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Juin 43 - Méditerranée
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Oct 13, 2015 11:26    Sujet du message: Juin 43 - Méditerranée Répondre en citant

Auteurs principaux : Patzekiller pour le front italien, Wil & Benoit XVII pour les Belges, LADC pour Mariassalto... Mes plus plates excuses si j'en oublie.

Juin 1943
1 – La guerre en Méditerranée
L’US Army aime le Chianti

1er juin
La campagne d’Italie
Opération Chianti
Front italien
– Près de la cote, la 36e DI-US commence à escalader les pentes du Poggio Ballone derrière un puissant barrage d’artillerie. Plus à l’est, son 143e Rgt, libéré des réserves, pénètre dans Grossetto. Il est remplacé sur le flanc par le 142e qui passe en posture défensive. La 1ere DB-US se bat maintenant aux alentours de Castellaccia et Roselle, étranglant un peu plus Grossetto. Devant le risque de prise sur les arrières, les Allemands commencent à évacuer le chef-lieu.
Pour la 34e DI-US, la journée se passe en opérations de nettoyage. Les villages de Triana et Roccalbegna sont pris. Pendant ce temps, la Task-force Tardy se déploie et dépasse Arcille. Elle force les défenseurs de ce secteur, qui ne faisaient face jusqu’alors qu’à l’infanterie américaine dans les collines, à envisager un combat à front renversé.
Plus à l’est, la 47e DI Bari nettoie son secteur, tandis que la 20e DI Friuli fait passer à l’est son axe d’attaque afin d’essayer d’établir le contact avec la 44e DI Cremona dans la vallée voisine. Au sud de cette vallée, le 472. Rgt allemand entame un mouvement de repli précipité pendant que la Cremona essaye de garder le contact, laissant le nettoyage sur ses arrières aux 186e et 187e Régiments Parachutistes de la Folgore. Le commandement allemand, prenant conscience de la situation, dépêche un Kampfgruppe de la 29. Panzergrenadier pour essayer de maintenir ouverte une porte de sortie pour le régiment de la 252. ID.
A l’ouest de Pérouse, la 4e DI atteint Maggione et les rives du lac Trasimène. De son côté, la 83e DIA, qui a franchi la Tibre la veille, remonte vers le nord, détricotant le dispositif défensif des Allemands. Ces derniers retraitent et commencent à se réfugier dans la ville, sur les hauteurs. Les Algériens s’emparent aussi des localités de Ripa et de Pianello. Mais pour le IVe Corps, et même pour l’état-major allié, la nouvelle de la journée est plutôt dans le fait que la 86e DIA a fait sa jonction avec les Belges au sud de Montegabbione, et surtout qu’elle a débouché dans la vallée à Fabro Scalo.
Au-dessus de ce front, “le Borgne” fait reparler de lui. Le capitaine Jeandet obtient sa quatrième victoire en abattant un Stuka. Ses camarades du GC II/7 le chambreront le soir venu sur le thème de la pression à soutenir lorsque l’on est à une victoire du statut d’as.

L’Union fait la Force – Jonction
Secteur de la 4e DI
– Malaisément perché dans le clocher de l’église du village, le caporal Debavay observe le secteur devant Monte Gabbione. Soudain il aperçoit du mouvement au sud : « Sergent, des véhicules arrivent du sud ! »
– Amis ou ennemis ?
interroge par radio le sous-off’ resté sur le parvis.
Amis, on dirait…
– Dis une fois, peï, “on dirait”, ça n’est pas une réponse valable !
– Des Français, ce sont des Français, sergent !
– Ah, tu vois quand tu veux !

L’information remonte vers le colonel, très satisfait : « Enfin, nous avons fait la jonction. Plus besoin de surveiller nos arrières. »
………
Au centre, la 1ère Brigade et le 2e Chasseurs atteignent Maggione. Les Chasseurs commencent à nettoyer les rives du lac tout en se réorientant vers le nord-est. Bastin ordonne à la 1ère Brigade de contourner Pérouse par l’est et de se réaligner avec la 2e Brigade.
Surtout, qu’ils n’entrent pas dans Pérouse, qu’ils restent en dehors de la ville. Et que notre artillerie évite de tirer sur la ville.
– Mais les Allemands sont en train de se retirer dans Pérouse. Que fait-on ?
– On tâche d’éviter un combat urbain. On va tenter d’envelopper la cité et de contraindre l’ennemi à se rendre ou à s’enfuir.


Méditerranée Occidentale
Une idée bien vendue
Alger, 09h00
– A peine posés à Maison-Blanche, le CF Joseph Sarton du Jonchay, patron du GAN 2, et son OR [officier de renseignement], le LV Louis Charre, foncent à l’EMGMa. Leur but : convaincre les grands chefs de ne pas cantonner le GAN 2 [Flottilles 2F (Corsair), 4F (Corsair), 6F (Dauntless) et 8F (Avenger)], bientôt opérationnel, aux interminables missions de patrouille maritime qui usent prématurément hommes et le matériel. Les “lourds” suffisent amplement à la tâche, certes primordiale, de chasser les derniers sous-marins allemands qui parasitent encore la Méditerranée. De vraies missions de combat seraient plus utiles pour marquer le retour de l’Aéronavale “nouvelle génération” dans le Grand Cirque de la guerre. Et pour bien commencer, ils ont une idée à vendre au contre-amiral Henri Latham, commandant l’Aviation Navale – idée qui a germé après une soirée avec des aviateurs de l’AdA rencontrés dans un bouis-bouis d’Agadir…
11h15 – Les deux officiers quittent l’EMGMa, relativement rassurés sur leurs missions à venir. Ils ont même vendu leur idée à l’Amiral… mais ils n’échapperont pas aux patrouilles “type Coastal Command” : tant qu’à faire, que leurs vols d’entraînement servent aussi à faire peur aux U-boots !


2 juin
La campagne d’Italie
Opération Chianti
Front italien
– Dans la plaine le long de la mer, pendant que la 1st Armored débouche à Ribolla, la 36e DI-US s’empare de Grossetto, que les Allemands ont terminé d’évacuer. Elle se bat toujours sur le Poggio Ballone, où les Fallschirmjägers livrent un combat d’arrière-garde jusqu’à être chassés de leurs positions par la puissance de l’artillerie américaine, terrestre et navale.
La progression continue pour le groupement blindé du colonel Tardy qui reprend contact avec la 34e DI-US Red Bull autour du hameau de Baccinello, pendant que le reste de la division continue son nettoyage vers le nord, en direction de Stribugliano.
Un peu plus à l’est, la Bari repart en avant, visant les 1 700 mètres du Mont Amiata. Elle progresse sur son flanc droit en prenant le village de Castell’Azzara, qui lui offre un débouché sur les arrières des défenseurs du Paglia. Au delà, après avoir atteint le col de la cote 710, la Friuli reprend sa progression et s’apprête à franchir le Paglia.
Dans la vallée voisine, la 44e DI Cremona poursuit les Allemands en retraite vers Ficule. Les hommes de la 252. ID font tout pour tenter de garder ouverte la route de Fabro et éviter un combat à front renversé contre les Français au nord ; les Italiens éprouvent des difficultés à rester au contact à cause du nombre élevé d’obstacles, bouchons et pièges que les Allemands laissent derrière eux.
Dans le secteur du IVe Corps, la 4e DI arrive en vue de Citta della Pieve, que les Allemands ont renforcée en urgence. Les Belges n’insistent pas, leurs ordres dans ce secteur étant simplement d’appuyer la progression de la 86e DIA en évitant les pertes inutiles. Le long des rives du lac, ils passent le reste de la journée en opérations de nettoyage. De son côté, la Brigade Granier, de la 86e DIA, doit résister à une puissante contre-attaque de la 29. PG Division. Les zouaves arrivent à tenir grâce au soutien des Airacobra belges et des Mustang antichars de la 4e EC.
C’est la 83e DIA qui effectue les progrès les plus significatifs, puisqu’elle arrive en vue de Ponte San Giovanni (où tous les ponts ont sauté), en banlieue sud de Pérouse, et elle atteint Bosco, plus au nord, le long du Tibre. Pérouse est maintenant encerclée sur trois côtés.
Cependant, les contrôleurs aériens avancés belges et français ont des problèmes de fréquences radio. Du coup, à plusieurs reprises dans la journée, les Airacobra et les Mustang FGA “Percheron” (surnom pas du tout officiel donné aux Mustang d'appui au sol par les pilotes français) doublonnent sur certaines cibles. Si certaines colonnes allemandes passent à travers les gouttes, pour celles “traitées” deux fois, c’est un massacre car les semi-chenillés et autres blindés légers germaniques ne sont pas taillés pour résister aux 37 et 40 mm des appareils alliés.

L’Union fait la Force – Soutien aérien
Secteur de la 4e DI
– Le 3e Escadron du I/1L et la 1ère Compagnie du I/1C filent en direction de Cita della Pieve. Mais en approchant de la bourgade, le premier char est détruit par un Pak tandis que les armes automatiques allemandes bloquent le passage de l’infanterie. Les troupes reculent et se mettent à l’abri dans les bois au nord-est. Les ordres sont clairs : fixer l’ennemi pour appuyer la 86e DIA.
Dans l’après-midi, les carabiniers subissent une contre-attaque allemande. Les contrôleurs avancés étant bien placés, ils appellent les Airacobra de la 53e Escadre et très vite, les Allemands se font matraquer par les airs.
Les avions ont fait vite ! remarque un lieutenant, ravi.
Euh… Mon lieutenant, ceux que j’ai en ligne sont encore à cinq minutes. Et là en plus, ce ne sont pas nos Cobra, mais des Mustang !
– J’ai l’impression qu’il va y avoir du réglage de fréquence à faire… Enfin, tant pis pour les Boches, je ne crois pas qu’ils font la différence entre les bombes.


Opération Toast
Mer Ligurienne, 02h00
– Le destroyer italien Audace stoppe ses machines et court sur son erre. Sur la passerelle, tandis que les vigies, nerveuses, tentent de percer les ténèbres à la jumelle pour repérer d’éventuels ennemis, le capitaine, tourné vers l’arrière, observe le largage des câbles qui permettaient au destroyer de remorquer trois puissants canots à moteur. L’opération réussie dans un calme apparent masquant une tension extrême, l’Audace reprend de la vitesse et vire sur tribord tandis que les trois canots, moteur à plein régime, le dépassent par bâbord : le MS 74, piloté par le lieutenant de vaisseau Piero Carminati, escorté par deux MTSM pilotés par le lieutenant de vaisseau Corrado Dequal (avec le chef en second Pier Luigi Zoppis) et par l’enseigne Luigi Cuglia di Sant’Orsola (avec le chef en second Pietro Castelli). Les canots s’élancent cap au 45, droit vers la côte, invisible mais distante de moins de 20 kilomètres. L’opération Toast entre dans sa phase décisive.
Contrairement à toutes celles lancées par Mariassalto depuis sa création, cette opération a été préparée dans la précipitation. Certes, depuis plusieurs mois, Mariassalto rassemble les informations qu’elle possédait naturellement sur les ports du nord de l’Italie et les complète avec les renseignements les plus récents sur les navires qui s’y trouvent, en attente de réparations ou du carburant leur permettant de reprendre les opérations. Certes, depuis la création de Mariassalto, chacun de ses membres sait que son devoir lui imposera peut-être d’attaquer un jour un navire construit en Italie, voire battant pavillon de guerre italien… Mais cette opération-ci n’était pas prévue, pas si tôt, jusqu’à ce que des renseignements alarmants déclenchent une réponse urgente, imposant de monter cette opération en moins de deux jours, avec les moyens du bord.
………
Aux abords du port de Gênes – Arrivés à cinq cents mètres de la jetée extérieure, les trois canots s’arrêtent et le MS 74 met à l’eau les deux “chariots” qu’il transporte, bientôt rejoints par leurs deux binômes de nageurs de combat, l’enseigne de première classe Nicola Conte et le sous-chef Evelino Marcolini d’une part, l’enseigne de deuxième classe Girolamo Manisco et le sous-chef Dino Varini d’autre part. Un des deux “chariots” refuse de démarrer – la mort dans l’âme, jurant contre cette camelote anglaise qui ne vaut pas les bons vieux maiali, son équipage doit remonter l’engin à bord du MS 74 et renoncer à la mission. Le “chariot” de l’équipage Conte-Marcolini s’élance en solitaire vers l’entrée du port en semi-plongée, les têtes des deux nageurs dépassant seules de la surface de l’eau.
Le chariot pénètre dans le port peu après minuit, profitant d’une alerte aérienne – les filets de protection ont été détruits la nuit précédente par des mines lâchées par la RAF. Après avoir cherché leur chemin dans le vaste port commercial puis bataillé pendant plus d’une heure pour franchir les obstacles qui protègent leur cible, les deux nageurs de combat sont au bord de l’épuisement quand ils arrivent à destination. Dans le noir le plus absolu, ils savent néanmoins que la surface qu’ils touchent au-dessus de leur tête est la coque d’un grand navire de guerre. Comme lorsqu’ils opéraient à l’entraînement dans ce même port de Gênes deux ans plus tôt, ils répètent les mêmes gestes à l’aveugle : poser un crampon sur une quille antiroulis, y accrocher le câble, dérouler le câble jusqu’à l’autre flanc du navire (reconnaissable au toucher par le changement d’inclinaison de la coque), poser un second crampon sous l’autre quille antiroulis, y passer le câble, accrocher la tête explosive du chariot au câble, décrocher la tête du reste du chariot en évitant de laisser couler l’une ou l’autre partie, tendre le câble pour rapprocher le plus possible la tête explosive de la coque, régler la minuterie…
L’opération est réalisée sans accroc. Il ne reste plus qu’à faire appel à ses dernières forces pour reprendre le chemin du retour, franchir à nouveau les obstacles et retrouver le MS 74 qui les recueille, tremblant de froid et épuisés, avant de filer vers le sud à vive allure dans les premières lueurs de l’aube.


3 juin
La campagne d’Italie
Opération Chianti
Front italien
– Près de la Tyrrhénienne, le IIe Corps US reprend sa marche en avant sur tout le front. Les 1ère DB-US et la 36e DI-US attaquent en force dans la plaine entre Montemassi et Sticciano, à la sortie du Poggio Ballone, pour s’emparer de Punta Ala et Pian d’Alma ; et dans la trouée de Grilli, après avoir pris le village de Vetulonia, sur les hauteurs. Plus à l’est, la 34e DI-US et la TF Tardy s’emparent de Pianetto et Granaione pendant que, dans les collines, la progression continue avec prudence.
A droite des Américains, la 47e DI Bari passe la journée à s’assurer du contrôle du secteur de Castell’Azzarra et des forêts au nord de Selvena. Mais l’état-major italien n’est pas très satisfait de la lenteur des progrès de ses trois divisions (dont les effectifs sont nettement inférieurs à ceux des DI alliées). Aussi réclame-t-il un appui aérien puissant, tout en rameutant toute l’artillerie du corps d’armée pour appuyer la 20e DI Friuli qui doit franchir le Paglia. Le résultat ne se fait pas attendre : en fin de journée, la rivière est franchie en plusieurs points et les bourgs de San Casciano dei Bagni, Celle sul Rigo et Piancastagnaio (de l’autre côté de la plaine) sont en vue. Mais l’événement marquant de la journée a lieu dans la vallée voisine. La 44e DI Cremona fait sa jonction avec la Friuli au col à l’est de Trevinano, mais surtout avec la 86e DIA sur la Route 108, à l’ouest de Fabro. Profitant d’un calme relatif, la 86e DIA a en effet pu percer et dépasser Fabro. Dans la petite poche ainsi fermée, on fera les jours suivants plus de 300 prisonniers.
Le même jour, un article du Messagero rapporte le témoignage d’un soldat italien, vétéran de Grèce où il s’était battu contre les Alliés. Décrivant les hommes des différentes nationalités en guerre, il met en valeur l’attitude sympathique des Belges vis-à-vis des Italiens (famille royale oblige), décrit la jovialité américaine et la cordialité anglaise et apprécie « le sens de l’honneur » des Français, qui « ne font pas payer à tous les Italiens les fautes de Mussolini ». Le tout s’oppose à la condescendance traîtresse des Tedeschi. D’ailleurs, les Alliés tiennent leurs promesses : le soldat voit fréquemment des appareils américains, belges ou français venir appuyer les troupes italiennes alors que, dit-il, « de toute la campagne de Grèce, l’an dernier, je n’ai jamais vu un avion allemand nous appuyer directement ».
Ailleurs chez les Français, l’heure est également à la jonction pour les troupes de la 83e DIA, qui prennent contact avec les Belges de la 4e DI dans la banlieue sud de Pérouse. La 2e Brigade belge tente de déborder Citta della Pieve par l’ouest, mais ne peut qu’atteindre la Route 311, les Panzergrenadiers s’accrochant au terrain. Au nord-est de Magione, appuyée par la 6e BMLE, la 1ère Brigade belge s’élance en un mouvement tournant pour essayer de déborder Pérouse par le nord, mais ne peut aller plus loin que Borgo di Mantignana.
………
Dans une variante de l’opération Ravioli, et avec un décalage de quelques jours afin que les Allemands aient leur attention focalisée au centre et à l’ouest du front, les Britanniques attaquent le long de l’Adriatique. La 6. Gebirgsjäger Division s’attendait à une attaque de la 5e Division Indienne, mais vers le nord, en direction de Communanza, dont les alentours ont été bombardé la nuit précédente par les Wellington des Sqn 70 et 104. Or, la 5e Indienne (Xe Corps) déborde le long de la Route 327 et perce vers l’est à travers les collines vers Palmiano, Castel San Pietro, et surtout la Route 93, qui passe dans la vallée voisine, jusqu’à Force. Pendant ce temps, dans le secteur de Roccafluvione, la 1ère Division Canadienne (Ve Corps) attaque sur un axe convergent. En tête, le Régiment de Trois-Rivières atteint Venarotta et Palmiano à la nuit tombante.
………
Dans les airs, la performance du jour est réalisée chez les Américains par le 1er lieutenant Sylvan Feld, du 52th FG, qui devient un as en abattant un Bf 109 dans le secteur de Punta Ala. C’est la première victoire pour l’un des P-51 tout neufs que son 4th FS vient de recevoir pour remplacer ses Spitfire V.

L’Union fait la Force – Chianti, cuvée belge
QG de la 4e DI (B)
– L’opération Chianti paraît bien partie !
Où en sont nos brigades ? interroge Bastin.
La 1ère remonte le Tibre et devrait faire la jonction avec la 83e DIA dans la journée, la 2e est à Maggione et va pivoter vers le nord-est avec l’appui de la 6e BMLE pour tenter de fermer la route de Pérouse, répond Vandenheede. Quant à la 3e, elle va tenter de déborder Citta del Pieve. Malheureusement pour elle, le 20A ne sait pas l’appuyer, elle devra faire appel à l’aviation.
– Je vois. J’espère qu’on pourra bientôt les regrouper pour qu’elles s’appuient mutuellement. Mais en attendant, nous devons conduire la bataille comme demandé par le IVe Corps.

………
Secteur du 2e Grenadiers – Les hommes du I/2Gr sont repassés en tête et ils avancent en direction de Pérouse. Ils arrivent dans des zones construites, où il faut particulièrement se méfier des tireurs embusqués. De plus, des rafales de mitrailleuses se font entendre vers l’avant, poussant les hommes à une prudence de bon aloi.
Alors qu’ils entrent dans Montebello, plusieurs véhicules sont aperçus. Après un déploiement rapide, le commandant de la 1ère Compagnie lance à la radio : « Retenez le feu ! Ce sont les Français. Radio, signale au bataillon la jonction. Je vais aux renseignements. »
Les Français, en position, accueillent l’officier et le conduisent au chef de leur unité.
Capitaine Depoortere, I/2Gr.
– Commandant Rousseau, 7e RTA. C’est vous qui nous avez aidés à franchir le Tibre ?
– C’est possible en effet, mon commandant.
– En tout cas, merci du coup de mains. Mes tirailleurs n’avaient pas vraiment envie de traverser à la nage !
– Je les comprends un peu,
sourit Depoortere, même si le temps est à la baignade ! Mais à présent, nos ordres sont de vous laisser Pérouse. Nous, on doit contourner par l’ouest pour fermer la porte aux Boches.
– Déçus ?
fait le Français. Ne vous en faites pas, il y aura d’autres villes ! Et puis, si on se retrouve à faire du combat de rues, c’est vous qui aurez tiré le bon numéro !
………
Plus au nord, à hauteur de Maggione, les hommes du 12e de Ligne, avec l’appui de la 6e BMLE et du 2e Chasseurs à Cheval, s’apprêtent à faire mouvement pour couper la route de Pérouse et encercler la ville. Malheureusement, ils ne peuvent aller plus loin que Borgo di Mantignana.
Pendant ce temps, le 1er Carabiniers tente de déborder Citta del Pieve, mais son 3e Bataillon est bloqué sur la Route 311 : « Les panzergrenadiers s’accrochent au terrain » indique le commandant en second du 1C à son chef. « Il nous faudrait un appui. »
– Malheureusement, l’artillerie divisionnaire ne sait pas nous appuyer. Que les hommes tiennent leurs positions, je vais voir avec la Brigade,
déclare le colonel Borgherhof.


Opération Toast
Tarente
– Les photographies prises par le vol de reconnaissance matinal sur Gênes viennent d’arriver. Fait inhabituel, plusieurs officiers de marine italiens et anglais attendent fébrilement qu’elles soient développées. Enfin, les voici ! L’officier de renseignement les observe et les commente. Hélas ! Dans le port, on retrouve les mêmes navires que sur la photo prise deux jours auparavant. En particulier, le porte-avions Aquila n’a pas bougé. Les marins regardent les clichés de plus près, s’intéressent aux clichés de biais, cherchant à identifier une éventuelle gîte du navire ou tout autre détail inhabituel. Après dix minutes d’observation intense, ils doivent se rendre à l’évidence : il n’y a aucun doute, l’Aquila est intact, l’opération Toast a échoué.
Bien plus tard, des témoignages recueillis auprès de nageurs de combat de la Xa Mas permettront aux officiers de Mariassalto d’en savoir un peu plus. L’Aquila a bien été victime d’une explosion sous-marine dans la nuit du 2 au 3 juin 1943, mais cette explosion ne lui a occasionné que peu de dégâts. Le navire a été préservé par son astucieux système de contre-carènes appliquées sur sa coque – à moins que la charge explosive du “chariot” n’ait été trop faible, ou les deux à la fois. Quoi qu’il en soit, au matin du 3 juin, l’Aquila n’était que faiblement endommagé et ces dégâts ne demandaient que quelques semaines de réparations. Et bien sûr, pour un observateur externe, le porte-avions semblait toujours intact, voire même opérationnel !
Les Britanniques ne jugeront pas utile d’avertir la Marine Nationale de ce qui leur est apparu comme un échec…
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Imberator



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MessagePosté le: Mar Oct 13, 2015 16:46    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
3 juin...
...Près de la (mer?) Tyrrhénienne, le IIe Corps US reprend sa marche en avant sur tout le front.


Si certes on emploie communément "la Méditerranée", "la Baltique", "la Caspienne", cependant on dirait plutôt "la mer Tyrrhénienne" comme on ne dit pas (ou bien peu) "l'Égée", "l'Ionienne", "la Noire",... non ?
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Dernière édition par Imberator le Mar Oct 13, 2015 19:02; édité 2 fois
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Oct 13, 2015 17:39    Sujet du message: Répondre en citant

Oui, sans doute... Cool
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loic
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MessagePosté le: Mar Oct 13, 2015 17:51    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
les filets de protection ont été détruits la nuit précédente par des mines lâchées par la RAF.

Alors ça c'est plutôt surprenant. On a des exemples historiques ?
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On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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ladc51



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MessagePosté le: Mer Oct 14, 2015 06:54    Sujet du message: Répondre en citant

loic a écrit:
Citation:
les filets de protection ont été détruits la nuit précédente par des mines lâchées par la RAF.

Alors ça c'est plutôt surprenant. On a des exemples historiques ?


La description de cette opération FTL est basée sur les opérations OTL de Mariassalto ; sans doute un mélange entre les attaques des croiseurs Bolzano et Gorizia à La Spezia en juin 44 et l'attaque de l'Aquila en avril 45... Lors d'une de ces deux attaques (je ne me souviens plus laquelle), mes sources indiquent effectivement que les nageurs de combat pénètrent facilement dans le port car les filets de protection ont été détruits la nuit précédente par des mines lachées par la RAF...


EDIT : NB il s'agit des filets qui barrent l'entrée du port, pas des filets qui entourent les navires !

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Laurent
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Capu Rossu



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MessagePosté le: Mer Oct 14, 2015 09:52    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour,

Moi, je veux bien mais pour ça il faudrait que la RAF est larguée dans la passe des mines magnétiques qui auraient alors explosé sous l'influence du filet qui est métallique.
A contrario, un bombardement avec des bombes classiques dont certaines seraient tombées dans la passe me semble plus logique.

@+
Alain
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Oct 14, 2015 17:12    Sujet du message: Répondre en citant

4 juin
La campagne d’Italie
Opération Chianti
Front italien
– Le long de la côte tyrrhénienne, l’offensive américaine continue. La 36e DI-US et l’Old Ironside débouchent au resserrement de Potassa, après un débordement par Gavorrano, à Puntone di Scarlino et, à l’est, à Roccastrada. A droite, le 133e Rgt de la Red Bull remonte vers le nord de Pianetto, s’empare de Campagnatico et réussit à couper la Route 223. La Task-force Tardy, pendant ce temps, continue sa progression vers le nord-est et s’empare de Cinigiano.
Recollant au flanc de la Red Bull, la 47e DI Bari reprend sa marche en avant et arrive en vue du village de Selva. Elle progresse également dans les collines en direction de Saragiolo. Dans la vallée voisine, la Friuli vole de succès en succès : elle prend successivement Piancastagnaio, Celle sul Rigo, San Casciano dei Bagni et atteint la Route 24. A sa droite, la Cremona passe la journée en opérations de nettoyage, faisant encore de nombreux prisonniers pendant qu’un peu plus au nord, la 86e DIA se heurte lors de nombreux accrochages aux arrière-gardes allemandes.
De leur côté, les Belges de la 4e DI combattent toute la journée pour s’emparer du Mont Malbe qui jouxte Pérouse au nord-ouest, pendant que les légionnaires des 6e BMLE attaquent Mantignana.
Non loin, la 83e DIA se bat toute la journée pour arriver à franchir le Tibre au nord, à Bosco. Elle lance également plusieurs coups de sonde prudents dans la plaine au pied de Pérouse. Cette prudence est due au fait que le général Mordant s’interroge sur le risque d’être entraîné dans des combats en milieu urbain – car si, pour ses hommes, il peut être préférable d’utiliser largement l’artillerie, celle-ci a pour habitude de ne pas faire de différence entre les bunkers allemands et les joyaux architecturaux italiens, nombreux dans ces lieux chargés d’histoire.
De l’autre côté de la péninsule, sur le versant adriatique de la Botte, les Indiens de la 5e Division atteignent Force, que les Allemands ne veulent pas lâcher, la chute de cette ville signifiant que leur défense sur le Tronto serait irrémédiablement flanquée. La 1ère Division Canadienne, progressant assez facilement sur un terrain dégagé par les Indiens, se dirige elle aussi vers Force, arrivant en vue de la ville en fin de journée. Les Allemands ne restent pas inactifs contre ces menaces ; ils forment deux Kampfgruppes avec des éléments de la Grossdeutschland pour l’un, de la 10. Panzer pour l’autre, afin de contre-attaquer autour de Force à partir du nord-ouest et du nord-est dès le lendemain.

L’Union fait la Force – Chianti, cuvée belge
Au pied du Mont Malbe
– Le 2e Grenadiers, ayant contourné Pérouse par l’ouest, reçoit l’ordre d’appuyer le 12 Li dans sa tentative d’enlever le Mont Malbe : « Mon cher Herbiet, commence le général Gérard, nous devons nous assurer de cette hauteur pour couper la retraite aux Allemands. Les hommes de la 2e Brigade sont déjà à pied d’œuvre. A vous de jouer en arrivant par le sud. Ça va être un travail de fantassin ! »
– C’est vrai que nos chars ne nous seront pas d’une grande aide sur ce terrain.
– Non, en effet. De plus, Gailly me signale qu’ils a besoin de faire halte pour la maintenance. Alors, passez à l’attaque immédiatement. Le 20A nous couvre, de même que la 2e Brigade.

………
Au II/2Gr, le major Speeckaert observe alternativement la carte et le terrain : « Messieurs, notre objectif est de prendre cette hauteur. Le 12 Li viens de l’ouest, nous du sud. Mais d’après les recos, les Allemands sont bien retranchés. Donc on fait attention où on met les pieds et on demande un bon coup de main aux artilleurs. »
La 1ère Batterie du 10A ouvre le feu. Cependant, malgré le tir des 105, les Allemands retranchés sur le mont s’accrochent ; le 12 Li et le 2Gr ne progressent que très lentement.



5 juin
La campagne d’Italie
Opération Chianti
Front italien
– Si les Texans de la 36e DI-US passent la plus grande partie de la journée en opérations de nettoyage autour de Roccastrada et de Puntone di Scarlino, leur éléments avancés atteignent en fin de journée Follonica. La 1ère DB-US, elle, arrive en vue de Civitella Maritima, au nord de Paganico, sur la route de Sienne. De son côté, la TF Tardy attaque sur un double axe en direction de Montenero d’Orcia et d’Arcidosso et dépasse la Route 64, malgré l’opposition d’un Kampfgruppe de la 29. PG, venu couvrir le repli de la 252. ID. Pendant ce temps, alors que les fantassins du 133e Rgt de la 34e DI-US attaquent en direction de Paganico, le 135e, libéré de la réserve, passe la journée contrôler le terrain dans les collines au centre du triangle Paganico-Campagnatico-Cinigiano.
Dans les collines au sud du mont Amiata, les fantassins de la 47e DI Bari continuent leur progression et prennent les villages de Santa Fiora, Bagnolo et Saragolo. Ce secteur, difficile d’accès, est peu défendu par les Allemands, qui n’ont prévu qu’une ligne de défense peu profonde autour du mont. Les hommes de la 20e DI Friuli ont pris la veille San Casciano dei Bagni et s’emparent aujourd’hui d’Abbadia San Salvatore, s’ouvrant la route de Radicofani. Enfin, la 44e DI Cremona continue sa remontée vers le nord et les collines. Elle s’empare de Palazzone, sur la route de San Casciano dei Bagni, tout en reprenant à son compte une partie du secteur de la 86e DIA. Celle-ci remonte vers le nord et rejoint les Belges de la 2e Brigade à Monteleone d’Orvieto, malgré de nombreux accrochages.
Les Algériens de la 83e DIA ayant atteint Ponte Felcino, devant la menace d’enveloppement, les Allemands décident d’évacuer Pérouse tant que la Route 170 est utilisable. Aussi, les hommes de la 356. ID, déployés peu de temps auparavant, font-ils tout ce qu’ils peuvent pour préserver cette voie de repli. Ils résistent farouchement dans les collines au nord-ouest de la ville et sur le Mont Malbe malgré les efforts de la 4e DI et de la 6e BMLE.
Sur le front britannique, la contre-attaque allemande commence autour de Force. Mais l’état-major d’Alexander s’y attendait et le Ve Corps d’Allfrey déclenche une attaque générale. A l’est du secteur de Force, la 1ere Division Sud-Africaine, accompagnée de la 3e Armoured Brigade (venant de la réserve générale d’Auchinleck, cette brigade blindée a été soustraite aux appétits de Montgomery !), attaque vers Offida, au nord-est d’Ascoli Piceno. Enfin, le long de la côte, la 6e Division d’Infanterie britannique, accompagnée de la 4e Armoured Brigade (de la réserve d’armée), attaque avec l’aide d’un appui naval spécialisé (le monitor lourd Erebus et plusieurs légers), en plus d’une supériorité en artillerie écrasante sur terre.
En mission de couverture de chasse, le Captain “Rosie” McKenzie obtient ses 14e et 15e victoires contre deux Fw 190 du JG 2. Dans un des appareils, on retrouvera le corps du commandant de ce groupe, Wilhem Hachfeld, titulaire de 13 victoires.

L’Union fait la Force – Chianti, cuvée belge
QG de la 4e DI (B)
« Rien à faire, commente Vandenheede morose, les Allemands s’accrochent au Mont Malbe. Nos hommes se battent comme des lions, mais ils n’arrivent pas à enlever le morceau. La 1ère Cie du 2e Grenadiers a su enlever la position qu’elle avait devant elle, mais les Allemands lancent de furieuses contre-attaques et les gars ont du mal à tenir. »
– Que l’artillerie matraque les retranchements ennemis,
ordonne Bastin, il ne faut pas les laisser respirer. On doit prendre le secteur si on veut fermer la porte de Pérouse.
………
Au pied du Mont Malbe – Sur place, les mortiers belges font de leur mieux, mais leurs tubes commencent à souffrir.
Il faut demander l’appui de l'artillerie du 1er Bataillon, décide le major Speeckaert. Je vais contacter Dirk Naessens. Et dites aux antichars de faire du tir d’appui avec leurs 75 !
Toute la journée, attaques et contre-attaques se succèdent. Les Grenadiers souffrent, mais ils rendent la pareille aux Allemands.



6 juin
La campagne d’Italie
Opération Chianti
Front italien
– Sur la côte tyrrhénienne, la 36e DI-US s’empare de Massa Maritima par une manœuvre de débordement, avec l’aide des blindés et de l’artillerie de la 1st Armored. Le CCB de celle-ci pousse vers l’est jusqu’à Civitella Maritima. Pendant ce temps, la 34e DI-US Red Bull s’empare de Paganico, sur le flanc des éléments blindés, tandis que le reste de la division fait la jonction avec les Italiens de la Bari près du hameau de Aiole. En pointe, la TF Tardy réussit à s’emparer du pont sur l’Ente intact à Monte Amiata (le village et non le mont), et à couper par le nord la Route 323. Des éléments du 2e Rangers et du 752e Tank Battalion s’emparent de Seggiano, un peu au sud de la route, faisant prisonniers des dizaines d’hommes de la 252. ID, pris à revers, mais surtout coupant la dernière voie de repli des défenseurs d’Arcidoso.
Si les hommes de la 47e DI Bari ont fait leur jonction avec les Américains, ils n’en ont pas moins progressé dans les collines, arrivant jusqu’au croisement de la route de Quaranta et de la Route 135, au pied du Mont Amiata. Dans la plaine, la 20e DI Friuli lance une attaque concentrique vers Radicofani, mais les fantassins de la 252. ID et les grenadiers de la 29. PG tiennent bon : les Italiens sont renvoyés sur leurs positions de départ. Plus à l’est, la 44e DI Cremona continue sa progression et s’empare de Piazze et de Ponticelli, avec l’aide de l’artillerie de la 86e DIA. Constatant qu’avec cette prise, il ne reste plus qu’une seule route de libre, les Allemands décident d’évacuer Citta della Pieve qui est maintenant encadrée sur trois côtés par les Italiens, les Français et les Belges.
Plus au nord, pendant que les fantassins belges continuent de se battre sur le Mont Malbe, les légionnaires de la 6e BMLE n’arrivent pas à forcer le verrou allemand entre Le Cupe et Capocavallo. Les Allemands de la 356. ID s’accrochent en effet avec acharnement, car ils ont un besoin vital de garder la Route 170 ouverte pour évacuer Pérouse, bien qu’à Canneto, elle soit à portée de l’artillerie belge. Le contrôle de la Route 170 est d’autant plus capital qu’au nord-est de Pérouse, la 83e DIA avance pas à pas en combattant dans les champs autour de Villa Pitinano et progresse vers l’ouest en direction de Montelaguardia, au nord de la ville.
Pendant que la bataille continue autour de Force entre Canadiens, Indiens et Allemands, ceux-ci lancent une autre contre-attaque près de la côte adriatique. La 292. ID résiste bien à San Benedetto del Tronto, permettant à la 10. Panzer de lancer un Kampfgruppe contre les blindés britanniques. Mais le sort de la bataille va se jouer entre ces deux points chauds : une partie de la 1ère Division Sud-Africaine dépasse Tesino et prend Cossignano pendant que le 1st Capetown Highlander pousse en direction de Ripatransone, menaçant les arrières de l’ennemi sur l’embouchure du Tronto.
L’action d’éclat du jour a lieu dans les collines, près de Force, où le subedar Abdul Hafiz, du 9th Jat, repousse à lui seul, à la mitrailleuse, deux assauts des Panzergrenadiers de la Grossdeutschland. Ceux-ci ont déjà tenté par trois fois de s’emparer de la position et le subedar est le seul survivant de sa section ! Enfin relevé, il sera proposé pour la Victoria Cross.
………
Dans les airs, c’est une très mauvaise journée pour le 33e FG, durement corrigé par le JG 77. Escortant des A-20 du 47e BG, les hommes du 60e FS engagent le combat en infériorité numérique face aux Bf 109. Cinq avions américains sont abattus, dont un par l’Oberleutnant Reinert.

L’Union fait la Force – Chianti, cuvée belge
QG de la 4e DI (B)
– Les troupes belges sont toujours bloqués sur le Mont Malbe, mais un peu plus au nord, le III/12 Li a pris Cannetto.
Hum, Cannetto pris, il me semble que si nous mettons une batterie du 20A sur place, la Route 170 sera sous le feu de ses tubes, dit Bastin
En effet, répond Vandenheede après avoir vérifié les distances sur la carte.
Sitôt dit… Quelques heures plus tard, les Allemands évacuant Pérouse ont la désagréable surprise de subir les tirs précis du 20A sur la Route 170.



7 juin
La campagne d’Italie
Opération Chianti
Front italien
– A l’état-major du IIe Corps US, l’ambiance est joyeuse. La TF Tardy a atteint Castiglione d’Orcia en bousculant des éléments disparates de la 252. ID et de la 29. PG. La prise de cette localité sur les arrières de Radicofani va entraîner un recul précipité des Allemands dans ce secteur. Un des objectifs de l’opération Chianti est donc atteint : débloquer le front des Italiens par une manœuvre menaçant d’encerclement toute une division allemande.
Le long de la côte, la 36e DI-US et l’Old Ironside raffermissent leurs positions. A l’aile droite, la 34e DI-US fait passer son 133e RI en réserve pendant que le 168e se repositionne et que le 135e s’empare d’Arcidoso et de Castel del Piano, faisant prisonniers les derniers défenseurs allemands après que ceux aient résisté toute la journée pour l’honneur.
Chez les Italiens, la 47e Bari arrive au sommet du Monte Amiata, où ses hommes déploient un énorme drapeau vert-blanc-rouge. La photo fera le tour des journaux de la péninsule avec des commentaires enthousiastes sur ce morceau de terre italienne libéré des Tedeschi par l’héroïsme des troupes fidèles au roi (pour les uns) ou au gouvernement légal (pour les autres, plutôt mécontents que le drapeau soit frappé aux armes de la Maison de Savoie… mais sans, c’était le pavillon de Mussolini !). Les Allemands battant en retraite, les fantassins de la Friuli pénètrent dans Radicofani et poussent jusqu’à Bagni San Filippo et Campiglia d’Orcia. Dans la vallée voisine, la Cremona prend facilement Cetona et parvient au sommet du mont du même nom (1 100 mètres).
Face aux Franco-Belges, les Allemands ont achevé l’évacuation de Pérouse (au grand soulagement de l’état-major français) et se redéploient dans les collines quinze kilomètres plus au nord, vers Pievratonio. Pendant ce temps, les Algériens commencent à entrer dans la ville. Ils font leur jonction avec les légionnaires un peu au nord de Cenerente pendant que la 4e DI belge termine le nettoyage du secteur.
Du côté des Britanniques, la 5e Division Indienne subit sans frémir la contre-attaque menée par les chasseurs de la 6e Gebirgsdivision, malgré l’appui des blindés et de l’artillerie de la Grossdeutschland. Il faut dire que les Népalais sont les maîtres du combat en montagne et qu’ils sont bien soutenus par l’aviation.
Un peu plus à l’est, la 3e Armoured Brigade a orienté l’axe de son attaque vers le nord-ouest pour dégager les Canadiens en prenant de flanc le Kampfgruppe de la 10. Panzer. Les Canadiens peuvent ainsi tenir leurs positions. En revanche, privée de l’appui de la brigade blindée, la 1ère Division Sud-Africaine ne fait que des progrès minimes.
………
Le lieutenant Albert Sachs, du Sqn 7 SAAF, a ce jour-là pour mission d’appuyer la 5e Division Indienne dans le secteur de Force. Les P-40 du flight qu’il commande répondent à l’appel d’une compagnie isolée dans les collines et harcelée par des avions allemands. Sachs vient d’endommager un appareil allemand lorsqu’il a l’impression que le monde explose autour de lui. Touché par la DCA adverse, il a juste le temps de sauter en parachute. Par bonheur, il atterrit dans le périmètre défendu par les Indiens et rejoindra son groupe quelques jours plus tard. Par la suite, les Indiens rapporteront avoir retrouvé l’épave de l’appareil qu’il avait endommagé, ce qui le fera créditer d’une victoire supplémentaire.

L’Union fait la Force – Chianti, cuvée belge
Au pied du Mont Malbe
– Les hommes du I/12 Li et du II/2Gr sont surpris de constater que depuis un moment, les Allemands ont cessé le feu… On dirait même qu’ils ont évacué !
Demandez un tir de fumigène, on va une fois aller voir ce qui se passe, ordonne Speeckaert.
Avançant à pas de loup, les grenadiers font la jonction avec les lignards au sommet : les Boches se sont évaporés. Pérouse a été évacuée.
Speeckaert retrouve Oleffe (son homologue du I/12 Li) pour faire le point.
Il ne reste plus qu’a nettoyer le secteur, commente Oleffe..
Oui, ensuite nous pourrons prendre un peu de repos et nous réorganiser. Vous avez eu beaucoup de pertes ? interroge Speeckaert.
Toujours de trop, hélas…
– En effet… Quels sont vos ordres ?
– Nous réaligner avec la 6e BMLE. Et vous ?
– Nous installer ici en attendant la suite. Il semble que Pérouse soit réservée aux Français !
– Bah, tant qu’ils nous laissent un peu de Chianti… Allez, Adrien, nog veel succes en tot volgende keer
[bonne chance encore et à la prochaine fois].
Merci et bonne chance à toi aussi, Herbert.


8 juin
La campagne d’Italie
Opération Chianti
Front italien
– Près de la côte tyrrhénienne, la 36e DI-US attaque vers Montioni dans les collines pour forcer le passage vers la plaine suivante, pendant que le CCA de la 1ère DB-US, avec un puissant soutien naval, s’empare de Riotorto, à la sortie du resserrement à l’ouest de Follonica. Sur la droite américaine, la 34e DI-US se réorganise. La TF Tardy, elle, souffle un peu et se déploie en posture défensive en attendant les Italiens.
La Friuli pousse justement jusqu’à la coupure suivante, une rivière qui longe la Route 53, derrière laquelle se sont repliés les Allemands. La journée est calme dans le secteur de Castiglione d’Orcia, où les hommes de la Bari débouchent du Mont Amiata, après avoir pris Vivo d’Orcia déserté par ses défenseurs, entre Poggio Rosa et Campiglia d’Orcia. A droite, la 44e DI Cremona s’empare de Sarteano et arrive à Citta della Pieve et San Litardo au contact des Belges de la 4e DI. Celle-ci se réorganise pour les combats à venir.
Pendant ce temps, la 86e DIA passe en réserve du IVe Corps français. Elle ira par la suite se repositionner à droite de la 83e DIA en relevant la brigade Richard aux environs du Mont Subasio. La 83e passe la journée à s’assurer de Pérouse et de ses alentours, souvent aidée par la population italienne qui accueille les Français avec de grandes démonstrations de joie.
Face aux Britanniques, constatant que la 5e Division Indienne résiste toujours farouchement en dépit des pertes qui s’accumulent et qu’eux-mêmes risquent d’être tournés, les Allemands, décident de décrocher. Du coup, la 1ere Division Canadienne progresse le long de l’Aso, à l’est de Force.
Près de l’Adriatique, les Sud-Africains continuent à progresser et ici aussi, les Allemands décrochent vers la ligne défensive suivante. Le long de la côte, la 6e DI et la 4e Armoured Brigade, soutenues par une artillerie pléthorique et avec l’aide de nombreux pontonniers, percent jusqu’à Pedaso. Les Allemands se retirent alors de manière organisée jusque derrière l’Aso.
………
Dans les airs, le commandant Papin Labazordière est radieux : il a obtenu sa cinquième victoire (contre un Bf 109). Au-dessus de l’Adriatique se déroule l’action notable de la journée. Les Bristol Banshee du Sqn 248 chargés de couvrir le monitor Erebus interceptent un vol de Ju 88. Mal positionnés au départ, les rapides bimoteurs se replacent et font un carton grâce à leurs 20 mm, abattant ou endommageant quatre Junkers avant que les autres ne se délestent de leur bombes pour prendre la fuite.

L’Union fait la Force – Chianti, cuvée belge
Aile gauche de la 4e DI (B)
– Le 1er Carabiniers voit arriver les hommes de la Cremona. Lorsque Italiens sont bien déployés, la 3e Brigade décroche et rejoint le gros de la 4e DI pour se réorganiser, se ravitailler et souffler en attendant la suite.



9 juin
La campagne d’Italie
Opération Chianti
Front italien
– “Chianti” tire à sa fin, mais les combats ne sont pas tout à fait terminés. La 36e DI-US prend sans grosse difficulté Piombino et son petit port, relativement intacts. Les Allemands se sont retirés un peu au nord dans les collines, à San Vicenzo. En dehors des opérations de déminage et de nettoyage qui vont durer encore quelques jours, les Américains ont rempli tous leurs objectifs, en particulier celui de la Task-force Tardy : tourner et flanquer la 252. ID qui faisait face aux Italiens. La situation des trois petites divisions italiennes qui peinaient devant Orvieto depuis presque deux mois a ainsi été débloquée.
Pour les Italiens justement, l’heure est aussi à la réorganisation. Les trois divisions sont maintenant au contact de la nouvelle ligne de défense allemande, qui suit une ligne San Quirico d’Orcia – Chianciano – Chiusi et remonte sur les reliefs jusqu’aux rives du lac Trasimène à Sant’Arcangelo.
A Alger, les journaux saluent la libération de Pérouse, qui était l’objectif principal de Chianti pour le IVe Corps. Les premiers éléments de la 86e DIA commencent à se repositionner sur le flanc droit du corps, ce dernier reprenant sa disposition initiale. A l’aile gauche, les Belges sont satisfaits du comportement de leur 4e DI, satisfaction un peu teintée de déception de ne pouvoir broder “Pérouse” sur ses étendards.
Les combats sont encore assez intenses du côté britannique. Pour soulager la pression sur la 5e Division Indienne, le reste du Xe Corps, jusqu’alors inactif, lance des attaques de diversion. Partant de Visso et San Placido, la 44e DI britannique marche sur Ussita, qu’elle atteindra en fin de journée, et progresse plus à l’est, de Montegallo vers Monte Monaco. Dans ce secteur, l’offensive ne dépassera pas les hameaux de San Lorenzo et Rascio – avec le carrefour routier situé quelques centaine de mètres au nord de Rascio. La 46e DI britannique, elle, attaque en pince de Collecurti et Riofreddo autour du Mont Cavallo (1 440 mètres). Si le sommet ne sera atteint que le lendemain, la ferme de Collatoni est dépassée et le village de Pantaneto est pris en fin d’après-midi. La division ne pousse pas jusqu’à Pie’del Sasso, où les Allemands se sont retirés et qui est en vue directe des Anglais.
Sur le flanc droit des Indiens, la 1ere Division Canadienne change son axe d’attaque et lance vers le nord-ouest le West Nova Scotia Rgt. Avec l’aide du Royal Canadian Engineer Btn, la 3e Brigade franchit l’Aso et dépasse un deuxième cours d’eau, la Tenna, pour s’emparer de San Ruffino et de Monte San Martino.
………
Dans le domaine aéronautique, l’actualité n’est pas au-dessus du front. Le Sqn 89 de chasse de nuit attendait une nouvelle monture qu’il reçoit aujourd’hui. Le groupe volera sur Mosquito II NF. Quant aux Beaufighter, ils seront répartis entre d’autres unités du secteur ou partiront pour le théâtre birman.


10 juin
La campagne d’Italie
Opération Chianti
Front italien
– Le calme revient sur la partie ouest du front, du côté des Américains, Italiens, Belges et Français.
Chez les Britanniques, les attaques des 44e et 46e DI et la poussée des Canadiens menées la veille soulagent la 5e Division Indienne, qui peut élargir son dispositif et reprendre contact avec plusieurs sections isolées depuis deux jours. Plus à droite, dans la plaine, le franchissement de la Tenna par des éléments canadiens entraîne un nouveau recul des Allemands. Mais pour des derniers, l’inquiétude est passée : leur repli se fait en bon ordre, en luttant pied à pied avec les divisions de l’Empire.
Le Ve Corps continue à progresser. Les Sud-Africains et la 3e Armoured Brigade débordent les Allemands par l’ouest, dépassent Monteleone di Fermo et arrivent en vue de Servigliano. Le long de la côte de l’Adriatique, la 6e DI et la 4e Armoured Brigade profitent du recul allemand pour effectuer une percée de plus de 15 kilomètres, couvertes par l’artillerie lourde de l’Erebus. Les fantassins anglais prennent ainsi dans la journée Marina Palmese, Porto San Giorgio et s’emparent d’un pont intact sur la Tenna à San Tommaso Tre Archi.
………
Jour faste pour le Sqn 92, qui abat dans la journée pas moins de cinq appareils ennemis. L’as Neville Duke obtient sa 23e victoire et le Lt J.H. Gasson, un petit nouveau qui progresse vite, remporte sa troisième, avec un deuxième Bf 109 abattu.

L’Union fait la Force
QG de la 4e DI (B)
– Bien qu’il n’ait pu entrer dans Pérouse, Bastin n’est pas peu fier du comportement de ses hommes, qui ont atteints les objectifs qui leur avaient été assignés. « Où en est le redéploiement de la 3e Brigade ? »
– Elle est à Monte Buono.
– Et le ravitaillement ?
– La compagnie de transport divisionnaire a établi une noria entre les dépôts et nos brigades. Nous reconstituons peu à peu nos stocks.
– Très bien ! Signalez aux commandants de Brigade qu’ils ont fait de l’excellent travail. Et demandez aussi les pertes. Voici mes ordres : remise en ordre du matériel, reconstitution de nos stocks et repos. Que notre artillerie procède à une grosse maintenance, mais par roulement de batteries, pour que nous ayons toujours de quoi lancer une contre-batterie au besoin.


Méditerranée Occidentale
Une idée bien vendue
BAN d’Agadir
–Entrainement terminé, le GAN 2 décolle au matin pour sa nouvelle base d’attache de Bizerte/Karouba (avec arrêt-pétrole à Alger). Une à une, les flottilles quittent Agadir, les deux flottilles de chasse menées par une paire d’Avenger de la 8F qui assurent la navigation.
Les échelons roulants partiront quelques heures plus tard pour Marrakech, d’où un train spécial les conduira à Bizerte avec tout leur matériel et outillage.
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Imberator



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MessagePosté le: Mer Oct 14, 2015 19:10    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
4 juin...
...De leur côté, les Belges de la 4e DI combattent toute la journée pour s’emparer du Mont Malbe qui jouxte Pérouse au nord-ouest, pendant que les légionnaires de la 6e BMLE attaquent Mantignana.


Citation:
7 juin...
...A l’aile droite, la 34e DI-US fait passer son 133e RI en réserve pendant que le 168e se repositionne et que le 135e s’empare d’Arcidoso et de Castel del Piano, faisant prisonniers les derniers défenseurs allemands après que ceux-ci aient résisté toute la journée pour l’honneur.


Citation:
L’Union fait la Force – Chianti, cuvée belge
Au pied du Mont Malbe
– Les hommes du I/12 Li et du II/2Gr sont surpris de constater que depuis un moment, les Allemands ont cessé le feu… On dirait même qu’ils ont évacué !
– Demandez un tir de fumigène, on va une fois aller voir ce qui se passe, ordonne Speeckaert.
Avançant à pas de loup, les grenadiers font la jonction avec les lignards au sommet : les Boches se sont évaporés. Pérouse a été évacuée.
Speeckaert retrouve Oleffe (son homologue du I/12 Li) pour faire le point.
– Il ne reste plus qu’a nettoyer le secteur, commente Oleffe..
– Oui, ensuite nous pourrons prendre un peu de repos et nous réorganiser. Vous avez eu beaucoup de pertes ? interroge Speeckaert.
– Toujours de trop, hélas…
– En effet… Quels sont vos ordres ?
– Nous réaligner avec la 6e BMLE. Et vous ?
– Nous installer ici en attendant la suite. Il semble que Pérouse soit réservée aux Français !
– Bah, tant qu’ils nous laissent un peu de Chianti… Allez, Adrien, nog veel succes en tot volgende keer [bonne chance encore et à la prochaine fois].
– Merci et bonne chance à toi aussi, Herbert.


Ce dernier passage ne doit-il pas être en couleur ?
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Oct 14, 2015 19:40    Sujet du message: Répondre en citant

1) et 2) Merci.

3) Oui bien sûr, oubli de ma part au moment de la mise en ligne.
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MessagePosté le: Mer Oct 14, 2015 20:40    Sujet du message: Répondre en citant

Une coquille :
Citation:
leurs éléments avancés


Une répétition :
Citation:
passe la journée contrôler le terrain dans les collines au centre du triangle Paganico-Campagnatico-Cinigiano.
Dans les collines au sud du mont Amiata,


Encore une répétition :
Citation:
Enfin, la 44e DI Cremona continue sa remontée vers le nord et les collines. Elle s’empare de Palazzone, sur la route de San Casciano dei Bagni, tout en reprenant à son compte une partie du secteur de la 86e DIA. Celle-ci remonte vers le nord et rejoint les Belges


Une petite note explicative serait la bienvenue :
Citation:
où le subedar Abdul Hafiz


Comme je l'ai indiqué il y a quelques temps, il faut tenir compte des exactions qui ont eu lieu OTL, probablement davantage de la part de membres des unités de service ou stationnées à l'arrière, car la discipline au front était forte. Il y a de fortes chances qu'ils auront également lieu ici.
Citation:
La 83e passe la journée à s’assurer de Pérouse et de ses alentours, souvent aidée par la population italienne qui accueille les Français avec de grandes démonstrations de joie.

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MessagePosté le: Mer Oct 14, 2015 21:13    Sujet du message: Répondre en citant

1)
2)
3)
OK. Rectifié.
4) Comme chacun sait, un subedar est un officier indien ou pakistanais de l’Armée des Indes (équivalent de capitaine). Vous n'avez pas lu Kipling (premier Nobel de littérature de l'Histoire) ? Cool ---- OK, j'ajoute une note.

5) Oui, en dehors des périodes de combat sans doute. Pat ?
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MessagePosté le: Jeu Oct 15, 2015 10:50    Sujet du message: Répondre en citant

11 juin
La campagne d’Italie
Opération Chianti
Front italien
– La Tenna, compte tenu de son débit et de sa largeur, n’est pas une coupure assez importante pour les Allemands, d’autant qu’elle est déjà franchie en plusieurs points. Aussi la Wehrmacht décide-t-elle de replier ses troupes jusqu’au Chienti, de manière tout à fait contrôlée : une contre-attaque de la 10. Panzer sur le flanc de la percée de la veille calme les ardeurs du Ve Corps, obligé de distraire des moyens pour parer la menace. Cela laisse le temps aux fantassins de la 292. ID de reculer en bon ordre et de se réorganiser le long du Chienti, au niveau de Cittanova.
Les autres divisions britanniques reprennent leur progression lente et régulière. Les Canadiens réintègrent le secteur du Ve Corps et la 5e Division Indienne profite elle aussi du recul allemand pour déborder Comunanza et atteindre Amandola.


12 juin
La campagne d’Italie
Opération Chianti
Front italien
– L’opération Chianti s’achève.
Du côté de Devers et de sa 5e Armée américaine (plus exactement américano-italo-belgo-française), on est très satisfait : le général Harmon a su mener sa 1ère DB-US avec brio en exploitation dans le dos des défenses ennemies, la Task-force du colonel Tardy (qui gagne sans doute là ses étoiles) a fait merveille, l’encerclement de la 252. ID a (presque) marché, tout au plus regrette-t-on l’absence de la 3e DB française qui aurait (peut-être) pu percer jusqu’à Sienne. Du moins cette absence donnera-t-elle à réfléchir aux services de renseignement ennemis, ce qui, dans le cadre des opérations Ferdinand et Zeppelin, n’est pas plus mal.
A l’état-major d’Alexander, en revanche, on est un peu déçu : on espérait une percée jusqu’à Ancône. Pour l’heure, le Ve Corps recolle peu à peu au dispositif allemand sur toute la longueur du Chienti, mais les pertes subies par la 1ère Division Canadienne et surtout par la 6e DI ne permettent plus d’envisager une poursuite de l’offensive. Ces deux divisions ont eu toutes deux à faire face à la contre-offensive d’une division panzer. La 6e DI va passer en réserve d’armée et être relayée sur le front par la 2e Division Sud-Africaine. Les Canadiens s’en sont mieux sortis grâce à un terrain plus favorable à la défense mais surtout au coup de main de la 3e Armoured Brigade. La 3e et la 4e Armoured Brigades ont d’ailleurs subi elles aussi des pertes sérieuses.
Du côté allemand, les 252. et 92. ID sont épuisées, en particulier la 252. ID, dont le 472. IR a été presque anéanti. Elles vont aller se refaire une santé dans les secteurs “Gustav” (Gênes) et “Ida” (Istrie-Trieste) et sont remplacées sur le front par les 112. et 52. ID, qui reprennent leurs secteurs de janvier. La Grossdeutschland a subi des pertes assez lourdes pour qu’elle doive être recomplétée en arrière du front avant de recevoir officiellement l’étiquette de division. La 65. ID la relaiera en première ligne.


13 juin
La campagne d’Italie
Front italien
– La situation est redevenue calme de la Tyrrhénienne à l’Adriatique, même si les duels d’artillerie et les activités de patrouilles restent nombreux. Chaque adversaire tâte le nouveau dispositif adverse pour le reconnaître et faire des prisonniers.
En arrière du front, un nouveau groupe de chasse, le 99th FS sur P-51B, est affecté au 33th FG pour compenser les pertes de ce dernier. Ce squadron a une particularité qui fait beaucoup jaser dans l’USAAF : il est entièrement constitué de pilotes noirs.


14 juin
La campagne d’Italie
Les Alliés au pain sec (ou presque)
Alger
– Une nouvelle réunion d’état-major tire les enseignements de l’opération Chianti et envisage les futures activités en Italie, dans l’ombre de l’opération Dragon. Sont rassemblés les généraux Frère, Clarke, Devers et Alexander, mais les Belges (général Keyaerts) et les Italiens sont eux aussi représentés, ainsi que les trois principaux gouvernements alliés.
L’unanimité se fait pour regretter, mezzo voce, qu’avant même le début de Dragon, les opérations lancées en Grèce contraignent le front italien à une nouvelle pause opérationnelle, à part quelques attaques destinées à corriger le front dans le secteur du Xe Corps britannique et à maintenir l’Allemand dans l’incertitude sur la stratégie alliée. On s’accorde aussi pour souligner la bonne tenue des Italiens au combat et leur bon esprit en dehors, notamment pour faciliter l’aménagement de pistes en dur dans le sud de l’Italie pour rebaser les bombardiers lourds de la XVe Air Force, dans le cadre de l’offensive aérienne stratégique en cours contre l’industrie germanique.
A propos de moyens aériens, Frère et Clarke confirment à leurs subordonnés que Dragon ne laissera au front italien que le tiers des groupes de chasse et de bombardement tactique dont il dispose actuellement. C’est l’occasion pour le représentant italien de proposer une solution : l’accélération du rééquipement de la Regia Aeronautica. Dans le marchandage qui s’ensuit, les Français se montrent relativement conciliants, reconnaissant le bon comportement des Italiens, notamment lors de l’opération Aiglon, et le fait qu’il serait commode que le corps italien sur le front dispose d’un appui aérien spécifique. Finalement, les Italiens auront droit à deux groupes de chasseurs et chasseurs-bombardiers équipés de matériel de second rang. Le 4e Stormo volera sur P-39, fournis par la 53e EACCS (B) – en échange de cette générosité, les Belges obtiennent de rééquiper leur escadre, en alternance avec les groupes d’appui au sol américains, avec des P-47. Cette partie de l’accord satisfait Américains et Belges : les premiers élargissent la place de ce nouveau matériel (1), les autres s’émancipent un peu de la tutelle franco-britannique avec leur propre équipement de pointe (même s’il leur faudra le payer en bon argent s’ils désirent le conserver après la guerre). Les Britanniques ne restent pas en panne de générosité et offrent de rééquiper le 5e Stormo en Spitfire V – ce qui leur permettra de réclamer à Londres d’accélérer la mise à disposition des Mk VIII, IX et XII sur le théâtre italien.
Les projets d’offensive qui sont ensuite exposés tiennent un peu de vœux pieux, car tous sont conscients que Dragon risque de dévorer ravitaillement et munitions ! Certains unités vont même être à terme transférées sur ce théâtre – les Belges notamment ont déjà la tête en vallée du Rhône ! Néanmoins, les Anglais espèrent pouvoir prendre Ancône, les Français Florence et les Américains Livourne et Pise avant l’automne. Tous aimeraient pouvoir franchir les Apennins septentrionaux avant l’hiver, d’autant que les Allemands semblent préparer dans cette zone d’importantes fortifications

Méditerranée Occidentale
Une idée bien vendue
BAN de Bizerte-Karouba
– Le GAN 2 est officiellement déclaré opérationnel, sans restrictions d’emploi. Pour commencer, quelques missions de reconnaissance dans le secteur et jusqu’à Malte permettront de faire connaître Corsair et Avenger à tout le monde (le Dauntless étant déjà bien connu). Enfin, de les faire connaître à tous ceux qui pourraient leur tirer dessus par erreur : pilotes de chasse, mitrailleurs navigants, mais aussi (et surtout) DCA terrestre et navale. Se faire tirer dessus par les Allemands sera déjà suffisant !
Les unités autour de Karouba sont particulièrement briefées. Chefs de pièce et pointeurs ont même le droit d’approcher les avions sur la base.


15 juin
La campagne d’Italie
Les Allemands se retranchent
Bologne
– Les généraux de la XIV. Armee sont réunis autour d’Albert Kesselring pour tirer les enseignements de la récente bataille. Tout d’abord, on est plutôt satisfait de la tournure des événements : à cette allure, les Alliés n’arriveront pas devant la Gotenstellung, la ligne Gothique, avant l’automne. L’hiver sera tranquille, d’autant que d’autres renforts sont attendus.
Les futures mouvements alliés sont prévisibles : les Anglais tenteront sans doute d’avancer dans la plaine des Marches, mais ils manquent de blindés ; au centre de la Péninsule, le terrain est taillé pour la défense ; les Français devront se battre pour le lac Trasimène et ne peuvent guère espérer atteindre qu’Arezzo ; quant aux Américains, ils seront forcés d’utiliser leur division blindée pour appuyer leurs supplétifs italiens dans la plaine qui remonte vers Sienne. La Hermann-Göring enverra des renforts dans ce secteur afin de parer à toute mauvaise surprise. Enfin, le long de la côte, les deux divisions d’infanterie yankees sont bloquées par les reliefs au nord de Grosseto et ne pourront bénéficier de l’appui des blindés sur ce terrain favorable à la défense, d’autant plus que les Fallschirmjägers se sont réfugiés sur la ligne Anton.
“Anton” est une ligne continue de fortifications légères qui s’étend de la côte à Sienne, mais n’est pas encore tout à fait terminée. A terme, elle rejoindra les lignes Lydia et Paula le long de l’Arno. Le représentant de l’organisation Todt ne cache cependant pas que le temps risque de manquer pour mettre ces lignes au standard “Gothic”. En effet, si les lignes septentrionales qui vont du nord de Massa jusqu’au nord d’Ancône sont terminées, ce n’est pas le cas de leur prolongement méridional, Lydia. Quant à Anton, ce n’est en fait qu’une ébauche que l’arrêt des opérations alliées a épargné.
On s’interroge par ailleurs sur certaines unités alliées qui sont bien présentes en Italie mais semblent attendre l’arme au pied sans participer aux combats. L’Abwehr estime que le plus probable et qu’elles sont tenues en réserve pour un débarquement sur la côte de l’Adriatique, soit sur les arrières de la XIV. Armee dans la plaine du Pô, soit en Yougoslavie. On pourrait craindre une opération visant la plaine du Pô couplée à un débarquement dans le golfe de Gênes, mais les services de renseignement allemands inclinent à penser que la cible alliée serait plutôt sur la rive est de l’Adriatique. Plusieurs éléments semblent corroborer cette hypothèse : la nomination en Grèce d’un nouveau général, Montgomery, qui est l’un des favoris de Churchill, la relative tranquillité des Balkans ces derniers temps et le récent doublement des livraisons d’armes aux partisans grecs et yougoslaves. Il est probable que la prise de l’île d’Elbe et l’offensive aérienne du mois précédent dans le golfe de Gênes n’étaient qu’une diversion. Par ailleurs, l’interrogatoire des terroristes balkaniques capturés lors des opérations de « maintien de l’ordre » dans la région laissent entrevoir « ein grossen Schlag », un gros coup, dans ce secteur.
Les généraux critiquent toutefois la discrétion de la Luftwaffe, qui ne semble pas capable de contester la supériorité aérienne alliée. Il faudrait utiliser les pilotes restés fidèles au Duce (en espérant qu’ils n’ont pas été seulement coincés au nord), qui ne demandent qu’à revoler avec leurs frères d’armes de la Luftwaffe.
Dans le même esprit, il faudrait remettre en ligne des forces italiennes pour que les vrais Fascistes prennent leur part et versent leur sang pour la défense de leur péninsule. Il ne s’agirait pas de les opposer aux unités alliées, mais de leur confier la lutte contre les partisans pour libérer des unités allemandes bien plus utiles ailleurs.
En bref, on n’est pas inquiet, on a confiance dans les qualités des unités engagées. Les lignes fortifiées sont presque terminées et les renforts à venir permettront de constituer une vraie réserve mobile, écartant cette fois tout danger. De plus, les pertes non négligeables subies en six mois de lutte ont été ou seront bientôt remplacées, voire mieux dans le cas de la Division Grossdeutschland. Enfin, la XIV. Armee est réorganisée en trois corps : le XIV. Armee Korps, le LXXXVII. Armee Korps et le I. Luftwaffe Feldkorps, créé sur les instances de Göring en personne pour coiffer la 1. Fallschirmjäger et “sa” division Hermann-Göring.


16 juin
La campagne d’Italie
Front italien
– Les premiers éléments de la 65. ID débarquent en gare de Bologne. Ils vont dans les prochains jours se déployer face aux Anglais du Xe Corps, entre la 263. ID et la 6. Gebirgsjäger, permettant le retrait de la Grossdeutschland.
Cette dernière va pouvoir se replier pour être réorganisée en une véritable division. Ses régiments d’infanterie doivent être dédoublés et un groupe de Sturmgeschutz doit être ajouté à l’Abteilung existant.


17 juin
La campagne d’Italie
Aller-retour
Front italien
– Les Liberator qui décollent aujourd’hui de leurs bases d’Italie du Sud ne reviendront pas, du moins pas tout de suite. En effet, ils vont participer à une première, un raid aller-retour sur l’Allemagne. Ils iront ce soir se poser en Angleterre et reviendront le surlendemain en bombardant à nouveau la race des seigneurs sur le chemin du retour.
Pour ce raid, une escorte de chasse a été prévue : des P-38 et des Mustang. Ceux-ci emportent des réservoirs supplémentaires, un matériel qui n’est pas encore très courant.

Méditerranée Occidentale
Une idée bien vendue
Base aérienne de Figari (Corse)
– Les utilisateurs du terrain (que des aviateurs, c’est à dire des gens de l’AdA, des zizis quoi ! Pouah !) sont avisés par Alger de faire de la place sur leurs parkings pour une quarantaine de monomoteurs de grande taille, pour une durée de 96 heures maxi, à compter du 19 juin, 18h00, au besoin en redéployant provisoirement un ou deux groupes ailleurs en Corse ou en Sardaigne.
Ordre formel et militaire, exécution, rompez !


18 juin
La campagne d’Italie
Front italien
– Rien à signaler aujourd’hui, en dehors des habituelles activités de patrouilles et échanges d’artillerie. Les deux camps refont leurs stocks de munitions et carburant, dans l’attente de futures activités.

Une belle “remonte” pour les Belges
Rome Ciampino
– Un DC-3 de liaison aux couleurs belges se pose. Le lieutenant-colonel Guillaume, commandant la 53e E-ACCS (B) l’observe distraitement de sa fenêtre tout en consultant les derniers rapports de vol. Plusieurs font état de la fatigue des P-39… et surtout du fait que ses performances sont insuffisantes face aux chasseurs allemands actuels, notamment aux Fw 190. Mais pour le moment, il faut s’en contenter, soupire-t-il. Ah, si on pouvait avoir des Typhoon à la place. D’après les échos qu’il a de ses collègues du Sqn 348, c’est un zinc fabuleux… Mais sur ce théâtre, inutile d’y songer.
Tiens, pourquoi donc le caporal préposé à l’échelle salue-t-il ? Un officier distingué descend du DC_3…
Nom de Dieu ! rugit Guillaume, qui sort en courant de son bureau et se précipite vers le transport.
Légèrement essoufflé, il se présente au général Keyaerts, lequel sourit du bon tour qu’il joue à ses subordonnés : « Mes respects mon Général. »
– Bonjour colonel Guillaume, comment se porte notre 53e ?
– Euh, bien… Mais nous ne vous attendions pas, mon Général.
– Voyez-vous, contrairement à l’usage d’avant mai 40, j’ai appris à ne plus ennuyer les commandants d’unité en les prévenant de mes visites des mois à l’avance… Et puis, ce genre d’inspection est bien plus réaliste, vous ne croyez pas ?
– Euh… Sûrement… Mais je vous en prie mon Général, venez dans mon bureau.
– Rien ne presse, Colonel. J’aimerais commencer par rencontrer vos pilotes, et même par aller voir comment se passe la maintenance… Vous savez, je lis vos rapports !
– Ah… Vous lisez…
– Oui, je sais, vous pensiez qu’ils n’arrivaient pas jusqu’à moi, mais les temps ont changé, Colonel ! Et puis, j’aime votre style,
glisse Keyarts à un Guillaume médusé.
Les deux hommes se dirigent donc directement vers le dispersal. A leur arrivée, un sous-officier aux réactions rapides a juste le temps de crier : « Messieurs, le lieutenant-général Keyaerts ! »
Mus par un réflexe digne de l’Ecole Royale Militaire, les pilotes, malgré une tenue pas toujours très règlementaire, se mettent au garde à vous.
Repos Messieurs. Je suis venu aujourd’hui vous annoncer de bonnes nouvelles. Je ne m’étendrai pas sur les nombreux éloges que je reçois de la part des troupes que vous appuyez. Je sais que vous les méritez amplement. Continuez ainsi, le Roi, la Belgique et le peuple belge peuvent être fiers de vous.
– Merci mon Général,
répond Guillaume au nom de ses hommes.
Et maintenant, la vraie bonne nouvelle. D’ici quelques semaines, vous serez redéployés pour quelque temps, par rotation de vos trois groupes, sur un aérodrome de Sicile. Vous y prendrez livraison d’une nouvelle monture – je n’oublie pas que j’ai été chef de corps du 3e Lanciers. En remplacement de vos P-39, vous recevrez des Republic P-47, surnommés Thunderbolt par les Américains.
– Enfin !
s’exclame joyeusement un jeune lieutenant-pilote.
Merci, mon Général, il était plus que temps ! répond, un peu plus protocolaire, le capitaine Arend, commandant le Groupe I de la 53e.
D’ici là, n’abîmez pas vos P-39, ils seront reversés à nos nouveaux alliés italiens… enfin, comme disent les diplomates, nos cobelligérants italiens. Pour toutes les questions pratiques, Colonel, vous verrez avec mon état-major.
– A vos ordres mon Général.
– Messieurs, je vous laisse, vous ne manquez pas de travail, et je ne voudrais pas que les troupes au sol s’imaginent que je vous empêche d’aller les appuyer. Bon vol et bonne chasse !

Keyaerts et Guillaume se rendent vers la maintenance, où les mécanos retapent quelques “Cobra” un peu troués.
Je vois que la Flak est toujours aussi efficace.
– En effet mon Général. Et comme nous devons voler bas, voire très bas, nos avions en portent les marques…

Soudain, les véhicules de secours démarrent et s’élancent vers la piste. Des P-40 aux couleurs américaines se présentent. L’un d’entre eux, très mal en point, crache une épaisse fumée noire… Guillaume serre les poings et s’exclame tout fort, comme si le pilote pouvait l’entendre : « Ne sors pas ton train, non, surtout pas ! »
Mais le pilote, sûrement un novice, tente quand même de sortir son train. Hélas, une seule roue apparaît. Le Curtiss touche le sol, bascule sur l’aile endommagée, capote et explose dans une grande gerbe de flamme.
Puisse Dieu avoir pitié de lui, murmure Keyaerts.
En fin de journée, après avoir discuté des futures opérations avec Guillaume et avec tout l’EM de la 53e, Keyaerts remonte dans le DC-3 et repart pour Alger.
Dans l’avion, il interpelle son ordonnance : « Rappelez-moi à Alger de signer l’avancement du lieutenant-colonel Guillaume au grade de colonel. »
– Mais nous n’avons pas encore reçu la proposition, mon Général.
– Eh bien, vous la rédigerez ! Il faut tout vous dire ?
– A vos ordres mon Général.



19 juin
La campagne d’Italie
Front italien
– Comme la veille, tout est calme. Une patrouille de la 44e DI britannique ramène cependant un prisonnier de la 65. ID, dont l’interrogatoire permet à l’état-major de noter l’apparition sur le front de cette unité à la place occupée par la Grossdeutschland.


20 juin
La campagne d’Italie
Le Jug arrive
Front italien
– Les pilotes du 314th FS (324th FG) reçoivent leurs premiers P-47 Thunderbolt. Ils sont heureux de cette nouvelle monture qui remplace leurs P-40 vieillissants, mais ils s’inquiètent devant la taille du monstre, qui semble deux fois plus gros. Dès les premiers essais, ils seront pourtant convertis : la bête a ce qu’il faut sous le capot pour en faire l’un des appareils les plus rapides de la guerre.
Il faudra quelques semaines pour que tous les squadrons du 324e Fighter Group soient équipés. Le 325e FG viendra ensuite, en août, après un créneau qui permettra de rééquiper les trois groupes belges de la 53e E-ACCS. De plus, deux autres Fighter Groups américains équipés de P-47 seront affectés à la 8e Air Force avant le déclenchement de Dragon.

Méditerranée Occidentale
Une idée bien exécutée
Baie de Figari (Corse)
– A l’aube, un LST de l’US Navy beache au fond de la baie. En débarquent une cinquantaine de mécanos et basiers de la Base Opérationnelle Mobile n°1, ainsi qu’une section de Fusiliers Marins et leurs véhicules. Suivent une dizaine de camions tractant des remorques lourdement chargées, fanions rouges accrochés aux tourelleaux des mitrailleuses – danger munitions ! Guidés par des MP, tout ce monde prend la direction de la base aérienne, à moins de 2 km de là, où les arrivants commencent à s’installer dans la zone libérée par les aviateurs.

Préparatifs de fête
Alger, 04h00
– Un message venu de Marseille et aussitôt décodé indique avec précision dans quels bâtiments de la base d’Istres sont logés les équipages du IV/KG 100. Rien n’y manque. L’oncle Arsène a toujours aimé le travail soigné.
………
Golfe de Saint Florent (nettement au nord de Figari), 08h00 – Deux compagnies de SeaBees de l’US Navy, des marins du génie maritime et tous les véhicules de chantier nécessaires à l’établissement d’un Landing Ground débarquent de deux autres LST dans le sud du golfe, au lieu dit Ochinese. C’est le seul endroit en bord de mer à peu près plat de cette partie du désert des Agriates. Le travail commence dès le début de l’après-midi.


Note
1- A Washington, Republic a réussi à suggérer en haut lieu que passer du couple USAAC/Curtiss de 1941 au duo “USAAF/French American – Hem, sorry, North American” n’était pas souhaitable.
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Alias



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MessagePosté le: Jeu Oct 15, 2015 13:35    Sujet du message: Répondre en citant

Petit trou de mémoire: quand a eu lieu la libération de la Corse?
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Stéphane "Alias" Gallay -- https://alias.erdorin.org
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loic
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MessagePosté le: Jeu Oct 15, 2015 15:00    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
15 juin
La campagne d’Italie
Les Allemands se retranchent

Il serait quand même très étonnant que les Allemands n'évoquent pas l'hypothèse d'un débarquement dans le sud de la France.

Citation:
Un officier distingué descend du DC_3

DC-3
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On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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Paul



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MessagePosté le: Jeu Oct 15, 2015 15:40    Sujet du message: Répondre en citant

Je pense aussi que les Allemands vont très certainement se douter que celui-ci ait lieu en Provence. Ne peut-on pas leur mentir sur l'origine géographique du débarquement comme pour celui de Normandie, où ils ont été persuadés qu'il aurait lieu dans le Pas-de-Calais.
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