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Intégrale "Préparer l'avenir" Décembre 1942
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Déc 13, 2013 16:13    Sujet du message: Intégrale "Préparer l'avenir" Décembre 1942 Répondre en citant

La première partie de ce texte est de moi, les deux suivantes sont de Fregaton, la dernière est de Raven (revue par Fregaton).
Résumé des épisodes précédents: Lagadec a quitté le Pacifique Sud-Ouest pour faire bénéficier de son expérience...


Décembre 1942
9 – Préparer l’avenir
La nouvelle Aéronautique Navale


13 décembre
Quosque non ascendet…
Norfolk (Virginie)
– « Je tourne et retourne entre mes doigts le courrier officiel qui m’attendait ici, après un long voyage à travers le Pacifique et les Etats-Unis et une brève permission à New York. Il m’annonce d’abord que je suis inscrit au tableau d’avancement et, en clair, que je deviendrai capitaine de corvette dès le 1er janvier. Bon, c’est magnifique, même si je m’y attendais un peu – en temps de guerre, les promotions sont chères, mais rapides…
Mais c’est surtout les lignes suivantes qui m’ont ébloui. Je suis affecté au porte-avions Jean Bart, « actuellement en achèvement à Norfolk, Virginie, Etats-Unis ». Les rumeurs étaient donc vraies, ils ont décidé de transformer un cuirassé en porte-avions ! Un grand porte-avions français ! Quand je pense que mon père aurait rêvé que je sois officier sur ce navire – mais dans sa première forme, bien sûr… Et puis, il y a ce qui m’a achevé : je commanderai la Flottille 1F (ex escadrille AC 1), ainsi que toute la chasse du Groupe Aérien Embarqué 1, c’est-à-dire les Flottilles 1F et 3F (ex AC 3).
Je revois mon père, place de la Concorde, partant pour son destin sur la Bretagne… Je crois que Grand-Mère Mahé, ou même la grand-mère canaque d’Anne-Marie, me le confirmerait : où qu’il soit, il doit être fier de moi. »
(Y. Lagadec, op. cit.)


14 décembre
D’un Jean Bart à l’autre
Norfolk (Virginie)
– Il est environ 10h00 quand un bus GMC de la Navy peint en haze grey, qui roule déjà depuis quelque temps sur la route 17, franchit le James River Bridge en direction de l’imposant complexe des Newport News Shipbuilding & Dry-Docks. Du pont, le froid sec qui règne ce matin offre une excellente visibilité sur les chantiers, les cales et les quais d’armement à flot. Les grues et portiques forment une forêt d’acier sur lesquelles se détachent plusieurs silhouettes si particulières de flat tops en achèvement.
Une émotion grandissante s’empare des occupants du bus lorsque ce dernier pénètre enfin dans le chantier, à l’angle de la 50e Rue et de Washington Avenue. La vingtaine de passagers, des officiers de la Marine Nationale, composent la plus grande partie du futur état-major du bâtiment de ligne Jean Bart (c’est encore son appellation officielle). Parmi eux, le lieutenant de vaisseau Yvon Lagadec, héros de la chasse de l’Aéronavale, ne tient plus en place. Il pousse des sifflets d’admiration (une mauvaise habitude acquise au contact des marins américains) devant des blocs de tôle en attente d’assemblage, qu’il décrit en habitué comme un îlot, un sponson ou telle autre structure métallique propre aux porte-avions mais quelque peu disgracieuse et qui ne provoque pas vraiment l’admiration de ses collègues. L’agitation de Lagadec gagne cependant tout le groupe lorsque le véhicule longe une cale d’armement où sont alignés plusieurs bâtiments de grande taille à divers niveaux d’avancement. Le calme revient rapidement lorsque le bus bifurque derrière une longue bâtisse en bois pour enfin s’arrêter.
A leur descente, les officiers sont accueillis par un piquet d’honneur de quelques matelots et quartiers-maîtres arborant fièrement le ruban légendé Jean Bart sur leurs bâchis. Un officier ne portant que six boutons sur sa vareuse et dont les quatre galons sont passementés de velours noir les invite à pénétrer dans le bâtiment et les conduits vers une véranda faisant office de carré. Il y a là café et donuts à volonté.
– Messieurs, je vous souhaite la bienvenue à Comte de Grasse Barracks, ce sera votre demeure jusqu’à ce que vous preniez possession de vos quartiers à bord. Vous noterez que la Navy a fait preuve d’imagination en baptisant cet endroit, son nom change en effet des innombrables Lafayette Barracks dans lesquelles nos compatriotes sont généralement hébergés un peu partout dans ce pays !
L’assemblée s’esclaffe et l’orateur poursuit : « Je me présente : je suis l’ingénieur du génie maritime Louis de Kerdonval, détaché par l’état-major de la marine auprès de l’US Navy’s Bureau of Ships, on dit en général “Buships”. Je suis chargé de superviser la réparation, la modernisation et parfois la transformation des navires que la France envoie dans les chantiers américains. En septembre dernier, j’ai quitté La Marseillaise, croiseur léger converti en anti-aérien, pour participer à la remise en service du Jean Bart après une conversion bien plus profonde. Pour l’heure, ma mission est plus difficile, il s’agit en effet de vous faire les honneurs d’un porte-avions et je m’attends à être sauvagement assailli par des bordées de questions meurtrières d’un calibre digne d’un bâtiment de ligne!»
Nouveaux rires. Autour des mugs de café brûlant, les nouveaux arrivants font rapidement connaissance avec les officiers déjà présents lors des travaux de conversion, surtout des chafustards (mécaniciens, en argot de l’Ecole Navale), dont l’ingénieur mécanicien de première classe Charles de Kerdonval. Celui-ci est plus spécifiquement responsable du service “Installations Aviation” chargé des ascenseurs, ateliers, catapultes, ravitaillement en carburant, etc.
– Vous avez au moins réussi à transformer un bâtiment de ligne en une affaire familiale ! s’exclame Lagadec en apprenant que l’IM1 est le frère cadet de l’IGM.
– Mon cher Lagadec, répond Louis avec un sourire au coin des lèvres, nous allons transformer cette affaire familiale en affaire bretonne, car vous allez vous joindre à nous ! Votre expérience des grands porte-avions américains nous sera précieuse pour valider l’environnement de vos futures montures… et des pingouins qui vont les monter !
A travers les vitrages à petits carreaux de la véranda de style Newport, seule touche de luxe dans l’austère baraquement Comte de Grasse, les nouveaux arrivants commentent le spectacle que leur offre le chantier : un ex-bâtiment de ligne ayant su conserver une certaine élégance malgré ses nouvelles superstructures entre deux monstres aux formes plus que simplistes… Le Jean Bart entre deux porte-avions de classe Essex.
– Il fait tout petit, notre fier vaisseau, entre ces deux énormes bailles ! observe Lagadec.
– Une belle série de bateaux-lavoirs en tout cas ! lâche un lieutenant de vaisseau canonnier, spécialité peu réputée pour la finesse de son langage.
– La première baille de la série, comme vous dites, c’était l’Essex, répond Louis. Il vient d’être admis au service actif et nous a quittés la semaine dernière. Celui-ci à droite c’est le Bonhomme Richard, il sera lancé dans une dizaine de jours pour être opérationnel à peu près en même temps que vous en avril prochain, probablement avec un autre nom car la Navy a décidé de ressusciter les navires qui ont été coulés, il devrait donc s’appeler le Ranger – j’ai assisté à la fin terrible du précédent sur La Marseillaise en Méditerranée. Là-bas à gauche, c’est l’Intrepid, dont le lancement est programmé pour avril. Sur la cale au fond, c’est le Kearsage, qui est en phase d’assemblage, tandis que la première tôle du Franklin a été posée il y a quinze jours.
Le canonnier compte sur ses doigts : « Cinq ! Dites-moi, ce sont des porte-avions d’escadre ou des petits pains ? »
– Oh, mais il faut aussi compter ceux qui sont en construction chez Fore River, à Quincy, dans le Massachusetts : le Cabot rejoindra la flotte en février et le Bunker Hill en mai. Ils seront suivis sur cale par l’Oriskany et le Ticonderoga. Vous voyez capitaine, l’été prochain ce sont six nouveaux grands porte-avions, dont le vôtre, qui seront sur le point de prendre l’offensive. Et beaucoup d’autres de ces bateaux-lavoirs sont en construction.
Louis de Kerdonval invite ensuite l’assistance à passer en salle de réunion, ou plutôt dans une salle de bureau d’étude qui fait office de salle de réunion. Les cloisons sont couvertes de schémas et de plans, et quelques officiers mariniers penchés sur des tables à dessins rabâchent leurs carnets de tuyautages ou leurs schémas électriques pour être fin prêts à réaliser les essais de leurs installations respectives. Dans un angle de la pièce trône, sur un tabouret de dessinateur, un petit sapin de Noël décoré de bandes de calques et de rubans perforés de télétypes en guise de guirlandes. Le groupe d’officiers se rassemble autour de Louis devant un grand schéma placardé sur un tableau noir.
– Voici le GA du Jean Bart après conversion – le GA, c’est le general arrangement, le plan d’ensemble dans la langue de Molière, mais ici les anglicismes sont de rigueur comme la Lucky Strike remplace la Gauloise ou le donut le croissant – j’évite bien sûr d’évoquer le cas du café [rumeurs d’approbation navrée dans l’assistance]. Ce GA a été établi en commun avec le Buships, qui travaillait de son côté sur une étude préliminaire visant à convertir un des futurs cuirassé de classe Iowa en porte-avions au cas peu probable ou la classe Essex ne donnerait pas satisfaction (1). Ce projet est aujourd’hui en sommeil, mais il pourrait éventuellement être réactivé pour donner naissance à une petite série de porte-avions lourds protégés, la classe Great Lake. L’étude s’est achevée en juin dernier, mais nos travaux en ont beaucoup profité.
Après un bref historique des études et travaux, l’ingénieur entame une description détaillée : « Vous avez remarqué tout à l’heure que le Jean Bart paraissait plus petit qu’un Essex et c’est la réalité. Il mesure une vingtaine de mètres de moins et surtout, il est beaucoup plus bas sur l’eau du fait de sa coque de bâtiment de ligne. De sa conception de navire de ligne, il a aussi conservé la protection structurelle.
Malheureusement, sa capacité d’emport en aéronefs à l’intérieur du hangar est réduite à une quarantaine d’appareils du fait de la finesse de sa proue, qui ne permettait pas de prolonger suffisamment le hangar vers l’avant. Mais pour optimiser la largeur utile du hangar, de nombreux encorbellements ont été créés sur l’extérieur des bordés, grâce à la grande réserve de stabilité du navire. De même, le déport important de l’îlot sur tribord a été rendu possible par l’utilisation des cofferdams anti-torpilles de bâbord comme ballasts de redressement.
L’emploi de nombreux sponsons a facilité l’installation d’une artillerie principale très puissante : pas moins de huit tourelles doubles de 127 mm viennent s’ajouter au deux tourelles encadrant l’îlot, pour un total de vingt bouches à feu de 5 pouces. Messieurs les canonniers, vous aurez entre vos mains la puissance de feu d’un croiseur anti-aérien avec des armes de concours (2) dirigées par quatre télépointeurs Mk 37.
Cette artillerie principale est complétée par dix affûts quadruples de 40 mm Bofors et par cinquante-six pièces de 20 mm Œrlikon, répartis le long du pont d’envol.
Les radaristes n’ont pas été oubliés. Ils auront à leur disposition deux radars de veille surface type SG et deux radars de veille air, un type SK et un type SC, le tout couplé avec un radar d’altimétrie type SP. De quoi faciliter le travail du directeur de la chasse ! »

Louis de Kerdonval poursuit son exposé, pointant les éléments décrits sur le schéma à l’aide d’une queue de billard. Il donne ensuite la parole à la salle et de nombreuses questions fusent, chacun voulant plus de précisions sur l’équipement dont il aura bientôt la responsabilité.
Pour répondre aux plus dubitatifs, perfectionnistes ou insatisfaits permanents, qui par tradition sont nombreux parmi les officiers du “grand corps”, l’ingénieur précise le cadre particulièrement contraint dans lequel a été mené le programme : « N’oubliez pas, Messieurs, que la réalisation d’un bâtiment de combat, quel qu’il soit, est une addition de compromis. Cette conversion n’échappe pas à la règle, d’autant que nous sommes en guerre et qu’il faut faire vite. Vous trouverez donc à bord nombre d’imperfections et vous songerez sûrement à de possibles améliorations, mais sachez avant tout que ce que vous allez découvrir représente une somme colossale de travail et de réflexion de la part d’équipes franco-américaines courageuses et motivées ! Représentez-vous l’état du navire quant il est arrivé ici ! »
Un peu théâtralement, Kerdonval dévoile un panneau portant deux silhouettes, celle du Jean Bart de 1940 et celle du Jean Bart porte-avions. Il reprend : « Les débuts ont été difficiles ! Il a fallu araser tout ce qui dépassait du pont principal, une tâche énorme car cette opération a concerné le haut des puits de tourelle et leur blindage ainsi que la tour de direction de tir, elle aussi blindée. Par bonheur, le chantier a accepté de récupérer en l’état le mât-cheminée et de le réutiliser sur l’îlot, ce qui conserve au bâtiment une allure très reconnaissable. »
– C’est effectivement très réussi, bravo !
s’exclame un officier radariste, sous le charme (et réjoui par le grand nombre de ses futurs jouets).
Ce qui est sous le pont principal n’est pas mal non plus, poursuit l’ingénieur. Nous avons adapté les puits de tourelle et les soutes à munitions qui se trouvaient en dessous pour y loger des citernes à essence aviation et des soutes pour les munitions spécifiques, comme les bombes et les torpilles. Ainsi tous ces ingrédients hautement dangereux bénéficient du blindage d’origine.
– Astucieux,
sourit le futur responsable de la sécurité à bord.
Nous n’avons pratiquement pas touché à l’appareil propulsif, reprend Kerdonval. Les mécaniciens retrouveront la “mine” telle qu’elle était à l’exception des conduits des chaudières, qui ont été déportés sur tribord pour se raccorder au mieux à l’îlot. Ceci explique en partie la position de ce dernier, un peu plus sur l’arrière que sur un Essex, pour gagner en simplicité. De toutes manières, mon petit frère ici présent, fier et susceptible comme tous les ingénieurs mécaniciens, ne m’aurait pas laissé saccager son domaine !
Après quelques éclats de rires et quolibets à l’adresse des mécaniciens, il continue : « Pour ce qui est de la partie proprement aéronautique, nous n’avons pas eu vraiment le choix. Les Américains, pragmatiques, nous ont dit : on vous fournit un hangar et un pont complet d’Essex, vous l’adaptez et vous nous rendez les morceaux non utilisés ! »
S’il en reste une tranche, je suis preneur ! rigole Lagadec.
Désolé, répond Louis en souriant, ils ont tout récupéré, même les pots de peinture ! Mais nos amis étant les rois de la construction en série, vous remarquerez beaucoup de similitudes avec un classe Essex : ascenseurs, grues, catapultes, volets de sabord, monte-charges, monte-munitions, ventilations, rideaux coupe-feu etc. Il en a été de même pour les équipements de navigation et de transmission, les matériels optiques, les systèmes de sécurité incendie et bien d’autres éléments. Le Made in USA règne au-dessus du pont principal, pour le meilleur ou pour le pire. En tout cas, vous allez découvrir ce que standardisation veut dire !
Comme il se fait tard, Louis de Kerdonval conclut sa présentation et donne rendez-vous à son auditoire pour une découverte in situ du navire en chantier le lendemain matin. Les officiers nouvellement affectés sur le Jean Bart remontent dans le bus de la Navy qui les transporte à Hilton Village, au nord-ouest du chantier. Là, ils s’installent par petits groupes dans quelques-uns des cinq cents “English cottages” destinés aux employés du chantier.


15 décembre
Visite guidée
Norfolk (Virginie)
– Retour au chantier en ce matin glacial. Aux Comte de Grasse Barracks, chacun perçoit une combinaison de travail en coton herringbone et un casque de chantier. Ainsi équipés, tous sont impatients d’enfin poser le pied à bord de leur futur bâtiment.
Répartis par quatre ou cinq et encadrés par un officier ayant participé aux travaux de conversion, ils franchissent bientôt une des passerelles métalliques faisant office de coupée pour pénétrer dans les entrailles de ce qui n’est encore qu’un gigantesque chantier aussi animé qu’une ruche. Lagadec fait partie du groupe conduit par l’IM Charles de Kerdonval, officier mécanicien et futur chef du service Installations Aviation.
Les coursives sont encombrées de tuyaux, de câbles, d’épontilles mobiles, de rambardes, d’outillages divers et variés. Chaque pas en avant doit être calculé pour se faufiler sans se cogner et sans bousculer les ouvriers affairés.
Arrivé au pont principal, ou pont 00, Lagadec se sent enfin dans son élément : l’immense hangar encore encombré d’échafaudages qui s’ouvre devant lui est bien fait pour accueillir de beaux avions. Au niveau des ascenseurs axiaux, de chaque côté, de larges sabords donnent sur l’extérieur. De même, l’ascenseur latéral bâbord s’ouvre largement au-dessus des eaux sombres de la James River, presque huit mètres plus bas. Sur l’arrière du hangar, juste après l’ascenseur axial n°2, des ateliers spécialisés s’étendent sur deux niveaux, aux ponts 00 et 01. Ils permettront la maintenance des moteurs, des circuits, des armes et des instruments des avions. Lagadec découvre aussi, avec un pincement au cœur, l’atelier de chaudronnerie qui devra réparer les trous faits par les projectiles ennemis…
Vers l’avant, le hangar s’arrête après l’ascenseur axial n°1, puis viennent deux niveaux de locaux d’emménagement, directement sous le pont d’envol.
– Il a fallu trouver de la place pour repositionner tous les anciens postes situés sous les tourelles de 152 mm et le massif. Ces deux nouveaux faux-ponts abritent donc la majorité des logements et carrés qui ont été arasés. Ce n’est pas l’endroit le plus confortable du bord si tes avions décollent sans cesse, Yvon, mais cela sera pour la bonne cause ! lance Charles.
Les visiteurs arrivent alors sur la plage avant, désormais presque totalement couverte, dont les sabords aux bordés permettent la manœuvre des aussières. A l’extrémité, une barbette surélevée reçoit un affut quadruple de 40 mm.
Redescendant sous le pont principal, le petit groupe débouche sur les postes équipage, qui n’ont pas été modifiés. On y trouve toujours les tables métalliques rabattables et les longs barreaux hérissés de crochets qui permettent d’installer les hamacs le soir venu. En effet, le manque de place n’a pas permis de passer aux standards de l’US Navy en matière de logements. Sous les postes équipage on trouve des magasins et ateliers pour les boscos, le peak avant et des cofferdams servant au ballastage du lest liquide.
Un peu en arrière, ce sont deux tranches réservées au service du commissariat où l’on trouve cambuses, chambres froides, cales à vin, soutes à eau douce, soutes à farine et cuisines, bref, tout ce qui permet de servir le frichti bien français et de qualité qui fait la réputation de notre marine, indique Charles.
C’est bien qu’on ait touché à rien de ce côté, répond Lagadec. Je n’avais pas trop envie de retrouver les beans & corned beef ou les steack & peas qui étaient l’ordinaire de la nourriture chez Lady Lex.
Comme l’autre Kerdonval, alias mon frère bien-aimé, l’a évoqué hier dans son exposé, reprend Charles en souriant, les tranches suivantes, situées sous les anciennes tourelles de 380, ont été totalement remaniées pour abriter sous protection blindée les carburants, munitions et autres ingrédients spécifiques à l’aviation ainsi que leurs monte-charges.
La visite se poursuit vers les tranches centrales du navire,
A présent, passage obligé pour tout le monde sous peine de fâcher une bonne partie de l’équipage ! ricane Charles. Descente à la “mine” derrière moi et sans toucher à rien !
Le groupe amorce alors une longue descente par des échelles verticales qui mènent à la chaufferie avant. Arrivés dans la “rue de chauffe”, les officiers découvrent les façades des chaudières derrière un enchevêtrement incroyable de tuyaux, de pompes, de vannes, de manettes et d’indicateurs qui leur donne une idée de ce que pourrait être un enfer mécanique. Au milieu de cet environnement si particulier, quelques hommes d’équipage travaillent à des opérations d’entretien ou de vérification. L’un deux, en particulier, porte sur son bleu de chauffe de curieuses marques de grade, peu courantes dans la marine : deux chevrons rouges surmontés d’un chevron doré.
Yvon, je te présente un pays à toi : le quartier-maître mécanicien Job Lagadec ! C’est le boss ici, un vrai chouff [un quartier-maitre de chauffe dont l’ancienneté dépasse les dix ans de service], d’où ses galons de quartier-maître mexicain. Entre nous, on le surnomme plutôt “Deux rouges et un pastis”, à cause de la couleur de ses galons certes, mais un peu aussi à cause de son occupation favorite à terre. Cela dit, depuis qu’il nous a rejoints ici, c’est plutôt “Deux Cocas et un jus d’orange”, faute de mieux, pas vrai chouff ? dit Charles en interpellant le quartier-maître.
Ah ça, z’avez raison chef, vrai pays de sauvaches ici qu’c’est donc ! grogne l’autre Lagadec. Puis, s’adressant à Yvon : « Respects cap’taine, gast alors si z’êtes né du côté de Ploudal, y a ‘têt bien un cousinache aussi quoi ! »
On va regarder ça de près, chouff, et si je trouve un flacon de la bonne couleur je pense à vous ! répond Yvon en riant.
Charles de Kerdonval reprend, pour tout le monde : « Messieurs, je vous fais grâce des deux autres chaufferies et des compartiments machines centrales et machines latérales, situés plus en arrière. Cependant, pour sacrifier à la tradition, étant donné que nous sommes au point le plus bas du navire, je vous propose de passer… »
De la quille à la pomme du mât midship ! répliquent en chœur tous les officiers.
Bien, je vois que les traditions d’accueil des aspirants à bord ne se sont pas perdues avec la guerre ! En route donc, il n’y a que quatorze niveaux à gravir !
En remontant de la “mine”, le groupe profite d’un essai de l’ascenseur latéral pour déboucher sur le pont d’envol et admirer l’îlot encadré de deux tourelles doubles de 127 mm Mk 32. Ils pénètrent ensuite à l’intérieur pour poursuivre sur l’avant de l’îlot et de bas en haut par la visite de la passerelle de navigation, de la passerelle de commandement et de la couronne de veille, puis redescendent par l’arrière en traversant la passerelle aviation, le central transmissions et le central opérations. Dans ces locaux, tout ou presque est de fabrication américaine et les équipements sont à l’identique de ceux de la classe Essex. Admiratifs, les visiteurs commentent à l’envie les progrès tactiques que ces nouveaux appareils vont engendrer.
A la satisfaction discrète de quelques-uns, il n’y aura pas d’ascension à la pomme du mât, car celui-ci est encore entouré des échafaudages nécessaires à la mise en place des derniers aériens manquants.
Tous redescendent ensuite au pont 03 (niveau du pont d’envol) et retrouvent les autres groupes de visite dans la salle de briefing flambant neuve. Là, Yvon Lagadec se distingue une nouvelle fois en forçant le passage pour être le premier à s’installer dans un des confortables fauteuils, au premier rang.
Première pontée, première soupe, première bordée de permissionnaires comme on dit chez les volants ! Aah, là enfin je me retrouve chez moi ! lance-t-il.
Quand tout le monde est installé, Louis de Kerdonval prend la parole : « Commandant, Messieurs, votre attention s’il vous plaît… ». Et une fois le calme revenu : « Maintenant, une petite surprise pour notre pingouin le plus fameux, de la part de tous ceux qui ont œuvré pour réaliser un “flat-top” digne d’accueillir un tel pilote… et aussi en l’honneur de nos alliés américains, pour les remercier de leur aide ».
Louis fait alors glisser un rideau accroché sur une cloison de la salle de briefing et découvre un écusson en bois peint représentant Félix le Chat coiffé d’un chapeau breton et portant une bombe aux couleurs de la cocarde de l’aéronavale, le tout sur fond jaune : l’insigne personnel de Lagadec depuis son passage à la VF3. En dessous, on peut lire la mention : « Salle USS Lexington ».
Rougissant, Lagadec, tout ému, remercie chaleureusement. En guise de final, tous entonnent alors un vieux chant de marin, peut-être pas très adapté à la guerre en cours, mais qu’importe :
« Avec Jean Bart s’en sont allés
Ohé du mousse, le vent te pousse
Avec Jean Bart s’en sont allés
Gars de Dunkerque et de Calais
Pour sur la mer battre l’Anglais
Chante le vent, Ohé, hého !
Hisse la voile, fier matelot

Voguèrent alors nuit et jour
Ohé du mousse, le vent te pousse
Voguèrent alors nuit et jour
Et déjà parlaient de retour
Quand l’Anglais parut à l’entour.
Chante le vent, Ohé, hého !
Hisse la voile, fier matelot

Les attaquèrent en chant
Ohé du mousse, le vent te pousse
Les attaquèrent en chant
Tuant, fendant, décapitant
Sans même faiblir un instant.
Chante le vent, Ohé, hého !
Hisse la voile, fier matelot

Au soir sur le flot apaisé
Ohé du mousse, le vent te pousse
Au soir sur le flot apaisé
Flottait au haut du grand hunier
Le pavillon fleurdelisé.
Chante le vent, Ohé, hého !
Hisse la voile, fier matelot !
»

………
« Par bonheur, il n’y avait pas d’Anglais à portée de voix, devait raconter Lagadec, mais au besoin, nous leur aurions expliqué que c’était juste traditionnel, comme pour eux d’avoir un cuirassé nommé Nelson… Et ils auraient compris ! »


16 décembre
Des avions et des flottilles
Alger
- L’EMG Marine publie le premier volet de la réorganisation de l’Aéronautique Navale, pour effet au 1er janvier 1943. Prévue en août 1940, les événements successifs l’ont sans cesse repoussée, mais la mise en service prochaine du Jean-Bart et des nouveaux matériels ne permet plus de la différer. Certains ordres de mission (comme celui d'Yvon Lagadec) en tiennent d'ailleurs déjà compte.

1 – Les escadrilles de combat prennent l’appellation de Flottille, qu’il s’agisse des escadrilles de chasse (AC), de bombardement (AB) ou de torpillage (AT) ou de flottilles ASM ou composites. Les flottilles seront identifiées par un chiffre et la lettre F, quelle que soit leur spécialité.

2 – Les escadrilles de reconnaissance lointaine, actuellement équipées de PBY-5 Catalina, de même que les escadrilles de servitude, de soutien et d’entraînement, ne font pas l’objet de cette réorganisation.

3 – Les escadrilles AB 12 et AT 19 sont dissoutes (3).

4 – Les escadrilles AC 1 et AB 5 sont réactivées et prennent respectivement les appellations 1F et 5F.

5 – Quatre groupements sont constitués :
GAE 1 : pour embarquement à bord du Jean-Bart.
GAN 2 : unités de combat opérant en Méditerranée.
GAE 3 : pour embarquement à bord des Lafayette, Quentin-Roosevelt et Dixmude.
GAN 4 : unités de combat opérant dans le Pacifique et l’Océan Indien.
Un autre groupement, le GAE 5, sera constitué en 1944 pour embarquement à bord des Joffre et Clemenceau (4).
………
GAE 1 (Jean-Bart)
1F (chasse, ex AC 1)
3F (chasse, ex AC 3)
5F (bombardement, ex AB 5)
7F (bombardement et torpillage, ex AT 7)
………
GAN 2 (Méditerranée)
2F (chasse, ex AC 2)
4F (chasse, ex AC 10)
6F (bombardement, ex AB 6)
8F (bombardement et torpillage, ex AT 11)
………
GAE 3 (Dixmude, Quentin-Roosevelt et Lafayette)
12F (composite, ex AT 17) [Lafayette]
14F (composite, ex AC 14) [Quentin-Roosevelt]
15F (composite, ex AC 15) [Dixmude]
16F (composite, ex AB 16) [réserve]
………
GAN 4 (Pacifique et Océan Indien)
10F (bombardement et torpillage, ex AT 4) [Port Blair]
17F (bombardement, ex AB 9) [restera déployée en Méditerranée autant que de besoin]
18F (bombardement, ex AB 8) [Nouméa – en cours de reconstitution après les très lourdes pertes subies en septembre]
19F (chasse, ex AC 14) [restera déployée en Méditerranée autant que de besoin]
20F (chasse, ex AC 20) [Nouméa et Guadalcanal] (5)

6 – Le matériel retenu est :
Chasse : Grumman F4F4 Wildcat, puis F4U Corsair dès sa mise en service (1F, 2F, 3F, 4F, 19F, 20F)
Bombardement en piqué : Douglas SBD Dauntless (5F, 6F)
Torpillage et bombardement : Grumman TBF Avenger (7F, 8F)
Bombardement basé à terre : Douglas DB-73M1/M2 (17F, 18F)
Flottilles composites (12F, 14F, 15F, 16F) : TBF Avenger et F4F4 Wildcat (6).

Note 1 – La 10F, basée à Port Blair, continuera à voler sur Northrop N3M (elle reprendra les appareils de l’AT 11) (7).

Note 2 – Les SBD seront remplacés par un type d’appareil à déterminer courant 1944 (8).

Note 3 – Les DB-73 seront remplacés courant 1943 par des North-American B-25 Mitchell.



Notes
1- Le plan de cette étude est consultable au Naval Historical Center de l’US Navy.
2- Venue aux oreilles d’un célèbre dialoguiste par des voies mystérieuses, cette phrase fut reprise et adaptée dans le cadre d’un film policier devenu mythique…
3- L’AB 12 sera réactivée au début de 1944 sous la forme d’une flottille de chasse de nuit, la 9F, dont un détachement servira sur le Jean-Bart et un autre au sein du GAE 5. L’AT 19 sera réactivée courant 1944 sous la forme d’une flottille composite, la 11F.
4- Le GAE 5 comprendra les flottilles 2F, 4F, 6F, 8F, plus un détachement de la 9F. Ces flottilles seront partiellement remplacées au sein du GAN 2 par les flottilles 11F et 16F.
5- A noter qu’en plus des numéros 9 et 11, le 13 n’a pas été attribué (mais cela va de soi).
6- Les Wildcat seront remplacés par des F6F Hellcat en juillet-août 1943.
7- Elle sera courant 1943 rééquipée en Beaufighter torpilleurs.
8- La solution choisie sera d’utiliser des Avenger (5F) ou des Corsair armés de bombes (6F).


Dernière édition par Casus Frankie le Ven Déc 13, 2013 17:01; édité 2 fois
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raven 03



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MessagePosté le: Ven Déc 13, 2013 16:59    Sujet du message: Répondre en citant

yessss !!!!

tout lu d'une traite et j'avais l'impression d'y etre ....
juste une 'tite peur en lisant la capacité en avions...du hangar

heureusement il reste beaucoup de place sur le pont d'envol.. Very Happy

chapeau bas !!!
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Jubilé



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MessagePosté le: Ven Déc 13, 2013 17:01    Sujet du message: Répondre en citant

Magnifique ! Applause

Les détails techniques sont issus des conversions américaines et japonaises des années 30 ?
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Déc 13, 2013 17:09    Sujet du message: Répondre en citant

Heu, juste une précision : j'ai fait un peu de Parmenion dans les premières lignes Wink - Quosque non ascendet = Jusqu'où ne montera-t-il pas ?
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Casus Frankie

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patzekiller



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MessagePosté le: Ven Déc 13, 2013 19:29    Sujet du message: Répondre en citant

est ce qu'après ces textes, on sait enfin quel corsair va pouvoir entrer dans le hangar, le standard ou celui RN aux ailes rognées?
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raven 03



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MessagePosté le: Ven Déc 13, 2013 19:35    Sujet du message: Répondre en citant

patzekiller a écrit:
est ce qu'après ces textes, on sait enfin quel corsair va pouvoir entrer dans le hangar, le standard ou celui RN aux ailes rognées?


patience...patience....!!! Very Happy Wink
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Déc 13, 2013 20:35    Sujet du message: Question à tous... Répondre en citant

Vous ne voyez peut-être pas le rapport, mais quelle chanteuse U.S. populaire pourrait donner un spectacle "pour nos braves soldats et leurs alliés" aux USA vers cette époque ?
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FREGATON



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MessagePosté le: Ven Déc 13, 2013 20:41    Sujet du message: Répondre en citant

raven 03 a écrit:
patzekiller a écrit:
est ce qu'après ces textes, on sait enfin quel corsair va pouvoir entrer dans le hangar, le standard ou celui RN aux ailes rognées?


patience...patience....!!! Very Happy Wink


Le hangar est celui des Essex en plus court... pas en moins haut... Rolling Eyes
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FREGATON



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MessagePosté le: Ven Déc 13, 2013 20:50    Sujet du message: Répondre en citant

Jubilé a écrit:
Magnifique ! Applause

Les détails techniques sont issus des conversions américaines et japonaises des années 30 ?


Plutôt les études menées dans les années 40 sur les conversions des Iowa faisant suite à celles menées pour les croiseurs classe Cleveland et Baltimore.
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FREGATON



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MessagePosté le: Ven Déc 13, 2013 20:52    Sujet du message: Re: Question à tous... Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Vous ne voyez peut-être pas le rapport, mais quelle chanteuse U.S. populaire pourrait donner un spectacle "pour nos braves soldats et leurs alliés" aux USA vers cette époque ?

Je vote pour Mae West mais pour un marin c'est une question de survie... Laughing
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Déc 13, 2013 20:59    Sujet du message: Re: Question à tous... Répondre en citant

FREGATON a écrit:
Je vote pour Mae West mais pour un marin c'est une question de survie... Laughing


Mmm, Fregaton… En 1943, elle a 50 ans tout de même...
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Casus Frankie

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raven 03



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MessagePosté le: Ven Déc 13, 2013 21:03    Sujet du message: Re: Question à tous... Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
FREGATON a écrit:
Je vote pour Mae West mais pour un marin c'est une question de survie... Laughing


Mmm, Fregaton… En 1943, elle a 50 ans tout de même...


je voterai dans ce cas pour Rita , elle ne chante pas mais pour les bouées...

c'est par là Arrow Arrow je plonge sans bouée
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patzekiller



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MessagePosté le: Ven Déc 13, 2013 21:03    Sujet du message: Re: Question à tous... Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Vous ne voyez peut-être pas le rapport, mais quelle chanteuse U.S. populaire pourrait donner un spectacle "pour nos braves soldats et leurs alliés" aux USA vers cette époque ?


madonna? Razz Razz Razz
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Capu Rossu



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MessagePosté le: Ven Déc 13, 2013 21:15    Sujet du message: Répondre en citant

Bonsoir,

Marlène Dietrich

@+
Alain
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raven 03



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MessagePosté le: Ven Déc 13, 2013 21:26    Sujet du message: Répondre en citant

Capu Rossu a écrit:
Bonsoir,

Marlène Dietrich

@+
Alain

elle fait la tournée des popotes en AFN
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