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1940 - La France continue la guerre
 
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Africa Oriental Italiana
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Auteur Message
Casus Frankie
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Inscrit le: 16 Oct 2006
Messages: 10126
Localisation: Paris

MessagePosté le: Mer Nov 07, 2007 19:30    Sujet du message: Africa Oriental Italiana Répondre en citant

Bon, voici le lieu où toutes les bonnes volontés vont apporter leur pierre, bien que la main de l'homme n'y ait encore jamais mis le pied... (Pierre Dac TM).
On commence par le commencement : les bases, quoâ.
Complétez, critiquez, modifiez, simulez, etc.....



Annexe 40-8

A.O.I. – R.I.P.
La fin de l’Empire italien
L’Abyssinie (aujourd’hui Ethiopie) est géographiquement formée par un haut plateau rocheux de 1000 à 2000 m d’altitude, hérissé de sommets culminant à 3000 ou 4000 m. Elle domine à l’ouest le plat désert du Soudan, au nord l’Erythrée, à l’est Djibouti et la Somalie britannique et, au sud, la Somalie italienne et le Kénya. L’altitude lui assure un climat agréable et de bons rendements agricoles, ainsi qu’une certaine protection naturelle contre les invasions. A partir du mois de mars et pendant plusieurs mois, les pluies très abondantes rendent les opérations très difficiles.
Depuis la conquête de l’Abyssinie (1935-36), accomplie malgré les réactions surtout verbales de la SDN, les colonies italiennes (du nord au sud, Erythrée, Abyssinie et Somalie italienne) prenaient en étau la Somalie britannique et le comptoir français de Djibouti. Entre l’Afrique Orientale Italienne (AOI) et la Libye s’étendaient en revanche le Soudan et l’Egypte, sous domination britannique. Mussolini avait prescrit au Duc d’Aoste (Amédée de Savoie-Aoste), commandant en chef italien en Afrique Orientale, une stratégie purement défensive : l’AOI n’avait avec la Métropole italienne qu’un lien fragile, purement aérien, grâce à la Libye. Mais en juillet, le Duc d’Aoste, constatant avec inquiétude que les Français continuaient la guerre et conscient que la perte prévisible de la Libye scellerait à terme son destin et celui de ses troupes, décida de tenter un coup de poker en déclenchant les hostilités pour prendre les Alliés de vitesse.

Les Italiens en Afrique de l’Est :
une force d’allure puissante, mais isolée
L’armée italienne d’AOI constituait une force a priori puissante de 250 000 à 300 000 hommes, en majorité indigènes (ascaris). L’infanterie régulière comptait 10 000 Italiens et 110 000 indigènes, appuyés par 50 000 cavaliers environ (dont quelques milliers d’Italiens), par 400 pièces d’artillerie et par quelques dizaines de blindés légers. Il s’y ajoutait de nombreuses “Bandas” (groupes de soldats irréguliers totalisant environ 50 000 hommes), la Milizia Volontaria per la Sicurezza Nazionale (plus de 20 000 Chemises Noires) et huit “légions” de travailleurs (4 000 hommes chacune).
– En Erythrée : secteur nord (Général Frusci)
13 brigades et 8 bataillons d’infanterie coloniale
8 bataillons de Chemises Noires
1 bataillon d’infanterie italienne
2 escadrons et 2 compagnies de cavalerie coloniale irrégulière (bandas)
2 unités de garnison
3 batteries d’artillerie (de 77 mm/2Cool
– En Abyssinie et Somalie : secteur est (Général Nasi)
2 divisions d’infanterie italienne (armée et Chemises Noires)
8 brigades et 4 bataillons d’infanterie coloniale
14 escadrons et 4 compagnies de cavalerie coloniale irrégulière (bandas)
1 compagnie d’infanterie motorisée
1 compagnie motorisée de reconnaissance (sur Fiat 611)
4 compagnies blindées (2 sur L3/35 et 2 sur M11)
7 batteries d’artillerie (2 de 77 mm/28, 4 de 105 mm/28, 1 de 149 mm/2Cool
– En Abyssinie : secteur sud (Général Gazzera)
8 brigades et un bataillon d’infanterie coloniale
4 escadrons et 4 compagnies de cavalerie coloniale irrégulière (bandas)
1 compagnie de cavalerie coloniale régulière
1 compagnie de cavalerie italienne
– En Somalie : secteur de Giuba (Général de Simone)
3 brigades et 7 bataillons d’infanterie coloniale
2 bataillons de cavalerie coloniale irrégulière (bandas)

La Regia Aeronautica disposait de plus de 200 avions en état de marche, qui avaient été efficaces contre l’armée éthiopienne, mais étaient pour beaucoup totalement dépassés en 1940. Ces appareils étaient répartis ans quatre régions, où ils disposaient de nombreux terrains de dégagement.
– En Erythrée et au nord de l’Abyssinie :
54 bombardiers (24 x Ca.133, 30 x SM.81)
27 chasseurs (27 x Fiat CR.42)
12 transports et servitude (12 x Ca.133)
– Dans l’ouest de l’Abyssinie
42 bombardiers (18 x Ca.133, 12 x SM.81, 12 x SM.79)
18 chasseurs (18 x Fiat CR.42)
9 avions d’observation (9 x Ro.37bis)
6 transports et servitude (6 x Ca.133)
– En Somalie
12 bombardiers (12 x Ca.133)
6 transports et servitude (6 x Ca.133)
– A Addis-Abeba
25 transports et servitude (9 x Ca.133, 6 x Ca.148, 9 x SM.73, 1 x Fokker F-VII)
– Au 10 juin, 81 appareils étaient indisponibles (en réparations) :
48 x Ca.133, 16 x SM.81, 2 x SM.79, 11 x Fiat CR.32, 2 x Fiat CR.42, 2 x Ro.37bis.
– Enfin, les dépôts d’AOI étaient riches de 53 avions :
35 x Ca.35, 1 x SM.81, 4 x SM.79, 5 x Fiat CR.32, 6 x Fiat CR.42, 2 x Ro.37bis.

Enfin, la Regia Marina était représentée par une flottille relativement importante, sous les ordres de l’Amiral Carlo Balsamo : - l’aviso colonial Eritrea
- les croiseurs auxiliaires Ramb I et Ramb II (deux bananiers convertis)
- le 3ème escadron de destroyers (classe Sauro) : Cesare Battisti, Daniele Manin, Francesco Nullo et Nazario Sauro - le 5ème escadron de contre-torpilleurs (classe Leone) : Leone, Pantera et Tigre - deux torpilleurs (classe Sirtori) : Giovanni Acerbi et Vincenzo Orsini - le 21ème escadron de M.A.S. avec 5 unités (MAS-204, 206, 210, 213 et 216) - le 8ème groupe de sous-marins, composé du 81ème escadron : Guglielmotti, Galileo Ferraris, Galileo Galilei, Luigi Galvani et du 82ème escadron : Archimede, Evangelista Torricelli, Macallè (côtier) et Perla (côtier).
- des unités auxiliaires : canonnières Giuseppe Biglieri et Porto Corsini, mouilleur de mines Ostia, pétrolier Niobe, ravitailleurs en eau Bacchiglione, Sebeto et Sile, des chasseurs de mines antédiluviens, enfin quelques bateaux de pêche et voiliers, armés uniquement de mitrailleuses. Les ports principaux utilisés par les navires de l’Amiral Balsamo étaient Massaouah et Assab, en Erythrée, donc sur la Mer Rouge, et Chisimaio, Mogadiscio et Dante, en Somalie, sur l’Océan Indien. Depuis l’invasion de l’Abyssinie, la Regia Marina avait entrepris de renforcer ces bases, en améliorant leurs capacités logistiques et leur défense. En tout, ses forces comptaient environ 10 000 hommes (dont 3 000 indigènes), déployés pour la plupart à Massaua, où deux cales sèches étaient maintenant disponibles (une pour des navires jusqu’à 7 500 t., l’autre pour des navires jusqu’à 1 600 t.).
Malgré le manque de financement, un plan d’urgence permit de mettre sur pied des défenses non négligeables, principalement à Massaouah, avec des batteries côtières et anti-aériennes de divers calibres, des vigies, des stations de signalisation et de communication. Massaouah bénéficiait aussi de la protection de l’archipel des îles Dahlak, situées au large du port et autour desquelles des champs de mines avaient été établis. Le port d’Assab jouissait également d’une situation défensive intéressante, avec des champs de mines et une batterie côtière sur l’île de Fatma. En raison de sa proximité avec Aden, où les Britanniques disposaient d’un nombre important d’avions, Assab avait été équipée de mitrailleuses anti-aériennes. Chisimaio s’était vue dotée de plusieurs batteries côtières, dont deux situées sur des îles voisines. Mogadiscio, pourtant la plus grande ville de Somalie, ne disposait que de quelques canons et mitrailleuses, et d’aucune défense terrestre, tandis que Dante était totalement démunie. Aucune de ces bases ne disposait du moindre canon anti-chars.
Ces préparatifs avaient naturellement été mal vus des Britanniques et des Français, qui n’appréciaient pas cette montée en puissance italienne dans l’Océan Indien, considéré comme leur chasse gardée.

La mission principale de la marine italienne était de perturber le trafic maritime allié en Mer Rouge, et la plupart de ses unités étaient basées à Massaouah et Assab (on avait envisagé avant guerre de déployer les sous-marins océaniques à Chisimaio, pour s’en prendre aux navires de commerce britanniques et français dans l’Océan Indien, mais ce plan fut abandonné du fait du manque d’infrastructures de ce petit port). Mais les bâtiments dont disposait l’Amiral Balsamo n’étaient pas très bien adaptés à leur mission.
Les MAS auraient pu jouer un rôle intéressant, mais leur utilisation contre des convois escortés, que les Alliés n’allaient pas tarder à mettre en œuvre, était extrêmement dangereuse. De surcroît, ces petits navires n’avaient pas une très bonne tenue à la mer et ne pouvaient donc être employés qu’entre mai et novembre, quand la mousson n’était pas trop violente. En mai 1939, il était prévu d’envoyer 5 des 8 sous-marins disponibles devant autant de ports ou zones de trafic ennemis (Aden, Berbera, Djibouti, Port-Soudan et golfe d’Oman). Néanmoins, les réalités du théâtre d’opération (entre autres la fatigue des équipage due au climat et les dommages causés au matériel, notamment électrique, par la forte humidité) amenèrent l’Amiral Balsamo à préciser à Supermarina qu’il engagerait autant d’unités que possible (au pire, trois à la fois). Supermarina répondit le 5 juin 1940, en lui laissant pleine liberté d’action.
Outre les problèmes liés directement au climat local, les sous-marins italiens durent affronter le risque d’émanations de vapeurs de chlorure de méthyle, gaz réfrigérant choisi pour la climatisation des sous-marins, indispensable en Mer Rouge. Ses vapeurs sont toxiques, à la différence de celles du fréon, gaz inerte. Apparus dès le temps de paix (notamment sur les Perla et Gemma en avril 1939, au cours d’une mission d’entraînement), ces problèmes n’avaient pas été corrigés. Or, l’action du chlorure de méthyle va de la diminution de l’efficience physique à la mort, en passant par la dépression, l’inconscience, les hallucinations, la folie destructrice ou homicide… Ses émanations provoquèrent plusieurs décès et réduisirent la disponibilité des unités.
De plus, aucun de ces sous-marins n’était équipé pour le mouillage de mines ; de toute façon, le détroit de Bab-el-Mandeb (qui fait communiquer la Mer Rouge et l’Océan Indien) était périlleux, car étroitement surveillé par les Britanniques, et la mer était trop profonde pour les mines par ailleurs. Pour finir, dans ces eaux tropicales, les algues croissent très rapidement sur les mines, les entraînant vers le fond. Les Italiens disposaient bien de mines “coloniales” (qui constituaient la majorité des 600 mines qui allaient être posées), mais elles ne résolvaient pas vraiment le problème.

Mais le handicap majeur de la flottille italienne d’AOI fut sans conteste le manque de matériaux de base, de carburant, de pièces détachées et de torpilles, et l’impossibilité d’en recevoir de la Métropole. L’A.O.I. étant totalement isolée de la mère-patrie comme de la Libye, elle ne pouvait compter, en cas de conflit, que sur les stocks constitués en temps de paix. Or, en ce domaine comme ailleurs, le retard était patent : Massaouah manquait de mazout, de pièces de rechange, de munitions (et notamment de torpilles) pour une guerre longue. Presque rien n’existait dans les autres ports. Les équipements et personnels nécessaires à une remise en état rapide des bateaux endommagés étaient tout aussi déficitaires.
Le manque d’approvisionnements n’avait pas manqué d’influer, dès le temps de paix, sur les possibilités d’entraînement des navires et équipages, tout comme sur celles de reconnaissance active des dispositions et moyens des futurs adversaires (et surtout des Anglais). Giorgio Giorgerini (Uomini sul fondo) cite ainsi le témoignage de l’amiral Mondaini, alors lieutenant de vaisseau et second du Galvani : « Après le début des hostilités en Europe, en septembre 1939 (…), un avion fut demandé au Commandant en chef afin de pouvoir observer si et comment était visible dans ces eaux un submersible immergé. Il fut répondu qu’il n’y avait pas d’essence disponible. L’autorisation de faire une croisière diurne et nocturne dans le détroit de Bab-el-Mandeb fut aussi demandée pour observer les passages et les installations puisque, en cas de guerre, il serait nécessaire de le traverser. Encore une fois, il fut répondu qu’il n’y avait pas de mazout disponible pour des croisières. » Mondaini ajoutait : « Notre préparation à la guerre était très superficielle (…) nous ne savions rien, absolument rien, de l’ennemi, de ses moyens de lutte ASM, des types d’unités que nous pourrions et devrions affronter… En pratique, nous sommes entrés en guerre dans la plus complète ignorance et impréparation. »


Les Alliés : nombreux mais disparates
Les Abyssins
Avant l’invasion italienne, le Négus, l’Empereur Haïlé Sélassié, craignant le pire, avait demandé à la Belgique de lui envoyer une mission militaire chargée de réorganiser l’armée éthiopienne, qui travailla de 1930 en 1935. Malgré cette réorganisation, la première attaque italienne se produisit en octobre 1935 et la conquête fut achevée l’année suivante. Chassé de son pays, le Négus fut accueilli en Angleterre. En 1940, les Britanniques ne manquèrent pas de le tirer de sa résidence pour l’envoyer d’abord à Khartoum (Soudan), d’où furent organisés des commandos de partisans chargés d’opérer derrière les lignes italiennes. Ces “Cinquièmes colonnes” jouèrent un rôle important pendant la campagne d’Abyssinie.

Les Français –
Djibouti (ou Côte française des Somalis )
En mai 1939, une série de conversations franco-britanniques à Aden avait mis en relief l’importance stratégique de la Côte française des Somalis. Les représentants français s’étaient montrés confiants quant à leurs possibilités de faire face à une attaque provenant directement d’Ethiopie, mais ils craignaient une avance italienne par la Somalie britannique (Somaliland) qui se terminerait par une attaque sur Djibouti, en passant par Zeila. Il fut donc convenu que les Français pourraient, si nécessaire, avancer en Somalie britannique ou bien effectuer une incursion dans les colonies italiennes en direction du port d’Assab ou d’Addis-Abbeba. L’intention première de Londres était en effet d’abandonner le Somaliland si celui-ci était envahi. Cependant, en décembre 1939, les chefs d’état-major britanniques décidèrent, sur la recommandation du général Wavell, de défendre le Somaliland en accroissant leurs effectifs sur place et en s’appuyant sur la Côte française des Somalis. Le Général de division Legentilhomme, commandant les troupes de Djibouti, était également commandant interallié local et dépendait stratégiquement du G.Q.G. Middle East, donc de Wavell. Pour se préparer à des hostilités qu’ils jugeaient inéluctables et peut-être longues, le Gouverneur Deschamps et le Général Legentilhomme prirent de nombreuses mesures. Djibouti fut transformé en camp retranché, muni de solides défenses extérieures. De nombreuses familles furent évacuées vers Madagascar, Beyrouth et même (de Charybde en Scylla…) vers l’Indochine. L’échange des personnels français et italiens du Chemin de Fer Franco-Ethiopien (une voie vitale reliant Djibouti à Addis-Abeba) fut effectué. À la déclaration de guerre de l’Italie, le 10 juin 1940, 300 officiers et 8 000 hommes, très bien armés et bien équipés pour l’époque, tenaient Djibouti. Les Alliés étaient persuadés que les Italiens n’avaient aucun intérêt à s’emparer du territoire, dont le port eût été aussitôt bloqué par les Anglais. Réciproquement, Français et Anglais n’avaient aucun projet offensif contre les forces italiennes d’Ethiopie, dont l’importance numérique était impressionnante. Quoi qu’il en soit, la ligne du Chemin de Fer Franco-Ethiopien fut immédiatement fermée, ce qui n’alla pas sans conséquence sur l’approvisionnement de Djibouti, qui dépendait en grande partie des importations de nourriture en provenance de l’intérieur du continent.

Forces françaises à Djibouti (Général Legentilhomme) - Régiment de Tirailleurs Sénegalais de la Côte française des Somalis (régiment à 4 bataillons, formé par le bataillon de Djibouti et par des éléments des 1er, 3ème, 8ème et 12ème RTS) commandé par le Général G. Raynal dit “Rabastens”.
- 2 compagnies de milice chargées de maintenir l’ordre
- 2 groupes de méharistes (4 pelotons)
- 1 compagnie de 12 chars Renault FT-17
- 1 peloton d’automitrailleuses
- Groupe d’artillerie coloniale de la Côte française des Somalis (une batterie de 75 mm de campagne, une batterie côtière de 164 mm, une batterie de 75 mm AA, 1 batterie de 76,2 mm russes – matériel récupérés sur les Républicains espagnols)
- Plusieurs centaines de partisans éthiopiens, à l’entraînement sous la direction de Robert Monier (un ancien de la guerre d'Espagne)
- Le détachement local de l’Armée de l’Air comptait 4 Potez 631 (ce qu’il y avait de plus moderne à de nombreux milles à la ronde) et 14 Potez-25 et 29 (pour la reconnaissance).
- La Marine était pour ainsi dire absente, en dehors du croiseur auxiliaire Caraïbe (un bananier armé). Notons cependant la présence en Egypte des paquebots Président-Doumer et Félix-Roussel.

– Madagascar Administrée par le Gouverneur Jules Marcel de Coppet, Madagascar constituait un point d’appui et un relais intéressant dans l’Océan Indien, même si les infrastructures étaient à développer (l’excellente baie de Diego-Suarez, par exemple). Contrairement à Djibouti, il était possible de prévoir sur le long terme la constitution de troupes supplémentaires. Son économie restait toutefois relativement fragile. Forces françaises à Madagascar - 1er RMM (Régiment Mixte Malgache, avec un détachement motorisé de reconnaissance et une compagnie du génie) - 2ème RMM (idem) - 1er BTM (Bataillon de Tirailleurs Malgaches) - GAAC Diego-Suarez (Groupe Autonome d’Artillerie Coloniale, équivalant à un bataillon, équipé de canons de 75 mm) - GAAC Emyrne (idem) - G.A.M. (Groupe Aérien Mixte) 555, avec 10 Potez-25 et 29.
Croiseurs auxiliaires de l’Océan Indien Aramis, Victor-Schœlcher, Quercy et avisos coloniaux basés à La Réunion et de Diego-Suarez Bougainville, D’Entrecasteaux, D’Iberville, Dumont d’Urville.

Les Britanniques
L’Empire est-il mal défendu ?
L’Angleterre dominait l’essentiel de l’est et du sud du continent africain. Au contact des colonies italiennes se trouvaient le Soudan, le Kenya et la Somalie britannique. Cette dernière était la plus mal défendue, mais elle n’était séparée de la grande base d’Aden, au Yémen, que par le golfe du même nom. Cependant, le contrôle du Canal de Suez était perçu comme vital par l’Empire britannique ; c’est pourquoi l’essentiel des forces était concentré en Egypte, tandis que la puissante flotte de l’Océan Indien avait pour tâche de protéger le trafic naval en Mer Rouge. Le général Wavell était bien conscient de l’inquiétude qui régnait non seulement au Kenya, mais aussi en Rhodésie et même en Afrique du Sud, à l’idée que les forces britanniques d’Afrique de l’Est n’étaient pas suffisantes pour empêcher l’invasion du Kenya, voire d’autres pays plus au sud. La préoccupation première était une menace contre le port de Mombasa.

Les états d’âme de l’Afrique du Sud
Le plus gros réservoir de mobilisation du Commonwealth était l’Afrique du Sud. Dans ce pays, la conquête de l’Abyssinie avait déjà provoqué en 1936 une prise de conscience sur la nécessité de moderniser les forces armées, jusque là orientées vers les combats en brousse, et d’envisager une intervention dans un autre pays. La possibilité d’une entrée en guerre de l’Italie avait entraîné un début de mobilisation de l’armée le 23 mai. Le plan initial consistait à créer une force de campagne mobile, comportant deux division (six brigades) ainsi que des unités divisionnaires (artillerie, chars). De plus, deux brigades montées et deux brigades à pied devaient être créées. Cette force devait être prête deux mois après la mobilisation. Une division de défense territoriale devait également constituée, ainsi qu’au maximum quatre divisions “d’association armée pour la défense” (Defence Rifle Association), de trois brigades chacune.
La guerre contre l’Italie fut déclarée le 11 juin. Finalement, trois divisions de l’ACF (Active Citizen Force), comportant chacune trois brigades, virent le jour, ainsi qu’une division montée. La 1ère Division (1ère, 2ème et 5ème Brigade) fut formée le 13 août, la 2ème Division (3ème, 4ème et 6ème Brigade) et la 3ème Division (7ème, 8ème et 9ème Brigade) le 23 octobre. De nombreuses unités furent envoyées immédiatement en Afrique Orientale. L’armement des Sud-Africains (obusiers de 4,5 pouces, canons de 18 et 60 livres…) datait à ce moment de la Première Guerre Mondiale. La plupart des équipements avaient un besoin urgent d’entretien, alors que les pièces manquaient. Par ailleurs, il avait été convenu à l’origine que les unités sud-africaines ne devaient pas franchir l’équateur, car la possibilité de les employer sur d’autres théâtres d’opérations était incertaine, pour des raisons climatiques et du fait de leur faible niveau d’équipement. Il est à noter que la montée en puissance des forces armées sud-africaines reposa entièrement sur le volontariat, en raison de l’opposition à la guerre d’une part importante de la population. La déclaration de guerre à l’Allemagne ne fut d’ailleurs adoptée que par une courte majorité au Parlement. Dans ces conditions, la conscription n’était pas envisageable. Par ailleurs, les questions raciales étaient très sensibles. Il ne fut jamais question d’envoyer des troupes noires au combat contre des Européens, elles furent donc cantonnées aux tâches ingrates (terrassement, garnison…). Les membres des communautés métis et d’origine indienne furent affectés aux unités de logistique et du génie. Seuls les blancs purent participer aux combats et s’engager dans des unités “techniques” (aviation, marine…).

Au départ, 60 000 hommes seulement
Pour s’opposer aux forces italiennes d’Afrique Orientale, les Britanniques disposaient dans l’immédiat de 60 000 hommes, répartis en deux commandements.
Commandement du Soudan (Lieutenant-Général Platt) – Trois bataillons anglais (2 500 hommes) – La Sudan Defence Force : 4 500 soldats soudanais, encadrés par des officiers britanniques – La police soudanaise : 5 000 hommes, répartis dans les districts civils – très fidèles – La RAF ne comptait que quelques avions plus périmés les uns que les autres, tels que les 3 Gloster Gauntlet et 6 Hawker Vincent du Flight 430 du Sqn 47 d’Army Cooperation. Par la suite, des renforts aériens furent dépêchés, permettant aux Britanniques de disposer d’un squadron de chasse sur Hurricane et Gladiator (n°1 SAAF) ainsi que d’un flight indépendant sur Gladiator, d’un squadron de coopération sur Hardy (n°237 Rhodésien), d’un squadron d’appui au sol (n°3 RAAF, 6 Gauntlet et 8 Lysander), de deux squadrons de bombardement sur Wellesley (n°47 et n°223) et d’un squadron de bombardement sur Blenheim (n°14). Leurs missions consistaient à affronter l’aviation italienne, à soutenir la progression des troupes au sol, à escorter des convois en Mer Rouge, à défendre Port-Soudan, à attaquer Massaouah et à soutenir l’activité croissante des patriotes du Négus.

Commandement du Kenya et de l’Ouganda (Lieutenant-Général Dickinson, puis Lieutenant-Général Cunningham à partir du 1er novembre 1940) Il rassemblait environ 40 000 hommes, blancs et indigènes, venant de tous les territoires britanniques de l’Afrique équatoriale et australe. Les plus notables étaient les “King’s African Rifles” : bataillons indigènes de Rhodésie, Nyassaland, Tanganyka, Ouganda, Kenya et Somalie. Heureusement, ces faibles forces étaient protégées par les obstacles naturels formidables que constituent les régions désertiques qui entourent le massif éthiopien. Les régions du nord du Kenya et de l’est de la vallée du Nil ne comportent en effet que de rares voies de communication, de simples pistes. Ces forces furent renforcées en juin par une brigade sud-africaine et par… six Hawker Fury I à moteur Kestrel envoyés par la SAAF (Sqn 1) et renforcés par 22 Fury II puisés dans les stocks de la RAF (Sqn II, 9 appareils en ligne en moyenne). Deux brigades est-africaines furent constituées en juillet. Le reste de la 1ère Division sud-africaine arriva en automne, de telle sorte qu’au mois d’octobre, il y avait trois divisions en Afrique orientale : la 1ère Sud-africaine et les 11ème et 12ème Est-africaines. La 2ème Division sud-africaine arriva après les combats les plus importants. Le commandement Kenya-Ouganda couvrait aussi la Somalie britannique, où la situation était encore plus sérieuse. Les Britanniques n’y disposaient que du Somaliland Camel Corps : 500 hommes, soit quatre compagnies, dont une seule conservait ses chameaux, la motorisation de l’unité ayant été (très partiellement) engagée, plus un bataillon du Northern Rhodesian Regiment, soit 1 475 hommes en tout.

Les Belges
La Belgique n’était pas initialement en état de guerre avec l’Italie, mais cette déclaration fut chose faite en hâte, lorsqu’en juillet 1940, des sous-marins italiens coulèrent en Méditerranée deux cargos belges, le Kabalo et le Portugal, qui participaient à l’évacuation des 150 000 hommes envoyés en France avant la chute de la Belgique pour constituer la Réserve de recrutement et d’entraînement de l’Armée belge.

Le Congo belge
L’état de guerre, ainsi que la détermination affichée par les gouvernements français et belge à continuer le combat, renforcèrent le Gouverneur Général du Congo belge, Pierre Ryckmans, dans son désir de faire participer la colonie à l’effort de guerre aux côtés des Alliés. La défense du Bas-Congo avait été en réalité mise sur pied dès le 15 mai, avant même que le gouvernement belge ne se soit réorganisé à Londres. La mobilisation de la totalité des forces devait s’effectuer par phases successives, pour éviter de troubler la vie économique de la colonie, déjà bouleversée par la coupure avec la Métropole. Jusqu’en 1939, l’économie du Congo était totalement dirigée vers l’Europe occidentale. Le principal client importateur et exportateur était bien entendu la Belgique, puis venaient, dans l’ordre, l’Allemagne, la Hollande, la France et… le Grand-Duché de Luxembourg. Les autres pays ne constituaient qu’un appoint. Dès la déclaration de guerre de la France et de la Grande-Bretagne à l’Allemagne, le Congo perdit avec celle-ci un excellent client et subit une importante crise économique ; les marchandises ne tardèrent pas à s’accumuler sur les quais et dans les entrepôts de Léopoldville et de Matadi. Mais ce fut bien pire à partir de mai et juin 1940, lorsque la Belgique, la Hollande, le Luxembourg et la France tombèrent aux mains de l’ennemi. L’économie de la colonie s’effondra. Par la suite, les circonstances de la guerre aidèrent le Congo à trouver de nouveaux débouchés et à se faire de nouveaux clients : les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Afrique du Sud, l’Argentine… Du point de vue économique, l’importance du Congo n’était pas à démontrer. L’Union Minière du Haut Katanga (UMHK) avait prévu la guerre et, dès le début de 1939, l’administrateur délégué Edouard Senglier avait fait expédier à New York 1 000 tonnes de minerai de pechblende, celui-là même qui servirait pour la première bombe atomique lâchée sur le Japon. Dès le début de la guerre en Europe, la production de métaux stratégiques fut renforcée. D’importantes quantités de cuivre furent vendues tout au long du conflit à la Grande-Bretagne, cependant que des tonnages importants de cobalt, étain, zinc et minerai d’uranium étaient exportés aux Etats-Unis. Mais l’effort de guerre concernait aussi le milieu rural, où la pression administrative se fit durement sentir à partir de 1942, lorsque la durée du travail obligatoire exigé des indigènes passa de soixante à cent-vingt jours. Le retour à la cueillette du caoutchouc fut particulièrement mal supporté chez des populations qui se souvenaient du “caoutchouc rouge” comme le sang des malheureux cueilleurs. De plus, les rivalités entre ethnies provoquèrent d’autres troubles, y compris jusqu’au sein de la Force Publique.
La Force Publique Créée par Léopold II du temps de l’Etat Indépendant du Congo, la Force Publique jouissait d’une réputation parfois sulfureuse suite à son implication par le passé dans des campagnes de répression. Elle était composée d’indigènes et d’Occidentaux, parmi lesquels on trouvait alors une proportion notable d’aventuriers et de mercenaires. Toutefois, lors de la Première Guerre Mondiale, les Belges avaient démontré que cette force de maintien de l’ordre pouvait se transformer en force militaire coloniale de très bonne tenue. Sous le commandement du Général Tombeur, la Force Publique avait remporté des succès substantiels contre les forces d’Afrique Orientale Allemande commandées par le légendaire Lettow-Vorbeck. Tabora figurait d’ailleurs sur l’emblème de la Force Publique en souvenir de la prise de la capitale de l’A.O.A. par les troupes belgo-congolaises.
Le commandement de la Force Publique était assuré au début de la guerre par le Colonel B.E.M. Gillaert. La montée en puissance de ces troupes en mai-juin 1940 n’alla pas sans incidents : l’indiscipline et les rivalités étaient courantes. De plus, malgré les avis formels de nombreux officiers, y compris son chef d’état-major, le Lieutenant-Colonel Van der Meersch, le Colonel Gillaert avait décidé de procéder à une mobilisation “par phases” en complète contradiction avec les plans établis avant la guerre. L’improvisation qui en résulta conduisit à une certaine contestation dans les rangs, surtout à Stanleyville, dans le nord-est de la Colonie, où le Colonel B.E.M. Mordant, commandant la 3ème Brigade, eut des mots très durs pour Gilliaert. Il faut dire que Mordant était familier des coups d’éclat. Son insubordination allait même lui valoir d’être écarté quelques semaines plus tard, et il finit par s’engager dans la Légion Etrangère en 1941. Heureusement, la déclaration de guerre de la Belgique contre l’Italie le 13 juillet accéléra les préparatifs et évita que la situation dégénérât plus avant. Les incidents ayant émaillé la mobilisation étant parvenu aux oreilles du Gouvernement belge, le Lieutenant-Général Paul Ermens, Vice-Gouverneur du Congo, fut prié de prendre directement le commandement de la Force Publique.
Malgré ces débuts difficiles, la Force Publique s’illustra par le concours précieux qu’elle apporta aux forces britanniques du Soudan, d’abord pour la défense contre les incursions italiennes venues de l’Abyssinie voisine, puis pour la libération de l’Ethiopie. Les Belges étaient d’ailleurs familiers de ce pays, car c’était à eux que le Négus avait fait appel pour moderniser son armée avant l’invasion italienne.
La Force Publique fut ensuite utilisée à diverses missions de garnison, en renfort des forces britanniques dans les colonies africaines de l’Empire, avant que l’équivalent d’une division fût envoyé en Birmanie au printemps 1942. C’est bien sûr son expérience du combat de jungle qui lui valut ainsi l’honneur d’être envoyée en Asie pour combattre les Japonais.
Le Gouvernement belge fut toujours très réticent à admettre l’idée que la Force Publique puisse un jour débarquer un jour en Europe. D’après les Congolais, cette attitude s’expliquait par la peur de la contagion des idées “révolutionnaires” de la gauche européenne et par le désir de maintenir une séparation assez stricte entre Européens et Africains. Les autorités belges voulurent également toujours maintenir un minimum de troupes (environ 6 000 hommes) en garnison au Congo, pour assurer l’ordre dans cette colonie prompte aux soulèvements divers et aux conflits inter-ethniques.
Les effectifs de la Force Publique atteignirent à son sommet pratiquement 25 000 hommes, assistés d’autant de porteurs.

« En temps de paix, la Force Publique était organisée en vue de défendre le territoire de la Colonie et d’y maintenir la tranquillité et l’ordre publics. Elle se composait de troupes campées et de troupes en service territorial réparties en trois groupements, chacun englobant les troupes de deux provinces.
Le plan de mobilisation avait été conçu uniquement en vue de la défense du territoire contre un ennemi extérieur. La mobilisation totale de la Force Publique permettait de mettre sur pied de guerre trois brigades, chaque groupement du temps de paix donnant naissance à une brigade. En outre, la mobilisation d’un organisme spécial, dénommé “Défense du Bas-Fleuve”, incombait au 2ème Groupement, basé à Léopoldville.
Chaque brigade comportait au total environ 6 000 hommes et 4 000 porteurs, répartis comme suit :
– Un Q.G.-Brigade comprenant un Commandement et des Services
– Deux Régiments d’Infanterie à trois bataillons à trois compagnies de fusiliers et une compagnie de mitrailleuses (6 pièces), soit environ 2 000 hommes par R.I.
– Une Compagnie de Fusiliers Cyclistes
– Une Batterie d’Artillerie de Campagne de 4 pièces de 70 mm Saint-Chamond
– Une Compagnie d’Artillerie d’Infanterie (mortiers Stokes de 81 mm)
– Une Compagnie de Pionniers Pontonniers du Génie
– Une Compagnie de Transports Automobiles
– Un Détachement de Troupes de Transmission
– Une Compagnie d’Etapes
– Un Dépôt de Renfort et d’Instruction
– Une Base de Ravitaillement de Brigade
– Un Centre de Répartition des Porteurs.

La déclaration de guerre de l’Allemagne à la Belgique et l’attaque de la Métropole ne mirent pas le Congo Belge en danger immédiat d’invasion. L’Italie étant restée dans l’expectative, les forces italiennes massées en Abyssinie constituaient certes une menace latente pour le Nord-Est de la Colonie, mais plus de 500 km de territoire anglo-égyptien la séparaient de l’Afrique Orientale Italienne. Aussi ce répit fut-il mis à profit par le Colonel B.E.M. Gilliaert pour élaborer, à l’encontre de ce qui avait été envisagé avant-guerre, une mobilisation par phases successives censée troubler le moins possible la vie économique de la Colonie.
Dès le 15 mai, fut ordonnée comme première phase la mise sur pied de guerre de la “Défense du Bas-Fleuve”, afin de prémunir le Congo Belge contre une action toujours possible des corsaires allemands opérant dans l’Atlantique.
La deuxième phase fut réalisée durant le courant du mois de mai 1940, et porta à effectifs de guerre les Bataillons I à VI, ainsi que les autres unités d’active (Artillerie, Génie, etc.).
Le 10 juin, date de l’entrée en guerre de l’Italie, fut déclenchée la troisième phase qui consistait à former les Bataillons VII à XII (de 1ère réserve).
La quatrième phase fut amorcée le 18 juin, avec la mobilisation des Bataillons de la série XIII à XVIII (de 2ème réserve).
Cette phase devait en principe être suivie d’une cinquième, puis d’une sixième phase. La déclaration de guerre de la Belgique à l’Italie, précipitée le 13 juillet par les attaques répétées de sous-marins italiens contre des navires belges en Méditerranée, allait cependant accélérer les opérations de mobilisation.
Les première demandes adressées à la Force Publique ne tardèrent pas à être formulées par les Britanniques. Le Gouverneur Général du Soudan Méridional, M. Parr, demanda qu’un ou deux pelotons de la Force Publique soient mis à sa disposition pour la garde de l’aérodrome de Juba. Le commandant des troupes du Soudan, lui, manquait de chauffeurs pour ses camions de ravitaillement, et réclama un peloton de chauffeurs. Ces demandes purent être satisfaites assez rapidement, notamment par l’envoi du XIème Bataillon, qui devint l’embryon du Belgian Contingent in Sudan (B.C.S.)

A la fin du mois d’août 1940, la mobilisation de la Force Publique était achevée, et son déploiement correspondait au schéma suivant :
– Les Troupes de Nord-Est (T.N.E.) rassemblaient les 1ère et 3ème Brigades sous le commandement du Colonel Gilliaert, avec un Q.G. établi à Watsa. Il s’agissait d’environ 12 000 hommes, dont la mission était non seulement de défendre la frontière Congo-Soudan-Ouganda jusqu’à l’équateur, mais aussi d’intervenir offensivement soit vers le Nil (entre Malakal et Juba), soit vers l’Ouganda. Grâce aux mille camions General Motors commandés par l’Armée belge, qui avaient été détournés de la France vers le Congo, les T.N.E. avaient pu être à peu près entièrement motorisées. Cela devait leur procurer un avantage critique en termes de mobilité au cours de la campagne.
– Les Troupes de l’Ouest (Q.G. à Léopoldville) comprenaient le 3ème Régiment, la Défense du Bas-Fleuve, la Compagnie d’Artillerie d’Infanterie et la Compagnie de Pionniers Pontonniers du Génie. Leurs effectifs s’élevaient à environ 4 000 hommes au total. Ces troupes étaient notamment chargées d’assurer la défense du Bas-Fleuve et de Léopoldville, de protéger le chemin de fer de Matadi à Léopoldville et de prêter main-forte, si nécessaire, aux troupes de l’Afrique Equatoriale Française.
– Les Troupes du Sud (Q.G. à Elisabethville) comprenaient le 2ème Régiment, soit environ 2 000 hommes. Leur mission était d’intervenir si nécessaire au profit des troupes britanniques en Rhodésie.

Vers la mi-septembre, les Troupes du Nord-Est allaient encore être renforcées par un puissant détachement d’artillerie venu d’Afrique du Nord. Ce détachement comprenait deux batteries de 47 mm antichars, deux batteries de 75 DTCA, une batterie de 75 TRA, deux obusiers de 155 et un canon de 105 mm.

Tout aussi importante fut la création au même moment de la Composante Aérienne de la Force Publique (C.A.F.P.) Elle avait été rendue possible par l’envoi d’avions de la Sabena et de l’Aéronautique Militaire, par l’achat à la Grande-Bretagne de 50 Fairey Battle, dépassés sur le théâtre européen, mais qui allaient rendre d’immenses services en Afrique, et par l’échange de différents avions contre les Brewster Buffalo alloués à l’Aéronavale française. Il fut ainsi possible de former un régiment de chasse, un de bombardement et un de transport, dotés d’un matériel hétéroclite.

Le mois d’août et le début du mois de septembre furent consacrés à d’importants préparatifs logistiques, afin de mettre les bases de Juba et de Malakal, au Soudan, en état de soutenir le déploiement de la Force Publique. Les détachements du Génie s’affairaient à construire des entrepôts et des pistes pour la future C.A.F.P., pendant qu’on envoyait par le Congo, puis par le Nil, les vivres, le matériel et le pétrole nécessaires pour la campagne. C’était une véritable course contre la montre, car la seule voie d’invasion vers l’Abyssinie consistait à suivre les rivières Sobat et Baro entre Malakal et Gambela – or, ces rivières cesseraient d’être navigables en novembre, avec l’arrivée de la saison sèche. »

Extrait de « La Campagne des Troupes Coloniales Belges en Abyssinie », par le Capitaine-Commandant R. Werbrouck, Presses du Courrier d’Afrique, Léopoldville, Congo Belge, 1947



La stratégie alliée : un front secondaire
En théorie, quatre axes d’invasion de l’Afrique Orientale Italienne pouvaient offrir de bonnes perspectives de succès pour une armée régulière : – au nord-ouest, de Kassala (au Soudan) vers Asmara et Massaouah (en Erythrée). Toutefois, les difficultés naturelles de la route Kassala - Massaouah nécessitaient d’envoyer une force nombreuse, difficile à ravitailler par cette voie étroite. – au nord-est, de Djibouti vers Addis-Abeba. – à l’ouest, du Soudan (et plus tard du Kenya) vers l’Abyssinie. – au sud, du Kenya vers la Somalie italienne.
Cependant, la préoccupation majeure des états-majors britannique et français était avant tout la neutralisation puis la conquête de la Libye. L’action du mouvement patriotique en Abyssinie, visant le retour au pouvoir du Négus, était perçue comme le meilleur moyen, vu les ressources disponibles, de rendre la position italienne intenable, pour finalement reconquérir le pays. Une invasion à grande échelle de Kassala vers Asmara (qui dépendait de la disponibilité des troupes engagées en Libye), ou à partir de Chisimaio vers le nord, n’était donc pas envisagée dans un premier temps. Seules étaient prévues des attaques limitées pour fixer l’ennemi pendant que les partisans du Négus seraient soutenus.
– Les troupes situées au Soudan avaient ainsi pour mission de reprendre Kassala, qui avait été occupée par les Italiens dès le début des hostilités. Elles devaient également maintenir la pression dans la région de Gallabat, sans toutefois entreprendre d’opération majeure, et soutenir les rebelles en Abyssinie par tous les moyens possibles. – Au Kenya, une démarche similaire était envisagée, avec une avancée rapide sur la frontière sur une ligne Kolibio-Dif et l’utilisation de petites colonnes mobiles pour maintenir la pression sur l’ennemi à l’ouest de Moyale. La saison des pluies étant passée, il ne devait pas y avoir de problèmes majeurs d’approvisionnement en eau pour s’avancer ensuite sur Chisimaio ; le problème venait surtout des capacités de transport.
– Un autre axe d’attaque était envisagé dans le sud-ouest de l’Abyssinie, en conjonction avec les forces arrivant de la région de Boma au Soudan.
Mais tout cela était subordonné à la chute de la Libye. Ce n’est qu’ensuite que les Alliés se préoccuperaient de régler le compte de l’A.O.I.

La stratégie italienne : les enfants-perdus du Duc d’Aoste Amédée II de Savoie, duc d’Aoste et des Pouilles, était vice-roi d’Éthiopie et gouverneur général de l’Afrique Orientale Italienne depuis 1937.


La guerre sur mer : une lutte inégale Dès le début de la guerre, la flottille italienne de mer Rouge subit des pertes sensibles. En deux semaines, elle perdit quatre de ses huit sous-marins (les Macallè, Galilei, Torricelli et Galvani), dans des circonstances très variées.
Quatre sous-marins sortirent dès le 10 juin 1940 : le Macallè pour Port-Soudan, le Galvani pour Oman, le Ferraris pour Djibouti et le Galilei pour Aden.
– Le Ferraris fut le premier hors de combat. Dans la nuit du 12 au 13 juin, il fut surpris en surface par au moins un destroyer britannique. Au cours de la plongée rapide, une manœuvre provoqua l’entrée d’eau de mer dans le local des accumulateurs, endommageant gravement les batteries. Le bateau put cependant rentrer à Massaouah, où il demeura indisponible pendant près de deux mois, éprouvant la longueur des remises en état avec les moyens locaux.
– Le Macallè connut un sort encore plus funeste : à la suite d’une erreur de navigation favorisée par un ciel toujours nuageux et par les émanations de chlorure de méthyle (constatées dès le 12 juin et provoquant en deux jours l’intoxication de l’ensemble de l’équipage), le sous-marin alla se perdre sur des écueils devant l’îlot de Bar Moussa Kebir. L’équipage se réfugia sur l’îlot et trois volontaires partirent chercher des secours sur un canot de sauvetage équipé d’une petite voile. Ils parvinrent en terre italienne le 20 juin.
– Le Galilei arriva sans encombre devant Aden. Aux premières heures du 16 juin, il coula au sud de ce port le pétrolier norvégien James Stove. Le 18, il arraisonna, en tirant un coup de canon, le vapeur yougoslave Drava, qu’il laissa repartir comme neutre. Le bruit du coup de semonce l’aurait fait repérer par une unité anglaise en patrouille et il fut attaqué peu après par un avion. Son commandant n’en décida pas moins de rester dans la zone assignée par ses instructions. Dans la nuit, quand le sous-marin émergea pour recharger ses batteries, il fut découvert par des navires britanniques. Ayant dû replonger, il subit une chasse violente, sans pourtant subir de dommages. Le 19 juin au matin, des émanations de chlorure de méthyle se manifestèrent. Le sous-marin fut peu après repéré par le chalutier ASM Moonstone. Le commandant du Galilei décida de combattre en surface et finit capturé par son adversaire, aidé par le destroyer Kandahar.
– Le Galvani parvint le soir du 23 juin dans sa zone de patrouille (la plus lointaine), devant Oman. Il torpilla le même soir l’aviso HMIS Pathan, qui coula le lendemain. Quelques heures plus tard (vers 02h00 le 24 juin), il fut repéré par la corvette britannique Falmouth, qu’accompagnait le destroyer Kimberley. Alors qu’il plongeait, le sous-marin fut touché par un obus du Falmouth à la poupe, dans le local des tubes lance-torpilles. Le second maître-torpilleur Pietro Venuti se sacrifia pour fermer la porte étanche du local et donner au bâtiment une chance de survie (acte qui lui vaudra la médaille d’or de la valeur militaire à titre posthume). Malgré ce sacrifice, le sous-marin ne put être stabilisé en plongée et le commandant dut se résoudre à faire chasser partout, pour revenir affronter l’ennemi en surface. Mais le canon et les mitrailleuses étaient inutilisables et le commandant donna l’ordre d’abandonner le bateau, qui coula rapidement, par la poupe, avant que tout l’équipage ait pu évacuer. Le Falmouth récupéra 31 hommes (sur 56).
– La mise hors service du Ferraris entraîna son remplacement par le Torricelli, qui quitta Massaouah le 14 juin et arriva devant Djibouti au matin du 19. Le soir même, l’état-major ordonna par radio au sous-marin de se déplacer vers un secteur plus au sud. Parvenu à destination le 21 juin, il fut repéré et pourchassé par des destroyers anglais qui lui infligèrent des dommages tels que le commandant Pelosi dut se résoudre à rentrer à Massaouah. Aux premières heures du 23 juin, alors qu’il traversait en surface le détroit de Bab-el-Mandeb, le Torricelli fut repéré par l’aviso Shoreham. Ayant plongé, il fut pourchassé quelque temps puis l’aviso sembla se diriger vers Perim. Le commandant Pelosi voulut tenter à nouveau de passer en surface et se retrouva alors face non seulement à l’aviso, mais aussi aux trois destroyers Kandahar, Kingston et Khartoum. Après un combat épique, le sous-marin, incapable de plonger endommagea le Shoreham au canon et coula le Khartoum à la torpille avant de succomber.

Il restait à Massaouah trois sous-marins, dont deux sortirent à leur tour en mission de guerre le 19 juin, les Archimede et Perla, toujours en fonction du plan d’action offensif de septembre 1939.
– L’Archimede ne put poursuivre sa mission (patrouiller au sud-ouest d’Aden) au-delà du 26 juin, jour où il rentra non pas à Massaouah, mais à Assab, à cause des ravages causés par les émanations de chlorure de méthyle : une trentaine de marins avaient été atteints, dont quatre moururent avant l’arrivée à Assab et deux après. Le sous-marin ne fut en état de reprendre la mer que le 31 août, après remise en état de l’installation de climatisation, où l’on remplaça le chlorure de méthyle par du fréon.
– Le Perla fut envoyé dans le golfe de Tadjoura. L’installation de conditionnement d’air ne fonctionnant pas, l’équipage commença à souffrir de coups de chaleur. Le commandant Pouchain ordonna la révision de l’installation, ce qui fit tomber le bateau de Charybde en Scylla, car l’opération s’accompagna de forts dégagements de chlorure de méthyle. Quand le sous-marin atteignit le golfe de Tadjoura au matin du 22 juin, nombre d’hommes étaient déjà malades et la situation ne fit qu’empirer dans la journée. Il n’en rejoignit pas moins sa zone d’aguets le 23 avant… d’être rappelé par l’état-major. Le Perla retraversa donc le détroit de Bab-el-Mandeb. Le 26 juin, ayant dû émerger avant la nuit pour se repérer et renouveler l’air, il fut repéré et pourchassé par un destroyer britannique, auquel il n’échappa que pour aller s’échouer non loin du phare de Sciab Sciach. Le lendemain 27, une expédition de secours partie de Massaouah (contre-torpilleurs Leone et Pantera et torpilleur Giovanni Acerbi) fut rappelée, en raison de la présence d’une escadre britannique. L’un des navires la composant, le destroyer Kingston, essaya en vain d’achever le sous-marin, que sauva finalement l’intervention de bombardiers italiens. L’équipage fut récupéré en deux fois, les 28 et 30 juin. Quant au bateau, il finit par être déséchoué et remorqué à Massaouah, où il arriva le 20 juillet 1940. Il resta indisponible jusqu’à la fin des opérations en Mer Rouge.

Le huitième et dernier sous-marin, le Guglielmotti, sortit le 21 juin, non pour une mission de guerre, mais pour aller sauver les naufragés du Macallè, qu’il retrouva le 22 juin et ramena à Massaouah.

Fin juin, le bilan était donc de quatre sous-marins perdus (3 coulés, 1 pris), un gravement endommagé (le Perla) et deux endommagés, en échange de la destruction d’un pétrolier et d’un destroyer. Il restait en tout et pour tout le Guglielmotti, que devaient rejoindre successivement le Ferraris (début août) et l’Archimede (fin août).


Dernière édition par Casus Frankie le Mer Nov 07, 2007 20:34; édité 1 fois
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MessagePosté le: Mer Nov 07, 2007 20:16    Sujet du message: aviation alliée Répondre en citant

Rappel. Merci de vérifier si j'ai bien récupéré ici et là les infos...

CEAO (Corps Expéditionnaire d’Afrique Orientale)
Unités s’entraînant et se préparant aux opérations contre les forces italiennes en Afrique de l’Est. Le CEAO sera divisé en deux forces indépendantes, l’une en soutien des unités terrestres alliées au Soudan l’une en soutien de celles qui opèrent au Kenya. Son déploiement a commencé, mais il ne sera achevé qu’à la fin du mois de septembre.

1. CEAO-Gordon (déployé au Soudan à partir du 2 septembre)
GAM I/551 : 8 D-510 et 5 Potez 63.11
ESRL n°2 : 3 Amiot 351 GR (ces avions sont en cours de transformation à l’Atelier d’Alger ; un Amiot-354 a été prêté à cette unité pour son entraînement).
GB II/15 : 13 Farman NC 222.1/2
Groupe de Marche Bodet : 15 Amiot-143
* L’escadrille n°3 du GC I/7 et le Groupement Pouyade (soit une douzaine de MS-406 et une dizaine de Potez-631 et 63-11) rejoindront le CEAO-Gordon lors de son déploiement.
* Cette force sera sous commandement britannique, car elle comprendra une majorité d’unités de la RAF :
Sqn n°112 sur 24 Gladiator, devant recevoir des Hurricane (chasse) ;
Sqn n°6 (basé à Ramallah) sur 12 Lysander et 8 Gauntlet., Sqn n°33 (RAAF) (basé à Port Tewfik) sur 6 Gloster Gauntlet et 8 Hawker Vincent, Flight 430 du Sqn 47 (basé à Port Soudan) sur 3 Gloster Gauntlet et 6 Hawker Vincent, Sqn n°237 (Rhodésien) sur Hawker Hardy (coopération) ;
Sqn n°14 sur Blenheim et Sqn n°47 et 223 sur Wellesley (bombardement).

2. CEAO-Congo (déployé en Ouganda et au Kenya ; inclut des unités de l’Aéronautique Militaire belge et doit être sous commandement belge). Etant donné les contraintes logistiques et en dépit des gros efforts fournis par les autorités coloniales d’AEF et par nos alliés belges au Congo, le déploiement de ce corps expéditionnaire demandera encore plusieurs semaines. A cela s’ajoute le fait que, pour la plupart, les pilotes belges ont été évacués vers la Grande-Bretagne fin juin et doivent maintenant transiter par l’AFN pour y être entraînés sur matériel français.
Unités de l’Armée de l’Air
GAM II/551 : 10 MS-406, 6 D-501 (de l’ES n°6 à Dakar-Thiès) et 4 Potez 63.11
GAM III/551 : 6 Potez-542, 4 Potez-25 et 2 Potez-29
Groupe de Marche Bordes : 15 MB-210
Groupe de Transport du Haut-Congo : 3 MB-120, 2 Curtiss AT-32A (n°32 et 39, en cours de réassemblage à Dakar-Thiès), 3 MB-200, 4 Potez-29 SAN.
Unités de l’Aéronautique Militaire belge : Composante Aérienne de la Force Publique (CAFP)
* Régiment Mahenge (ou 1er Régiment de la CAFP, chasse)
– 1er GC
Escadrille n°1 : 8 FK-58 + 10 Spad-510
Escadrille n°2 : 16 D-510
* Groupe de Marche du Congo
7 Fairey Fox + 7 Fairey Firefly
– Régiment Tabora (ou 2e Régiment de la CAFP, coopération et attaque)1
* 1er GB
Escadrille n°1 : 15 Fairey Battle
Escadrille n°2 : 8 MB-210 + 8 Potez-542 + 2 Caudron Simoun
* 2e GR
Escadrille n°3 : 10 DB-8 + 3 Potez-25
Escadrille n°4 : 10 DB-8 + 3 Potez-25
– Régiment Capitaine Edmond-Thieffry (ou 3e Régiment de la CAFP, transport et communication)
* 1er GT : 5 SM-73, 3 SM-83, 1 DC-3
* 2e GT : 4 Potez-29 SAN, 3 Caudron Simoun, 2 Caudron Goéland
* 3e GT : 6 Ju-52
Unités de l’Empire Britannique
Sqn 1 (SAAF) sur… 6 Hawker Fury II et 8 Hawker Hartebeest.
22 Fury I venus des réserves d e la RAF permettront de former le Sqn 2 (SAAF), 9 avions en ligne en moyenne, et de remplacer les pertes.
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MessagePosté le: Mer Nov 07, 2007 20:19    Sujet du message: Première ébauche Répondre en citant

Avant-Projet de Chronologie générale, A DEBATTRE

10 au 30 juin :
Surpris (comme tout le monde) par l'entrée en guerre de l'Italie, Aoste est face à trois fronts : le Soudan, le Kenya et les Somalie (française et anglaise, soit Côte Française des Somalis (CFS) et Somaliland). Le troisième est le plus dangereux pour lui (à cause de la voie ferrée Djibouti - Addis Abeba, excellent axe de pénétration au coeur de l'Abyssinie) mais c'est aussi celui où les Italiens peuvent espérer un succès rapide, car les Français vont sûrement capituler et les Anglais ont très peu de monde pour défendre un vaste territoire. C'est donc là qu'Aoste organise la concentration de ses unités les plus capables d'attaquer. Au demeurant, ses approvisionnements limités lui interdisent une stratégie tous azimuts.
>>
Juillet :
Les Italiens concentrent des troupes face à la CFS et attaquent le Somaliland. Au sud-est, ils progressent lentement mais sûrement vers Berbéra, qui tombe non sans que les défenseurs anglais (Rhodésiens) aient évacué avec peu de pertes vers Aden (= OTL). Au nord-ouest, c'est une autre affaire, car les défenseurs (dont le Camel Corps), qui peuvent adosser leur droite aux défenses françaises, se recroquevillent autour de Zeila, sur un terrain très difficile. A la fin du mois, les Italiens font face à un périmètre de défense allié autour d'Obock-Djibouti-Zeila.
>>
Août :
Aoste chante victoire car il a occupé 90% du Somaliland, mais après quelques déconvenues devant les troupes de Legentilhomme, il renonce à attaquer le "réduit somalien" allié, renforcé par les Rhodésiens évacués du sud Somaliland et par des troupes venues d'Aden (Punjabis, Black Watch).
En attendant que les Français comprennent qu'il faut arrêter la guerre, Aoste établit une ligne défensive et se tourne vers l'ouest. Au Kenya, ses troupes passent la frontière et enlèvent Moyale, tandis que les King's African Rifles (KAR) se replient en bon ordre pour protéger Nairobi.
Mais en fait, c'est au Soudan qu'Aoste va porter son effort. Les premières opérations aboutissent à la prise de la localité de Gallabat et à un appel au secours des Anglais à la Force Publique, qui hâte son déploiement.
>>
Septembre-Octobre :
Au Soudan, les Italiens avancent jusqu'aux abords de Khartoum, mais ils manquent de ravitaillement et de véhicules pour aller assez vite et assez fort pour prendre la ville. De plus, dès mi-septembre, la présence de la Force Publique se fait sentir, ainsi qu'en octobre, celle de son artillerie et de son appui aérien.
>>
Novembre-Décembre :
c'est la saison des pluies. Les efforts offensifs de tout le monde sont très gênés.
>>
Janvier 1941 :
Le beau temps est revenu et les Alliés, copieusement renforcés (renforts historiques + Français venus de Madagascar à Djibouti + Belges FTL en supplément des OTL) attaquent sur trois fronts.
Au Soudan, deux divisions indiennes (la 4ème division indienne, aguerrie par la campagne de Libye, est le facteur clé) et la Force Publique dégagent Khartoum et entrent en Ethiopie.
Au Kenya,les Sud-Africains reprennent Moyale et s'enfoncent profondément en territoire italien.
A l'est, Français et Anglais attaquent droit vers Addis, en suivant la voie ferrée. Les combats sont intenses, mais si les Italiens tiennent, c'est au dépens des autres fronts : les meilleures réserves d'Aoste sont concentrées à l'est d'Addis.
>>
Février :
Une partie des troupes indigènes italiennes désertent sur les fronts kényan et soudanais, notamment en raison du trop faible ratio troupes italiennes/troupes indigènes sur ces fronts. Les défenses italiennes craquent et seules les distances et le terrain inhospitalier empêchent une fin rapide des combats.
>>
Mars :
Les combats s'achèvent autour d'Addis Abeba, par un "siège" d'une dizaine de jours qu'Aoste décide d'écourter, sous la pression notamment de la population civile italienne (les colons se sont tous regroupés dans la région au fur et à mesure de l'avance alliée, et les Alliés ont fait savoir que les femmes et les enfants seraient rapatriés en Italie, ce qui sera fait par des navires japonais...).
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MessagePosté le: Mer Nov 07, 2007 22:10    Sujet du message: Répondre en citant

C'est une bonne trame. À mon avis, ça ira un peu plus vite car la Libye va être finie assez vite. Non seulement la 4e DI indienne va arriver disons d'ici octobre (?), mais parions que les Français vont vouloir être de la fête (je vois bien des R-35 convoyés d'Egypte par la Mer Rouge progresser le long de la voie ferrée).

Quelques ajouts/idées :
Mentionner la flotte alliée à Alexandrie, ainsi que la flotte anglaise de l'Océan Indien (ça fait de monde ...). Historiquement, il y a d'ailleurs eu des frappes aéronavales sur Mogadiscio.
Quid des raids aériens italiens sur le Golfe ?
Quid d'une action navale italienne (destroyers et/ou MAS) ?
On peut envisager que Aoste n'attaque pas le Kenya ...
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MessagePosté le: Jeu Nov 08, 2007 09:32    Sujet du message: Répondre en citant

Casus,

bravo pour ce gros boulot.

Deux remarques de détail:
(a) Il n'y a pas de CR-42 en AOI au 10/06/40. Tous les CR-42 envoyés en AOI l'ont été par le "pont aérien".
Compte tenu des opérations en ASI il est très improbable que le moindre CR-42 arrive en AOI. Je rappelle que jusqu'en aout 40 le MC-200 est hors service. Ceci fait du CR-42 le seul chasseur moderne de la RA avec le Fiat G-50. Son emploi face aux Français que ce soit sur la Cote d'Azur (jusqu'en aout) ou en ASI est donc prioritaire par rapport à l'AOI.
Ce n'est qu'à partir d'aout 40 (mi-aout) que la RA pourrait avoir quelques CR-42 à envoyer en AOI et à ce moment là il n'y aura plus de bases en ASI pour le pont aérien.
(b) Le Fury de la SAAF consistent en 7 Fury-II achetés avant guerre et 22 Fury-I issus des stocks RAF et livrés d'octobre40 à janvier 41.

Si les opérations en ASI sont terminées en septembre 40, il devient pôssible de déployer bien plus de forces au Soudan (par le chemin de Fer et le Nil) vers la mi-octobre ou fin octobre.
On a les troupes françaises de Mittelhauser (dont les unités de cavalerie "irrégulières" soit les cavaliers Tcherkesses) et les troupes de Wavell.
On aura au moins une CACC de R-35 déployée en soutien.

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MessagePosté le: Jeu Nov 08, 2007 09:34    Sujet du message: Répondre en citant

Merci à Pontus de ses infos.

A Djibouti,
"- Plusieurs centaines de partisans éthiopiens, à l’entraînement sous la direction de Robert Monier (un ancien de la guerre d'Espagne) "

est remplacé par

"- Plusieurs centaines de partisans éthiopiens, à l’entraînement sous la direction du Commandant Raoul Salan. Celui-ci a pris la suite du Commandant Robert Monnier (cet ancien conseiller militaire des Républicains espagnols, envoyé très spécial de Georges Mandel, est mort à la tâche en organisant la Résistance éthiopienne le 11 novembre 1939)."
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MessagePosté le: Jeu Nov 08, 2007 22:42    Sujet du message: Répondre en citant

Petite précision : Le Khartoum ne fut pas torpillé mais fut victime de l'explosion d'une de ses propres torpilles.

La cause de l'explosion du réservoir à air comprimé ne fut jamais déterminé avec certitude......... Sad
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MessagePosté le: Ven Nov 09, 2007 09:49    Sujet du message: Répondre en citant

1. CEAO-Gordon (déployé au Soudan à partir du 2 septembre)
GAM I/551 : 8 D-510 et 5 Potez 63.11
ESRL n°2 : 3 Amiot 351 GR (ces avions sont en cours de transformation à l’Atelier d’Alger ; un Amiot-354 a été prêté à cette unité pour son entraînement).
GB II/15 : 13 Farman NC 222.1/2
Groupe de Marche Bodet : 15 Amiot-143
* L’escadrille n°3 du GC I/7 et le Groupement Pouyade (soit une douzaine de MS-406 et une dizaine de Potez-631 et 63-11) rejoindront le CEAO-Gordon lors de son déploiement

Voila un ordre de bataille qui me plait! Va y avoir du coloriage dans l'air...
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MessagePosté le: Ven Nov 09, 2007 11:44    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai cherché ce qui pourait être envoyé comme chasseurs à Djibouti très vite (dès juillet), et j'ai trouvé : 18 Potez 631.
Ils ont la distance franchissable pour y arriver sans trop de mal, il y a déjà 4 Po-631 basés là-bas, l'OdB mentionne que, sur 53 dispos au 10 août, 12 sont à Malte (Aéronavale), 12 à Tunis, 8 en Corse, 4, donc, déjà à Djibouti, 1 en Indochine, 6 en Egypte...
Reste 18.
Des duels Fiat CR-32 / Po-631 seraient curieux, le Potez va 40 km/h plus vite que le biplan, mais il a intérêt à ne pas essayer de dogfight, à moins que son mitrailleur ne soit très chanceux !

Avis ? Objections ?
Autres propositions ? (par exemple, comment acheminer des D-510 jusqu'à Djibouti en juillet) ?
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MessagePosté le: Ven Nov 09, 2007 12:23    Sujet du message: Répondre en citant

Les Potez de Malte et Tunis servent en chasse de nuit, non ? Ceux d'Egypte et de Corse sont occupés aussi.
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MessagePosté le: Ven Nov 09, 2007 13:10    Sujet du message: Répondre en citant

Oui, c'est ce que je dis : déduction faite de ces appareils (12 Tunis, 11 Malte, 8 Corse, 6 Egypte, 1 Indochine et les 4 déjà à Djibouti), il en reste - et zut, 11 seulement dispos en AFN, sans affectation.
Mais bon, 15 Po-631 en tout à Djibouti, c'est mieux que rien.

C.F.
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MessagePosté le: Ven Nov 09, 2007 14:56    Sujet du message: Répondre en citant

Casus,

Il faut une réserve de Potez 631 en AFN.
Tant que les Glenn-Martin n'ont pas été modifiés en chasseurs c'est le seul chasseur à long rayon d'action /chasseurde nuit disponible. sans volant, la dispo des avions basés en AFN/Malte va s'effondrer rapidement.

Sur les 11 que tu listes pas plus de 3 pourraient - au mieux - être envoyés en renfort à Djibouti.

Je pencherai pour des 63-11 modifiés (avec les mitrailleuses supplémentaires installées dès la Campagne de France) et utilisés comme avions à tout faire (un peu de reconnaissance, un peu de bombardement, un peu de chasse...).

Normalement les D-510 devraient pouvoir rejoindre Djibouti. Je vais vérifier l'autonomie à vitesse économique.
il faudrait au moins un Potez 63-11 de guidage.

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MessagePosté le: Ven Nov 09, 2007 15:13    Sujet du message: Répondre en citant

Au pire si 'on a pas de potez ce n'est pas trop grave, les D-510 assurent les missions de chasse et d'escorte, et les Amiot egt autres Farman le bombardement de nuit et meme de jour (vu que les Italiens en afrique, ce ne sont pas les panzers a sedan...)

Les vieux potez 25 et 29 assureront la reconnaissance...
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MessagePosté le: Ven Nov 09, 2007 15:32    Sujet du message: Répondre en citant

Je viens de vérifier l'autonomie (ou distance franchissable) du D-510: 740 km.

Il faut compter sans doute 650 à 680 km avec une marge de sécurité.
Le guidage par bimoteur est obligatoire.
Les potez 63.11 vont servir à celà.

Je rapelle qu'avec les mitrailleuses (MAC) supplémentaires les 63.11 restent plus rapides que les CR-32 et les bombardiers Ca-133 ou SM-82 "Pipistrello" (Chauve-souris).

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MessagePosté le: Ven Nov 09, 2007 17:27    Sujet du message: Répondre en citant

On baserait donc à Djibouti :

4 Po-631 (dès fin juin, ça en laisse 8 pour servir de réserve aux 8 de Corse, 12 de Tunisie et aux 11 de l'Aéronavale)

GAM I/551 : 8 D-510 et 5 Potez 63.11 (dès début juillet)

GAM II/551 : 10 MS-406, 6 D-501 (de l’ES n°6 à Dakar-Thiès) et 4 Potez 63.11 (fin juillet)

(les D-501 de Dakar peuvent peut-être, comme prévu au départ, passer "tranquillement" par le sud avec le Groupe Congo)

Qu'en dites-vous ?
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