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Janvier 1943 - Méditerranée
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Dim Nov 09, 2014 11:44    Sujet du message: Janvier 1943 - Méditerranée Répondre en citant

Hélas, ce fichier est incomplet, il manque une partie des événements de Grèce et des Balkans. Patrikev, j'espère que tu pourras revenir bientôt... Sad
Mais il y a largement de quoi poster !
Merci à tous les auteurs et d'abord à Patzekiller, qui a remarquablement bien pris en charge le front italien.


Janvier 1943
1 – La guerre en Méditerranée
La Wehrmacht a encore des dents

1er janvier
Requiescat in pace pour un guerrier
Alger, 03h45
– Une nouvelle crise cardiaque emporte le général Delestraint. Sa mort est largement due à l’accumulation de l’épuisement et de la tension après les deux années et demie d’un travail acharné à reconstituer l’Arme Blindée de la France, dont il a pu personnellement voir les premiers fruits lors de la campagne de Sicile. Il sera nommé à titre posthume Compagnon de la Libération.

La campagne d’Italie
Front italien
– La 14e DI Française laisse ses positions à la 46e DI britannique et vient renforcer le flanc est de la 3e DB. Le corps d’armée franco-américain commandé par le général Jean de Lattre comprend donc la 1ère Brigade Blindée belge (sur la côte), le groupe de combat réuni autour de la 102e Division motorisée italienne Trento, la 34e DI-US, la 3e DB française et la 14e DI française, appuyés par les 17e et 36e Régiments d’Artillerie US et la 12e Brigade d’Artillerie de Corps d’Armée française. Ce corps d’armée doit lancer une offensive le long de la côte, et la journée se passe en préparations destinées à débusquer et détruire les 88 mm allemands. À cet effet, des attaques localisées menées par des éléments blindés sont lancées sur toute la largeur du front, sous le couvert de l’artillerie qui cherche à engager les canons allemands dès que ces derniers se démasquent. L’artillerie de campagne allemande subit de lourdes pertes, elle est assez rapidement muselée.
L’aviation tactique intervient également pour préparer le terrain, ce qui provoque des combats violents avec des éléments du Xe FK, qui, à peine reconstitué, a dû supporter tout le poids des combats aériens depuis huit jours et où les I/JG77 et II/JG77 ont dû être amalgamés. On ne note qu’une attaque de Jabos, menée par des appareils de la II/JG2 et qui se solde par trois appareils abattus par la DCA alliée.
Le Xe CA britannique (Ritchie), qui occupe maintenant la position centrale, passe la journée à se réorganiser avant d’affronter la Das Reich et la brigade motorisée GrossDeutschland, renforcées par les hommes de la 162. ID. Quant au Ve CA (Allfrey), ses unités d’avant-garde engagent les 52. et 112. ID allemandes, renforcées dans la journée par deux bataillons indépendants de Panzers, détachés des écoles qui se trouvent dans le sud de l’Autriche.

Reggio de Calabre (résidence du Roi et du gouvernement Badoglio) – Les informations transmises par le duc d’Acquarone sont reçues plutôt fraîchement par l’entourage du Roi. Il faut plus de trois heures au maréchal Badoglio et au général Ambrosio, accouru de Rome, pour expliquer à Sa Majesté que ces nouvelles ne sont pas aussi désastreuses qu’il semblerait et que les Alliés laissent une porte ouverte à l’Italie pour s’intégrer progressivement dans leur coalition. Le général Ambrosio en profite pour réclamer que le plus possible de forces italiennes puissent reprendre le combat au plus vite, puisque de leur comportement au combat dépendra le statut de l’Italie.
Le point le plus critiqué par l’entourage du souverain est la clause de dé-fascisation des administrations, qui est vue comme une attaque masquée contre la monarchie. Quant aux militaires, ce sont plutôt les conditions du rééquipement italien qui les font grincer des dents. Il est cependant convenu que le général Ambrosio et un collaborateur du ministre des Finances se rendront à Alger dès le lendemain pour négocier le rachat du matériel italien capturé (ils ignorent que ce matériel a en grande partie été expédié aux Chinois) et l’achat des chars que les Français semblent disposés à céder, car le rééquipement des troupes italiennes est une nécessité urgente.
Le Roi et ses ministres font alors le point sur la situation des troupes italiennes dans les Balkans. Le sort le plus tragique semble avoir été réservé au XVIIe Corps d’Armée : les officiers de la 131e Division cuirassée Centauro et de la 14e DI Isonzo ont été massacrés. Une tentative de résistance du 7e Régiment de Cavalerie Lanciere di Milano a abouti au massacre de la totalité des officiers et de la plupart des hommes. Les hommes de la 1ère Division Rapide Eugenio di Savoia ont eux aussi tenté de résister et beaucoup d’entre eux ont été exécutés ; en revanche, une partie de l’encadrement s’est ralliée aux Allemands. Les nouvelles sont meilleures à l’ouest du Péloponnèse : la 4e DI Alpine Cuneense et la 53e DI de Montagne Arezzo ont réussi à faire leur jonction avec les troupes alliées et peuvent être considérées en sécurité, même si les pertes en équipement ont été importantes. En revanche, la moitié seulement de la 18e DI Messina (qui se trouvait en retrait du front) a pu se sauver, le reste a été capturé. Le repli des troupes allemandes du Péloponnèse est, semble-t-il, en cours.
Certaines des divisions d’occupation de la Yougoslavie et la plupart des troupes stationnées en Albanie semblent être en mesure de résister aux Allemands. D’autres se sont ralliées au nouveau gouvernement national-fasciste. Les autres ont été désarmées sans trop de mal par leurs anciens alliés. La plus grande confusion règne encore en bien des points.
Le Conseil des ministres envisage alors quel soutien aérien peut être accordé, avec l’accord des Alliés, aux troupes qui résistent aux Allemands. Dans ce but, les éléments de la Regia Aeronautica qui ont pu échapper à la destruction ou à la capture sont en voie de concentration sur les aéroports de Cosenza, Monserrato et Tarente. L’ordre est donné d’effacer toutes les marques fascistes des appareils, qui devront désormais adopter les couleurs nationales et la Croix de Savoie.
Enfin, pour soutenir les troupes d’Albanie, le Conseil décide de demander aux Alliés d’autoriser certains des navires de la Regia Marina à reprendre les opérations en Adriatique.

La libération de la Corse
Corse
– Des avions de transports français font la navette entre Alger et Ajaccio pour conduire en Corse des hommes et du matériel (dont un radar). On comptera ainsi 67 rotations de DC-3, 5 de C-60 (Lodestar), 4 de DC-2 et 14 de LeO-451.
Pendant que ces renforts arrivent, les Mustang II du groupe II/7 se desserrent sur Calvi-Sainte Catherine, et les avions du I/7 montent des vols de reconnaissance armée sur la côte toscane. Les B-25 de la 31e EB montent des missions de surveillance sur l’île d’Elbe. Dans l’après-midi enfin, ce sont 5 Hudson III de l’escadrille E5 qui se posent à leur tour à Ajaccio pour organiser des vols de patrouille anti-sous-marine sur le trajet Alger-Ajaccio.

La campagne des Balkans
Salonique
– Le général Löhr, commandant en chef du secteur Sud-est, prépare son plan de campagne dans les Balkans. Sur sa carte s’étalent de vastes territoires insoumis : en Bosnie, au Monténégro, en Grèce centrale… Le plus préoccupant est l’Albanie avec Tirana : il n’est pas acceptable qu’une capitale européenne, même d’un petit pays obscur, échappe à la domination du Reich. La 173e JägerDivision (Division de Chasseurs) du lieutenant-général Heinrich von Behr est à Graz (Autriche), prête à partir pour l’Albanie dès que possible. La Légion Turkestan, formée de transfuges musulmans de l’armée soviétique et à l’entraînement en Croatie, devrait la rejoindre bientôt. Behr hésite encore entre la voie terrestre, pleine de dangers, et la voie maritime, qui ne vaut pas mieux.


2 janvier
La campagne d’Italie
Front italien
– Le corps d’armée franco-américain (et italien) lance l’offensive prévue la veille. La 34th DI-US avance jusqu’à l’entrée sud de Civitavecchia, mais les Allemands tiennent toujours la ville ; les Américains s’emparent cependant des collines qui entourent la petite ville d’Allumiere, au nord-est. La Trento s’avance autour du lac de Vico sans réussir cependant à déboucher sur Viterbo et Vetralla. Les Français progressent dans la plaine jusqu’à la coupure au sud d’Orte et dans les collines au sud de Narni jusqu’à Strocone, mais la 14e DI n’arrive pas à déboucher au-delà de la ligne Contigliano, Rieti, Cantalice.
Pendant ce temps, la réorganisation continue. La 1st DB-US et la brigade Tancrémont se retirent du front pour se réorganiser. Les Américains passent en position arrière vers Anguillara Sabazia pour recompléter leur matériel et leurs effectifs après les combats de fin décembre, où ils ont subi de lourdes pertes et pris quelques dures leçons. Les Belges vont occuper un secteur entre l’aile gauche de la 3e DB française et les formations italiennes vers Soriano Nel Cimino et Vasanello.

Renouvellement
Limnos
– La Flottille 8F doit quitter la Mer Egée. Elle va rejoindre Mers-el-Kébir, où elle cédera ses hydravions Northrop N3M en échange de vieux SBD-3 Dauntless. Elle pourra ainsi se réhabituer aux avions “à roulettes” avant de recevoir sa nouvelle monture, le TBF Avenger, en mai.
Quant à ses appareils, dûment révisés, ils partiront pour l’Océan Indien, aux Andaman. Là, ils seront bien utiles à la Flottille 10F, dont les hydravions torpilleurs souffrent des rigueurs du climat équatorial.


3 janvier
La campagne d’Italie
Front italien
– Les Alliés poursuivent leur réorganisation, interrompant leurs actions offensives. La 34th DI-US et la 102e Division Motorisée Trento, renforcée par le 34e Rgt Blindé Centauro II et par les unités de corps d’armée du XXIe CA, vont décaler et étirer leur dispositif au sud de Civitavecchia jusqu’au mont Cimino, immédiatement à gauche de la Brigade Tancrémont. Les derniers éléments en ligne de la 132e Division Blindée Ariete et de la 2e Division Rapide Emanuele Filiberto Testa di Ferro sont retirés du front pour permettre de recompléter ces divisions à partir d’une partie des unités composant la 10e DI semi-motorisée Piave.
Sur le front anglais, les premiers éléments de la 1st Canadian Infantry Division montent en ligne, mais la situation s’est également stabilisée.
Les Allemands en profitent pour réorganiser eux aussi leurs forces en un vaste jeu de chaises musicales. Dans la plaine au nord de Pescara, l’arrivée des premiers éléments de la 10. Panzerdivision permet de retirer la 112. ID, qui va remplacer la 162. ID sur le front central, à droite de la Grossdeutschland. La 162. ID, elle, va se positionner face aux Italiens, au sud de Viterbe. La SS Hohenstaufen reste pour le moment à proximité de la ligne de front, mais elle doit aller se redéployer dans quelques jours en réserve d’armée près de Pérouse.


4 janvier
La campagne d’Italie
L’honneur des Borghese
La Spezia
– Au siège du commandement de la Xa Mas, le drapeau tricolore flotte toujours, mais en son centre, à la place de l’écusson royal de Savoie, il n’y a plus qu’un trou béant. Le CC Borghese a reçu la visite d’un officier de la Kriegsmarine ; ensemble, ils rédigent, paraphent et publient le texte suivant :
« La Spezia, le 4 janvier 1943
1. La Decima Flottiglia MAS est une unité appartenant à la marine militaire italienne, avec une autonomie complète dans la logistique, l’organisation, la justice, la discipline et l’administration.
2. Elle est alliée aux forces armées allemandes avec parité de droits et de devoirs.
3. Elle bat pavillon de guerre italien.
4. Le droit d’utiliser toutes les sortes d’armes est reconnu à tous ceux qui en font partie.
5. La Xa MAS est autorisée à récupérer et à armer, avec équipages et pavillon italiens, les unités italiennes qui se trouvent dans les ports italiens. Leur emploi opérationnel dépend du commandement de la marine allemande.
6. Le commandant Borghese en est le chef reconnu, avec les droits et les devoirs inhérents à sa charge.
(signé)
Capitaine de corvette Junio Valerio Borghese, lieutenant de vaisseau Max Berninghaus »

………
Entre la fidélité à ses supérieurs et la fidélité à ce que lui dictait sa conception de l’honneur, Borghese a choisi. Aujourd’hui, il franchit le Rubicon… Alea jacta est !


5 janvier
La campagne d’Italie
Front italien
– Les Anglais remanient eux aussi leur dispositif. Pendant que la 1st Army Tank Brigade reprend sa place en réserve au sud-est de l’Aquila, la 1st South African Division, qui est en train de se déployer, et la 5th Indian Division échangent leurs places et leurs rattachements. En effet, l’état-major du général Alexander a jugé que les appuis divisionnaire de la 5th Indian, mais surtout les rustiques Gurkhas seraient beaucoup plus adaptés aux compartiments montagneux du centre du pays, confiés au Xe Corps. Les Indiens vont donc faire face à la 118e Division de Réserve allemande qui est, elle aussi, de type montagne et tient les cols du Gran Sasso, de Malecoste et de Campo Imperatore.


6 janvier
La campagne d’Italie
Activités aériennes
Front italien
– Les états-majors des deux camps savent pertinemment depuis quelques jours, grâce aux reconnaissances aériennes, que l’adversaire est en train de se réorganiser. Les photos sans équivoque montrent des routes encombrées de véhicules de toutes sortes. Jusqu’alors, le mauvais temps qui s’est installé peu après le Jour de l’An, s’il a permis les reconnaissances, a gêné les réactions des forces aériennes, mais aujourd’hui, le ciel se dégage un peu et la Luftwaffe comme les Alliés lancent de nombreux raids sur les arrières de l’ennemi, visant surtout des objectifs d’opportunité.
Les résultats sont mitigés pour les deux camps, mais les états-majors n’en tirent pas moins des enseignements importants. Les Allemands notent ainsi que la densité du feu de la DCA alliée a considérablement augmenté depuis les derniers combats importants en Grèce. Entre chasseurs, les Mustang II/P-51B font à peu prés jeu égal avec les Bf 109G, encore peu nombreux, mais prennent le meilleur sur les Fw 190A et les Bf 109F, qui dominent cependant les Spifire V, dont les pilotes réclament à cor et à cris des Spit du dernier modèle. Quant aux P-38, tout dépend des conditions de leur engagement. L’exploit du jour est d’ailleurs à mettre au crédit du F/O Frank Hurlbut, du 96th FS, sur P-38, qui devient un as en abattant deux Fw 190. Concernant les avions d’appui au sol, le Mustang FGA se montre supérieur au P-39.


7 janvier
La campagne d’Italie
Une rancune à apaiser
Rome
– C’est dans les locaux de l’ambassade de France (débarrassés à la hâte de toute trace des envoyés de Laval qui l’occupaient une quinzaine de jours plus tôt…) qu’une délégation italienne est venue plaider la cause du Regio Esercito. Les Italiens ont en effet bien compris que les Français étaient les plus réticents des Alliés à leur fournir l’occasion de racheter par la cobelligérance leur engagement au côté de l’Allemagne nazie de juin 1940 à décembre 1942. C’est donc la sœur latine qu’il faut convaincre !
Aussi les délégués commencent-ils par rappeler que la 132e Division Blindée Ariete et la 2e Division Rapide Emanuele Filiberto Testa di Ferro ont déjà payé le prix du sang, qu’elles sont d’ailleurs très éprouvées et qu’elles ont dû être retirées du front pour être reconstituées au dépens de la 10e DI semi-motorisée Piave. Puis, ils soulignent qu’elles ont été remplacées sur le front par la 102e Division Motorisée Trento et le Raggrupamento Zingales (1). Mais ces unités devront elles aussi être réorganisées après avoir démontré leur fiabilité et leur combativité.
Les difficultés apparaissent quand il est question de faire monter au front, lors du repli de la Trento et du Groupement Zingales, la 20e DI Friuli et la 44e DI Cremona (VIIe Corps, général Giovanni Magli). En effet, si ces unités sont bien entraînées et fidèles au Roi, elles sont à l’heure qu’il est en Corse. Les moyens navals italiens manquent : beaucoup sont restés à Gênes ou dans d’autres ports capturés par les Allemands, d’autres s’efforcent de rapatrier à travers l’Adriatique les troupes se trouvant en Yougoslavie, en Albanie ou en Grèce, d’autres enfin doivent être consacrés, à la demande des Américains, au transfert sur le continent des troupes de Sardaigne. En bref, la flotte française pourrait-elle donner un coup de main pour rapatrier le VIIe Corps ?
« Et puis quoi encore, s’écrie un officier français, vous voulez peut-être qu’on vous rembourse vos notes d’hôtel sur la Côte d’Azur et vos pertes au Casino de Monte-Carlo ! »
Après quelques échanges de paroles acrimonieuses, les officiers américains présents comme modérateurs parviennent à tempérer les débats. La Friuli et la Cremona seront en partie transportées par des navires français. En échange, une des deux divisions du XIIIe Corps du général Antonio Basso (basé en Sardaigne), soit la 47e DI Bari, soit la 1ère DI de Montagne Superga, sera mise à la disposition du commandement français pour « une opération spéciale » (il s’agit de la prise de contrôle de l’île d’Elbe). Si les Allemands se montrent par trop virulents à cette occasion, ce sont les hommes de cette division qui en subiront les conséquences ! En attendant, une seule des deux divisions du XIIIe Corps sera donc transférée sur le continent, ce qui allège la charge qui pèse sur les transports navals italiens. Les Italiens regrettent que le XIIIe Corps soit ainsi désorganisé et proposent l’utilisation pour cette "opération spéciale" de la division parachutiste Folgore, qui n’a ni avions, ni parachutes, ni entraînement au saut, mais reste une troupe d’élite. Cependant, les Français refusent, craignant que cette formation ne soit politiquement trop marquée par le fascisme.
Les Italiens s’enhardissent alors jusqu’à exposer un plan de création prochaine de nouveaux corps d’armée, mais cette fois ce sont les Américains qui interviennent pour calmer leur ardeur. La 53e DI de Montagne Arezzo et la 4e DI Alpine Cuneense ne pourront être considérées d’emblée comme opérationnelles, même lorsqu’elles auront été récupérées dans le Péloponnèse. Elles ont notamment perdu leurs armes lourdes. « Il y a pire, s’exclament les Français. Ces unités ont combattu les Alliés durant près de deux ans [avec compétence, mais les Français ne le mentionnent pas] et leur fidélité au gouvernement Badoglio ne paraît pas assurée ! »
« Nous y avons pensé, rétorquent les Italiens. Les éléments de la 18e DI Messina qui ont échappé à la capture (à l’inverse, hélas, du gros de leur unité) vont être transférés dans ces deux divisions. Après leur retour en Italie, nous enverrons les hommes d’unités massacrées par les Allemands que nous aurons pu récupérer pour raconter l’histoire de cette trahison. Nous ne doutons pas de l’effet salutaire de ces actions d’information. »
Tout en faisant la moue, les Français acceptent de voir ce que cela donne…
Pour l’instant, la division Folgore est laissée de côté (les Italiens traduisent « est mise en réserve d’armée »). Enfin, le général désigné d’armée Carlo Vecchiarelli (Commandement de défense territoriale de Rome) a l’autorisation de poursuivre le recrutement d’engagés volontaires pour former à terme, autour des troupes de son commandement, une ou deux divisions dites “Giustizia e Libertà”.


8 janvier
La campagne d’Italie
Redéploiements
Front italien
– Cela fait maintenant une semaine que le grand chassé-croisé a commencé côté allié et les QG de corps d’armée commencent à y retrouver leurs petits. Suffisamment en tout cas pour permettre d’entamer le retrait d’unités qui ont été engagées au feu dès la Noël et méritent bien un peu de repos. La 82nd Airborne et la 1ère Brigade Parachutiste française commencent à quitter le front pour Rome, dans un premier temps. Dans le même temps, le 4e RSM se redéploie en arrière de la 3e DB vers Passo Corese pour recompléter son matériel et ses effectifs.
Ces remaniements s’accompagnent d’un changement de l’organisation du commandement franco-américain. Les grandes unités sont réparties en deux corps : le IIe Corps US (major-général Ernest J. Dawley), qui inclut les troupes italiennes, et le IVe Corps français (général de CA Louis Kœltz), qui comprend la Brigade belge Tancrémont. L’ensemble est coiffé par la 5e Armée américaine (lieutenant-général Jacob L. Devers). Le général Jean de Lattre de Tassigny, dont la quatrième étoile est confirmée, est rappelé à Alger – d’autres commandements l’attendent.

Note
1- 34e Rgt Blindé Centauro II (ex-Littorio II), 9e Rgt de Bersaglieri, 16e Groupe d’Artillerie, 10e Bn du Génie, 31e Bn du Génie d’Assaut.
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patzekiller



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MessagePosté le: Dim Nov 09, 2014 14:15    Sujet du message: Répondre en citant

cette première semaine est calme, chacun souffle, avec toutefois quelques petits changements à noter par rapport à la première version
ça commencera à s'animer en deuxième semaine Wink
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Dim Nov 09, 2014 15:58    Sujet du message: Répondre en citant

patzekiller a écrit:
ça commencera à s'animer en deuxième semaine Wink


Demain !
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Casus Frankie

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dado



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MessagePosté le: Dim Nov 09, 2014 19:11    Sujet du message: Répondre en citant

Vivement demain!
Donc la prise de l’île d'Elbe sera le fait d'italiens co-belligérants plus ou moins sous commandement français, plutôt que comme OTL le fait de troupes coloniales françaises plus ou moins sous commandement britannique?
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patzekiller



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MessagePosté le: Dim Nov 09, 2014 20:54    Sujet du message: Répondre en citant

y'a encore rien d'ecrit ou de simulé là dessus
en l'état actuel, il y aura des troupes françaises, et une division italienne à disposition
il faudra surtout voir la date qui devrait etre avant dragon
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dado



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MessagePosté le: Dim Nov 09, 2014 21:01    Sujet du message: Répondre en citant

Logique, la prise de l'ile d'Elbe serait une excellente diversion juste avant Dragon, couplée avec une attaque sur le front italien les allemands seront persuadés que c'est en Italie que le prochain coup sera porté.
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GUY2LUZ



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MessagePosté le: Dim Nov 09, 2014 21:59    Sujet du message: Répondre en citant

Du moins c'est, au mieux, ce qu'il faut essayer de leur faire croire, au pire c'est de les laisser dans l'incertitude pour disperser leur force.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Lun Nov 10, 2014 10:41    Sujet du message: Répondre en citant

Je rappelle la diversité des auteurs. En dehors de Patzekiller, LADC notamment.

9 janvier
La campagne d’Italie
Un nouveau défi pour Alexander
Chieti
– A la sortie sud de cette petite ville des Abruzzes, une villa isolée abrite le nouveau quartier-général de la 1ère Armée britannique. Dans une grande pièce du rez-de-chaussée, le général Sir Harold Alexander, nouveau commandant en chef de la 1ère Armée, est plongé dans la lecture de nombreux rapports.
Nommé officiellement deux jours plus tôt, arrivé la veille à son poste, il est déjà confronté à plusieurs choix difficiles. Son armée n’est pas encore complètement déployée : si les unités les plus en pointe sont au contact des Allemands, à moins de 30 km au nord, avec des réserves de munitions et de carburant bien entamées par les premiers heurts, de nombreuses unités et les services sont encore éparpillés entre le front et la base arrière de Sicile (sur les routes de Calabre ou via le port de Tarente). Pourtant, certains de ses subordonnés, et en premier lieu le major-général Ritchie, commandant le Xe corps, le pressent de passer à l’attaque sans attendre : les rapports de reconnaissance montrent que les Allemands profitent de chaque jour et même de chaque heure pour fortifier leur ligne de défense, qui deviendra bientôt inexpugnable… mais comment donner un ordre d’attaque aussi risqué dans une situation logistique si fragile, alors qu’il vient d’arriver et ne maîtrise pas complètement la situation ? Bien sûr, Alexander sait qu’il n’aura pas à supporter longtemps les insistants conseils de son subordonné : il a reçu le matin même l’information que Ritchie, appelé à d’autres fonctions en Grande-Bretagne, serait remplacé dans les prochaines semaines par le lieutenant-général Miles Dempsey. Il y gagnera en sérénité, mais il devra alors se passer du commandant de corps d’armée le plus expérimenté de l’armée britannique…
Dans le même temps, Alexander doit étudier l’évolution des zones de responsabilité de son armée par rapport à l’armée franco-américaine à sa gauche. Avec l’arrivée progressive du Ve Corps, la 1ère Armée dispose d’un nombre plus important de grandes unités que sa voisine et peut prendre à son compte plus de kilomètres de front… mais Alexander préfèrerait évidemment conserver des divisions en réserve pour permettre la rotation des unités sur le front et disposer, le jour venu, de davantage de troupes sur ses axes d’attaque.
Enfin, Alexander sait qu’il devra marcher sur des œufs dans la mise en œuvre de sa stratégie, pris entre, d’une part, les attentes de ses troupes, qui rejoignent les ordres de Londres : saisir toutes les opportunités pouvant se présenter, et, d’autre part, les ordres du commandement interallié en Italie, qui voit ce front comme « non stratégique », c’est-à-dire secondaire, destiné seulement à fixer des divisions ennemies.
Bref, ce nouveau commandement ne sera pas une sinécure !
Avec un petit sourire, Alexander s’extrait un instant de ses dossiers et repense à l’enchaînement d’événements qui l’ont conduit dans ce bureau.
Trois mois plus tôt, adjoint du général Frère, commandant le groupe d’armées interallié lors de l’opération Torche et vainqueur en Sicile, il pouvait espérer prendre un commandement de premier plan. Les décisions prises à la fin de l’année lors de la conférence gouvernementale interalliée d’Alger réservaient à un général britannique un poste prestigieux, celui de commandant des forces alliées en Grèce et dans les Balkans : Alexander espérait l’obtenir, mais sa fierté l’avait conduit à attendre que ses mérites soient reconnus et qu’on lui propose le poste, au lieu de faire acte de candidature. Très vite, il avait constaté que d’autres n’avaient pas la même pudeur – enfin, un autre : ses amis à Londres l’avaient alerté sur la très active campagne d’autopromotion lancée par Montgomery auprès de l’état-major impérial comme du Cabinet de Guerre. Il fallait s’y attendre : Monty avait obtenu ce qu’il voulait.
Alexander aurait pu ressentir de l’amertume ou de la jalousie, mais son sens du devoir et du service – for King and Country – l’avait emporté. Fort heureusement, la proposition de prendre la suite de Montgomery à la tête de la 1ère Armée était arrivée peu de temps plus tard (tous ces événements s’étaient déroulés en moins d’une semaine) et la perspective d’un commandement opérationnel de premier plan l’avait consolé. Après avoir été un adjoint chargé de faciliter la communication et d’arrondir les angles, bref, de faire de la diplomatie et de la politique, le voici enfin commandant en chef – General Officer Commanding – d’une des plus formidables armées britanniques !
Au moins, se dit-il, il fera là un travail de soldat et non de diplomate. Finalement, il laisse volontiers à Monty les joies du commandement d’une coalition. Son chemin vers la gloire passera par l’Italie ! Celui de Wellington était bien passé par l’Espagne. A lui désormais de s’inventer un destin : Field-Marshal Alexander, vicomte de… de Florence, oui, ça sonnerait bien… Mais assez rêvé, il reste beaucoup de travail avant d’y être.


10 janvier
La campagne d’Italie
Les Canadiens sont là
Front italien
– La 1ère DI canadienne est maintenant à peu près en place, à gauche de la 6e DI britannique. Son chef décide de tenter un coup de sonde dans le dispositif allemand. La manœuvre est simple : le 48e Highlander (1ère Brigade) attaquera avec le soutien des chars du 11e Ontario de part et d’autre de San Pellegrino. L’attaque se fera en tenaille par Mirabello et Passo Cordone. Des reconnaissances ont permis d’avoir une carte assez détaillée du dispositif antichar de l’ennemi.

La campagne de Grèce
Victoires d’aujourd’hui et lendemains qui déchantent
Sparte
– En fin de journée, le général d’armée Antoine Besson, chef d’état-major de l’Armée française, revient au QG de l’Armée d’Orient après une journée passée à rendre visite aux troupes en train de libérer le Péloponnèse. Arrivé le matin même à Kalamata en avion, il s’est tout d’abord rendu à Patras puis sur la route de Corinthe, félicitant les chefs et les troupes, distribuant Croix de Guerre et Légions d’Honneur aux vainqueurs de cette courte campagne (la plupart méritaient ces décorations depuis longtemps – la presqu’île n’a pas vu de grande bataille depuis le changement de camp de l’Italie). Tout au long de son périple, il a été escorté par un Giraud ravi de cette marque d’attention et inconscient d’agacer de plus en plus son supérieur.
Besson a reçu il y a quelques jours la confirmation de son passage en seconde section à la fin du mois et de son remplacement par le général Olry. Il s’attendait à cette nouvelle, mais cette dernière corvée grecque n’était pas prévue et il peste in petto contre les Politiques qui la lui ont imposée… Et la partie difficile de son voyage va maintenant commencer, alors que la porte se referme sur la salle où sont réunis les principaux officiers de l’état-major de l’Armée d’Orient.
« Messieurs, bravo encore une fois pour cette rapide reconquête du Péloponnèse, commence Besson. Malgré la surprise, malgré des conditions météorologiques et un terrain très difficiles, vous et vos hommes avez su réagir efficacement pour libérer une grande partie du territoire grec, berceau de notre civilisation. Une fois de plus, le drapeau français s’est couvert de gloire et le gouvernement m’a demandé de vous faire part de sa satisfaction. De son lit d’hôpital, le président du Conseil lui-même me l’a exprimée.
Il reste certes encore beaucoup à faire pour libérer toute la Grèce, aider la Yougoslavie à connaitre la même joie, et porter la guerre dans les pays des Balkans qui ont choisi le camp de nos ennemis… Mais ces opérations devront attendre le printemps. D’ici là, nous devrons nous y préparer.
Bien entendu, cette future offensive se fera en lien étroit avec les autres opérations prévues en Méditerranée. Afin de les coordonner, la conférence gouvernementale interalliée tenue le 31 décembre à Alger a pris plusieurs décisions capitales.
D’abord, un commandement suprême interallié pour la Méditerranée a été créé, afin de cordonner tous nos efforts en Grèce, en Italie… et, hum, ailleurs ! En reconnaissance de la qualité de nos forces et de leurs nombreux succès, c’est un général français qui a été appelé à cette haute fonction : Aubert Frère. Sous ses ordres, le commandant des forces terrestres alliées en Italie sera un général américain. Le 15e Groupe d’Armées allié, constitué d’unités françaises et américaines, se prépare en Afrique du Nord, sous commandement français, en vue d’une grande offensive l’été prochain, quelque part au nord de la Méditerranée. Dans ce contexte, le commandement des forces terrestres alliées en Méditerranée Orientale, laissé vacant depuis le départ du général Frère pour préparer l’opération Torche, n’a plus d’intérêt ; il est supprimé et remplacé par le 18e Groupe d’Armées, qui regroupera la 8e Armée britannique et la 2e Armée française, puisque c’est ainsi que sera désormais appelée officiellement l’Armée d’Orient. »

Les visages de ses auditeurs se sont crispés. Ils savent ce qu’un changement de dénomination peut recouvrir. Surtout, Giraud commence à rougir ; il n’a jamais caché qu’il espérait succéder à Frère au poste de commandant allié en Méditerranée Orientale. « Ne leur laissons pas le temps de réagir, se dit Besson, autant lâcher toutes les mauvaises nouvelles d’un coup ! »
Il toussote et reprend : « Le commandement de ce 18e Groupe d’Armées sera britannique, ce qui s’imposait pour maintenir un équilibre raisonnable des responsabilités entre grands alliés, et pour tenir compte de l’importance des forces mises en ligne dans la région par les différents pays. »
– Mais enfin, vous n’allez pas nous mettre sous les ordres de Cunningham !
explose Giraud.
N’ayez crainte Giraud, répond Besson, personne n’a imaginé une telle inconvenance. Le chef du 18e GA sera Montgomery.
Dentz sursaute : Giraud sous les ordres d’un général qui n’était que divisionnaire en 1939, quand le premier commandait déjà une armée ! Besson pense-t-il vraiment que c’est moins inconvenant ou veut-il provoquer Giraud ?
Mon général, c’est une infamie ! clame Giraud. On a retiré tous ses moyens à l’Armée d’Orient, division après division ! Pendant des mois, on nous a empêchés d’agir, et maintenant on nous subordonne aux Anglais ! Quelle honte pour nos couleurs, quelle perte de prestige pour la France ! Comment voulez-vous que nous jouions le moindre rôle dans la suite des opérations sur ce théâtre ?
– Le gouvernement compte sur la 2e Armée pour prendre toute sa part lors des prochains combats en Grèce et dans les Balkans. Vous recevrez prochainement de nombreux renforts : d’abord, dès cet hiver, la 2e Division d’Infanterie yougoslave et un régiment d’artillerie de réserve générale. Au printemps, les recrues polonaises venues d’URSS, qui sont très motivées, nous permettront de mettre sur pied une nouvelle division de montagne, ce qui donnera ainsi un corps d’armée polonais…
– Un corps polonais et un corps yougoslave !
s’étrangle Giraud. En somme, une armée française sans division française !
– Dès le printemps, les grands froids passés, une division africaine vous sera envoyée si les plans d’opération le nécessitent, aussi vite que les moyens de transport disponibles le permettront,
poursuit Besson sans se démonter. La 2e Armée française (il insiste sur ce mot) comptera ainsi six divisions : deux polonaises, deux yougoslaves et deux françaises, trois brigades blindées et l’équivalent de deux brigades de montagne. Bref, assez d’unités pour mener à bien le plan le plus ambitieux. Au reste, Messieurs, c’est désormais votre mission : établir et proposer au général Frère puis à l’état-major interallié un plan d’opération pour l’été 1943.
– Mais ce sera le plan de Montgomery, un plan anglais, quel rôle pourrons-nous y jouer ?
gémit Giraud.
Giraud, mon vieux, ressaisissez-vous ! lance Besson, glacial. Il se radoucit et poursuit : « Nous comptons sur vous tous pour travailler en bonne intelligence avec nos alliés, mais aussi pour faire preuve d’imagination en proposant un plan audacieux permettant le succès rapide des forces alliées tout en donnant un rôle important à nos couleurs. Gardez tous en tête que vous combattez ici aujourd’hui mais que vous pourrez combattre ailleurs demain. »
« Giraud,
poursuit-il en regardant ce dernier dans les yeux, vos talents sont reconnus et appréciés ; vous serez sans doute encore utile demain, peut-être ailleurs, justement… Ne gâchez pas tout… »
Besson marque un temps, puis : « Allons, puisqu’il n’y a pas d’autre question, il est temps d’aller dîner, je pense… » Giraud se lève d’un coup, immense, et sort sans un mot, la mine sombre.
« Ils sont sonnés, mais ils ont compris et ils joueront le jeu » pense Besson tandis que les officiers quittent un à un la pièce.
Mon général ?
Dentz, qui fermait la marche, se retourne pour s’adresser à Besson : « Si j’ai bien compris, le général Giraud sera prochainement appelé à d’autres fonctions… Sait-on déjà qui le remplacera ?
« Nous y voilà,
se dit Besson, une offre de service en bonne et due forme… Après tout, il n’y a rien là d’étonnant. »
– Rien n’est décidé, Dentz. Il nous faudra quelqu’un d’expérimenté, connaissant bien le terrain et apte à travailler en bonne intelligence avec les Anglais – et surtout avec Montgomery. J’ai proposé des noms, j’attends la validation du ministère.



11 janvier
La campagne d’Italie
Les Canadiens sont là
Front italien
– L’attaque canadienne commence au petit matin et d’abord, tout se passe bien : une vigoureuse attaque de l’infanterie dans le compartiment boisé, appuyée par l’artillerie divisionnaire, ouvre la porte côté Mirabello pour les blindés qui s’engagent. Côté Passo Cordone, la progression est soutenue par les Hurribomber du Sqn 335 (SAAF) qui neutralisent les canons antichars positionnés le long de la route et les attaquants progressent donc tout aussi bien, en dépit de nombreux tirs de nebelwerfers. En fin de journée, les Canadiens ont pénétré dans San Pellegrino et repoussé une contre-attaque ennemie.
Cependant, le commandement allemand ne reste pas inactif. Un Kampfgruppe est constitué avec des unités de la 10. Panzer et de la 52. ID et, dans la nuit du 11 au 12, il se dirige vers le secteur menacé.


12 janvier
La campagne d’Italie
Les Canadiens sont toujours là (mais non sans mal)
Front italien
– Les Canadiens, n’ayant pas jusqu’à présent rencontré d’opposition féroce, poussent leur avantage sur trois kilomètres et s’emparent du pont Sant’Antonio, qui est franchi dans l’élan. Mais quelques centaines de mètres plus loin, le Ram de tête est détourellé par un tir direct : la contre-attaque de la 10. Panzer vient de commencer.
Les blindés allemands manœuvrent en direction du pont pendant que des fantassins mettent la pression plus au sud, sur la Strada 21, qui dessert San Pellegrino mais aussi Rotacesta, à deux pas de la Strada 50, voie de communication vitale pour les Canadiens. En fin de journée, plusieurs assauts ont été repoussés, mais les chars du 11e Ontario ont dû se replier sur l’autre rive et tout le périmètre du saillant canadien est sous le feu des armes automatiques allemandes.

Des difficultés de la logistique
Naples
– Le major-général John C.H. Lee, chef du Services of Supply North-Africa (SOS-NA), unités logistiques de l’US Army pour le théâtre méditerranéen, arrive à Naples pour s’assurer sur place de la bonne exécution de ses ordres. Ses hommes ont pris possession de la ville depuis dix jours, dès que les troupes combattantes l’ont déclarée sécurisée, et ils doivent y installer la base logistique nécessaire pour ravitailler les unités américaines, françaises et belges qui sont déjà ou seront engagées en Italie. En effet, si les premières unités débarquées à Gaète et Salerne disposent du ravitaillement nécessaire pour quelques jours d’opérations, les troupes de renfort (au-delà de la seconde vague) ainsi que les vivres, les munitions et le carburant nécessaires à des opérations prolongées ne peuvent être débarqués par chalands sur des plages et demandent les capacités d’un grand port. Dans un premier temps, le rôle des équipes du SOS-NA a consisté à organiser avec les autorités civiles italiennes la remise en marche des installations portuaires (sous contrôle militaire américain, bien sûr).
Maintenant que le feu vert a été donné pour que cargos et paquebots venus d’Afrique du Nord ou directement des Etats-Unis puissent décharger à Naples, il s’agit de transformer le port et la ville en plaque tournante logistique des forces américaines en Italie. Mais il ne sera pas simple d’atteindre cet objectif. D’abord, avant de recevoir du matériel, il faudra commencer par débarquer le personnel du SOS-NA nécessaire à la bonne marche de cette immense base. Et puis il faudra réparer au plus vite les dégâts causés par les aviations… alliées lors des bombardements de l’automne précédent. Enfin, les premiers rapports des subordonnés du général Lee montrent que les besoins de la population civile locale ont été sous-estimés (avant même le basculement de l’Italie, le ravitaillement était insuffisant et la situation sanitaire préoccupante). Ces besoins devront être couverts en priorité pour éviter qu’une agitation ou même des émeutes ne mettent en péril la sécurité et la rapidité du ravitaillement des unités sur le front.


13 janvier
La campagne d’Italie
Les Canadiens ont du mal
Front italien
– Dès l’aube, l’artillerie allemande pilonne énergiquement les positions alliées, permettant aux fantassins de la 52. ID de franchir la rivière en amont et en aval du pont Sant’Antonio. Rapidement, les blindés de l’Ontario Regiment sont contraints de se retirer avec des pertes supplémentaires, d’autant que la pression est toujours forte sur San Pellegrino et les routes qui y mènent.
En fin de journée, les Canadiens tiennent toujours le village, mais il leur faut se résoudre, avec amertume, à abandonner l’opération et à se retirer sur leurs positions de départ.


14 janvier
La campagne d’Italie
Les Canadiens ont reçu une leçon
Front italien
– Il est midi lorsque les unités canadiennes engagées retrouvent les positions d’où elles sont parties quatre jours plus tôt. Les deux régiments ont subi des pertes sérieuses et tous les Canadiens ont pris conscience du fait que cette campagne sera plus dure que celle de Sicile, avec des adversaires d’une autre trempe.
Tactiquement, la principale leçon est que cette opération a été menée trop vite, avec des effectifs insuffisants, et qu’elle était trop unidirectionnelle, ce qui a facilité l’organisation de la réponse allemande. Pour pouvoir avancer, il va falloir forcer l’adversaire à manœuvrer et à disperser ses forces, grâce à de nombreuses actions de diversion permettant de ne dévoiler les objectifs visés qu’au dernier moment.


15 janvier
La campagne d’Italie
Top secret
Alger
– Le lieutenant-général Devers (5e Armée), le major-général Ernest J. Dawley (IIe CA US) et le général de corps d’armée Louis Koeltz (IVe CA français) ont été convoqués en catimini pour une réunion ultra-secrète. Même les interprètes sont interdits (ce qui n’est pas trop gênant pour le Français, après plus de deux ans de cours intensifs d’anglais pratique, mais agaçant néanmoins…). Là, un individu en uniforme de commandant (assurément un civil mal dégrossi), français mais parlant un excellent anglais (trop excellent, même, au goût des Américains), leur annonce de but en blanc qu’ils doivent se préparer à faire face à une contre-attaque allemande majeure vers le 20 janvier.
Suit une courte séance de questions où l’origine du renseignement ne sera pas évoquée, mais où sa fiabilité sera fermement assurée. Les trois généraux repartent alors vers l’Italie aussi discrètement qu’ils étaient venus, en réfléchissant déjà aux ordres à donner à leurs subordonnés… et à la façon de les donner !
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Jubilé



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MessagePosté le: Lun Nov 10, 2014 11:12    Sujet du message: Répondre en citant

De l'animation en perspective sur un front censé être assez vite secondaire, curieux que les Allemands y lancent une contre-attaque alors qu'ils doivent manquer de moyens pour, et que le front Russe doit largement pomper leurs réserves.

Sans parler du front grec et celui des Balkans où le basculement Italien peut faire craindre pour le pétrole roumain, et plus largement pour les arrières de leurs troupes engagées en Russie.
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ladc51



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MessagePosté le: Lun Nov 10, 2014 11:20    Sujet du message: Répondre en citant

La diversité des auteurs se sent bien... Wink peut-etre un peu trop.
Il faut sans doute rajouter 2 ou 3 phrases de liaison pour expliquer que d'une part Alexander ne sent pas prêt à lancer une offensive et d'autre part un commandant de division lance une attaque... mais que ce n'est pas contradictoire Confused .
Par exemple en expliquant que le chef de la DI canadienne 'est couvert auprès de son chef de corps qui, s'il a compris qu'il ne pouvait pas lancer une attaque générale de son corps d'armée, veut sonder le dispositif ennemi et garder l'initiative en autorisant une attaque locale et limitée (limite de ce que lui permet la logistique à cette date)...
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Laurent
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dado



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MessagePosté le: Lun Nov 10, 2014 12:16    Sujet du message: Répondre en citant

Effectivement GUY2LUZ, tu as raison les allemands ne seront peut être pas complètement dupes, en tout cas il seront dans l'incertitude.

Je note que des RAM canadiens sont utilisés en première ligne, là où OTL ils étaient plutôt gardés pour l'entrainement des troupes canadiennes en Grande-Bretagne. Je suppose que c'est parce que les troupes canadiennes sont employées sur le front plus tôt qu'OTL, et donc doivent se battre avec ce qu'ils ont sous la main? D'ailleurs OTL, y a-t-il eu des troupes canadiennes qui ont combattu en Italie, ou ont-elles toutes été regroupées en Grande Bretagne pour entrainement et pour le D-day?

C'est vrai que c'est bizarre l'offensive allemande prévue au 20 janvier. Peut être que l'offensive allemande est un coup fourré (malgré la solidité des infos), après tout les alliés ne sont pas les seuls à tenter de tromper l'ennemi sur ses intentions? En tout cas logique que les allemands tentent de reprendre l'initiative d'une façon ou d'une autre, plutôt que de la laisser totalement aux alliés, même s'ils seront bien assez tôt contraints à la défensive.
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Anaxagore



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MessagePosté le: Lun Nov 10, 2014 12:32    Sujet du message: Répondre en citant

Dans une situation pareille, lancer une contre-attaque est encore l'opération la plus économe à moyen terme. Entourer un saillant nécessite plus d'hommes que pour le tenir. Contenir l'assaut des Canadiens nécessiterait en fait plus de moyens qu'une contre-attaque rapide visant à raccourcir le front.
A ce stade de la guerre, l'avantage est toujours allemand en terme d'expérience des soldats et des officiers. Donc, en défensive une troupe allemande peut sans peine arrêter une troupe alliée de taille équivalente. En offensive, une attaque concentrique d'une troupe allemande ayant la supériorité numérique au niveau local peut infliger une dérouillée à une une unité alliée.
Donc, concentrer rapidement des moyens à un endroit, frapper, gagner, réduire le saillant et redéployer les troupes ailleurs sur le front avant que les Alliés puissent en profiter est bien la meilleure tactique.
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dado



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MessagePosté le: Lun Nov 10, 2014 14:16    Sujet du message: Répondre en citant

Tout à fait, d'autant que cette unité canadienne, même si elle doit être bien entraînée, n'a jamais vu le feu il me semble.

Ce qui serait plus surprenant, c'est que les allemands lancent un contre attaque de grande ampleur le 20 janvier sur une grande partie du front, alors qu'ils n'ont pas la supériorité numérique (ni la maîtrise des airs, loin de là) et que ce n'est pas une opération qui leur permettra de raccourcir leurs lignes (comme la destruction d'un saillant ennemi).
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loic
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MessagePosté le: Lun Nov 10, 2014 14:40    Sujet du message: Répondre en citant

Une petite maladresse :
Citation:
3 janvier
Les derniers éléments en ligne de la 132e Division Blindée Ariete et de la 2e Division Rapide Emanuele Filiberto Testa di Ferro sont retirés du front pour permettre de recompléter ces divisions à partir d’une partie des unités composant la 10e DI semi-motorisée Piave.


OTL, la 118e Jäger-Division apparaît le 1er avril 43 à partir de la 718e division, en Serbie. Je suis un peu surpris qu'il en soit différemment ici (disons que si on pouvait éviter de chambouler l'OTL, ce serait préférable).
Citation:

5 janvier
Les Indiens vont donc faire face à la 118e Division de Réserve allemande qui est, elle aussi, de type montagne et tient les cols du Gran Sasso, de Malecoste et de Campo Imperatore.

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On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Lun Nov 10, 2014 14:57    Sujet du message: Répondre en citant

@ LADC : Comme ça ?
Front italien – La 1ère DI canadienne est maintenant à peu près en place, à gauche de la 6e DI britannique. Son chef, à la demande du général Ritchie, décide de tenter un coup de sonde dans le dispositif allemand. La manœuvre est simple : le 48e Highlander (1ère Brigade) attaquera avec le soutien des chars du 11e Ontario de part et d’autre de San Pellegrino. L’attaque se fera en tenaille par Mirabello et Passo Cordone. Des reconnaissances ont permis d’avoir une carte assez détaillée du dispositif antichar de l’ennemi.
Certes, les premiers ordres du nouveau GOC (Alexander) demandent de s’abstenir d’opérations offensives importantes. Mais si Ritchie a compris qu’il ne pouvait pas lancer une attaque générale de son corps d’armée, il veut garder l’initiative en autorisant une attaque locale et limitée, dans les limites de ce que lui permet la logistique à ce moment.


@ Loïc : (1) Zut ! Je l'avais vu en postant et je l'ai corrigé sur mon fichier, mais j'ai oublié de reporter la correction. Embarassed
(2) 118. Division : Patzekiller ??

@ Dado : D'abord, les Allemands peuvent penser avoir encore la supériorité numérique en raison de la dispersion des Alliés entre Naples et le front.
Ensuite ils sont sûrs d'avoir la supériorité tactique (ils ont parfois raison, parfois non).
Dans les airs, la situation est partagée...
Enfin, le front dessine justement (j'anticipe sur le post de demain) un saillant : avec un flanc ouest qui commence à la mer et va du s-o au n-e, et un flanc est qui va du n-o au s-e, la Tancrémont occupant la pointe du saillant.
_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)
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