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Janvier 1943 - Asie-Pacifique
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Aoû 19, 2014 08:33    Sujet du message: Janvier 1943 - Asie-Pacifique Répondre en citant

Oui, je sais que Birmanie et Indochine en sont à la fin de l'année... et que nous allons ici répéter le début de l'année.
Mais je crois qu'une révision générale "en simultané" de tous les fronts est utile... et il y a beaucoup de nouveau dans les textes ci-dessous. Merci, notamment, à Parménion pour Guadalcanal et Pearl Harbor.
Enfin, quand je dis tous les fronts, il en manque encore un (la N-Guinée), mais il sera relativement facile de l'ajouter à l'ensemble.



Janvier 1943
2 – La guerre en Asie-Pacifique
Guadalcanal : laborieux épilogue

1er janvier
Océan Indien
Au large de Calcutta
– Le sous-marin japonais I-166 débarque trois agents de l’Armée Nationale Indienne. Eux aussi vont tenter de soulever les Indiens contre les Britanniques.

Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– Au petit matin, les GI du 132e RI et les Marines du 7e Rgt postés sur la rive droite de la Poha constatent que l’ennemi s’est une fois de plus dérobé. Ils entament sans tarder la poursuite, mais les pluies torrentielles qui se sont abattues pendant la nuit, noyant les modestes tentatives des Américains de fêter la nouvelle année, ont transformé en fondrières les mauvaises pistes ouvertes par les Japonais et jonchées de matériels divers hors d’usage, y compris des pièces d’artillerie déjà couvertes de rouille. Informé de l’état pitoyable des voies de communication dans les zones récemment prises à l’ennemi, Patch ordonne aux CB de commencer de toute urgence à les améliorer. En attendant, des bâtiments légers sont chargés de faire la navette entre Red Beach et l’embouchure de la Poha pour ravitailler en vivres et en munitions les troupes lancées à la poursuite des fuyards.
………
Les échappés du Seahorse n’ont pas eu le loisir de s’abriter pendant le déluge du Nouvel An. Au contraire, ravi de l’aubaine, leur chef leur a fait presser le pas, certain que les Marines ne se lanceraient pas à leurs trousses par ce temps. Lorsque le soleil finit par percer, Onishi estime qu’ils ont déjà parcouru cinq kilomètres – c’est énorme, dans ces conditions ! A 16h00, le cours de la Lunga est atteint et les vraies difficultés commencent : grossi par les pluies diluviennes, le petit fleuve est sorti de son lit, obligeant les soldats à de longs détours. Alors qu’Onishi comptait vivre autant que possible sur les ressources du terrain, il est obligé de faire entamer dès le premier soir les maigres réserves de nourriture : impossible de trouver quoi que ce soit de comestible dans l’océan de boue fangeuse qui semble avoir envahi la jungle !
………
Au QG de Patch, DeCarre et Jackson doivent faire face à des problèmes d’une autre nature. L’opération amphibie sur les arrières des Japonais que le commandant du XIVe Corps leur a demandé de concevoir leur pose une foule de problèmes, le premier n’étant autre que le choix du régiment chargé de cette mission. Il aurait été logique qu’elle soit confiée au 6e Marines, mais son départ est imminent. Les deux autres régiments de Marines sont soit au bout du rouleau (pour le 7e), soit à cours d’effectifs (le 8e Rgt a perdu le tiers de ses forces lors de la bataille de la Poche, début décembre). Faire revenir le 132e RI de la Poha briserait le rythme de la poursuite, déjà plutôt lent. Le 182e RI n’a pas vu le feu…
Finalement, le seul candidat valable est le 164e RI, qui vient de laisser un dixième de ses effectifs sur les pentes du Seahorse. Informé, Patch donne son accord et ordonne que le colonel Moore soit immédiatement associé à la planification de l’opération.

Pearl Harbor – C’est avec une surprise non dissimulée que les ouvriers de l’arsenal voient surgir, au petit matin de ce Jour de l’An, l’amiral Nimitz en personne, accompagné de son adjoint l’amiral Spruance et d’un général Vandegrift encore passablement chiffonné par son long voyage, la veille, de Nouméa à Pearl. Les marins de garde sur le croiseur Louisville sont carrément abasourdis lorsque le petit groupe d’officiers étoilés s’arrête devant la cale sèche qui héberge temporairement leur navire et commence à s’enquérir de l’avancée des travaux auprès d’un lieutenant de vaisseau terrorisé.
Laissant les pavillons discuter technique, Vandegrift examine les dégâts causés par la torpille encaissée le 28 novembre. Il interpelle un matelot qui (n’ayant pas le moindre galon à perdre ou à gagner) se trouve ravi d’expliquer à un général comment du mazout en feu peut se répandre dans un compartiment machine. Lorsque le marin commence à décrire les corps carbonisés de ses camarades – certains ont survécu plusieurs heures à leurs blessures – Vandegrift, qui a pourtant l’estomac bien accroché, préfère orienter la conversation vers le voyage du Louisville de Tulagi à Pearl. A la fin de cette épopée, ponctuée d’arrêts intempestifs des machines, de voies d’eau qui se déclarent en pleine nuit, de pompes qui cessent de fonctionner et d’alertes sous-marines, l’ancien commandant de la 1re Division USMC serre chaleureusement la main de son interlocuteur, rouge d’émotion, et lui demande de remercier l’équipage du Louisville d’avoir protégé les Marines au péril de leur vie.
Un silence recueilli règne dans la voiture qui ramène les trois officiers généraux au PC de la flotte du Pacifique.
Merci d’être venu, Archie, finit par lancer Nimitz. Je sais que vous devez être épuisé, mais c’était important pour nos marins de voir que les Marines se souciaient d’eux. Vous pouvez être certain que l’histoire aura fait le tour de l’île d’ici ce soir et que les gars de l’USMC se feront tous offrir un verre par les marins.
– Vous voulez dire, avant d’entamer les bagarres, c’est bien cela ?
réplique Vandegrift avant de poursuivre au milieu des rires : « Une seule torpille, 125 morts… J’ai fait exterminer quelques milliers de Japs pour moins que ça, dans les collines de ‘Canal. »
– Nous allons vous déposer à vos quartiers,
décide Nimitz. Et, pendant que Spruance fait signe au chauffeur : « Quand partez-vous pour Washington ? »
– Le 3. La cérémonie a lieu le 6, on m’a généreusement accordé une journée complète avec mon épouse.
– Votre fils sera là ?
– Non, il est dans le Pacifique, avec ses hommes.
– On lui a refusé une permission ?
– Il n’en a pas demandé,
répond Vandegrift, incapable de dissimuler sa fierté.
Le croiriez vous ? Ça ne m’étonne pas, conclut Nimitz avec un sourire.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Aoû 19, 2014 08:45    Sujet du message: Répondre en citant

2 janvier
Campagne de Birmanie
Birmanie (front allié)
– En ces premiers jours de 1943, le général Wavell, commandant en chef allié pour l’Asie du Sud-est, a notamment sous ses ordres les lieutenants-généraux Alan F. Hartley, GOC India – dont le rôle est principalement de recruter et de former des troupes fraîches, et Arthur Percival, ex-GOC Burma. Celui-ci commande la 9e Armée britannique. Ses troupes ont pu être renforcées et rééquipées durant la période de la mousson, qui s’achève. En fait, les renforts potentiels ne manquent pas – le plus difficile est de les ravitailler. C’est pourquoi les forces de Percival sont moins nombreuses qu’elles pourraient l’être.
En raison, notamment, de ces difficultés logistiques, la phase active de l’opération Roundshot, qui doit voir la reconquête de Singapour, a été reportée à la saison sèche 1944. A ce moment, la Royal Navy devrait être assez puissante pour débarquer du monde dans l’isthme de Kra, tout en ravitaillant abondamment les forces engagées en Birmanie. En attendant, la 9e Armée doit, pour 1943, se contenter d’actions offensives limitées, en tenant ferme, en tout cas, sur la ligne de la Salween – c’est l’opération Anakim. Cependant, au 10, Downing Street, on espère que ces actions pourront obtenir le basculement de la Thaïlande, « à l’italienne » dit Winston…
C’est le XVe Corps Indien, commandé par le Lt-général William “Bill” Slim (récemment promu), qui tient le front de la Salween. Du sud au nord, ce corps comprend la 14e Division Indienne du major-général W.L. Lloyd (47e, 48e et 49e Brigades Indiennes), la 8e Division Indienne du major-général Harvey (17e, 18e et 19e Brigades Indiennes) et la 1ère Division Birmane du major-général Bruce-Scott. Celle-ci est en réalité bien peu birmane, puisqu’elle associe à la seule 1ère Brigade Birmane (reconstituée avec les débris des 1ère et 2e Brigades, qui s’étaient dissoutes sous l’assaut japonais au début de la guerre), la 55e Brigade Indienne et… le Corps Expéditionnaire de la Force Publique du Congo Belge.

Ce Corps est une brigade très renforcée d’environ 8 000 hommes, commandés par le général-major Auguste Gilliaert. Anglais, Indiens et même Birmans regardent avec quelque suspicion ces grands gaillards noirs (c’est ainsi qu’Indiens et Birmans parlent des Congolais, même si leur propre peau n’est guère moins foncée) et leurs officiers blancs, qui parlent français mais ne sont pas Français, ou qui parlent hollandais (semble-t-il) mais ne sont pas Hollandais… Cependant, leur matériel est de bonne qualité et ils disposent d’un hôpital de campagne, commandé par la capitaine Thomas.
Mieux encore, la Force Publique est arrivée en Birmanie avec son propre appui aérien, que les Britanniques ont étiqueté 1st (Belgian) Composite Group. Celui-ci compte environ 120 appareils. Il est accompagné d’un solide bataillon de soutien : mécanique, transmission, administration, génie (réparation de la piste, déminage), protection (un peloton d’infanterie motorisée) et DCA (quatre affûts quadruples de .50, quatre affûts doubles d’Œrlikon de 20 mm, une batterie de quatre Bofors de 40 mm).

Par ailleurs, Slim peut compter, en cas de besoin, sur les réserves de la 9e Armée : à l’est du Sittang, la 5e Division d’Infanterie britannique (Major-général H.P.M. Berney-Ficklin – 13e, 15e et 17e Brigades) et, à l’ouest du Sittang, deux brigades blindées.
La 9e Armoured Brigade (Brigadier John Currie – 3rd Hussars, Wiltshire Yeomanry, Warwickshire Yeomanry) aligne environ cent dix chars, Crusader, Valentine et Stuart. Ses équipages sont relativement expérimentés, mais le taux d’indisponibilité de ses blindés est assez élevé en raison du climat et du manque chronique de pièces détachées.
La 50e Indian Tank Brigade (Brigadier G.H.N. Todd) compte une petite centaine de blindés, Valentine, Crusader et Tetrarch (ces chars très légers et maniables ont été conçus pour être aérotransportés, mais il est apparu que le moindre Panzer III serait pour eux un ennemi redoutable et que leur espérance de vie serait plus longue dans la jungle asiatique, où leur petite taille serait un atout). La plupart de ses équipages sont novices, mais ils ont été formés sous la houlette des tankistes évacués de Malaisie et de Singapour, qui brûlent de retourner au combat et dont certains ont été incorporés à la nouvelle brigade. De plus, il faut leur ajouter les trente blindés du déjà fameux Calcutta Light Horse, qui a fait merveilles pendant la première campagne de Birmanie et qui a été entièrement rééquipé de Stuart. Ses hommes (pour la plupart des Britanniques vivant en Inde depuis de longues années) ont réclamé et obtenu d’être rattachés à la brigade indienne plutôt qu’à la 9e Armoured.
Enfin, deux brigades indépendantes ayant un rôle particulier s’ajoutent à ces forces. La 13e Brigade Indienne, très expérimentée et dont l’état-major a décidé de faire une “école de la jungle” pour les nouvelles recrues, est cantonnée non loin de Rangoon. Et la 77e Brigade Indienne, sous les ordres du Brigadier Orde Wingate, constituée de réservistes britanniques, de Birmans et de Gurkhas, est à l’entraînement dans la jungle du nord de la Birmanie.
………
Tout ce monde est ravitaillé par deux voies : navale, par Rangoon, grâce à des convois venant de l’Inde, et terrestre, par le nord, grâce à la route et à la voie ferrée venant d’Imphal.
La voie navale bénéficie de la présence alliée aux îles Andaman, dont les bases aériennes permettent la couverture d’une bonne partie de l’est de l’Océan Indien. Si la Royal Navy n’est pas encore prête, dans ce secteur, pour des opérations offensives, Leurs Seigneuries ont assuré Wavell et Percival qu’ils n’avaient pas à craindre de débarquement japonais en Arakan tant que la Flotte Combinée était occupée dans le Pacifique.
Quant à la voie terrestre, cette double artère est si fragile et précieuse que deux divisions directement rattachées au SG de la 9e Armée ont été déployées pour la protéger des raids ennemis, mais aussi et peut-être surtout pour l’entretenir. En effet, le climat (mousson et altitude selon les lieux et les saisons) lui inflige quotidiennement de graves dégâts et il faut la réparer sans cesse pour permettre le passage des trains et des camions. La 19e Division Indienne (major-général T. Wynford-Rees) est déployée entre Rangoon et Mandalay. Plus au nord, entre Mandalay et Imphal, est déployée la 11e East African Division (major-général Charles C. Fowkes).
De plus, à l’ouest du Sittang, sur la “Route de Birmanie”, la voie terrestre bénéficie de la présence de la Ve Armée chinoise (général Du Yuming), dont la force équivaut à peu près à celle d’une division britannique. Elle dispose de sa propre couverture aérienne et elle a montré lors des combats de mars que l’on pouvait compter sur elle.
………
Enfin, pour ce qui est de la RAF et des forces aériennes alliées dans la région, leurs effectifs sont toujours relativement limités et les modèles qui les équipent sont loin d’être tous les plus récents des industries britannique et américaine !
………
Royal Air Force, 221st Group
Sqn 17 : 16 Supermarine Spitfire V
Sqn 67 (en cours de rééquipement) : 8 Supermarine Spitfire V et 8 Hawker Hurricane II
Sqn 113 : 16 Hawker Hurricane II
Sqn 136 : 16 Hawker Hurricane II
Photo Reco Unit (PRU) Burma : 4 Bristol Beaufort et 3 Supermarine Spitfire V
Sqn 45 : 16 Bristol Beaumont I
Sqn 84 : 16 Bristol Blenheim IV
Sqn 60 (en cours de rééquipement) : 8 Bristol Blenheim IV et 8 Bristol Beaufort
………
Royal Indian Air Force
Sqn 1 (RIAF) : 16 Hawker Hurricane II, dont une partie remotorisés
Sqn 2 (RIAF) : 16 Fairey Battle et Night Battle
………
Burma Volunteer Air Service (unité auxiliaire de la RAF rattachée à la RIAF)
Sqn 1 (BVAS) : 12 Vickers Wellington
Sqn 2 (BVAS) : 8 Hawker Fury et 10 Hawker Hurricane II, dont une partie remotorisés (1)
Sqn 3 (BVAS) : 16 Bristol Blenheim IV
Sqn 4 (BVAS) : 8 Vickers Wellington et 4 Bristol Blenheim IV
Six Flights indépendants de coopération avec l’Armée : 15 Fairey Battle et Night Battle et 12 Bristol Blenheim IV
Six Flights indépendants de transport et servitude : 30 avions variés
………
1st (Belgian) Composite Group [colonel Leboutte]
– 1er Régiment (ou 1st Wing) “Mahenge” (chasse) [Col. Daniel Le Roy du Vivier]
Sqn 340 (B) : 16 Curtiss H-87 Kittyhawk (+ 4 de réserve)
Sqn 341 (B) : 16 Curtiss H-87 Kittyhawk (+ 4 de réserve)
Les Kittyhawk seront remplacés courant 1943 par des North-American Mustang I puis II.
– 2e Régiment (ou 2nd Wing) “Tabora” (appui au sol) [Lt-col. Frans-Jacques Burniaux]
Sqn 342 (B) : 16 Hawker Hurricane IIc (+ 4 de réserve)
Sqn 343 (B) : 15 Maryland (+ 3 de réserve)
Courant 1943, les Hurricane seront remplacés par des Mustang IA et les Maryland par des North-American Mitchell.
– 3e Régiment (ou 3rd Wing) “Capitaine Thieffry” (transport, reconnaissance, liaisons et appui léger)
Sqn 344 (B) : 14 Savoia-Marchetti 79 et 81 (2) et divers appareils légers (ces avions seront peu à peu remplacés en 1943 par des Lockheed Lodestar et par des Piper Cub et quelques UC 64 Norseman (3) ).
Sqn 345 (B) [major Gérard Greindl] : 15 Fairey Battle (+ 3 de réserve), progressivement remotorisés en Night Battle (ces derniers seront remplacés fin 1943 par des Bell P-39 Airacobra).
Il faut ajouter à la liste des avions belges un unique DC-3, soigneusement entretenu, qui assure (entre autres) le transport des personnalités. Deux ministres belges (celui des Colonies, Albert De Vleeschauwer, et celui de la Défense, Antoine Delfosse) n’ont-ils pas fait le voyage de Birmanie ?


Birmanie (front japonais) – Du côté japonais, la 7e Armée est toujours commandée par le Lt-général Jûichi, mais elle a été considérablement renforcée par rapport à la fin de la campagne du début de 1942. La 55e Division, qui a tenu le premier rôle en 1942 mais a beaucoup souffert, a un peu regarni les rangs de ses 112e et 143e Régiments. Bien mieux, son 144e Régiment a été rappelé de Guam – la fin des opérations de ravitaillement de Guadalcanal vient de libérer assez de transports pour permettre ce redéploiement.
Depuis la prise de Singapour, la 55e a reçu du renfort : la 12e Division (24e, 46e et 48e Régiments) et la 71e Division. La 5e Brigade d’Artillerie Lourde de Campagne et la 9e Brigade Blindée, présentes en 1942, sont encore là, mais les pertes subies par la 9e Brigade Blindée n’ont pu être que compensées par l’apport des éléments survivants de la 7e Brigade Blindée, qui a participé aux combats de Singapour. Enfin, la 2e Division thaïe continue d’assister les Japonais, mais elle joue surtout un rôle de couverture des voies de communications.
Les renforts semblent importants sur le papier, mais les 12e et 71e Divisions ont perdu beaucoup de monde face aux défenseurs de Singapour et sont loin de leur meilleure forme, tant en ce qui concerne le nombre d’hommes que le matériel lourd et notamment l’artillerie.
L’aviation de l’Armée est là, bien sûr, et elle s’est modernisée ; mais la campagne de 1942 a montré qu’elle ne pouvait suffire à assurer la victoire.
………
Chasse
1er Sentai, Moulmein : 30 Ki-43 Hayabusa “Oscar”
11e Sentai, Moulmein : 12 Ki-43 Hayabusa “Oscar” et 20 Ki-44 Shoki “Tojo”
50e Sentai, Moulmein : 30 Ki-43 Hayabusa “Oscar”
64e Sentai, Changmai : 12 Ki-43 Hayabusa “Oscar” et 20 Ki-44 Shoki “Tojo”
77e Sentai, Maubin : 33 Ki-43 Hayabusa “Oscar”
………
Bombardement et reconnaissance
1er Dokuritsu Sentai, Lampong et Nakhon Sawan : 30 Aichi Ki-89 (version terrestre du “Val”)
8e Sentai, Moulmein : 10 Ki-15 “Babs” et 32 Ki-48 “Lily”
14e Sentai, Nakhon Sawan : 34 Ki-21-II “Sally”
31e Sentai, Lampong : 28 Ki-30 “Ann”
62e Sentai, Bangkok: 32 Ki-21-II “Sally”
51e Chutai indépendant, Lampong : 5 Ki-15 “Babs” et 5 Ki-46 “Dinah”
70e Chutai indépendant, Maubin : 5 Ki-15 “Babs” et 5 Ki-46 “Dinah”

………
Néanmoins, les ordres de Tokyo sont clairs : reprendre l’offensive et enlever Rangoon. L’objectif est d’achever l’isolement de la Chine en fermant la route de Birmanie, privant les Chinois du matériel occidental auquel l’état-major attribue tous les déboires nippons en Chine. Mais il s’agit aussi de contrôler les ressources naturelles birmanes (pétrole, riz et tungstène pour les obus antichars).
Pour y parvenir, l’état-major japonais a conçu un plan hardi, l’opération U-Go. Ce plan demande la coopération de la Marine Impériale et de la marine thaïlandaise. Cette partie de l’opération est pour beaucoup dans le fait que U-Go ne commencera que mi-janvier, quelques semaines après la fin de la mousson. La baisse des besoins navals liés à la fin des combats à Guadalcanal a d’ailleurs facilité la concentration des moyens nécessaires.
Cependant, la Marine Impériale a elle aussi subi de lourdes pertes. Elle ne peut déléguer que le croiseur léger Katori, normalement voué à l’entraînement, les destroyers Arashio, Hagikaze, Hibiki et Oshio et la 1ère Division de Torpilleurs reconstituée avec les bateaux survivants de la bataille du convoi Pedestal : les Hatsukari, Kasasagi, Otori et Tomozuru. Qu’à cela ne tienne, les Thaïlandais auront le privilège d’utiliser leur flotte autrement que comme cible ! Le garde-côte cuirassé Sri Ayudhya (2 265 t, 4 x 203 mm), laborieusement remis en service après les graves dommages subis contre les Français en mars 1941, se retrouve navire amiral de l’escadre de bombardement, qui ne comprend que lui et les garde-côtes Ratanakosindra et Sukhotai (4 x 152 mm chacun). Les torpilleurs Patani, Phuket, Rayong et Surasdra assisteront leurs collègues japonais. Ces navires, sous le commandement du contre-amiral Omori Sentaro (qui a mis son pavillon sur le Katori), escorteront un convoi formé notamment de transports ayant participé aux débarquements du début de l’année sur la côte est de la Malaisie et embarquant la 27e Division d’Infanterie – ou plus exactement ce qui reste de cette division après les rudes combats des deux sièges de Singapour. La 27e Division devra être débarquée sur la côte de Birmanie, dans le dos des défenses alliées.
Evidemment, la région choisie est le delta de l’Irrawady, ce qui veut dire que l’adversaire va pouvoir s’accrocher sur de nombreuses “coupures humides”. Mais l’Armée Impériale a confiance dans les capacités de ses hommes et ne comptait pas, de toute façon, leur fournir un grand arroi de camions et autres véhicules. Des chars sont certes prévus, mais la plupart d’entre eux sont de légers engins amphibies Type 2 Ka-Mi, fort commodes sur ce terrain, mais aussi mal armés (un canon de 37 mm) et aussi mal blindés (6 à 13 mm) que la plupart des blindés nippons.
L’escorte n’est pas très imposante, mais c’est un risque calculé. Certes, la Marine Impériale, occupée à contenir les Américains dans le Pacifique, n’a pas les moyens d’affronter le gros de l’Eastern Fleet dans l’Océan Indien en bataille rangée, mais seuls les navires alliés basés à Rangoon seront à portée d’intervention immédiate, car les grands bâtiments britanniques se sont depuis longtemps repliés vers Ceylan. Avant qu’ils n’interviennent, les troupes mises à terre par surprise auront permis de remporter la victoire en Birmanie. L’état-major japonais redoute surtout les sous-marins, c’est pourquoi l’escorte sera complétée par quelques chasseurs de sous-marins japonais et thaïlandais.

Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Salomon Orientales
– Le sous-marin I-20 lance vers Guadalcanal le HA-37 du lieutenant Miyoshi. Mais avant d’être arrivé en vue de l’ennemi, le petit engin tombe en panne et ses deux hommes d’équipage doivent l’évacuer. Ils pourront regagner la terre sans mal.

Guadalcanal – Malgré leurs efforts, les hommes de l’Americal et de la 2e Division USMC ne parviennent pas à rejoindre l’ennemi en fuite. Il est vrai que leur avance plus rapide que prévu les a éloignés de Red Beach avant que des dépôts avancés aient pu être préparés. Et la noria de petits bateaux qui font la navette avec la Poha ne suffit pas à satisfaire les besoins en munitions – dont les Américains sont, comme d’habitude, très prodigues dès que l’ennemi fait mine de se manifester.
Afin de couvrir son flanc sud, Patch ordonne à un bataillon du 182e RI de retraverser la Matanikau et de nettoyer le terrain le long de la Lunga jusqu’aux contreforts des montagnes. Pendant ce temps, DeCarre, Jackson et Moore apportent les derniers aménagements au projet de débarquement sur les derrières japonais. Le 6e Marines reçoit l’ordre de rejoindre Red Beach, en compagnie du 164e RI. Bien entendu, le sort du premier, qui doit quitter l’île sous peu, s’ajoutant à l’animosité traditionnelle entre Armée et Marine, ne manque pas de susciter plusieurs bagarres qui réclament l’intervention de la MP.
………
Onishi et ses hommes progressent plus lentement que prévu sur un terrain rendu encore plus difficile que d’habitude par les pluies des derniers jours. Onishi ordonne de forcer l’allure et de réduire les pauses, mais c’est surtout l’incapacité de ses opérateurs radios à obtenir le moindre contact qui l’inquiète : le matériel serait-il défectueux ? Pour ne pas nuire au moral de sa petite troupe, il garde l’information pour lui, en espérant que, une fois sur les hauteurs, la portée de l’émetteur s’améliorera.

Stratégie américaine
Pearl Harbor
– Après de longues hésitations, Nimitz et Spruance décident de ne pas autoriser leurs sous-marins à opérer en mer du Japon. Le risque de couler par erreur des navires soviétiques est jugé trop grand (sans parler du risque théorique que les Russes coulent un sous-marin américain) : inutile d’énerver Staline à quelques semaines d’un sommet crucial !


Notes
1- Les Fury, s’ils figurent officiellement à l’inventaire, ne sont plus opérationnels depuis plusieurs mois ! Quatre de ces appareils sont aujourd’hui précieusement conservés dans des bases aériennes ou des musées indiens.
2- Les deux SM 73 et les deux SM 83 ont été restitués à la Sabena, dans un état médiocre il faut bien le dire…
3- Et même, en 1944, par quelques hélicoptères Sikorsky R4b !


Dernière édition par Casus Frankie le Mer Aoû 20, 2014 02:19; édité 1 fois
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Aoû 19, 2014 08:52    Sujet du message: Répondre en citant

3 janvier
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– En fin de matinée, DeCarre, Jackson et Moore présentent à Patch leur plan d’opération. L’idée est de faire débarquer, le 5 janvier, un bataillon renforcé du 164e RI sur la côte sud-ouest et de le faire marcher vers Cap Espérance pour couper la ligne de retraite des Japonais. Le projet de transporter l’intégralité du 164e RI sur les arrières de l’ennemi a finalement été abandonné : si les moyens navals ne manqueront pas, avec l’arrivée des premiers éléments de la 25e DI, les Américains craignent de ne pouvoir ravitailler sans risque une force aussi importante, alors que la flotte japonaise est toujours dangereuse ! De plus, l’idée initiale de Jackson, beaucoup plus ambitieuse, supposait que le gros des forces ennemies soit toujours stationné dans le secteur de la Matanikau, alors qu’il apparaît que, chaque jour, les Japonais reculent de quelque distance vers le Cap.
Avec l’accord de Moore, c’est le I/164e, renforcé de la compagnie C du III/164e, qui est choisi. Conséquence de la réduction des effectifs engagés, le débarquement initialement prévu à Marovovo est décalé vers le sud-ouest, à Verahue, ce qui impose deux jours de marche supplémentaires pour atteindre Cap Espérance.
Jackson émet quelques réserves sur l’intérêt de lancer l’opération dans un format aussi réduit : un bataillon, même renforcé, sera-t-il réellement en mesure de gêner les Japonais ? Ne risque-t-il pas de se retrouver lui-même en mauvaise posture ? Néanmoins, Patch choisit de passer outre, et Jackson (qui doit quitter l’île le surlendemain avec son 6e Marines), satisfait de voir ses réserves dûment notées, n’insiste pas.
………
Les ennuis s’accumulent pour la petite troupe d’Onishi. Les Américains ont renforcé leurs patrouilles aériennes, ce qui oblige les Japonais à de longs détours pour rester sous le couvert de la jungle, et la marche commence à devenir très éprouvante. Au matin, Onishi a été obligé d’avouer à ses hommes que les contacts radio n’avaient rien donné jusqu’à présent ; deux soldats, malades et très affaiblis depuis le départ du Seahorse, ont choisi de rester sur place. Pour leur éviter de perdre la face, Onishi leur demande de retarder les Américains qui pourraient les poursuivre.

Stratégie américaine
Pearl Harbor
– En fin de matinée, Nimitz et Spruance accompagnent Vandegrift jusqu’à son B-17. Alors que l’avion prend de l’altitude et met le cap à l’est, les deux hommes demandent à leur chauffeur de les déposer à quelque distance de leur PC. Comme à leur habitude, le CINCPAC et son adjoint, tous deux grands amateurs de marche, finissent le trajet à pied et en profitent pour évoquer les échéances qui les attendent.
Sacré bonhomme, ce Vandegrift, lance Nimitz en connaisseur. J’espère que Holcomb ne le gardera pas coincé trop longtemps dans un bureau, dit-il en évoquant la mission de réflexion sur l’organisation de l’USMC qu’a souhaité confier à Vandegrift le lieutenant-général Thomas Holcomb, commandant du corps des Marines. Nous allons bientôt avoir besoin de lui.
– Vandegrift serait parfait à la tête d’un de nos futurs corps amphibies,
reconnaît Spruance. Mais encore faut-il que l’amiral King valide le principe de ces corps. Et même si c’est le cas, je crois que le général Holcomb atteindra l’âge de la retraite en août prochain. Ne pensez-vous pas que l’on proposera à Vandegrift de lui succéder, en tant que héros de Guadalcanal ?
– C’est possible, mais en attendant, j'aimerais beaucoup que nous puissions profiter de son expérience.
– Pour le moment, il ne va pas manquer de travail !
– Ah ! Vous avez entendu ce qu’il nous disait hier ? Recruter des femmes dans l’USMC ! Vous pouvez m’en croire, Ray, tant que je commanderai cette flotte, pas une seule femme ne travaillera à l’état-major, quand bien même Eleanor Roosevelt viendrait me supplier en personne.
– Chacun sa croix, amiral. En ce moment, je me contente bien volontiers de finaliser nos plans pour les prochains mois dans le Pacifique. Je serai en mesure de vous les présenter dès le 15.

………
« L’excellente entente qui existait entre Nimitz et son chef d’état-major est l’un des éléments qui contribua aux succès de la marine américaine dans le Pacifique. Une fois que Spruance eût surmonté ses réticences initiales (il n’avait jusqu’alors jamais manifesté beaucoup d’intérêt pour le travail en état-major), une coopération très étroite, doublée d’un respect et d’une estime réciproques, s’établit entre les deux hommes. Nimitz reconnaissait en Spruance un stratège d’exception, capable de déceler les erreurs de ses interlocuteurs grâce à son esprit analytique, tout en restant ouvert à la discussion et disposé à reprendre les bonnes idées émises par d’autres que lui. Spruance, pour sa part, appréciait de travailler sous les ordres d’un chef qu’il respectait et qu’il admirait. Sa position de chef d’état-major lui permettait de travailler dans un quasi-anonymat – une bénédiction pour un homme qui abhorrait la publicité. « En temps de guerre, faire la promotion personnelle d’un commandant peut se révéler désastreux, avait-il coutume de dire à Nimitz. Imaginez que j’aie remporté une grande victoire sur les Japonais en juin 42. Sevrés de victoires depuis des mois, les journalistes en auraient fait des tonnes, j’aurais acquis une image disproportionnée auprès du public, qui se serait attendu à ce que je renouvelle cet exploit régulièrement, jusqu’à gagner la guerre en quelques mois. Pour être à la hauteur, j’aurais été obligé de prendre des risques inconsidérés, qui auraient sans doute fini par se solder par une grave défaite. »
L’une des fonctions de Spruance consistait à faire gagner du temps à son chef, en recevant à sa place la multitude d’officiers américains et alliés, de représentants du Congrès ou de délégations diverses qui réclamaient tous une fraction de l’attention du commandant en chef du théâtre Pacifique. Spruance résolut ce problème à sa manière : il recevait toujours courtoisement ses interlocuteurs… dans un bureau sans chaises ! Les discussions devant avoir lieu debout (ce qui constituait son mode de travail favori), elles duraient rarement bien longtemps, et le chef d’état-major pouvait rapidement retourner à ses dossiers. » (Jack Bailey, Un Océan de flammes – La guerre aéronavale dans le Pacifique, op. cit.)
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Aoû 19, 2014 08:57    Sujet du message: Répondre en citant

4 janvier
Pacifique central
Pearl Harbor
– En fin d’après-midi, 24 B-24 du 7th Bomber Command décollent d’Oahu et prennent la direction de Wake pour un bombardement nocturne. L’amiral King a donné le feu vert à cette opération ; il souhaite que les positions ennemies dans le Pacifique central soient dorénavant soumises, à intervalles irréguliers, à des attaques de ce type. Il s’agit à la fois d’obliger les Japonais à disperser leurs forces et de rassembler autant d’informations que possible dans la perspective des futures opérations contre ces positions.
Trois sous-marins et un destroyer sont stationnés entre Wake, Midway et Hawaï au cas où l’équipage d’un appareil devrait être rapidement secouru, mais tous les B-24 rejoignent leur base sans encombre.
Deux jours plus tard, une reconnaissance photographique montrera que le raid a détruit les principales distilleries d’eau potable des Japonais – de quoi leur causer de sérieux problèmes. Le sous-marin Triton va être envoyé en patrouille au large de l’île, afin d’intercepter le convoi qui ne manquera pas d’apporter du matériel de remplacement.

Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– Tandis que les Américains s’efforcent toujours de rattraper l’ennemi en fuite, l’opération Argonaut se déroule sans encombre en fin d’après-midi. Le 35e RI (premier élément de la 25e DI-US) débarque sur Red Beach comme à l’entraînement, et fait immédiatement connaissance avec la langue acérée des Marines…
………
Loin de là, la petite troupe d’Onishi continue de progresser difficilement vers la côte sud. Si la jungle s’est clairsemée à mesure que l’altitude augmentait (les Japonais sont parvenus à mi-pente), le terrain n’est pas devenu plus favorable pour autant. En l’absence de carte, Onishi en est réduit à suivre le cours du Tenaru, en espérant découvrir le plus rapidement possible un col qui lui permettrait d’entamer sa descente vers la baie de Beaufort. Cependant, l’absence de réponse aux messages radio quotidiens et la pauvreté des rations rongent le moral de ses hommes.

Salomon Orientales – Le sous-marin I-16 lance vers Guadalcanal le HA-22 du lieutenant Kado. Mais comme le HA-37 deux jours plus tôt, le mini-sous-marin est victime d’une avarie et ses deux hommes d’équipage doivent l’évacuer. Le HA-22, échoué, sera récupéré quelques mois plus tard par l’US Navy.
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MessagePosté le: Mar Aoû 19, 2014 10:03    Sujet du message: Répondre en citant

Dans le passage du 2 janvier / Salomon Orientales (plutôt que le 4), je suggère de préciser que le HA-37 est un midget pour que le lecteur comprenne.
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Anaxagore



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MessagePosté le: Mar Aoû 19, 2014 12:32    Sujet du message: Répondre en citant

Je termine l'Indochine et je passe à la Nouvelle guinée...
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Jubilé



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MessagePosté le: Mar Aoû 19, 2014 20:20    Sujet du message: Répondre en citant

Amusant sur le passage de Spruance qui préfère ne pas avoir gagné Midway. Mais il me semble qu'OTL, il est resté le même après, toujours prudent et calculateur, au contraire d'Halsey.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Aoû 20, 2014 02:17    Sujet du message: Répondre en citant

@ Loic : noté, je corrige.

@ tous : honte sur moi, j'ai oublié les notes de bas de page au 2 janvier. Oubli réparé, allez voir.

@ tous : sur suggestion de Raven, il est bon d'éclaircir un peu le parcours des B-24 évoqués au 4 janvier. Ci-dessous :


Pearl Harbor – En début d’après-midi, 24 B-24 du 7th Bomber Command décollent d’Oahu pour Midway, où ils vont ravitailler avant de prendre la direction de Wake pour un bombardement nocturne. L’amiral King a donné le feu vert à cette opération, bien que la charge utile des Liberator ait dû être réduite à une tonne de bombes. King souhaite en effet que les positions ennemies dans le Pacifique central soient dorénavant soumises, à intervalles irréguliers, à des attaques de ce type. Il s’agit à la fois d’obliger les Japonais à disperser leurs forces et de rassembler autant d’informations que possible dans la perspective des futures opérations contre ces positions.
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MessagePosté le: Mer Aoû 20, 2014 08:56    Sujet du message: Répondre en citant

On pourrait ajouter une note indiquant qu'une première tentative eut lieu le 6 juin 1942 (soit deux jours après la bataille OTL), lorsque quatre B-24 firent le même trajet via Midway mais ne trouvèrent pas Wake.
Source : Wiki
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Parmenion



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MessagePosté le: Mer Aoû 20, 2014 09:31    Sujet du message: Répondre en citant

Jubilé a écrit:
Amusant sur le passage de Spruance qui préfère ne pas avoir gagné Midway. Mais il me semble qu'OTL, il est resté le même après, toujours prudent et calculateur, au contraire d'Halsey.


En effet, il n'a pas changé OTL, mais il a toujours fait preuve d'une réelle modestie, et c'est tout à fait son genre de se présenter comme susceptible de "tomber du mauvais côté de la Force".
Ce passage reprend les sentiments OTL de Spruance vis-à-vis de la médiatisation des chefs de guerre, et de la présence permanente des journalistes (mais il n'a rien contre remporter de grandes victoires !). Dans cette version FTL, l'allusion à Midway est transparente pour nous, mais pour Spruance (toujours FTL), il s'agit d'une référence à la bataille de la mer de Corail (si jamais elle s'était achevée sur un grand succès US).
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MessagePosté le: Dim Oct 12, 2014 19:03    Sujet du message: Répondre en citant

(Tout vient à point... Merci Parménion !)

5 janvier
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– Dès minuit, les hommes du I/164e et de la compagnie C du III/164e commencent à embarquer. À trois heures, un convoi hétéroclite lève l’ancre, escorté par quatre destroyers. Cinq heures plus tard, les GIs débarquent à Verahue sous un parapluie d’une quarantaine d’avions, sans avoir souffert d’autre chose que du mal de mer. Les Américains ignorent qu’ils ont failli croiser Iishi et deux de ses vedettes ! Il est vrai que l’officier japonais ne cherchait pas le combat : il était venu au cœur de la nuit déposer quelques caisses de médicaments au Cap Espérance. Iishi en a profité pour récupérer, de sa propre initiative, une vingtaine de blessés et de malades, opération qui va devenir une routine nocturne pour lui et ses hommes.
Le débarquement américain se déroule sans aucun souci : aucun coup de feu n’est tiré, aucune perte n’est à déplorer. Laissant le village sous la garde de la compagnie C du III/164e, qui écope ainsi de la tâche ingrate mais indispensable de décharger le ravitaillement qui doit donner une semaine d’autonomie à l’expédition, le I/164e prend immédiatement la route de Tihi.
………
De l’autre côté de l’île, en fin d’après-midi, les hommes du 6e Rgt de Marines disent sans regret adieu à Guadalcanal tandis que leurs transports appareillent vers l’Australie pour un repos bien mérité.
………
Lorsque la nuit tombe, c’est un capitaine Onishi éreinté qui s’allonge pour trouver quelques heures de sommeil bien mérité. Mais la bienheureuse inconscience se fait une fois de plus attendre. Serait-ce la fièvre, se demande Onishi ? Comme la totalité de ses hommes, il souffre cruellement de l’absence de vrai repos, de la mauvaise nourriture et des efforts surhumains qui sont leur lot quotidien depuis leur départ du Seahorse. Certes, il n’en laisse rien paraître, ainsi qu’il sied au meilleur soldat de sa division, mais même sa robuste constitution et sa volonté de fer commencent à fléchir. Non, ce n’est pas la fièvre qui m’empêche de dormir depuis des jours, se dit-il, mais alors, pourquoi ne parviens-je pas à me reposer depuis que nous avons pris la route de la baie de Beaufort ? Il revoit alors le léger sourire du colonel Oka, sent la pression chaleureuse de sa main sur la sienne, et quelque chose se brise en lui. Pour la
première fois depuis très longtemps, Onishi pleure, certes en silence et loin du regard de ses hommes, mais des larmes abondantes viennent tremper son uniforme déjà humide. Il vient enfin de comprendre à qui il aurait tant voulu écrire quelques jours plus tôt, lorsqu’une mort de guerrier lui tendait les bras sur le Seahorse et qu’il voyait ses hommes griffonner ce qu’ils pensaient être leur dernière lettre à ceux qui leur étaient chers. Il pleure longuement, et lorsque les larmes se tarissent, leur souvenir le ramène des années en arrière, lors de ce jour où tout a véritablement commencé pour lui.
Après la mort de sa grand-mère, Onishi n’avait eu qu’une hâte : quitter Takashima, cette île où l’on trouvait en abondance les deux choses qu’il souhaitait fuir le plus au monde – le charbon et la mort. Sans famille, sans éducation, sans fortune, ses perspectives n’étaient guère brillantes. Il vivotait depuis des mois en errant dans les villes de Honshu lorsqu’un soldat, au cours d’une soirée de beuverie, lui fit miroiter les avantages de s’engager dans l’armée. Au petit matin, Onishi, imbibé de saké, vomit deux fois sur le formulaire d’engagement avant de réussir à le signer d’une main malhabile. Lorsqu’il se réveilla, le crâne fendu par la douleur, il voguait sur la mer du Japon en direction de la Mandchourie. Onishi passa plusieurs années dans l’armée du Kwantung. Paresseux et indolent, aimant prendre de petites libertés avec les règlements, il traversa ces longs mois dans l’anonymat le plus complet.
Lorsque les hostilités avec la Chine s’ouvrirent, il fut promu caporal et versé dans une des unités qui s’emparèrent de Shanghai en novembre 1937. Quelques semaines plus tard, il partit pour Nankin, où il devait rencontrer, pour son plus grand malheur, la femme de sa vie.
Jusqu’alors, Onishi n’avait jamais fait montre d’un grand intérêt pour la gent féminine. À l’instar de beaucoup de ses camarades, il s’était essayé au viol en Mandchourie, mais n’y avait trouvé aucun plaisir. La fréquentation occasionnelle des prostituées suffisait amplement – avec le saké – à meubler ses rares moments de temps libre. Ce soir-là, à Nankin, Onishi était arrivé en retard au bordel fréquenté avec assiduité par les soldats de sa division. Il hérita ainsi de la seule chambre (et de la seule fille) encore disponible, et fit la connaissance de Poisson-de-Lune. Cette dernière n’était pas un canon de beauté, la faute à un énorme strabisme et à une tache de naissance qui lui mangeait entièrement la joue droite, mais, entre ses bras, Onishi se sentit étonnamment bien. Il revint le lendemain à la même heure, puis le surlendemain, enfin tous les soirs. Chaque fois, Poisson-de-Lune l’attendait, et il retrouvait sur la petite table bancale où il jetait son uniforme l’argent qu’il avait laissé la veille. Ils parlaient peu, mais Onishi, en se noyant dans son regard oblique, se libérait d’une douleur et d’une amertume dont il ne soupçonnait pas l’existence ; et quand elle le serrait à lui briser les os, il sentait, pour la première fois de sa vie, que quelqu’un avait besoin de lui. Pendant trois semaines, Onishi passa chaque seconde de son temps libre dans la chambre crasseuse qu’elle louait, au second étage de ce bordel miteux. Ce furent les meilleurs moments de son existence.
Puis des ordres furent donnés et Onishi se retrouva en train de massacrer les civils de Nankin, à incendier immeubles et maisons, à fusiller des rangées de prisonniers qu’il fallait ensuite jeter dans le Yangzi Jiang, et à torturer de prétendus espions. Au bout de cinq jours, son unité fut envoyée au repos, et Onishi se surprit à courir pour retrouver Poisson-de-Lune. Le choc n’en fut que plus violent. Le bordel n’était plus que ruines fumantes environnées de cadavres, parmi lesquels, bien reconnaissable, celui de son amie. Onishi eut encore la force de poser des questions et des habitants des environs lui apprirent que des “patriotes” chinois avaient décidé de punir ces prostituées qui forniquaient avec l’ennemi. Il se mit alors à marcher sans but, pendant des heures, indifférent aux cris de ses compatriotes qui couraient en tous sens, les armes à la main. Au bout d’un moment, il remarqua qu’il faisait nuit et que ses pas l’avaient porté près du quartier général de sa division, mais il continua de marcher.
Enfin, une fusillade toute proche le tira de sa torpeur. Il remarqua, à trente mètres de là, une berline sombre bloquée par une charrette renversée, autour de laquelle quelques soldats de l’Empereur se faisaient massacrer par une meute de Chinois. Leur forfait terminé, une partie des insurgés disparut dans le noir, mais une dizaine d’entre eux s’agglutinèrent autour de la voiture et commencèrent à la marteler, brisant les vitres et les phares. Onishi s’approcha sans hâte des hommes qui hurlaient autour du véhicule. En chemin, il ramassa un sabre qui gisait au sol, non loin du cadavre d’un capitaine auquel manquait la moitié du visage. C’était la première fois qu’il en tenait un, mais il eut l’impression d’être né avec cette arme entre les mains. Tout en marchant, il s’émerveillait des reflets que dessinaient sur sa lame les incendies des environs ; curieusement, il y trouva un certain apaisement. Sa douleur se fit moins vive, ou, du moins, elle fut recouverte par une vague glaciale de pure haine. Tout son être se dépouilla de son humanité et se focalisa sur un unique objectif : tuer ces Chinois, les tuer tous, de ses propres mains, immédiatement.
Sur la dizaine de Chinois qui s’agitaient devant lui, la plupart étaient des habitants de Nankin, encore vêtus de leurs tenues de travail. Onishi distingua un cuisinier, deux ouvriers, quelques hommes de peine. Il les ignora : la maladresse avec laquelle ils tenaient leurs armes montrait qu’ils n’étaient pas une menace. Il se dirigea droit vers deux soldats de l’armée régulière qui semblaient donner les ordres. Surgissant de la nuit, il décapita à moitié le plus proche et, se retournant, éviscéra le second, sentant avec un surprenant plaisir sa lame pénétrer les chairs avec autant de facilité qu’un couteau découpe une motte de beurre tendre. Ensuite, il fut pris dans un tourbillon de métal et de sang, quand les autres lui tombèrent dessus, avec l’avantage du nombre. Mais Onishi n’était plus le même. Le caporal hésitant et maladroit avait fait place à une machine à tuer. Ses adversaires se déplaçaient avec une telle lenteur qu’il n’avait aucun mal à anticiper leurs mouvements et à éviter leurs coups. Les siens, en revanche, étaient mortels, et à mesure que ses victimes tombaient, Onishi se mettait à rire, comme enchanté par son ballet vengeur. Lorsqu’une demi-douzaine de corps joncha la route, les survivants jetèrent l’éponge et commencèrent à s’enfuir, d’autant que des ordres criés en japonais indiquaient que les renforts étaient tout proches. Onishi n’en avait cure, peu lui importaient la voiture et ses passagers, il voulait juste tuer, encore et encore. Il venait de se lancer à la poursuite des Chinois quand un coup de feu venu de l’obscurité lui déchira l’épaule. Il regarda avec dédain le sang qui donnait rapidement une teinte sombre à son uniforme et reprit sa marche. Il reçut un coup terrible à la tête, et tout devint noir.
Onishi ne reprit connaissance qu’une semaine plus tard, dans un hôpital de campagne de la banlieue de Nankin. Lorsqu’il fut rétabli, au bout d’un mois, le lieutenant-colonel Isamu Cho, aide de camp du prince Asaka Yasuhiko, commandant les forces japonaises, demanda à le voir. Onishi lui raconta ce dont il se souvenait, mais ne dit mot de Poisson-de-Lune. Isamu Cho l’écouta en silence, avant de lui ordonner de ne plus jamais évoquer l’épisode de la voiture devant quiconque. Puis on le renvoya au front, avec le grade de sergent. Il fit merveille en Chine jusqu’au début de 1939, date à laquelle on le renvoya dans l’armée du Kwantung. Ses anciens camarades ne le reconnurent pas. Le soldat paresseux et indolent était devenu un monstre de rigueur et de précision, prêt à tout pour obéir aux ordres à la lettre. Onishi abandonna tout loisir pour se plonger dans la littérature militaire et endurcir son corps et son esprit. Ces dispositions lui valurent d’être nommé lieutenant après de nouveaux exploits lors de la désastreuse bataille de Kalkhin Gol livrée contre les Soviétiques.
Beaucoup s’insurgèrent contre des promotions aussi rapides, estimant que l’on bradait l’honneur de l’armée et de l’Empereur en nommant officier un homme issu du rang – du jamais vu depuis des décennies. Onishi fut victime de l’ostracisme des autres officiers, qui s’arrangèrent pour faire retomber sur lui les tâches les moins gratifiantes et les plus pénibles. Lorsque la guerre du Pacifique commença, les missions les plus périlleuses lui échurent systématiquement, dans l’espoir qu’il perdrait la vie ou qu’il se déshonorerait. Mais Onishi fit siennes les armes de ses adversaires en y répondant par l’excellence. Aucune considération humaine, aucune douleur, aucun obstacle ne comptaient pour lui. La machine qu’il était devenu finit par effrayer ses détracteurs les plus acharnés – jusqu’à ce que le colonel Oka, le premier, le traite comme son égal. Dans le même temps, son exigence permanente en avait fait un chef adulé par ses hommes, car Onishi, pour l’avoir vécu, savait qu’un soldat était d’autant plus disposé à se battre qu’on lui fournissait l’instruction, la discipline, le matériel et la nourriture adéquats.
Lorsqu’il repensait à sa transformation, Onishi lui-même était parfois pris de vertige. Non qu’il la regrettât ; au contraire, sa plus grande terreur était de redevenir le soldat insignifiant qu’il avait jadis été. Il s’interdisait même de penser à Poisson-de-Lune, de crainte d’ouvrir la porte à la faiblesse qu’il redoutait tant. Lorsque le doute menaçait de le faire fléchir, il se remémorait les bribes de conversation qu’il avait surprises sur son lit d’hôpital, pendant qu’il errait entre la vie et la mort. Il lui arrivait alors d’entendre, loin de lui, une voix sereine, à la riche texture, dont l’apparition s’accompagnait d’un parfum inconnu et d’une chaude lumière jaune qui baignait son visage. Certains mots lui parvenaient dans ses brèves phases d’éveil, « … bravoure incroyable… », « … meilleur soldat… », « … veillerai sur lui… », « … garder le secret… ». Et surtout ce qui constituait son plus cher souvenir : « … l’Empereur le remercie ». Il suffisait à Onishi de réciter cette litanie pour que ses craintes s’envolent : il en était persuadé, c’était l’Empereur lui-même, son dieu vivant, qui l’avait choisi et investi d’une mission capitale : être un exemple pour les autres, lui servir de bras armé, devenir le meilleur soldat du Japon. Une prière à l’Empereur le laissait alors purifié, même perdu au fin fond de Guadalcanal, avec de la fièvre, des bottes trouées et autour de lui trop d’Américains pour les tuer tous avec le peu de munitions qui lui restait...

Au terme de ce retour dans le passé, sa prière terminée, Onishi s’endort enfin, le sourire aux lèvres.

Salomon Orientales – Le sous-marin I-20 lance vers Guadalcanal le HA-8 du lieutenant Tanaka (un homonyme de l’amiral). Le mini-sous-marin pénètre dans la Baie au Fond de Ferraille, aperçoit des navires américains et lance ses deux torpilles, mais sans résultat. A bout de batteries, ses deux hommes d’équipage le sabordent et l’évacuent.


6 janvier
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– En dépit de la victoire qui se profile désormais, Patch envoie un message assez peu amène à Halsey. C’est que l’état-major du XIVe Corps se révèle bien trop sous-dimensionné : la plupart des postes sont occupés par les officiers d’état-major de l’AmeriCal, qui ont déjà leur propre division à gérer. À ce jour, Patch ne dispose véritablement que de onze officiers, et la bonne coordination des opérations est à la merci de la moindre erreur ou confusion. Aussi, dans la perspective des opérations futures du XIVe Corps dans les Salomon, Patch exige-t-il de recevoir le plus rapidement possible des renforts en personnel qualifié – en provenance de Nouvelle-Calédonie, par exemple, où la menace japonaise s’éloigne avec la prochaine prise de contrôle de Guadalcanal, glisse-t-il perfidement.
………
Le I/164e atteint Tihi, après avoir couvert le tiers de la distance entre Verahue et le Cap. Il s’y arrête pour coordonner la repris de son avance avec l’assaut prévu sur la côte ouest le 8 janvier.
………
Le groupe Onishi force l’allure. En effet, des explosions et des tirs ont été entendus derrière lui. Ils ne peuvent provenir que de la quinzaine d’hommes abandonnés en chemin ces derniers jours. Sans doute ont-ils été pris à partie par des Américains. Tout en louant hautement leur courage devant ses hommes, Onishi ne peut s’empêcher de les maudire intérieurement : sans eux, peut-être les Américains auraient-ils cru qu’ils suivaient une fausse piste ! À présent, il est peu probable qu’ils abandonnent avant de les avoir rattrapés. Et comme ils sont mieux nourris et mieux équipés, Onishi craint de ne pouvoir atteindre la baie de Beaufort avant de se faire accrocher.


7 janvier
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Nouméa
« […] Il existe désormais de fortes probabilités que l’ennemi soit passé de l’offensive à la défensive dans le secteur Nouvelle-Guinée / Nouvelle-Bretagne / Salomon. […] La mise en service de nouveaux aérodromes et l’achèvement des travaux de fortification en cours dans l’archipel rendront la flotte ennemie disponible pour des opérations dans d’autres secteurs du Pacifique. En conséquence, la menace de raids ennemis contre nos positions les plus avancées risque de se préciser dans les prochaines semaines […] » (extrait d’un message de l’amiral Halsey à l’amiral Nimitz).

Salomon Orientales – Le sous-marin I-24 revient de Truk où le petit HA-12 a été réparé. Il lance le mini-submersible vers Guadalcanal avant de repartir vers la base des Shortland. Mais le HA-12, le lieutenant Mukai et son équipier disparaissent corps et biens.

Guadalcanal – Alors qu’elle s’était faite discrète depuis plusieurs jours, l’aviation japonaise refait son apparition en force dans le ciel de Guadalcanal. Les Américains l’ignorent, mais il s’agit pour elle de faciliter l’évacuation définitive de l’île en détournant l’attention des Yankees et en leur causant le maximum de pertes.
Surpris à découvert par un raid alors qu’il préparait les plans de vol de plusieurs C-47, l’enseigne de vaisseau de première classe Richard Nixon, du South Pacific Combat Air Transport Command, n’a que le temps de s’abriter dans une tranchée tout proche avant de voir ce qui lui tient lieu de bureau partir en fumée.
………
Onishi et ses hommes entament enfin leur descente vers la baie de Beaufort. Le moral est remonté depuis que le contact a été établi, le matin même, avec les forces japonaises qui se retirent vers le Cap espérance. Ces dernières ont appris avec surprise l’existence du petit groupe de survivants. Si l’utilisation d’un destroyer pour les récupérer est exclue, on leur promet l’envoi nocturne de plusieurs vedettes, avec lesquelles Onishi devra prendre contact la veille du jour prévu pour l’évacuation.
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dado



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MessagePosté le: Lun Oct 13, 2014 14:33    Sujet du message: Répondre en citant

Je suis content qu'on en apprenne plus sur le passé d'Onishi! On hésite vraiment entre l’apprécier ou le détester; ou tout simplement adorer le détester! En plus ça permet d'avoir un point d'orgue et une tension pour la conclusion des opérations à Guadalcanal: Onishi et son groupe parviendront-ils à s'embarquer à temps, ou le I/164e va-t-il réussir à les coincer?
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Joukov6



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MessagePosté le: Lun Oct 13, 2014 15:56    Sujet du message: Répondre en citant

Si je puis me permettre, en tant que pratiquant de Kendô, il est totalement illusoire que quelqu'un qui n'a jamais touché un sabre de sa vie puisse d'un coup se mettre à découper les gens comme ça. Manier un sabre est quelque chose de complètement non naturel, la façon de le tenir, la façon de frapper, avec quelle partie de la lame frapper, ... tout cela s'apprend et il faut des années pour être vraiment capable de se battre seul contre plus d'une dizaine d'opposants. D'ailleurs cela se voit à chaque début d'année avec les débutants, leurs gestes (et les miens à mes débuts) sont plus qu'approximatifs et à part eux-mêmes ils ne pourraient pas blesser grand monde.
Le mieux qu'Onishi puisse faire c'est de coincer son sabre dans le corps de quelqu'un, ou de briser la lame du katana avec un mauvais coup de taille, juste avant de se faire laminer par la foule en colère. Certainement pas de pourfendre cette même foule tel un héros de shonen.

La scène serait bien plus crédible si Onishi se contentait de ramasser une grosse pierre dans chaque main.
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Maréchal Foch.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Lun Oct 13, 2014 16:40    Sujet du message: Répondre en citant

@ Joukov6 - En tant que (ancien, hélas) pratiquant d'escrime occidentale, je suis d'accord avec toi.

Mais nous ne sommes pas là dans l'escrime, occidentale ou orientale. Nous sommes dans la psychopathologie, pour être exact dans l'excitation maniaque (dans un raptus maniaque, auraient dit mes vieux maîtres, qui parlaient plus latin qu'anglais) succédant, parfois brutalement, à un état dépressif. Et nous sommes dans une histoire racontée du point de vue du sujet - j'allais dire du patient.
Onishi n'a sans doute pas tué tant de monde avec son sabre (moins sûrement qu'il ne s'en souvient), mais il a fait très peur aux insurgés chinois, surgissant dans la nuit, brandissant un sabre et visiblement indifférent aux armes qu'on tentait de pointer sur lui. Il suffit alors qu'un de ses adversaires décide qu'il a justement oublié de fermer le gaz chez lui pour que tout le monde s'enfuie ventre à terre.
Ajoutez à cela les capacités physiques ahurissantes d'un individu dans cet état - les livres d'avant les neuroleptiques regorgent d'histoires du genre: "un gringalet pesant 50 kg tout mouillé, qui commence par assommer un ou deux costauds, qu'on réussit à attacher à un radiateur et qui arrache du mur le dit radiateur (le modèle de l'époque, en fonte) pour s'en servir de projectile..."

On comprend que les Chinois (des émeutiers indisciplinés presque tous) aient eu la trouille...

En somme, Onishi a une psychose maniaco-dépressive !
Mais avouez que le récit de Parménion est quand même bien plus sympa que le diagnostic que je viens de porter...
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Casus Frankie

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MessagePosté le: Lun Oct 13, 2014 16:58    Sujet du message: Répondre en citant

Par moment, j'ai l'impression que toute l'armée japonaise est faite de psychopathe maniaco-dépressif (charge banzaï, suicides)
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