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Septembre 43 - Dragon
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Lun Déc 26, 2016 10:21    Sujet du message: Répondre en citant

Opération Tiamat
Provence, 01h00
– Même les parachutistes et les planeurs sont pour la plupart arrivés à bon port, la nuit a entraîné une dispersion qui désorganise quelque peu les aérotransportés alliés, mais jette le chaos chez les Allemands, d’autant que la Résistance a fait son œuvre en sabotant systématiquement le réseau téléphonique.
Ainsi, dans le secteur Alabama (Arles) plusieurs sticks tombent à l’ouest du Rhône et au sud de Beaucaire, mais ils vont mener là une guerre d’embuscade qui accroîtra encore la confusion dans l’encadrement allemand, certains rapports signalant des parachutages jusque vers Nîmes ou Lunel. A l’est du fleuve, les hommes du 504e PIR se regroupent peu à peu et les premières équipes commencent à atteindre les berges du Rhône au sud d’Arles et les faubourgs de la ville, non sans accrocher quelques patrouilles.
Un peu plus à l’est, quelques planeurs égarés du 325e GIR, chargés du secteur Maryland, atterrissent jusque vers Saint-Martin de Crau, à la limite de la zone du 504e PIR. Le village est pris dans la foulée, profitant de la surprise de la faible garnison qui l’occupe. D’autres égarés se posent au sud d’Eyguières, où les hommes finiront par tomber sur des paras du 507e, tombés eux aussi loin de leur zone. Une jeep de reconnaissance arrivera même en vue de Salon de Provence. Le 325e GIR subit malheureusement des pertes sensibles, certains planeurs étant accidentés à l’atterrissage et quelques-uns se posant dans des zones minées.
Le 507e PIR (secteur Tennessee) est lui aussi quelque peu dispersé. Certains paras tombent à l’est de Mallemort et d’autres directement sur le massif dominant Sénas, à quelques centaines de mètres de Notre-Dame de Beauregard, l’abbaye qui fait face au Lubéron et domine toute la vallée. Ils seront ainsi, sans le vouloir, idéalement placés pour prendre la position que les Allemands ont installée là.
Le fléau de la dispersion frappe aussi les équipes de la 1ère Division Parachutiste. Ainsi, le 1er RCP voit des équipes de “Bordeaux” atterrir jusque vers Saint Chamas ou tomber dans l’étang de Berre – la perte du matériel est alors la moindre des conséquences. Berre l’Etang est atteint rapidement, bien que les personnels de la Kriegsmarine défendent furieusement le périmètre de l’hydrobase. Mieux entraînés à ce genre de lutte, les Français finissent par prendre l’avantage, tout comme dans les combats qui s’engagent pour le contrôle de Rognac. Les hommes du III/934. IR de la 244. ID, stationnés dans ce secteur, ne savent plus où donner de la tête : à l’effet de surprise s’ajoutent l’impossibilité de contacter le commandement, les bruits de combat au sud de Marignane et des rumeurs de soulèvement à Marseille.
La mission “Vendredi” (Venelles) connait elle aussi les affres de la dispersion puisque certaines équipes tombent aussi loin que Eguilles et Saint Cannat. Cette dispersion favorise toutefois la mission puisqu’au prix de divers accrochages, les routes au nord d’Aix en Provence sont coupées : la sous-préfecture des Bouches-du-Rhône n’est plus accessible que par le sud ou, à l’est, par la route de Vauvenargues qui remonte vers les Basses-Alpes.
Le parachutage de “Girelle” s’est déroulé de manière satisfaisante près de Gardanne, bien que quelques équipes aient dérivé jusque vers Gréasque et dans le massif de l’Etoile, au-delà du Pilon du Roi. Ces dernières sont temporairement hors-jeu, mais disposent d’une vue splendide sur la cité phocéenne ; plus tard, elles seront les premières à y pénétrer en descendant par Plan de Cuques et la Valentine. En attendant, le gros du 3e RCP engage vigoureusement le I/932. IR de la 244. ID pour la possession de Bouc Bel-Air et Simiane.
………
Du côté des commandos de la 1ère SSF, on bat le fer tant qu’il est chaud.
Les Canadiens de la mission Pumpkin tombent sur du vide : les 380 sur rails sont absents (l’information de leur évacuation dans la Drome n’est pas remontée jusqu’aux états-majors alliés). A défaut, ils se rabattent un peu plus loin sur la batterie de 152 mm, qu’ils neutralisent avant de s’installer dans les fortifications allemandes. De là, ils contrôlent le carrefour des routes entre Vitrolles, Les Pennes-Mirabeau et Martigues.
Dans le secteur de Fos, les Américains tiennent fermement le pont qui ne s’appelle pas encore Arrowhead bridge. Ils ont repoussé une première contre-attaque allemande, menée il est vrai par moins d’une compagnie et venue de Fos.
– Enfin, suite de la mission Flapper : le gros du 3e Rgt de la 1ère SSF débarque discrètement sur l’île du Frioul.
………
Les Français ont également lancé plusieurs raids de commandos.
Dans le secteur de Cassis, le 1er Groupement de Choc (général Gambiez (6)) doit bloquer tout renfort venant de Marseille et fixer les défenses de la petite ville (mission Bouchon). Gambiez a envoyé trois compagnies se poser en planeur sur le plateau de Carpiagne pour bloquer la Gineste et la descente vers Cassis, tandis que le reste du régiment, dans une attaque que les Américains, qui étaient aux premières loges, qualifient encore d’incredible, débarquent dans les calanques de l’Essaidon, de l’Oule, d’En Vau et de Port Pin. Les deux bataillons neutralisent les défenseurs des plages et marchent sur Cassis pour faire la jonction avec les aéroportés.
L’opération Montaigne, menée par le 3e Choc (colonel Malraux), vise l’île des Embiez et le cap Sicié, pour en neutraliser les défenses et fixer le bataillon du 918. IR de la 242. ID stationné plus au nord. Ce groupement ne compte que deux bataillons, mais il a l’expérience de l’opération Aiglon – la reprise de l’île d’Elbe, avec les Italiens cobelligérants.
Enfin, l’opération Violette a été confiée aux deux bataillons du 113e RI disponibles (le troisième a été envoyé avec les Belges à Saint-Maximin). Il s’agit de neutraliser les défenses et surtout l’artillerie lourde positionnée dans les secteurs du Cap Bénat, du Lavandou et de Bormes-les-Mimosas.

La bataille de Saint-Maximin
01h30
Le bruit fait par tous ces mouvements a réveillé les habitants. Ces derniers, pensant qu’il s’agit de troupes allemandes, ne réagissent pas tout de suite, mais ils finissent par se rendre compte, malgré le couvre-feu, que les uniformes ne sont pas vert-de-gris, que les soldats parlent (souvent) français et qu’ils se comportent comme une troupe au combat et non comme les miliciens de la Collaboration. Le premier à comprendre est le curé, l’abbé Robert de Biennassis – il a vu, de son presbytère, deux soldats entrer dans son église ; enfilant à la hâte sa soutane, il se précipite et découvre les deux hommes qui semblent fouiller les lieux.
– Excusez-moi soldats, que cherchez-vous ? Il n’y a rien à voler, ici !
– Pardon Monsieur le curé, nous cherchons l’escalier qui mène au clocher !
– Au clocher ? Heu, derrière cette porte… Mais… D’où venez-vous ?
– Là ? Eh bien, d’Italie. C’est fermé à clef, pourriez-vous ouvrir, s’il vous plaît ! Nous avons vraiment besoin de monter !
– Attendez, ne cassez rien… Voici la clef… Mais vous n’avez pas l’accent italien, vous… Sainte Mère de Dieu ! Vous êtes Belges !
– Exactement, Monsieur le curé. Et nos collègues français sont un peu plus loin, à la gendarmerie. Je crois que les Allemands ont fini de vous embêter, par ici.
– Dans mes bras, mon fils !

L’abbé se précipite à la mairie, tout en semant à grands cris la bonne nouvelle. Charlier le voit arriver avec satisfaction : « Il risque d’y avoir des bombardements allemands, Monsieur le curé, il est préférable que les habitants de Saint-Maximin restent chez eux. Ah, et puis nous cherchons l’ancien bourgmestre… euh, l’ancien maire. Où est-il ? »
– Les gens de Doriot sont venus le chercher il y a quelques mois et l’ont envoyé Dieu seul sait où ! Ils ont dit que c’était un terroriste !
– Et c’était vrai ?
– Il… Je crois qu’il ravitaillait des Résistants. Que le Ciel le protège, à présent !
– Et son premier adjoint ?
– Il a pu se cacher, Dieu merci !
– Ah. Et… sauriez-vous où, par hasard ?
– Je cours le chercher, mon colonel !
– Merci, Monsieur le curé !


Provence, 02h00 – Les combats de rue continuent dans Arles entre les hommes du 338. Pionier Abt et les paras de la 82e Airborne (Alabama). Hors de la ville, la guerre d’embuscade se poursuit, mais l’avantage reste aux Américains car le commandant de la zone se refuse à envoyer des patrouilles traquer les paras – il ne peut pas se permettre d’amoindrir la défense de la ville, qui est un point de passage clef.
Dans le secteur Maryland, les hommes du 325. GIR commencent à être solidement implantés, au fur et à mesure des ralliements, sur les différents carrefours à contrôler. La garnison de Salon a tenté d’envoyer des patrouilles, mais elles sont régulièrement tombées dans des embuscades. Son chef se sait encerclé sur trois côtés, et seules les patrouilles envoyées vers Aix n’ont pas encore signalé d’ennemis. De plus, une équipe mortier américaine venue de Grans a réussi à incendier plusieurs appareils sur la piste de l’ex-école de l’air.
Plus au nord, le dispositif Tennessee commence à être bien établi le long de la Durance. Le contact est rétabli avec les égarés dont certains ont réussi à s’emparer de l’observatoire de Notre-Dame de Beauregard, qui domine les routes vers Cavaillon.
Dans le secteur Bordeaux, en dépit de la nuit et de la désorganisation du régiment, le périmètre du 1er RCP s’étend. Les combats et escarmouches ont maintenant dépassé Rognac et se déplacent vers Vitrolles. Dans ce compartiment resserré de terrain, l’affrontement ressemble maintenant à un duel de fleurettistes ; de chaque côté, des patrouilles multiplient les embuscades pour situer l’ennemi ou pour l’encercler – les Allemands tentent ainsi de tourner les Français par le massif de l’Arbois.
Le secteur Vendredi, entre Aix et Venelles, est relativement tranquille, en dehors des coups de sonde que le 2e Btn du 934. IR lance pour reconnaître le dispositif du 2e RCP. Cette relative tranquillité permet aux chasseurs parachutistes de mettre en place leur dispositif antichar vers le nord, le long de la Durance ; ils atteignent ainsi Meyrargues et Le Puy Sainte-Réparade. Des contacts avec le chef de la Résistance locale, Maurice Plantier, sont établis ; Plantier propose de fournir des guides pour repérer et tourner le dispositif ennemi. Côté allemand, le chef du 934. IR, bien que coupé de ses supérieurs, interprète les rapports qu’il reçoit comme une opération aéroportée majeure, ce qui ne peut signifier qu’une chose : un débarquement est plus que probable. Il prend donc la décision, au lieu de poursuivre des parachutistes qui finiront de toutes façons par manquer de munitions, de regrouper ses effectifs sur Aix et de se préparer à faire mouvement vers le sud.
Le commandant du 3e RCP a installé son PC dans une école de Gardanne où, malgré la nuit il a été rejoint par des membres de la Résistance qui couvre le pays marseillais. Les instructions étant de progresser vers l’est, les pointes du dispositif Girelle commencent à se heurter au 1er Bataillon du 932. IR dans les secteurs de Simiane et de Bouc Bel-Air.
A Saint-Maximin, le secteur Cathédrale est à présent solidement tenu par les Belges et les hommes du 113e.
………
Vers Fos, tout est calme, d’un calme précédant la tempête, dans le secteur Preacher. Les Allemands doivent être en train de se regrouper, ce qui n’augure rien de bon. Les Canadiens de Pumpkin, au sud de Marignane, repoussent les reconnaissances du 2e Btn du 934. IR. La partie facile du travail est terminée, se disent-ils, la suite risque d’être plus compliquée.
La mission Buccaneer, rejointe par de nouveaux éléments du 2e Rgt SSF, fait mouvement vers la Couronne et l’anse du Verdon vers l’est et vers Château-Ponteau au nord.
En mer, les combats gagnent en intensité sur l’île du Frioul. Le 3e Rgt SSF (Flapper) doit réduire une à une les nombreuses petites casemates allemandes.
………
Les choses évoluent rapidement pour l’opération Bouchon : le radar installé sur La Gineste a été neutralisé et une compagnie a aussitôt été envoyée pour tenir le col en limite des quartiers sud de Marseille. Les compagnies débarquées dans les calanques de l’Oule et de l’Essaidon progressent sur les sentiers pierreux vers le plateau pour faire la liaison avec les aéroportés, accrochant au passage une patrouille et neutralisant quelques positions faiblement défendues. Le reste du 1er Choc termine le nettoyage autour d’En-Vau ; il atteint les carrières d’où sont extraites les fameuses pierres de Cassis et Port-Miou.
De son côté, le 3e Choc a rempli sa mission en neutralisant l’artillerie du cap Sicié et s’est installé en hérisson, attendant la réaction allemande.
Enfin, à l’extrémité du dispositif français, après de furieux combats, le 113e Rgt a neutralisé les trois pièces de 120 du Marine Artillerie Abteilung 682 et la batterie de 100 mm de Bormes les Mimosas. Une compagnie va jouer les gardes-flancs en occupant les croisements des routes venant de l’est, dont la D98, tandis qu’une autre va devoir étendre son périmètre.

La bataille de Saint-Maximin
02h00
L’ancien adjoint au maire est tout à fait désireux de reprendre du service pour sa commune.
– Monsieur, lui dit Charlier, nous sommes ici en zone de guerre. Je sais très bien que vous attendez ce moment depuis 1940, mais il faut raison garder. Je demande à la population de rester chez elle, pour sa sécurité et celle de mes hommes.
– Je comprends. Je ferai passer le mot.
– Ensuite, je ne tolèrerai aucune basse vengeance ; votre justice sera bientôt là pour décider des peines à appliquer aux Collaborateurs. Toute personne participant à un lynchage ou à toute forme d’exécution sommaire sera arrêtée et mise à la disposition de la Justice française. Je suis convaincu qu’il y a des rancœurs parfaitement justifiées, mais il n’est pas question de se laisser aller à des débordements.
– Je ferai passer le message également. A présent, puis-je vous dire quelque chose ?
– Je vous écoute.
– Merci ! mon colonel. Merci à vos troupes, à toute l’armée belge, à toute la Belgique !

Et l’adjoint au maire embrasse sur les deux joues un Charlier ébahi, dont les subordonnés s’efforcent (sans y parvenir) de ne pas sourire.


Provence, 03h00 – Les combats de rue se poursuivent dans Arles, où les Américains progressent. Les pionniers et les jeunes recrues de la 338. ID ne tiennent plus que quelques pâtés de maisons autour de la zone des embarcadères. Des paras d’Alabama égarés sur l’autre rive se sont même débrouillés pour traverser le fleuve en canot et rallier leur unité avec un opportunisme tout américain. Un peu au nord, une équipe tombe sur une batterie de 105 du 1er bataillon de l’Artillerie-Rgt 338 et lui fait un sort. Plus important, le QG divisionnaire de la 338. ID, au château de Barbegal, est attaqué.
Dans le secteur Maryland, les accrochages ont lieu maintenant à l’entrée nord de Miramas et à l’entrée ouest de Salon. Une reconnaissance sur Jeep atteint même la Nationale 7. Le long de la Durance, le colonel Millet, du 507e PIR (Tennessee), pense qu’il a réuni suffisamment de monde pour lancer une opération pour se saisir du resserrement d’Orgon. Les défenseurs sont cependant parfaitement réveillés et arrivent à tenir tête aux Américains : visiblement, il ne faut plus compter sur l’effet de surprise, il va falloir manœuvrer.
………
Près de la côte, les hommes de la 1ère SSF ne chôment pas. En effet, Arrowhead Bridge est attaqué sur deux axes par le 2e Btn de la 338. ID, du nord et de l’ouest le long du canal. Il faudra plus d’une demi-heure d’âpres combats pour que les Allemands renoncent en abandonnant malgré tout presqu’une centaine des leurs sur le terrain.
Les Canadiens (Pumpkin) ne sont pas plus à la fête : ils sont attaqués par le bataillon du 934. IR venant des Pennes-Mirabeau, mais ils s’accrochent grâce à un 20 mm AA capturé sur la position et retourné contre ses anciens propriétaires. Là aussi, les Allemands sont contraints de retourner sur leurs positions de départ.
Cela s’anime aussi à l’ouest de la Côte Bleue (Buccaneer), avec de nombreux accrochages dans le périmètre du 2e Rgt SSF. Cependant, ce dernier garde pour l’instant l’initiative, en éliminant de nombreux petits bunkers pris à revers sur la route de la Couronne et surtout en neutralisant le point d’appui de Château-Ponteau avant de se retirer, sans oublier de saboter les quatre 105 qui se trouvent là.
Sur l’île du Frioul (Flapper), les combats s’éteignent peu à peu. Les pièces d’artillerie – celles qui restaient opérationnelles après les derniers raids aériens – ne seront plus une menace.
………
Dans le secteur Bordeaux, la situation évolue peu : on se bat toujours autour de Vitrolles et sur le plateau de l’Arbois ; la mission de fixation du 1er RCP suit son cours. L’aérodrome de Marignane est bombardé par les canons du 35e RALP, qui a positionné plusieurs de ses 75 de l’autre côté de l’étang et, de là, pilonne les pistes.
Dans le secteur Vendredi, les reconnaissances atteignent les quartiers nord d’Aix-en-Provence, mais signalent de nombreux accrochages sur le périmètre allemand. Les défenseurs, extrêmement nerveux, se sont réfugiés dans leurs abris le long des points de passages, usant de leurs MG-42 sur tout ce qui leur semble suspect.
Les nouvelles sont meilleures pour le 3e RCP (Girelle). Guidé par la Résistance, il arrive à déborder les dispositifs ennemis à Bouc Bel-Air et à Simiane, qui sont maintenant isolés. Avec cette action, le 932. IR est coupé en deux. Les premières équipes rapportent avoir percé jusqu’au plateau de Plan de Campagne, au sud de Cabriès, mais surtout aux portes de Septèmes, qui est limitrophe avec Marseille, et dans le dos du II/934. IR positionné aux Pennes-Mirabeau (et par ailleurs fort occupé avec les commandos canadiens).
Sur le col de la Gineste (Bouchon), on est surpris de ne pas encore avoir subi de réaction allemande. C’est qu’en bas, à Marseille, la situation est chaotique : à l’agitation d’un début d’insurrection (opération Vipère) s’ajoutent les rapports signalant des combats tout autour de la ville et surtout l’absence du commandant en chef de la garnison, le général Gilbert, parti pour le Kriegspiel organisé dans le Vaucluse avec son chef d’état-major. Les réserves, constituées du Sich. Rgt 5 et de deux autres bataillons, sont donc dans l’expectative.
Sur le plateau, la position des aéroportés du 1er Choc se renforce d’ailleurs, puisqu’ils reçoivent des renforts venant des calanques. De l’autre côté, les commandos français engagent le combat dans le centre-ville de Cassis contre la compagnie de Panzerjägers qui l’occupe.
Dans le secteur Montaigne (cap Sicié) les accrochages se multiplient entre le 3e Choc et les patrouilles envoyées par le 918. IR de la 242. ID.
A l’extrémité du dispositif français, le 113e RI a terminé ses opérations de nettoyage et son repositionnement. Ses premières missions accomplies, la tentation est forte de pousser vers le centre-ville et le port du Lavandou.
………
A Saint Maximin, apprenant par la Résistance l’existence du QG de la 242. ID dans le village voisin, le colonel Charlier, qui commande les unités belgo-françaises, décide de lancer un raid d’opportunité afin de le neutraliser.

La bataille de Saint-Maximin
03h00
Après avoir amené au colonel Charlier l’ancien adjoint au maire, l’abbé de Biennassis est reparti, toujours courant. Il revient à présent, accompagné de trois hommes portant un brassard tricolore. Ils sont reçus par l’officier Opérations, qui note avec amusement que l’abbé a lui aussi passé un brassard tricolore sur sa soutane !
– Mon capitaine, voici Jean Capellades, Paul Andrau et Henri Boulert, du principal réseau de Résistance de la région. Ils ont des informations pour vous.
– Je vous écoute.

Capellades prend la parole : « La radio nous avait avertis de nous tenir prêts… Mais votre arrivée chez nous est un cadeau inespéré ! A Brignoles, à 20 km d’ici, se trouve l’EM de la 242e Division d’Infanterie allemande. Et en dehors de quelques Feldgendarmes, il n’y a pas beaucoup de monde pour le défendre en ce moment.
– Oh ! C’est vrai que c’est intéressant !
– De plus, un de nos camarades, Paul Bertin, a été arrêté sur dénonciation il y a quelques jours par les hommes que vous avez envoyés à la gendarmerie.
– Et, reprend l’abbé, ces hommes m’ont confessé que Paul se trouvait à Brignoles.
– Confessé, Monsieur l’abbé ?
– C’est une façon de parler, bien sûr. Ils me l’ont avoué en dehors de la confession, quand je leur ai expliqué qu’ils risquaient fort d’avoir grand besoin de se confesser, justement, si l’on apprenait qu’à cause d’eux, M. Bertin avait été envoyé en Allemagne… ou pire.

L’officier Opérations court voir Charlier, en train de faire le point avec Danloy et Blondeel : « Mon colonel, selon des renseignements fournis par la Résistance, un EM divisionnaire allemand se trouve à Brignoles, à 20 km d’ici, et il semble mal défendu. »
– Mal défendu ?
demande Blondeel.
– Quelques Feldgendarmes, paraît-il.
– Prendre cet EM déstabiliserait la division, mais vingt bornes à pied c’est long !
réfléchit Charlier. Et on ne peut pas y envoyer toutes nos jeeps…
– On devrait bien trouver de quoi transporter une quarantaine d’hommes ! Ça suffirait pour quelques Feldgendarmes !
s’exclame Danloy.
– D’accord, Georges, tu t’en occupes. Mais envoie deux jeeps en reconnaissance. Si c’est un trop gros morceau, on appelle les bombardiers ; sinon, on tente le coup. Mais n’y va pas toi-même, j’ai besoin de toi ici ! En tout cas, il ne faut pas tarder, avant que les Boches se rendent compte de quelque chose. Il faut leur tomber dessus à 05h00, 05h30 au plus tard !
L’officier Opérations s’enquiert auprès des Résistants de la possibilité de trouver de quoi véhiculer une trentaine d’hommes.
– Si on peut réquisitionner… commence l’abbé.
– Réquisitionnez, Monsieur le curé, réquisitionnez !
– Très bien, je m’en charge,
promet le religieux, avant de repartir à toutes jambes.
– Une trentaine de nos camarades devraient pouvoir vous aider, déclare Capellades. On a pu les joindre par téléphone. Où peuvent-ils vous retrouver ?
Danloy consulte la carte : « Disons sur la route, à hauteur du hameau Les Censiès. Et pour l’armement ? »
– Oh, entre les parachutages d’Alger et les caches qu’on avait faites en 40, on a à peu près ce qu’il faut.


Note
6- Fernand Gambiez, qui vient de recevoir ses étoiles, ne les a acceptées qu’à la condition de rester à la tête de ses commandos jusqu’à la fin de Dragon ! Il prendra ensuite la tête de l’ensemble des Groupements de Choc.


Dernière édition par Casus Frankie le Lun Déc 26, 2016 11:23; édité 1 fois
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Imberator



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MessagePosté le: Lun Déc 26, 2016 10:43    Sujet du message: Répondre en citant

De plaisir j'en ai les poils qui se hérissent sur la nuque !
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loic
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MessagePosté le: Lun Déc 26, 2016 11:01    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Les premières équipes rapportent avoir percé jusqu’au plateau de Plan de Campagne


Le nom Plan de Campagne n'a-t-il pas été inventé avec l'ouverture de la zone commerciale dans les années 60 ?
À noter la présence sur ce site à partir de 1944 du camp du Réaltor, une base américaine qui sert aussi de camp de prisonniers.
_________________
On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...


Dernière édition par loic le Lun Déc 26, 2016 11:35; édité 1 fois
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Etienne



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MessagePosté le: Lun Déc 26, 2016 11:05    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Le reste du 1er Choc termine le nettoyage autour d’en-bau ; il atteint les carrières d’où sont extraites les fameuses pierres de Cassis et Port-Miou.


ça ne serait pas plutôt En-Vau?
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Lun Déc 26, 2016 11:20    Sujet du message: Répondre en citant

@ Etienne : désolé pour la coquille… due à une correction automatique du logiciel, le texte original était bon ! Rolling Eyes

@ Loïc : je laisse la parole au régional de l'étape, Patzekiller en personne.
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Casus Frankie

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LaMineur



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MessagePosté le: Lun Déc 26, 2016 13:44    Sujet du message: Répondre en citant

Bon début, dans lequel on reconnaît parfois la patte de Cornelius Ryan....
Une carte des opérations est-elle disponible ?
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Paul



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MessagePosté le: Lun Déc 26, 2016 14:10    Sujet du message: Répondre en citant

En effet, quel magnifique cadeau de noël ! Smile
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patzekiller



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MessagePosté le: Lun Déc 26, 2016 14:11    Sujet du message: Répondre en citant

loic a écrit:
Citation:
Les premières équipes rapportent avoir percé jusqu’au plateau de Plan de Campagne


Le nom Plan de Campagne n'a-t-il pas été inventé avec l'ouverture de la zone commerciale dans les années 60 ?
À noter la présence sur ce site à partir de 1944 du camp du Réaltor, une base américaine qui sert aussi de camp de prisonniers.


pour le nom "plan de campagne", il s'agit effectivement d'une invention postérieure, j'ai fait ce choix afin que le lecteur arrive à se localiser (ainsi que l'interet de la zone avec son croisement de la route Marseille-aix et les pennes-gardanne sur des axes nord sud et est ouest)car à l'époque (en 43), il n'y a effectivement que des champs et de la garrigue à cet endroit. ça ne me gène pas de faire sauter ce nom si ça gène, mais je soupçonne les gens du coin d'appeler ça simplement le plan à l'époque.
quant au réaltor, même si il n'y a encore pas grand chose dans ce coin, c'est un peu plus loin et ça reste non impacté par les combats
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MessagePosté le: Lun Déc 26, 2016 14:57    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour,

Débarquer calanque de l'Essaidon ?
Deux objections :
- 1) il faut absolument faire de la varappe car il y a deux tombants un au bord de l'eau même de plusieurs mètres de haut et l'autre plus haut pour déboucher sur la falaise du Devanson
-2) si on tente le coup, l'objection 1 impose qu'il n'y ait aucun clapot.

Pour l'appellation de Plan de Campagne, la carter d'état-major de 1820 (site "remonter le temps") mentionne déjà le nom de hameau de Plan de Campagne.

@+
Alain

PS : j'ai laissé quelques litres de sueurs à crapahuter dans le massif des Calanques en général et sur les falaises en particulier.
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patzekiller



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MessagePosté le: Lun Déc 26, 2016 15:50    Sujet du message: Répondre en citant

le choix de cette calanque avec deux petite falaises dont une au bord de l'eau s'est fait sur deux critères

1- il s'agissait de donner un pendant à la pointe du hoc, les commandos français débarquant avec échelles et grappins

2- il s'agit de donner une voie bis en cas d'echec de la calanque d'à coté (l'oule), et introduisant une surprise tactique pour les allemands du coin

l'escalade n'est pas facile, de nuit, avec un bardas, mais sur le coté, en installant une main courante (comprendre une corde)on arrive au pied de la falaise
cette dernière fait environ 30m de haut à son plus haut mais en translatant vers la droite, on arrive à un endroit où il n'y a plus que 6-7 metres à escalader, l'usage d'un grappin est donc à nouveau possible
bref, ça grimpe, mais rien d'impossible avec un peu de matériel et une sécurisation de l'itinéraire

bref, il s'agit là aussi d'un choix, que l'on pourrait qualifier de narratif, introduisant le coté "incredible", je reconnais que cette calanque n'est pas nécessaire en dehors de l'aspect bis/surprise.
quant au clapot, début septembre on a quand meme 90% de chance d'avoir la mer calme, et on peut imaginer que dragon ne se fera pas par mistral à 130 Wink surtout en cette saison
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MessagePosté le: Lun Déc 26, 2016 16:14    Sujet du message: Répondre en citant

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MessagePosté le: Lun Déc 26, 2016 17:21    Sujet du message: Répondre en citant

Ce ne sont que les prémices mais on commence à y voir clair : tous ces parachutages et opérations commando enserrent littéralement Marseille...
La ville et, surtout, son port sont donc les objectifs premiers de Dragon.
Parfaitement logique si l'on se souvient de la stratégie d'Overlord OTL avec Cherbourg.
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MessagePosté le: Lun Déc 26, 2016 17:31    Sujet du message: Répondre en citant

chut, c'est encore secret... Laughing
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MessagePosté le: Lun Déc 26, 2016 18:05    Sujet du message: Répondre en citant

patzekiller a écrit:
quant au clapot, début septembre on a quand meme 90% de chance d'avoir la mer calme, et on peut imaginer que dragon ne se fera pas par mistral à 130 Wink surtout en cette saison

En parlant de météo, a-t-on connu un épisode méditerranéen en 1943?
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Finen



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MessagePosté le: Lun Déc 26, 2016 18:31    Sujet du message: Répondre en citant

Il faut voir mais pour le 6 septembre, l'ambiance est encore caniculaire:

http://www.infoclimat.fr/cartes/observations-meteo/archives/cumul-de-pluie-sur-24h/6/septembre/1943/00h/france.html
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