Fantasque Time Line Index du Forum Fantasque Time Line
1940 - La France continue la guerre
 
 FAQFAQ   RechercherRechercher   Liste des MembresListe des Membres   Groupes d'utilisateursGroupes d'utilisateurs   S'enregistrerS'enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Septembre 43 - Dragon
Aller à la page 1, 2, 3 ... 51, 52, 53  Suivante
 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Fantasque Time Line Index du Forum -> 1943 - Méditerranée
Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant  
Auteur Message
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 10076
Localisation: Paris

MessagePosté le: Sam Déc 24, 2016 15:57    Sujet du message: Septembre 43 - Dragon Répondre en citant

La Migration est achevée ! Merci Loïc !
Il est très approprié d'ouvrir le premier sujet post-migration avec Dragon. Et doublement approprié : car je posterai le premier texte demain, pour Noël, donc !

_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Dronne



Inscrit le: 30 Jan 2014
Messages: 543
Localisation: France

MessagePosté le: Sam Déc 24, 2016 17:01    Sujet du message: Répondre en citant


_________________
Cinq fruits et légumes par jour, ils me font marrer! Moi, à la troisième pastèque, je cale..
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Hendryk



Inscrit le: 19 Fév 2012
Messages: 1079
Localisation: Paris

MessagePosté le: Sam Déc 24, 2016 18:35    Sujet du message: Répondre en citant

Casus, notre Père Noël à nous! Cool

Mais alors, qui est le Père Fouettard?
_________________
With Iron and Fire disponible en livre!
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Anaxagore



Inscrit le: 02 Aoû 2010
Messages: 7163

MessagePosté le: Sam Déc 24, 2016 22:06    Sujet du message: Répondre en citant

Joyeux Noël ! ! ! !
_________________
Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
patzekiller



Inscrit le: 17 Oct 2006
Messages: 3288
Localisation: I'am back

MessagePosté le: Dim Déc 25, 2016 07:54    Sujet du message: Répondre en citant

bon, ben on est le 25, il est 9h, et le pere noel n'est toujours pas passé...il a du en faire de belles, hier soir Laughing Laughing Laughing
_________________
www.strategikon.info
www.frogofwar.org
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Chabert



Inscrit le: 30 Aoû 2011
Messages: 197

MessagePosté le: Dim Déc 25, 2016 09:49    Sujet du message: Répondre en citant

Bon Noël !
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Capitaine caverne



Inscrit le: 11 Avr 2009
Messages: 3514
Localisation: Tours

MessagePosté le: Dim Déc 25, 2016 10:07    Sujet du message: Répondre en citant

Hum! Il est dix heures, et le vieux barbu obèse habillé en rouge n'est toujours pas passé Vieux Sage Néanmoins, joyeux noël à tous Dancing Rasta Ivrogne
_________________
"Au jeu des trônes, il n'y a que des vainqueurs et des morts, il n'y a pas de demi-terme". La Reine Cersei.
"Les gens se disent en genéral affamé de vérité, mais ils la trouvent rarement à leur goût lorsqu'on la leur sert". Tyrion Lannister.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Chabert



Inscrit le: 30 Aoû 2011
Messages: 197

MessagePosté le: Dim Déc 25, 2016 10:49    Sujet du message: Répondre en citant

Il s'est peut-être lui aussi retirer de la vie politque Very Happy !
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 10076
Localisation: Paris

MessagePosté le: Dim Déc 25, 2016 11:38    Sujet du message: Répondre en citant

On a bien le droit de faire la grasse matinée, le 25 décembre, non ?
Il y a eu diverses modifications au "prélude". C'est pourquoi je reprends du début ! Et le tout début, c'est de féliciter tous les rédacteurs, à commencer par Patzekiller, bien sûr.



Septembre 1943
0 – La Libération de la France
Le Grand Retour

4 septembre
Dragon !
Enfin !
Sur les ondes
– Dans la soirée, au milieu d’un grand nombre d’autre “messages personnels”, les Résistants du sud de la France entendent enfin sur Radio Alger ces mots de Du Bellay, connus de tous les écoliers du pays : « France, mère des Arts, des Armes et des Lois… » Puis : « Je répète… » Et encore : « France, mère des Arts, des Armes et des Lois… »
Dans toute la Provence, les Résistants s’embrassent, avant de commencer à s’activer fébrilement. C’est pour bientôt, demain peut-être ! On prépare les explosifs, les armes récupérées en août 40 ou parachutées ces derniers mois…

Kriegspiel
Château des Fines Roches (Châteauneuf-du-Pape)
– En fin de journée se bousculent dans ce petit château planté au milieu des vignes les voitures d’état-major des généraux de la Wehrmacht du “Südwall”. Tous ont rendez-vous, selon la décision prise en août à Marseille, pour organiser le lendemain (c’est un dimanche) un grand Kriegspiel afin d’anticiper un éventuel débarquement allié.
Il y a là Johannes Blaskowitz, chef (depuis le mois de mai) du nouveau Groupe d’Armées G, qui contrôle toutes les forces armées allemandes du sud de la France, Georg von Sodenstern, commandant la nouvelle 19e Armée, constituée dans le sud-est de la France après la “trahison” italienne pour faire face à un éventuel débarquement allié, Joachim Lemelsen, qui a remplacé Blaskowitz à la tête de la 1ère Armée, redéployée dans le sud-ouest de la France, et leurs généraux de corps et de division.


5 septembre
Dragon !
Opération Couleuvre
Provence, dans la soirée
– Sur Radio Alger, la série de messages personnels est plus longue encore que la veille. Et voici un nouveau vers de Du Bellay : « Je remplis de ton nom les antres et les bois » – répété, comme la veille le premier vers (1). Les plus cultivés des officiers allemands chargés de l’écoute de ces messages se diront bien que cet appel patriotique est particulièrement vibrant, mais il sera trop tard.
En effet, ce nouveau vers de Du Bellay donne l’ordre à la Résistance de couper de toutes parts le réseau téléphonique, de détruire ponts et passerelles, de saborder les barges sur le Rhône, de vider les chaudières des locomotives… Bref, des actions qui visent, sans affrontement direct, à réduire les capacités de réaction allemandes. C’est l’opération Couleuvre, premier volet de Dragon.

Opération Vipère
Marseille
– Dans la capitale provençale, c’est une soirée comme les autres pour la soldatesque allemande, dans ses casernements mais aussi dans les différents restaurants, cabarets et bordels de la ville, où les nombreux permissionnaires du dimanche se pressent pour une dernière bordée avant la reprise du lundi matin. Cependant, dans les caves et les cuisines de ces établissements, on a écouté Radio Alger avec une particulière attention. Presque toutes les Familles du Milieu marseillais prennent les armes – bien sûr, celles qui, comme les Garneri, ont déjà donné des preuves de leur attachement à la République, mais aussi d’autres, plus enclines au commerce avec les Allemands, qui viennent d’être informées qu’il allait bientôt être l’heure de rendre des comptes.
Toute la nuit se déroule dans les rues une campagne d’assassinats. Près de cent hommes de la 244. ID sont abattus entre les établissements de plaisir et leurs cantonnements. La plupart sont des officiers (dont un lieutenant-colonel et trois majors) et des sous-officiers, mais on compte aussi parmi les victimes quelques simples soldats malchanceux. C’est l’opération Vipère – le caractère prémédité de ce volet “noir” de Dragon restera longtemps nié par les services officiels français.
Ces assassinats ne seront pas pour rien dans le déclenchement de l’émeute “spontanée” de Marseille, le lendemain.

Opération Tiamat
Aérodromes de Corse, dans l’après-midi
– L’opération Tiamat est la partie aéroportée de Dragon (2). Elle engage essentiellement la 1ère Division Para, la 82e Airborne et un régiment ad-hoc franco-belge de troupes de choc, dit Groupe Charlier (I/113e français, 1er Btn Para belge et 1er Btn Commando belge).
Dans la journée, le général Geille rend visite à la plupart des unités de la 1ère DP, qui se préparent à passer à l’action. Chaque fois, son discours est le même, très bref : « Messieurs, nous attendions ce moment depuis trois ans et vingt-neuf jours. En vous engageant dans les paras, vous vouliez être parmi les premiers à libérer la terre de France. Eh bien, cette nuit, vous allez être exaucés. Soyez sûrs que la France, là-bas, vous attend avec la même impatience que celle qui vous ronge. Vous saurez vous montrer digne d’elle et de tous nos camarades qui sont tombés pour rendre possible sa Libération ! Vive la France ! »
………
Le journaliste Donald “Abe” Lincoln, coupé de tout contact avec l’extérieur depuis plus de deux semaines, a suivi la préparation des parachutistes américains. Après avoir assisté aux ultimes préparatifs de ses compatriotes, il a réussi, en faisant jouer tous ses nombreux contacts, à se rendre sur l’un des terrains d’où va partir la 1ère DP. Il arrive trop tard pour entendre le discours du général Geille, mais ce ne sont pas des mots qui le frappent, au contraire : « Dans les hangars où se préparent les hommes de la 82nd Airborne règne une étrange ambiance, à la fois joyeuse et anxieuse, et l’on perçoit une sorte de brouhaha contenu. Chez les Français, c’est un silence de cathédrale, seulement rompu par le cliquetis des armes et des mousquetons de l’équipement, mille fois vérifiés. Comme ceux de leurs frères d’armes américains, les visages des parachutistes français sont noircis pour être moins visibles dans la nuit, mais ici, sur plus d’une joue, j’ai pu observer des stries révélatrices de quelques larmes impossibles à contenir… Bien sûr, comme tout le monde, j’ai fait mine de ne m’apercevoir de rien. »

C’est pour de bon
Ports et aérodromes alliés de Méditerranée Occidentale, en fin de journée
– En Afrique du Nord, Sicile, Sardaigne, Corse et Italie, une activité fébrile secoue toutes les concentrations de troupes alliées. Quelques sceptiques disent bien que c’est encore un exercice, qu’on n’embarque que pour redébarquer dans quelques heures, mais les plus observateurs trouvent qu’aucun exercice n’a eu cette ampleur, que les huiles ont l’air très préoccupées… Bientôt, une rumeur commence à courir : c’est pour demain.

Kriegspiel
Château des Fines Roches (Châteauneuf-du-Pape)
– En fin de journée, les généraux du Südwall sont satisfaits de leur travail : le Kriegspiel a été très instructif. Un repas arrosé des meilleurs crus de la région clôture l’exercice – c’est dimanche, pourquoi ne pas joindre l’agréable au travail ? Les généraux et leurs chefs d’état-major doivent rejoindre leurs postes le lendemain matin.

Une page se tourne
Alger
– Aubert Frère, commandant en chef des forces alliées en Méditerranée, n’a jamais vu De Gaulle aussi ému, ni aussi respectueux de ses cinq étoiles. « Mon général, a dit “le Général”, entre soldats, permettez-moi de vous donner l’accolade. » Puis : « Je vais à présent me retirer, vous avez mieux à faire que… bavarder avec moi. »
– Nous nous reverrons sur le sol de France, Monsieur le Président du Conseil,
articule Frère, tout aussi ému. Il s’apprête en effet à embarquer sur le Fantasque, qui le conduira jusqu’au Duquesne, d’où il suivra les opérations de près.
Pour tous les deux, une longue nuit commence, que De Gaulle passera seul dans son bureau. « J’aurais évidemment souhaité, avouera-t-il bien plus tard à André Malraux, partager ces instants avec mon fils, mais Philippe, bien plus heureux, cette nuit-là, que son père, était aux premières loges, sur la passerelle d’un des plus petits escorteurs de la Flotte. »

Opération Tiamat
Ciel de Provence, peu avant minuit
– Les moteurs des Halifax du Sqn 148, qui opèrent pour la première fois dans ce secteur, résonnent dans le ciel ; ils vont bombarder les défenses côtières du secteur d’Hyères. Au même moment, les Wellington des Sqn 38, 40, 70 et 104 vont lâcher leurs œufs sur la piste d’Istres, le dépôt de Miramas et les batteries du cap Sicié. Ils sont accompagnés de quelques vieux LB-30 qui larguent plusieurs tonnes de windows – des bandelettes de papier aluminium qui vont brouiller les derniers radars allemands.
Mais au-delà de l’utilité directe de ces raids (qui constituent en réalité l’ultime épisode d’Œuf de Dragon), ces appareils sont accompagnés et suivis par un grand nombre d’appareils de transport, DC-3 et C-47 notamment, qui masquent ainsi l’écho de leurs formations aux radars allemands survivants.
………
« Lors de la préparation de Tiamat, il était apparu rapidement que le nombre d’appareils de transport disponibles entre Algérie et Provence était presque suffisant pour transporter d’un coup deux divisions aéroportées, la 1ère Division Para française et la 82e Airborne US. Ce “presque” devait être comme un moucheron dans l’œil des planificateurs, d’autant qu’il laissait peu de réserves et forçait à sacrifier nombre d’opérations annexes telles que des parachutages de commandos en divers points ou même le largage de leurres entre Narbonne et Montpellier.
Le problème fut résolu par un gentlemen’s agreement entre Français et Américains (3). D’abord, toute la division française (1er, 2e et 3e RCP et 35e RALP) devait faire partie de la première vague, ainsi que trois des quatre régiments de la 82e Airborne (les 504e et 507e Parachute Infantry Rgt et le 325e Glider Infantry Rgt). Ensuite, pour réduire le délai de l’arrivée du dernier régiment de la 82e Airborne (le 505e PIR), celui-ci partirait de Corse et les DC-3 français se chargeraient du transport. La distance réduite permettrait de ravitailler les appareils et d’assurer un second parachutage la même nuit. Devant l’impérieuse nécessité d’assumer cette tâche supplémentaire pour la libération du pays, les pilotes français des Groupes de Transport, en dépit de la fatigue prévisible, s’étaient tous portés volontaires pour une deuxième mission, dans la mesure où leur appareil serait revenu intact. Les DC-3 endommagés devraient éviter autant que possible les terrains autour de Calvi. »

(Dragon sur la Provence, par P. Pommier, Robert Laffont Ed., collection Ce Jour Là, 1993)


6 septembre
Dragon !
Opération Tiamat
Provence, 00h00
– Dire que la flak était dense serait un doux euphémisme, raconteront au retour les pilotes des C-47 et des DC-3 – et leurs mécanos, devant l’état de nombreuses machines, approuveront avec horreur !
– Malgré la flak, trois régiments de la 82e Airborne Division sont largués au sud des Alpilles, guidés par les Pathfinders chargés de marquer les drop zones prévues par les plans.
Le 504e Parachute Infantry Regiment saute sur le secteur “Alabama”, immédiatement à l’est d’Arles. Sa mission est de marcher sur la localité et jusqu’aux berges du Rhône afin d’empêcher toute traversée. Accessoirement, il doit fixer le Pionier abteilung de la 338. ID et neutraliser un des bataillons d’artillerie de la division, repéré un peu plus au nord.
Les planeurs du 325e Glider Infantry Rgt se posent pour la plupart dans le secteur “Maryland” – un triangle Mouries-Eyguières-Salon. Leur atterrissage se passe avec moins de pertes que prévu au départ, la Résistance ayant réussi à signaler suffisamment tôt à Alger l’emplacement des zones minées et non minées, y compris deux qu’elle a réussi à déminer (4). Les Résistants locaux, qui connaissent parfaitement la localisation des vrais champs de mines (les faux panneaux Achtung Minen sont nombreux) ont recommandé que les aéroportés ayant un doute se fient au comportement des animaux, des taureaux et des vaches notamment, pour reconnaître les vrais champs de mines. Le 325e GIR doit rayonner vers Miramas et Salon et de prendre le contrôle des routes dans ce secteur jusqu’au croisement de la Nationale 7.
Enfin, le secteur “Tennessee”, entre Sénas et Mallemort, est la zone de parachutage du 507e PIR. Les paras devront tenir les berges de la Durance et surtout d’empêcher toute incursion venue du nord. Pour cela, le régiment a reçu une dotation supplémentaire en armes antichars.
– Chez les Français, les drop zones ont reçu également des noms de code.
Les 1er RCP et 35e RALP touchent terre à “Bordeaux”, au nord de Berre l’Etang. Leur mission : prendre l’hydrobase, fixer le III/934 Infanterie Rgt de la 244. ID et, si possible, neutraliser Marignane.
Le 2e RCP de la 1ère DP française atterrit à “Vendredi”, au sud de Venelles. Le régiment devra verrouiller les accès nord d’Aix en Provence et monter la garde à la Durance. Accessoirement, il tentera de fixer le plus possible des troupes de la 244. ID stationnées plus au sud.
La zone de parachutage “Girelle”, autour de Gardanne, est pour le 3e RCP. Il s’agit de percer jusque vers Septèmes les Vallons, à la limite des quartiers nord de Marseille, en fixant les éléments du 932e Rgt de la 244. ID.
Enfin, l’objectif le plus à l’est, baptisé “Cathédrale”, autour de Saint-Maximin, a été confié au régiment ad-hoc franco-belge (s’agissant d’aérotransportés, il était difficile de parler de régiment “de marche”). Celui-ci aura la double mission de garder flanc au dispositif français et de s’assurer des accès vers Aubagne, tout en neutralisant si possible le bataillon d’artillerie stationné dans la plaine voisine, à Trets.

La bataille de Saint-Maximin
Saint-Maximin (Var), aux premiers moments du jour J
Blondeel respire un peu mieux maintenant que la zone côtière est passée. En dessous, c’est la France, se dit-il avec un petit sourire, on est à une frontière de la Belgique, à présent. Tout à coup, la lumière rouge s’allume et un silence absolu se fait dans l’avion. Blondeel se lève : « Debout, accrochez-vous ! Préparez-vous à sauter et contrôlez-vous. »
Le bruit des hommes qui se lèvent, accrochent le câble d’ouverture de leur parachute et vérifient leur équipement s’éteint rapidement. Blondeel s’est posté à la porte, que le largueur anglais vient d’ouvrir sur l’air tiède de la nuit provençale, au dessus de “Cathédrale”.
Lumière verte ! Go !
Blondeel saute, son parachute s’ouvre, la douleur familière lui barre les épaules… Tout en se balançant sous l’ombrelle de soie, il lève les yeux et aperçoit les autres avions qui larguent leurs paras. Attention, bientôt le sol sera là, ce serait con de se blesser en loupant son atterrissage ! Quelques secondes plus tard, il est au sol, le choc est rude mais il s’en sort sain et sauf. Déjà, autour de lui, les hommes se regroupent et s’orientent vers leurs objectifs.
………
Dans le planeur de Danloy, le moment fatidique est proche : « Messieurs, préparez-vous ! »
Les hommes serrent la jugulaire de leurs casques…
– OK Sir, here we are, I am dropping the cable !
– Tenez-vous par les bras !

Quelques secondes passent comme des heures…
– We’re about to hit the ground !
– Pieds en l’air !

Boum, rebond, reboum, cette fois le Horsa est posé, il glisse sur quelques dizaines de mètres à peine puis s’arrête.
– Pas de casse ? Vite, débarquez !
Ordre inutile, les hommes accomplissent automatiquement les gestes cent fois répétés à l’entraînement.
Hélas, un des planeurs s’est retourné à l’atterrissage, la plupart des occupants sont morts ou gravement blessés. Mais les commandos jaillissent des autres Horsa et s’organisent.
– Lieutenant Meny au rapport, mon major. Ma compagnie est prête à faire mouvement.
– Bien, tu fonces vers Saint-Maximin, je rassemble les deux autres compagnies et l’EM du groupement. Quelqu’un a vu le colonel Charlier ?
– Je suis ici, Georges ! Pas de casse ?
– Un Horsa de perdu et on n’a pas de nouvelles de deux autres.
– Bon, on fera avec.
– La 2e Compagnie est en route, la 1ère et la 3e sont bientôt prêtes à faire mouvement.
– Alors on y va ! Et les jeeps ?
– Je n’en sais rien, mais elles doivent déjà être en route, si tout s’est bien passé pour elles !

………
De fait, les jeeps ont touché terre en bon état, sauf deux dont le planeur s’est brisé en se posant – mais elles sont réparables. Les deux premières Willys ont déjà pris la direction du centre de la petite ville et passent en trombe devant le panneau annonçant “Saint-Maximin”. Instant historique ! Mais nul ne s’arrête pour faire une photo.
Les deux jeeps ralentissent pour s’orienter, heureusement la mairie n’est pas difficile à trouver – là, surprise, de la lumière et trois hommes armés qui sortent du bâtiment. Ce sont des gens de la Direction du Guet Aérien. Dans l’obscurité, ils prennent les Belges pour une patrouille de la Garde de Sécurité Economique : « Qu’est-ce que vous fichez ? gueule l’un d’eux. Vous ne savez pas que vos patrouilles sont interdites en cas de raid aérien en cours ? »
Un autre croit reconnaître des Allemands : « Faites pas attention, Messieurs, Heil Hitler ! »
Le troisième, plus perspicace, pousse un cri : « Mais c’est des Américains ! » tout en empoignant son arme.
– Slecht idee manneke ! [Mauvaise idée mon petit gars !] s’exclame l’un des commandos en pointant sa mitraillette.
Le second Collabo, confondant flamand et allemand, s’enfonce : « Du calme, Kameraden, Heil Hitler ! »
Le sergent à bord de la jeep passe au français pour dissiper toute confusion : « Bien, mes gaillards, mains sur la tête ! Jan, désarme-les ! Dites une fois, il y en a d’autres comme vous à l’hôtel de ville – enfin, à la mairie je veux dire ? »
Tout tremblants, les trois Collabos expliquent qu’ils étaient de garde et qu’ils étaient seuls dans le bâtiment, ce qui est vite confirmé. L’un d’eux tente un changement de camp express : « Vous parlez bien français, Messieurs, vous n’avez presque pas d’accent américain ! »
– Sans doute parce qu’on est Belges, bande de snuls [imbéciles] !
rigole le sergent.
Arrivant sur la place de la mairie, le lieutenant commandant les jeeps est surpris : « Qui sont ces hommes ? »
– Des Collabos je pense, ils ont voulu nous arrêter…
– Je vois. Bon, j’arrive de la poste, de ce côté, c’est bon, il n’y avait qu’une demoiselle des PTT de garde au téléphone.
– Heu, vous êtes blessé, mon lieutenant ? Votre joue…
– Non, ce n’est pas du sang, c’est du rouge à lèvres !
– Mon lieutenant, un message des jeeps du 113e, ils sont à la gendarmerie, le brigadier les attendait sur le pas de la porte ! Tout va bien, sauf que c’est la première fois que les gars ont vu un gendarme pleurer comme une petite fille.
– Bien reçu. Pike, toi et Jan vous allez conduire ces trois peyes à la gendarmerie, qu’on les colle au trou en attendant mieux. Et assure-toi que les Français ne les abîment pas, ou je te fais expédier au Bas-Congo !

………
Pendant ce temps, les commandos se déploient silencieusement dans le reste de la ville. La 1ère Compagnie se poste à la lisière nord du bourg tandis que le reste inspecte chaque rue. Aucun Allemand n’est signalé. Le maire nommé par les sbires de Laval est sorti de son lit manu militari et expédié en geôle par les hommes du détachement jeeps du 113e.
Pendant que Danloy s’apprête à renforcer sa 1ère Compagnie avec les 2e et 3e, Charlier prend ses propres dispositions : « J’installe mon PC dans la maison communale. L’infirmerie sera dans la salle des fêtes. »
– Mon colonel,
annonce le radio, nos paras et le 113e signalent qu’il leur manque une trentaine d’hommes chacun, mais ils se sont bien installés à l’est et à l’ouest de la ville. Pas de mauvaises rencontres pour le moment.
– Bien reçu. Que deux Willys partent en reconnaissance sur les itinéraires prévus, mais avec prudence. Qu’une première section aille jusqu’au carrefour N7 et D6 en direction d’Aix. Uniquement de l’observation, si elle repère quelque chose, elle signale et rejoint. Qu’une autre aille voir au carrefour D35 et D560. Mêmes ordres. Compris ?
– A vos ordres, mon colonel.
– Georges,
dit Charlier à Danloy, tu assures notre secteur Nord, le plus sensible, mais il me faut aussi couvrir le sud. Prélève une section sur chacune de tes 2e et 3e Compagnies, il m’en faut une au carrefour D560 et D1 et une au carrefour D1 et N7.
– Je m’en occupe.


Opération Partner
La brigade de commandos américano-canadienne, dite 1ère Special Service Force, s’est vu confier quatre opérations spéciales, regroupées sous le nom d’opération Partner. Elle y gagnera le surnom de "Brigade du Diable".
– Avec les quelques remorqueurs de planeurs restés disponibles (souvent des avions anciens ou déclassés), la 1ère SSF envoie des planeurs déposer les six compagnies du 1er Rgt de la brigade sur deux objectifs.
Les trois premières doivent atterrir à l’est de Gignac-la-Nerthe pour neutraliser la batterie d’artillerie 698, dont les deux pièces de 380 sur rail ne sont rien moins que des rechanges de feu le Bismarck – c’est l’opération Pumpkin. Les habitants de Gignac, qui prétendront comme quelques autres au titre de premier village libéré, croiront avoir affaire à des Français « avec un accent du Nord » – en fait, il s’agit de Canadiens, dont une partie sont Québécois.
Les trois autres compagnies, elles, sont américaines et commandées par le colonel Marshall, chef du 1er Rgt de la 1ère SSF. Leur objectif est le pont de Saint-Gervais, à Fos-sur-Mer – opération Preacher. Le patron de la 1ère SSF, le colonel Frederick, a précisé à Marshall : « Vous tiendrez jusqu’à ce qu’on vous relève ». Profitant de l’effet de surprise, deux équipes tombées un peu au-delà de l’objectif neutralisent le casernement de la position 87, située environ 1 500 m à l’ouest ; la garnison allemande, complètement prise au dépourvu, subit de lourdes pertes tandis que le Pak 50 sous casemate prenant la plage en enfilade est saboté avec soin avant que les commandos rallient l’objectif principal. Là, les combats ne se sont pas arrêtés au tablier du pont, puisque les petits bunkers de la position 88 ont été éliminés. Les Rangers n’auront qu’à déminer et déblayer le terrain pour débarquer.
Le pont de Saint-Gervais existe toujours : il a été classé monument historique sous le nom d’Arrowhead bridge (d’après l’insigne de la 1ère SSF). En 1968, le film The Devil’s Brigade relatera les opérations Pumpkin et Preacher et la campagne de Provence de la brigade. Les morts lors de ces actions sont enterrés au grand cimetière d’Arles, avec leurs camarades paras de la 82e Airborne.
– Mais le 2e Rgt de la 1ère SSF est chargé d’une autre mission, d’un genre bien différent ! Ses hommes débarquent silencieusement de petites embarcations à rames dans le secteur de Bonnieux, entre Laveron et les Arnettes – c’est l’opération Buccaneer. Ils vont neutraliser les Allemands couvrant ce secteur, qui ne pourront faire aucun rapport sur ce qui se passe juste sous leur nez, dans la baie de Fos et le long de la Côte Bleue.
– Enfin, des éléments du 3e Rgt de la 1ère SSF neutralisent le phare de Planier, au large de Marseille : c’est le début de l’opération Flapper.
………
Pendant ce temps, en effet, sous l’eau, des plongeurs démineurs de l’Underwater Demolition Team 1 et 2, mis à l’eau par l’APD USS Tattnall, remplissent discrètement leur mission de déminage. Avant l’aube, ils seront suivis par plusieurs petits dragueurs (YMS) de l’US Navy, chargés d’élargir les brèches du champ de mines couvrant le secteur.
Au même moment se déroule une opération similaire entre les îles de Porquerolles et Port-Cros. Là, des plongeurs-démineurs franco-britanniques sont mis à l’eau par l’APD MN Goumier et l’ex-dragueur HMS Fermoy. Ils sont suivis par les avisos-dragueurs de 630 tonnes Commandant Bory, Commandant Delage, La Capricieuse et La Gracieuse. A l’aube, les dragueurs essuieront quelques tirs venus des îles – mais sans conséquence, car les artilleurs basés là ne se sont pas encore remis des raids aériens subis depuis un mois.
Les passages ménagés dans les champs de mines sont balisés par quatre petits sous-marins de classe X de la Royal Navy (5). Deux d’entre eux, prêtés à la Marine Nationale, ont des équipages français. Les éléments engagés dans l’opération sous-marine franco-britannique (plongeurs et sous-marins) sont commandés par le capitaine de frégate Jacques-Yves Cousteau.

Aux armes
En mer
– Si les troupes aéroportées et les commandos ont été mis au courant peu avant leur décollage ou le début de leur mission, ce n’est que vers minuit que les haut-parleurs de tous les navires de la flotte d’invasion annoncent enfin le Grand Retour.
Pour les Américains, c’est le fameux texte d’Eisenhower.
Soldiers, Sailors and Airmen of the Allied Expeditionary Force!
You are about to embark upon the Great Crusade, toward which we have striven these many months. The eyes of the world are upon you. The hopes and prayers of liberty-loving people everywhere march with you. In company with our brave Allies and brothers-in-arms on other Fronts, you will bring about the destruction of the German war machine, the elimination of Nazi tyranny over the oppressed peoples of Europe, and security for ourselves in a free world.
Your task will not be an easy one. Your enemy is well trained, well equipped and battle hardened. He will fight savagely.
But this is the year 1943 ! Much has happened since the Nazi triumphs of 1940. The United Nations have inflicted upon the Germans great defeats, in open battle, man-to-man. Our air offensive has seriously reduced their strength in the air and their capacity to wage war on the ground.
Our Home Fronts have given us an superiority in weapons and munitions of war, and placed at our disposal great reserves of trained fighting men. The tide has turned! The free men of the world marching together to Victory!
I have full confidence in your devotion to duty and skill in battle.
We will accept nothing less than full Victory!
Good Luck! And let us all beseech blessing of Almighty God upon this great and noble undertaking.


Pour les Français, une simple traduction de l’ordre du jour d’Eisenhower, d’abord envisagée, a vite été écartée. Le texte a été adapté par le général Frère, qui cosigne cette version.
Soldats, Marins et Aviateurs français de la Force Expéditionnaire alliée !
Vous êtes sur le point d’entamer l’étape décisive de la Grande Croisade de Libération de la Patrie, pour laquelle nous luttons depuis plus de trois ans. Les yeux du monde sont sur vous. Les espoirs et les prières des peuples épris de Liberté du monde entier vous soutiennent. Avec nos braves Alliés et nos frères d’armes sur tous les fronts, vous détruirez la machine de guerre allemande et la tyrannie nazie qui opprime les peuples d’Europe, afin de construire un monde libre et sûr pour nos enfants.
Votre tâche ne sera pas facile. Notre ennemi est bien entraîné, bien équipé et aguerri par les combats. Il luttera avec férocité.
Mais nous sommes en 1943 ! Bien des choses se sont passées depuis les victoires nazies de 1940, quand la France, subissant une guerre qu’elle n’avait pas voulu, n’a dû sa survie qu’à l’énergie du désespoir, alors que tout semblait perdu. Depuis, les Nations Unies, et les armées françaises elles-mêmes, ont infligé de grandes défaites aux Allemands, sur terre, sur mer et dans les airs.
Notre Empire et nos Alliés nous ont doté d’armes puissantes et ont engagé dans la lutte un grand nombre de combattants entraînés. Aujourd’hui, la chance a tourné ! Les hommes libres du monde entier marchent tous ensemble vers la Victoire !
Je sais que chacun de vous s’engagera corps et âme dans le grand combat pour la Libération de la Patrie, un combat qui ne peut s’achever que par le triomphe de la Liberté.
Vive la France !



Notes
1- Les deuxième et troisième vers du poème ont été omis. Rappelons le premier quartet du sonnet de Du Bellay : « France, mère des Arts, des Armes et des Lois / Tu m’as nourri longtemps du lait de ta mamelle / Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle / Je remplis de ton nom les antres et les bois ».
2- Tiamat est une divinité mésopotamienne souvent représentée comme une sorte de dragon…
3- Les Belges avaient obtenu que leurs deux bataillons et le I/113e fussent transportés par la RAF.
4- Le premier champ de mines a été déminé patiemment durant plusieurs semaines, les mines étant discrètement retirées une à une. Le second a été déminé en force au début de la nuit, en faisant sauter les asperges.
5- Cette mission et les opérations préparatoires ont été, après de longues discussions, considérées comme prioritaires par rapport à l’attaque des grands bâtiments de la Kriegsmarine, en Norvège.


Dernière édition par Casus Frankie le Dim Jan 08, 2017 15:18; édité 3 fois
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Anaxagore



Inscrit le: 02 Aoû 2010
Messages: 7163

MessagePosté le: Dim Déc 25, 2016 11:59    Sujet du message: Répondre en citant

A propos de Tiamat : Peu de gens le savent, mais on lui doit... la mer Rouge. Car si elle a était rouge c'est de son sang menstruel... (ce qui au passage donne une idée de la taille de ce monstre mythologique, serpent destructeur qui engendre et détruit le monde).
_________________
Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Capu Rossu



Inscrit le: 22 Oct 2011
Messages: 1561
Localisation: Mittlemeerküstenfront

MessagePosté le: Dim Déc 25, 2016 13:05    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour,

Citation:
La brigade de commandos américano-canadienne dite 1ère Special Service Force s’est vue confier de quatre opérations spéciales, regroupées sous le nom d’opération Partner. Elle y gagnera le surnom de Brigade du Diable.


Que choisir "confier une des quatre opérations spéciales" ou "confier quatre des opérations spéciales".

@+
Alain
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 10076
Localisation: Paris

MessagePosté le: Dim Déc 25, 2016 16:22    Sujet du message: Répondre en citant

Désolé, le "de" est en trop, c'est confier quatre…
_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
ViKing



Inscrit le: 27 Fév 2015
Messages: 216

MessagePosté le: Dim Déc 25, 2016 18:40    Sujet du message: Répondre en citant

Joli cadeau de Noël !
_________________
"An apple a day keeps the doctor away - as long as you aim well !!!"
- Winston Churchill
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Casus Frankie
Administrateur - Site Admin


Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 10076
Localisation: Paris

MessagePosté le: Dim Déc 25, 2016 19:13    Sujet du message: Répondre en citant

ViKing a écrit:
Joli cadeau de Noël !


Et il y a la suite demain ! Cool
_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Anaxagore



Inscrit le: 02 Aoû 2010
Messages: 7163

MessagePosté le: Dim Déc 25, 2016 21:20    Sujet du message: Répondre en citant

C'est vrai que c'est un bon cadeau de noël.
_________________
Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Fantasque Time Line Index du Forum -> 1943 - Méditerranée Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Aller à la page 1, 2, 3 ... 51, 52, 53  Suivante
Page 1 sur 53

 
Sauter vers:  
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum


Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com