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1940 - La France continue la guerre
 
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Une princesse (et sa famille) dans la guerre - 1942
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Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Fantasque Time Line Index du Forum -> 1942 - Politique intérieure, Diplomatie, Information
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Casus Frankie
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Inscrit le: 17 Oct 2006
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MessagePosté le: Lun Jan 12, 2015 14:00    Sujet du message: Une princesse (et sa famille) dans la guerre - 1942 Répondre en citant

3 février 1942
La Princesse et le bibliothécaire
Rome
– En visite chez son amie Giuliana Benzoni, la princesse Marie-José rencontre Alcide de Gasperi. Sous couvert d’un emploi discret à la bibliothèque vaticane, l’ancien député du Parti Populaire travaille à la constitution d’un grand parti Démocrate-Chrétien. Il conseille à Marie-José de contacter un de ses collègues, Guido Gonella, l’auteur des fameux Acta diurna publiés dans l’Osservatore Romano et qui dérangent tant le régime mussolinien.

1er mars 1942
La Princesse et le journaliste
Rome, Cité du Vatican
– Sous le prétexte de consulter des ouvrages anciens conservés au Vatican, la princesse Marie-José rencontre le journaliste Guido Gonella, un des autres dirigeants de la Démocratie Chrétienne clandestine. Elle teste notamment avec lui les noms de candidats disponibles pour constituer un gouvernement susceptible de plaire à la majorité des Italiens et au souverain. Gonella a bien connu un certain Monseigneur Montini à la Federazione Universitaria Cattolica Italiane, quand il y dirigeait la revue Azione Fucina alors que le prélat en assurait l’aumônerie générale.

8 avril 1942
La Princesse et le Professeur
Rome
– La princesse Marie-José reçoit le professeur Carlo Antoni, un élève de Croce qui enseigne le droit constitutionnel à l’université de Padoue. Il a fallu tout le charme et l’insistance de la marquise Benzoni pour que ce libéral antimonarchiste accepte l’entrevue. Il doit éclairer la Princesse sur les modalités d’un changement de régime.
Son opinion est limpide : « L’entrée en guerre des Etats-Unis a signé la défaite de l’Italie. Sans doute l’Allemagne pourrait-elle encore tenir les Alliés en respect sur le reste du continent, du moins tant que Staline continuerait à la soutenir. Mais avec toutes les puissances navales liguées contre elle, comment l’Italie peut-elle espérer tenir ? La nation toute entière, y compris les républicains, attend un geste de la part du Roi. Face à une initiative courageuse, la question institutionnelle sera accessoire. La seule chance de survie de l’Italie est la destitution de Mussolini, qui vaudrait à l’Italie le respect de ses adversaires. Et encore, parce qu’il y a aussi les Français… ». Antoni ajoute que l’implication de Badoglio dans un coup d’état éventuel serait indispensable pour s’assurer la collaboration des forces armées.
Finalement séduit par la sincérité et la vivacité de la Princesse, Antoni la reverra régulièrement au cours des mois suivants, sous prétexte de lui donner des cours de philosophie.

11 mai 1942
La Reine et l’écrivain
Vézelay
– Effectuant un court séjour à Paris et Fontainebleau, la reine Elisabeth décide de rendre visite à son vieil ami Romain Rolland dans son ermitage bourguignon. Elle est accompagnée de sa dame d’honneur, la comtesse Ghislaine de Caraman-Chimay. Tous trois conversent pendant six heures, discutant de l’état du monde, de la surprenante alliance entre l’Allemagne nazie et l’Union soviétique, de la famille de la Reine, de musique, de Claudel, etc. Au moment de partir, l’écrivain remet à la Reine et à la Comtesse un exemplaire de son Voyage intérieur récemment paru.

27 mai 1942
Etoile jaune
Belgique
– Une ordonnance de la Militärverwaltung oblige les Juifs âgés de 6 ans et plus à porter une étoile jaune.

29 mai 1942
Etoile jaune
Belgique
– Une nouvelle ordonnance impose aux Juifs de passer la nuit dans l’habitation où ils sont enregistrés.

31 mai 1942
Etoile jaune
Laeken
– Ayant appris les nouvelles dispositions frappant les Juifs de Belgique, la Reine Elisabeth, qui compte de nombreux Juifs parmi ses amis artistes et savants, arbore à sa robe une broche en argent en forme d’étoile. D’étoile à cinq branches, sans doute, mais l’allusion n’échappe à personne. D’autant plus qu’afin de parfaire la provocation, elle précise à ses visiteurs que ce bijou lui a été offert par le Négus d’Ethiopie.

1er juin 1942
La princesse et le policier
Naples
– Alors que l’Axe s’est fait un nouvel et immense ennemi avec l’invasion de l’Union Soviétique, la princesse Marie-José redouble d’efforts pour construire une coalition en vue de renverser le régime mussolinien. Elle rencontre Carmino Senise, l’ancien chef de la police secrète, pour sonder la disponibilité de l’armée et de la police en vue d’un renversement du régime. Senise, qui a couvert discrètement les agissements de la Princesse tant qu’il a été aux commandes de la police secrète, lui exprime qu’il est fatigué du fascisme et qu’il est bien temps de passer à autre chose. Au moins Mussolini, les mains pleines en Méditerranée, n’a-t-il pas commis la folie d’envoyer des troupes italiennes sur le front russe.

26 juin 1942
La Princesse et le Président
Rome
– La princesse Marie-José, poursuivant ses consultations politiques, rencontre l’ancien président du Conseil, Ivanoe Bonomi. Celui-ci lui expose comment les événements devraient se succéder, selon lui : 1) arrestation de Mussolini ; 2) mise sur pied d’un gouvernement de coalition antifasciste avec l’appui de Badoglio pour la partie militaire ; 3) déclaration du nouveau chef du gouvernement disant que la guerre a été voulue par le régime et non par le peuple italien ; 4) demande d’armistice aux Alliés pour ne pas infliger d’humiliation à l’armée. La Princesse persuade Bonomi de solliciter une audience auprès du Roi pour l’exhorter à reprendre la situation en main et à former un nouveau gouvernement. Cependant, Victor-Emmanuel, se doutant peut-être de ce que Bonomi voudrait lui dire, trouvera toujours un prétexte pour repousser le rendez-vous pris…

12 juillet 1942
La Princesse et le Pape
Rome, Cité du Vatican
– Avant de repartir pour Naples, la Princesse Marie-José a obtenu une audience secrète auprès du pape Pie XII, à laquelle elle se rend seule. Le Pape lui répète toute l’aversion que lui inspirent Hitler et le régime nazi. Il se dit également prêt à faire tout ce qu’il peut pour accélérer la fin du conflit et des souffrances qui l’accompagnent.
Inquiète de l’évolution de la situation, la Princesse s’enquiert auprès du Saint-Père des dispositions des Américains envers l’Italie. Elle espère en effet que la nombreuse communauté italienne aux Etats-Unis vaudra à son pays une certaine indulgence de la part des nouveaux venus dans le conflit. Alors que le Pape évite de répondre à la question, elle insiste : « Que penseraient les Américains si Mussolini était renversé et si l’Italie suspendait les hostilités ? Quelle serait alors leur attitude par rapport à la monarchie ? »
– Honnêtement, je n’en sais rien ; je crois qu’ils penseraient la même chose que l’opinion publique italienne,
répond le Pape, énigmatique.
Et que penserait l’opinion publique italienne ?
– Si vous voulez le savoir, je vais me renseigner, et je m’arrangerai pour vous faire connaître la réponse. Mais dites-moi, ce renversement de Mussolini, est-ce une hypothèse sérieuse ?
interroge le Pape avec une fausse ingénuité.
La Princesse décrit alors au Pape, vivement intéressé, les contacts qu’elle a établis au cours des derniers mois. Tous deux conviennent de la nécessité de rester en contact étroit. Cependant, pour éviter à l’un comme à l’autre de se compromettre, le Pape suggère de passer par Monseigneur Giovanni Battista Montini, son Substitut aux Affaires Ordinaires, dont la fonction justifie de nombreux contacts avec les diplomates des deux camps.

30 juillet 1942
Alla gloria militar !
Rome
– Conformément au rapport du général Messe, la création d’une 6e Armée chargée de la défense de la Sicile est décidée. Elle est confiée au général Alfredo Guzzoni, tiré de sa récente retraite. Elle regroupera les XIIe et XVIe Corps d’armée, déjà présents dans l’île.
En même temps est mise sur pied une 7e Armée, confiée au général “désigné d’armée” Adalberto di Savoia-Genova et chargée de la défense du sud de la péninsule.
La 3e Armée du général Caracciolo di Feroleto reste chargée de défendre la côte tyrrhénienne de La Spezia à Rome, plus la Corse et la Sardaigne.
Le prince héritier Umberto est nommé Commandant en chef du Groupe d’Armées Sud, qui inclut ces trois armées. Le poste à l’intitulé ronflant dévolu à l’héritier du trône est essentiellement honorifique, mais Umberto n’en installera pas moins très sérieusement son quartier général à Tarente, face à la supposée menace alliée, dès le début du mois d’août.
Quant à l’armée mobile de contre-attaque, destinée à être stationnée sur les territoires des 3e et 7e Armées, c’est Messe lui-même qui, comme général “désigné d’armée”, va avoir la tâche de la constituer et de la rendre efficiente. Cette armée mobile a déjà un nom et même deux : 1ère Armée ou Armée d’Orient (Armata di Levante). La seconde désignation – qui peut faire référence à un nouvel effort en Grèce, voire en Russie – plaît beaucoup, car elle paraît propre à égarer les services de renseignement ennemis sur son rôle. Elle est indépendante du Groupe d’Armées Sud.
Evidemment, tout n’est pas parfait dans la nouvelle organisation. La situation de la Sicile est loin d’être significativement améliorée. Avec la 6e Armée, l’île a désormais une défense autonome, mais aucun renfort d’importance n’est prévu et l’on a laissé sous le boisseau la question de savoir si l’Armée d’Orient était susceptible ou non de se porter à son secours. On finira aussi par se dire que le territoire défendu par la 3e Armée restait encore trop grand. Après le débarquement allié en Sicile, on en détachera la région de Rome même, confiée à une quatrième armée de défense qui n’en aura pas officiellement le nom.

31 juillet 1942
Une princesse dans la guerre
Naples
– De la Villa Maria Pia (ex- et future Villa Rosebery), sa résidence sise sur la colline du Pausilippe, en bordure du golfe de Naples, la princesse Marie-José de Piémont observe, horrifiée, le bombardement du port et de la ville par les quadrimoteurs alliés.

1er août 1942
Une princesse (et sa famille) dans la guerre
Naples
– Assumant pleinement ses fonctions à la Croix-Rouge, la princesse Marie-José visite les quartiers dévastés par les bombes aux alentours du port, ainsi que les hôpitaux de la ville, débordés par les nombreux blessés. Le spectacle désolant qui s’offre à elle malgré l’accueil chaleureux de la population ne fait qu’affermir sa conviction qu’il faut au plus vite sortir l’Italie du conflit.

Etoile jaune
Laeken
– La reine Elisabeth reçoit en audience une délégation de l’Association des Juifs de Belgique, composée de Lazare Liebman, Salomon Vanden Berg et Eugène Hellendael. Ils font à la Reine une description déchirante des déportations qui frappent indistinctement vieillards, hommes et femmes, enfants et nourrissons, sans qu’il soit même tenu compte des liens familiaux. La Reine se montre extrêmement émue au cours de l’entretien et promet de faire tout ce qui sera en son pouvoir. En fin d’audience, au moment où ils la remercient, elle répond : « Ce n’est pas moi que vous devez remercier, mais mon fils. »

2 août 1942
Une princesse trop populaire
Naples
– Le duc Acquarone intime à Marie-José l’ordre de quitter la Villa Maria Pia avec ses enfants et de revenir à Rome. Il invoque des motifs de sécurité, mais les acclamations qui ont accompagné ses visites de la veille n’ont pas réjoui tout le monde, alors que la colère gronde contre le régime mussolinien et la dynastie de Savoie.

4 août 1942
La Princesse et les Ambassadeurs
Rome
– La princesse Marie-José fait parvenir un courrier aux ambassadeurs anglais et français auprès du Saint-Siège, Sir d’Arcy Osborne et Wladimir d’Ormesson. Encore sous le choc de ce qu’elle a vu à Naples, elle leur demande, avec une réelle candeur, de transmettre à Londres et à Alger que « le peuple italien souffre énormément et [que] son ressentiment ne fait que croître face aux cruels bombardement infligés aux villes. Le désespoir et la haine ne favoriseront pas la compréhension et la coopération entre nos trois pays ».
Les deux ambassadeurs, sans doute à la fois touchés et gênés, s’accordent pour lui répondre dans une lettre commune dépourvue d’en-tête et de formules de politesse, afin de bien lui rappeler que – malgré les origines familiales de la Princesse – ils représentent des nations ennemies. Ils s’y engagent à contacter leurs gouvernements respectifs pour leur suggérer d’accompagner les bombardements de lâchers de tracts expliquant à la population les raisons de tels actes de guerre. Percevant qu’une telle réponse pourrait sembler ironique et de mauvais goût, ils concèdent que cela « ne représente qu’une maigre consolation. Ce n’est pas la première fois que nous intervenons à propos des bombardements de l’Italie. Le système tout entier est condamnable. Mais ce n’est pas nous qui l’avons inventé ! ».
[Episode OTL, hormis l’implication de l’Ambassadeur de France]

6 août 1942
Une princesse dans la guerre
Rome
– Marie-José part avec ses trois enfants pour le château de Sarre, où Umberto les rejoint bientôt. Ils comptent passer le reste de l’été dans la fraîcheur relative des Alpes valdôtaines.

13 août 1942
La Princesse et le Maréchal
Cogne, Val d’Aoste
- Alors que la princesse Marie-José séjourne depuis le début du mois au château de Sarre avec ses enfants, elle se rend à Cogne pour y rencontrer le maréchal Badoglio, lequel est resté sur la réserve depuis sa démission en novembre 1940. Tous deux se retrouvent à la Villa Miceli, chez un industriel qui a compris qu’il valait mieux prendre ses distances par rapport au régime.
Après les politesses d’usage, la conversation porte très vite sur la guerre : « Hitler est complètement fou d’avoir attaqué la Russie ! s’exclame Badoglio. Avec la France et l’Angleterre qui contrôlent la Méditerranée et les Américains qui montent progressivement en puissance, l’Allemagne ne peut plus espérer l’emporter. Et même si elle y parvenait, ce serait loin d’être une libération pour l’Italie. Quel malheur que Mussolini ait entraîné notre pays à la suite de cet insensé ! »
– Monsieur le maréchal, j’ai encore vu à Naples il y a quelques jours les souffrances indicibles que ce conflit inflige à la population. N’y a-t-il donc rien que nous puissions faire ?
– Hélas, Madame, notre Duce est plus que jamais sous l’emprise d’Hitler. Rien ne pourra se faire tant qu’il restera au pouvoir. Nous aurions sans doute dû tenter quelque chose durant l’hiver 1940-41, comme Votre Altesse l’avait suggéré à l’époque. Mais peu après, la reprise de la Sardaigne a donné un second souffle au régime.
– C’est en 1938, lors de la crise de Munich, que nous aurions dû tenter quelque chose ! Quel dommage que l’armée ait reculé à la dernière minute ! Mais j’ai rencontré plusieurs personnalités de l’opposition ces derniers mois, et tous nous adjurent de faire quelque chose avant qu’il ne soit trop tard. Pas plus tard qu’il y a deux mois, j’ai pu convaincre Bonomi d’aller voir le Roi, il s’efforce en ce moment d’obtenir une audience. Bonomi pense aussi que vous devez jouer un rôle central dans toute initiative, afin de garantir que l’armée suive.

Badoglio hésite quant à l’attitude à adopter vis-à-vis des initiatives de la Princesse : « Certes, Votre Altesse… Bonomi est quelqu'un qui pourrait jouer un rôle important en cas de changement de régime, et je travaillerais volontiers avec lui. Pour ma part, j’entretiens quelques contacts avec des officiers fiables de l’armée, qui pourraient nous aider le moment venu. Je compte que le général Ambrosio sera bientôt appelé à de hautes fonctions.
– Ambrosio ? Quelle excellente idée ! C’est un homme sensé, qui comprendra quelle attitude adopter. Je ferai ce qu’il faut pour l’appuyer de mon côté. Lui saura comment nous sortir de cette guerre monstrueuse.
– Madame, je crains qu’il soit impossible de rompre unilatéralement notre alliance avec l’Allemagne. Hitler nous envahirait aussitôt, avant que qui que ce soit puisse réagir. Hélas, la guerre continuera, quoi qu’il arrive !
– Mais, Monsieur le maréchal, il semble qu’à présent, même certains militaires allemands soient pessimistes quant à l’issue du conflit. Continuer dans ces conditions, c’est du suicide. Le renversement du régime et un armistice avec les Alliés sont indissolublement liés. Monsieur Bonomi était très explicite sur ce point.
– Nous n’en sommes pas encore là, loin s’en faut ! Vous savez que Sa Majesté s’en tient strictement aux règles constitutionnelles : à Ses yeux, tout changement de régime doit passer par une décision du Grand Conseil. J’ai encore parlé récemment à des conseillers de Sa Majesté pour persuader le Roi de prendre l’initiative, mais en vain. Mais peut-être avez-vous des informations quant à ses orientations ?
– J’ai peu de contacts directs avec Sa Majesté, et encore moins à ce sujet. Vous savez ce qu’Il pense de l’implication des femmes en politique. Acquarone s’est borné à me répéter que le Roi est favorable à la formation d’un gouvernement démocratique.
– Il faudrait cependant que Sa Majesté donne un ordre clair.
– Ah donc,
lâche impulsivement la princesse, si le Roi ne se décide pas à faire un coup d’état, je le ferai moi-même, en accord avec le prince Umberto !
Interloqué, Badoglio fixe la Princesse, sans trouver les mots pour réagir. Il rapportera plus tard ces propos imprudents à Acquarone, qui en fera part à son tour à Victor-Emmanuel III. Le Roi y lira la volonté de Marie-José d’écarter Umberto au profit de son fils, le jeune Victor-Emmanuel, et d’instaurer une régence à son profit pendant la minorité de ce dernier. Bien entendu, cela ne fera que nourrir et amplifier son animosité envers sa belle-fille.
Après quelques instants, Marie-José reprend : « J’ai prévu de partir à Bruxelles fin septembre, pour y visiter ma mère et mes frères. Qui sait, peut-être n’aurai-je plus l’occasion de les revoir avant longtemps. Pensez-vous que la situation militaire le permettra ? »
– Certainement, Votre Altesse. Les Alliés sont embourbés dans le Péloponnèse, et ils n’ont pas les moyens de mener une autre opération d’envergure à court terme en Méditerranée, répond Badoglio, sûr de lui. Il faudra bien encore quelques mois avant que l’effort de guerre américain porte ses fruits.

(à suivre, dès demain)
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Anaxagore



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MessagePosté le: Lun Jan 12, 2015 19:19    Sujet du message: Répondre en citant

12 juillet -> répétition du mot "contact"
_________________
Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
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dado



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MessagePosté le: Lun Jan 12, 2015 19:27    Sujet du message: Répondre en citant

Passionnant ce récit, j'aime bien les titres: La Princesse et l'Histoire!

Qu'est-ce qui est OTL et qui change FTL? En dehors des allusions à L'URSS: "la surprenante alliance entre l’Allemagne nazie et l’Union soviétique" encore en vigueur début 42, ou le fait que l'Italie n'envoie aucune troupe en URSS, et de l'épisode avec les diplomates anglais et français- OTL il doit y avoir uniquement le diplomate anglais je suppose. Les visites aux divers hommes politiques, au Pape et à Badoglio sont-ils OTL (et sont-ils décalés dans le temps?)

Il y a aussi le mauvais timing de sa visite en Belgique (OTL aussi?), si elle se retrouve bloquée du mauvais côté, elle risque pour son implication dans le renversement du régime mussolinien le même sort que la Princesse Mafalda (Mussolini n'a même pas cherché à sauver son beau-fils Ciano, il ne fera rien pour la protéger), contrairement à OTL où elle s'en tire... Sad
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Benoit XVII



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MessagePosté le: Lun Jan 12, 2015 21:00    Sujet du message: Répondre en citant

Tout est pratiquement historique, à l'exception des changements les plus évidents. J'ai juste dû deviner quelques dates à l'occasion.

Pour la visite en Belgique, vous verrez bien au prochain épisode... Les choses vont commencer à diverger plus sérieusement.

Benoit
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dado



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MessagePosté le: Lun Jan 12, 2015 22:03    Sujet du message: Répondre en citant

D'accord merci Smile
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Jan 13, 2015 15:14    Sujet du message: Répondre en citant

3 septembre 1942
La Princesse et le Monseigneur
Rome
– La rencontre suivante de Marie-José est pour Monseigneur Montini, l’intermédiaire dont elle était convenue avec le Pape. Marie-José lui parle du « désespoir du peuple italien et de la nécessité de mettre fin à la dictature pour épargner à l’Italie les conséquences néfastes d’une guerre perdue d’avance ». Alors que la Princesse lui narre par le menu toutes ses démarches, en ce compris son récent entretien avec Badoglio, Montini prend minutieusement note de tous les détails dans un cahier. Il se propose de tester l’attitude des Etats-Unis à l’égard d’une sortie éventuelle de l’Italie du conflit par l’intermédiaire de Myron Taylor, l’envoyé spécial de Roosevelt au Vatican. Tous deux conviennent de se revoir quinze jours plus tard dans un endroit discret.

7 septembre 1942
La Princesse et le Général
Rome
– De retour à Rome, la princesse Marie-José reçoit le nouveau chef de l’Etat-Major général, le général Ambrosio, pour le féliciter de sa récente nomination. Officiellement, du moins, car elle veut surtout l’entretenir de l’évolution du conflit et l’enrôler dans sa conspiration. De fait, il ne leur faut pas longtemps pour se rendre compte qu’ils sont parfaitement d’accord sur la nécessité de renverser le régime et de sortir l’Italie de la guerre.

[19 septembre 1942- Débarquement allié en Sicile]

20 septembre 1942
La Princesse et le Monseigneur
Rome
– En début d’après-midi, Montini, vêtu de manière discrète (c’est à dire comme un simple prêtre), quitte la place Saint-Pierre à bord d’une voiture immatriculée au Vatican. Après avoir fait mille détours, il rejoint une rue isolée du quartier Parioli, où l’attend le colonel Arena, en civil également, dans une autre voiture. Les deux hommes échangent un signe de reconnaissance, puis le prélat change de véhicule.
Entretemps, Marie-José quitte le Quirinal, le visage dissimulé par des lunettes noires et un foulard. Après avoir semé les éventuels indiscrets en caracolant dans les rues, elle se rend à la villa des Grenier, via Luciani. Cet immeuble, propriété de Giovanella Grenier, dame d’honneur de la reine Elisabeth depuis 1927, a été choisi par les conspirateurs car il comporte deux entrées, idéales en cas de d’alerte.
Elle y retrouve Montini, amené par Arena. Tous deux s’informent mutuellement des derniers contacts pris. Ils supposent que l’invasion de la Sicile va probablement précipiter les événements. Montini indique que Taylor a obtenu une réponse directe de Washington à sa question : le président Roosevelt est bien disposé à l’égard d’une sortie éventuelle de l’Italie du conflit et les Etats-Unis assureraient le cas échéant le ravitaillement nécessaire.
Il conviendrait cependant de tester également les dispositions des autres grandes puissances alliées occidentales, à savoir la Grande-Bretagne et la France. Marie-José et le prélat décident alors de prendre contact avec Samuel Hoare, Ambassadeur de Grande-Bretagne en Espagne, qui a la réputation d’être plutôt favorablement disposé envers l’Italie. Trouver un diplomate du même genre du côté français semble nettement plus difficile. En désespoir de cause, il faudrait sans doute se rabattre sur Wladimir d’Ormesson, qui a au moins l’avantage d’être à portée de main !
Avant de conclure l’entrevue, Montini suggère à Marie-José d’organiser une rencontre entre Bonomi et le prince Umberto, puisqu’en dépit de l’insistance de Marie-José, le Roi n’accorde aucun intérêt à ce « revenant » de la politique italienne.

24 septembre 1942
La Reine et le Colonel
Laeken
– La reine-mère Elisabeth reçoit le colonel Kiewitz à la villa des Palmiers, dans son domaine du Stuyvenberg, en compagnie du comte Guillaume [Willy] de Hemricourt de Grunne, Grand-Maître de la Maison de la Reine. Une femme de chambre sert le thé puis se retire. La Reine, allongée dans sa duchesse, engage alors la conversation en allemand, sa langue maternelle : « Colonel, je suis tellement déçue ! Ma fille a dû annuler son voyage à Bruxelles en raison des… événements de Sicile. Cela fait un an que je ne l’ai plus revue. Et en plus, elle est à nouveau enceinte. »
[La visite de Marie-José à Bruxelles a eu lieu OTL à cette date, mais Elisabeth n’est partie que fin janvier pour l’Italie. J’avance pour des raisons somme toute logiques en FTL, mais qui vont mettre Elisabeth dans une situation piquante.]
Madame, je suis vraiment désolé d’apprendre cette contrariété, répond Kiewitz, l’air navré. La guerre impose de bien cruelles séparations aux familles les plus unies.
– Colonel,
intervient de Grunne sans détour, puisque les événements retiennent la princesse de Piémont en Italie, serait-il possible que Sa Majesté se rende elle-même en Italie auprès de sa fille et de ses petits-enfants ?
– Oui, mon cher Colonel ! Il y a six mois, vous avez organisé ma petite escapade en France avec tant de gentillesse et d’efficacité, ne pourriez-vous en faire autant cette fois-ci encore ?
plaide Elisabeth en fixant Kiewitz d’un regard où se mêlent imploration et obstination.
Mais, Madame, l’Italie est devenue vraiment dangereuse ! Avec tous ces bombardements…
– Oh, les bombardements ne me font plus vraiment peur, après quatre ans sur l’Yser ! Et puis, nous pouvons sûrement compter sur la Luftwaffe pour nous protéger des bombardiers anglo-américains, n’est-ce pas, Colonel ?
objecte la Reine avec une certaine espièglerie.
A cette évocation, le comte de Grunne tressaille et renverse sa tasse de thé. Confuse, la Reine reprend aussitôt : « Oh, je suis vraiment impardonnable. Voyez-vous, Colonel, le neveu de Willy, qui servait dans la Royal Air Force [en réalité dans un squadron belge], a été abattu au-dessus de la Manche l’année dernière. Nous sommes sans nouvelles depuis lors ».
Je suis sincèrement désolé pour votre neveu, Monsieur le Comte, compatit Kiewitz.
C’était un héros, un vrai chevalier du ciel, ajoute la Reine, emphatique, avant d’allumer une cigarette. Saviez-vous qu’il avait déjà combattu en Espagne, dans les rangs phalangistes ?
– Ce n’est rien, c’est la guerre pour tout le monde,
se ressaisit de Grunne, avant d’enchaîner : « Quant à ce voyage ? »
– Je vous promets de voir ce que je peux faire,
répond Kiewitz, qui s’essuie le front avec un mouchoir pour masquer son malaise. Vous comprendrez qu’il faudra d’abord que j’en réfère à Berlin.
– Bien sûr, Colonel, bien sûr. Vous êtes vraiment le plus charmant des gardiens,
lui lance la Reine en baissant les paupières et en portant sa tasse de thé aux lèvres.
Galant, Kiewitz s’incline avant de reprendre sa cape et d’ajuster sa haute casquette sur son crâne dégarni. Au moment de se retirer, il claque des talons en portant la main à la visière, évitant délibérément le salut hitlérien.

26 septembre 1942
Alla gloria militar !
Sessa Aurunca
– A présent qu’il paraît certain que la menace alliée ne porte pas sur les Pouilles, le prince Umberto déplace son état-major de Tarente à Sessa Aurunca, près de Caserte.
[événement OTL anticipé suite à l’invasion de la Sicile]


[28 septembre 1942 - Rencontre Hitler-Mussolini à Feltre]

30 septembre 1942
Prince clairvoyant et fils soumis
Rome
– A l’instigation de Marie-José, le prince Umberto et Ivanoe Bonomi ont une longue discussion sur la situation militaire et politique de l’Italie. Les deux hommes partagent la même analyse et s’accordent sur le fait que Badoglio doit prendre la tête d’un gouvernement militaire après avoir renversé Mussolini. Toutefois, lorsque Bonomi suggère à Umberto d’aller voir son père ensemble, accompagnés de Badoglio, le Prince le regarde fixement, sans répondre. « J’ai alors compris ce que la Princesse m’avait expliqué, racontera Bonomi : le fils ne veut rien faire contre la volonté de son père, pas même tenter de l’influencer dans le sens de nos projets. Le Prince a des idées claires et précises. Dommage qu’il n’ait pas la ferme volonté d’agir. »

3 octobre 1942
Une visite familiale et royale
Laeken
– Grâce à Kiewitz, qui a pu obtenir toutes les autorisations requises, la Reine Elisabeth part pour l’Italie. Le colonel l’escortera en voiture jusqu’à Cologne, d’où elle prendra le train pour Munich. Elle compte en effet s’arrêter quelques jours dans cette ville pour rendre visite à sa propre mère, la duchesse Marie-José en Bavière (1), qui, à 85 ans, voit sa santé décliner rapidement.

4 octobre 1942
La Princesse et le Monseigneur
Près de Rome
– Cette fois, c’est dans une petite maison de la banlieue romaine mise à leur disposition par le comte Solaro del Borgo que Marie-José et Montini se retrouvent pour se tenir au courant de leurs démarches respectives. Alors que Hoare a donné une réponse largement similaire à Taylor concernant la sortie éventuelle de l’Italie de la guerre, la réponse des Français a été beaucoup plus froide : Wladimir d’Ormesson a fait savoir, avec moult circonlocutions, qu’Alger attendrait de voir ce que feraient vraiment les Italiens et quelle équipe succèderait à Mussolini, avant de décider de son attitude… Devant l’accélération des événements, les deux comploteurs conviennent de se revoir désormais beaucoup plus régulièrement, deux ou trois fois par semaine.
La Princesse ignore cependant que Hoare a envoyé un rapport détaillé à Londres, dans lequel il estime que le Roi s’est trop compromis avec le fascisme et que le prince hériter manque d’envergure. Il y préconise une régence de Marie-José, avec le petit prince comme successeur et le général Badoglio comme homme fort pour la soutenir. Il croit savoir que bon nombre de personnalités italiennes soutiendraient une telle configuration : « La Princesse est très populaire et comprend bien mieux la politique que son époux », commente-t-il.

6 octobre
STO en Belgique
Bruxelles
– Le Gouvernement Militaire pour la Belgique et le Nord de la France décide de la mise en place du “Service du Travail Obligatoire”. Cette ordonnance concerne les hommes de 18 à 50 ans et les femmes de 21 à 35 ans. Sont exemptées quelques catégories critiques, comme les cheminots de la SNCB et les mineurs. Cette mesure, de sinistre mémoire en Belgique suite au précédent de la Grande Guerre, pousse de nombreux jeunes vers la clandestinité. Le pic du nombre de Belges travaillant en Allemagne sera atteint vers la mi-1943, avec environ 250 000 travailleurs exilés, volontaires ou non.
[OTL avec chiffre revu à la baisse]

12 octobre 1942
L’Union fait la Force
Londres
– Le gouvernement belge réuni en Conseil des ministres fait le point sur la situation politique. L’entrée en guerre de l’Union Soviétique du côté des Alliés a complètement changé la donne stratégique en Europe, surtout depuis que l’offensive hitlérienne en Russie semble bloquée. En mobilisant d’énormes quantités de troupes allemandes, le front russe dégarnit d’autant la garde de l’Europe occidentale. Par ailleurs, la campagne de Sicile touche à sa fin et nul ne doute de son succès. De l’avis général, les troupes belges engagées ont prouvé toute leur valeur à cette occasion, ce qui conforte les ministres dans les choix difficiles qu’ils ont posés à l’été 1940. Tout cela fait que les perspectives de libération de l’Europe se font plus précises, et on évoque déjà un débarquement en France au printemps 1943. Le retour au pays n’est peut-être plus si lointain… Du coup, il va falloir résoudre les questions restées en suspens depuis plus de deux ans – c’est à dire, avant tout, une question : la question royale.
Par ailleurs, la nouvelle de l’instauration du Service du Travail Obligatoire en Belgique est parvenue à Londres et soulève un vent d’indignation chez tous les Belges. Tous s’interrogent sur l’attitude que va adopter le Roi. Cette décision allemande apparaît comme un revers patent pour le souverain, qui a échoué dans la mission de protection qu’il s’était assignée en demeurant au pays. On espère un revirement de Sa part, qui prendrait la forme d’une protestation publique.
Paul-Emile Janson, le ministre de la Justice, est le premier à suggérer que le Gouvernement cherche à reprendre contact avec le Roi, en dépit de l’échec relatif d’une précédente tentative. Il conviendrait en effet de clarifier sous quelles conditions l’ordre constitutionnel serait restauré à la Libération, et comment serait rétablie l’unité compromise du pouvoir exécutif. Par la même occasion, le Roi serait encouragé à durcir sa position par rapport aux autorités d’Occupation.
La suggestion de Janson est approuvée après un bref débat, tenant moins du principe d’un contact avec le Roi, qui semble faire consensus, que du format à retenir, du contenu du message et du ton sur lequel il serait exprimé. En fin de compte, tous s’accordent sur une lettre signée collectivement par l’ensemble des ministres et Pierlot demande à Janson et à Paul-Henri Spaak (qui se trouve être le neveu de Janson) de soumettre un projet au prochain Conseil des ministres, la semaine suivante. Le Premier ministre et le ministre de la Défense nationale examineront avec le Deuxième Bureau de quelle manière faire parvenir ce message au Roi.

13 octobre 1942
Une visite familiale et royale
Rome
– Après avoir séjourné quelques jours auprès de sa propre mère au château de son enfance à Possenhofen, la reine-mère de Belgique, Elisabeth, arrive dans la capitale italienne, au cœur d’une véritable ambiance de conspirazione, faite de conciliabules, émissaires secrets et messages codés. Le Duce vacille, l’alliance avec l’Allemagne ne tient plus qu’à un fil, les bombardements alliés se poursuivent sans trêve, affolant la population, et rien ne semble pouvoir calmer l’agitation des ouvriers des grandes villes industrielles. La princesse Marie-José accueille sa mère avec joie, mais elle ne peut que lui faire partager son pressentiment et même sa conviction que des événements dramatiques pourraient se dérouler dans les prochaines semaines.

14 octobre 1942
STO en Belgique
Bruxelles
– Le secrétaire-général au Travail et à la Prévoyance Sociale, Vervaeck, envoie à la Militärverwaltung une lettre de protestation contre l’ordonnance du 6 octobre, où il indique clairement que ces services refuseront de contribuer à son exécution.
[OTL]

15 octobre 1942
STO en Belgique
Bruxelles
– Le collège des secrétaires-généraux proteste à son tour contre le travail obligatoire et exige le retrait de l’ordonnance du 6.
[OTL]

16 octobre 1942
STO en Belgique
Bruxelles
– Les chefs de corps de la magistrature et les bâtonniers du barreau envoient à leur tour une lettre de protestation à von Falkenhausen. Ils y font notamment référence au Règlement Annexe à la convention de La Haye du 18 octobre 1907, ratifié par l’Allemagne.
[OTL]

18 octobre 1942
La Princesse et le communiste
Rome
– Au cours d’une de leurs rencontres clandestines, le professeur Antoni et la marquise Benzoni présentent Concetto Marchesi, un membre de la direction du Parti communiste, à la princesse Marie-José. Marchesi demande l’aide de la Princesse pour faire savoir au Roi que son parti est prêt à collaborer au rétablissement de la démocratie et s’engage à une attitude loyale envers la Couronne au moins jusqu’à la fin de la guerre. Les communistes ne demandent en échange qu’une représentation au sein du nouveau gouvernement par un ministre sans portefeuille. La reine Elisabeth, qui assiste à l’entretien, ne peut cacher son enthousiasme : « C’est l’alliance du communisme et de la monarchie qui permettra l’avènement d’un monde nouveau ! » s’exclame-t-elle.

20 octobre 1942
L’Union fait la Force
Londres
– Le Conseil des ministres belge a passé deux jours à revoir en détail le projet de lettre au Roi préparé par Spaak et Janson. Chaque mot a été pesé et soupesé. Finalement, on décide de demander aussi l’avis de Raoul Richard, ambassadeur à Alger, et de l’ancien ministre Paul Tschoffen. Tschoffen est une personnalité très respectée du parti catholique : soupçonné de faits de résistance, il a été arrêté par la Gestapo en mai et détenu quelques semaines avant de pouvoir quitter le pays et se réfugier à Londres. Jusqu’à son arrestation, il avait conservé des contacts épisodiques avec le Palais et il pourrait donc éclairer les ministres sur l’état d’esprit du Roi.
Par ailleurs, il est convenu que Spaak prendra contact avec Eden pour l’informer de la démarche, et que Richard fera de même avec Blum à Alger.

24 octobre 1942
La Princesse et le comploteur
Rome
– La princesse Marie-José reçoit la visite inattendue de Dino Grandi. Il l’informe qu’il travaille à une motion du Grand Conseil visant à mettre en place un nouveau gouvernement. Il se dit assuré du soutien du Roi et ajoute qu’il espère pouvoir compter sur celui de l’ensemble de la famille royale.

25 octobre 1942
STO en Belgique
Bruxelles
– C’est maintenant le cardinal Van Roey qui, en accord avec les autres évêques de Belgique, envoie une lettre de protestation à von Falkenhausen pour protester contre le travail obligatoire en Allemagne. Le cardinal fait appel aux « sentiments élémentaires d’humanité et aux principes les plus sacrés de la civilisation humaine ». Très vite, des versions de la lettre seront recopiées et circuleront sous le manteau.
Coïncidence ou non, le même jour, le Roi Léopold III demande à son chef de cabinet, Louis Fredericq, de préparer un projet de lettre à Hitler allant dans le même sens.
[OTL]

29 octobre 1942
La Princesse et le Maréchal
Rome
– Badoglio informe la princesse Marie-José de l’imminence d’un « coup décisif » contre Mussolini. Quelque peu irrité par ses initiatives parallèles, qu’il juge intempestives, il adjure la Princesse de se tenir désormais tranquille : « Votre Altesse, nous vous prions de ne plus vous occuper de rien. Vous compliquez inutilement nos affaires ».

Note
1- En Bavière, et non de Bavière, ainsi que les branches cadettes des Wittelsbach sont désignées depuis l’instauration de la primogéniture en 1506.
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Capitaine caverne



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MessagePosté le: Mar Jan 13, 2015 15:41    Sujet du message: Répondre en citant

Décidement, cette Princesse Marie-José avait plus de tripes que les hommes de sa famille. Pas étonnant que beau-papa et benito ne l'ait pas vraiment apprécié.
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"Au jeu des trônes, il n'y a que des vainqueurs et des morts, il n'y a pas de demi-terme". La Reine Cersei.
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ladc51



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MessagePosté le: Mar Jan 13, 2015 15:45    Sujet du message: Répondre en citant

C'est passionnant et très rafraichissant : merci !
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Laurent
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dado



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MessagePosté le: Mar Jan 13, 2015 16:21    Sujet du message: Répondre en citant

Une chose qui pourrait changer FTL par rapport à OTL, c'est l'attitude des communistes envers la monarchie: puisque l'Italie n'a pas envoyé de troupes contre l'URSS, et que de toute manière le retournement italien aura lieu peu après Barbarossa, l'animosité des communistes sera peut être (légèrement) plus limité envers la monarchie qui soutenait le régime fasciste, mais a accepté qu'il soit renversé. Ici je suppose que la discussion avec Concetto Marchesi est OTL, mais tout les communistes n'ont pas du être aussi conciliant que lui OTL j'imagine...

Citation:
La Princesse ignore cependant que Hoare a envoyé un rapport détaillé à Londres, dans lequel il estime que le Roi s’est trop compromis avec le fascisme et que le prince hériter manque d’envergure. Il y préconise une régence de Marie-José, avec le petit prince comme successeur et le général Badoglio comme homme fort pour la soutenir. Il croit savoir que bon nombre de personnalités italiennes soutiendraient une telle configuration : « La Princesse est très populaire et comprend bien mieux la politique que son époux », commente-t-il.

Je suppose que c'est OTL aussi. Mais du coup, FTL, cela a-t-il plus de chance de se produire? On a déjà discuté d'une possible survie de la monarchie italienne si le roi Victor Emmanuel III abdique plus vite sous la pression alliée (notamment française) en faveur de son fils Umberto, mais est-il possible que sous la pression alliée, le roi abdique non en faveur de son fils, mais de son petit-fils sous la régence de la (du coup plus seulement princesse) Reine-mère Marie-José? Dans ce cas de figure, la monarchie aurait de bonnes chances de survivre en Italie, vu la popularité de la princesse et probablement de son fils, innocent de toutes les compromissions de la famille royale.
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Benoit XVII



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MessagePosté le: Mar Jan 13, 2015 19:58    Sujet du message: Répondre en citant

Toute cette partie est encore largement historique, sauf les dates.
- Historiquement, la visite d'Elisabeth à Rome est en janvier 1943, mais elle est avancée en FTL puisque MJ ne peut se rendre à Bruxelles comme prévu. La participation d'Elisabeth à certains des conciliabules secrets de MJ est historique également.
- Les différentes interactions de MJ avec l'opposition ont toutes bien eu lieu, mais certaines plutôt en 1943. La FTL précipite le mouvement.
- Les dates pour le STO en Belgique sont historiques
- L'idée d'approcher le Roi naît historiquement aussi dans le contexte de l'invasion de la Sicile OTL.

L'idée d'une régence de MJ a effectivement circulé historiquement, y compris chez les Alliés. Mais elle s'est retrouvée isolée en Suisse après l'armistice italien, car son beau-père avait eu la bonne idée de l'exiler au Piémont après la chute de Mussolini.
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Anaxagore



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MessagePosté le: Mar Jan 13, 2015 20:03    Sujet du message: Répondre en citant

A se demander s'il le roi d'Italie voulait sauvegardé la monarchie... exiler le seul membre de la maison de Savoie (par alliance) qui soit sympathique à la population.
_________________
Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
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JPBWEB



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MessagePosté le: Mer Jan 14, 2015 06:06    Sujet du message: Répondre en citant

J'adore ces episodes. L'histoire vivante. On s'y croirait.

Citation:
Galant, Kiewitz s’incline avant de reprendre sa cape et d’ajuster sa haute casquette sur son crâne dégarni. Au moment de se retirer, il claque des talons en portant la main à la visière, évitant délibérément le salut hitlérien.

Le protocole serait plutôt que Kiewitz s’incline (à mi-chemin entre le hochement de tête et le salut japonais) en claquant des talons, képi sous le bras et gants en main, et se retire nu-tête, car on ne se couvre pas en présence de la reine (sauf à faire partie des meubles, comme une sentinelle ou un domestique). Par conséquent, pas de salut militaire (il faudrait être coiffé) ni hitlérien (il faudrait être goujat). Ni bien sûr de baisemain ou poignée de main (quelle horreur, même avec des gants) … Dans l’antichambre ou mieux sur le perron, il se coiffe de son képi, endosse la cape qu’on lui présente, et s’en va.
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"Les grands orateurs qui dominent les assemblées par l'éclat de leur parole sont, en général, les hommes politiques les plus médiocres." Napoléon
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dado



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MessagePosté le: Mer Jan 14, 2015 08:27    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
L'idée d'une régence de MJ a effectivement circulé historiquement, y compris chez les Alliés. Mais elle s'est retrouvée isolée en Suisse après l'armistice italien, car son beau-père avait eu la bonne idée de l'exiler au Piémont après la chute de Mussolini.


Hm, je vois. Ici, pas de raison pour que son beau père royal agisse différemment vu qu'elle l'agace de manière identique à OTL.
Cependant, la Suisse ce n'est pas le bout du monde, et il doit y avoir moyen pour les alliés de communiquer avec elle. Si vraiment les alliés veulent qu'elle assure la régence avec son accord, ils envoient discrètement un avion la récupérer, ignorant royalement les désirs de Victor-Emmanuel III Laughing
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Benoit XVII



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MessagePosté le: Mer Jan 14, 2015 12:07    Sujet du message: Répondre en citant

Anaxagore a écrit:
12 juillet -> répétition du mot "contact"


Merci, c'est vrai que 3 X contact en 2 phrases, ça fait lourd. Est-ce que notre rédac-chef préféré peut proposer une formulation alternative ?
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Benoit XVII



Inscrit le: 24 Oct 2006
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MessagePosté le: Mer Jan 14, 2015 12:10    Sujet du message: Répondre en citant

JPBWEB a écrit:
J'adore ces episodes. L'histoire vivante. On s'y croirait.

Citation:
Galant, Kiewitz s’incline avant de reprendre sa cape et d’ajuster sa haute casquette sur son crâne dégarni. Au moment de se retirer, il claque des talons en portant la main à la visière, évitant délibérément le salut hitlérien.

Le protocole serait plutôt que Kiewitz s’incline (à mi-chemin entre le hochement de tête et le salut japonais) en claquant des talons, képi sous le bras et gants en main, et se retire nu-tête, car on ne se couvre pas en présence de la reine (sauf à faire partie des meubles, comme une sentinelle ou un domestique). Par conséquent, pas de salut militaire (il faudrait être coiffé) ni hitlérien (il faudrait être goujat). Ni bien sûr de baisemain ou poignée de main (quelle horreur, même avec des gants) … Dans l’antichambre ou mieux sur le perron, il se coiffe de son képi, endosse la cape qu’on lui présente, et s’en va.


Pour ma part, on peut adapter en ce sens. Frank ?
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