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Une princesse (et sa famille) dans la guerre - 1942
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Jan 14, 2015 11:40    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai réduit les contacts.

Et
Galant, Kiewitz s’incline avant de reprendre sa cape et d’ajuster sa haute casquette sur son crâne dégarni. Au moment de se retirer, il claque des talons en portant la main à la visière, évitant délibérément le salut hitlérien.

devient
Galant, Kiewitz évite délibérément le salut hitlérien. Il s’incline en claquant des talons, sa haute casquette coincée sous son bras, avant de se retirer.
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Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Jan 14, 2015 12:16    Sujet du message: Répondre en citant

J'y pense, Votre Sainteté : la reine Elisabeth fumait ? Et en public (enfin, devant un colonel d'un pays ennemi...) qui plus est ?
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Casus Frankie

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Benoit XVII



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MessagePosté le: Mer Jan 14, 2015 14:22    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
J'y pense, Votre Sainteté : la reine Elisabeth fumait ? Et en public (enfin, devant un colonel d'un pays ennemi...) qui plus est ?


Oui, c'était une vraie addiction. Il y a des photos d'elle fumant d'ailleurs. La réunion ici est semi-privée, disons.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Jan 14, 2015 17:07    Sujet du message: Répondre en citant

1er novembre 1942
Une princesse dans la guerre
Rome, vers midi
– La princesse Marie-José parcourt le quartier du Tiburtino, défiguré par les bombardements alliés. Elle se rend à la “cantine économique”, où des religieuses préparent un repas de trois mille couverts. A l’appel de la foule, elle se présente au public, qui l’accueille par un mélange de manifestations d’affection et d’interpellations inquiétantes.
21h00 – Sans nouvelles de la séance du Grand Conseil, la Princesse envoie une de ses dames d’honneur à la Casa Colonna, où tout un groupe de ses amis et connaissances attend un coup de téléphone du comte Ciano.

2 novembre 1942
Une princesse dans la guerre
Rome, 03h30
– Ciano appelle enfin chez les Colonna pour informer la petite assemblée du résultat du Grand Conseil. Le Duce aurait même grommelé à l’issue de la réunion : « C’est la princesse de Piémont qui va être satisfaite … ». Aussitôt, la dame d’honneur de Marie-José se précipite au Quirinal pour informer la Princesse.
………
Sessa Aurunca – En ce Jour des Morts, le prince Umberto a assisté dès 08h00 à la Sainte-Messe dans la chapelle de la Villa Struffi, sa résidence, puis il a rejoint son commandement. Peu après 11h00, Mgr De Cicco, l’évêque de Sessa Aurunca, sans doute informé par le canal ecclésial, l’informe des événements. Ce n’est que dans la nuit, en écoutant la proclamation royale lue à la radio, que le Prince aura confirmation officielle de l’éviction de Mussolini.

3 novembre 1942
Une princesse (et son époux) dans la guerre
Sessa Aurunca, 06h00
– Le prince Umberto part en voiture pour Rome. Il arrive vers 08h00 au Palais du Quirinal.
Rome, 10h00 – Au cours d’un bref entretien à la Villa Savoia, Victor-Emmanuel III informe sa famille des détails des événements de la veille.
16h00 – Le prince Umberto convoque le général Ambrosio et le duc Acquarone au Quirinal, afin de mieux comprendre la situation et ses implications. Pendant ce temps, la princesse Marie-José voit accourir dans sa bibliothèque (à moins qu’elle ne leur parle au téléphone) bon nombre de personnages avec lesquels elle a noué des liens ces derniers mois, alors que le reste de la famille royale préférait les ignorer : Bonomi, De Gasperi, Darandini, Storoni, Croce…
19h00 – Umberto reparti pour son QG de Sessa Aurunca, Marie-José s’installe à son bureau pour envoyer des cartes de remerciements et de félicitations à tous ceux qui ont joué un rôle décisif dans la chute de la dictature. Au général Ambrosio, elle envoie une photo dédicacée où elle rayonne d’une beauté souveraine, la chevelure sertie d’un diadème en diamant.

STO en Belgique
Bruxelles-Laeken
– Le ton de la version initiale rédigée par Fredericq ayant été jugé trop conciliant, la rédaction de la lettre de protestation du Roi a été reprise par Van Overstraeten, qui l’a considérablement durcie. Elle est traduite en allemand par les soins du colonel Kiewitz. Sans désapprouver la démarche, Kiewitz met en garde contre les conséquences potentielles…
[Lettre similaire à OTL, un peu plus agressive dans le ton ]
« Monsieur le Chancelier,
« L’aggravation de la situation de la Belgique m’oblige à rompre le silence que je m’étais imposé et à vous faire parvenir cette missive. J’ose espérer que Votre Excellence saura tenir compte de l’extrême rectitude dont j’ai fait preuve depuis que je suis son prisonnier pour prendre en considération l’appel que je lui adresse au nom de mes compatriotes. Malgré l’énorme prestation de main-d’œuvre que la population belge, depuis deux ans, consent à contrecœur à l’Allemagne, malgré l’effort considérable réalisé dans le secteur industriel comme dans celui de l’agriculture, le pouvoir occupant vient d’ordonner le travail obligatoire, qui comporte comme aggravation l’obligation pour une partie importante de la classe ouvrière d’aller travailler en Allemagne. L’annonce de cette déportation massive cause, dans toutes les couches de la population, un émoi dont il est aisé de mesurer l’ampleur.
« Dois-je rappeler à Votre Excellence que le principe même du travail obligatoire contrevient au droit de la guerre tel qu’établi dans la Convention de Genève signée par l’Allemagne. Ma conscience m’interdit de passer sous silence le mal qu’entraîne, spécialement pour les ouvriers, l’obligation d’abandonner leurs foyers, leurs terres, leurs usines, pour mettre, en pleine guerre, leur activité au service direct de l’Allemagne. Je fais appel à l’esprit d’équité de Votre Excellence, pour qu’elle empêche qu’une telle mesure vienne frapper injustement des milliers d’êtres déjà si éprouvés, pour que les Belges jouissent du droit naturel de pouvoir continuer à travailler en Belgique, dans leur cadre et auprès de leur famille.
« Cette infraction est d’autant plus injustifiable qu’elle ne comporte aucune contrepartie en terme de participation équitable à l’utilisation des ressources communes et, en ordre principal, à l’octroi d’un ravitaillement suffisant à l’ensemble de la population. Malgré les efforts considérables qui ont abouti à un accroissement marqué de notre production agricole, la situation dans le domaine alimentaire, au seuil du nouvel hiver, est particulièrement grave en Belgique. Nos rations sont très insuffisantes et cette sous-alimentation favorise l’augmentation de la tuberculose chez les enfants et chez les adultes. Mes compatriotes se refusent à comprendre pourquoi la Belgique est contrainte de maintenir son exportation de charbon vers la France, sans pouvoir obtenir en échange un complément de blé. Enfin, en matière financière, je me bornerai à signaler l’augmentation constante de nos charges de guerre ; aujourd’hui, elles atteignent plus de 3 milliards par mois et s’élèvent au total à 60 milliards de francs.
« Monsieur le Chancelier,
« Vous devez votre position à la promesse d’arracher le peuple allemand à l’effroyable désespoir où l’avaient plongé les suites de la Grande Guerre. Il serait souverainement inique que mon peuple, qui n’a rien à se reprocher, se trouve livré à la même exaspération et à la même détresse. J’ajoute que la population belge a gardé des déportations de 1916-1917 un souvenir exécré et que si elles se renouvelaient sous l’une ou l’autre forme, elles soulèveraient contre l’Allemagne, chez les Flamands comme chez les Wallons, une haine ineffaçable.
« Léopold »


4 novembre 1942
Une princesse dans la guerre
Rome
– La princesse Marie-José reçoit au matin un billet d’Ambrosio, daté de la nuit précédente : « A votre Altesse Royale qui, avec une grande intelligence et une vive passion pour la Patrie, m’a soutenu durant ce dur labeur, partageant angoisse et espérance, je présente à l’aube de ce jour lumineux mon sentiment de reconnaissance et mon hommage le plus dévoué. »
[OTL]
Au-delà d’une reconnaissance sans doute sincère, le général cherche aussi à ménager toutes les influences qui pourraient jouer un rôle dans le futur de l’Italie : lui aussi a aussi entendu parler de la possibilité d’une abdication suivie d’une régence.

L’Union fait la Force
Londres
– Spaak informe Eden de la démarche du gouvernement belge envers le Roi. Il en profite pour exprimer sa préoccupation vis-à-vis de l’entourage du souverain. Il soupçonne certaines personnes, dont le général Van Overstraeten, de ne pas vraiment soutenir la cause alliée, et d’autres – il vise plus particulièrement le comte Capelle, secrétaire du Roi – de soutenir une forme de régime plus autoritaire.
Pour ce qui est de Van Overstraeten, Spaak devrait savoir que ses allégations sont fausses, puisque le général a facilité la mise sur pied des premiers mouvements militaires clandestins en Belgique occupée et a couvert l’exfiltration de nombreux officiers de l’armée belge. Cependant, le souvenir de la morgue du conseiller militaire du Roi envers la classe politique l’empêche de considérer la situation avec objectivité.
Alger – Dans le même temps, l’Ambassadeur Raoul Richard rencontre Léon Blum. Celui-ci l’assure de l’appui de la France et lui promet qu’en temps utile, les « quelques nuages » qui pourraient encore « jeter un peu d’ombre » sur les relations franco-belges seront dissipés, si nécessaire, par une « déclaration sans équivoque ». A Raoul Richard qui lui demande de clarifier cette expression quelque peu sibylline, Blum répond que « si le Roi devait entrer en rébellion ouverte contre les Allemands », cette attitude « serait applaudie par le gouvernement français », qui reconnaîtrait alors officiellement avoir « mal compris la position royale en 1940 » et avoir tenu « des propos maladroits ».


[6 novembre 1942
Les Italiens décident de prendre contact avec les Alliés]

[7 novembre 1942
Le gouvernement Badoglio demande au Vatican de prendre contact avec les Alliés.]


9 novembre 1942
L’Union fait la Force
Londres
– Le Gouvernement belge met la dernière main à la lettre au Roi, en y intégrant de dernières nuances conseillées par Spaak et Richard. Toutefois, Pierlot s’oppose fermement à ce qu’il soit fait allusion à la tentative de conciliation de Blum, car une telle déclaration du gouvernement français le placerait lui-même dans une position intenable. Le Premier ministre n’a en effet aucune intention de revenir sur ses propos du 28 mai 1940, qu’il estime toujours parfaitement justifiés dans les circonstances de l’époque.
Ce sera François Dekinder, beau-frère du Premier ministre Hubert Pierlot mais surtout agent du service de renseignement Zéro, qui sera chargé de la délicate mission, sous le nom de code Xavier. Il s’est porté volontaire en dépit d’une santé dégradée. C’est lui qui, au printemps 1941, avait réussi à rapprocher le gouvernement Pierlot et la Légion Belge du commandant Claser et du colonel Lentz. [OTL, ce rapprochement n’a eu lieu qu’à l’été 1942, grâce à Dekinder et Bastin. La situation FTL accélère le mouvement] Cette opération avait facilité l’extraction de nombreux officiers de carrière vers l’Angleterre et l’Afrique du Nord pour renforcer les cadres de l’armée belge en voie de reconstitution.
Le gouvernement espère que l’éviction de Mussolini et les succès alliés sur les fronts russe, grec et sicilien auront fait évoluer l’opinion du Roi. De plus, de récents rapports venus de Belgique font état de débats intenses dans l’entourage royal quant à l’attitude à adopter par le souverain. Dekinder doit chercher à rentrer en contact avec celui-ci par l’intermédiaire du cardinal Van Roey.

12 novembre 1942
STO en Belgique
Bruxelles
– Le secrétaire du Roi, le comte Capelle, reçoit deux leaders influents du Parti catholique, Joseph Pholien, celui-là même qui avait rédigé l’avis constitutionnel au Roi après la capitulation, et le baron Romain Moyersoen, ancien président du Sénat. Ils ont appris que le Roi avait écrit une lettre de protestation à Hitler, et insistent pour qu’elle soit rendue publique.
Capelle se montre sceptique quant à l’intérêt de cette publication. Il craint les représailles, en particulier contre la personne du Roi. S’il venait à être déporté, celui-ci ne pourrait plus jouer le rôle d’intercesseur discret qui lui a permis (affirme Capelle) d’obtenir un certain nombre de concessions de la part des Allemands. Capelle soupçonne également ceux qui recommandent instamment une prise de position publique de souhaiter en fait l’absence du Roi le jour de la Libération, absence qui faciliterait un changement de régime et l’instauration, qui sait, d’une république.
Pholien et Moyersoen répondent qu’il est temps pour le Palais d’enterrer les vieilles rancunes et de se rapprocher du gouvernement de Londres. Ce serait la meilleure garantie à leurs yeux d’une restauration constitutionnelle sans heurt.
[OTL, cette prise de position d’un certain nombre de dirigeants du Parti catholique n’eut lieu qu’à l’automne 1943, la FTL accélère le mouvement].

[17 novembre 1942
Le général Castellano arrive à Lisbonne et commence à négocier avec Bedell Smith]


26 novembre 1942
Une princesse dans la guerre
Rome
– Le général Ambrosio informe la princesse de Piémont de la dureté des conditions alliées. Comme il s’en plaint amèrement, la reine Elisabeth, qui assiste à l’entretien, suggère de passer par le Vatican et l’ambassadeur de Belgique auprès du Saint-Siège, Adrien Nieuwenhuys, pour tenter de les adoucir.
La situation de l’ambassadeur Nieuwenhuys est très particulière. Comme les autres ambassadeurs des nations alliées auprès du Saint-Siège, et conformément aux accords du Latran, il a dû en juin 1940 rejoindre l’hospice des sœurs de Saint-Vincent-de-Paul situé à l’intérieur de l’enceinte de l’église Santa Maria ai Monti, et donc protégé par l’immunité vaticane. Cependant, à la demande de l’Italie et du Vatican, Léopold III a confirmé sa confiance envers Nieuwenhuys à l’été 1940. Ce brevet de loyalisme dynastique a permis à l’ambassadeur de retourner dans ses confortables appartements romains et de devenir ainsi le seul diplomate d’une nation alliée à pouvoir se déplacer librement dans la Ville Eternelle. En revanche, son attitude lui a valu de ne plus être reconnu par le gouvernement belge… officiellement, du moins.
De son côté, le Vatican n’a pas jugé opportun de se faire représenter auprès des ministres belges en exil, même après que le nonce apostolique, Monseigneur Micara, ait dû quitter Bruxelles à l’été 1940. En pratique, le gouvernement belge n’hésite guère à faire appel à l’intermédiaire de Nieuwenhuys pour faire passer certains messages au Vatican, notamment en matière humanitaire.
Alors qu’Ambrosio exprime son scepticisme quant aux chances de réussite d’une telle démarche, Marie-José s’exclame : « Je tenterai tout pour sauver l’Italie du désastre ! » et elle fait jurer au général de garder le secret sur sa démarche. Ambrosio accepte également de jouer de son influence pour retarder de quelques jours la réponse aux Alliés. Il sait que cette promesse ne l’engage pas à grand-chose, Badoglio ayant lui-même les plus grandes difficultés à admettre que son nom soit associé à une telle humiliation.
Marie-José fait alors contacter Monseigneur Montini. Pour éviter d’éveiller les soupçons, elle lui demande d’organiser le soir même un rendez-vous avec l’ambassadeur Nieuwenhuys à la villa des Grenier.
Profitant de la discrétion du crépuscule, la princesse Marie-José et la reine Elisabeth se rendent donc chez les Grenier. Nieuwenhuys ne peut réprimer un cri d’étonnement lorsqu’il reconnaît la reine Elisabeth ; celle-ci porte aussitôt l’index à la bouche pour lui signifier que sa présence doit rester secrète. Après avoir expliqué la situation à Montini et Nieuwenhuys, les conjurés rédigent un texte qui sera envoyé au nom de la Princesse « aux autorités belges ». La Reine a insisté pour ne pas faire usage du terme « gouvernement », qui aurait pu impliquer une reconnaissance de la légitimité des Londoniens. Comme l’ambassadeur extraordinaire de Belgique à Alger, Raoul Richard, n’a pas été mêlé aux critiques envers le Roi en mai-juin 1940, tous s’accordent pour faire de lui le premier destinataire du message. Le texte sera transmis parallèlement par Nieuwenhuys et le Vatican au cours de la nuit.

L’Union fait la Force
Chichester
– François Dekinder, alias Xavier, décolle à bord d’un Lysander avec le message du gouvernement Pierlot pour le Roi. Cependant, un ennui de moteur force l’avion à rebrousser chemin après 45 minutes de vol. Le lendemain matin, Dekinder écrit encore à Londres : « Je n’ai jamais été aussi calme qu’au cours de mon petit voyage de la nuit dernière. Dieu veuille que ça dure ! A certains moments, la nuit était belle et je voyais ma vie en raccourci ».

27 novembre 1942
L’Union fait la Force
Quelque part dans le nord de la France
– La nuit du 27 novembre est finalement plus favorable que la précédente et François Dekinder est déposé par un Lysander près de la frontière franco-belge. Il est immédiatement pris en charge par des agents du groupe Marc, qui, en liaison avec le groupement Zéro, lui font traverser la frontière et le conduisent par étape à Bruxelles.
[La mission Xavier a bien eu lieu, mais fin 1943. Je reprends ici la date d’une autre tentative d’approche du Roi à travers la mission Vandermies]

Une princesse dans la guerre
Alger
– La “poste vaticane” fonctionne très correctement : le texte de Marie-José implorant l’intercession de la Belgique pour obtenir la bienveillance des Alliés envers l’Italie parvient dans la matinée à Raoul Richard. L’ambassadeur est d’autant plus surpris qu’il n’était même pas au courant des tractations entre le nouveau régime italien et les Alliés. Il décide d’en faire part aussitôt au ministre des Affaires Etrangères, Paul-Henri Spaak, à Londres.

28 novembre
L’Union fait la Force – Une princesse dans la guerre
Londres
– Pierlot a convoqué un Conseil des ministres extraordinaire pour examiner la requête inattendue de la princesse de Piémont. C’est ainsi que le gouvernement belge apprend avec quelque stupéfaction l’existence des négociations avec l’Italie et la dureté des conditions exigées par les Alliés.
Même si plusieurs ministres se montrent émus par la requête, le gouvernement s’accorde rapidement pour estimer que la Belgique n’aurait rien à gagner d’une intervention. Le message n’indique d’ailleurs même pas si la Princesse agit en son nom propre ou si elle est mandatée par les autorités italiennes ! Donner suite à cette initiative ne pourrait qu’indisposer les grandes puissances alliées, alors que les chances de succès d’une telle démarche paraissent infimes. Alger, surtout, semble déterminé à venger coûte que coûte le “coup de poignard dans le dos” du 10 juin 1940. Un message en ce sens est aussitôt rédigé, encodé et télégraphié vers la non-ambassade de Belgique au Vatican.
Dans l’après-midi, Spaak reçoit un coup de téléphone impromptu d’Eden. Les services français ont pu déchiffrer le message envoyé la veille à Raoul Richard, et en ont informé leurs homologues britanniques. Espérant prendre Richard de vitesse, Eden informe Spaak que « les événements pourraient se précipiter » en Italie et que, « par courtoisie envers un allié aussi précieux que la Belgique », il souhaitait l’en informer, sous le sceau du secret le plus absolu bien sûr. Il termine en précisant qu’il conviendrait bien entendu de « coordonner étroitement toute démarche envers une puissance de l’Axe dans laquelle serait impliquée l’une ou l’autre des Nations Unies ». Spaak, qui n’est pas tombé de la dernière pluie, répond que cela va de soi et qu’au nom du Gouvernement belge, il « apprécie à sa juste valeur » l’estime que manifestent les grandes puissances envers la Belgique en le mettant au courant des tractations en cours. Aussitôt le combiné raccroché, il ordonne à son chef de cabinet de faire modifier les codes pour les câbles diplomatiques…

29 novembre
Une princesse dans la guerre
Rome
– La princesse Marie-José est informée de l’échec de sa démarche. A son tour, elle en informe sa mère et le général Ambrosio : « Au moins, j’aurai essayé… ». En retour, Ambrosio fait part aux deux femmes de son inquiétude quant aux atermoiements du Roi et de Badoglio, qui permettent aux Allemands de s’installer en force dans le nord du pays.

[Le 30 novembre, demande d’armistice]

30 novembre 1942
L’Union fait la Force
Bruxelles
– François Dekinder rencontre à son domicile Charles De Visscher, qui accepte immédiatement d’organiser une rencontre avec le cardinal Van Roey.
De Visscher est juge à la cour permanente de Justice internationale et professeur à l’université de Louvain. Mais surtout, il préside le “Comité Gilles”, composé de diverses personnalités issus des milieux économiques, politiques et judiciaires, et dont le rôle est d’informer (clandestinement bien sûr) le gouvernement de Londres quant à l’évolution de la situation et des mentalités dans le pays occupé. Le gouvernement a donc pleine confiance en De Visscher, c’est l’une des rares personnalités qui puissent être mises au courant de la mission Xavier.
[OTL]

Une princesse (et sa famille) dans la guerre
Rome
– Comme la reine Elisabeth a annoncé qu’elle allait rentrer à Bruxelles, le roi Victor-Emmanuel III et la reine Elena l’ont invitée à un dîner d’adieu à la Villa Savoia en compagnie de la princesse Marie-José. Toute la conversation a lieu en français, qui reste la langue de la cour des Savoie (!).
La soirée commence sur un ton détendu. En dépit des difficultés rencontrées dans les négociations d’armistice (mais il est vrai que celles-ci n’ont pas d’existence officielle), le Roi est soulagé et même plutôt fier (car il s’en attribue tout le mérite) qu’il ait été possible de construire une large coalition entre militaires, fascistes renégats et libéraux pour procéder au changement de régime de façon strictement constitutionnelle. Victor-Emmanuel pense avoir ainsi maintenu l’unité du pays et replacé la monarchie au centre du jeu, ce qui augure bien du futur de la dynastie de Savoie. Il raconte avec force détails l’épisode de l’arrestation de Mussolini quelques semaines plus tôt.
Elisabeth applaudit presque, affirmant qu’elle n’a pas connu d’aventures aussi palpitantes depuis qu’elle a assisté à l’ouverture du tombeau de Toutankhamon en 1923 ! Sur quoi elle se lance dans une série de considérations ésotériques qui vont de la malédiction des Pharaons à l’anthroposophie, en passant par le nombre d’or et la théorie de Brück-Lagrange. Elle s’essaie même à faire le lien avec la théorie de la relativité, dont elle a longuement discuté avec Einstein avant-guerre.
Alors que les convives s’apprêtent à passer au dessert, le Roi s’adresse à la Princesse d’un ton plein de sollicitude : « Ma chère Marie-José, je crains que Rome ne soit plus très sûre pour vous-même et vos enfants dans les prochaines semaines. La guerre continue, et les bombardements pourraient encore s’intensifier. »
Sire, que voulez-vous suggérer ? demande Marie-José, qui “sent l’oignon”, comme on dit dans sa Belgique natale…
Vous devriez partir pour Sant’Anna di Valdieri. Vous y serez en sécurité au milieu des collines piémontaises. J’ai demandé à Acquarone de faire préparer la résidence pour vous accueillir. Jolanda [fille du Roi et épouse du général Calvi di Bergolo, qui commande la division blindée Centauro, sur le front du Péloponnèse] vous accompagnera avec ses enfants.
Marie-José reste quelques instants interdite. Elle hait ce relais de chasse perdu où l’on ne capte la radio qu’avec grande difficulté. Et la perspective de passer du temps avec son intrigante belle-sœur la réjouit encore moins. Clairement, le Roi cherche à l’éloigner. Quel ingrat, alors que c’est elle qui a travaillé sans relâche pour maintenir ouvertes les lignes de communication entre la monarchie et l’opposition ! Mais au fond, elle n’est pas étonnée et se reprend : « Sire, je vous remercie de penser ainsi à ma sécurité. Mais je ne puis abandonner mes fonctions à la Croix-Rouge en ces heures critiques, alors que le peuple italien et nos valeureux soldats souffrent comme jamais. Il faut absolument que je reste à Rome. »
– Nous trouverons une solution pour la Croix-Rouge ; vous serez de toutes façons indisponible pour quelque temps,
répond le Roi en désignant le ventre rebondi de la Princesse. Personne n’est indispensable, même vous ! Sachez que j’ai personnellement pris en main des… discussions avec les Américains en vue de conclure un armistice qui préserve l’honneur et les intérêts de l’Italie [c’est très délibérément que, tout en mentant de façon éhontée quant à son rôle, le Roi ne mentionne ni les Britanniques ni les Français], mais je crains des représailles allemandes. Votre fils et vous devez vous mettre hors de portée.
– Mais, sire…
– Il suffit, c’est ma décision !
coupe Victor-Emmanuel, haussant soudainement le ton. Vos petites intrigues agacent beaucoup de monde et vous fréquentez des personnes que je ne voudrais jamais connaître. Ces… initiatives parallèles auraient pu causer de graves problèmes. Chez les Savoie, les femmes ne se mêlent pas de politique. C’en est assez !
« Il est au courant, pense Marie-José. Et il ne servirait à rien de demander à Umberto d’intervenir ; il obéira toujours à son père, quoi qu’il arrive. »
– J’ai compris, Sire,
répond la Princesse en baissant la tête. Je ferai comme il plaira à Votre Majesté. Me laisserez-vous deux jours pour préparer mes bagages et saluer quelques amis avant de m’exiler ?
Mais Elisabeth, qui a observé la scène avec une contrariété de plus en plus visible, intervient : « Je ne suis pas d’accord du tout ! Victor, tu ne vas quand même pas envoyer ta bru – qui est aussi ma fille, je te le rappelle – et ton héritier dans une souricière au fin fond du Piémont ! Les Nazis sont déjà partout dans la région. Quitte à faciliter les machinations d’Hitler, pourquoi ne pas les envoyer directement à Berchtesgaden, tant que tu y es ? Dans son état, en plus, à sept mois de grossesse. Réfléchis, enfin ! »
Alors que le Roi, un instant décontenancé par cette offensive, se prépare à riposter, la reine Elena s’interpose. Caressant la main de son mari pour l’apaiser, elle se tourne vers lui et, d’une voix douce : « Vittorio, caro, tout le monde comprend pourquoi Marie-José et les enfants ne peuvent pas rester à Rome. Mais n’y a-t-il pas une meilleure solution ? Je ne sais pas, moi, un couvent isolé, peut-être ? »
Oui, c’est cela, excellente idée, ma chère, répond le Roi, saisissant cette échappatoire. Il poursuit sur un ton sarcastique : « Je pense que le Monsignor que Marie-José voit en secret un peu partout n’aura aucun mal à trouver un couvent sous protection pontificale qui pourra l’accueillir, elle et ses enfants ! Mais Jolanda et ses enfants resteront à Rome. Et jusqu’à nouvel ordre, je vous interdis tout autre contact avec l’extérieur. Et tout échange devra passer par l’intermédiaire du colonel Arena, c’est compris ? »
Oui, Sire, répond la Princesse, à moitié soulagée.
Les convives n’échangent pratiquement plus un mot du reste de la soirée. Au moment de prendre congé, la reine Elisabeth, qui arbore à nouveau un sourire angélique, demande au Roi : « En fin de compte, et sans vouloir abuser de la charmante hospitalité de votre merveilleux pays, je souhaiterais rester avec ma fille encore quelque temps, pour m’assurer qu’elle est bien installée et que sa grossesse pourra s’achever dans les meilleurs conditions. Cela vous gênerait-il ? »
Comme il vous plaira, répond courtoisement le Roi. Que puis-je refuser à la veuve de mon regretté ami, le roi Albert ?


Dernière édition par Casus Frankie le Mer Jan 14, 2015 18:40; édité 1 fois
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egdltp



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MessagePosté le: Mer Jan 14, 2015 17:30    Sujet du message: Elisabeth en Italie lors de la "Noël de sang" ? Répondre en citant

Serait il possible que la reine mère belge resta en Italie jusqu'à fin 42 et qu'elle rejoignent ses petits enfants ensuite ?
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Anaxagore



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MessagePosté le: Mer Jan 14, 2015 17:43    Sujet du message: Répondre en citant

"Chez les Savoie, les femmes ne font pas de politique"... C'est le hommes qui ne devraient pas faire de politique dans cette famille... Rolling Eyes
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Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
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Imberator



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MessagePosté le: Mer Jan 14, 2015 17:46    Sujet du message: Répondre en citant

Ingénieux !

Avec la précipitation des évènements FTL, la grossesse de la princesse va lui épargner son exil suisse. Ainsi, placée en "réserve de la monarchie", elle pourra, le moment venu, continuer à y jouer un rôle politique et, qui sait, contribuer activement à la sauver.
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Point ne feras de machine à l'esprit de l'homme semblable !
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dado



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MessagePosté le: Mer Jan 14, 2015 18:01    Sujet du message: Répondre en citant

Effectivement Smile

Par contre si la reine Elisabeth reste en Italie, elle ne pourra probablement pas rentrer en Belgique avant la libération du pays non?

Citation:
3 novembre 1942
STO en Belgique
[...]Mes compatriotes se refusent à comprendre pourquoi la Belgique est contrainte de maintenir son exportation de charbon vers la France[...]


Vers la France? Je m'attendais à ce que le charbon de Belgique et du nord de la France soit exporté l'Allemagne, mais peut être que c'est une exportation de charbon pour faire tourner les industries françaises essentielles à l'effort de guerre allemand?

Citation:
4 novembre 1942
Une princesse dans la guerre
[...]: lui aussi a aussi entendu parler de la possibilité d’une abdication suivie d’une régence.

répétition de aussi
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Wil the Coyote



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MessagePosté le: Mer Jan 14, 2015 18:05    Sujet du message: Re: Elisabeth en Italie lors de la "Noël de sang" Répondre en citant

egdltp a écrit:
Serait il possible que la reine mère belge resta en Italie jusqu'à fin 42 et qu'elle rejoignent ses petits enfants ensuite ?


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Benoit XVII



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MessagePosté le: Mer Jan 14, 2015 19:06    Sujet du message: Répondre en citant

Quelques commentaires sur cet épisode:
- Il y avait un placeholder dans la chrono concernant une médiation belge qui n'a jamais existé OTL. C'est sur cet épisode que je brode. Elle remplace en quelque sorte la tentative de Capodilista OTL, également pilotée par MJ, et qui causa le courroux de VE-III et finalement l'exil de MJ
- La scène du dîner est pratiquement historique (y compris le choix des mots, sauf les allusions à la grossesse de MJ), du moins jusqu'à l'intervention d'Elisabeth, qui n'était évidemment pas présente historiquement.
- L'arc belge (STO / Gouvernement de Londres / Léopold III) combine des événements historiques de 1942 et 1943, sauf bien sûr les contacts avec Alger
- La situation surréaliste de l'ambassadeur Nieuwenhuys est parfaitement historique ! Ca ne s'invente pas...mais c'est très belge.

Benoit
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Hendryk



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MessagePosté le: Mer Jan 14, 2015 22:03    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Mais n’y a-t-il pas une meilleure solution ? Je ne sais pas, moi, un couvent isolé, peut-être ? »

J'espère que personne n'aura l'idée de l'envoyer à l'abbaye du Mont Cassin...
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dado



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MessagePosté le: Mer Jan 14, 2015 23:19    Sujet du message: Répondre en citant

Pourquoi pas? C'est un monument magnifique et très bien conservé, qui fait la fierté des italiens et le bonheur des touristes (en FTL du moins...)
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Jan 15, 2015 10:53    Sujet du message: Répondre en citant

Grâces soient rendues à Folc pour nous avoir trouvé un beau couvent, que je ne peux qu'encourager les lecteurs à visiter...


1er décembre 1942
STO en Belgique – Protester publiquement ou non ?
Laeken
– Louis Fredericq, le chef de cabinet de Roi, reçoit une délégation composée de plusieurs personnalités, parmi lesquelles Charles De Visscher, l’industriel Léon Bekaert, le magistrat Walter Ganshof Van der Meersch et le juriste Paul Struye. Tous insistent encore sur la nécessité d’une protestation publique. De Visscher, maintenant au courant de la mission Xavier, se fait particulièrement insistant sur ce point. Il affirme à Fredericq que l’Italie est sur le point de basculer et ajoute : « Il est temps que tous les Belges unissent leurs efforts, où qu’ils soient ! ».

La princesse et le Monseigneur
Rome
– Marie-José informe Monseigneur Montini de sa situation et lui demande s’il peut lui conseiller un couvent, de préférence pas trop loin de la capitale, où elle pourrait trouver refuge avec sa mère et ses enfants. Montini lui suggère alors de choisir pour sa retraite forcée le couvent Vanvitelliano des sœurs augustines de la Madonna del Buon Consiglio (Notre-Dame du Bon Conseil), dans la petite ville de Genazzano, une cinquantaine de kilomètres à l’est de Rome. Fondé en 1467, le couvent dépend directement du Saint-Siège et non de l’ordinaire diocésain.
Marie-José informe le duc Acquarone, qui approuve cechoix. Le départ est prévu pour le lendemain dans la soirée, en voitures banalisées pour éviter d’attirer l’attention. Enfreignant déjà les consignes du Roi, Marie-José se confie à son vieil ami, l’archéologue Zanotti Bianco, dans les allées discrètes du jardin du Quirinal.

2 décembre 1942
STO en Belgique – Combien de divisions ?
Belgique
– Une lettre pastorale des évêques de Belgique condamnant fermement le travail obligatoire est lue dans toutes les églises du pays. Dans les prochains mois, le mouvement de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne, sous la direction de Victor Michel, va jouer à travers le réseau Socrate un rôle critique pour soustraire les jeunes Belges à la déportation vers l’Allemagne.
[OTL]

Une princesse (et sa famille) dans la guerre
Genazzano
– Au début de cette sombre soirée d’hiver, un convoi de quatre voitures arrive au couvent des sœurs augustines de la petite ville. En descendent la princesse Marie-José, sa mère la reine Elisabeth de Belgique, les trois enfants royaux (Maria-Pia, Vittorio-Emanuele et la petite Maria-Gabriella), ainsi que Miss Smith, leur gouvernante anglaise, et une escorte discrète – quatre carabiniers royaux. Prévenue par Mgr Montini de l’arrivée de tout ce monde, la Mère supérieure les accueille et les dirige vers une aile isolée du bâtiment, où l’on a préparé pour ces hôtes exceptionnels quatre chambres pour le moins dépouillées.

3 décembre 1942
Une reine qui aime l’art
Genazzano
– La reine Elisabeth, incognito, décide de reconnaître son nouvel environnement. Elle souhaite d’abord admirer la fameuse fresque miraculeuse de la Vierge à l’Enfant, située dans le sanctuaire de la Madone. La fresque aurait été apportée par des anges le 25 avril 1467 après qu’elle se fût détachée elle-même de la paroi de la basilique de Scutari, en Albanie, où elle se trouvait, pour se soustraire aux Turcs. La chose ne présente aucune difficulté, le sanctuaire se trouvant dans le couvent lui-même, bâti sur le site de l’ancienne église Sainte Marie (que l’on continue d’appeler dans la région Notre Dame d’Albanie).
Mais la petite ville recèle beaucoup d’autres trésors artistiques et Elisabeth a décidé de tout voir… Il y a bien sûr le Nymphée attribué à Bramante, mais aussi le château des Colonna, les ruines du monastère Saint-Pie, le palais Apolloni, etc.

4 décembre 1942
Une reine qui aime l’art
Genazzano
– La Mère supérieure demande à la reine Elisabeth de se montrer plus discrète. Elle devrait dorénavant éviter de sortir de l’enceinte du couvent pendant la journée et il serait bon que, même la nuit, elle ne sorte qu’accompagnée et habillée en nonne. En effet, si on la reconnaissait, la sécurité des illustres hôtes du couvent pourrait être compromise.
C’est donc Schwester Elisabeth von Rethy (1) qui va faire le tour de toutes les curiosités de la région. Inconsolable depuis la mort de son époux, un colonel bavarois des troupes de montagne tué lors de la campagne du Péloponnèse, elle est censée avoir pris le voile il y a quelques mois chez les augustines hospitalières de Würzburg et parfaire à présent sa formation religieuse par une retraite de quelques semaines chez les Augustines contemplatives de Notre-Dame du Bon Conseil.
La pauvre Marie-José, qui ne peut plus cacher son état même sous l’habit des Augustines, doit, elle, rester cloîtrée avec ses enfants dans son aile du sanctuaire. Elle aura cependant le loisir d’admirer la splendide collection de la Biblioteca Vasqueziana.

[7 décembre - Conclusion de l’armistice]

9 décembre 1942
STO en Belgique
Bruxelles
– C’est au tour de Walthère Dewé, dirigeant du réseau de renseignement Clarence, de mettre en garde le comte Capelle contre le silence du Roi. Il l’informe que des cercles socialistes avec lesquels il est en contact commencent à plaider ouvertement pour l’instauration de la république. Il préconise une protestation énergique contre les déportations et un rapprochement avec le gouvernement Pierlot, qui pourraient seuls couper les ailes à ce mouvement.

11 décembre 1942
Le Chancelier n’est pas content
Bruxelles-Laeken
– Kiewitz informe Van Overstraeten que la lettre de Léopold III a été très mal reçue par Hitler, alors même que le texte en avait été caviardé par Meissner pour en supprimer les passages les plus virulents. Le Chancelier (puisque c’est par ce titre que Léopold s’est adressé à lui) estime que les Belges n’ont vraiment pas à se plaindre, alors que les événements d’Italie et de Russie requièrent toute son attention. De plus, la révocation et l’emprisonnement de Mussolini font douter Hitler de la fidélité de l’Italie à l’Axe. A l’avenir, il ne fera plus preuve de la même mansuétude à l’égard du Roi du fait de ses liens de parenté avec les Savoie.
L’avertissement est on ne peut plus clair. D’ailleurs, la garde du Roi est aussitôt renforcée.
[Conflation de plusieurs éléments OTL]

14 décembre 1942
L’Union fait la Force
Du courrier pour le Roi
Malines
– Le cardinal Van Roey reçoit François Dekinder – “Xavier” – dans son petit bureau de l’archevêché. L’envoyé spécial du gouvernement belge remet au cardinal une lettre du Premier ministre Pierlot sollicitant son entremise pour faire parvenir au Roi la lettre du Gouvernement.
[La rencontre a eu lieu fin 1943 OTL, et Van Roey avait réussi dans un premier temps à faire évoluer le Roi]
Monsieur Dekinder, en tant que patriote et homme d’église, je ne puis qu’appuyer toute démarche visant à réconcilier Sa Majesté le Roi avec les Ministres de Londres. En effet, malgré les déclarations conciliantes de Monsieur Pierlot à la radio de Londres, la situation actuelle crée de la confusion dans l’esprit de la population. Si elle perdurait, elle ne pourrait que compliquer le rétablissement du cours normal de nos institutions à la libération du pays, libération que nous espérons tous voir survenir le plus vite possible.
Je ne puis, hélas, que marquer mon accord avec Votre Eminence. Je dois ajouter que cette querelle déforce le Gouvernement auprès de nos Alliés, alors même que l’effort militaire de la Belgique est le plus important de toutes les… moins grandes puissances. Et nos soldats ne peuvent souffrir le moindre doute quant au soutien que leur apporte le Roi alors qu’ils risquent leur vie pour la patrie en Italie, en Grande-Bretagne et même en Asie, sur terre, sur mer et dans les airs. Même si le sentiment de fidélité envers la dynastie et à notre monarque reste très vivace dans l’armée, certains, surtout du côté wallon, se posent bien des questions quant à l’attitude de Sa Majesté.
Oui, les informations qui me reviennent évoquent un état d’esprit similaire dans certaines villes wallonnes, surtout Liège et Charleroi. Certains troupeaux sont moins dociles et leurs brebis moins à l’écoute de leurs pasteurs… Vous avez raison, cette querelle doit prendre fin. Tout le monde a péché dans cette affaire, par orgueil ou par ignorance. Il faut unir les forces pour abattre définitivement le Mal qui s’est abattu sur l’Europe. Si je comprends bien, vous voudriez que je remette un message du Gouvernement au Roi ?
J’ai ici une épreuve photographique de la lettre, signée par tous les membres du Gouvernement. Il faudrait la remettre en mains propres au Roi. Le but de la démarche est avant tout de permettre une transition constitutionnelle sans heurts le jour venu. Je suis toutefois autorisé à ajouter que si Sa Majesté marque Son accord avec les conseils respectueux que lui font ainsi parvenir Ses Ministres, le Gouvernement se fait fort d’obtenir l’appui de nos Alliés pour tenter une évasion.
– Une évasion !
– Oui, Votre Eminence… Si, bien sûr, Sa Majesté jugeait opportune une telle opération.

Le cardinal prend connaissance du document que lui tend Dekinder. Il fronce de plus en plus les sourcils au fur et à mesure de la lecture…
Eh bien, quel texte ! On ne peut certes reprocher aux Ministres de manquer de franchise. Ces Messieurs de Londres nous auraient cependant facilité la tâche si certaines choses étaient exprimées de façon plus nuancée, sur un ton… moins impératif. Passe encore que le Roi doive condamner la Collaboration et approuver la poursuite de la guerre en dépit de la capitulation du 28 mai 1940. On peut même, en forçant l’optimisme, imaginer qu’Il accepte rétrospectivement les actes posés par les Ministres dans la conduite de la guerre. Et vous pouvez les rassurer que le Roi a bel et bien l’intention de protester contre le travail obligatoire en Allemagne. Mais remettre en cause des personnalités de Son entourage en les accusant de sympathie envers l’Allemagne, est-ce bien adroit ? De plus, je crains que l’absence de toute espèce de regret vis-à-vis de certaines déclarations pour le moins maladroites de mai-juin 1940 ne nous fasse guère avancer.
– Monseigneur, vous connaissez mon beau-frère. C’est l’intégrité même, mais il manque de cette rondeur qui facilite les relations humaines. Il a toujours agi dans l’intérêt supérieur de la Nation, et les événements sont en train de donner raison aux choix qu’il a posés.
– Certes, certes. Quoi qu’il en soit, il faut tenter quelque chose. Il est prévu que je me rende à Laeken le jour de Noël, j’en profiterai pour mener la démarche que vous me demandez. Vous me permettrez toutefois d’utiliser mes propres mots pour aborder le Roi, sans faire immédiatement référence à ce document. Nous devons procéder par petites touches successives si nous voulons aboutir.
– Comme il plaira à Votre Eminence, vous êtes meilleur juge que moi du caractère du Roi. Mais je dois ajouter que le Gouvernement attend de Sa Majesté une prise de position sans équivoque par rapport aux points cités dans la lettre.
– C’est entendu,
soupire le cardinal.
Au moment de s’en aller, Dekinder se retourne brusquement, comme s’il avait oublié quelque chose. Il met la main à la poche de son veston et extrait, après quelques tiraillements, une enveloppe soigneusement dissimulée dans une doublure et sur laquelle une main enfantine a inscrit : « Pour Papa ». Il la remet sans mot dire au cardinal, qui hoche la tête et répond simplement : « Je vois… Je vais m’en charger également ».

Note
1- Rethy était un des titres de courtoisie utilisés par la famille royale belge pour voyager incognito.
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ladc51



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MessagePosté le: Jeu Jan 15, 2015 12:02    Sujet du message: Répondre en citant

Palpitant, bravo ! on se demande vraiment si le sort de la monrchie italienne sera différent FTL (personellement, je ne le crois pas, mais j'en suis moins certain qu'il y a qques semaines...)

la suite svp...
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Laurent
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dado



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MessagePosté le: Jeu Jan 15, 2015 12:10    Sujet du message: Répondre en citant

C'est vrai que c'est très intéressant, la seule présence de la princesse Mari-José et de sa mère du "bon" côté va changer bien des choses.
...D'ailleurs, je suis pris d'un doute: vous n'auriez pas osé leur choisir un couvent proche de la ligne de front pour provoquer d'autres péripéties, n'est-ce pas? Il va se passer quoi à Genazzano? Vivement la suite! Laughing
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