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Decima Mas, Mariassalto : nageurs de combats italiens (1943)
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ladc51



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MessagePosté le: Jeu Déc 18, 2014 10:59    Sujet du message: Répondre en citant

Comme promis, et même si le rythme reste lent, je continue à vous proposer d'autres épisodes... Je ne reprends pas ici (vous les avez découverts et les découvrirez en temps utile dans les épisodes de la chrono ad hoc que Frank distille régulièrement) les épisodes de participation des nageurs italiens au sauvetage de leurs compatriotes dans les Balkans... Il y a tant d'autres choses à raconter... la suite !


5 janvier 1943
L’honneur des Borghese
La Spezia
– Sur la base de la Xa Mas, le drapeau tricolore flotte toujours sur le poste de commandement, mais en son centre, à la place de l’écusson royal de Savoie, il n’y a plus qu’un trou béant.
Borghese a reçu la visite d’un officier de la Kriegsmarine ; ensemble, ils rédigent, paraphent et publient le texte suivant :
« La Spezia, le 5 janvier 1943
1. La Decima Flottiglia MAS est une unité appartenant à la marine militaire italienne, avec une autonomie complète dans la logistique, l’organisation, la justice, la discipline et l’administration.
2. Elle est alliée aux forces armées allemandes avec parité de droits et de devoirs.
3. Elle bat pavillon de guerre italien.
4. Le droit d’utiliser toutes les sortes d’armes est reconnu à tous ceux qui en font partie.
5. La Xa MAS est autorisée à récupérer et à armer, avec équipages et pavillon italiens, les unités italiennes qui se trouvent dans les ports italiens. Leur emploi opérationnel dépend du commandement de la marine allemande.
6. Le commandant Borghese en est le chef reconnu, avec les droits et les devoirs inhérents à sa charge.
(signé)
Capitaine de corvette Junio Valerio Borghese, lieutenant de vaisseau Max Berninghaus »
………
Entre la fidélité à ses supérieurs et la fidélité à ce que lui dictait sa conception de l’honneur, Borghese a choisi. Ce 5 janvier, il franchit le Rubicon… Alea jacta est !


22 janvier 1943
Naissance de Mariassalto
Tarente –
Les événements de Noël ont mis au supplice une Regia Marina déjà très éprouvée par la guerre. De nombreuses unités ont été perdues, de nombreuses formations dissoutes. En ce qui concerne la Decima Mas, une grande partie des cadres et du matériel sont restés au nord et poursuivent la guerre aux côtés des Allemands.
Sans perdre de temps à pleurer sur le lait répandu (comme disent ses nouveaux amis britanniques), l’amiral di Savoia-Aosta a regroupé à Tarente, dans l’île de San Vito, les quelques hommes et les matériels de la Decima qui ont choisi le camp du Roi et de son gouvernement, principalement les détachements basés à Naples et en Sardaigne, renforcés par les nageurs de combat libérés des camps de prisonniers alliés. Le ministre de la Marine, l’amiral de Courten, a négocié avec les Alliés l’autorisation de reconstituer une unité de nageurs de combats, baptisée Mariassalto et confiée au capitaine de frégate Ernesto Forza, sous les ordres de l’amiral di Savoia-Aosta, confirmé comme GeneralMas. Cette grande faveur a sans doute été consentie par les Alliés en hommage aux exploits des nageurs de combats de la Decima MAS en 1941 et 1942. Mais les Alliés n’ont pas laissé une autonomie complète à Mariassalto : l’unité doit s’entraîner sous le contrôle tatillon du commandant W.R. Tiny Fell, commandant en second de l’unité britannique de nageurs de combat (Experimental Submarine Flotilla, ESF) et de ses équipiers.
Devant les attaques de nageurs italiens contre Alexandrie, Alger ou Gibraltar, la Royal Navy a en effet créé l’ESF en avril 1942 à Portsmouth, sous les ordres du commandant G.M. Sladen. Les nageurs y ont appris le maniement de torpilles pilotées, appelées « chariots », assez pâles copies des maiali italiens capturés. Après de longs mois d’entraînement, plusieurs missions ont été conduites à l’automne, en Norvège et en Méditerranée, jusqu’à présent sans résultat et avec de nombreuses pertes. La constitution de Mariassalto est donc pour les Britanniques l’occasion de bénéficier de l’expérience italienne et d’améliorer l’entrainement de leurs propres nageurs. Certains voudraient s’en tenir là – mais pas tous…


29 janvier 1943
La Légion du capitaine Borghese
La Spezia –
La Decima Mas a commencé sa seconde vie il y a à peine un mois, sous le commandement du capitaine de corvette Junio Valerio Borghese. Borghese a été heureux et fier de constater que l’immense majorité des personnels basés à Livourne lui sont restés fidèle. Il est convaincu (peut-être à raison) que les détachements basés au sud de l’Italie (Naples, Tarente, Sardaigne…) et les équipages des bâtiments tels que l’Adua en auraient fait autant si, pour avoir loyalement appliqué les ordres de Forza, ils n'avaient été coincés du “mauvais” côté.
Les premiers pas ont été terriblement difficiles. La Decima Mas s’est retrouvée seule, privée du soutien de l’organisation de la Regia Marina et de l’état italien. En effet, chacun des rouages de cette grande chaîne de support technique et administratif a dû choisir son camp : certains ont essayé de gagner le sud pour obéir au Roi, d’autres ont eu la même perception de leur honneur que Borghese et poursuivent la lutte, beaucoup ont simplement décidé que, pour eux, la guerre était finie et ont abandonné leur poste. Il n’y a plus d’écoles, plus de casernes, plus d’entrepôts de matériels, d’armes et de munitions. Beaucoup de dépôts ont été pillés – par les Allemands, par les partisans communistes ou simplement par la population. Il faut retrouver des fournisseurs, rouvrir et réorganiser les centres d’entrainement et les services techniques, relancer les fabrications des armes secrètes…
Malgré tout, fort de ses accords avec la Kriegsmarine, Borghese préserve jalousement l’indépendance de fait de “sa” Decima, vis-à-vis des Allemands mais surtout du nouveau pouvoir mussolinien, avec lequel il collabore de fait mais auquel il ne fait pas allégeance. En effet, si Borghese se sent politiquement proches des idées fascistes d’ordre et de discipline, s’il déteste et veut combattre les partisans communistes, il considère aussi que l’administration et les chefs du parti fasciste se sont discrédités lors du coup d’état qui a écarté Mussolini – et qu’auparavant, les trop nombreuses défaites avaient démontré leur lamentable incompétence.
Et Borghese reçoit des encouragements. En quelques semaines, l’annonce du choix de la Decima Mas s’est répandue dans toute l’Europe occupée et l’unité est devenue un aimant pour tous les Italiens qui partagent les opinions et la notion de l’honneur du capitaine de corvette. De nombreux marins de la Regia Marina, qu’ils se trouvent en Italie ou dans les ports de l’Adriatique sous contrôle allemand, à la base sous-marine de Bordeaux ou en Baltique à l’école de sous-mariniers de Dantzig, ont annoncé leur ralliement à la seule unité constituée de la marine italienne à poursuivre la guerre du côté de l’Axe. Les nageurs-parachutistes du régiment San Marco, oubliés en Vénétie lors du retournement de Badoglio, font de même. Et si les marins des navires de surface basés au Pirée, mortifiés de la saisie de leurs bâtiments, se sont tous résignés à se retrouver dans un camp de prisonniers allemand, les équipages des quatre mini-sous-marins CB-1, CB-6, CB-10 et CB-12 ont annoncé leur ralliement à la Decima.
Mieux encore, la réputation de la Decima Mas va au-delà des seuls marins : un bataillon de bersaglieri, le Fulmine, et un bataillon de chasseurs alpins, le Valanga, ont fait allégeance à Borghese, et de nombreux volontaires viennent spontanément s’engager à la caserne de la Decima. Très vite, la caserne de Muggiano, à La Spezia, n’a plus suffi à héberger tout ce monde. La Xa s’est alors également installé à la caserne San Bartolomeo.
Que faire de tous ces hommes ? Après mûre réflexion, Borghese s’oriente vers un double objectif : d’abord, utiliser tous les marins, et en particulier les sous-mariniers, pour reprendre les activités navales de la Decima Mas, avec ses engins spéciaux et ses moyens d’approches. Ensuite, développer une composante terrestre, qui pourra à la fois fournir des commandos chargés de mener des infiltrations derrière les lignes ennemies et une véritable unité combattante terrestre, qui pourra lutter sur le front au côté des Allemands ou assurer des missions de maintien de l’ordre contre les terroristes communistes.
Pour développer la composante navale de la Decima Mas, Borghese dispose d’hommes compétents et motivés, mais il n’a pour l’instant qu’un sous-marin, le Durbo, et une demi-douzaine de navires de surface : le PS Diana, la corvette Antelope (en achèvement), le chalutier Cefalo et les vedettes rapides MAS-582, 584, 585, 586. Il est difficile d’envisager un entraînement correct en même temps que des opérations actives avec le seul Durbo !
Borghese s’engage alors dans de difficiles négociations avec la Kriegsmarine afin que celle-ci lui attribue, comme promis début janvier, quelques-uns des sous-marins italiens saisis. Le capitaine de corvette vise en particulier quatre sous-marins de 600 tonnes de classe Adua (qui a fourni les précédents sous-marins de la Decima Mas), les Alagi et Axum, saisis à La Spezia, et les Jalea et Sirena, saisis à Pola, ainsi que le Gorgo, premier bâtiment de la moderne classe Tritone, lui aussi saisi à Pola. Il souhaite aussi se voir attribuer au moins un des sous-marins de classe Tritone en cours de construction à La Spezia, les Murena, Grongo et Sparide : ils lui avaient été promis en octobre – encore faut-il que ces bâtiments soient achevés. Enfin, Borghese espère que les Allemands accepteront de se dessaisir à son profit de quelques-unes des trente-quatre vedettes rapides italiennes saisies en Adriatique ou au Pirée.
Mais d’abord et avant tout, comme la discipline et l’honneur seuls ne suffisent pas à occuper et motiver les troupes, Borghese ordonne à ses équipes de reprendre l’étude d’opérations offensives. Avec la perte de la base sous-marine italienne de Bordeaux, que les Allemands n’ont pas l’intention de lui laisser, il faut sans doute abandonner, au moins pour l’instant, les plans grandioses d’attaque du port de New York au moyen d’un sous-marin de poche acheminé par un sous-marin océanique et embarquant lui-même des nageurs Gamma (ces plans avaient été reportés sine die à la suite à la spectaculaire opération japonaise contre la même cible, en août 1942). Sans base de départ sur la façade atlantique, il est tout aussi utopique de tenter une opération du même genre contre Dakar ou Freetown : franchir le détroit de Gibraltar est bien trop risqué. Mais en Méditerranée, les objectifs ne manquent pas. Il est urgent d’étudier comment les canots explosifs ou lance-torpilles, les maiali et autres nageurs Gamma peuvent attaquer l’Ennemi dans ses ports d’Afrique du Nord ou, plus près mais encore si loin, dans ses nouvelles bases italiennes de Tarente ou Naples, livrées par traîtrise ! Nul doute enfin que les vedettes de la Decima Mas trouveront des cibles dans les eaux resserrées de l’Adriatique et de la mer Egée.
Dans le même temps, Borghese doit résoudre un cruel dilemme à propos des ordres à donner aux détachements de la Decima Mas à l’étranger, en particulier à l’Escadrille de la Grande Ourse, en Espagne. La tentative du mois de novembre a montré que les défenses de Gibraltar se sont renforcées à tel point que l’entrée dans le port est désormais impossible, mais Borghese demande une dernière action contre les navires en rade. Ensuite, il sera temps de ramener tout le monde en Italie : en effet, d’une part l’Espagne se rapproche chaque jour des Alliés et multiplie les contrôles autour de la Villa Carmela, d’autre part si Borghese garde amitié et confiance pour Forza, il craint que ce traître de Savoia-Aosta ne vende ses propres hommes aux Alliés (le cousin du Roi était jusqu’en décembre GeneralMas et connaissait en détail les opérations de la Decima).
Malgré toutes ces difficultés, Borghese constate que, grâce à ses efforts, le moral de ses hommes est au plus haut : nouvel uniforme, nouvel insigne – une tête de mort serrant une rose entre ses dents (allusion au légendaire commandant Todaro pour qui « la mort au combat [était] une belle chose, parfumée comme une rose ») et nouveau salut remplaçant le salut au Duce : « Decima marinai ! Decima commandante ! ». Bref, la nouvelle Decima Mas travaille son identité de troupe d’élite et cultive le parallèle avec la Xe Légion de César, comme le revendique son nouvel hymne :
« Alors que l’ancienne Rome semblait vaincue,
Surgit la Xe Légion toujours victorieuse
Qui battit l’ennemi barbare
Et Rome retrouva la paix et l’honneur.
Alors qu’à Noël, un traître
Abandonna la Patrie à l’opprobre
Surgit de la mer la Xe Flottille,
Qui prit les armes en criant « Pour l’honneur » ! »



2 février 1943
En eaux troubles
Tarente –
Sur l’île de San Vito, le moral n’est pas au beau fixe dans les rangs de Mariassalto. C’est ce qu’un de ses officiers explique au capitaine de frégate Forza en l’informant des doutes d’un nageur de combat qui s’interroge ouvertement sur la conduite que doit dicter l’honneur, se plaint du contrôle tatillon des Anglais… et parle même de rejoindre la Decima Mas, au nord !
S’il croit préférable de rejoindre la Decima, répond Forza, ne tentez pas de le dissuader. Chacun doit faire ce qu’il croit juste.
Mais, commandant, je ne comprends pas. Notre devoir ne commande-t-il pas de combattre aux côtés des Alliés pour faciliter la reconstruction de l’Italie ?
Notre devoir est de lutter aux côtés du Roi pour que les Alliés adoucissent le sort de l’Italie, c’est vrai, mais c’est une mission de sacrifice et le sacrifice est difficile, déclare Forza. Mieux vaut laisser partir ceux qui doutent et resserrer les rangs de ceux qui restent. Si un de nos hommes veut vraiment rejoindre la Decima Mas, envoyez-le moi, je lui donnerai un message pour Borghese.
Interloqué par la réaction de son chef, l’officier ne cherche pas à dissimuler sa surprise : « Enfin, commandant ! Vous envisagez de discuter avec les traîtres du Nord ? »
Y a-t-il vraiment des traîtres ? La guerre est un conflit entre les Alliés et les Allemands, auquel le malheur a voulu que nous soyons mêlés. Il nous faut maintenant essayer d’en limiter les effets pour l’Italie. A la fin de la guerre, nous aurons besoin de tous les Italiens pour relever le pays. Et puis, nous ne pouvons pas oublier nos anciens serments : les anciens de la Decima ne doivent pas combattre les anciens de la Decima !


(à suivre)
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Laurent
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patzekiller



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MessagePosté le: Jeu Déc 18, 2014 18:01    Sujet du message: Répondre en citant

mais quelle va etre la réaction de borghese...
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ladc51



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MessagePosté le: Mar Déc 23, 2014 10:38    Sujet du message: Répondre en citant

(la suite)

7 février 1943
La Decima frappe encore !
Gibraltar –
Dans la nuit, la base britannique est victime d’une nouvelle attaque de la Decima Mas – l’opération BG-7.
Après le retournement italien de Noël, la villa Carmela a été abandonnée en raison de la vigilance accrue des Gardes Civils espagnols sur les plages, et les hommes de la Decima en Espagne ont été regroupés sur l’Olterra. A la fin du mois de janvier, le lieutenant Ernesto Notari, qui a pris le commandement de l’Escadrille de la Grande Ourse après la mort de Visintini, a reçu des ordres précis de la part de Borghese : déclencher au plus tôt une attaque avec le maximum de maiali contre les navires marchands dans la rade (et non dans le port même), puis détruire le matériel, abandonner l’Olterra et ramener les hommes en Italie. Notari est frustré de devoir limiter ses actions à une dernière attaque du même genre que d’habitude, au moment où il commençait à réfléchir à une opération beaucoup plus ambitieuse : lancer des nageurs Gamma de l’Olterra contre les cargos dans la rade pour créer une diversion, attendre que l’entrée du port s’ouvre pour laisser passer les vedettes chassant les Gamma et en profiter pour attaquer avec de petits canots torpilleurs – arrivés en pièces détachées, remontés dans la villa Carmela puis cachés dans les roseaux de l’estuaire du Guadarranque, à moins de 3 km de l’entrée du port de Gibraltar. Cependant, en soldat discipliné, il se met immédiatement en devoir d’exécuter les ordres reçus.
La rade est en permanence remplie de nombreux navires en escale : Notari n’a nul besoin d’attendre longtemps pour lancer son attaque. Dans la nuit du 6 au 7 février, trois maiali portant les équipages Notari-Giannolli, Tadini-Mattera et Cella-Montalenti quittent l’Olterra pour déposer leurs charges explosives.
Notari et Giannolli visent le cargo américain Pat Harrison. Mais en s’approchant en immersion de leur cible, Notari et Giannolli sont accrochés par des fils de fer barbelés sous-marins, qui déchirent leur combinaison sans heureusement endommager ni leur maiale ni leur appareil respiratoire. Gênés par l’eau qui pénètre dans leur combinaison et par le froid, leur travail pour accrocher la tête explosive sous la coque devient plus compliqué. Notari perd le contrôle du maiale et quand il parvient enfin à le maîtriser, il ne voit plus Giannolli, qui portait la charge explosive. Après l’avoir cherché en vain, il se résout à prendre le chemin du retour sans lui.
Giannolli, de son côté, n’a pas réussi à fixer l’explosif seul et a fait surface près de la coque du cargo, mais de l’autre côté. Seul, Giannolli sait qu’il ne pourra pas s’échapper à la nage sans être repéré et donner l’alerte : il coule alors tout son équipement et attend en tremblant de froid, accroché à l’ancre du cargo, pour laisser le temps à ses coéquipiers de remplir leur mission et de se replier… Au bout de deux heures, il finit par appeler à l’aide et se rendre. Interrogé à bord du cargo par le quartier-maître Bell, du service de sécurité sous-marine de Gibraltar, il se tait obstinément, mais il est évident que le Pat Harrison et/ou d’autres cargos sont minés. Alors, Bell se jette à l’eau et inspecte la coque en essayant de ne pas penser à ce qui pourrait lui arriver en cas d’explosion. Ne trouvant aucune mine sous le Pat Harrison, il remonte à bord.
Dans les minutes qui suivent, alors que Bell se prépare à replonger pour examiner un autre navire, deux fortes explosions sous-marines secouent les cargos britanniques Mahsud et Camerata : tous deux coulent. Ils ne seront même pas renfloués.
Les autres nageurs de combat ont regagné l’Olterra sans encombre. Au petit matin, ils peuvent constater le résultat, finalement fort satisfaisant, de leur action.
Pour le service de sécurité sous-marine du lieutenant Crabb, cette action des nageurs italiens est malgré tout une demi-victoire.
Deux aspects sont très positifs aux yeux de Crabb. D’abord, l’amélioration des défenses du port lui-même (filet anti-torpilles, mortiers lâchant à intervalles rapprochés des explosifs dans l’entrée du port, vedettes en patrouille, inspection systématique par ses nageurs de la coque des navires entrant dans le port…) est certainement à l’origine du choix italien de s’attaquer à des cibles de second ordre moins bien défendues, les navires marchands en rade. Ensuite, pour ces cargos, la ceinture de barbelés qu’il a préconisée (un câble entourant le navire en surface, auquel sont régulièrement accrochés des fils de fer barbelés lestés sur une dizaine de mètres de profondeur), bien que très simple, semble avoir été efficace : elle a gêné l’attaque contre le Pat Harrison, et les deux navires perdus n’en étaient pas équipés ! Voilà qui devrait (enfin) convaincre les capitaines des navires marchands de déployer une telle ceinture.
Mais il reste impossible de protéger les dizaines de cargos qui mouillent régulièrement dans la baie, parfois à moins de 500 mètres d’Algésiras. Crabb soupçonne déjà fortement l’Olterra d’abriter ses adversaires, mais ses demandes d’autoriser une reconnaissance discrète ont été rejetées avec vigueur par sa hiérarchie : pas question de risquer le scandale diplomatique d’une intrusion dans un pays neutre, surtout quand l’Espagne se rapproche petit à petit des Alliés.

(à suivre)
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MessagePosté le: Sam Déc 27, 2014 13:47    Sujet du message: Répondre en citant

(la suite)


8 février 1943
Au large de Bar (Monténégro) -
Deux canots rapides MTSM de Mariassalto, pilotés par le lieutenant de vaisseau Edoardo Longobardi, l'enseigne Carlo Goda, l'aspirant Andrea De Angelis et le sous-chef mécanicien Luigi Gattorno, s’éloignent dans la nuit, après avoir récupéré les trois nageurs de combat qu’ils avaient déposés sur ces rivages une semaine plus tôt. Ces derniers reviennent avec des informations capitales : de nombreux soldats italiens de la 155e division d’infanterie territoriale Emilia, qui ont réussi à échapper à la capture par les Allemands, sont cachés dans la région. Ces informations devraient, espèrent-ils, permettre leur évacuation vers l’Italie.


10 février 1943
GeneralMas contre Decima Mas
Rome –
L’amiral Aimone di Savoia-Aosta, GeneralMas, rencontre une nouvelle fois l’amiral Morgan, commandant de la commission navale alliée en Italie, pour demander plus de moyens et de liberté d’action pour Mariassalto. Afin de lui démontrer sa bonne volonté, il évoque à la fin de l’entretien la dernière attaque contre Gibraltar, en le félicitant chaudement de l’amélioration des défenses du port. Mais en conclusion, il lâche une phrase sibylline : « Hélas, il semble que le travail de vos hommes soit sans fin, comme si les Espagnols abritaient sous leur nez une base fasciste… ».
L’amiral Morgan comprend immédiatement et transmet l’information à qui de droit. Il ne faut pas longtemps aux services de l’Amirauté britannique pour identifier l’Olterra et réfléchir aux moyens de le neutraliser.

(à suivre)

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MessagePosté le: Mer Déc 31, 2014 00:37    Sujet du message: Répondre en citant

Je suis en train de preciser le sort de la Regia Marina apres le 25 decembre. Borghese n’aura pas la corvette Antelope.
Quant aux CB de l’Egee, le CB 12 a ete coule. Et, mea culpa, seul le LV Enrico Lesen d’Aston , commandant du CB 1 et chef de la flottille choisit la poursuite du combat. Mais j’ai deux remplacants pour les CB 6 et 10.
De facon generale, Borghese ne peut rester seul representant de la Marine du Nord. Comme en OTL il y aura une marine officielle. Je vois bien Enzo Grossi comme anti-Borghese meme si ce dernier a eu une carriere honorable mais moins brillante (et controversee) qu’en OTL. Je cherche des offficiers de rang plus eleves que nos deux capitaines de corvette!
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MessagePosté le: Mer Déc 31, 2014 00:49    Sujet du message: Répondre en citant

@ Laurent : je suis en train d'éclaircir la situation avec Folc sur Grossi et Cie.
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MessagePosté le: Mer Déc 31, 2014 10:46    Sujet du message: Répondre en citant

@ folc

1- la corvette Antelope
Je n'ai aucun souci à ce qu'on modifie dans un sens ou dans un autre la liste des navires que conserve la Xa après l'armistice. J'ai essayé de partir de la situation OTL telle que décrite dans mes sources, mais mes sources manquent de précision ; je lis la liste des navires qui "finissent" avec la Xa (qques jours ou semaines après l'armistice) mais je ne trouve aucune précision sur les événements intermédiaires pendant les jours tragiques : les navires en question étaient-ils hors de portée des Allemands (en mer, dans une base secrète ?), étaient-ils dans un port "envahi" par les Allemands et "épargnés" de la saise (et du sabordage préalable) ou saisis par les Allemands et rendus rapidement ? ou encore sabordés et vite remis sur pieds ?
Bref, il y a de la marge pour l'interprétation...
J'ai donc interprété, en l'adaptant au contexte FTL, en ne retenant pas tous les navires cités dans mes sources...
Pour mon info, quels éléments te font dire qu'il ne faut pas retenir l'Antelope ?

2- la marine de la RSI
Je suis d'accord, il y aura une marine de la RSI à côté de la Decima MAS. J'avais prévu un paragraphe pour en parler (prévue en juin), et je m'adapterai avec plaisir avec des travaux plus poussés que les miens sur les forces armées de la RSI...
Sur ce point, j'essaie de copier purement et simplement en FTL les événements OTL : la Decima est une des rares (je n'ose écrire la seule) unité à rester organisée dans le chaos qui suit le retournement de l'Italie, la décision de Borghese de poursuivre le combat puis sa reconnaissance par les Allemands précède la mise en place du gouvernement de Salo et des forces armées de la RSI. A ce stade, la Decima Mas devient un peu la milice privée de Borghese...
Ensuite, la RSI "ratrappe" la Decima MAS et englobe la Decima au sein de la marine de la RSI...

PS : tout à fait d'accord pour donner un rôle important à Grossi dans cette marine RSI FTL, quitte à gérer un affrontement d'egos... mais attention, OTL, Grossi a plaidé la cause de Borghese auprès de Mussolini... il y a donc un minimum de respect et de loyauté entre eux..
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MessagePosté le: Mer Déc 31, 2014 13:09    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour Laurent,

Pas de divergences majeures sur les points ci-dessus : c'est de ma faute si l'état de la Regia Marina au début janvier 1943 n'est pas précisé, puisque je vous ai laissé tomber un certain temps et même un temps certain!
En OTL, l'on a beaucoup de mal à apprécier le rôle de la Marine de la RSI. Très souvent les anciens de la Xa MAS ont tendance à tirer la couverture à eux.
Cela dit, l'essentiel des actions de combat en Méditerranée occidentale jusqu'à la capitulation de 1945 sont bien de leur fait et de celui des Allemands.
Mais il y a aussi l'Adriatique et là cela me semble moins sûr.
J'ai un article à lire pour le rôle des sous-marins, dans les deux Italies, après le 8 septembre 1943. J'espère qu'il m'éclairera sur cette composante de la Marine de la RSI. A suivre donc.

Joyeuse Saint-Sylvestre Ivrogne
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ladc51



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MessagePosté le: Ven Jan 02, 2015 13:18    Sujet du message: Répondre en citant

(la suite)

9 mars
Mariassalto passe à l’attaque
Le Pirée –
Le port d’Athènes est la cible de la première action offensive de Mariassalto. Jusqu’alors, les nageurs de combat italiens cobelligérants s’étaient morfondus dans un entraînement stérile sous la surveillance bienveillante mais attentive de leurs contrôleurs britanniques. La monotonie de ce train-train n’avait été rompue que par quelques opérations de reconnaissance et de liaison dans le cadre de l’évacuation des troupes italiennes des Balkans. Enfin, le retour à l’action offensive remonte le moral de toute l’unité !
La décision de lancer cette opération a été difficile à prendre, entre les réticences des diverses autorités alliées, peu soucieuses de donner aux forces italiennes un rôle de premier plan, et la pression en sens inverse des Italiens… Finalement, un compromis est intervenu : on visera les moyens navals allemands en Grèce, ce qui permettra à la fois de soutenir la prochaine offensive de Montgomery et de neutraliser les navires italiens saisis par les Allemands et remis en service par la Kriegsmarine sous ses couleurs. Mais la Royal Navy n’a autorisé cette mission qu’à la seule condition qu’elle permette de tester son propre matériel : malgré toutes les critiques des nageurs italiens sur la fiabilité de ces engins, ils devront utiliser un maiale et deux chariots, leur version britannique.
Le plan retenu est bien dans la lignée de ceux de la Decima Mas : dépose de l’équipe d’attaque par le sous-marin Adua, puis diversion par l’entrée de quelques destroyers de l’Aegean Squadron dans le golfe Saronique pour bombarder des positions ennemies. Cette attaque doit provoquer la sortie du Pirée des vedettes lance-torpilles allemandes (enfin, ex-italiennes) et les nageurs profiteront de l’ouverture des filets de protection pour entrer dans le port. Les deux chariots viseront les dragueurs de mines ex-italiens, tandis que le maiale aura pour cible le morceau de choix : le destroyer Pfeil, ex-Freccia.
Comme souvent, la réalité ne correspond pas exactement aux plans… L’approche de l’Adua se passe sans difficulté et les nageurs sont mis à l’eau avec leurs engins vers minuit, comme prévu. Mais la suite est plus compliquée. Bientôt, un des chariots rencontre des problèmes techniques, puis c’est au tour du second : malgré tous leurs efforts, leurs équipages n’arrivent pas à les faire avancer et doivent les saborder et les abandonner. Le maiale, en revanche, arrive à l’heure prévue aux abords du port en compagnie des trois nageurs Gamma, mais la diversion n’a pas lieu ! En fait, les destroyers britanniques ont été pris à partie par les batteries côtières et, ignorant que leur mission faisait partie d’un plan plus large, ont renoncé. Du coup, le filet ne s’ouvre pas et l’équipage du maiale doit rebrousser chemin…
Tous les nageurs retrouvent l’Adua et réussissent à regagner l’Italie, mais la mission est un échec. Sauf sur un point, pourtant : les spécialistes italiens ne se privent pas de critiquer les lacunes techniques des chariots et cette fois, leurs commentaires seront écoutés avec attention par les Britanniques. Reste la mauvaise qualité de la planification, mais là aussi, on apprend de ses ratés…


(à suivre)
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MessagePosté le: Ven Jan 02, 2015 13:43    Sujet du message: Répondre en citant

Difficile pour les britanniques de reconnaitre la supériorité du matériel des macaronis Smile
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ladc51



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MessagePosté le: Ven Jan 02, 2015 14:13    Sujet du message: Répondre en citant

En fait les Anglais utilisent surtout les experts italiens pour identifier et corriger les défauts de leur propre matériel...
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MessagePosté le: Ven Jan 02, 2015 14:44    Sujet du message: Répondre en citant

Pas de problème pour une attaque contre les forces de l'Axe en Egée mais il n'y a plus grand'chose d'intéressant au Pirée.
Le contre-torpilleur Freccia a été déplacé à Volos et/ou Samothrace dans le cadre de la lutte contre les convois alliés vers l'URSS via la Mer Noire. Il a été capturé à Salonique le 25 décembre (comme les mini-sous-marins CB d'ailleurs).
Au demeurant, la prise d'Andros ferme à peu près le Golfe Saronique. Les Allemands ont plutôt intérêt à n'y garder que des forces côtières.
Bref, il faut voir si l'épisode est transposable du Pirée à Salonique Cool
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MessagePosté le: Ven Jan 02, 2015 15:37    Sujet du message: Répondre en citant

Aie, ai-je mal lu les récits et me suis-je trompé de lieu ?
A priori, pas de souci pour transposer cette attaque à Salonique, c'est un test pour Marisassalto...
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MessagePosté le: Ven Jan 02, 2015 15:47    Sujet du message: Répondre en citant

Je planche en ce moment sur le peaufinage/polissage/etc. du sort de la Regia Marina après le 25 décembre. Donc il y aura des ajustements çà et là.
Néanmoins, le transfert du CT Freccia (et du défunt croiseur Hermes de la Kriegsmarine, ci-devant Hellé grec) ainsi que celui des mini-sous-marins CB devrait être dans la Chrono (octobre et novembre 42, je pense, voire décembre). Bien sûr, j'ai pu oublier d'être exhaustif et il peut donc y avoir une (des) ellipse(s) Sad
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MessagePosté le: Ven Jan 02, 2015 16:18    Sujet du message: Répondre en citant

ladc51 a écrit:
En fait les Anglais utilisent surtout les experts italiens pour identifier et corriger les défauts de leur propre matériel...

Il faut dire que le mépris (insultant car injustifié) affiché par la propagande britannique envers les combattants italiens était le fait de ceux qui n'avaient pas eu a les avoir pour adversaires. Le pendant existant d'ailleurs aussi chez les Allemands.
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