province du Zhejiang
– La 39e Division de la 11e Armée japonaise prend position au sud de Hangzhou, sur la ligne de chemin de fer vers Nanchang.


7 mai
La guerre sino-japonaise
Opération Ichi-Go – Préparatifs
Province de l’Anhui
– Le transfert de deux divisions de la 13e Armée japonaise, les 15e et 116e, de Nankin à Zhengzhou, n’est pas passée inaperçu des partisans chinois du maquis de l’Anhui, qui font remonter l’information auprès d’officiers de la Nouvelle 4e Armée. Mais ceux-ci, qui gardent une rancune tenace contre les Nationalistes depuis les heurts de 1941, n’ont pas encore digéré la nouvelle ligne pro-Chongqing imposée par le général Peng Dehuai, et se gardent bien d’en informer ce dernier. L’état-major nationaliste ne recevra que quelques vagues échos de mouvements de troupes japonais par ses propres réseaux de renseignement, mais sans pouvoir en déduire la portée.


8 mai
La guerre sino-japonaise
Opération Ichi-Go – Préparatifs
Province du Hubei
– Tandis que la 34e Division de la 11e Armée japonaise se déploie au sud de Wuhan, les 3e et 40e Divisions en font autant au nord de la conurbation dévastée. Ces mouvements s’effectuent sans effort de discrétion particulier, et les reconnaissances avancées de la 30e Armée chinoise ne tardent pas à les repérer. Le général Wang Lingji ordonne le renforcement du dispositif défensif de la ligne Jiugong et fait mettre ses troupes en état d’alerte.


12 mai
La guerre sino-japonaise
Opération Ichi-Go – Préparatifs
Shantou (Swatow)
– Les unités affectées à la seconde phase d’Ichi-Go entament leur déploiement dans ce port sous occupation japonaise. Il s’agit des 17e et 70e Divisions de la 13e Armée, transportées par voie maritime depuis Nankin et Ningbo respectivement.


13 mai
La guerre sino-japonaise
Un aventurier dans le siècle
Canton
– Un membre de la représentation diplomatique française en Chine descend d’un Lockheed Lodestar de liaison arrivé de Chongqing : Lucien Bodard, journaliste en herbe, va commencer son premier reportage !
« Né en 1914 à Chongqing, future capitale de la Chine libre, où son père était diplomate, Lucien Bodard a grandi à Chengdu, et été éduqué au rythme des révoltes et des seigneurs de la guerre. A l’heure où les gamins de son âge couraient après des cerceaux dans le jardin du Luxembourg, lui observait sans faillir les décapitations publiques ordonnées par le tyran local. Il connaissait l’odeur de la terre et du sang, les hurlements d’une foule, l’agitation des ruelles débordant d’idéogrammes, la sapidité du piment dans les paniers d’osier et les caresses précoces et sensuelles de son amah Li, la jeune Chinoise qui lui tenait lieu de nourrice.
Avant de gagner la France pour y suivre ses études (à 11 ans, il entrera à l’école des Roches, le pensionnat le plus chic de l’Hexagone, puis étudiera à Sciences-Po), il fait son éducation entre son amah et son mafou, qui lui apprennent respectivement la Chine de la douceur et la Chine du cauchemar. Li, dont la jeune sœur cadette est putain, le familiarise avec les bordels qui abondent en ville, à commencer par celui où officie sa cadette et, dans l’intimité de sa chambre d’enfant, le berce, aux heures de la sieste, avec une sensualité toute chinoise, lui apprenant les caresses sources de ses premiers émois, tout en lui chuchotant à l’oreille les légendes des dragons, des génies, des forces obscures qu’il convient de ne pas réveiller. En compagnie de son mafou, il perfectionne son chinois et observe, dissimulé sous le costume local, de nouveaux lieux de plaisir où se vend la virginité de “petites fleurs” de son âge et où se fume l’opium dont il usera si souvent lorsque, adulte, il reviendra en Asie… Mais il visite aussi les hauts lieux de cruauté et de supplice dont la ville regorge. Le mafou, qui fut soudard, tueur à gages, mercenaire et pilleur de convois, comme ceux que l’on châtie en place publique pour la grande distraction du bon peuple, est expert en la matière. L’enfant, devenu homme, n’oubliera pas plus les corps enchevêtrés et le regard de la jeune prostituée qui se lave après l’amour que les têtes coupées, les corps sanguinolents écorchés vifs, les morts lentes infligées par petits coups de couteau sur les épaules et la poitrine, les sexes coupés délicatement posés auprès de cadavres décapités, l’habileté du bourreau qui dissèque, décortique, tenaille au son d’une fanfare le corps d’un supplicié qui hurle, râle, suffoque, implore, les plus heureux bourrés d’opium grâce à la générosité de leur famille.
Affecté au Train de la 1ère Division légère de cavalerie lors de la mobilisation de 1939, Lucien Bodard est à Riom, au terme d’une retraite désordonnée depuis les Ardennes, lorsque retentit le signal du Sursaut. Ses appuis familiaux – son père est alors ambassadeur de France au Mexique et partisan affiché de la poursuite de la lutte – lui permettent de faire partie du Grand Déménagement ainsi que son épouse, qui l’a rejoint dans des circonstances rocambolesques. Vite repéré par Zinovi Pechkoff pour sa connaissance de la Chine, il est envoyé étoffer la maigre équipe diplomatique française auprès du régime de Tchang Kai-chek… et retrouve ainsi sa ville natale.
Mais jouer les ronds-de-cuir à l’ambassade le lasse vite, malgré les visites régulières à la “jonque des fleurs” amarrée juste en contrebas pour éviter aux marins et soldats français d’avoir à se rendre en ville pour courir la gueuse. En mai 1944, à force d’insistance, il parvient à se faire affecter au service de presse pour enfin tâter du terrain, et c’est ainsi qu’il arrive à Canton. »



16 mai
La guerre sino-japonaise
Guerre aérienne
Canton
– Redéploiement sur l’aéroport de Baiyun, à présent presque complètement remis en état, des bombardiers du 68e Composite Wing, jusqu’alors basés à Guilin.


20 mai… A suivre…
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Hendryk



Inscrit le: 19 Fév 2012
Messages: 1214
Localisation: Paris

MessagePosté le: Mer Avr 25, 2018 19:45    Sujet du message: Répondre en citant

Oui j'ai récemment lu la biographie de Lucien Bodard, à quoi l'aviez-vous deviné?
_________________
With Iron and Fire disponible en livre!
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Archibald



Inscrit le: 04 Aoû 2007
Messages: 3845

MessagePosté le: Mer Avr 25, 2018 20:10    Sujet du message: Répondre en citant

Comme le dit un proverbe Japonais (de Shinjuku): Ichi-come, Ichi-love, Ichi-go ! Arrow Arrow
_________________
« Je ne crois pas que les Allemands aient jamais l’idée d’attaquer dans la région de Sedan. » Huntziger, 7/05/1940.
"Nous vaincrons car nous sommes les plus forts" (Reynaud) "Heureusement, sinon, qu'est ce qu'on aurait pris !" (Goscinny)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Merlock



Inscrit le: 19 Oct 2006
Messages: 1234

MessagePosté le: Mer Avr 25, 2018 20:14    Sujet du message: Répondre en citant

Archibald a écrit:
Comme le dit un proverbe Japonais (de Shinjuku): Ichi-come, Ichi-love, Ichi-go ! Arrow Arrow


Sauf si Ichi-Dan-Lakol...
_________________
"Le journalisme moderne... justifie son existence grâce au grand principe darwinien de la survivance du plus vulgaire." (Oscar Wilde).
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 10608
Localisation: Paris

MessagePosté le: Jeu Avr 26, 2018 08:27    Sujet du message: Répondre en citant

21 mai
La guerre sino-japonaise
Opération Ichi-Go
Province du Jiangxi (Togo-1)
– A deux heures du matin commence la phase Togo-1 de la contre-offensive japonaise Ichi-Go. Après un bref barrage d’artillerie, la 34e Division s’élance à l’assaut de la ligne Jiugong (“Neuf temples”), soutenue par seize Ki-51 [Sonia] du 1er Hikoshidan de la 5e Armée de l’Air, basé à Wuhan. Au même moment, dans le sud du Zhejiang, la 39e Division commence à avancer le long de la voie ferrée vers Nanchang, accompagnée par plusieurs trains blindés.
Si les Chinois s’attendaient à l’attaque frontale de la 34e Division, la tentative de contournement de leur dispositif défensif par la 39e les prend de court, et Wang Lingji donne l’ordre au général Ma Zhongying, commandant de la 36e Division, de contenir ce mouvement. L’objectif japonais semble être Changsha, une ville que les deux camps se sont âprement disputée depuis le début de la guerre, mais que les Chinois ont jusqu’à présent réussi à défendre bec et ongles. Immédiatement informé, l’état-major nationaliste décide d’envoyer en renfort la 28e Division (général Liu Bolong) de la 66e Armée, précédemment déployée sur le front de Birmanie et récemment revenue en Chine.

Ordre de bataille de l’opération Ichi-Go
Phase Togo-1 :

– 11e Armée
34e Division (Lt-général Takeo Ban) : 216e, 217e et 218e RI
39e Division (Lt-général Sumita Shiro) : 231e, 232e et 233e RI
………
Phase Togo-2 :
– 13e Armée
17e Division (Lt-général Yasushi Sakai) : 53e et 54e RI, 2e et 6e Régiments mixtes
70e Division (Lt-général Takayuki Uchida) : 61e et 62e Brigades d’Infanterie
– 23e Armée
40e Division
68e Division
131e Division
19e Brigade mixte indépendante
23e Brigade mixte indépendante
8e Brigade d’infanterie indépendante
………
Phase Kogo :
– 11e Armée
3e Division (Lt-général Mitsuo Yamamoto) : 6e, 34e et 38e RI, 3e Rgt de Cavalerie
40e Division (Lt-général Aoki Seiichi) : 234e, 235e et 236e RI
– 13e Armée
15e Division (Lt-général Masafumi Yamauchi) : 51e, 60e et 67e RI
116e Division (Lt-général Hiroshi Iwanaga) : 109e, 120e et 133e RI
………
Forces aériennes :
1er Hikoshidan (5e Armée aérienne)
9e Sentai (5e Armée aérienne)
14e Sentai (8e Division du Service aérien de l’Armée impériale japonaise)
………
Forces navales :
Destroyer Kaii
Canonnières Hashidate et Okitsu



22 mai
La guerre sino-japonaise
Opération Ichi-Go
Province du Jiangxi (Togo-1)
– Toute la journée, les combats font rage sur la ligne Jiugong. La 36e Division (général Ma Zhongying) se porte à la rencontre de la 39e Division japonaise et, au terme d’une féroce bataille, parvient à la stopper à l’est de Nanchang.


23 mai
La guerre sino-japonaise
Opération Ichi-Go
Vallée de la Rivière des Perles (Togo-2)
– Après avoir attendu 48 heures pour que la phase Togo-1 atteigne son plein effet de diversion, les Japonais lancent la phase Togo-2 de l’opération Ichi-Go : les 17e et 70e Divisions déployées à Shantou lancent une puissante attaque en direction de Canton.
Dans le même temps, une formation de 22 Nakajima Ki-49 Donryu [Helen] escortés par 19 Ki-43 Hayabusa [Oscar] décolle de Jiayi (sur Taiwan) et se dirige vers Shenzhen. Ces appareils appartiennent au 14e Sentai de la toute nouvelle 8e Division du Service aérien de l’Armée impériale. Mais le radar de l’aéroport de Baiyun les repère et 25 P-51 de la 68e Composite Wing décollent pour les intercepter. C’est pour les aviateurs japonais une rude surprise : ils ne s’attendaient pas à avoir en face d’eux une telle force. Cependant, le sacrifice de huit Hayabusa permet à vingt Ki-49 d’aller larguer leurs bombes sur la ville, perturbant le dispositif chinois – cinq autres bombardiers sont abattus sur le chemin du retour par des Américains vexés, qui ne perdent que trois des leurs.
Le raid à peine achevé, tout ce qui reste de la 23e Armée japonaise (trois divisions et trois brigades) sort de Hong Kong et bouscule les défenses avancées chinoises dans les Nouveaux Territoires.
Peu désireux de voir les Japonais reprendre Canton, Tchang Kai-chek décide immédiatement d’envoyer en renfort la 38e Division de la 66e Armée : il s’agit d’un corps d’élite très bien équipé et entraîné (selon les critères chinois), grâce à son énergique commandant, le général Sun Liren. Celui-ci était parti aux Etats-Unis pour y suivre des études d’ingénieur, avant de se décider pour une formation militaire. Diplômé du Virginia Military Institute, il entretient d’excellentes relations avec les officiers américains. Détail révélateur de sa personnalité : à son uniforme de général chinois, il préfère le treillis américain dit HBT M1942, plus confortable, les étoiles de son grade ne figurant que sur les revers de sa veste.


24 mai
Opération Ichi-Go
Province du Henan (Kogo)
– Dans les dernières heures de la nuit, selon l’habitude japonaise, la troisième phase de l’opération Ichi-Go est lancée ; elle est baptisée Kogo. Tandis que les 15e et 116e Divisions de la 13e Armée font mouvement vers le sud, respectivement de Luoyang et de Zhengzhou, les 3e et 40e Divisions de la 11e Armée, partant de Wuhan, se dirigent l’une vers le nord-ouest et l’autre plein nord. Le vaste saillant formé par le sud du Henan et le nord du Hubei, entre le Fleuve Jaune et le Yangzi, est en train de faire l’objet d’une double attaque en tenaille ! A l’est, la 116e Division au nord et la 40e Division au sud convergent le long de la ligne de chemin de fer Zhengzhou-Wuhan ; à l’ouest, la 15e Division au nord et la 3e Division au sud visent la ville de Nanyang.
La région est défendue par la 68e Armée, une force dont la réorganisation et la modernisation n’ont pas jusqu’alors été jugées prioritaires ; au contraire, elle a été régulièrement ponctionnée en hommes et matériel depuis deux ans au profit de théâtres d’opérations plus actifs. Sa taille effective n’est à présent guère supérieure à celle d’une division, et les troupes qui lui restent sont sous-équipées. Sans être totalement incompétent, son commandant le général Liu Yuzhen ne doit sa place qu’au népotisme : le précédent commandant de la 68e Armée n’était autre que son frère… L’état-major chinois décide de lui envoyer en renfort la 6e Armée (général Gan Lichu), ainsi que la 66e Armée, récemment revenue de Birmanie.
………
Vallée de la Rivière des Perles (Togo-2) – Les combats font rage dans les Nouveaux Territoires ; l’un après l’autre, les éléments avancés des défenses chinoises sont tournés puis, une fois isolés, réduits par des assauts féroces. En fin de journée, les Japonais atteignent le fleuve Sham Chun, qui marque la limite de l’ex-colonie britannique.
Les Chinois se sont hâtivement retranchés sur la rive nord, mais à la faveur de la nuit, les Japonais lancent plusieurs tentatives d’établir des têtes de pont qui ne sont repoussées qu’avec difficulté. La fatigue, les pertes non remplacées, et l’usure du matériel au cours de l’opération Bailu diminuent grandement la valeur combative des troupes de la 52e Armée. De surcroît, elles ne peuvent espérer de renforts, car Li Zongren a ordonné aux 1e et 5e Armées (elles-mêmes très diminuées) de se diriger vers l’est pour bloquer l’avancée des attaquants venus de Shantou.
………
Kunming – Dans la soirée, Tchang Kai-chek, qui avait déjà au prix d’une acrobatie rhétorique admis le principe d’une participation britannique à la future libération de Hong Kong, conclut devant la gravité de la situation qu’une autre aide étrangère va s’avérer indispensable à court terme. La CEFC étant encore en cours de constitution, il décide de se tourner vers les Américains – et tant mieux, au final, si cela ne plaît pas trop aux Britanniques : le Généralissime n’a jamais été homme à laisser passer une occasion de jouer ses alliés les uns contre les autres. Albert Wedemeyer, réticent, finit par se laisser convaincre lorsque Tchang et Chen Cheng évoquent le risque de reperdre Canton et son précieux port, justement en cours de remise en état par les Seabees américains. A contrecœur, il autorise le déploiement de la 41e DI-US en renfort des Chinois.


25 mai
La guerre sino-japonaise
Vallée de la Rivière des Perles (Togo-2)
– Les défenseurs de Shenzhen ont la surprise de voir surgir 12 Ki-51 escortés de sept Ki-43. Ces avions du 9e Sentai, venus de Nankin via Xiamen, se sont posés sur le terrain de repli de l’île Wanzai. C’est de ce terrain qu’ils arrivent, volant le long du littoral au raz des vagues pour échapper à la détection radar alliée. Avant que les chasseurs chinois aient le temps de réagir, ils appuient efficacement les troupes japonaises, qui tentent de créer deux têtes de pont sur la rive nord du fleuve. Deux “Sonia” sont abattus par la DCA et un autre endommagé, mais en fin de journée, les deux têtes de pont sont solidement établies.


26 mai
La guerre sino-japonaise
Province du Henan (Kogo)
– Onze bombardiers Ki-21 escortés par quatre Ki-43 du 9e Sentai effectuent un raid sur Nanyang sans rencontrer d’opposition aérienne ni même de DCA digne de ce nom, la ROCAF étant entièrement absente du secteur. Le bombardement provoque plusieurs départs d’incendie dans la ville. Devinant ce qui les attend, des centaines d’habitants ignorent les appels au calme des autorités et, empilant tout ce qu’ils peuvent sur des charrettes à bras, fuient vers l’ouest.


27 mai
La guerre sino-japonaise
Province du Henan (Kogo)
– La 119e Division de la 68e Armée est violemment prise à partie au nord de Nanyang et se replie dans une retraite désordonnée, abandonnant derrière elle une partie du pauvre matériel lourd dont elle disposait. Au sud, la 147e Division ne s’en tire guère mieux et doit elle aussi céder du terrain. Or les seules réserves dont dispose le général Liu Yuzhen sont constituées en tout et pour tout de la 27e Brigade indépendante.
Un nouveau raid de 10 Ki-21, cette fois sans escorte, s’en prend une deuxième fois à Nanyang, provoquant d’importants dégâts et un accroissement de l’exode de la population civile ; les bombardiers japonais repartent sans perte.
………
Vallée de la Rivière des Perles (Togo-2) – Les Japonais sont à présent maitres de la rive nord du Sham Chun, tandis que les Chinois se replient dans le centre-ville de Shenzhen. De violents combats de rue ont lieu toute la journée et se prolongent pendant la nuit.
Sur le front est, alors que les 17e et 70e Divisions approchent de la ville de Haifeng, leurs colonnes sont prises pour cible par 12 B-25 escortés de six P-51 du 68e Composite Wing. Surprises à découvert et sans protection aérienne, elles perdent de nombreux (et précieux) véhicules sous les bombes et les mitraillages des Mitchell en version nez-plein et des Mustang. Deux bombardiers sont endommagés par la DCA rapprochée ; l’un parviendra à regagner l’aérodrome de Baiyun, l’autre se posera sur le ventre dans une rizière, sans perte pour son équipage.


28 mai
La guerre sino-japonaise
Vallée de la Rivière des Perles (Togo-2)
– Les combats se poursuivent à Shenzhen. Les Chinois luttent pied à pied, mais sont contraints de céder du terrain. Un raid de neuf Ki-51 et trois Ki-43, bien que gêné par l’intervention tardive de six P-40 chinois qui abattent un “Sonia” et un “Oscar” au prix d’un des leurs, désorganise un peu plus les défenses de la 52e Armée.


29 mai
La guerre sino-japonaise
Province du Henan (Kogo)
– La tenaille japonaise se referme dans le Henan : seule une cinquantaine de kilomètres sépare à présent les avant-gardes des 40e et 116e Divisions, qui progressent rapidement le long de la voie ferrée Zhengzhou-Wuhan. Les 3e et 15e Divisions, cheminant par de mauvaises routes, avancent plus lentement, mais la distance qui le sépare de Nanyang diminue inexorablement.
………
Province du Jiangxi (Togo-1) – La 34e Division, soutenue par cinq Ki-51 du 1er Hikoshidan venus de Wuhan, lance un nouvel assaut de la ligne Jiugong, sans parvenir à percer. Contrairement à leur habitude, les Japonais ne s’acharnent pas : lorsque les pertes commencent à s’accumuler, ils reculent en protégeant leur retraite par un barrage d’artillerie. En effet, le lieutenant-général Takeo Ban a pour ordre de ne pas se montrer trop dispendieux en hommes pour ce qui n’est en fin de compte qu’une diversion. Au cours de la nuit, les batteries japonaises continuent de tirer sporadiquement sur les lignes chinoises pour donner le change.
………
Vallée de la Rivière des Perles (Togo-2) – Après de violents combats, la 23e Armée japonaise parvient à chasser les Chinois de Shenzhen, mais se voit clouée sur place par l’artillerie et l’aviation alliées dès qu’elle s’aventure en terrain découvert au nord de la ville. Les B-25 en version nez-plein se montrent particulièrement efficaces dans ce rôle.


30 mai
La guerre sino-japonaise
Province du Henan (Kogo)
– La 93e Division (général Lu Guoquan), qui a progressé à marche forcée en avant du gros de la 6e Armée, arrive à Nanyang. Sans avoir eu le temps de souffler, elle est immédiatement envoyée intercepter la 15e Division japonaise, qui n’est plus qu’à une vingtaine de kilomètres au nord de la ville, tandis que les restes de la 119e Division sont envoyés renforcer la 147e Division, elle aussi durement secouée, sur le flanc sud, face à la 3e Division japonaise.

31 mai
La guerre sino-japonaise
Province du Henan (Kogo)
– La 93e Division, dont les hommes sont épuisés par une semaine de marche forcée, ne peut que freiner l’avance japonaise vers Nanyang. La ville est bombardée pour la troisième fois, par 13 Ki-21 qui repartent en toute impunité.
………
Vallée de la Rivière des Perles (Togo-2) – En fin de journée, les 17e et 70e Divisions japonaises parviennent en vue de Huizhou, où les 1ère et 5e Armées chinoises, renforcées par la 38e Division, sont en train de se retrancher fébrilement. Si ce verrou saute, Canton sera directement menacée. Mais ce même jour, la 41e DI-US a commencé d’arriver à Huizhou.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
loic
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 5119
Localisation: Toulouse (à peu près)

MessagePosté le: Jeu Avr 26, 2018 21:38    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Les 3e et 15e Divisions, cheminant par de mauvaises routes, avancent plus lentement, mais la distance qui les sépare de Nanyang diminue inexorablement.

Merci pour cet épisode. Une bonne carte serait un plus, car ce n'est pas simple de suivre ...
_________________
On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
le roi louis



Inscrit le: 13 Mar 2009
Messages: 206

MessagePosté le: Ven Avr 27, 2018 01:28    Sujet du message: Répondre en citant

Merci pour ce texte ton travail qui me fais découvrir un front bien oublier du conflit mondial
Cependant j'ai du mal à voir les distances que font les unités alliées rameutées en renfort. J'imagine l'état des infrastructures chinoises pour permettre ces déplacement de troupes. Du coup je suis curieux de voir d'où les unités partent.

Il nous est dit à plusieurs reprise que la 66ème armée chinoise est revenue de Birmanie et se trouve en Chine mais serai t il possible de savoir où elle est casernée exactement? Car la Chine, même restreinte au seul sud encore sous domination nationaliste c'est grand.

De même le 30 mai il est annoncé que la 6ème armée chinoise arrive au contacte, et qu'elle a avancé à marche forcée. Mais sur combien de distance et d'ou est elle partie?

Enfin il est annoncé l'arrivé de la 41e DI-US mais où se trouve t elle à ce moment là?
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Wil the Coyote



Inscrit le: 10 Mai 2012
Messages: 1746
Localisation: Tournai (Belgique)

MessagePosté le: Ven Avr 27, 2018 07:53    Sujet du message: Répondre en citant

Si vous cherchez des effectifs pour la Chine, il y à toujours la Brigade de la Force Publique en Indochine
_________________
Horum omnium fortissimi sunt Belgae
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 10608
Localisation: Paris

MessagePosté le: Ven Avr 27, 2018 08:14    Sujet du message: Répondre en citant

1) Loïc ne devrait pas tarder à poster une carte très claire.

2) Les "armées" de réserve chinoises ne sont pas concentrées loin du front, mais réparties sur les arrières. Quant à la DI-US, elle est motorisée (seule DI à l'être en Chine) et depuis l'offensive chinoise vers Canton / Hong-Kong, les voies de communication vers cette région ont été très améliorées.

3) Nous avons déjà pensé aux Belges, merci Wil !
_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
loic
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 5119
Localisation: Toulouse (à peu près)

MessagePosté le: Ven Avr 27, 2018 09:18    Sujet du message: Répondre en citant

Je n'arrive pas encore à afficher la carte ici, mais en attendant, elle est dans la galerie : http://1940lafrancecontinue.org/images/?q=image/620-ichi-go
Carte d’origine par Alex Richards
_________________
On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
fab59



Inscrit le: 25 Mai 2009
Messages: 20

MessagePosté le: Ven Avr 27, 2018 10:18    Sujet du message: Répondre en citant

Petite digression concernant la carte. Le Tibet est-il déjà une province chinoise? Ou un Etat indépendant de facto?
Question
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Hendryk



Inscrit le: 19 Fév 2012
Messages: 1214
Localisation: Paris

MessagePosté le: Ven Avr 27, 2018 10:25    Sujet du message: Répondre en citant

fab59 a écrit:
Petite digression concernant la carte. Le Tibet est-il déjà une province chinoise? Ou un Etat indépendant de facto?
Question

Le Tibet est officiellement une province chinoise, mais la Chine n'a pas pour l'instant les moyens de faire valoir sa suzeraineté, ce qui le rend de facto indépendant.
_________________
With Iron and Fire disponible en livre!
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Capitaine caverne



Inscrit le: 11 Avr 2009
Messages: 3732
Localisation: Tours

MessagePosté le: Ven Avr 27, 2018 15:02    Sujet du message: Répondre en citant

Il y a eu aussi une proclamation d'indépendance tibétaine en 1911 ou 1912 au moment de la chute des Qing, mais pratiquement personne n'a reconnu le nouvel état. Le Tibet a donc été indépendant De Facto mais pas De Jure pendant une quarantaine d'années OTL.
_________________
"Au jeu des trônes, il n'y a que des vainqueurs et des morts, il n'y a pas de demi-terme". La Reine Cersei.
"Les gens se disent en genéral affamé de vérité, mais ils la trouvent rarement à leur goût lorsqu'on la leur sert". Tyrion Lannister.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
delta force



Inscrit le: 07 Juin 2009
Messages: 556
Localisation: france Gironde

MessagePosté le: Ven Avr 27, 2018 17:02    Sujet du message: Répondre en citant

l'opération ichi go OTL s'était déroulée sur plusieurs mois OTL (avril à décembre) en 3 phases successives. Il avait fallu rassembler /concentrer pas mal de moyens notamment venant du Kwantung et du Japon même (dont une division blindée complète).

en FTL si je lis bien les offensives sont quasi simultanées, ce qui veut dire que l'IJA a su rassembler des moyens en temps record, malgré des pertes -tout front confondus- plus importantes à ce stade de la guerre FTL par rapport à OTL

mais il est vrai que je suis pas remonté tout en haut de la chrono de 1944 sur le théâtre chinois
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 10608
Localisation: Paris

MessagePosté le: Ven Avr 27, 2018 17:50    Sujet du message: Répondre en citant

Hendryk pourra répondre aussi, mais cette opération Ichi-go comprend une feinte, une grosse opération menée par des troupes sur place et une opération menée d'une part par des troupes sur place, d'autre part par des troupes amenées par bateau de relativement près.
De toute façon, ce ne sont pas les pertes supérieures à OTL dans le Pacifique ou en Indochine qui gênent l'armée japonaise en Chine. Et celle-ci a jugé préférable de se passer de blindés, bien moins intéressants face à des Chinois un peu mieux armés qu'OTL.
De plus, il FAUT réagir pour tenter de reprendre l'initiative du côté de Canton / HK. Et puis, il y a la forme du front qui rend irrésistible la tentation de couper l'énorme saillant chinois à Nenyang - d'autant plus que les troupes occupant ce saillant ont souffert en prenant l'offensive quelque temps plus tôt.

Enfin et surtout, dès l'instant qu'une armée ne prend pas l'offensive, c'est (en général) parce qu'elle accumule de quoi attaquer. Et les Japonais sont été passifs sur ce front depuis un moment.
Dernier facteur en faveur de l'armée de Chine : c'est triste que les Japonais aient perdu la Birmanie et presque toute l'Indochine, mais ça fait du ravitaillement qui va aller du Japon en Chine au lieu d'être gaspillé dans ces pays qui ne sont même pas reconnaissants à Tokyo de les délivrer des Diables Occidentaux.

On peut ajouter qu'en dehors de Canton-HK, il y a des mois que le front chinois est calme, très calme. Ce qui permet l'accumulation de ravitaillement et de matériel pour une offensive.
_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Fantasque Time Line Index du Forum -> 1944 - Asie-Pacifique Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Aller à la page 1, 2  Suivante
Page 1 sur 2

 
Sauter vers:  
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum


Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com