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Collaboration en Belgique

 
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Casus Frankie
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Inscrit le: 16 Oct 2006
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Localisation: Paris

MessagePosté le: Sam Oct 03, 2015 17:14    Sujet du message: Répondre en citant

Au fait, comme cela s'est-il passé en Belgique OTL ?
Comme en France ? Autrement ?
Avec des différences entre Flandre et Wallonie ?
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Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
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Wil the Coyote



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MessagePosté le: Sam Oct 03, 2015 17:29    Sujet du message: Répondre en citant

Belgique OTL, il n'y à pas eu beaucoup de condamnation a mort...il faudrait voir avec notre sainteté...

Degrelles fut condamné par contumace vu qu'il était chez Franco, beaucoup de membre du VNV furent déclaré incivique et condamné diversement...

Le problème de la Belgique OTL, c'est que l'on à souvent (à tort d'ailleurs) entendu, les wallons ont résisté pendant que les flamands ont collaborés (j'ai toujours en tête la phrase de mon grand-père, ancien combattant et resistant "10% à resisté, 5 % à collaboré, le reste à attendu que la guerre passe et à essayer de survivre")...et que cela à provoqués beaucoup de rencoeurs chez certains....les générations actuelles se rendent comptes de ce qui s'est réellement passé...

Et, moi même, c'est grâce à la FTL que j'ai découvert par exemple la rédition de Gand ou le comportement exemplaire de la 10e DI...
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Horum omnium fortissimi sunt Belgae
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JPBWEB



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MessagePosté le: Dim Oct 04, 2015 05:15    Sujet du message: Répondre en citant

L’épuration consecutive a la liberation ne fut pas un moment dont la Belgique pourrait être fière. Etant donné les circonstances, elle fut surtout le fait de deux groupes qui n’avaient pas vécu l’occupation en Belgique: le gouvernement de Londres (qui s’est préoccupé du sujet des 1942) et les officiers détenues en Oflags (qui ont fourni l’essentiel du personnel des tribunaux militaires d’exception). Les deux groupes ont anticipé ce grand moment de revanche, dans des proportions et un état d’esprit très different de celui de la France OTL (mais probablement plus proche de ce qui se passera FTL). La France OTL avait besoin de reconciliation nationale, la Belgique OTL et FTL (et la France FTL, je crois) avait besoin de revanche et de purge allant au de la de la simple sanction de faits illégaux commis a l’occasion ou sous le couvert de l’occupation allemande.

Des la liberation, des razzias de collaborateurs supposés ont été menées avec grand entrain. A Anvers, on a enferme un certain nombre d’entre eux dans les cages vides des animaux du célèbre zoo (dont les pensionnaires d’origine avaient mal supporte l’occupation). Un nombre très élevé de gens eurent des ennuis plus ou moins prolongés, surtout en Flandre,, et en conservèrent un souvenir amer et une defiance prononcée contre l’état belge. En Flandre, la repression étatique fut le fait de cette bourgeoisie francophone qui ressentait de manière aiguë les agissements de beaucoup comme a la fois une trahison de la nation belge (la leur, unitaire francophone, bourgeoise et catholique) et une menace pour leur hégémonie sur la Flandre. Ils ont donc eu la main particulièrement lourde, et ont poursuivi beaucoup de gens avec opiniâtreté et parfois mesquinerie.

En application d’une legislation retroactive décidée par le gouvernement de Londres sans l’aval du parlement ni signature royale (et pour cause), et en prolongeant l’état de guerre jusqu’au 15 juin 1949 (!), 405.067 dossiers seront instruits par les auditeurs militaires. 57.052 personnes seront poursuivies, dont 53.005 seront condamnées. 2.940 condamnations a mort seront prononcées, dont 1.693 par contumace et 242 seront exécutées. Il y eut également 2.340 peines a perpétuité. Plus accablant encore, 43.093 personnes, quoique non condamnées, resteront qualifiées ‘inciviques’, déchues de leurs droits civils et politiques et exclues d’emplois publics etc. Pour un pays de 8 millions d’habitants, c’est beaucoup, surtout des lampistes et des auteurs de faits individuels. Les collaborateurs éminents et els vrais méchants se sont enfuis avec l’occupant en retraite, et beaucoup sont parvenus a échapper a la justice en trouvant refuge en Espagne et en Amérique du Sud, et meme dans les rangs de la Legion Etrangère, dit-on.

Dans les années 50, des mesures de clémence furent prononcées et des condamnations révisées, mais encore aujourd’hui, on voit que la Flandre ne s’est jamais remise de l’occupation et de l’épuration. Une partie conséquente de l’opinion publique qui ne faiblit pas avec le temps fournit un soutien constant a la notion d’amnistie, que les Wallons refusent tout aussi catégoriquement, et apportent leurs voix a des partis politiques qui cultivent l’ambiguïté sur cette période, avec des nuances de style. Le CVP (parti social-chrétien flamand) a donne naissance au CD&V actuel, et a accueilli sur ces listes des inciviques notoire qui furent élus et siégèrent au parlement national. De meme, la Volksunie accueillit un certain nombre de nostalgiques de l’Ordre Nouveau et leur offrit une nouvelle virginité démocratique, mouvement qui se poursuit avec l’actuelle N-VA, le parti le plus en phase avec ces idées. Et il y a bien sur le Vlaams Blok, devenu Vlaams Belang, un parti ouvertement en faveur non seulement de l’amnistie mais aussi de la rehabilitation de tous les condamnés de l’époque, dans lesquels ils ne voient que des héros du nationalisme flamand et des martyrs de la repression belge.

Ceci reste une plaie ouverte, et un clivage majeur entre Francophones et Flamands, qui subsiste et survit aux protagonistes, car les familles et les associations persévèrent dans leur perception. Aucune reconciliation n'est possible.
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JPBWEB



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MessagePosté le: Dim Oct 04, 2015 05:35    Sujet du message: Répondre en citant

La Résistance ne fut pas un phénomène spécifiquement wallon, ni la collaboration exclusivement flamande. Ceci dit, les faits de resistance active (armée) montent un indiscutable clivage entre Flandre et Wallonie. Par exemple, il faut voir la carte des actes de sabotages (1943-1944). C'est édifiant:http://connaitrelawallonie.wallonie.be/sites/wallonie/files/styles/medium_width/public/maps/1943_0262b.jpg?itok=IADfQ5c6
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Benoit XVII



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MessagePosté le: Dim Oct 04, 2015 11:04    Sujet du message: Répondre en citant

Si je puis me permettre, je vais nuancer quelque peu le propos de JPBWEB.

Comme déjà dit précédemment, la nature et l'ancrage sociologique de la collaboration sont très différents en Flandre et en Wallonie.
- En Wallonie, la collaboration consistait en un petit noyau idéologique très isolé socialement, et prend très vite, au-delà de ce noyau, un caractère franchement crapuleux. Comme l'écrivait encore un historien belge récemment, Léon Degrelle a laissé dans l'histoire une image complètement disproportionnée par rapport à l'impact qu'il a réellement eu. Au-delà, il y a eu en Wallonie une collaboration économique importante, mais dont les motivations sont pratiquement impossibles à démêler : attrait pour l'Ordre Nouveau, esprit de lucre, volonté de préserver l'outil de production pour l'avenir, besoin de garder les ouvriers et employés au travail pour leur payer de quoi subsister et leur éviter la déportation... L'opposition entre la Résistance et la Collaboration y est beaucoup plus violente qu'en Flandre (sauf au Limbourg), et la Wallonie est en 1944 en situation pratiquement pré-insurrectionnelle.
- En Flandre, la collaboration est un phénomène beaucoup plus diffus et représente un véritable continuum idéologique, depuis les nazis convaincus partisans d'un rattachement de la Flandre au Grand Reich, jusqu'à des notables séduits par certains aspects autoritaires et corporatistes de l'Ordre Nouveau en passant par des flamingants royalistes plutôt attachés au cadre belge et très proches du Parti Catholique. La collaboration y est beaucoup plus intégrée dans le tissu social.

La Libération rapide du territoire en septembre 1944 a permis de minimiser les règlements de compte informels. On estime ainsi à environ une centaine le nombre d'exécutions sommaires de collaborateurs, à comparer à plusieurs millers en France. Cette libération rapide explique aussi les vagues d'arrestation massive de septembre 1944 (avec l'épisode déplorable du zoo d'Anvers, mais qu'il faut éviter de monter en épingle) : le gouvernement belge n'a tout simplement pas eu le luxe de faire les choses progressivement. Il ne faut pas oublier que les Allemands occupaient encore quelques poches dans le Limbourg et au sud de l'Escaut, et représentaient encore une menace importante, comme allait le montrer l'offensive des Ardennes.

Je me dois de démentir que la répression belge ait été particulièrement lourde en Flandre. Les taux de condamnation après guerre sont en fait légèrement plus élevés en Wallonie qu'en Flandre, et il y a de nombreuses indications (à tout le moins dans certains arrondissements très industriels) que les tribunaux wallons ont été en moyenne plus sévères que leurs homologues flamands pour des faits similaires. De façon intéressante, la variabilité entre arrondissements judiciaires flamands ou entre arrondissements judiciaires wallons est en fait bien plus élevée que la variabilité entre la Flandre et la Wallonie. De même, on retrouve une très grande variabilité dans le temps, avec des pics de sévérité dans les semaines suivant la Libération et autour de la découverte des camps d'extermination nazis. Comme toujours, la justice humaine reste tributaire des émotions collectives et des individus qui la rendent...

L'idée que la répression aurait été une forme de revanche prise par la bourgeoisie francophone contre le mouvement flamand dans son entièreté est un mythe complètement fabriqué au début des années 1950, mais il n'est pas soutenu par les faits. Des membres éminents du mouvement flamand, qui avaient eu un comportement honorable au cours de l'occupation, n'ont absolument pas été inquiétés. Les gouvernements qui se sont succédés à la Libération faisaient particulièrement attention à ce point, soucieux de ne pas réveiller les vieilles rancoeurs. Les collaborateurs flamands ont profité de leurs réseaux sociaux et d'une certaine tendance victimaire en cours dans les milieux catholiques flamands pour produire ce narratif. Pour soutenir leur cause, ils se sont même créés un martyrologue des plus douteux, dont aucun cas ne résiste à une analyse rigoureuse (voir la réouverture du procès d'Irma Laplasse il y a une quinzaine d'années). Toute cette construction a été démolie par une jeune génération d'historiens flamands eux-mêmes au cours des vingt dernières années.

Toujours est-il que la pression du mouvement flamand, favorisée par l'anticommunisme ambiant, a permis des réhabilitations de plus en plus nombreuses au cours des années 50. Cette "normalisation" fut couronnée par la Loi Vermeylen en 1961, qui rétablissait intégralement dans ses droits toute personne qui exprimerait par écrit ses regrets par rapport aux actes qu'il avait posés. Les quelques milliers de Flamands qui n'ont pas été réhabilités à cette occasion sont ceux qui, plus de quinze ans après les faits, n'étaient toujours pas capables de reconnaître leurs erreurs. Il est à noter qu'il a fallu attendre 1991 (!) pour que le mouvement flamand lui-même reconnaisse officiellement que la collaboration était une faute, et que certains responsables de la NVA ont, l'année dernière encore, tenu des propos pour le moins ambigu à ce sujet.
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JPBWEB



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MessagePosté le: Dim Oct 04, 2015 11:57    Sujet du message: Répondre en citant

Nuance bienvenue et bien notée.

Pour donner un peu plus de relief a cette question, et monter qu’il ne s’agit pas seulement d’une question d’histoire mais aussi de politique contemporaine, qui conditionne également la manière dont vivent et vivront les gens aujourd’hui et demain, j’ajouterai la question du volet linguistique du recensement de 1947.

Depuis longtemps, la population belge était soumise a un recensement décennal dont l'objectif était de procurer à l’Etat les données statistiques indispensables à sa bonne gestion. Avec les lois linguistiques votées dans l’entre-deux-guerres, la Belgique devient officiellement bilingue, et se pose des lors la question de la 'ligne de partage des eaux’ entre deux territoires unilingues respectivement en français et en néerlandais, et des zones ou les deux langues doivent cohabiter au niveau local (communal). Le premier recensement qui comporte un volet linguistique est celui de 1930. Les lois linguistiques de 1932 se basent sur le résultat de ce recensement pour établir une premiere ‘frontière linguistique’, dont le législateur a voulu le tracé mouvant en fonction de l’evolution de la pratique linguistique de la population, qui devra être mesurée tous iles dix ans, et le tracé modifié en consequence partout ou ce sera nécessaire.

Le recensement prévu pour 1940 n’a évidemment pas pu avoir lieu, et ce n’est qu’en 1947 qu’un nouveau recensement est effectué, y compris son volet linguistique. Par rapport aux chiffres de 1930, la pratique du français progresse considérablement en region bruxelloise, ce qui fait naitre chez les Flamands la notion de ‘tache d’huile’, qu’il s’agira d’endiguer, car le nombre de communes bruxelloises bilingues augmente de 16 a 19 par simple application de la loi, et tout permet de penser quel y en aura d’autres a l’avenir.

Le mouvement flamand va donc s’ingénier a contrer cette tache d’huile en 3 temps:
1) Empêcher tout recensement linguistique a l’avenir. Le volet linguistique du recensement de 1960 est mis en échec par plusieurs centaines de bourgmestres flamands, qui ont purement et simplement refusé d’administrer ce volet linguistique, sans pour autant être demis de leurs fonctions, comme c’eut été normal. Au contraire, le gouvernement étant menacé de tomber, on a modifié la loi pour supprimer ce volet linguistique. En Belgique désormais, on sait combien de salle de bains et de balcons vous avez a votre domicile, mais on ignore la langue que vous y parlez.
2) Fixer définitivement le tracé de la frontière linguistique sur la base des résultats datant de 1947, modulée par de nombreux marchandages le long du tracé, ce qui fut fait en 1963, la frontière linguistique devenant par après, du fait des reformes de l'’état successives et la transformation de la Belgique en état federal en 1995, une limite d’Etats, c’est a dire une frontière politique entre entités fédérées au sein de l’Etat belge, et peut-être un jour une frontière internationale.
3) Contester la validité du recensement de 1947, qui a conduit a établir un tracé trop favorable aux Francophones, en soutenant que l’esprit du temps en 1947 était a la repression féroce du nationalisme flamand organisée et menée par l’état belge sous couvert d’épuration de l’immédiat après-guerre, et que nombre d’habitants de Bruxelles et de sa périphérie ont été intimides et se sont déclarés francophones pour éviter le stigmate qui s’attachait a l’époque au fait de se declarer flamand, et des lors suspect de sympathie avec l’occupant nazi ou l’Ordre Nouveau, avec les consequences épouvantables qui seraient supposées s’ensuivre.

On constate tout de suite la schizophrénie du nationalisme flamand, qui conteste le résultat d’un recensement vieux de 68 ans, mais refuse obstinément qu’on procède a un nouveau recensement au jour d’aujourd’hui, probablement de peur que les chiffres qui en sortiraient démontreraient la pleine étendue de la fameuse ‘tache d’huile’ francophone et contraindraient a revoir la limite entre les régions de la Belgique fédérale, ou au moins a maintenir et étendre les droits de l’importante minorité francophone vivant en Flandre.

On voit aussi l’effet durable de la période de la guerre et de l’occupation, ainsi que des événements de l’immédiat après-guerre.
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