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Julius, pilote de guerre - par Etienne
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Wardog1



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MessagePosté le: Sam Nov 17, 2018 11:14    Sujet du message: Répondre en citant

Dans la FTL les meilleurs as français seraient donc Julius et Yvon lagadec, je me demande si clostermann sera dans le top 5!
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Ne soyez pas trop sévère avec vos enfants, car c'est un peu de votre faute s'ils son c**

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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Nov 17, 2018 11:17    Sujet du message: Répondre en citant

Je pense qu'il est difficile de mettre sur le même plan Julius d'une part, Lagadec, Laporte, Clostermann etc d'autre part.
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Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
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patzekiller



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MessagePosté le: Sam Nov 17, 2018 11:55    Sujet du message: Répondre en citant

de la même manière il ne faut pas confondre les personnages (imaginaires des coloriages) et ceux qui sont historiques ou issus de la biblio


par exemple un de mes as, le lt Lesueur, existe, je l'ai rencontré et ai longuement discuté avec lui

otl : eleve pilote en 40, rattrapé par l'armistice puis juin 44 ré engagement rapide (il habitait alors en normandie) pour terminer fin 44-45 à patrouiller au large de l'écosse sur spit IX, un appareil de seconde ligne à cette date

ftl : finit sa formation après le GD, affecté en escadrille en 43, termine la guerre avec une dizaine de victoires
on a ici une extrapolation de ce qu'aurait pu etre son destin ftl, il termine le conflit en vie, ce qui est déjà pas mal (et c'est pour ça que je parle de lui dans mes coloriages), mais sur le fond, rien à voir avec la vie trépidante et les victoires en série de Julius, Yvon et autres as de la 5e EC par ex
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loic
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MessagePosté le: Sam Nov 17, 2018 12:07    Sujet du message: Répondre en citant

patzekiller a écrit:
ftl : finit sa formation après le GD, affecté en escadrille en 43, termine la guerre avec une dizaine de victoires

Il pourrait même être en escadrille dès 1942.
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On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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patzekiller



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MessagePosté le: Sam Nov 17, 2018 12:27    Sujet du message: Répondre en citant

j'en parle qu'à partir de dragon, avant je ne l'avais pas interviewé, donc effectivement, il peut faire partie d'une escadrille dés 42, mais comme Julius, on peut supposer qu'il fait du convoyage par ex, ce qui permet de faire cadrer avec son arrivée dans la chrono par rapport à d'autres as "maison" qui sont présent dés les premiers chapitres de la chrono italienne
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requesens



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MessagePosté le: Dim Nov 18, 2018 19:47    Sujet du message: Répondre en citant

frere brun a écrit:
requesens a écrit:
solarien a écrit:


Le nombre de victoire de la 1er GM est à relativiser, nombre d'entre elles sont acquises sur des avions d'observations peu et mal armés. Cela n'enlève rien au courage des pilotes (il suffit de voir leurs avions), mais cela mets (un peu) à mal la légende.


J'ai trouvé trace de 81 appareils abattus par Fonck ( pas tous homologués mais ce n'est pas la question ):
http://albindenis.free.fr/Site_escadrille/Rene_Fonck.htm
39 sont des chasseurs ( Fokker D et E, Albatros D)
42 des biplaces de reconnaissance ( Rumpler et Halberstadt )
A peu prés du 50-50.
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“On va faire le trou normand. Le calva dissout les graisses, l'estomac se creuse, et y a plus qu'à continuer. »
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JPBWEB



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MessagePosté le: Lun Nov 19, 2018 02:51    Sujet du message: Répondre en citant

requesens a écrit:

J'ai trouvé trace de 81 appareils abattus par Fonck ( pas tous homologués mais ce n'est pas la question ):
http://albindenis.free.fr/Site_escadrille/Rene_Fonck.htm
39 sont des chasseurs ( Fokker D et E, Albatros D)
42 des biplaces de reconnaissance ( Rumpler et Halberstadt )
A peu prés du 50-50.


Les avions de reconnaissance n’étaient pas forcement tous des cibles impotentes à la merci du moindre chasseur en maraude. Etant donné le caractère vital de l’observation aérienne, il n’est que normal que les deux camps aient déployé des efforts conséquents pour protéger leurs avions de reconnaissance. Lents et patauds, certes, mais néanmoins armés et capables, dans une certaine mesure, de se défendre. En outre, ils étaient de plus en plus souvent escortés par une paire de chasseurs, voire servaient d’appât pour attirer dans un piège mortel des chasseurs ennemis émoustillés de voir un gras et lent avion de reconnaissance déambuler le long de la ligne de front.
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Archibald



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MessagePosté le: Lun Nov 19, 2018 13:39    Sujet du message: Répondre en citant

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bristol_F.2

Voilà un biplace qui a cassé la baraque (et aussi pas mal d'avions allemands)
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"Au fond, comme chef de l'État, deux choses lui avaient manqué : qu'il fût un chef ; qu'il y eût un État" (De Gaulle à propos d'Albert Lebrun, 1944).
...
"La Meuse, ça ne m'intéresse pas" Gamelin à Corap, mars 1940.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Lun Nov 19, 2018 13:43    Sujet du message: Répondre en citant

Je ne sais plus quel avion britannique était tellement lent et sous-motorisé qu'il n'arrivait plus à tourner.
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Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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requesens



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MessagePosté le: Lun Nov 19, 2018 13:56    Sujet du message: Répondre en citant

Archibald a écrit:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bristol_F.2

Voilà un biplace qui a cassé la baraque (et aussi pas mal d'avions allemands)


N'oublions le Breguet XIV, avión à tout faire de la fin du conflit. Armé de 3 mitrailleuses ( une tirant vers l'avant et deux servies par l'observateur ), un adversaire de taille pour n'importe quel chasseur allemand.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Lun Déc 24, 2018 17:43    Sujet du message: Répondre en citant

Un cadeau d'Etienne pour votre petit Noël !


7 avril, Cuers-Pierrefeu
– La nouba faite la veille pour fêter mon score de 53 victoires me faisant rejoindre Guynemer au palmarès de la Chasse, a laissé des traces un peu partout, et Max, bon prince, attend le midi pour annoncer à tout le monde notre prochain départ pour Orange. Les cris de joie et hourrahs habituels sont un peu diminués pas nos maux de tête, mais il y en a quand même, trop heureux de pouvoir aller se battre en suivant l’offensive en cours plutôt que de patrouiller sur des zones quasi-désertes. En ce qui nous concerne, Pop et moi, nous suivons le troupeau : même avec (déjà !) un bon résultat, il faut poursuivre les évaluations. Sauf que Max a un message pour Pop, qui doit aller à Solenzara échanger son D-558 pour un D-557 similaire au mien, ça simplifiera la tâche des mécanos pour l’entretien des moulins, et on pourra réellement voler de concert. Mais le pauvre va devoir se taper l’aller-retour vite fait.
Les missions autres que de surveillance habituelle sont annulées, il y a du boulot pour préparer tout le déménagement. Moi, je peux pioncer un peu, c’est tout juste si mon sac était défait !

10 avril, Cuers/Orange – L’échelon roulant vient de partir, et nous suivons tranquillement dans la journée, en étalant nos départs, pas de précipitation comme en 40. C’est dimanche, mais personne ne rouspète, enfin du nouveau. Cap au 330 pour 142 km, même en croisière, cela ne nous fait qu’une vingtaine de minutes de vol. Nous arrivons donc rapidement au-dessus d’un terrain… bondé de toutes parts ! Il est vrai qu’il est déjà occupé par la 5e EC, mais tout de même, il faudra bien parquer nos engins. En attendant notre tour pour atterrir, nous tournons autour, et je songe au mauvais tour que pourrait nous faire la Luftwaffe s’il leur venait l’idée de venir faire un tour par ici.
Nos évolutions me permettent de voir une autre piste, à environ 5 km, dont les aires me paraissent bien vides. Un doute me vient : Sommes-nous au bon endroit ? Nos ordres donnent pourtant bien Orange-Caritat, alors que celui que j’aperçois doit être Plan-de-Dieu. Max a tenu à partir en dernier de Cuers, ce qui fait qu’il se pose en même temps que moi. Il y a une certaine agitation au sol quand nous parquons nos zincs, une foultitude d’uniformes se mélangeant à nos pilotes en tenue de vol. Évidemment, nos Dewoitine attirent les regards, dont celui d’un galonné à cinq barrettes qui n’a pas l’air spécialement heureux de nous voir. Il s’approche de mon avion et m’interpelle pour me demander qui je suis alors que je pose un pied sur l’aile pour m’extraire de l’habitacle. Difficile de rectifier la position dans cette manœuvre !
– Commandant Houbois Jules, du GEO I/11. Mes respects, mon colonel.
– GEO ? Quès aco que ce truc, encore ? Et que venez-vous faire sur ce terrain ?
– Groupe d’Évaluation Opérationnel, mon colonel. Nous sommes en ce moment rattachés au GC II/4 afin d’évaluer les Dewoitine que voici en conditions de combat.
– Mais pourquoi ici ? Comme la 4e EC, d’ailleurs ! Nous n’avons pas assez de place pour vous caser !

A ce moment, Max intervient. Il est descendu plus discrètement de son Mustang noyé au milieu des autres, a échangé son serre-tête pour sa casquette, fouillé sa combinaison pour en extraire son ordre de mission et s’est approché de nous. Il salue le colon irritable.
– Mes respects, mon colonel. Lieutenant-colonel Vinçotte, commandant la 4e EC. Voici la directive nous enjoignant de venir ici. Le commandant Houbois a reçu la même.
Pendant que le colonel lit la missive de Max, je fouille mes poches, puis ouvre la trappe du coffre à bagages de mon D-557 afin d’en extirper le document de la poche latérale de mon sac. Je le tends au colonel, qui s’en empare, me regarde en fronçant les sourcils, puis il nous demande de le suivre en grommelant. « Faut tirer ça au clair… »
Je récupère également ma casquette, et emboîte le pas à Max pour suivre le colon vers un grand bâtiment, un quart en ruines, un quart sous échafaudages et la moitié en bon état, il y a même des vitres aux fenêtres. C’est là que nous pénétrons, pour arriver dans un bureau donnant sur façade, propre et bien rangé. Le colonel décroche le téléphone sans s’asseoir ni nous y inviter. Air important et mine préoccupée quand il demande au standard une liaison avec l’État-major à Marignane, et l’attend en tapotant sur son bureau.
– Allo ? De Giscours à l’appareil. Dites-moi, qu’est ce que c’est que cette histoire de 4e EC sur mon terrain ? J’ai déjà à peine assez de place pour loger la 5e, comment voulez-vous que je fasse ?

– Ah bon ? Plan-de-Dieu ? Ils ont achevé les travaux ?

– Mais c’est incroyable, ça ! Je suis sensé être le responsable des deux terrains, et je n’ai même pas été prévenu pour faire une inspection !

– Oui, bon, je sais bien que nous sommes en guerre, mais il y a un minimum tout de même !

– Mais alors, pourquoi me les a-t-on envoyés sur Caritat ?

– Mouais… D’accord. Donc, pour résumer, ils vont à Plan-de-Dieu, mais je suppose que c’est moi qui vais devoir fournir l’intendance ?

– Ah, s’il y a une deuxième équipe, ça va alors. Mais nom d’un chien, vous auriez pu me prévenir !

– C’est ça, au revoir !

Ça n’a pas l’air de l’avoir calmé, son coup de fil. Il nous regarde d’un air furibard, celui d’un homme perturbé dans son bien-être quotidien.
– Messieurs ! Vous l’aurez certainement compris, c’est en fait à Plan-de-Dieu, à 5km d’ici au nord-est, que vous devez vous installer. Pourquoi vous ont-ils fait tous venir ici, je n’en sais foutre rien, mais vous allez pouvoir me débarrasser le plancher vite fait pour vous installer là-bas.
– Mon colonel, si ça ne vous fait rien, j’aimerais aller visiter le terrain à pied auparavant afin de voir dans quel état il se trouve, histoire de ne pas risquer mes avions inconsidérment.
– Au contraire Vinçotte, je viens avec vous, pour voir ce qu’ils ont bien pu achever comme travaux. Ce terrain est aussi sous mon commandement, il faut bien que je sache à quoi il ressemble à présent, sacrebleu ! Nous prendrons ma voiture.

Nous sortons tous trois, il appelle son chauffeur ou plutôt aboie après lui. Un Dodge command-car arrive, où nous montons. Un regard du colon me fait penser que j’aurais peut-être dû rester sur place, mais tant pis. S’il ne voulait pas moi, suffisait de le dire. Les deux terrains sont reliés par une route, ou plutôt un chemin en terre, tracé de façon rectiligne par les Boches, sans se préoccuper des champs ou pâtures qu’il traverse ! De ce fait, nous sommes rapidement à destination, en arrivant par la pointe sud de la piste orientée 16/34, bétonnée de 2 000m sur 30, construite par les Allemands, et réparée récemment. Un chemin de roulage, également bétonné, nous amène vers l’est de la piste sur une large surface de parking et à un vieil hangar métallique auquel sont accolés deux plus petits mais neufs. Une petite tour de contrôle, probablement construite par l’occupant, surmontée d’un toit de tôles neuf complète le paysage, avec deux baraquements en tôle faisant office de futur PC ou bureaux. Derrière, on découvre d’autres baraquements, certainement nos futurs quartiers. Quelques gardes et ouvriers achevant leur coup de peinture : Les seuls pékins sur place, mais pas pour longtemps. D’ailleurs, des camions s’amènent par l’entrée principale sud, celle que nous avons empruntée à la fin du chemin de terre. C’est la logistique, le ravitaillement et autres popotes. Déjà ça, on aura de quoi becqueter ce soir !
Retour à Caritat. Alors que nous nous apprêtons à rejoindre nos troupes, de Giscours m’interpelle.
– Houbois, au fait. Ce n’est pas parce que vous serez à 5 km que je n’aurais pas l’œil sur vous. Vous vous abstiendrez donc de faire le zazou comme à votre habitude.
– Mais…
[J’ouvre de grands yeux ronds, tout comme Max, d’ailleurs]
– Il suffit. Je vous connais de réputation, à toujours faire l’imbécile en acrobatie au-dessus des villes comme récemment à Marseille ! Vous êtes dans l’armée, ici, pas dans un cirque !
J’entrouvre la bouche pour répondre que Marseille était à la demande du Président du Conseil, mais un regard impérieux de Max m’enjoint d’en rester là : Pas la peine de l’énerver outre mesure. Je murmure donc un « A vos ordres, mon colonel » avant qu’il ne tourne le dos pour rentrer dans son bureau. J’en reste ébahi, comme deux ronds de flanc, avant qu’un rire n’éclate dans mon dos. Je me retourne pour me trouver face à un mélange d’uniformes bleus et de tenues de vol qui se sont approchés du bâtiment principal en nous voyant revenir. Nombreux sourires, mais le rire vient d’une casquette à quatre barres. Nous nous approchons du groupe.
– Eh bien, vous n’avez pas loupé votre entrée, on dirait. Je me présente : Commandant Hugues du Mouzy, EMGA et ancien patron du GC II/5 Lafayette, dont voici le nouveau : Capitaine Jean-Pierre Leparc. Mes respects, mon colonel. Max Vinçotte, je suppose ?
– Exact, du Mouzy. Vous êtes venu voir exprès voir notre arrivée ?
– Pas tout à fait, mais je dois avouer que je me demandais comment le Vieux allait prendre la chose…
– Il est toujours comme ça ?
– Quand il est énervé, il n’est pas du genre à prendre des pincettes, mais là, il a fait très fort. En temps normal, il est juste grognon et ‘‘règlementaire’’
– Je vois. Un ancien de 14 remisé en commandant de base. On voit que nous sommes revenus au pays, on réintègre les casernes et leur esprit !
– C’est un peu ça, mon colonel. Ça sent la fin de la guerre.
– On n’y est pas encore !
– Non, le fridolin s’accroche !
– Bien, pour notre part, on va décoller nos zincs en ordre inverse d’arrivée et faire le saut de puce jusque Plan-de-Dieu.
– Votre mess n’est pas encore installé là-bas ?
– Je crains que non, on a vu juste arriver les camions apportant le matos
– Alors une fois posé vos affaires, revenez donc par ici, on fêtera l’accès de Jules au rang de Guynemer dans le nôtre !

Ah ! Voilà un accueil comme je les aime, ça change. Je me demande bien ce qui a pu monter à la tête de ce colonel de Giscours… Tête qui d’ailleurs me rappelle quelque chose, mais quoi ?

13 avril, Orange Plan-de-Dieu – On n’en finit pas de s’installer. Les infrastructures laissées par les Boches sont plutôt en mauvais état, voire sabotées, et il a fallu dès le premier jour faire appel au Génie pour remettre au propre. Par habitude, Max a fait disperser les avions aux quatre coins du terrain, en faisant fabriquer des alvéoles avec des levées de terre et sacs de sable, sous filets de camouflage. Ce qui lui a valu une remarque de Valère, le colon de base (j’ai appris son prénom !), qui fait aligner les avions de la 5e EC comme à la parade. Max ne s’est pas laissé faire et l’a envoyé bouler : Si de Giscours est responsable de la base, lui l’est de ses avions, et il fera comme il l’entend, et comme l’énonce le manuel à l’usage des chefs d’escadre ! Je me dis que ça ne va pas améliorer nos rapports, tout ça…
J’ai raison. Il doit chercher à passer sa colère de s’être fait rembarrer par Max, car il s’adresse à moi (je partage le bureau avec Max et les trois chefs d’escadrille de la 4e)
– Au fait, Houbois, j’ai vu que votre collègue et vous n’étiez pas inscrits sur les listes des Couvertures A Priori. Vous ne vous sentez pas concernés ?
– Non, mon colonel.
– Et pour quelle raison, je vous prie ? Tout pilote sur base doit participer à sa défense !
– Pour deux raisons, mon colonel. La première, et la plus importante, est que nous sommes ici pour évaluer de nouveaux avions en mission de combat, pas pour faire des ronds autour du terrain en usant nos machines. Maintenant, si nous étions en situation critique avec des attaques quotidiennes des Boches, nul doute que nous participerions. Ce qui m’amène directement à la deuxième raison : vu notre éloignement du front et l’absence quasi-totale de présence de la Luftwaffe, pour quelle raison maintenez-vous une CAP ? Même une patrouille d’alerte à 10 secondes n’est plus utile, avec les radars dont nous disposons si d’aventure les Boches mettaient sur pied une grosse attaque, auquel cas une patrouille cinq minutes est suffisante.
– Commandant Houbois, ce n’est pas à vous de déterminer quelle doit être la sécurité du terrain dont je porte la responsabilité !
– Alors, si vous pensez vraiment que nous sommes sous la menace d’une attaque aérienne, commencez par faire comme le dit le lieutenant-colonel Vinçotte : dispersez vos avions plutôt que de les regrouper !

Je crois bien qu’il allait éclater de colère ! Mais devant Max et les autres, il n’a pas osé, d’autant plus qu’il savait très bien que nous avions tous raison…
Enfin, ce soir, on peut rendre la pareille aux gars de la 5e qui nous ont invités : Notre mess est prêt, décoré à neuf et soigneusement achalandé, je me demande même comment ont fait les gars pour se ravitailler ainsi. Paraît que c’est pour le prestige de l’unité. Un bon moyen pour justifier le système D et le troc, surtout !
Dans la soirée, le capitaine Leparc vient me voir. Nous avons une connaissance commune : son ami Yvon Lagadec, rencontré pour ma part lors de mon appontage obligé sur le Jean-Bart. Il me raconte un peu leur histoire, sans oublier la dernière du trio, Marianne Sullivan, à présent dans la chasse. Mais quand il parle du parcours surprenant de celle-ci et me la décrit, un doute me vient. Quand j’étais dans le transport en 41, j’ai un vague souvenir d’une jolie rouquine au tempérament bien trempé, qui pilotait les Bloch quadrimoteurs, et qu’il ne fallait surtout pas chahuter. Jean-Pierre rigole, c’est tout le portrait de son amie, dit-il.
Après évocation de ces souvenirs, la discussion tourne sur le Vieux, dont je ne comprends pas bien le comportement envers ma pomme, quasi de l’acharnement.
– Je ne comprends pas trop bien non plus, car il n’est pas habituellement méchant. Pète-sec, à cheval sur le règlement, un peu façon caserne, mais ça passe…
– Caserne ? Mais… ça me fait penser… Nom de Zeus, c’est là que je l’ai vu !
– Dans une caserne ?
– Non, sur une photo de groupe d’une promotion, dans une caserne d’infanterie. J’en suis sûr à présent ! C’était sur le mur du bureau de des Stains, le commandant qui me cassait les burnes quand je faisais du convoyage. Il doit être un camarade de l’autre.
– Et alors ?
– S’ils continuent de correspondre entre eux, il doit savoir que je suis la cause du saharage de des Stains… D’où son attitude.
– Eh bin mon vieux, si c’est ça, tu n’as pas fini ! Il va vouloir te confier les missions les plus pourries.
– Oh, ça ne risque rien de ce côté, je suis libre de mes manœuvres, pour pouvoir faire mes évaluations.
– C’est déjà ça, mais fais gaffe, il ne va pas te louper au moindre travers.


18 avril, Orange Plan-de-Dieu – Encore quelque chose qui nous rappelle que nous revenons de plus en plus dans une normalité sur le territoire métropolitain : Les cérémonies. Nous avons droit ce matin à une prise d’armes pour l’arrivée de l’escadre à Orange, présidée par le général de division aérienne Jean-Baptiste Laurens, accompagné de quelques huiles d’EMGA, dont… Mathis ! Pendant la litanie des citations et remises de médailles inévitables dans ce cas, je me demande si je vais lui toucher un mot au sujet de Giscours, mais à la réflexion, je me dis qu’il vaut mieux m’abstenir, après tout le basier ne m’a pas fait grand-chose jusqu’ici, je ne vais pas jouer les pleureuses ou les divas blessées dans leur orgueil.
Mes pensées sont interrompues à l’appel de mon nom. Léger coup de coude de Pop, car je ne réagis pas immédiatement, ne pensant pas une seconde en récupérer une de plus. Je m’avance devant le général, salut réglementaire. Alors qu’il débite le texte de la citation, parlant des six victoires du 6 avril et de Guynemer, j’aperçois – sans regarder – le visage de Giscours qui tourne au cramoisi. Il n’a pas l’air de l’avaler, celle-ci. Contraste avec les autres personnes, plutôt souriants, j’entrevois même un large sourire de Mathis quand Laurens m’épingle la palme à la barrette.
Nous rompons les rangs peu après. Petit buffet dressé dans un hangar. Je me fais alpaguer par des pontes désireux d’en savoir plus sur le Dewoitine, voire sur le Bloch ! Il semblerait que la tendance revienne aux avions nationaux plutôt qu’Américains, le ministre a dû passer par là, et l’urgence est moins de mise. D’autres questions fusent sur les avions à réaction, le secret du 262 est à présent éventé, il paraît même que les Boches l’ont enfin appris et sont furieux. Je reste cependant évasif là-dessus, n’insistant que sur le caractère peu fiable de l’engin que je n’ai pas pu vraiment essayer à fond.
D’un autre côté, j’ai entrevu Mathis se dirigeant vers de Giscours et s’entretenant avec lui. Le colon a l’air de faire grise mine, et quitte le hangar à la fin de la conversation, Pierre venant nous rejoindre pour discuter technique, un classique entre aviateurs de tous poils. Quand tout le monde s’apprête à partir, il me prend à part :
– J’ai vu de Giscours tout à l’heure, il ne devrait plus t’embêter, je pense.
– Mais Pierre, hormis un accueil plutôt froid, il ne m’a rien fait… ?
– Ah bon ? On a reçu un rapport incendiaire sur toi de sa part ! C’est tout juste s’il ne demandait pas ta dégradation pour désobéissance.
– ???
– Tu aurais refusé de participer aux CAP ?
– Ah oui, en effet. Il a fallu que je lui sorte mon ordre de mission disant que j’avais toute latitude pour nos vols.
– C’est ce que je viens de lui confirmer, en ajoutant que maintenir une CAP au–dessus d’Orange est peut-être un peu exagéré en ce moment. Il a vilainement tourné son nez !
– Mais pourquoi m’en veut-il ainsi ?
– C’est un camarade de promotion de Des Stains, avec qui il a gardé amitié.
– C’est bien ce que je pensais…
– Ne t’en inquiète plus. Je lui ai dit que s’il devait y avoir une mutation à choisir entre vous deux, ce serait lui qui partirait rejoindre son ami dans le sud saharien.
– Pas sûr que ça le calme…
– Il ne faut pas t’attendre à un tapis rouge de sa part, c’est sûr, mais je doute qu’il lève le petit doigt. N’en profite pas pour autant…
– Je vais l’éviter soigneusement, et comme il fera de même puisque nous ne sommes pas sur le même terrain, ça devrait aller.
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Anaxagore



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MessagePosté le: Lun Déc 24, 2018 18:03    Sujet du message: Répondre en citant

Merci Etienne et bon noël.
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Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
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Imberator



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MessagePosté le: Lun Déc 24, 2018 18:16    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
S’il ne voulait pas de moi, suffisait de le dire.


Citation:
Vous êtes venu voir exprès voir notre arrivée ?

_________________
Point ne feras de machine à l'esprit de l'homme semblable !
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requesens



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MessagePosté le: Lun Déc 24, 2018 18:23    Sujet du message: Répondre en citant

Un colon irritable ?... Applause
Il faut soulager la pression que subit ce colonel, ne le montrons pas du doigt, en grattant un peu ce ne doit pas être un mauvais bougre, ferme sur la discipline mais il est probable qu'en allant au fond du problème un peu de lumiêre se fasse dans son esprit et qu íl finisse pas prendre les choses par le bon bout.
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houps



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MessagePosté le: Lun Déc 24, 2018 19:07    Sujet du message: Répondre en citant

"J’en reste ébahi, comme deux ronds de flan, avant qu’un rire n’éclate dans mon dos. "

Ben, c'est pas du gâteau.

En l'occurrence, de la bûche.

Joyeux Noël, Etienne ! Santa
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Timeo danaos et dona ferentes
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