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Novembre 1943, Italie / Balkans
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Anaxagore



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MessagePosté le: Lun Nov 26, 2018 16:27    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
C’est donc un interlocuteur naturel du SOE dans cette zone, d’autant plus privilégié qu’il est pour beaucoUp dans la réussite de la conférence et tient une bonne partie des centres de regroupement de Kosovska Mitrovica, Drenica et Tetovo – les Croates de la 373. ID ont bien fait de ne pas s’y attarder.

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Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Lun Nov 26, 2018 16:36    Sujet du message: Répondre en citant

Merci, et merci !
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requesens



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MessagePosté le: Lun Nov 26, 2018 17:08    Sujet du message: Re: Market en Macédoine Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:


[b][b][b]


un raid des Blenheim des 237th et 238th Wings sur Trebinje.

[b]



Est-il encore concevable que des Blenheims soient encore en première ligne en 1943 sur un front européen?. OTL les derniers appareils furent retirés du front cette même année.
Si le P40 est retiré des opérations en Europe pour être réaffecté en Asie il est d'après moi difficilement justifiable de laisser le Blenheim en Italie.
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patzekiller



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MessagePosté le: Lun Nov 26, 2018 17:55    Sujet du message: Répondre en citant

les bleheim fin 43 auraient plutôt remplacés par des bristol Beaumont, non? Very Happy
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Lun Nov 26, 2018 17:57    Sujet du message: Répondre en citant

Les Balkans sont le dernier théâtre où des Blenheim Mk IV (un seul Wing), des P-40N (grecs) et des Spit Mk V sont encore en ligne.
Cela s'explique parce que l'opposition de la Luftwaffe sur ce théâtre est très faible, mais nous sommes en NOVEMBRE 43, et les squadrons en question auront droit à un rééquipement pour leur petit Noël.
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Casus Frankie

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patzekiller



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MessagePosté le: Lun Nov 26, 2018 18:52    Sujet du message: Répondre en citant

à titre de comparaison, à cette date sur le front italien, on a encore des spit V, meme si le IX fait son apparition.
les P40 ont disparu (mais il n'y a que du Commonwealth), en revanche, les huuricane viennent faire leur chant du cygne, remplacés par des banshee, cf les sud africains.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Lun Nov 26, 2018 21:12    Sujet du message: Répondre en citant

On réequipe aussi les Blenheim du coup ??? Par contre, c'est des anglais et il y a deux Wings (237/238). Les grecs sont sur Beaumont - et transformer un pilote sur monomoteur prend du temps !
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Quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux est encore l’humour &
C’est en trichant pour le beau que l’on est artiste
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Lun Nov 26, 2018 21:26    Sujet du message: Répondre en citant

Tu-tut, Dan !

Les Grecs (un Sqn) sont sur Boston et il y un seul Wing de Blenheim IV.

En fait, ça fera quatre squadrons (les deux grecs, le Canadien et le Sud-Africain) de P-40N et de Spit V à Tornado
plus un nouveau squadron de chasse grec sur Tornado.

Comme les Tornado sont de deuxième main, ça peut se faire très vite (disons courant décembre).

Côté bombardiers,
3 squadrons RAF passent de Blenheim IV à Beaumont (en décembre),
un wing de Boston de la RAF (2 Sqn) passe sur Beaumont en janvier et cède les meilleurs de ses Boston à un nouveau squadron de bombardement grec.

Pour le remplacement des Spit V (3 squadrons RAF concernés) par des Spit IX, ce sera courant décembre.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Lun Nov 26, 2018 22:14    Sujet du message: Répondre en citant

Ok quand on y sera je te proposerai un ODB révisé.
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requesens



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MessagePosté le: Mar Nov 27, 2018 01:06    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Tu-tut, Dan !
En fait, ça fera quatre squadrons (les deux grecs, le Canadien et le Sud-Africain) de P-40N et de Spit V à Tornado
plus un nouveau squadron de chasse grec sur Tornado.
Comme les Tornado sont de deuxième main, ça peut se faire très vite (disons courant décembre).
.


Au final le Tornado est en dotation ? Il me semblait avoir compris lors d'un échange que c'était plutôt non...
Enfin comme j'étais plutôt pour je suis Very Happy
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Nov 27, 2018 01:14    Sujet du message: Répondre en citant

Le Tornado est entré en service actif, notamment, depuis l'opération de Dieppe FTL.
Les Spit IX/VIII/XII d'une part, le Typhoon et bientôt le Tempest d'autre part le démodent rapidement, sa production est arrêtée et certains des squadrons qui en sont équipés le "refilent" lors de leur rééquipement aux Grecs (par exemple).
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requesens



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MessagePosté le: Mar Nov 27, 2018 01:18    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Le Tornado est entré en service actif, notamment, depuis l'opération de Dieppe FTL.
Les Spit IX/VIII/XII d'une part, le Typhoon et bientôt le Tempest d'autre part le démodent rapidement, sa production est arrêtée et certains des squadrons qui en sont équipés le "refilent" lors de leur rééquipement aux Grecs (par exemple).

Ça m'apprendra à ne pas vérifier les sources avant de poser une question Embarassed

Comme le dit un volatile bien connu " pan sur le bec"
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MessagePosté le: Mar Nov 27, 2018 01:35    Sujet du message: Répondre en citant

Mais non, il faut toujours éclaircir les zones d'ombre ! Wink
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Nov 27, 2018 10:31    Sujet du message: Répondre en citant

4 novembre
La campagne des Balkans
Opération Derby
Balkans
– Les raids aériens se poursuivent, avec une intensité que l’on n’avait pas connue depuis “Apprentice”. Comme pour illustrer les événements qui s’y déroulent, le hasard fait que c’est aujourd’hui au tour du Kosovo d’être durement frappé. Les nœuds routiers de Kosovska Mitrovica, Pristina, Prizren et Gnjilane reçoivent ainsi la visite (et les projectiles) des bombardiers alliés, et les pauvres installations ferroviaires de Fushë Kosovë (ligne dans le prolongement de Skopje) sont réduites en tas de ferrailles inutiles. D’autres bombardiers saluent Zaječar de leur bruyante visite. Cette ville est un carrefour situé non loin de la frontière roumaine… Les Alliés craindraient-ils une intervention du GA Centre-Ukraine ?

Au commencement était le chaos
Environs de Has (frontière albano-kosovarde)
– La nuit n’a pas apaisé les esprits des hommes de Gani Bey Kryeziu – c’est le moins que l’on puisse dire ! Oubliant dans leur colère qui leur fournit armes et munitions, les combattants appellent à la vengeance contre les collectivistes honnis. Et malheur aux Britanniques ou aux Français s’ils s’opposaient à eux ! Cette lutte ne les regarde pas ! D’ailleurs, les Partisans luttaient bien avant leur arrivée et sans leur aide contre les Italiens (ce qui est vrai) et contre les Allemands (ce qui l’est nettement moins…).
Tandis qu’on lève le camp pour redescendre vers le sud, sur les arrières du LXVIII. Armee-Korps et en zone réputée acquise au Parti communiste, des messagers sont dépêchés aux différents groupes de la région : Muharrem Bajraktari, les frères Hasa ainsi que les Kelmendi de Prek Cali. Pour les têtes pensantes ou les “seigneurs” incertains tels que Safet Butka, Prenk Pervizi et les deux autres frères Kryeziu, il est jugé préférable d’attendre.

La Division du Diable
Lezhë (Albanie)
– A une dizaine de kilomètres à peine du front de la rivière Mat – particulièrement calme il est vrai – se déroule une cérémonie d’intégration internationale d’un genre inédit. En effet, convaincu par le zèle des Oustachis déployés en Serbie et au Monténégro ainsi que par les assauts d’amabilité d’Ante Pavelic, Alexander Löhr s’est finalement décidé à prendre “à l’essai” un régiment croate pour tenir un secteur du front. Une expérimentation pas forcément encouragée par sa hiérarchie, toujours méfiante envers les auxiliaires d’Europe centrale, surtout depuis les désastres subis par les armées roumaines sur le Front de l’Est. Mais le chef de la 12. Armee est passé outre ces considérations, mettant en avant la « spécificité croate », les excellents résultats de la 369. ID et surtout… son besoin impératif de faire feu de tout bois.
L’unité choisie est le 1er Régiment de la “Division du Diable”, commandé par le lieutenant-colonel Viktor Pavičić et rebaptisé pour des raisons de commodité “369e Régiment d’Infanterie renforcé” ou, plus orgueilleusement, “Légion Croate” par la propagande oustachie. Cette “Légion” remplace l’un des régiments de la 100. Jäger de Willibald Utz. Quelqu’un à l’état-major aura jugé plus sûr de tester les intéressés au milieu de soldats d’élite très adaptables… Le régiment ainsi libéré ira regonfler la pauvre 164. ID de Josef Folttmann, toujours en réserve à Shkodër depuis le désastre de “Présage”. Ainsi renforcée à la fois en nombre et en qualité, cette division pourra revenir sur la ligne de front.
Croates et Allemands, désormais frères d’armes, échangent donc drapeaux et saluts au bord de la rivière Drin alors qu’une fanfare joue successivement le Horst Wessel Lied et le Lijepa naša domovino (Notre Belle Patrie, l’hymne de l’état indépendant de Croatie). Enfin, après les échanges d’officiers, vient le salut fasciste – bras droits levés à l’unisson sous les objectifs de la Propaganda Staffel. L’intégration des Croates est bien sûr une bonne nouvelle pour Hellmuth Felmy, le chef du LXVIII. Armee-Korps – en revanche, il en est tout autrement pour à peu près tous les habitants de la région, déjà pas franchement gâtés par la marche de l’Histoire…

Sombres perspectives
Sofia (Ambassade du Reich)
– Le SS-Obergruppenführer Adolf Beckerle n’ignore rien des dernières frappes aériennes alliées de l’opération Derby – même s’il ne connaît évidemment pas cet intitulé. Et comme bien d’autres, Beckerle déduit du fracas des bombes que les armées alliées ne devraient pas tarder à passer de nouveau à l’action. Or, centré sur son pré carré, le pseudo-diplomate ne peut que constater que les bombardements alliés sont bien faibles en Bulgarie – même si on tient compte du bombardement du 1er novembre. Pourtant, se dit-il, la Bulgarie reste un objectif de valeur pour les Anglais. Et pas un bombardement sur Sofia, Pernik ou Plovdiv, rien ! Enfin, si la Bulgarie était neutre, il serait au courant !
Si les Anglais ménagent ce pays, c’est donc qu’ils espèrent se l’accommoder, voire… s’en emparer ? Avec peut-être l’appui de ce fourbe de Marinov ! Les monarchies se tiennent les coudes entre elles, c’est bien connu, avec l’aide des Juifs, comme toujours. A partir de ces sombres déductions, le SS envoie en hâte un nouveau rapport à sa hiérarchie, faisant état d’un risque d’effondrement ou peut-être même de basculement d’une armée bulgare en cas d’offensive alliée. La duplicité slave !
Beckerle radote un peu, c’est vrai – mais il garde l’humiliation du 6 septembre en travers de la gorge. Cette fois, nul ne pourra dire qu’il n’avait pas prévenu !


5 novembre
La campagne des Balkans
Opération Derby
Balkans
– Les appareils alliés enchaînent les sorties, frappant toutes les concentrations de forces et autres parcs de matériels signalés par les maquisards. Le but est simple : forcer les troupes de l’Axe à se disperser, limitant ainsi leurs capacités de réaction contre l’insurrection à venir. Les Boston du 234th Wing font équipe avec ceux du 235th Wing pour un important raid sur la gare centrale de Belgrade. Pour une fois, l’objectif est à la fois lointain et défendu, au sol du moins – bien qu’escortés par les NA-89 de la 80e Escadre de Chasse (Yougoslave), les Britanniques perdent trois Boston, victimes de la Flak. Cinq appareils sont endommagés à des degrés divers. Observant les bombes qui frappent leur capitale et font près de cent morts parmi les civils [La gare centrale de Belgrade est située au bord de la rivière Save, à proximité immédiate du centre-ville.], les pilotes ne peuvent réprimer un pincement au cœur, peut-être même quelques larmes. Ils se consolent en songeant que, bientôt, ils parcourront à pied les rues de la ville.
Dans la nuit, guidés par la lueur des incendies allumés par les Boston, les Wellington du 202nd Wing achèvent le travail, cette fois avec peu de pertes civiles, les habitants ayant fui le quartier.

Au commencement était le chaos
Albanie
– Alors que les hommes de Gani Kryeziu descendent vers la vallée de Fierza, les seigneurs de guerre locaux délibèrent. Ils ne sont pas forcément favorables à la cause des… révoltés (faute d’autre appellation). En effet, la vengeance est sans doute un noble combat et le sang appelle le sang – mais à l’heure actuelle, le Bey Kryeziu n’est pas (encore ?) passé de vie à trépas, et les conditions dans lesquelles il a été blessé sont pour le moins peu claires. Avant de vouloir venger sa mort, il conviendrait donc d’attendre qu’elle soit réelle et constante (comme diraient les médecins français auxquels, dit-on, Enver Hoxha aime se fier). Et même dans ce cas, il ne faudrait pas partir en guerre contre les communistes sans y être préparés et, surtout, sans s’être assurés de ne pas mécontenter les Occidentaux pour une affaire aussi obscure.
En conséquence, il n’y a pour l’instant que la tribu des Kelmendi qui ait répondu à l’appel du Talion. Rien d’étonnant, ces gens-là ne reconnaissent plus d’autorité centrale depuis le sultan ottoman Sélim II (successeur de Soliman le Magnifique) en 1580 ! Mais ces rudes montagnards ne sont guère nombreux – on estime qu’ils ne représentent pas plus de 200 feux !
Les autres responsables locaux conviennent tous, pour des raisons diverses, de solliciter l’arbitrage de Safet Butka, de son adjoint le “général” Prenk Pervizi – et accessoirement des Occidentaux. Une démarche raisonnable, mais destinée aussi à sauver les apparences. Nul doute que les intéressés se réserveront le droit de refuser si bon leur semble la solution proposée depuis Tirana. Et dans ce cas, l’engrenage deviendrait incontrôlable…

Inquiétudes allemandes
QG de la 12. Armee, Nis
– Le chef d’état-major de la 12. Armee, Hermann Foertsch, met la dernière main à son rapport dans lequel il tente de prévoir la cible de la prochaine offensive ennemie. Un exercice rendu nécessaire – voire urgent – par la reprise des bombardements alliés, mais dans lequel la 12. Armee n’a guère brillé jusqu’à présent, c’est le moins que l’on puisse dire !
Bien qu’il ne quitte pas souvent ces temps-ci les murs de la forteresse ottomane, Foerstch n’en est pas moins un homme compétent, militaire depuis 1913 et officier depuis l917. S’attachant à ignorer les considérations politiques externes ou les « suggestions » de la SS et de l’OKW (lesquelles servent bien trop souvent de boussole à des confrères soucieux de se couvrir), ce natif de Prusse orientale fait son métier – scolairement mais logiquement. Reprenant point par point les rapports très parcellaires du service de renseignements de la Heer, comparant les données disponibles avec la géographie, et s’appuyant enfin sur l’histoire toute récente de la campagne de 1918, Foertsch s’arrête finalement sur la bataille de Dobro Polje, qui scella le sort de la Bulgarie et de l’Autriche-Hongrie et participa beaucoup à la fin du premier conflit mondial. Et il acquiert la conviction que les Alliés vont retenter l’estoc de Franchet d’Esperey – à ceci près que cette fois, ils pourraient combiner leur effort avec celui des Soviétiques.
Le chef d’état-major adresse donc un rapport alarmiste à son supérieur, indiquant « un risque d’offensive imminent et lourd de conséquences en Macédoine, par la vallée du Vardar ou la plaine de Bitola ». Alexander Löhr, après en avoir discuté avec lui, juge les indices suffisamment troublants pour informer à la fois le GA E (donc le général von Weichs) et l’OKW. Mais ses messages n’auront aucun effet. La Chancellerie et le Guide suprême ont les yeux rivés (dans l’ordre) sur le Front de l’Est, la France, l’Italie et le risque de trahison bulgare. Quant à von Weichs, qui n’a en réserve que la 1. Panzer-Division, il ne peut que répercuter cet avertissement à la XX. Armee – laquelle n’a guère d’unité disponible.
Prenant ses responsabilités, Löhr décide, pour sa part, de mettre en alerte les corps de Fehn et de Dietl, ainsi que les unités de réserve toujours installées à Gradsko. Ce qui ne change toutefois pas énormément leur situation, compte tenu du contexte sécuritaire troublé de la région et de la faiblesse des effectifs actuels.
………
L’Esprit de la Guerre (Dennis Kolte)
Alerte
Macédoine yougoslave
« Alors que je dormais pour une fois paisiblement sous la tente, on sonna l’alerte. Je me réveillai donc en sursaut, avec toute la section. Les officiers couraient dans tous les sens, hurlant des instructions comme si nous étions attaqués. Pourtant, personne à l’horizon. Nul orage d’artillerie, nul bourdonnement d’avion. Mais tous devaient se préparer à subir un assaut imminent, alors en ligne et au pas de course ! Je me retrouvai ainsi à prendre mon paquetage pour m’avancer à environ 400 mètres devant nos positions, toujours accompagné de cet insupportable Olaf. « Ordre du général Irkens, et peut-être de plus haut ! » me souffla-t-il avec l’air satisfait de celui qui se croit important. Remettant en place d’une main irritée la branche d’arbre qui me servait de camouflage, je lui intimai l’ordre de se taire. Seuls en enfants perdus, se faire repérer par les Anglais aurait été suicidaire. Eux aussi avaient des tireurs d’élite ! Le blondinet bafouilla : « Pardon, Herr Kaporal ! C’est l’excitation d’être enfin sur le point d’entrer en action ! » Pas de quoi être excité à mon avis – et je ne doutais pas qu’il s’en rendrait très vite compte… »


6 novembre
La campagne des Balkans
Opération Derby
Balkans
– Les assauts aériens se suivent et se ressemblent : les rares véhicules et convois ferroviaires survivants de l’Axe ne sortent plus guère de jour. Leurs positions et mouvements, bien trop vite signalés par les Partisans, en font en effet des proies faciles, alors que les avions alliés tournent au-dessus des routes et chemins de fer comme des essaims de frelons.
Les Boston du 232nd Wing et les Blenheim du 238th Wing frappent Leskovac, sur la route de Nis. Près de 70 appareils frappent donc une ville déjà durement touchée par la répression anti-partisan. Et le 6 novembre restera dans les mémoires comme « le jour de l’enfer » – un témoin racontera, encore haletant, qu’on aurait dit que « tout Leskovac se soulevait dans un tourbillon de poussière, de fumée et de gravats ». Mis au courant de ce bombardement comme de celui de la veille sur Belgrade, le gouvernement de Pierre II ne réagit pas pour l’instant : les Slaves sont peut-être moins sensibles que les Grecs. Néanmoins, on craint secrètement autour du souverain que tous ces morts, auxquels s’en ajouteront inévitablement d’autres, ne compliquent un peu le retour politique de la dynastie Karađorđević. Enfin, pour l’instant, chacun dira que c’est pour la bonne cause…

Qui croyait contrôler le chaos…
Tirana (ancien palais du roi Zog)
– Alors que la situation ne montre aucun signe d’apaisement à la frontière albano-kossovarde, c’est de nouveau un général français qui tente de démêler l’imbroglio albanais ! Après tout, l’affaire est dans le secteur de la 2e Armée française, elle dépend donc du général Henri Dentz, persifle-t-on à Athènes. Les Britanniques sont ravis de confier le bébé aux Français, d’une part parce qu’ils sont très occupés par la préparation de Market, d’autre part parce que les Mangeurs de Grenouille ne vont plus tarder à quitter les Balkans – et on hésite donc d’autant moins à leur infliger ce pensum… Mais pour cette nouvelle conférence de Tirana, le malheureux Dentz ne dispose hélas ni de l’appui rassurant du SOE, ni de l’expérience d’une conférence de l’Attique qui avait tant bénéficié à Audet.
C’est donc très inquiet que le Roannais préside aujourd’hui une réunion organisée en urgence et qui rassemble les ballistes Safet Butka et Prenk Pervizi face au communiste Gjon Markagjoni. Par bonheur, c’est ce “progressiste” qui est chargé de représenter les camarades Enver Hoxja et Ymer Dishnica, réputés bien plus radicaux. Hélas, bien qu’il soit plus ouvert à la discussion, l’homme n’en a pas moins ses instructions – et le camarade Hoxha ne tolérera sûrement pas une issue qu’il jugerait défavorable. Markagjoni est donc bien obligé d’être intransigeant, et le fait de forcer sa nature ne le rend assurément pas plus agréable.
L’entrevue, que chacun espère brève, démarre avec une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise d’abord, annoncé par Pervizi : « Selon nos dernières informations, Gani Bey Kryeziu aurait finalement succombé à ses blessures. Voilà qui anéantit nos chances de savoir précisément ce qu’il s’est passé à Has. » Le tout, énoncé sur le ton lugubre qui convient, sonne évidemment comme un reproche adressé à Markagjoni. Le communiste encaisse toutefois sans broncher le regard noir du “général” Pervizi, tandis qu’à côté de ce dernier, Safet Butlka semble définitivement désespéré – lui qui était prêt à se suicider pour éviter la guerre civile voit son cauchemar se matérialiser sous ses yeux. Mais l’envoyé du PC est venu avec la bonne nouvelle : « Général Dentz, nos forces se sont repliées vers le sud-ouest, au-delà de la frontière de la Yougoslavie et du Kosovo [Ce qui, à l’évidence, n’est pas la même chose dans son esprit.]. Cette précaution risque évidemment de gêner notre participation à Market. Mais elle préviendra aussi tout affrontement entre forces anti-allemandes, si les hommes de Muharrem Bajraktari veulent bien se tenir tranquilles. »
Avant que la discussion dérape en récriminations et qu’il faille peut-être de nouveau faire donner la police militaire, Henri Dentz intervient : « Ils se tiendront tranquilles, j’en suis certain. La question n’est d’ailleurs pas tant de spéculer sur les réactions de chacun que d’étouffer cet incident le plus tôt possible, en ramenant une troupe sans chef à la raison. Monsieur Markagjoni, ne pouvez-vous dépêcher un émissaire de votre parti, ou même des frères de feu le Bey Kryeziu ? »
– Ce n’est pas si simple, mon général. Nous faisons face à une troupe de… disons de soldats de fortune, persuadés que nous avons fait assassiner leur chef. Je crains qu’ils n’entendent que le langage de la force – tout comme leurs alliés Kelmendi. Mieux vaudrait vous tourner vers… nos partenaires ici présents.

Une pointe de regret perce, malgré lui, dans la voix du représentant communiste. On sent que l’homme, nonobstant ses convictions, éprouve quelque tristesse de voir les événements tourner ainsi.
– En somme, vous nous demandez de ramasser le fumier que d’autres ont jetés ? lâche Pervizi.
– On peut dire les choses ainsi, Général, car vos troupes sont les mieux placées pour cela, et les plus proches de leurs bases. Je ne doute pas que vos hommes, parfaitement équipés par nos alliés britanniques ou… par d’autres [sous le regard courroucé de Dentz, Markagjoni a corrigé sa phrase en cours de route], sauront mettre de l’ordre et éliminer cette menace.
– Oseriez-vous dire que nous avons l’expérience des combats fratricides ?
– Je n’ai rien dit de tel !
proteste Markagjoni avec un sourire crispé.
Un long silence s’abat sur la table. Dentz prend sur lui de le briser.
– Monsieur Butka, quelle influence sur l’offensive à venir aurait cette petite… explication ?
Le chef (théorique) du Balli Kombëtar prend la parole avec un soupir résigné : « Nous allons certainement devoir dépêcher des centaines d’hommes pour arrêter la troupe de Kryeziu. Des milliers, si elle trouve des alliés. Autant de bras qui n’aideront pas à libérer le pays. »
– Une éventualité inadmissible à deux jours de l’action – et de surcroît, vos Partisans sont déjà infiltrés dans le dispositif ennemi !

Chacun se tourne alors vers Gjon Markagjoni, qui feint de considérer un tableau accroché au mur, représentant peut-être un ancêtre de Zog 1er. C’est le Français qui pose la question fatidique.
– Qu’en pensez, Mons… Camarade Markagioni ? Vos chefs ont certainement un avis sur la question !
– Hé bien, le camarade Shehu et ses troupes d’assaut n’auront aucun mal à réduire l’insurrection dans notre… zone d’action telle que défini ici même le 21 septembre dernier. Mais pour éliminer tout risque, il nous faudra certainement aventurer une partie de nos forces en zone balliste. Ce qui risque de nous obliger à… travailler ensemble, Messieurs.
– Impossible, pour des raisons évidentes de logistiques !
rétorque Pervizi. Et pour éviter tout regrettable incident, ajoute in petto Dentz – mais tout le monde autour de la table l’a compris.
– En ce cas, il va falloir nous confier temporairement une partie de votre zone !
– Temporairement ?
– Oui. Le temps que nous débusquions et ramenions à la raison les chiens fous de Kryeziu. Ce qui prendra…

C’est Dentz qui complète : « Un certain temps ! Et les Kelmendi ? »
– Eux aussi seront difficiles à raisonner – impossibles même. Ce sont des paysans arriérés, des guerriers sauvages aux coutumes barbares. Savez-vous qu’ils ont même parmi leurs troupes des vierges assermentées, qui font vœu de vivre en homme jusqu’à…
– Ne nous éloignons pas du sujet. Quelle serait votre zone de… battue ?
– Difficile à préciser pour le moment, cela dépend de nos adversaires. Mais je pense… jusqu’à Ponoshec, Gjakovë et la rivière Lepenac.

Soit en gros la majorité des zones de transit ballistes.
Dentz soupire : « Et pendant que vos forces gèrent ce désordre – dû à une de vos troupes, je vous le rappelle – elles ne pourront évidemment pas combattre les Allemands ? »
– C’est évident – ni en Albanie, ni au Kosovo. Mais nos forces combattront néanmoins au Monténégro. Et nous comptons bien sûr sur le généreux soutien de nos alliés pour nous aider à régler ce dossier.
– Qu’en pensez-vous, Monsieur Butka, Monsieur Pervizi ?

Butka pousse un nouveau soupir, douloureux mais approbateur.
Pervizi est plus clair : « Nous n’avons pas le choix. Nous tiendrons notre parole et nous aiderons les armées alliées. »
– Tout comme les Partisans du Parti communiste albanais, mon général !
– Et la Nations Unies vous en sauront gré, soyez-en sûrs. Messieurs, je crois que tout a été dit.

La réunion s’achève et l’on se sépare sans un mot. Qu’ils soient ou non responsables de la mort de Gani Bey Kryeziu, les communistes albanais viennent de mettre un pied dans le Kosovo, et le droit de modérer leur participation à Market sans qu’on puisse leur en tenir rigueur. Ce qui les met dans une position bien plus favorable pour l’inévitable guerre civile à venir. Et dans l’immédiat, les pots cassés seront payés par d’autres, dont notamment les Kelmendi, qui risquent de payer fort cher leur conception traditionnaliste de l’amitié.

Ambitions excessives
Monastère de Prohor Pčinjski (Macédoine)
– Dans les murs de l’ermitage bâti il y a près de mille ans par l’empereur byzantin Romain IV [En hommage à Saint-Prohor, qui avait prophétisé son couronnement à la tête de l’empire.], l’Assemblée Antifasciste pour la Libération du Peuple Macédonien (Antifašističko Sobranie za Narodno Osloboduvanje na Makedonija ou ASNOM) tient sa première assemblée plénière. Le lieu choisi est particulièrement sûr : il est situé dans les montagnes bien au nord de Kumanovo, assez près de la frontière bulgare d’un côté et du Kosovo de l’autre.
Les Résistants macédoniens sont très confiants : la libération de leur pays (de la partie yougoslave de leur pays, estiment certains) est imminente. Une réunion de coordination destinée à préparer l’après-conflit était donc nécessaire. Sont donc réunis dans le monastère orthodoxe pas moins de 115 représentants de mouvements locaux, sans le Parti communiste mais avec l’aile gauche de la VMRO, qui se fait cependant toute petite après l’incident Mihaïlov. Passés les discours de façade, congratulations hypocrites et autres sourires figés, le président Metodija Andonov-Čento (un nationaliste qui a l’avantage de n’être ni communiste, ni compromis avec les Bulgares) soumet au vote la motion principale : la proclamation de la République Populaire de Macédoine, état-nation du peuple macédonien, dont la langue officielle est… le macédonien.
Toutefois, dans un souci de crédibilité politique, l’ASNOM a jugé nécessaire d’accorder deux concessions d’importance aux Alliés : d’une part, les droits civils sont assurés à tous les citoyens sans distinction d’ethnie, ainsi qu’une garantie de protection de leurs langues et religions ; d’autre part, la République s’inscrira dans le cadre d’une future fédération avec la Yougoslavie. « La fraternité unit les Macédoniens aux autres peuples yougoslaves » déclare finalement Cento en conclusion de la conférence, afin que chacun puisse rejoindre son maquis l’âme en paix.
Mais la motion n’est en fait qu’un vœu pieu, d’autant plus que l’unité au sein même de la Macédoine n’est toujours pas acquise. De fait, la proclamation – qui obtiendra finalement le soutien des gouvernements alliés via le SOE – paraît bien avoir été improvisée afin de prendre de court le Parti communiste, le gouvernement de Pierre II et l’administration militaire alliée – personne parmi les conférenciers de Prohor Pčinjski ne tient à subir un découpage en zones et à être chaperonné par un général étranger. La date initialement envisagée pour cette proclamation était le 2 août 1944 (anniversaire de l’insurrection d’Illinden contre les turcs en 1903) ; elle a été avancée de presque un an, afin de coller à l’évolution des opérations.
Mais – bien entendu – cette démarche ne fera pas que des heureux du côté d’Athènes, d’autant plus que le manifeste publié par l’Assemblée revient largement sur les vexations subies par le peuple macédonien pendant la guerre… mais aussi auparavant. Et de surcroît, Metodija Andonov-Čento escomptait bien que “sa” Macédoine comprenne une portion significative de la Bulgarie et même de la Grèce, le tout sans rendre trop de comptes à Belgrade. On comprend que les réactions des gouvernements royaux grec et yougoslave, ainsi que celle du Parti communiste de “Tempo” et Lazar Koliševski aient été très modérément favorables. Après la capitulation nazie, l’ASNOM organisera effectivement les premières élections parlementaires de Macédoine – mais les efforts combinés du PC local (alors soutenu à la fois par Tito et Hoxha) ainsi que du gouvernement de Belgrade feront vite rentrer dans le rang ce petit peuple orgueilleux.
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Dronne



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MessagePosté le: Mar Nov 27, 2018 13:43    Sujet du message: Répondre en citant

"Kaporal" n'existe pas en allemand, c'est Gefreiter.

Pauvre général Dentz!!!
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