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Une princesse (et sa famille) dans la guerre - 1942
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dado



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MessagePosté le: Lun Jan 19, 2015 15:11    Sujet du message: Répondre en citant

"Yvonne fait dire à Thérèse qu'elle n'aime pas dire du mal des gens, mais effectivement, Henriette est gentille. Thérèse n'est pas moche, elle n'a pas un physique facile. Un monsieur très malpoli a téléphoné à Thérèse, mais c'était un ami."

...Désolé pas pu résister, mais tout ces codes avec Thérèse, ça me fait rigoler Laughing Embarassed
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JPBWEB



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MessagePosté le: Lun Jan 19, 2015 15:24    Sujet du message: Répondre en citant

Comme Henriette (Pierlot) n'a pas grand chose a envier a Thérèse (Léopold III) pour le titre du plus têtu et du plus certain d'avoir raison et que l'autre a tort, Yvonne (van Roey) risque d'en perdre son latin.
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"L'histoire est le total des choses qui auraient pu être évitées"
Konrad Adenauer
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Lun Jan 19, 2015 17:58    Sujet du message: Répondre en citant

Drôle de repas de Noël...


25 décembre 1942
Le Roi, le Prince et le Cardinal
Laeken
– Après avoir célébré l’Eucharistie de Noël à la collégiale des Saints-Michel-et-Gudule, le cardinal Van Roey rejoint le château de Laeken. Il va y partager le repas du Roi, auquel a aussi été convié le comte de Flandre, seul autre membre de la famille royale qui soit encore en Belgique. C’est dans une ambiance assez maussade que le Cardinal prononce cette prière en guise d’action de grâces :
« Notre Père, en ce jour où nous célébrons la venue au monde de Votre fils bien-aimé, Prince de la Paix et Rédempteur de l’Humanité, nous Vous prions.
Nous Vous prions d’abord pour que prenne fin dans le rétablissement de la justice le terrible conflit qui déchire l’humanité depuis trois ans, et pour que cessent les souffrances qu’il cause à travers le monde et dans notre chère Belgique ;
Nous Vous prions pour les valeureux soldats qui mettent leur vie en jeu pour une juste et noble cause, et surtout pour les Belges qui, au pays ou outre-mer, luttent pour préparer la libération de notre patrie ;
Nous Vous prions pour que soient réunies les familles séparées par les aléas de la guerre et, en particulier, pour tous les enfants séparés de leur père bien-aimé, qu’ils le retrouvent sain et sauf à l’issue de l’épreuve ;
Nous Vous prions enfin pour que tous les Belges de bonne volonté réalisent plus que jamais l’union qui fait leur force et pour qu’en ces circonstances tragiques, la concorde, la confiance et le pardon se substituent à la méfiance, l’orgueil ou la rancune.
Amen ! »

Visiblement, le Roi est ému par les mots du Cardinal et surtout par l’évocation des enfants séparés de leur père. Il pense aussi à sa mère, dont il est sans nouvelles depuis trois semaines : pourvu qu’il ne lui soit rien arrivé lors des combats en Italie…
Le Cardinal le tire alors de ses pensées en tendant vers lui une enveloppe : « Sire, un messager m’a demandé de vous remettre ceci à la première occasion ». En voyant les mots « Pour Papa » inscrits sur l’enveloppe, le souverain peine à retenir une larme. Il se retire quelques instants dans son bureau pour lire la missive, tout en reprenant sa contenance. L’enveloppe contient deux lettres et un dessin.
La première lettre est rédigée de l’écriture ronde et élégante de Joséphine-Charlotte ; elle y raconte quelques événements de sa vie dans le pensionnat pour jeunes filles catholiques de bonne famille où elle poursuit ses études. Elle y exprime également toute sa reconnaissance pour Mademoiselle Baels, qui semble couvrir de toute son affection les trois orphelins. Elle parle maintenant parfaitement anglais et s’est liée d’amitié avec les deux filles du roi George VI, les princesses Elizabeth et Ann, qui ont à peu près son âge. Au cours d’une visite aux troupes belges stationnées en Angleterre, elle a pu admirer la prestance du prince héritier luxembourgeois Jean, qui passait en revue le bataillon de son petit pays intégré à la 2e DI belge. Elle explique encore qu’elle a rejoint un groupe de jeunes filles qui encourage la collecte de métaux dans les familles anglaises ; c’est sa façon de contribuer à rapprocher le moment où sa famille sera réunifiée.
La lettre de Baudouin est plus difficile à déchiffrer, avec son écriture penchée et elliptique :
« Cher Papa,
Mademoiselle Baels m’a demandé de t’écrire une lettre avec quelques nouvelles. Je me suis mis aussitôt à mon pupitre, et je ne sais comment commencer : ça fait si longtemps…
Je me prépare à rejoindre Eton College l’année prochaine, pour poursuivre mes études. Je m’y suis rendu en visite cet été avec Mademoiselle Baels et j’y ai été très bien accueilli. Il y a même quelques professeurs qui se souviennent encore de toi quand tu y étais il y a 25 ans !
[…]
Il y a trois semaines, l’amiral Keyes est venu me rendre une visite très gentille. Il continue à défendre partout ton honneur et la réputation de l’armée belge. L’année dernière, il a gagné un procès en diffamation qu’il avait intenté au Daily Mirror suite aux mensonges honteux qu’ils avaient publié à ton sujet, ce qui a mis fin à toutes les critiques injustes que nous entendions alors. Monsieur Spaak, que tu estimais tellement avant la guerre, a affirmé publiquement que tu étais maintenant complètement rétabli dans ton honneur et il fait de nombreuses déclarations où il défend ton attitude contre les critiques. […]
Tu me manques très fort ! Tous les soirs, je prie Maman au ciel pour qu’elle veille sur toi et sur notre pauvre Belgique. Je prie aussi pour nos valeureux soldats qui se battent en Sicile, et aussi pour nos aviateurs et nos marins. Leur héroïsme n’a rien à envier aux anciens combattants de la Grande Guerre. Grâce à eux, nous pourrons bientôt libérer la Belgique et te revoir. Leur loyauté envers toi est inébranlable. Ils regrettent tous que tu sois prisonnier et que tu ne puisses plus les commander comme Grand-Père en 1918. Si seulement tu pouvais nous rejoindre !
Affectueusement,
Ton fils,
Baudouin,
Duc de Brabant,
Prince de Belgique »

Enfin, le petit prince Albert a fait un dessin représentant un homme coiffé d’une couronne derrière une grille. Au-dessus vole un avion qui lâche des parachutistes, tandis que trois enfants semblent observer la scène depuis une île.
………
Sans être tout à fait remis de ses émotions, le Roi rejoint ses invités dans la petite salle à manger. La discussion porte sur les événements d’Italie, qui voient les Alliés reprendre pied sur le Continent. La situation paraît des plus confuses et le Roi exprime au Cardinal son espoir que Rome – et le Vatican – seront épargnés par les combats. Il voulait justement faire parvenir au Pape une lettre concernant les déportations du STO, mais son acheminement risque d’être plus difficile que prévu !
A Van Roey, qui demande si la lettre de protestation à Hitler a produit des effets, le Roi répond qu’il n’a encore reçu aucune réponse officielle, mais bien des menaces voilées si jamais il persistait dans son attitude. C’est l’ouverture que Van Roey attendait : « En ce cas, Sa Majesté ne devrait-elle pas chercher à soustraire sa personne à l’occupant, avant qu’il lui arrive malheur ? »
– Votre Eminence, j’ai promis à mes soldats de partager leur sort, quoi qu’il arrive. Comment pourrais-je justifier une telle fuite face à mon devoir ?

C’est alors que le prince Charles intervient : « A en croire la BBC, la Belgique va bientôt mettre en ligne des forces armées atteignant près de 200 000 hommes. Tu ne crois pas que ton devoir est de te placer à leur tête, plutôt que de croupir dans un camp en Allemagne ? »
Ayant encore en tête l’exemple de son père évoqué dans la lettre de Baudouin, Léopold encaisse douloureusement la question de son frère. Il doit bien admettre que la défaite finale de l’Allemagne semble beaucoup plus probable qu’il y a quelques mois, ou même quelques jours.
Alors que le Roi s’apprête à répondre, peut-être vivement, le Cardinal tâche de calmer le jeu : « Sire, quel bien pensez-vous encore pouvoir réaliser en prenant le risque de rester à Laeken ? »
– Eh bien, justement, atténuer les difficultés liées aux déportations, négocier un ravitaillement suffisant pour la population, veiller sur le sort des prisonniers de guerre…

En mentionnant les prisonniers, Léopold prend soudainement conscience que leur nombre a bien diminué après les vagues de libération successives. Le sort de quels soldats doit-il partager : les 200 000 qui combattent, ou vont combattre, avec les Alliés pour libérer la Belgique, ou bien les 80 000 réduits à l’impuissance en Allemagne ?
Van Roey, qui perçoit l’hésitation du Roi, reprend : « Sire, je crains que les concessions que Votre Majesté pourrait encore obtenir de l’Allemagne deviennent de plus en plus dérisoires. En vous menaçant de déportation, Hitler cherche à vous enlever vos derniers moyens d’action.
– Vous me donnez à réfléchir, Votre Eminence. Mais qu’imaginez-vous donc que je puisse faire ? Prendre le maquis ? La Belgique n’est pas la Yougoslavie ! Partir pour l’Espagne par une de ces filières utilisées, paraît-il, par certains de nos militaires ? Je serais reconnu avant même de quitter le pays !
– Eh bien, Sire, le messager qui m’a remis la lettre de vos enfants m’a également laissé entendre qu’une opération… d’évacuation pourrait être organisée à votre bénéfice. Par la voie des airs, j’entends.
– Monseigneur, je ne vous imaginais pas en agent des services spéciaux britanniques !
ironise Charles, néanmoins très intéressé.
Oh, je ne suis qu’un simple intermédiaire, rougit Van Roey avec quelque fausse modestie.
Une telle opération devrait être minutieusement préparée, répond le Roi. Et elle comporterait des risques très sérieux, pour ma personne et pour tous les participants.
Sentant l’ouverture, le Cardinal décide d’en profiter pour aiguiller l’entretien vers un autre terrain : « Il faut préciser que les difficultés ne seraient sans doute pas que de nature opérationnelle... »
– Qu’entendez-vous par là, Monseigneur ?
demande le Roi d’un ton soudain plus abrupt.
Sire, les commanditaires d’une telle opération voudraient s’assurer que la reprise par Sa Majesté de l’exercice de ses prérogatives constitutionnelles se déroule de manière aussi harmonieuse que possible. Cette question se poserait d’ailleurs quel que soit le scénario envisagé.
– Le Cardinal veut dire que tu devrais te réconcilier avec le gouvernement de Londres, pas avec Churchill, bien sûr, mais avec les Belges de Londres,
explique Charles, qui ne sait trop s’il doit trouver la situation préoccupante ou amusante.
Disons qu’il faudrait s’assurer que toutes les parties s’accordent sur un certain nombre de principes pour guider leur action conjointe, nuance le Cardinal. Du moins, tant que des élections libres qui permettraient à la nation d’exprimer ses choix ne pourront se tenir.
– Cela me semble très difficilement envisageable, du moins avec certains membres du… du…du… cabinet Pierlot. Y compris et surtout avec le premier d’entre eux, grince le Roi, la mine fermée.
– Sire, je comprends tout à fait les efforts qu’une telle démarche exigerait de votre part. Mais songez aussi à tout ce qu’un rapprochement rendrait possible !
– Monseigneur Van Roey a raison
, appuie Charles. Tu dois y réfléchir : reprendre le commandement de l’armée et rentrer triomphalement à Bruxelles – tu te souviens du défilé de novembre 1918 ? Et puis, dès ton arrivée à Londres, tu pourrais influencer les débats gouvernementaux dans le sens de tes idées ! Et bien sûr, revoir tes enfants…
– Y réfléchir, oui… Mais bien peser toutes les conséquences, le risque de représailles…
articule le Roi, ébranlé.
Je suis chargé de vous remettre ici une épreuve photographique d’une lettre écrite au nom de tous les membres du cabinet, reprend Van Roey, un peu soulagé, mais appréhendant la suite. Prudent, il a eu soin de reprendre le mot « cabinet » utilisé par le Roi pour éviter de dire « gouvernement » ou « ministres ».
– Lorsque Sa Majesté aura formulé sa réponse, conclut le Cardinal, je m’assurerai de sa transmission à qui de droit.

Le reste du repas de Noël se déroule pratiquement en silence, chacun perdu dans ses pensées. Seul le comte de Flandre cherche par moment à relancer la conversation sur des sujets plus légers, mais en vain.
Après avoir accordé sa bénédiction de Noël au personnel, Van Roey repart pour Malines, avec le sentiment de ne pas s’en être trop mal tiré. Les deux frères, que les épreuves de la guerre et les séparations familiales ont rapprochés [OTL, le remariage de Léopold III a provoqué de graves tensions entre Charles et Léopold, car, contrairement à son frère, Charles n’avait pas été autorisé à épouser une roturière dont il avait eu une fille en 1938], restent seuls encore quelques moments. Léopold montre le courrier de ses enfants à son frère et ils échangent leurs inquiétudes à propos de leur mère et de leur sœur. Léopold finit par dire à Charles : « Je n’ai encore pris aucune décision. » Puis il ajoute : « Mais en tout cas, s’il m’arrivait quelque chose, il faudrait que tu disparaisses dans la nature ».
[Cette dernière phrase est historique. Le reste de la scène est imaginé, mais il est avéré que Charles avait encouragé Léopold à se réconcilier avec Pierlot]

Une princesse (et sa famille) dans la guerre
Genazzano, 05h20
– La reine Elisabeth se réveille en pleine nuit, croyant entendre dans le lointain des tirs d’artillerie. Alors qu’elle sort de sa chambre, la mère supérieure se dirige vers elle, affolée : les Alliés ont débarqué à Gaète et on se battrait contre les Allemands dans les environs de Rome. « Gaète ! » pense la Reine avec effroi. Elle se souvient de la malédiction que sa tante Marie-Sophie avait proférée lorsqu’elle avait appris les plans de mariage entre Marie-José et Umberto. La dernière reine des Deux-Siciles, âme de la résistance désespérée des dernières troupes napolitaines dans Gaète assiégée, n'avait jamais pardonné aux Savoie de lui avoir dérobé son trône.
Elisabeth réveille Marie-José, pourtant épuisée par sa grossesse finissante. Que faire ? S’enfuir, mais de quel côté ? Personne n’a la moindre idée de l’emplacement du front. On ne peut évidemment pas prendre le risque de tomber sur une patrouille hostile. Non, finalement, le mieux est de rester cachés au couvent en attendant que la situation se décante.

Rome, 16h00
Au dernier moment, le colonel Arena rappelle que Marie-José et ses enfants sont réfugiés au couvent de Genazzano. Victor-Emmanuel laisserait bien sa bru moisir au couvent, mais il veut s’assurer de la sécurité de ses petits-enfants (dont son petit-fils et héritier). On essaie de joindre Genazzano par téléphone, mais en vain : les lignes ont été coupées. Le prince Umberto veut aller les chercher, mais son père lui ordonne de partir avec lui, car il ne veut pas mettre en danger son héritier : « Beppo, si les Allemands te prennent, ils te tueront ! ». Pour la première fois, le fils s’oppose à la volonté de son père et souverain : « Je dois rester, père, pour défendre Rome et sauver ma femme et mes enfants. Et si j’y perds la vie, j’aurai du moins sauvé l’honneur des Savoie ! ». Alors, la reine Elena supplie son fils de les accompagner et Arena se porte volontaire pour se rendre à Genazzano afin de s’assurer de la sécurité de la Princesse et des enfants. Mort de honte, Umberto obéit, une fois encore… Il avait pourtant raison : l’honneur des Savoie va définitivement sombrer dans l’affaire et la dynastie n’y résistera pas (1).
Arena part immédiatement, mais il n’arrivera jamais jusqu’à Genazzano. Toute la région de Rome est plongée dans la confusion la plus totale et les multiples barrages militaires de diverse nationalités n’ont que faire d’un colonel qui cherche la famille du prince héritier d’Italie. Le malheureux Arena a de la chance dans son malheur – il n’est ni abattu sur place, ni même emprisonné par les groupes de parachutistes, escouades d’infanterie et pelotons blindés qui lui barrent la route. Il est vrai que tous ont bien d’autres préoccupations !
Pendant ce temps, alors que la famille royale fait ses bagages, la sœur d’Umberto, la princesse Jolanda, réalise soudain que son mari, le général Calvo di Bergolo, qui se trouve en Grèce à la tête de la Division Centauro, est sans doute encore plus en danger dans le Péloponnèse qu’eux-mêmes à Rome. « Le colonel Arena est parti chercher Marie-José, mais qui ira chercher Calvo ? » s’exclame-t-elle. Affolée, elle éclate en sanglots, demandant qu’on lui envoie un avion, qu’on le prévienne au moins par radio, bref qu’on fasse quelque chose ! Sa famille tente de la calmer, lui représentant que le fait d’être le gendre du Roi protège son mari, mais il faut que le médecin attaché à l’entourage royal lui donne un sédatif pour qu’on puisse l’entraîner vers Anzio. Jolanda l’ignore, mais il est inutile de tenter d’alerter son mari, Bergolo est déjà prisonnier. Par bonheur, ses pires inquiétudes sont vaines : les Allemands n’ont nullement l’intention d’exécuter un otage aussi précieux.

28 décembre
L’Union fait la Force
Le Roi réfléchit

Le cardinal Van Roey fait rapport à Xavier / Dekinder de sa discussion avec le Roi. Le Cardinal estime prudemment qu’une ouverture a été créée, mais que la partie n’est pas encore gagnée. Dekinder en fait aussitôt part à Londres, toujours via Clarence : « Xavier dit : Yvonne a rencontré Thérèse. Thérèse ouverte à excursion, mais rapports avec Henriette encore compliqués. Nouvelles prochainement. »

29 décembre
L’Union fait la Force
Le Roi réfléchit
Laeken
– Le roi Léopold reçoit le général Van Overstraeten, officiellement pour préparer la réunion du lendemain au sujet du STO. Mais il commence par lui donner à lire la lettre du « cabinet » Pierlot et lui demande de réfléchir à la réponse à donner. Il ajoute : « Je n’aime pas le ton de cette lettre. Ses auteurs n’ont pas la conscience tranquille. Mais il y a trop en jeu pour me laisser guider uniquement par les réticences que m’inspirent certaines personnes ». Sans préciser directement qu’il s’agit d’une proposition de Londres, le Roi demande également au général ce qu’il pense de l’opportunité d’une évasion.

Note
1- Selon nombre de politologues, si Umberto était resté à Rome et avait couru la campagne à la recherche de son épouse et de ses enfants, l’issue du référendum sur le maintien de la monarchie, après la guerre, aurait sans doute été différente. Même (et surtout, diront quelques cyniques) si Umberto s’était fait tuer…
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Imberator



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MessagePosté le: Lun Jan 19, 2015 19:08    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Selon nombre de politologues, si Umberto était resté à Rome et avait couru la campagne à la recherche de son épouse et de ses enfants, l’issue du référendum sur le maintien de la monarchie, après la guerre, aurait sans doute été différente. Même (et surtout, diront quelques cyniques) si Umberto s’était fait tuer…


C'est bien d'hommage, hélas !


Serait-il possible, qu'après avoir quitté son père, Umberto, affecté peut-être par une bombe tombée tout proche puis par une nouvelle erronée sur une prétendue attaque allemande du couvent par un commando nazi, finisse par trouver en lui FTL le courage de désobéir sciemment une première fois au roi (une seule fois). Le destin et le chaos romain l'ayant déjà éventuellement quelque peu dévié de sa destination et orienté vers Genazzano, par un providentiel jeu de coïncidences (plausibles bien sur).

Ou Arena pourrait-être abattu par accident ou mis aux arrêts par erreur lors de sa progression. Informé et paniqué, Umberto déciderait alors, sans attendre le feu vert royal, de se porter lui-même au secours de sa femme et de ses enfants.
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Benoit XVII



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MessagePosté le: Lun Jan 19, 2015 19:14    Sujet du message: Répondre en citant

Si vous voulez, on peut lancer un débat sur le futur de la monarchie italienne, mais:
- VE3, en dépit de tout bon sens, n'a abdiqué que très tardivement en faveur de son fils OTL
- Je le vois encore moins le faire en faveur d'une régence de sa belle-fille, même si elle est potentiellement disponible cette fois-ci
- Les Américains et les Britanniques n'ont pas forcé la main à VE3 (même si je pense que Churchill a laissé entendre que ce serait une bonne idée) - sauvegarder la dynastie de Savoie n'était pas vraiment leur priorité
- Les Français vont-ils vouloir en faire plus ? L3 ne les a pas vraiment convaincu jusqu'à présent que les Saxe-Cobourg-Gotha étaient beaucoup plus fiables que les Savoie
- Et je n'aurais pas la présomption de penser que le Gouvernement belge de Londres, même en FTL, aurait le poids nécessaire pour influencer ce type de choses

Mais je suis ouvert au débat. Je trouverais ça assez sympathique, même.
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Benoit XVII



Inscrit le: 24 Oct 2006
Messages: 465
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MessagePosté le: Lun Jan 19, 2015 19:50    Sujet du message: Répondre en citant

dado a écrit:
"Yvonne fait dire à Thérèse qu'elle n'aime pas dire du mal des gens, mais effectivement, Henriette est gentille. Thérèse n'est pas moche, elle n'a pas un physique facile. Un monsieur très malpoli a téléphoné à Thérèse, mais c'était un ami."

...Désolé pas pu résister, mais tout ces codes avec Thérèse, ça me fait rigoler Laughing Embarassed


Je n'ai rien inventé, c'est historique !!! Il devait y avoir un petit malin au 2e bureau belge qui a dû bien s'amuser à monter cette histoire de crêpage de chignons.
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Wil the Coyote



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MessagePosté le: Lun Jan 19, 2015 20:33    Sujet du message: Répondre en citant

Sans trop vouloir m'avancer, je ne sais pas deviner quelle pourraient être les intentions du gouvernement Belge. Mais si la Reine Elisabeth arrive à Londres, il me semble qu'elle tentera tout pour sauver le futur de sa fille...a la rigueur elle pourrait même utiliser le prestige du Roi Albert et puis, quand même, en FTL la Belgique à du poids quand on y regarde, 4 DI, 1DB, une Brigade Blindée, l'équivalent de 2 DBLE (les Ch. Ardennais), des Paras, des Cdo, 2 Escadres de Chasse et 2 Escadres de Bombardement....plus le reste et rien qu'en Europe.....


Bon j'arrête, mais FTL, je pense qu'il y a moyen que les Savoie reste sur leur trône.
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dado



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MessagePosté le: Lun Jan 19, 2015 23:10    Sujet du message: Répondre en citant

On avait parlé du fait que, influencés par les français, les alliés pourraient mettre plus de pression sur VE3, qui pourrait du coup abdiquer rapidement (dès 43), soit ne faveur de son fils, soit en faveur d'une régence de sa belle-fille pour son petit-fils qui sait. Dans les deux cas, le fait que VE3 qui est très compromis passe la main très tôt pourrait entraîner la survie de la monarchie italienne.
Enfin c'était les hypothèses possibles il me semble.
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JPBWEB



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MessagePosté le: Mar Jan 20, 2015 03:16    Sujet du message: Répondre en citant

On en a deja discute. La survie de la monarchie est une affaire entre Italiens. Pour les Allies, ça n'a guère d'importance. Même le gouvernement belge (qui est déjà aux prises avec L3) se préoccupera fort peu de MJ, tant qu'il n'est pas question de la fusiller (ce qui ne saurait être le cas, j'imagine).

Les Italiens OTL, quand ils furent consultés, ont choisi la république, mais il s'en est fallu d'un cheveu, et le vote n'a pas été d'une régularité exemplaire.

VE3 a abdiqué trop tard, et c'est probablement ce qui a détourné suffisamment d'Italiens de la monarchie. S'il abdiquait plus tôt, il pourrait en être autrement. Mais comme il n'abdiquera pas sans y être contraint, et qu'il n'y a personne pour l'y contraindre, il ne le fera pas.

Bref, a mon avis, tant pis pour les Savoie.
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Konrad Adenauer
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MessagePosté le: Mar Jan 20, 2015 08:04    Sujet du message: Répondre en citant

Je vais créer 2 nouveaux sujets sur le devenir des monarchies belge et italienne.
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On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Jan 20, 2015 10:11    Sujet du message: Répondre en citant

Pour terminer 1942 en beauté...

30 décembre
Une princesse (et sa famille) dans la guerre
Genazzano, en fin d’après-midi
– Alors que les combats semblent se calmer, le couvent de la Madone du Bon Conseil voit arriver en trombe la marquise Giuliana Benzoni, au volant de sa Fiat Ballila. Morte d’inquiétude, elle a pu apprendre par Zanotti Bianco où se trouvait la Princesse et s’est mise à sa recherche dès que les routes ont été rouvertes à la circulation civile. Entre les barrages, les convois militaires et les alertes aériennes, il lui a fallu près de six heures pour parcourir les cinquante kilomètres qui séparent Rome de Genazzano. Elle informe aussitôt les hôtesses du couvent de la situation militaire. « Il paraît même que des troupes belges participeraient aux combats ! » ajoute-t-elle, ce qui électrise littéralement la reine Elisabeth. Par contre, aucune nouvelle du reste de la famille royale. Il semblerait qu’ils aient fui Rome la nuit de Noël. La BBC a annoncé que « le Roi d’Italie et sa famille » étaient « en lieu sûr et en territoire italien », mais faut-il croire cette annonce ?
Elisabeth, Marie-José et Giuliana Benzoni confèrent de ce la conduite à tenir. La priorité est bien sûr de mettre tout leur petit monde à l’abri. Les Allemands ne sont pas loin – qui sait s’ils ne préparent pas une contre-attaque foudroyante ? Pourquoi ne pas se réfugier à Castel Gandolfo, en terre vaticane, qui n’est qu’à trente kilomètres ? Mais il faut des voitures et une escorte : ce ne sont pas les quatre malheureux carabiniers royaux qui les ont accompagnés à Genazzano qui pourraient assurer une protection adéquate en ces circonstances. On essaie alors d’appeler Montini, mais les communications téléphoniques n’ont toujours pas été rétablies en dehors de la petite ville. Pour en sortir, la marquise propose de partir dès le lendemain à la recherche de soldats italiens ou, à défaut, alliés, qui pourraient prendre les choses en main dans de bonnes conditions de sécurité.

L’Union fait la Force
STO en Belgique
Laeken
– Nouvelle réunion sur le STO, avec les mêmes participants que le 17 décembre. Le Roi résume les rapports reçus la veille, dont se dégagent certaines priorités en matière d’interventions auprès des autorités d’occupation :
1) Pour les jeunes femmes, relever l’âge minimum de 21 à 25 ans ;
2) Pour les jeunes gens, relever l’âge minimum de 18 à 20 ans ;
3) S’assurer que le départ des déportés se déroule dans les meilleurs conditions matérielles possibles (trousseau, colis de vivres, etc.) Les grandes entreprises pourvoiront au nécessaire, mais il faudra prévoir une aide spécifique pour les employés des petites entreprises ;
4) Recueillir des informations sur les familles qui auraient besoin de secours particuliers ;
5) Préparer le contrôle et l’assistance aux déportés sur place (médecins, aumôniers, etc.), avec le concours de la Croix-Rouge ;
6) Solliciter la supervision de la Croix-Rouge internationale.
Le Roi a demandé à rencontrer von Falkenhausen pour lui faire part de ces demandes.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Jan 20, 2015 10:26    Sujet du message: Répondre en citant

31 décembre
Les Légionnaires au couvent
Genazzano
– De bon matin, la marquise Benzoni prend avec sa Fiat la route du nord, dans l’espoir d’établir le contact avec des soldats amis. Peu après la sortie de la ville, elle tombe sur une patrouille de soldats français, en reconnaissance dans le secteur avec une Jeep et un camion. Ce n’était pas son premier choix, mais elle ne va pas faire la fine bouche dans les circonstances.
La marquise descend donc de sa voiture et aborde le premier officier qu’elle aperçoit, un lieutenant, dans son meilleur français : « Lieutenant, permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue, et de vous remercier de venir nous libérer de la dictature fasciste. Je suis la marquise Giuliana Benzoni, et j’ai un service de la plus haute importance à vous demander. C’est une question de sécurité nationale ! »
A la grande surprise de la marquise, le lieutenant lui répond dans un italien parfait : « Mes hommages, Madame. Je suis le lieutenant Alberto Marzetti, du 2e Régiment Etranger Parachutiste. Ce serait une joie d’être de retour au pays si les circonstances n’étaient aussi tragiques. De quel service parlez-vous ? Comment peut-il s’agir d’une question de sécurité nationale ? ».
Stupéfaite mais ravie, la marquise saute sur l’occasion : « Pourriez-vous m’accompagner au couvent de la Madone du Bon Conseil ? Il y a là des hôtes illustrissimes, qui auraient besoin de votre protection ».
Illustrissimes ! Vous m’intriguez, Madame, répond le lieutenant, narquois.
Serait-il communiste ? Ravalant son inquiétude, la marquise chuchote : « Je préfère ne pas en dire plus pour l’instant, prenons ma voiture, vous comprendrez très vite ».
Le lieutenant ne s’interroge pas longtemps avant d’accepter. Après quelques mots pour expliquer à ses hommes qu’il va jouer une variante moderne des Mousquetaires au couvent (il a vu l’opérette au Châtelet), il embarque avec la marquise dans sa Balilla, accompagné d’un seul homme, un Basque solide dont il assure qu’il ne parle pas un mot d’italien.
Une fois au sanctuaire, la marquise conduit le lieutenant vers l’aile où sont cachés les « hôtes illustrissimes », dont elle lui révèle enfin l’identité. Le lieutenant a bien du mal à masquer son incrédulité ! Mais quand il découvre ces deux femmes élégantes dont les traits trahissent le lien de parenté, l’une d’une soixantaine d’années, menue mais énergique, l’autre plus jeune mais visiblement fatiguée par une grossesse très avancée, il doit admettre qu’il s’agit bien des deux grandes dames qu’il a vues en photo dans les magazines qu’il lisait en France pour avoir des nouvelles du pays. Quand il parvient à refermer la bouche, il en oublie même de saluer les deux altesses et ne peut émettre que ces quelques mots : « Je dois prévenir le colonel ! ».
Là-dessus, il emprunte la Fiat de la marquise pour rejoindre sa patrouille avec son Basque. Là, il bondit sur sa radio : « Ici Marzetti… Enfin, ici Rouge 4 ! Passez-moi le colo… Heu, passez moi Bleu 1, molto urgente, presto presto ! Enfin, priorité absolue, vite ! »
Au bout de quelques minutes interminables et après avoir dû passer par deux autres interlocuteurs, le lieutenant entend enfin la voix du colonel : « Marzetti, que se passe-t-il, une attaque des Boches ? »
Mon colonel, halète Marzetti, au couvent de Genazzano, il y a la reine, la reine Elisabeth, et la princesse Marie-José !
– Marzetti ! Enfin ! Vous avez bu, ma parole ! En opérations et à cette heure de la journée ! Ou vous êtes tombé sur la tête. D’ailleurs, la reine d'Italie s’appelle Elena, mon vieux. Comme Italien, vous devriez le savoir. Elisabeth, c’est l’Anglaise !
[Le colonel pense à l’épouse de George VI, Elisabeth, que les Anglais écrivent Elizabeth et dont la fille aînée s’appelle aussi Elisabeth/Elizabeth…]
Non, mon colonel, pas la reine d'Italie. La reine Elisabeth de Belgique !
– Et moi je suis le roi Albert ! Bon, je vois, vous avez dû attraper le palu en Sicile.
– Mon colonel, je vous en prie ! Venez voir vous-même !

Incrédule mais intrigué, le colonel répond qu’il arrive le plus vite possible. « Qu’est-ce que les Ritals ont encore manigancé ! Comme si je n’avais rien d’autre à faire qu’à renvoyer deux pauvres folles chez elles pour se faire soigner ! dit-il à son ordonnance. Elles sont mal tombées, la reine Elisabeth, je la connais ! En 17, j’étais lieutenant au 1er RCA, sur l’Yser, quand j’ai pris cet éclat d’obus dans la cuisse ; la Reine en personne m’a soigné à l’hôpital de l’Océan, à La Panne. »
………
Une heure plus tard, le colonel arrive au couvent avec une petite escorte. Il est aussitôt conduit dans un petit salon où l’attend la Reine seule, car la Princesse s’est entretemps alitée pour se reposer. Quand le colonel entre dans la pièce, son sourire incrédule s’efface pour laisser place à une mimique stupéfaite. Mais il se reprend très vite, claque des talons, salue et, Elisabeth lui tendant tout naturellement la main, paume vers le bas, il s’incline pour un baisemain digne des plus huppés salons parisiens : « Mes hommages, Madame. C’est un honneur fort surprenant de vous retrouver ici ».
Bonjour Colonel, répond la Reine en le regardant avec attention. Votre visage me paraît familier, mais je crains de ne plus me rappeler à quelle occasion nous nous serions déjà rencontrés.
– A l’Hôpital de l’Océan, Madame, où j’ai eu la chance de bénéficier de vos bons soins. Mais, si je puis me permettre, que faites-vous donc ici ?
– Ma fille se trouvait ici pour s’y reposer, car son… état le nécessitait. Je m’étais tout simplement rendue auprès d’elle pour la soutenir, quand les Alliés ont eu la bonté de libérer Rome.
– Je suis heureux de vous trouver en bonne santé, Madame. Je vais alerter immédiatement mes supérieurs pour assurer votre transfert dans un lieu plus confortable.
– C’est très aimable, Colonel. Pourriez-vous prendre soin tout d’abord de ma fille et de ses enfants ? Je crains que la tension des derniers jours finisse par provoquer une naissance prématurée.
– C’est entendu. Selon mes renseignements, le reste de la famille royale italienne se trouve à Reggio de Calabre. Vous devriez pouvoir les rejoindre au plus vite.
– Oui, c’est une excellente solution pour ma fille et ses enfants. Il serait plus convenable qu’elle retrouve son mari avant la naissance de leur quatrième enfant ! Mais en ce qui me concerne, j’ai cru comprendre que des troupes belges se battent en Italie, n’est-ce pas ?
– C’est exact, Madame. Il s’agit de la Brigade Tancrémont.
– Tancrémont, comme le fort de Liège ?
– C’est le surnom donné à votre 1ère Brigade Blindée. Elle se bat en ce moment du côté d’Ostie.
– En ce cas, il me semblerait plus approprié, surtout en ce dernier jour de l’année, que vous me conduisiez auprès de mes compatriotes, plutôt qu’avec la famille royale d’un pays qui, il y a une semaine, était encore en guerre avec le mien. Je suis convaincue que nos soldats pourront me prendre en charge.

De fait, la Reine s’est rendu compte que son image – donc celle de la royauté – auprès de la population belge pourrait être affectée lorsque sa présence dans la capitale d’un pays ennemi serait connue en Belgique. Partant du principe que la meilleure défense, c’est l’attaque, même en matière de relations publiques, elle a décidé de faire un coup d’éclat.
Mais, Madame… La Tancrémont est sur le front. Il y a des risques. S’il vous arrivait quelque chose…
– Oh, je suis sûre qu’il y avait plus de risques quand j’étais avec mon époux sur l’Yser.
– Hé bien…
Le colonel hésite, puis se dit qu’après tout, il a devant lui une haute personnalité d’un pays ami et allié, non une prisonnière : « A vos ordres, Madame ! Je vais mettre à votre disposition une escorte qui vous conduira jusqu’à la Tancrémont. Si vous le voulez bien, je leur laisserai le soin de signaler votre présence à leur hiérarchie ; pour moi, je me contenterai d’informer mes supérieurs de la présence de la Princesse et de ses enfants. »
– Oh, Colonel, quelle délicate attention ! Vous êtes absolument charmant, un exemple parfait de galanterie française. Si vous le permettez, je vais me retirer pour faire un brin de toilette avant de me mettre en route.


Surprise royale au réveillon
Sur le front, quelque part au nord-ouest de Rome
– La reine-mère Elisabeth est escortée vers les positions belges par une section du 2e REP. Au grand soulagement du lieutenant Marzetti, qui commande son escorte, elle fait le trajet dans la Fiat de la marquise Benzoni, qui s’est mise avec sa voiture à sa disposition, et non dans la Jeep de l’officier. Pour éviter tout impair, Marzetti a envoyé en éclaireur un adjudant pour prévenir les Belges de ce qui les attend.
Vers 19h00, l’adjudant arrive près du PC de la Tancrémont, établi dans une grande ferme et sous la garde des hommes du 2e Carabiniers-Cyclistes. Il fait un froid glacial et plusieurs soldats se réchauffent autour d’un braséro.
Bonjour chef, je suis l’adjudant Novovitch, du 2e Etranger Parachutiste.
– Bonjour adjudant. Qu’est-ce que je peux faire pour vous ? Vous êtes bien loin de votre secteur.
– Eh bien, je suis chargé de vous prévenir que… Hum…

Novovitch, un vieux briscard pourtant, est bien embarrassé. Tant pis, il se lance : « Votre reine arrive ! ».
L’adjudant-chef Willem, qui commande la garde, croyait avoir tout vu depuis qu’il avait battu en retraite de Belgique en Bretagne. Il fronce les sourcils en se demandant si son visiteur se fout de lui : « Vous voulez dire que la reine Astrid va venir du Paradis pour nous encourager contre les Boches ? Vous croyez aux fantômes, dans la Légion ? ».
– Mais non, chef ! C’est juste que… Votre reine arrive, quoi, mon lieutenant l’accompagne ici,
articule Novovitch avec un sourire contraint.
L’adjudant-chef a bien envie de se mettre à rire, mais sa longue expérience le pousse à répondre : « Attendez, je vais chercher mon officier ».
Le temps que le lieutenant Remacle, des Cyclistes, se dise qu’il ne comprendra rien à cette histoire s’il ne vient pas se rendre compte par lui-même, et il arrive à l’entrée en même temps que le petit convoi, au milieu duquel il remarque une voiture civile, tandis que le lieutenant Marzetti vient prêter main forte à Novovitch.
Bonsoir Messieurs, dit Remacle. Le chef de garde me dit que vous lui avez raconté une drôle d’histoire. Pouvez-vous me la répéter, s’il vous plaît ?
– Votre reine, enfin, reine-mère je crois, enfin la reine Elisabeth est dans la voiture civile que nous escortons,
explique Marzetti en s’efforçant désespérément de gommer tout accent italien de sa voix.
Oui, bien sûr… et voyez-vous, moi, je suis le roi Albert ! Est-ce que le 2e REP a décidé de se payer la tête des Belges pour le Nouvel An ? Enfin, la Reine est en Belgique, que ferait-elle en Italie ?
A ce moment, la portière droite de la voiture s’ouvre et une silhouette fluette mais résolue en sort. L’adjudant-chef Willem, qui surveillait la Fiat du coin de l’œil, dévisage malgré l’obscurité la dame qui s’avance vers lui d’un pas décidé, blêmit mais se reprend tout suite (c’est un militaire de carrière et ses réflexes lui viennent en aide !) : « Pour la garde, présentez arme, la Reine ! ». Par réflexe eux aussi, les hommes réagissent sur le champ.
Surpris, le lieutenant se retourne et se retrouve nez à nez avec la Reine. Automatiquement, il salue comme le bon élève de l’Ecole Royale Militaire qu’il est : « Mes hommages, Votre Majesté ».
Ah, enfin des soldats belges. Que je suis heureuse de vous voir. Mon regretté époux et mon cher fils seraient fiers de vous.
Le lieutenant Remacle fouille fébrilement dans sa mémoire, que fait-on en pareil cas ? Ah, oui : « Sa Majesté nous fera-t-elle l’honneur de passer la garde en revue ? »
Tout l’honneur sera pour moi. Veuillez me conduire ensuite chez le colonel Piron. Et puis, lieutenant, dit la Reine en montrant les légionnaires, ces hommes m’ont fort gentiment accompagnée depuis l’autre côté de Rome ; pourriez-vous leur trouver quelque chose pour qu’ils se réchauffent ?
Enfin, s’adressant à son escorte : « Encore merci de votre aide, Messieurs ! ».
A vos ordres, Madame, répond Marzetti, profondément soulagé.
Entretemps, un caporal est parti discrètement (mais à toutes jambes !) prévenir le chef de compagnie, qui se réchauffe avec une tasse de café : « Mes respects, mon Capitaine », dit-il, tout essoufflé.
Qu’y a-t-il, Durieux ?
– La reine Elisabeth est en train de passer la garde en revue, mon Capitaine,
lâche tout de go le caporal.
Ah. Dans ce cas, je vois deux possibilités : soit vous êtes ivre, soit vous vous payez ma tête. Mais dans les deux cas, ça va barder pour vous ! La reine d’Angleterre qui vient réveillonner chez les Belges alors que les Rosbifs sont de l’autre côté de l’Italie, pourquoi pas l’empereur du Japon !
– Pas la reine Elisabeth d’Angleterre, mon Capitaine,
explique le caporal qui a compris la méprise, notre reine Elisabeth à nous, la veuve du roi Albert ! Je vous assure, mon Capitaine. Regardez par la fenêtre, on la voit d’ici, près du brasero.
Le capitaine Lambin regarde, secoue la tête, regarde à nouveau, repose sa tasse de café… dans le vide, ne prête aucun attention au fait qu’elle s’écrase sur le sol et se lève d’un coup : « Nom de Dieu ! Durieux, filez prévenir la Brigade. Adjudant, faites sonner le rassemblement et ordonnez de mettre les pièces de DCA en batterie, immédiatement ! Et puis… donnez-moi un coup de remontant avant que je sorte. J’ai besoin de quelque chose de plus fort que du café ! ».
A peu de choses près, la même scène se répète à l’état-major de la Brigade. Le commandant De Troyer croit d’abord à une blague d’un caporal déjà éméché par les préparatifs du réveillon : « La reine Elisabeth ? Bien sûr, et moi je suis le roi Albert ! ». Par acquis de conscience, il va quand même se rendre compte et manque défaillir. Il repart en courant prévenir Piron.
Mon Colonel, cela peut paraître incroyable…
– Oh, vous savez, plus rien ne me surprend depuis 40 !
– Tant mieux, mon Colonel. Parce que la reine Elisabeth vient de passer la garde en revue ; elle sera ici dans quelques instants.

Piron le regarde dans les yeux et articule : « Veuillez me répéter ça ! ».
– La reine Elisabeth – l’épouse du Roi-Chevalier – est dans nos installations.

Comme Piron s’apprête à répondre, le commandant poursuit : « Oui, je sais, et vous, vous êtes le Roi Albert. J’ai eu la même réaction quand j’ai été prévenu. Voyez plutôt vous-même ».
En trois enjambées, Piron, convaincu, a attrapé son béret, rectifié sa tenue et est sorti pour accueillir la Reine au garde à vous.
Ah, vous voilà enfin, Colonel. J’ai tellement entendu parler de vous et de vos exploits.
– Mes respects, Votre Majesté. Vous excuserez l’absence de protocole, étant donné le caractère… impromptu de votre visite. Mais bienvenue à la 1ère Brigade Blindée belge !
– Merci, Colonel. Mais est-ce finalement la 1ère Brigade Blindée ou la Brigade Tancrémont ?
– C’est son nom également, en hommage à nos braves du fort, qui ont tiré jusqu’à épuisement des munitions le 29 mai 1940. Mais, Madame, c’est dangereux pour vous d’être ici.
– Pensez-vous que le secteur de La Panne entre 14 et 18 était plus calme ?
– Non, en effet. Heu… Puis-je vous offrir un café pour vous réchauffer ?
– Avec plaisir, Colonel. Présentez-moi donc vos hommes !

Après avoir discuté avec les officiers de l’Etat-Major de la Brigade et passé un détachement du 2e Cyclistes en revue (les hommes ayant entretemps passé une tenue plus propre), la Reine, sous bonne escorte, se dirige vers l’infirmerie pour rencontrer les blessés et les réconforter. Elle leur distribue des couvertures chaudes qu’elle a pu obtenir du couvent.
L’information ayant, bien sûr, déjà fait le tour des unités de la Brigade, les curieux accourent, incrédules. Comme durant l’Autre Guerre, la Reine partage ensuite le repas de la troupe. Les cuistots étaient justement en train de préparer un amélioré pour le réveillon du Nouvel An, ils vont se surpasser ! Une émotion intense submerge tous ces hommes qui partagent ainsi la compagnie de Celle qui incarne tout à la fois l’héroïsme de la Belgique outragée, le réconfort de la Belgique endolorie et la gloire de la Belgique finalement victorieuse.
Mais cette histoire va vite être répercutée bien plus loin que la Brigade. En effet, il y a justement sur place le reporter Jo Gérard ! Venu pour relater le réveillon au sein de la Tancrémont, il est enchanté par le scoop qui lui tombe entre les mains. Et son récit va provoquer un coup de tonnerre, ou plutôt une véritable drache au sein du gouvernement belge de Londres…


Dernière édition par Casus Frankie le Mar Jan 20, 2015 10:52; édité 1 fois
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Anaxagore



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MessagePosté le: Mar Jan 20, 2015 10:42    Sujet du message: Répondre en citant

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ladc51



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MessagePosté le: Mar Jan 20, 2015 10:46    Sujet du message: Répondre en citant

Applause Applause

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Hendryk



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MessagePosté le: Mar Jan 20, 2015 10:49    Sujet du message: Répondre en citant

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