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Janvier-Février 44, Bataille des Marshall
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solarien



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MessagePosté le: Sam Aoû 19, 2017 17:41    Sujet du message: Répondre en citant

Désolé de déranger un si beau texte mais je trouve quand même bizarre que Yamamoto organise un raid aérien si tôt le matin alors que ses pilotes auront le soleil de face.
Il connait les américains et surement une partie de leur avantage technologique.
On a l'impression que c'est un amiral débutant et sure de lui qui affronte les américains alors qu'il s'agit d'un amiral expérimentés, plutôt porté sur l'aéronavale et au courant du potentiel militaire des américains.
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loic
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MessagePosté le: Sam Aoû 19, 2017 17:57    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Dans les deux cas, c'est s'aventurer dans les eaux ennemies alors qu'on n'est plus début 42, que ces eaux sont bien défendues, surtout côté Inde, où il faut franchir la barrière des Andaman (ça c'est faisable, mais on se fait repérer), ensuite Ceylan ce n'est pas un atoll du Pacifique ! Et l'Eastern Fleet de septembre 43 FTL, ce n'est pas celle de début 1942 OTL !
Côté Australie, ce n'est guère mieux, à l'est les Salomon sont contrôlées par les Alliés, au centre la N-Guinée est en passe de l'être, à l'ouest… c'est bien loin, et surtout bien risqué pour un gain potentiel mineur.

Il ne fut pas oublier que Yamamoto n'est pas seul à décider et que d'autres peuvent penser que laisser 4 grands CV inutilisés pendant que les Américains renforcent leur armada n'est pas la bonne option. Par ailleurs, rester sur la défensive sans avoir perdu de bataille majeure (Midway) serait perdre la face. La force de l'Eastern Fleet ne sera peut-être pas estimée avec précision mais c'est quand même un adversaire davantage à la portée que l'USN.

Attaquer l'Australie ou l'Inde peut forcer l'adversaire à détourner une partie de ses forces.
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On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Aoû 19, 2017 19:16    Sujet du message: Répondre en citant

solarien a écrit:
Désolé de déranger un si beau texte mais je trouve quand même bizarre que Yamamoto organise un raid aérien si tôt le matin alors que ses pilotes auront le soleil de face.
Il connait les américains et surement une partie de leur avantage technologique.
On a l'impression que c'est un amiral débutant et sure de lui qui affronte les américains alors qu'il s'agit d'un amiral expérimentés, plutôt porté sur l'aéronavale et au courant du potentiel militaire des américains.


Au contraire, c'est parce qu'il connaît les Américains qu'il veut lancer son raid le plus tôt possible, pour frapper le premier, c'est essentiel en pareille occasion !
Spruance refuse de lancer un raid plus tôt, parce qu'il se sait plus fort et qu'il a confiance en son radar, sas chasse, sa DCA. Mais si le raid japonais ne vient pas en début de matinée, une fois les Japonais bien repérés, le raid américain tombera sur la flotte japonaise un peu plus tard… Et Yamamoto peut craindre que, dans ces conditions, il n'y ait pas de raid japonais.
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Casus Frankie

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solarien



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MessagePosté le: Sam Aoû 19, 2017 19:27    Sujet du message: Répondre en citant

D'accord je comprend parfaitement, le seul petit défaut c'est qu'il oblige ses pilotes a attaquer l'escadre américaine de face et soleil dans les yeux, ne peut on imaginer qu'il fasse une route qui lui ajoute 1 jours pour se mettre en position mais lui permettant d'attaquer de flan, soleil sur le coté ??

Je suis désolé de peut être relancer un débat que vous avez eux entre vous mais je trouve bizarre qu'un marin, proche des pilotes insiste pour attaquer avec soleil dans les yeux, il préférera toujours perdre une journée pour avoir le soleil dans le dos ou sur le coté mais pas de face.
Quand tu as une unique occasion, tu prend tout en compte, il sais ou les américains sont et se qu'ils comptent faire, rien ne l'empêche de prendre un jour de plus pour se mettre dans de meilleur disposition, il est sur son terrain et peux profiter des avion de reconnaissance basé a terre.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Aoû 19, 2017 19:45    Sujet du message: Répondre en citant

loic a écrit:
Il ne fut pas oublier que Yamamoto n'est pas seul à décider et que d'autres peuvent penser que laisser 4 grands CV inutilisés pendant que les Américains renforcent leur armada n'est pas la bonne option. Par ailleurs, rester sur la défensive sans avoir perdu de bataille majeure (Midway) serait perdre la face. La force de l'Eastern Fleet ne sera peut-être pas estimée avec précision mais c'est quand même un adversaire davantage à la portée que l'USN.
Attaquer l'Australie ou l'Inde peut forcer l'adversaire à détourner une partie de ses forces.


Yamamoto est quand même le décideur numéro 1.
Et le "créneau" n'est en réalité que de trois-quatre mois, pas d'un an, entre le moment où les porte-avions japonais principaux sont opérationnels avec des groupes aériens satisfaisants et celui où la première stratégie japonaise (contre-attaquer un ennemi empêtré dans des opérations contre des îles) est mise en défaut.
En première partie d'année, Yamamoto a "amusé la galerie" avec des opérations en Océan Indien et en Arctique.
Ensuite, il attend d'engager la Bataille Décisive dans les meilleures conditions.
Un raid contre l'Australie ? Très bon pour perdre des avons et des pilotes durement formés contre des forces aériennes puissantes basées à terre (on n'est plus début 42 avec le raid contre Darwin !!). Et si jamais on croise un sous-marin, que les Japonais ont appris à respecter, ça fait un porte-avions majeur coulé ou au moins hors de combat durant de longs mois.
Cette crainte n'est pas irraisonnée.
OTL, dans d'excellentes conditions, les Japonais sont passés très près de la perte d'un de leurs grands porte-avions lors de leur fameux raid contre Ceylan, une fois contre des bombardiers basés à terre, une fois contre des sous-marins. Ce qui les a sauvé : la première fois, le fait que les avions alliés étaient des Blenheim pas du tout entraînés à attaquer des objectifs navals (ils ont attaqué comme à la parade, sans opposition de chasse, et ils ont tout mis à côté), la seconde, le fait que la Royal Navy avait très peu de sous-marins et que l'escadre est passée à travers, mais de peu.

En effet, ça embête Yamamoto de savoir que les Américains font grossir leur flotte… mais il n'y peut rien ! Toute la stratégie japonaise, depuis le début de la guerre, c'est d'infliger des pertes insupportables, pas à quelques navires anglais dans l'Océan Indien, mais à l'US Navy.
C'est contre les Américains qu'il faut mobiliser ses forces. Les disperser serait une lourde faute stratégique. Même si ça ferait quelques notes chronos pour combler le vide de certains mois dans le Pacifique !

Yamamoto est un stratège. Il vise un but, qui n'est pas de montrer que ses porte-avions ne restent pas à l'ancre ! Ni de couler un ou deux bateaux anglais.

OTL, certes, on avait perdu Midway, mais ensuite, l'engagement japonais dans les Salomon a été maximum - Midway n'avait pas suffi à écœurer Yamamoto !
Donc si en 1943, les forces considérables que l'IJN conservait sont restées relativement inactives (plus inactives qu'en FTL, je le répète), ce n'est pas parce qu'elle avait été battue à Midway. Courant 43, l'IJN aurait pu mobiliser des forces considérables, mais même après la mort de Yamamoto, il est apparu qu'utiliser ces forces pour une "démonstration" (par exemple côté Indien) aurait été un détournement de moyens risqué. Tout le contraire de ce qu'a fait (ou tenté de faire) la Kriegsmarine de surface, engageant ses moyens par petits paquets pour montrer qu'elle existait et faire plaisir au Chef.

OTL, encore, l'IJN n'a tenté de réagir qu'aux Mariannes.
FTL, elle tente de réagir pour les Gilbert (échec parce que les îles tombent trop vite) et elle réagit pour les Marshall.

Notez bien que ça m'aurait fait plaisir d'écrire comment l'IJN a lancé un grand raid contre Fremantle et comment le Sidi-Ferruch a encore coulé un porte-avions nippon…
Mais je pense franchement que ça n'aurait pas été cohérent avec la stratégie japonaise en général et celle de Yamamoto en particulier. Ce dernier était joueur (il va le montrer bientôt), mais il ne jouait pas n'importe quand, dans n'importe quelles conditions.
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Casus Frankie

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Dernière édition par Casus Frankie le Sam Aoû 19, 2017 20:04; édité 1 fois
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Aoû 19, 2017 20:02    Sujet du message: Répondre en citant

solarien a écrit:
Quand tu as une unique occasion, tu prend tout en compte, il sais ou les américains sont et se qu'ils comptent faire, rien ne l'empêche de prendre un jour de plus pour se mettre dans de meilleur disposition, il est sur son terrain et peux profiter des avion de reconnaissance basé a terre.


Oui, quelque chose l'empêche ! Il sait pertinemment que chaque heure qui passe accroît le risque d'être repéré. En fait, il sait qu'il a été repéré dans la nuit.

Ah, aurait-il pu faire une grande boucle pour ne pas être repéré et arriver par l'est ? Ben… Non. Question de distances et du fait que, sur mer, i n'y a pas de montagnes ou de forêts pour se cacher derrière.
Ne sachant pas quand tomberait l'attaque US, il ne pouvait pas aller s'installer en embuscade. Donc la seule solution est bien de foncer et de frapper le plus vite et le plus tôt possible.
S'il avait tenté le coup de la grande boucle, il se serait fait repérer à un moment ou à un autre et attaquer en premier. Et si la boucle avait été plus grande… il serait arrivé trop tard pour attaquer les Américains avant la chute des îles, et n'aurait plus eu l'aide de l'aviation basée à terre.

Ah, et si les avions avaient tenté une boucle avant d'attaquer ? Désolé, mais il s'agit d'attaquer une flotte qui bouge, pas une cible terrestre immobile. Les avions attaquants essaient de trouver l'ennemi sans pouvoir raffiner, ils sont contents quand ils y parviennent, le plus tôt est le mieux, et si le soleil est mal placé à ce moment, tant pis !

Si à Midway, les Japonais n'ont préparé que trop tard leur attaque contre les porte-avions US, ce n'est pas parce qu'ils voulaient attendre que le soleil soit haut, c'est parce qu'ils ne les avaient pas repérés !

Trois autres points pour finir :
1) Seule la première vague subit les effets du soleil levant.
2) Ces effets, s'ils s'ajoutent au reste, sont quand même relativement mineurs.
3) Supposons que les positions aient été inversées, ça n'aurait pas changé grand-chose, la direction de la chasse US pouvant positionner ses avions de façon à venir quand même du soleil. Là c'était juste plus facile.
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raven 03



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MessagePosté le: Sam Aoû 19, 2017 20:07    Sujet du message: Répondre en citant

helice au grand pas au decollage et à l'appontage...

Etienne s'est-il encore planté sur la " position de la manette"...???
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Aoû 19, 2017 20:12    Sujet du message: Répondre en citant

Je le crains… Je croyais avoir éliminé ces "pas", mais je n'ai as été assez vigilant ! Embarassed

@ Raven : j'en profite pour dire que ta plume nous manque !!!
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Casus Frankie

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Etienne



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MessagePosté le: Sam Aoû 19, 2017 20:15    Sujet du message: Répondre en citant

raven 03 a écrit:
helice au grand pas au decollage et à l'appontage...

Etienne s'est-il encore planté sur la " position de la manette"...???


Oui! Embarassed Je savais bien que je l'avais écrit ailleurs, mais ne me souvenais plus où!

Faut dire aussi que sur mon avion école, il était marqué "sol" et "vol" et non pas "Grand pas" et "petit pas", donc je n'ai jamais su mémoriser.
Et pour ajouter à la confusion, sur le Viscount, à turbines, il y avait un petit pas sol et un petit pas vol! Rolling Eyes
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raven 03



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MessagePosté le: Sam Aoû 19, 2017 20:32    Sujet du message: Répondre en citant

Frank laisse moi d'abord rentrer
encore quelques semaines.... d'excommunication !!!

quant à ma plume....ahahahahah !!!! c'est plutot un gros pinceau !!!

bonne nuit !!!
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Dim Aoû 20, 2017 14:54    Sujet du message: Répondre en citant

Sur les ponts de la TF-50, l’enthousiasme cède vite la place à l’énervement, car il faut ravitailler au plus vite les chasseurs affamés, qui n’ont perdu que 16 des leurs. Pourtant, l’organisation est en général irréprochable : les avions appontés sont replacés à l’arrière du pont et sont ravitaillés en carburant le temps de remplir les casiers à munitions, ailes toujours dépliées, les pilotes restant aux commandes. Quand les chargeurs sont pleins, on stoppe l’approvisionnement en essence, pas besoin du plein complet en défense rapprochée, et les avions redécollent.
………
Pendant ce temps, le deuxième écran de chasseurs, positionné avec soin par la direction de la chasse, plonge sur la seconde vague, à 50 nautiques de la TF-50. Plus puissante mais relativement dispersée, cette vague, qui vient des Akagi, Shokaku et Hiryu, compte 68 B6N2, 96 D4Y et 45 A6M5. Sans se soucier des Zéro, les Hellcat plongent à toute allure sur les torpilleurs avant de remonter sur les “Judy”. Malgré les combats, les formations nipponnes progressent vers leur cible sous un ciel clair où commencent à monter les chasseurs ravitaillés qui ont repris l’air et sont dirigés au fur et à mesure vers les appareils japonais les plus menaçants.
Bientôt la confusion est totale – et le spectacle aussi : les fumées noires des avions abattus contrastent sur fond de ciel clair avec les traînées de condensation, au dessus d’un océan bleu strié de dizaines de sillages. Enfin, les attaquants arrivent à portée, mais c’est pour se retrouver soumis à une DCA d’une intensité qui dépasse même les souvenirs des quelques pilotes vétérans des batailles de 1942. Aucun des jeunes pilotes japonais ne flanche devant ce mur de feu, mais beaucoup y laissent la vie…
Un peu parce qu’en l’absence de cuirassé dans le Task-Group 50-6, sa barrière de DCA est moins solide, beaucoup parce que la confusion est telle que la muraille des chasseurs a laissé passer quelques avions, six torpilleurs Tenzan parviennent à lancer une attaque coordonnée sur le Hornet au prix d’une incroyable témérité qui coûte la vie à cinq des six équipages. Si le porte-avions parvient à éviter quatre des torpilles, deux, lancées à moins de 500 mètres, vont au but et endommagent sérieusement les machines et les systèmes électriques. La vitesse du Hornet tombe à moins de 10 nœuds, ce qui attire plusieurs Suisei. Une bombe crève le pont d’envol près de l’ascenseur avant. Deux “Judy”, touchés à mort, s’écrasent volontairement sur le navire, l’un contre le flanc gauche, près de la proue, l’autre sur l’avant de l’îlot, tuant sept hommes et répandant de l’essence en flammes sur le pont. Le Hornet faisait partie des bâtiments qui avaient lancé leurs bombardiers au début de l’attaque japonaise et seuls quelques appareils sont détruits à bord (les autres trouveront asile sur d’autres porte-avions), mais le navire est très mal en point. Le croiseur Phoenix le prend en remorque et tâche de l’éloigner de la zone des combats à 5 nœuds environ.
Aucun autre navire américain ne reçoit de torpilles. La tourelle A du cuirassé South Dakota est égratignée par une bombe et deux destroyers sont sérieusement secoués par deux near-miss, sans plus.
Mais les Suisei qui croient en avoir fini après avoir lâché leur bombe sont loin d’être quittes.
"L’enseigne Wilbur B. Webb, de la VF-2, s’est retrouvé isolé non loin de Kwajalein quand il aperçoit un groupe d’une quarantaine d’appareils s’éloignant de la zone des combats à basse altitude. Avant de les attaquer et d’abattre six “Judy”, il lance un appel : « To all American fighters near Kwajalein, I’ve got 40 Japs surrounded, need some help ! » (A tous les chasseurs américains près de Kwajalein, j’ai encerclé 40 Japs, j’ai besoin d’un peu d’aide !). Le message restera dans les annales de la Navy.
La mission du Lt-Cdr Alex Vraciu, qui vole désormais avec la VF-16, commence mal, comme il l’expliquera à un correspondant de guerre : « Après un moment, le skipper [Paul Buie], qui chevauchait un nouveau moteur, a commencé à se détacher progressivement jusqu’à ce qu’il soit hors de vue. On a vu son ailier, le Lt W. C. B. Birkholm, décrocher – la montée plein pot avait trop exigé de son moteur, son hélice a gelé et il a dû amerrir. Par chance, il a été récupéré par un destroyer quatorze heures plus tard. Mon moteur déposait régulièrement une pellicule d’huile sur mon pare-brise, ce qui m’a forcé à réduire les gaz. Ma division est restée avec moi et deux autres avions nous ont rejoints. Quand j’ai compris que mon moteur fatigué ne me donnerait pas plus de puissance, nous avons limité notre altitude à 6 000 m. Le contrôle a été averti de notre situation délicate. Pendant toute la montée, mon ailier, l’enseigne Homer W. Brockmeyer, n’a cessé de montrer du doigt mon aile sans vouloir rompre le silence radio. Pensant qu’il avait repéré l’ennemi, j’ai tenté à plusieurs reprises de lui confier le commandement, mais à chaque fois, il me faisait non de la tête. Ne comprenant pas ce qu’il voulait, j’ai fini par m’écarter pour me concentrer sur la tâche qui nous attendait. Par la suite, j’ai découvert que mes ailes repliables n’étaient pas complètement verrouillées – les barillets de sécurité rouges étaient bien visibles, ce qui expliquait les gestes affolés de Brockmeyer. » Ailes non verrouillées ou pas, Vraciu va descendre six “Judy”. Mal commencée, mais parfaitement réussie, sa mission aurait pu s’achever tragiquement : « J’ai ressenti une grande satisfaction à l’idée que j’avais apporté ma contribution personnelle au remboursement de la dette de Pearl Harbor. Toutefois, ce sentiment s’est vite évanoui quand quelques artilleurs ont essayé de me descendre alors que je rentrais au Lexington. Le fait que mon IFF était allumé, que mon approche se faisait dans la bonne direction et que j’avais satisfait aux consignes de sécurité avec deux 360 consécutifs n’a affecté en rien l’envie de ces maniaques de la détente de se payer un nouveau carton. J’ai voulu croire que les mots choisis que j’ai hurlés à la radio ont fait cesser ce cirque, mais je ne suis pas dupe ! » Vraciu finit par se poser sans autre problème. " (Aéro-Journal Hors série n°24)


Flotte Combinée – Des 209 avions japonais de la seconde vague, 114 ne rentrent pas, et certains survivants sont dans un état nerveux épouvantable. Les pilotes des bombardiers ont l’impression d’avoir traversé un double enfer, celui de la chasse et celui de la DCA, et les pilotes des chasseurs sont très choqués par la supériorité tant qualitative que numérique du Hellcat, qui démontre la pertinence de son nom.
Ceux qui ne comprennent pas ce qui se passe et sont encore confiants, ce sont les équipages des 20 B5N2 “Kate” du Junyo et de leur escorte, 10 A6M5. Séparés du reste des attaquants en raison de la vitesse trop faible du B5N, ils n’ont pas trouvé la cible et sont revenus se poser. Au milieu de cette manœuvre, la vitesse du porte-avions tombe brutalement à moins de 10 nœuds – à force de tourner à plein régime depuis le départ de Truk, le refroidissement de la turbo-pompe d’extraction du condenseur bâbord s’est révélé insuffisant (d’autant plus dans une eau dont la température est relativement élevée) et un palier de la pompe a grillé. La ligne d’arbre bâbord est indisponible le temps de la réparation, qui va pouvoir être effectuée par les mécaniciens du bord, mais il leur faudra une quinzaine d’heures. Les appareils qui n’ont pu apponter vont se poser sur d’autres porte-avions – il y a de la place…
Horrifié, l’amiral Ozawa transmet à Yamamoto qu’il ne lui reste que 193 avions disponibles sur 410 (123 survivants des deux vagues d’attaque, 55 chasseurs qu’il avait conservés pour protéger sa flotte et 15 des appareils lancés par le Junyo). Bien entendu, il ajoute que les pilotes affirment avoir coulé « un cuirassé, deux croiseurs et au moins deux porte-avions », tout en détruisant « plus d’une centaine d’avions américains », mais Ozawa, tout comme son chef, sait qu’il faut toujours revoir à la baisse ce genre de revendications…
A ce moment, Yamamoto est déjà à l’écart de ses porte-avions. Sur le Yamato, il se trouve au milieu de sa ligne de bataille : sept cuirassés, six croiseurs lourds, quatre croiseurs légers et dix-neuf destroyers. L’ensemble se dirige à 22 nœuds vers l’ennemi. Le résultat catastrophique de l’attaque de ses aviateurs ne fait que le conforter dans son idée qu’il lui faut absolument forcer un combat de surface, d’autant plus qu’il sait bien qu’il va à présent devoir subir l’attaque des avions américains.
Il pourrait ordonner à Ozawa de mettre le cap à l’ouest pour s’éloigner au plus vite des porte-avions ennemis, dont les avions ont moins d’allonge, mais alors ce serait sur sa flotte de ligne, "suprême espoir et suprême pensée", que les bombardiers américains pourraient se déchaîner ! Il demande donc à son subordonné de préparer un nouveau raid avec les forces qui lui restent. Et puis, qui sait si certains avions ne se sont pas posés à Kwajalein après le raid ?…

Task-Force 50, 10h10 – Hormis quelques appareils laissés en patrouille, tous les chasseurs (et les bombardiers qu’il avait fallu faire décoller) ont apponté. Ailes repliées, ils sont avancés sur le pont pour un ravitaillement plus complet et une vérification rapide des mécaniques afin d’être prêts à repartir pour l’attaque de la flotte japonaise, repérée par les avions de reconnaissance lancés par la TF-50 ou venus des Gilbert. Les pilotes se reposent un peu et se restaurent en discutant ardemment des vols du matin. En tout, les Américains n’ont perdu qu’une quarantaine de Hellcat, dont une dizaine sont endommagés mais réparables. Et finalement, seuls dix pilotes ne seront pas récupérés.
Avenger et Dauntless sont montés sur les ponts, leurs équipages piaffant d’impatience d’en découdre. Certains, qui ont décollé entre les deux attaques, sont revenus ravitailler en essence et embarquer leurs bombes et torpilles – voire refaire le plein de munitions pour leurs mitrailleuses. En effet, quelques pilotes ont joué les chasseurs contre les “Jill”, parfois avec succès !
12h00 – Enfin ! Spruance, dont les navires se sont efforcés de se rapprocher de la flotte ennemie (autant que le permettaient les opérations de lancement et de récupération de leurs avions) lance son attaque. Une partie des chasseurs forme un large écran de balayage devant les bombardiers et torpilleurs. Tous sont guidés vers les Japonais par deux PBY-5A venus des îles Gilbert et équipés de radars de détection air-surface qui leur permettent de rester à bonne distance des Japonais. Le nombre d’appareils lancés à l’assaut (en tout, 205 F6F, 132 SBD-5, 130 TBF torpilleurs et 31 TBF armés de bombes) fait que les Américains vont attaquer en quatre groupes irrégulièrement échelonnés. Entre frappe massive et rouleau compresseur, on ne peut pas toujours choisir ce qu’on veut !
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Casus Frankie

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Imberator



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MessagePosté le: Dim Aoû 20, 2017 16:48    Sujet du message: Répondre en citant

Vraiment on en plaindrait presque les Japonnais.

Faut dire que, jusqu'ici, ça a un petit côté "tir au pigeon des Mariannes" OTL.
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Point ne feras de machine à l'esprit de l'homme semblable !
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delta force



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MessagePosté le: Dim Aoû 20, 2017 16:53    Sujet du message: Répondre en citant

la suite la suite....
sinon 2 remarques
- le plan japonais est très simple voire simpliste (pour une fois.... ) : en avant toute....
- après le massacre de son aviation embarquée la réaction de Yamamoto est curieuse, il continue avec la flotte de surface : OTL à midway suite à la perte de 4 CV, il avait au final fait faire demi tour à ses navires de ligne (il faut dire que Spruance avait décidé aussi de se replier...) ....
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Dim Aoû 20, 2017 17:20    Sujet du message: Répondre en citant

delta force a écrit:
la suite la suite....
sinon 2 remarques
- le plan japonais est très simple voire simpliste (pour une fois.... ) : en avant toute....
- après le massacre de son aviation embarquée la réaction de Yamamoto est curieuse, il continue avec la flotte de surface : OTL à midway suite à la perte de 4 CV, il avait au final fait faire demi tour à ses navires de ligne (il faut dire que Spruance avait décidé aussi de se replier...) ....


A propos du plan simple… Nous avons cherché quel plan compliqué les Japonais pourraient mettre en œuvre dans cette situation, sans réussir à trouver : au contraire de Leyte, il y a peu de terres autour desquelles manœuvrer. En fait, il s'agit d'une variante de Leyte, comme on peut le voir en remontant quelques posts en arrière.

Le plan japonais (relativement simple pour le moment), est dès le départ de foncer avec la ligne de bataille pendant que les porte-avions engagent (et attirent) l'ennemi. Comme à Leyte ! Avec cette différence capitale que Yamamoto peut au départ espérer que ses porte-avions supporteront l'affrontement.
A l'heure qu'il est, Yamamoto espère encore avoir infligé des pertes sensibles à l'US Navy et continue selon le plan.
Par ailleurs, à Midway, c'est comme tu l'écris "au final" que les navires de ligne japonais ont fait demi-tour. Pendant de longues heures, Yamamoto a envisagé de lancer cuirassés et croiseurs à la poursuite des Américains.
Ici, ses porte-avions sont toujours à flot et rien ne justifie qu'il change son plan.
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Casus Frankie

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MessagePosté le: Dim Aoû 20, 2017 17:27    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Ici, ses porte-avions sont toujours à flot et rien ne justifie qu'il change son plan.

Et c'est très certainement la toute dernière chance pour les Nippons d'obtenir une victoire "décisive" susceptible de déboucher, comme ils l'espèrent de toutes leurs forces, sur une paix de compromis. Yamamoto le sait et joue donc le tout pour le tout.

Mais c'est sûr que, de loin et sachant se que nous savons de la situation, ça ressemble à une version navale de la "charge banzaï".
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Point ne feras de machine à l'esprit de l'homme semblable !
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