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Anaxagore



Inscrit le: 02 Aoû 2010
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MessagePosté le: Jeu Aoû 30, 2018 15:55    Sujet du message: Répondre en citant

Euh... C'est encore plus ancien. Vous avez tort tous les deux, les Balkans sont une poudrière depuis... l'arrivée des Bulgares dans la région. Et si pendant l'Empire Byzantin, les choses n'ont pas évolué si mal que ça... c'est à cause des Byzantins et leurs méthodes de "gestion du problème bulgare"... Ce sont les inventeurs du nettoyage ethnique. Si vous pensez que les nazis sont cruels ou que Vlad III est un monstre sanguinaire c'est que vous n'avez jamais entendu parler de l'empereur byzantin Basile II Bulgaroktonos ( le tueur de Bulgares). Le récit des atrocités perpétrés par les Grecs sur les Bulgares peuvent même être considéré comme une arme vu qu'ils ont fait au moins un mort... le Tsar Samuel (roi Bulgare de l'époque) a trépassé d'horreur en l'entendant !
_________________
Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
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Cincinnatus



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MessagePosté le: Ven Aoû 31, 2018 07:37    Sujet du message: Répondre en citant

Selon la légende, après sa victoire à la passe de Kleidon en 1014 sur les Bulgares, Basile II a fait crever les yeux de tous les prisonniers (environ 15 000) hormis 1 sur 100 a qui il a "seulement" fait crever 1 seul œil pour conduire les aveugles et les a tous renvoyé au tsar Samuel qui est mort en les voyant revenir? Aujourd'hui les historiens acceptent la victoire mais doutent fortement du nombre de prisonniers aveuglés car les bulgares ont encore résistés près de 4 ans avant de succomber face à l'empire byzantin après l'ultime bataille de Dyrrachium (Dürres).
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Casus Frankie
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Messages: 10135
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MessagePosté le: Ven Aoû 31, 2018 08:28    Sujet du message: Répondre en citant

23 septembre 1943
La campagne de Grèce et des Balkans
Pause
Sur le front
– Sur l’ensemble du front d’Albanie, de Macédoine et de Grèce, la journée est calme et aucune action significative n’est signalée. Les deux camps demeurent dans l’expectative, guettant les actions de l’adversaire tout en s’attachant à réparer le matériel et (si la logistique le veut bien) à recompléter les stocks. Ce qui ne veut absolument pas dire qu’il ne se passe rien à l’arrière.

Nul refuge
Monténégro
– L’arrêt de l’offensive en Albanie et la pause dans les opérations militaires dans le sud des Balkans offrent à nombre de mouvements politiques en Yougoslavie l’occasion de solder leurs comptes. Pour eux, c’est le moment où jamais, avant l’arrivée d’armées occidentales que l’on dit si attachées au respect du Droit de la Guerre.
Ainsi, le général Đukanović et son adjoint le commandant Bajo Stanišić, chefs des Tchetniks collaborateurs monténégrins, se retrouvent piégés avec quelques dizaines d’hommes dans le monastère d’Ostrog par plusieurs centaines de partisans communistes. Les assiégeants menaçant de détruire le lieu saint qui leur servait de quartier général, Đukanović et 22 de ses soldats capitulent – les plus gradés (à commencer par le général) sont immédiatement fusillés, les autres passeront de longues années en captivité. Stanišić et ses lieutenants préfèrent se suicider. Ces morts décapitent les mouvements collaborateurs au Monténégro et accroissent l’agitation de la province, qui rentre dans l’habituel cycle actes de résistance – actions de représailles.

Le siège de Salonique
Paysage après la bataille
Salonique
– Quatre jours après la reddition de la Festung, un premier bilan humain du siège est établi par les services de secours alliés. Sur les 375 000 habitants qui peuplaient Salonique au début des opérations (sans compter les 50 000 juifs déjà déportés par les Allemands), on estime qu’environ 250 000 ont été pris au milieu des combats. Un tiers de ces derniers habitaient la banlieue, qui a été relativement épargnée. La famine, les exactions du KG Müller et les bombardements ont donc frappé 175 000 personnes. On estime aujourd’hui que près de 9 000 sont mortes pendant ces trois semaines, et au moins autant blessées. La responsabilité des bombes alliées reste aujourd’hui discutée, car le sujet est d’évidence polémique : les chiffres varient de 2 500 à 5 500 morts. La vérité se situe probablement autour de 4 000 tués.
Le travail des services de santé ne se limite d’ailleurs pas à soigner les blessés. En effet, tandis que le Royal Engineer Corps et ses démineurs sont sur la brèche pour faire tomber le plus vite possible les restes de bâtiment menaçant ruine, désamorcer les obus non explosés et neutraliser les pièges des Jägers, la puanteur due à la putréfaction des cadavres devient par endroits insupportable et on craint l’apparition d’épidémies, de choléra notamment. Derrière les démineurs s’avance donc la sinistre cohorte du Graves Registration Service, dont les membres, munis de masques à gaz, opèrent dans des conditions souvent atroces. Les corps sont ramassés et déposés dans le cimetière Zeitenlik ou dans les parcs de la ville, pour permettre aux familles de tenter d’identifier leurs proches. Les nombreux cadavres inconnus ou trop abîmés pour être reconnaissables sont rassemblés dans une fosse commune située place Agia Sofia. Depuis, une messe est célébrée en leur mémoire dans l’église du même nom chaque premier dimanche du mois.
Pour les vivants, faute de mieux et dans l’attente, des milliers de tentes sont installées dans la plaine entre Nea Magnisia et Sindos, formant d’immenses camps où les conditions de vie sont fort précaires, d’autant plus que le paludisme est endémique dans la région. Bien sûr, ces tâches indispensables ne facilitent pas la mission principale des soldats alliés – combattre ! – et nourrir les habitants est un poids supplémentaire imposé au Supply Corps.

Communication
Athènes
– La situation dramatique des habitants de Salonique n’échappe pas à la presse, malgré la censure en vigueur. Les journaux grecs préfèrent évidemment insister sur la libération de la seconde ville de Grèce, symbolisant celle du pays – Makedonia (théoriquement édité à Salonique, mais dont la rédaction s’est provisoirement installée à Athènes) sort ainsi un numéro spécial dans des circonstances tenant du miracle. Cependant, Ethnos affirme que « l’étendue des sacrifices consentis par notre Nation pour la Victoire dépasse les plus sombres prévisions. Le peuple grec tout entier réclame justice pour les morts de Salonique et exige le châtiment des responsables. » Mais les lecteurs ne doivent avoir aucun doute : ces responsables, c’est à Berlin qu’il faut les chercher, et ils sont Allemands ou, parfois, Grecs. Montgomery, toujours très préoccupé de son image, a su faire tenir aux rédactions d’Athènes des photos des cimetières où sont enterrés les soldats alliés des deux campagnes de Grèce – Britanniques, Australiens, Néo-Zélandais, Français… morts pour la liberté du pays où est née la démocratie.
Les journaux anglais et français – dans le peu de place qu’ils consacrent à Salonique, à côté des nouvelles des combats en Provence – font preuve de réserve. Le Daily Express décrit avec flegme « la destruction du centre-ville de Salonique, conséquence inévitable de la stratégie de la terre brûlée mise en œuvre par le Reich et de la ténacité des troupes d’élite allemande, qui ont imposé à nos forces l’emploi de leurs armes les plus puissantes. » A Alger, Le Monde (qui n’a encore pu ouvrir qu’un bureau à Marseille) écrit que « La tactique utilisée par nos amis et alliés britanniques peut nous inspirer des regrets devant les destructions causées. N’était-il pas envisageable d’attendre la capitulation de forces allemandes privées de ravitaillement ? Malheureusement non, car cette pénurie aurait provoqué encore davantage de victimes civiles. Hélas, le résultat fut un ravage que l’on n’avait pas vu depuis Léon Le Tripolitain [En 904, Salonique fut prise par une flotte sarrasine commandée par Léon le Tripolitain, qui comptait près de dix mille combattants. La cité fut alors intégralement pillée et les assaillants repartirent avec un butin considérable et pas moins de 22 000 captifs, selon les chroniques.]. »
Alger Républicain, plus virulent, devait évoquer « les bombes qui tuent toujours davantage de pauvres prolétaires que de riches possédants » et se demander « combien de sacrifices seront encore nécessaires dans les villes françaises pour libérer la Patrie ? » Mais l’article ne parut pas, des camarades du PCF ayant opportunément rappelé à la direction de la rédaction qu’en ces temps d’union nationale, donner du travail à la censure n’était pas une bonne idée.
Montgomery est au courant des états d’âme des journalistes, mais se dit – non sans raison – qu’il préfère ce genre de commentaires aux ricanements acerbes qui commençaient à se multiplier avec la prolongation du siège… Et que l’on parle de lui pour annoncer une victoire, même dans des conditions difficiles, est toujours une bonne chose. Finalement, il convoque Audet et Spiliotopoulos pour leur annoncer que tout va bien – avec un peu de retard, certes, mais tout va bien. Le Hun est pour ainsi dire chassé de Grèce. Salonique est conquise, un peu abîmée mais conquise, et le port est encore là. Les quelques Bulgares qui occupent toujours un morceau de Thrace ne sauraient être un problème. L’Albanie est calmée – "Vous voyez que j’avais raison de vous faire confiance, Audet ?" Bref, il va être temps de passer à la suite.
Si le général français adopte un sourire de bon aloi, il garde sur l’estomac sa récente escapade à Tirana au milieu de brigands de grand chemin – les félicitations reçues d’Alger ont quand même adouci son ressentiment. Panagiotis Spiliotopoulos n’a pas eu ce genre de consolation, et depuis la nuit du 18 septembre, il n’est plus guère porté sur la gaudriole.
Montgomery ne leur demande pas d’applaudir. Il reprend : « Je pense, Messieurs, qu’il est important de montrer l’unité de nos forces, malgré leur composition multinationale, et de rappeler au monde les victoires remportées ces derniers mois. Nous allons donc organiser à Salonique une cérémonie de célébration et d’hommage. Audet, vous transmettrez au général Dentz, bien sûr, mais aussi aux Yougoslaves, aux Polonais et aux Tchèques. O’Connor se chargera des Australiens et des Néo-Zélandais. Et vous, Spiliotopoulos, je n’ai pas besoin de vous dire qui inviter. Disons le 25 septembre, qu’en pensez-vous ? »
Les deux généraux saluent – après tout, ce sont des soldats, ils savent que la guerre tue… et qu’il faut encore gagner celle-ci : quelle que puisse être l’amertume de la victoire, celle de la défaite serait bien pire. Puis ils vont chacun de leur côté lancer les invitations.
………
« Le temps commençait à être long dans la vallée de Nea Santa. Presque trois semaines sans rien faire, à entendre tonner le canon sur nos arrières, avec pour seul dérivatif quelques bouteille de Makedonikos Tsantali qui avaient par miracle échappé aux Allemands. Du pain, du vin, de l’huile… la Méditerranée, mais nous n’étions pas en vacances et d’autres se battaient pendant ce temps.
Toutefois, et même si Gashi râlait (comme à l’accoutumée) après « ces Anglais qui veulent faire tout le boulot et pendant ce temps nous empêchent d’avancer », je n’enviais vraiment pas les hommes de l’ANZAC et du XIIIth Corps. Les assauts sanglants, les tireurs embusqués sous les toits, les hommes écrasés sous les bombes… Ce n’était vraiment pas ma vision de la guerre. Où étaient passées les chevauchées mortelles mais glorieuses d’Amphilochia et de Nafpatkos ? Je fus donc désagréablement surpris quand l’état-major du général Krstic m’annonça que je devais me rendre dans la fameuse cité le lendemain et prévoir d’y rester deux ou trois jours « avec un uniforme propre ». Un chauffeur viendrait me chercher. »
(Capitaine Pierre Percay, op. cit.)

Yaourt bulgare
Mission accomplie
Bulgarie
– Au matin, la 19. PzrGr repart vers le front. Le soir, elle est à Borovets. Bientôt, ce sera au tour de la 1. Panzer de quitter le pays.

Apparences trompeuses
Sofia
– Le nouveau gouvernement Bozhilov/Marinov parait désormais suffisamment stabilisé à Adolf Beckerle pour que celui-ci voie partir la 1. PanzerDivision et les troupes de List sans trop d’inquiétude. Seule la 4. SS-Polizei assurera la sécurité pour le compte du Reich dans Sofia – à la grande satisfaction du quasi-Gauleiter.
Aujourd’hui, Marinov présente au SS la liste des unités qu’il conviendrait de libérer sans trop tarder de ses camps d’internement en Macédoine : essentiellement la 5e Armée du major-général Nikola Mihailov Mihov (deux divisions) et les 22e et 27e DI du 1er Corps d’Occupation. Avec cela, il sera possible de constituer une nouvelle 1ère Armée, qui permettra de libérer entièrement le XXII. GAK de Gustav Fehn. Comme ce dernier ne compte plus que la 104. Jäger et la 19. PzrGr, le QG de la 12. Armee s’apprête à lui transférer la 187. ID, qui fait pour l’instant partie du XVIII. GAK. Ainsi, le XXII. GAK formerait une force de réserve appréciable.
Toutefois, un point achoppe dans la discussion entre les deux hommes : le rôle exact de la 2e Armée. Afin de maintenir l’ennemi dans l’incertitude, Alexander Löhr souhaiterait que cette force s’accroche à la Thrace comme à son territoire national… dont la Thrace fait partie, n’est-ce pas ? Mais le général Marinov vient de discuter avec Nikola Hristov, qui émet les plus vives réserves à ce sujet – pour parler franc, il lui a même fait comprendre qu’il préférait ne pas être nommé à la tête de cette armée dans ces conditions. Pourquoi défendre la Chalcidique péninsulaire ? Quel intérêt aurait la Bulgarie à tenir des villes comme Kavala et Serres ? Ces dernières sont indéfendables, n’en déplaise au colonel Strashimir Velchev et à sa 16e DI !
Passant sur le fait que la Thrace ne risque guère d’être la cible d’une offensive britannique et qu’il devrait être possible de défendre la région contre les seuls Grecs, Marinov finit par évoquer adroitement l’idée d’un repli sur une ligne Bitola-Sandanski-Kardjali… ce qui correspond peu ou prou à la frontière gréco-bulgare de 1939 ! Beckerle, habitué aux subtils revirements balkaniques, ne se prive d’ailleurs pas de le faire remarquer.
– C’est possible, Herr Beckerle, s’écrie le général, mais c’est peut-être parce que le contrôle de cette province n’était pas une si bonne idée, au départ… Nos divisions ne sont pas de taille à affronter en rase campagne les armées alliées. Vous le savez aussi bien que moi. J’échange donc de l’espace contre de la sécurité.
Marinov sourit largement et conclut : « Laissons nos adversaires s’amuser en Thrace, cela les occupera pendant une à deux semaines, tout en allongeant leurs lignes de communication. Du temps de gagné pour nous, sans nous faire perdre grand-chose. Et puis, les Alliés n’ont pas l’air pressés d’entrer en Bulgarie, nous l’avons constaté dernièrement, alors qui sait ? Après ce mouvement, nous n’aurons peut-être plus du tout besoin de solliciter l’armée allemande pour protéger notre pays d’une agression étrangère ! »
En somme, le général bulgare propose de se replier dans son pays. Après une brève bouffée d’irritation, Beckerle reconsidère la chose avec objectivité. Pourquoi pas ? Si les Alliés oubliaient la Bulgarie, la défense de la Roumanie n’en serait que facilitée… et il n’aurait plus à gérer les récriminations de la Wehrmacht.
Finalement, le SS répond : « Je saisis votre point de vue, que j’approuve. Je vais proposer votre plan au chef de la 12. Armee – vous comprendrez que je ne peux pas vous autoriser à un repli sans son accord ! Cependant, s’agissant d’unités bulgares, en Bulgarie, je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’en référer à Berlin… Vous voudrez bien noter toutefois que votre gouvernement assumera seul toutes les conséquences internes de cette décision, y compris vis-à-vis du colonel Velchev. »
Marinov est tout miel : « Evidemment, Herr Beckerle ! Evidemment ! Ah… Autre chose : vous n’envisagez pas vraiment de céder notre Marine aux Roumains, n’est-ce pas ? C’est une question… symbolique ! »
C’est au tour du SS de se caler confortablement dans son fauteuil pour répondre aimablement : « Nous verrons selon l’évolution de la situation… Vous comprendrez, général Marinov, que le Reich attend de la Bulgarie des preuves concrètes de sa participation à l’effort commun ! Il s’agit de l’utilisation de vos meilleures divisions, qui restent figées sur la frontière turque alors que leur aide serait si appréciée ailleurs, ou bien de la résolution du problème juif dans votre pays. »
Le Bulgare ne peut que battre en retraite, évoquant pêle-mêle la fragilité de son gouvernement, son arrivée récente aux affaires et la stabilité du pays, qu’il conviendrait de ne pas bouleverser pour des questions importantes mais non essentielles. Ce dont Adolf Beckerle veut bien convenir… pour le moment.
On en reste donc là pour l’instant – le SS est en mesure d’imposer son autorité à Marinov, mais le général semble jouer le funambule sur une très fine corde, entre homme de paille et patriote. Qui sait ce que donnera ce bras de fer feutré pour l’avenir de la Bulgarie, et notamment de ses citoyens israélites ?

Coincés
Sur les ondes
– Radio Neue Europa évoque les premières actions du gouvernement bulgare en les reliant à la chute de Salonique et à la bataille en cours en Roumanie. « Coincés entre l’enclume du capitalisme et le marteau du bolchevisme, les Bulgares auront enfin l’occasion de montrer leur valeur au Reich ! A moins qu’ils ne tentent à nouveau de trouver – éventualité bien improbable – une porte de sortie pour les lâches ! » A moins que, en effet…


24 septembre
La campagne de Grèce et des Balkans

Une nouvelle succession d’averses traversent les Balkans, lessivant les champs de bataille et interdisant toute mission aérienne. La pause des opérations n’en est que plus marquée.

Le Mur de l’Albanie
Shkodër
– Hellmuth Felmy a confirmation de l’arrivée en ligne du premier régiment de la 173. ID. sur le front de la rivière Mat. Avec ces nouvelles troupes, le chef du LXVIII. AK se sent enfin assez fort pour s’installer dans la durée. Compte tenu de la récente augmentation de l’agitation au Monténégro, le général déploie la 369. ID, la Division du Diable croate, non loin de ses lignes (et de sa personne), entre Shkodër et Podgorica. Le tout en espérant que ces auxiliaires seront au moins aussi efficaces que les hommes du SS-Standartenführer Walther Schimana… Il ne sait pas encore à quel point ce sera le cas !
Pendant ce temps, les quelques survivants de la 11. Luftwaffen-Feld-Division s’apprêtent à quitter la région, sans qu’ils le regrettent ou qu’ils soient regrettés. Leur unité, qui a subi des pertes effroyables depuis le mois d’août, rentre en Allemagne. Elle n’y sera pas reconstituée mais bien dissoute et ses personnels seront versés dans d’autres divisions de la Luftwaffe. Cette disparition sera saluée par les gémissements du Reichsmarschall Göring, se plaignant que la Heer avait sacrifié sans égard “son” infanterie. Il est certain que le général Felmy n’a pas offert un traitement de faveur (c’est le moins qu’on puisse dire) à ces pauvres troupiers mal entraînés, mais à qui la faute s’ils étaient si mal préparés au combat d’infanterie ?

Le siège de Salonique
Paysage après la bataille
Salonique
– Dans la ville, les opérations de déblaiement et de sauvetage se poursuivent avec rapidité et énergie, même si la tâche est immense. La 6th Australian Infantry Division tient désormais solidement la ville – elle a hélas acquis de l’expérience depuis Volos … Les derniers pillards ont été arrêtés et l’ordre règne.
Des représentants du Supply Service, dont le fameux colonel Canterbry, qui avait alerté sur les risques de l’opération Whirlwind, sont arrivés ce matin pour déterminer conjointement avec le Génie quelles sont les réparations les plus urgentes et estimer les capacités transitoires du port avant sa remise en état complète. La cité se transforme… elle vit donc encore.
………
« Les rues de Salonique étaient peu à peu vidées des carcasses, épaves et autres décombres. Nous pouvions parcourir les avenues et patrouiller sans crainte de nous faire aligner par un de ces enfoirés de tireurs d’élite. Non point le calme, mais la détente. Toute la section semblait voir enfin la lumière au bout du tunnel, et nous ne pensions plus trop (pour le moment) à ceux qui n’étaient plus là. Nous étions tout simplement vivants, heureux d’avoir survécu et cette simple pensée était une bouffée d’oxygène pour nos âmes. » (H.C. Goldsmith – op. cit.)
………
« I walk a wrecked road
Between the many that I have ever known
Don’t know where it goes
But it doesn’t scare me, and I walk alone
I walk this crippled street
On the boulevard of broken dreams »

(Caporal Mathew, ANZAC, à l’harmonica – moins mélancolique)
………
Pendant qu’on s’agite dans le secteur de la gare et du port, le centre historique n’est pas en reste. Une estrade est en train d’être montée sur l’Agora, dos au (trop petit) théâtre antique, qui n’a pas été significativement touché par les combats. C’est là que Montgomery prononcera son discours demain.
Par-delà ces contingences politiques qui n’intéressent pas vraiment les troupes, des divertissements sont programmés sur la grande place, ils suivront les adresses des huiles. Après tant d’efforts, l’ANZAC et le XIIIth Corps n’ont rien contre un peu de détente.
………
« La Jeep qui était venue me chercher était conduite par un dénommé Karim, un Algérien d’Oran, engagé volontaire. Depuis les lois de 1940, ces gens-là étaient des citoyens et non plus des sujets français… Et il faut bien le dire, musulmans ou chrétiens, ils couraient les mêmes risques que nous. Mais quelle pitié quand même que la faiblesse de nos effectifs nous ait contraints à recourir à de tels expédients ! De plus, l’intéressé, bien que somme toute sympathique, était bavard mais à un point ! Bien avant d’arriver à destination, je savais tout des performances de son équipe de football favorite, le FC Oran, qu’il estimait promis à un avenir radieux [De fait, le FC Oran sera le premier champion d’AFN d’après-guerre.] ! Mais qu’avais-je à en faire, nom d’un chien ?
Traversant les rues encombrées de la ville meurtrie, je fus surpris par l’agitation qui y régnait, et pas seulement la densité du trafic. Les policiers militaires avaient grand-peine à gérer la circulation de cette multitude, qui ne gênait nullement Karim : « Ça me rappelle le pays, mais la pluie en plus ! » m’a-t-il dit en riant de toutes ses dents.
Il y avait effectivement quelque chose d’oriental dans l’atmosphère. Près du port, l’odeur épicée des étincelles imprégnait l’air, les sapeurs devaient souder une multitude de choses ! Un peu plus loin, une bande de pillards attendait son transfert, les pieds dans la boue. Pour ceux-là, pas de pitié, que le bourreau fasse son office !
J’arrivai finalement à mon cantonnement, après bien des dérapages dans de profondes flaques d’eau – fort heureusement, l’uniforme « propre » spécifié par ma convocation était précieusement à l’abri dans mon sac. Congédiant Karim, j’entrais dans le bâtiment pour me retrouver face à un… cours de peinture ? Quelques Maoris de Nouvelle-Zélande étaient confortablement installés sous une loggia, à tracer sur une peau de bête des motifs entrelacés, formant eux-mêmes d’autres dessins, pour un résultat barbare mais fascinant, je dois l’avouer. Un Britannique regardait la scène avec intérêt. Je l’approchai pour lui demander un avis de civilisé sur la question – comment nos artistes ont-ils pu passer de ces bizarreries primitives aux chefs-d’œuvre de la Renaissance ? L’homme, qui se présenta sous le nom de Morton Seabourne, me traita ni plus ni moins de béotien attardé ! L’excentricité britannique, je suppose…
[Morton Seabourne, devenu par la suite professeur de dessin, aura parmi ses élèves des artistes aussi méconnus que brillants comme John Harris, dont les tableaux serviront souvent d’illustrations pour des ouvrages de science-fiction publiés dans la seconde moitié du XXe siècle.] » (Capitaine Pierre Percay, op. cit.)

Yaourt bulgare
Vers de nouveaux horizons
Sofia
– Avec un manque d’enthousiasme certain, la 1. PanzerDivision de Walter Kruger lève à son tour le camp pour quitter Sofia. Il est prévu qu’elle se redéploie en réserve aux alentours de Belgrade – soit sa position initiale avant les… difficultés provoquées par le Régent. Les pilotes en sont quittes pour trois nouveaux jours de route, et aucun n’est vraiment pressé de retourner en Serbie, tant la Bulgarie leur a paru un pays calme et accueillant. Du moins, comparativement à la Yougoslavie ! Certes, on leur a tiré dessus, mais lors de batailles rangées, et les tireurs étaient des soldats en uniforme, pas des civils à n’importe quel coin de rue…
………
Sud de la Bulgarie – De son côté, la 19. PzrGr poursuit sa route vers la vallée du Vardar et la Macédoine, sans se presser plus que nécessaire. Traversant Blagoevgrad, l’unité est à Kochani pour la nuit.

Retour au pays
Macédoine
– Les 22e et 27e Divisions du 1er Corps d’Occupation du major-général Asen Drobev Nikolov sont libérées de leur internement. Ayant récupéré leurs armes (mais non leurs munitions), elles entament leur marche de retour vers leur pays, dans des circonstances que n’avait pas imaginées leur chef ! Ce dernier a accepté la proposition du général Marinov – moins par enthousiasme que pour pouvoir être libéré. Mais enfin, que pouvait-il faire pour le Régent de toute façon ?
Sitôt ces deux divisions arrivées en Bulgarie (et réapprovisionnées en munitions), les Allemands prévoient de délivrer les deux divisions de l’ancienne 5e Armée du major-général Nikola Mihailov Mihov, elles aussi retenues en Macédoine. Mais pour ces dernières, cela prendra un peu plus de temps, car un toilettage poussé du corps des officiers s’impose. Et Beckerle ne presse pas vraiment le mouvement : il ne souhaite surtout pas voir arriver trop vite dans le pays une masse de combattants à la loyauté incertaine.

Apparences trompeuses
Sofia
– Le général Marinov sort du bureau de son “quasi-Gauleiter” avec un large sourire. Adolf Beckerle vient de lui confirmer que la 12. Armee ne s’opposait pas à « un réaménagement du dispositif bulgare en Thrace ». Il ne reste donc qu’à donner les ordres… et à les faire appliquer.
………
Stilida – Dans la grande villa donnant sur la baie de Lamia qui sert de cage dorée aux officiers bulgares internés par les Britanniques, le général Trifon Yordanov Trifonov se laisse aller à la déprime. Après la dissolution de son 2e Corps d’Occupation, qui l’a forcé à fuir vers le sud, et après son humiliante reddition auprès des Alliés, l’homme a suivi l’écrasement de son pays par la botte nazie, puis son remodelage selon les convenances du maître germanique. Trifonov est au courant de tous les événements de Sofia – les Britanniques ne lui épargnent aucun détail, soucieux d’exploiter au maximum sa connaissance des rouages de l’armée bulgare. Qui est ce Marinov ? Que veut-il au juste ? Est-il un fanatique partisan du Reich ou s’agit-il juste d’une marionnette de la Chancellerie ?
A tout cela, Trifonov n’a guère de réponse, angoissé qu’il est pour sa famille et son avenir. Il a appris sa condamnation à mort et craint de devenir un exilé esseulé et oublié de tous en marge de l’Histoire. A-t-il encore un rôle à jouer ? Ces sombres réflexions l’occupent jusqu’à ce qu’un de ses hôtes lui apporte un courrier acheminé de Sofia par les soins de la Croix-Rouge. La missive a bien évidemment été lue, relue, analysée dans le détail et même étudiée par un cryptographe. Cependant, sa lecture redonne des couleurs au général : la lettre est de sa famille, qui va bien et le rassure – aucun de ses membres n’a même été emprisonné. De très bonnes nouvelles donc, Trifonov pousse un soupir de soulagement.
Une phrase l’intrigue toutefois : « Notre cousin Dimitrov va très bien, il te donnera bientôt de ses nouvelles. Salue nos amis français de sa part ». Hum… Le général connaît en effet des Français, ce qui n’a rien d’étonnant en raison des relations suivies qu’ont entretenues les deux nations dans les années 30. Mais il les a perdus de vue et surtout, il a beau se torturer la mémoire, Trifon Yordanov Trifonov n’a aucun cousin du nom de Dimitrov (un patronyme pourtant répandu en Bulgarie). Poussant plus loin sa réflexion, il s’étonne que ce pli ait pu lui arriver aussi rapidement – les postes et la Croix-Rouge bulgares ont en ce moment d’autres sujets de préoccupation. Revenant vers l’enveloppe, il examine avec attention le cachet : les services postaux du palais ! Un léger sourire éclaire alors le visage du malheureux prisonnier – il a encore un rôle à jouer…

Divers
Sur les ondes
– Ce soir, rien de spécial sur Radio Neue Europa, sinon des considérations oiseuses sur la chute de Salonique et ses conséquences. « Les Grecs, après avoir récupéré leur misérable port grâce au sang versé par les Anglais, vont forcément vouloir envahir et annexer la Bulgarie, car telle a toujours été leur intention depuis l’Antiquité ! Amis, la bataille finale arrive : il faut que tous les Bulgares de bonne souche et de bonne volonté montent au parapet pour défendre leur nation ! » Une manière de mettre la pression sur le nouveau gouvernement bulgare.
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Anaxagore



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MessagePosté le: Ven Aoû 31, 2018 08:31    Sujet du message: Répondre en citant

Cincinnatus a écrit:
Selon la légende, après sa victoire à la passe de Kleidon en 1014 sur les Bulgares, Basile II a fait crever les yeux de tous les prisonniers (environ 15 000) hormis 1 sur 100 a qui il a "seulement" fait crever 1 seul œil pour conduire les aveugles et les a tous renvoyé au tsar Samuel qui est mort en les voyant revenir? Aujourd'hui les historiens acceptent la victoire mais doutent fortement du nombre de prisonniers aveuglés car les bulgares ont encore résistés près de 4 ans avant de succomber face à l'empire byzantin après l'ultime bataille de Dyrrachium (Dürres).

C'est ce qui est écris sur Wikipédia, effectivement. Wiki ne raconte qu'un événement dont on doute, c'est vrai. Seulement c'est le nombre de morts qui prête à polémique, pas la cruauté des Byzantins. Une génération plus tôt, à l'époque du règne de Basile 1er, l'amiral Nicétas Oryphats remporta une bataille contre les Arabes dans le golfe de Corinthe. Et les Byzantins pendirent, écorchèrent vif, firent bouillir ou se servirent des marins arabes comme cible. Tout cela devant quelques chanceux épargnés et renvoyés chez eux pour décourager tout retour des Arabes. c'est une méthode "normale" pour les Byzantins. J'en parle en connaissance de cause, j'ai un fac-similé de la vie de Basile 1er par Jean Scylitzès (l'original est à la bibliothèque de Madrid) avec ses centaines de miniatures pieusement dessinées par les moines siciliens.Splendide, mais allègrement sanguinaire.

D'ailleurs, si vous doutez de la cruauté des Byzantins, cherchez simplement combien d'empereur sont morts dans leur lit renseignez-vous en particulier sur Andronic 1er.
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Cincinnatus



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MessagePosté le: Ven Aoû 31, 2018 09:57    Sujet du message: Répondre en citant

Je ne doute pas de la cruauté des byzantins comme certainement de leurs adversaires.
Un de mes anciens professeurs de fac disait d'ailleurs de l'empire byzantin comme de l'empire romain avant lui qu'il s'agissait d'une monarchie absolue tempérée par l'assassinat !
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JPBWEB



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MessagePosté le: Ven Aoû 31, 2018 13:28    Sujet du message: Répondre en citant

Cincinnatus a écrit:
Aujourd'hui les historiens acceptent la victoire mais doutent fortement du nombre de prisonniers aveuglés car les bulgares ont encore résistés près de 4 ans avant de succomber face à l'empire byzantin après l'ultime bataille de Dyrrachium (Dürres).


Exactement. Il y a des tas de récits de massacres épouvantables dont la véracité historique est sujette a caution. Mais ca fait des anecdotes frappantes, comme ce conquérant (Gengis Khan?) qui avait fait empiler les têtes de ses captifs en guise de rampe d'accès contre le mur d'enceinte d'une forteresse qu'il voulait prendre d'assaut. Idée très originale, a n'en pas douter, mais pas très pratique et que ne recommande aucun manuel de poliorcétique.
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demolitiondan



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MessagePosté le: Ven Aoû 31, 2018 14:44    Sujet du message: Répondre en citant

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solarien



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MessagePosté le: Ven Aoû 31, 2018 15:03    Sujet du message: Répondre en citant

Et si on se dit que c'était à l'époque du Moyen Age, il y a des récits sur les exactions lors des guerres de religions en France et durant la Saint Barthélémy.

Ensuite, les bulgares et les arabes faisait la même choses. Tout templier capturer après une bataille était massacrée.
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Archibald



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MessagePosté le: Ven Aoû 31, 2018 16:04    Sujet du message: Répondre en citant

En fait nos ancêtres se débrouillaient très bien pour massacrer leur semblables, en très grand nombres et ce, sans armes a feu. En gros l'homme est très con et très barbare depuis des millénaires. Quelle surprise !
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"Au fond, comme chef de l'État, deux choses lui avaient manqué : qu'il fût un chef ; qu'il y eût un État" (De Gaulle à propos d'Albert Lebrun, 1944).
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Anaxagore



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MessagePosté le: Ven Aoû 31, 2018 16:33    Sujet du message: Répondre en citant

JPBWEB a écrit:
Cincinnatus a écrit:
Aujourd'hui les historiens acceptent la victoire mais doutent fortement du nombre de prisonniers aveuglés car les bulgares ont encore résistés près de 4 ans avant de succomber face à l'empire byzantin après l'ultime bataille de Dyrrachium (Dürres).


Exactement. Il y a des tas de récits de massacres épouvantables dont la véracité historique est sujette a caution. Mais ca fait des anecdotes frappantes, comme ce conquérant (Gengis Khan?) qui avait fait empiler les têtes de ses captifs en guise de rampe d'accès contre le mur d'enceinte d'une forteresse qu'il voulait prendre d'assaut. Idée très originale, a n'en pas douter, mais pas très pratique et que ne recommande aucun manuel de poliorcétique.


Je ne dis pas non plus qu'il y 15 000 victimes, les Byzantins adoraient terroriser les gens et ils gonflaient certainement les chiffres.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Sep 01, 2018 09:40    Sujet du message: Répondre en citant

25 septembre
La campagne de Grèce et des Balkans
Le Mur de l’Albanie
Shkodër
– Les renforts envoyés par Lothar Rendulic sont bien déployés sur les voies de communications et les positions défensives de l’Axe. Après plus de deux semaines de replis et de complications, le général Felmy peut souffler : sa situation paraît stabilisée.

Relative satisfaction
Vienne
– C’est aussi l’avis du général Alexander Löhr, qui a pris quelques jours de permission, en laissant les commandes à son chef d’état-major, Hermann Foertsch. Le chef de la 12. Armee s’offre un peu de détente dans la capitale autrichienne (terme qu’il évite, bien sûr, car désormais impropre, voire dangereux), où il a passé quelques belles années lorsqu’il dirigeait la petite force aérienne de la BundesHeer.
Ce soir, il y a concert au Musikverein. Tout le gotha nazi s’est rassemblé pour écouter des œuvres de Richard Wagner et d’autres compositeurs approuvés par le Parti national-socialiste, jouées par l’Orchestre Philarmonique de Vienne. Le tout malgré les privations et les menaces de bombardements – il faut bien que la race des Seigneurs jouisse de quelques privilèges… Le général est dans une loge, accompagné de son épouse.
Au pupitre, ce n’est pas Herbert von Karajan qui dirige : l’homme est toujours en disgrâce depuis son fiasco de Bayreuth en 1939 [Lors d’un opéra donné en l’honneur de Pierre II de Yougoslavie (les Maîtres Chanteurs de Richard Wagner), Karajan perdit le fil de la musique suite à une erreur du baryton Bockelmann. Il s’ensuivit un chaos sonore, que le chef d’orchestre ne put rattraper, n’ayant pas de partition – un accessoire qu’il affectait de mépriser. Il fallut baisser le rideau et interrompre la représentation, laissant les invités interdits et le Führer consterné.]. Mais les spectateurs ont droit à Wilhelm Furtwängler en personne ! Il est vrai qu’après l’annexion de l’Autriche, l’homme s’était longuement battu contre le ministère de la Culture pour maintenir cette formation que beaucoup aurait souhaité supprimer. Le programme est – comme à l’accoutumée – politique et symbolique : Richard Wagner bien sûr, avec le prélude de Tristan et Isolde et la Chevauchée des Walkyries, mais aussi la Marche de Radetzky, de Johann Strauss père. Cette dernière pièce, non annoncée au livret, déclenche des acclamations.
Alors que les mains du public rythment la mélodie avec une énergie martiale, Löhr fait le bilan de ces derniers mois. Il n’est pas si mauvais : depuis le départ des blindés de Rommel, et face à des forces très supérieures en nombre qui disposent à la fois de la supériorité aérienne et de la supériorité navale, son armée n’a cédé que la Grèce et l’Albanie – et encore, elle conserve des lambeaux de l’une et un bon morceau de l’autre. Les Alliés semblent désormais empêtrés dans des considérations de capacités portuaires, de routes, de voies ferrées et de maintien de l’ordre. Les régions perdues ne manqueront pas au Reich !
L’orchestre joue désormais seul le cœur de la pièce, violons et cuivres apportant douceur et légèreté dans le silence attentif de l’assemblée. Le général, lui, considère l’avenir : quel sera le prochain mouvement allié ? Il est improbable (c’est un euphémisme qui arrache un sourire à Löhr) que les Alliés poursuivent en Albanie et au Monténégro. Donc la prochaine manche se jouera à l’est : Macédoine ou Bulgarie ? Les Occidentaux n’ont pas volé au secours du Régent – vraisemblablement à cause de leurs problèmes logistiques et de l’action de ce brave Ludwig Müller. Mais dorénavant, qu’est ce qui les empêche de remonter la vallée du Vardar ? L’armée bulgare est rentrée chez elle, laissant les trois divisions de Fehn se débrouiller seules. Ce secteur est vraiment à surveiller. La Macédoine, elle, donne directement sur la Serbie et Belgrade. Mais elle est montagneuse et ses routes sont étroites et tortueuses. Et bien sûr, dans ce secteur, l’appui de l’aviation serait moins efficace – Löhr a été général d’aviation, il sait de quoi il parle ! Non, il ne croit pas à une offensive dans ce secteur.
Le souci viendrait plutôt de ces foutus partisans. Enfin, c’est surtout l’affaire de Lothar Rendulic… Heureusement que les Croates seront bientôt opérationnels et prêts à donner leurs vies (et celles des autres) pour le Führer.
La musique va crescendo pour le final et les mains frappent de nouveau, sans arracher le général à ses pensées. Presque au rythme de la mélodie, Löhr se crispe un peu plus à chaque instant, quand lui reviennent en mémoire ses échanges pour le moins désagréables avec l’OKW. Il n’a pas les moyens de se battre à la fois sur le front et sur les arrières. En fait, il a à peine les moyens de contenir les Alliés. Et pourtant on lui refuse tout renfort !
Finalement, la pièce s’achève sur un double coup de violon particulièrement sonore suivi un tonnerre d’applaudissements. Sa femme Christine se retourne vers lui « Tu n’as pas l’air d’apprécier la musique, mein Liebe ? » Non, en effet… Il a écouté trop de fois ce morceau pour être surpris par sa fin.

Auto-satisfaction
Salonique
– Pendant ce temps dans les lignes alliées, on s’amuse différemment : le Kiwi Concert Party, un vrai jazz-band dirigé par Terry Vaughan, va jouer pour les soldats. Comme à son habitude, il interprètera un mélange de jazz, de classique, puis de chansons folkloriques et populaires et de tout l’Empire britannique (et notamment néo-zélandaises). Pas de femmes pour danser le cancan toutefois, l’armée impériale est d’une morale impeccable !
Cependant, avant les réjouissances, Montgomery veut célébrer sa victoire, qui marque la fin de la campagne de Grèce. Les Alliés ont triomphé, libérant en quatre mois de campagne la quasi-totalité du territoire hellénique et infligeant de lourdes pertes à leurs adversaires. Le tout avec des moyens relativement limités, même s’ils restent évidemment supérieurs à ceux dont disposait l’Axe…
L’estrade est désormais prête, pavoisée des drapeaux des nombreuses nations fournissant des troupes au 18e Groupe d’Armées allié. L’assistance est essentiellement composée d’officiers, de quelques politiques (Grecs et attachés d’ambassade étrangers) et de nombreux journalistes (dont des Turcs…) qui sont tous venus écouter le général. Béret impeccablement visé sur le chef, le stick à la main (ses notes ont déjà été disposées sur le pupitre), Monty monte à la tribune sous les flashes des photographes, avec On the Square de Panella en fond sonore. Il laisse passer quelques secondes pour faire revenir le calme – et peut-être pour profiter de cet instant – avant d’attaquer. Après une description des opérations depuis son arrivée à la tête du 18e GAA, dans laquelle il souligne les difficultés rencontrées (mais passe sous silence l’apport de son prédécesseur Giraud), il revient finalement sur le siège de Salonique. Sa conclusion, éminemment politique, vaut d’être citée entièrement.
– Le 25 septembre 1943, Mesdames et Messieurs, est une date qui fera date dans l’Histoire de la Grèce et du Monde. Elle marque en effet, non seulement la fin d’une bataille, mais celle d’une campagne lors de laquelle les armées de Sa Majesté et de ses alliés ont infligé aux forces de Monsieur Hitler une défaite dont elles ne se remettront pas.
Ce grand succès couronne les très nombreux revers subis par les forces allemandes depuis près d’un an et nous permet d’affirmer ici que la Victoire n’est désormais qu’une question de temps. Dans des conditions difficiles, sur une terre d’une grande beauté mais aussi sur un des plus rudes terrains d’Europe – je ne l’apprendrai pas à nos amis grecs
[quelques rires dans l’assistance], et avec des moyens matériels bien plus réduits que ceux déployés en d’autres points du globe, les soldats de l’Empire Britannique ont démontré une fois de plus leur bravoure, leur compétence et leur pugnacité. Je veux ici leur rendre un hommage appuyé, ainsi qu’à tous leurs camarades des autres pays alliés.
Car nulle force armée au monde ne mérite plus le titre de
« Force des Nations-Unies » que celle que j’ai l’honneur de commander. Face à la barbarie du national-socialisme hitlérien, le Royaume-Uni entrera une fois de plus dans l’Histoire comme une nation qui soutient sans faillir ses amis, qu’il s’agisse de la Grèce de Sa Majesté Georges II – lâchement attaquée par les forces fascistes italiennes, aujourd’hui écrasées, de la Yougoslavie de Sa Majesté Pierre II – sauvagement agressée par une armée allemande à qui nous irons bientôt l’arracher, de nos malheureux amis tchécoslovaques et polonais, et bien évidemment de notre plus fidèle alliée, la République Française, restée à nos côtés malgré les jours terribles de l’été 1940, dont nous avons accompagné le redressement et dont la Libération a enfin commencé.
Oui, l’Empire britannique soutient et protège ses alliés !
Mesdames et Messieurs, en ce jour de réjouissance, je vous le promets : un jour ou l’autre, nous irons le prouver jusqu’à Berlin.
God save the King !

L’hymne britannique éclate, triomphant.
Les représentants des forces des différentes nations montent alors sur l’estrade pour une photo de groupe. On note toutefois parmi toutes ces étoiles l’absence du général Lumsden, de la 6th Armoured : le malheureux a été congédié sèchement par Montgomery, qui le rend responsable de l’échec de l’assaut du 1er septembre sur Eleftherio-Kordelio – et par extension du siège de Salonique. On murmure que Monty aurait parlé de lâcheté, et demandé son rapatriement à Londres. Ce qui sera finalement chose faite dans le mois ; la 6th Armoured Division sera confiée au major-général Charles Gairdner [Herbert Lumsden, qui a toujours estimé avoir fait son devoir de chef en refusant un assaut blindé dans les conditions rencontrées, concevra une grande amertume de ce limogeage. Churchill, qui était pourtant de ses amis, commentera plus tard : « Après avoir eu nombre de discussions animées avec Montgomery, je ne pouvais tout simplement pas rejeter sa décision, il ne l’aurait pas supporté. » Le général Lumsden assumera différents commandements en Grande-Bretagne avant de partir dans le Pacifique comme représentant militaire. Il affirmera par la suite : « Je fus limogé parce qu'il n'y avait pas de place en Grèce pour deux caïds comme Monty et moi. »].
Devant les photographes, point de reproches ou de règlements de compte. On se congratule, on se serre la main, le Serbe Brasic allant même jusqu’à taper sur l’épaule du général Anders. Puis chacun prend place, la pose qui convient et sourit. Le cliché fera le tour du monde.
« La photographie du 25 septembre atteignit le but recherché par le service de Propagande du 18e GAA : montrer les Nations Unies, c’est-à-dire unies dans la Victoire… et autour du général Montgomery. Outre le fait qu’il marque effectivement la fin de la campagne de Grèce (le 25 septembre est devenu férié et il est commémoré chaque année dans le pays), on peut lire dans ce document, en quelque sorte en filigrane, les intérêts souvent contradictoires des différentes nations représentées. Peu de sourires y sont pleinement sincères.
Au premier rang, on trouve bien sûr Montgomery, éclipsant totalement Brian Horrocks et Richard O’Connor. Le général lui-même semble ailleurs, préoccupé par la suite de la campagne : il sait que la 2e Armée “française” n’est plus là que provisoirement et il vient de recevoir un rapport du colonel Canterbry (Supply Corps) qui est tout sauf optimiste. Malgré tout, “Monty” cherche la suite de sa route vers la Gloire. Il songe que, pour déboucher en Yougoslavie, les blindés seront inutiles, sauf dans la vallée du Vardar, laquelle risque d’être bien défendue. N’y a-t-il vraiment rien à tirer de la pénible expérience de Présage ? Le fameux Josip Broz “Tito”, qui semble immobiliser à lui seul de fortes concentrations de troupes allemandes, n’a-t-il pas été trop négligé par le commandement allié ?
A sa gauche, on aperçoit Sylvestre Audet et Henri Dentz, avec quelques officiers subalternes, dont le capitaine Pierre Percay. Les intéressés, bien que très heureux de la tournure des événements dans la région, sont surtout là pour faire masse : la France n’a en réalité plus beaucoup de troupes tricolores sur ce théâtre. Même Dentz a déjà la tête en Provence.
A droite de Montgomery, les généraux Panagiotis Spiliotopoulos, Giorgios Kosmas et Giorgios Tsolakoglou ne sont pas vraiment radieux : certes, ils sont heureux de voir leur pays libéré, mais cette libération a coûté cher en morts et en destructions, surtout à Salonique. Spiliotopoulos, qui a eu l’occasion d’arpenter Salonique avant la conférence, a même une mine lugubre : les Allemands n’ont pas été, et de loin, les seules victimes des bombes et des obus alliés. Occupés avant tout à panser leurs plaies, les Grecs ne se sentent plus totalement concernés par ce qui se passe dans les Balkans.
Ce qui n’est évidemment pas le cas de Brasić, Stefanović et Mihailović ! Les Serbes attendent avec impatience leur heure pour la prochaine offensive, forcément dirigée vers leur pays. Leurs sourires féroces sont éloquents : ils piaffent d’impatience et brulent de se retrouver face aux Allemands et à leurs auxiliaires, Oustachis ou autres.
Et enfin, il y a les exilés dont le pays est encore bien loin : Władysław Anders, Stanislaw Maczek et Alois Liška. Eux semblent déjà résignés à une longue attente. »
(Robert Stan Pratsky, La Libération de la Grèce et des Balkans, Flammarion, 2005)

Le jugement de l’Histoire
« Le siège de Salonique fut une bataille d’anéantissement comme on en vit rarement sur le théâtre d’opérations méditerranéen. Coincée dos à la mer suite à un ordre direct d’Adolf Hitler, la 97. Jaeger était complétement anéantie, ainsi que le sinistre KG Müller sur lequel nous ne reviendrons pas. Avec cette division, le Reich perdait près de 10 000 combattants d’élite, qui gisaient sous les décombres ou patientaient désormais en Afrique.
Toutefois, cette victoire coûta cher aux alliés : 3 750 morts dont presque 2 600 pour l’ANZAC à lui seul ! Les blessés étaient deux fois plus nombreux. La tactique de guérilla urbaine mise en place par Ludwig Müller recherchait expressément un tel résultat, et on peut dire qu’elle réussit pleinement – du moins jusqu’au 18 septembre. Le tout sans même parler des pertes civiles, qui ont été estimées par ailleurs.
Depuis, Brian Horrocks a été blâmé pour ce siège, et beaucoup considèrent qu’il aurait pu percer vers le port lors de son arrivée du 28 août. Il est vrai que l’homme a suivi strictement ses ordres sans tenir compte de la situation globale… Mais ces mêmes ordres ne pouvaient pas anticiper la décision imbécile prise par le Führer de rester à Salonique ! Comme quoi il convient de ne jamais préjuger des actions de son adversaire.
Ludwig Müller eu donc son heure de gloire au bord de la mer Egée – du moins le crut-il, car les opérations sur ce front jugé peu important restent à ce jour méconnues du grand public. Ce qui est peut-être plus heureux pour lui, car la coopération entre ses Jägers et le KG Müller reste à ce jour un sujet très polémique. Affirmons ici une vérité simple : sans les assassins du colonel Friedrich-Wilhelm Müller, dont le nombre est évalué à 2 500 environ, il paraît acquis que la 97. Jäger n’aurait jamais pu tenir aussi longtemps dans une ville acquise à l’ennemi.
Salonique rejoignit donc la triste litanie des villes-martyres de la guerre mondiale. Les ruines antiques de l’acropole étaient anéanties, le sanctuaire Hagios Démétrios de nouveau détruit, la basilique Sainte-Sophie gravement endommagée… et beaucoup d’immeubles résidentiels, moins renommés pour leur architecture, mais bien plus peuplés, étaient démolis. Les trois quarts de la cité étaient inhabitables et des trésors historiques avaient été immolés sur l’autel de la Guerre.
Pourtant, Salonique se releva de ses cendres, pour redevenir dès 1948 le second centre économique de la Grèce. A la fin du siècle, sa désignation comme capitale européenne de la Culture pour l’année 1990 salua son retour parmi les villes historiques majeures de la Méditerranée. »
(Robert Stan Pratsky, Le siège de Salonique : des ombres parmi les ombres, Gallimard, 1992)

Détente
Salonique (sur la plage au sud de la Tour Blanche)
« “Qui aura versé le sang de l’homme, par l’homme son sang sera versé, car à son image, Dieu a fait l'homme.” Ce passage de la Genèse occupait mon esprit alors que je marchais le long de la plage. J’avais beau estimer le général Montgomery et mes supérieurs, je ne me sentais pas vraiment pas à l’aise pour participer à des réjouissances au milieu des ruines d’une cité fantomatique et sinistre. Ce cinéma m’écœurait, tout simplement. J’étais triste : triste pour les Anglais et leurs morts, triste pour les Grecs et leur pays et même triste pour ces pauvres idiots de Bulgares, c’est dire !
Gashi m’avait rejoint, sans paraitre comprendre les raisons de mon vague-à-l’âme. « Allons, Pierre, si les Bulgares se font massacrer, tant mieux pour nous et pour la Serbie après la guerre ! » Je n’osai pas lui dire d’aller se faire voir chez les Grecs.
Comme chacun sait, la musique adoucit les mœurs. Nous rejoignîmes un groupe d’Australiens dont j’ai oublié les noms, sauf pour un sympathique Marvin et un imposant Stanley… Ils étaient occupés à déboucher quelques bouteilles de bière sur la plage. Nous vîmes bientôt arriver un Gallois revêche et deux ou trois autres Britanniques qui avaient mis la main sur des bouteilles de Mythos, à partager évidemment. Un moment plus tard, nous étions tous assis dans le sable à deviser gaiement avec l’alcool comme liant social et international – mon uniforme était trempé mais je m’en moquais !
Finalement, Gashi – qui avait vraiment abusé de la Mythos – entreprit de se lever avec difficulté pour tenter d’imiter un avion piloté par le fameux as Miha Ostric, célébrité des forces aériennes yougoslaves. Les bras étendus, il faisait des petits bonds sur le sable, manquant tomber à chaque fois, évoquant plus un danseur burlesque qu’un avion… Un très jeune soldat Grec nommé Mikis, venu d’on ne sait où un bouzouki à la main, entreprit de jouer un hassapiko pour accompagner le mouvement saccadé. Finalement, Gashi s’étala dans le sable et quand je l’aidai à se relever, il m’attrapa l’épaule pour m’entraîner : « Viens, Pierre, fais danse avion avec moi ! » J’étais sur sa droite, un des Australiens se plaça sur sa gauche pour le soutenir et nous avons fini par faire l’avion à trois sous les vivats. « Hé Mikis, joue plus vite ! » Et le jeune Grec de reprendre la mélodie de plus belle, tandis que d’autres Australiens venaient former une chaîne humaine autour de Gashi et moi ! Mon chauffeur Karim, qui me cherchait, s’y ajouta tout naturellement.
Attirés par le rythme et les rires, d’autres nous rejoignirent, de divers pays. Un Polonais se mit à lancer sa jambe gauche en l’air, puis la droite, bientôt imité par ses voisins…
Je me pris enfin à sourire, du sourire simple des moments heureux. Après tant d’horreurs et de morts, la Grèce était libérée et nous étions là, venus des quatre coins du monde, à danser comme des enfants. Bien sûr la guerre continuait, tout recommencerait demain. Mais le siège était bien fini et nous étions tous simplement heureux d’être en vie. Et c’est sur cette note étonnamment joyeuse que s'acheva ma campagne de Grèce.
Le lendemain 26 septembre, je me réveillai dans mon lit de camp avec un mal de tête abominable. J’avais fait des cauchemars atroces… On me proposa de l’ouzo, il paraît que cela fait passer la gueule de bois. Non merci, répondis-je, jamais le dimanche ! »
(Capitaine Pierre Percay, op. cit.)

Nouvelles affectations
Sofia
– La 1. PanzerDivision quitte la Bulgarie. Elle se dirige vers Nis.
………
Macédoine – La 19. PzrGr a déjà quitté la Bulgarie. Elle atteint Kavadartsi en passant par Shtip et frôle les Bulgares récemment libérés de leur internement, qui arrivent de Skopje et de Kumanovo. La division n’est plus très loin des positions de la 104. Jäger, qu’elle prévoit de renforcer jusqu’à prise de relais par la 1ère Armée de Nikolov.

Retour au pays
Thrace
– Le major-général Hristov a recu ses ordres, qui correspondent à ses propositions, à son grand soulagement il faut le dire. Les unités bulgares autour du lac Koronia se préparent donc pour un repli en échelons vers la frontière de 1939. Les troupes de l’ancienne 2e Armée, heureuses de s’éloigner des troupes alliées, n’ont pas été difficiles à faire obéir ! Par contre, Hristov a reçu, tôt dans l’après-midi, la visite du colonel Strashimir Velchev, qui n’est pas du tout content de l’ordre de repli. Mais son nouveau supérieur bénéficie d’un peu plus de soutien que le pauvre Trifonov, et de surcroît il ne se prive pas de faire comprendre au remuant chef de la 16e DI que les ordres en question ont été validés par le Reich.
Toutefois, le colonel est un sanguin, et il s’indigne : « Général Hristov, c’est une honte que vous et l’Allemagne vous rendiez complices de ce nouvel armistice de Salonique ! J’exige un délai afin de pouvoir soustraire les familles de mes hommes à la vengeance des Grecs ! » Sur ce point, le chef de la 2e Armée veut bien négocier : les Bulgares de la Mer Blanche ont 48 heures pour faire leurs valises…
………
Macédoine – La nouvelle 1ère Armée de Nikolov, qui ne compte encore que deux divisions tout juste libérées, approche de la ligne de front en direction de Guevgueliya. Les troupes campent entre Veles et Gradsko pour la nuit.

Prédiction
Sur les ondes
– “Der Chef” ironise sur la célébration de la chute de Salonique par les Alliés. Il conclut sa diatribe par « Les ploutocrates négrifiés et leurs complices enjuivés peuvent fanfaronner… La vérité est pourtant simple : ils n’ont dû leur victoire qu’au fait qu’ils étaient plus nombreux et mieux armés ! Mais nous triompherons ! Car nous sommes déterminés à nous battre jusqu’à la fin pour la Victoire, quitte à noyer le monde dans un océan de flammes ! » Comme de plus en plus souvent, la caricature est assez proche de son sujet.
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MessagePosté le: Sam Sep 01, 2018 09:58    Sujet du message: Répondre en citant

pendant la croisade contre les albigeois il y a eu pas mal de joyeusetés au nom de la foi par exemple aux châteaux de lastours :

En mars 1210, en représailles Simon de Montfort fait preuve d'une cruauté terrible, une centaine de prisonniers venus de Bram sont envoyés à Cabaret, les yeux crevés et le nez arraché afin d'en terroriser les habitants.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Sep 01, 2018 10:02    Sujet du message: Répondre en citant

L'invention du sirtaki, c'est tout de même plus sympa, non ? Cool
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Etienne



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MessagePosté le: Sam Sep 01, 2018 10:03    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Ludwig Müller eut donc son heure de gloire au bord de la mer Egée –

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MessagePosté le: Sam Sep 01, 2018 10:30    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
L'invention du sirtaki, c'est tout de même plus sympa, non ? Cool

J'ai adoré ce passage. Le jeune soldat Mikis, je suppose que son nom de famille est Theodorakis?
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