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Le Front Italien
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Mai 31, 2014 10:15    Sujet du message: Le Front Italien Répondre en citant

Patzekiller a accepté de prendre en charge le Front Italien. Il y travaillera notamment cet été (histoire, je suppose, d'être dans l'ambiance ensoleillée de l'Italie... Wink ).
Il se renseignera sur les OdB des forces en présence auprès de LADC.
Je doute fort qu'il néglige l'aide de différents francs-tireurs, comme Wil the Coyote sur l'action des troupes belges engagées sur ce front (une D.I. quand même), Folc, sur l'affaire de l'île d'Elbe, voire Sa Sainteté, car je connais un journaliste belge qui va vouloir (entre autres) visiter Rome libérée.

Du côté de la Grèce et des Balkans, c'est Patrikev qui tient les commandes. Lui aussi étudiera les OdB avec l'aide de LADC.

Et c'est bien entendu à LADC lui-même que nous devons les passages (parfois fort croustillants) sur l'organisation du commandement allié que vous allez lire ci-dessous.

Pour "un autre front au nord de la Méditerranée", nous verrons en temps utile.

En attendant tout cela, voici donc l'état de la narration, pour le début du mois de janvier.

_________________
Casus Frankie

"Si l'on n'était pas frivole, la plupart des gens se pendraient" (Voltaire)


Dernière édition par Casus Frankie le Sam Mai 31, 2014 11:02; édité 2 fois
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Mai 31, 2014 10:38    Sujet du message: Répondre en citant

1er janvier
Requiescat in pace pour un guerrier
Alger, 03h45
– Une nouvelle crise cardiaque emporte le général Delestraint. Sa mort est largement due à l’accumulation de l’épuisement et de la tension après les deux années et demie d’un travail acharné à reconstituer l’Arme Blindée de la France, dont il a pu personnellement voir les premiers fruits lors de la campagne de Sicile. Il sera nommé à titre posthume Compagnon de la Libération.

La campagne d’Italie
Front italien
– La 14e DI Française laisse ses positions à la 46e DI britannique et vient renforcer le flanc est de la 3e DB. Le Corps d’Armée franco-américain commandé par le général Jean de Lattre comprend donc la 1ère Brigade Blindée belge (sur la côte), le groupe de combat réuni autour de la 102e Division motorisée italienne, la 34e DI-US, la 3e DB française et la 14e DI française, appuyés par les 17e et 36e Régiments d’Artillerie US et la 12e Brigade d’Artillerie de corps d’armée française. Ce corps d’armée doit lancer une offensive le long de la côte, et la journée se passe en préparations destinées à débusquer et détruire les 88 mm allemands. À cet effet, des attaques localisées menées par des éléments blindés sont lancées sur toute la largeur du front, sous le couvert de l’artillerie qui cherche à engager les canons allemands dès que ces derniers se démasquent. L’artillerie de campagne allemande subit de lourdes pertes, elle est assez rapidement muselée.
L’aviation tactique intervient également pour préparer le terrain, ce qui provoque des combats violents avec des éléments du Xe FK, qui, à peine reconstitué, a dû supporter tout le poids des combats aériens depuis huit jours et où les I/JG77 et II/JG77 ont dû être amalgamés. On ne note qu’une attaque de Jabos, menée par des appareils de la II/JG2 et qui se solde par trois appareils abattus par la DCA alliée.
Le Xe CA britannique (Ritchie), qui occupe maintenant la position centrale, passe la journée à se réorganiser avant d’affronter la Das Reich et le régiment GrossDeutschland, renforcés par les hommes de la 252e DI. Quant au Ve CA (Allfrey), ses unités d’avant-garde engagent les 52e et 112e DI allemandes, renforcées dans la journée par les premiers éléments de la 162e DI et par deux bataillons indépendants de Panzers, détachés des écoles qui se trouvent dans le sud de l’Autriche.

Reggio de Calabre (résidence du Roi et du gouvernement Badoglio) – Les informations transmises par le duc d’Acquarone sont reçues plutôt fraîchement par l’entourage du Roi. Il faut plus de trois heures au maréchal Badoglio et au général Ambrosio, accouru de Rome, pour expliquer à Sa Majesté que ces nouvelles ne sont pas aussi désastreuses qu’il semblerait et que les Alliés laissent une porte ouverte à l’Italie pour s’intégrer progressivement dans leur coalition. Le général Ambrosio en profite pour réclamer que le plus possible de forces italiennes puissent reprendre le combat au plus vite, puisque de leur comportement au combat dépendra le statut de l’Italie.
Le point le plus critiqué par l’entourage du souverain est la clause de dé-fascisation des administrations, qui est vue comme une attaque masquée contre la monarchie. En revanche, ce sont les conditions du rééquipement italien qui font grincer des dents les militaires. Il est cependant convenu que le général Ambrosio, accompagné de l’assistant du ministre des Finances, se rendra à Alger dès le lendemain pour négocier les clauses du rachat du matériel italien capturé (ils ignorent que ce matériel a en grande partie été expédié aux Chinois) ainsi que des chars que les Français semblent disposés à céder, car le rééquipement des troupes italiennes est une nécessité urgente.
Le Roi et ses ministres font alors le point sur la situation des troupes italiennes dans les Balkans. Le sort le plus tragique semble avoir été réservé au XVIIe Corps d’Armée : les officiers de la 131e Division cuirassée Centauro et de la 14e DI Isonzo ont été massacrés. Une tentative de résistance du 7e Régiment de Cavalerie Lanciere di Milano a abouti au massacre de la totalité des officiers et de la plupart des hommes. Les hommes de la 1ère Division Rapide Eugenio di Savoia ont tenté de résister et beaucoup d’entre eux ont été exécutés ; en revanche, une partie de l’encadrement s’est ralliée aux Allemands. Les nouvelles sont meilleures à l’ouest du Péloponnèse : la 4e DI Alpine Cuneense et la 53e DI de Montagne Arezzo ont réussi à faire leur jonction avec les troupes alliées et peuvent être considérées en sécurité, même si les pertes en équipement ont été importantes. En revanche, la moitié seulement de la 18e DI Messina (qui se trouvait en retrait du front) a pu se sauver, le reste a été capturé. Le repli des troupes allemandes du Péloponnèse est, semble-t-il, en cours.
Certaines des divisions d’occupation de la Yougoslavie et la plupart des troupes stationnées en l’Albanie semblent être en mesure de résister aux Allemands. D’autres se sont ralliées au nouveau gouvernement national-fasciste. Les autres ont été désarmées sans trop de mal par leurs anciens alliés. La plus grande confusion règne encore en bien des points.
Le Conseil des ministres envisage alors quel soutien aérien peut être accordé, avec l’accord des Alliés, aux troupes qui résistent aux Allemands. Dans ce but, les éléments de la Regia Aeronautica qui ont pu échapper à la destruction ou à la capture sont en voie de concentration sur les aéroports de Cosenza, Monserrato et Tarente. L’ordre est donné d’effacer toutes les marques fascistes des appareils, qui devront désormais adopter les couleurs nationales et la Croix de Savoie.
Enfin, pour soutenir les troupes d’Albanie, le Conseil décide de demander aux Alliés d’autoriser certains des navires de la Regia Marina à reprendre les opérations en Adriatique.

La libération de la Corse
Corse
– Des avions de transports français font la navette entre Alger et Ajaccio pour conduire en Corse des hommes et du matériel (dont un radar). On comptera ainsi 67 rotations de DC-3, 5 de C-60 (Lodestar), 4 de DC-2 et 14 de LeO-451.
Pendant que ces renforts arrivent, les Mustang II du groupe II/7 se desserrent sur Calvi-Sainte Catherine, et les avions du I/7 montent des vols de reconnaissance armée sur la côte toscane. Les B-25 de la 31e EB montent des missions de surveillance sur l’île d’Elbe. Dans l’après-midi enfin, ce sont 5 Hudson III de l’escadrille E5 qui se posent à leur tour à Ajaccio pour organiser des vols de patrouille anti-sous-marine sur le trajet Alger-Ajaccio.

La campagne des Balkans
Salonique
– Le général Löhr, commandant en chef du secteur Sud-est, prépare son plan de campagne dans les Balkans. Sur sa carte s’étalent de vastes territoires insoumis : en Bosnie, au Monténégro, en Grèce centrale… Le plus préoccupant est l’Albanie avec Tirana : il n’est pas acceptable qu’une capitale européenne, même d’un petit pays obscur, échappe à la domination du Reich. La 173e JägerDivision (Division de Chasseurs) du lieutenant-général Heinrich von Behr est à Graz (Autriche), prête à partir pour l’Albanie dès que possible. La Légion Turkestan, formée de transfuges musulmans de l’armée soviétique et à l’entraînement en Croatie, devrait la rejoindre bientôt. Behr hésite encore entre la voie terrestre, pleine de dangers, et la voie maritime, qui ne vaut pas mieux.


2 janvier


3 janvier


4 janvier


5 janvier

L’honneur des Borghese
La Spezia
– Au siège du commandement de la Xa Mas, le drapeau tricolore flotte toujours, mais en son centre, à la place de l’écusson royal de Savoie, il n’y a plus qu’un trou béant. Le CC Borghese a reçu la visite d’un officier de la Kriegsmarine ; ensemble, ils rédigent, paraphent et publient le texte suivant :
« La Spezia, le 5 janvier 1943
1. La Decima Flottiglia MAS est une unité appartenant à la marine militaire italienne, avec une autonomie complète dans la logistique, l’organisation, la justice, la discipline et l’administration.
2. Elle est alliée aux forces armées allemandes avec parité de droits et de devoirs.
3. Elle bat pavillon de guerre italien.
4. Le droit d’utiliser toutes les sortes d’armes est reconnu à tous ceux qui en font partie.
5. La Xa MAS est autorisée à récupérer et à armer, avec équipages et pavillon italiens, les unités italiennes qui se trouvent dans les ports italiens. Leur emploi opérationnel dépend du commandement de la marine allemande.
6. Le commandant Borghese en est le chef reconnu, avec les droits et les devoirs inhérents à sa charge.
(signé)
Capitaine de corvette Junio Valerio Borghese, lieutenant de vaisseau Max Berninghaus »

………
Entre la fidélité à ses supérieurs et la fidélité à ce que lui dictait sa conception de l’honneur, Borghese a choisi. Ce 5 janvier, il franchit le Rubicon… Alea jacta est !


6 janvier


7 janvier


8 janvier


9 janvier

Un nouveau défi pour Alexander
Chieti
– A la sortie sud de cette petite ville des Abruzzes, une villa isolée abrite le nouveau quartier-général de la 1ère Armée britannique. Dans une grande pièce du rez-de-chaussée, le général Sir Harold Alexander, nouveau commandant en chef de la 1ère Armée, est plongé dans la lecture de nombreux rapports.
Nommé officiellement deux jours plus tôt, arrivé la veille à son poste, il est déjà confronté à plusieurs choix difficiles. Son armée n’est pas encore complètement déployée : si les unités les plus en pointe sont au contact des Allemands, à moins de 30 km au nord, avec des réserves de munitions et de carburant bien entamées par les premiers heurts, de nombreuses unités et les services sont encore éparpillés entre le front et la base arrière de Sicile (sur les routes de Calabre ou via le port de Tarente). Pourtant, certains de ses subordonnés, et en premier lieu le major-général Ritchie, commandant le Xe corps, le pressent de passer à l’attaque sans attendre : les rapports de reconnaissance montrent que les Allemands profitent de chaque jour et même de chaque heure pour fortifier leur ligne de défense, qui deviendra bientôt inexpugnable… mais comment donner un ordre d’attaque aussi risqué dans une situation logistique si fragile, alors qu’il vient d’arriver et ne maîtrise pas complètement la situation ? Bien sûr, Alexander sait qu’il n’aura pas à supporter longtemps les insistants conseils de son subordonné : il a reçu le matin même l’information que Ritchie, appelé à d’autres fonctions en Grande-Bretagne, serait remplacé dans les prochaines semaines par le lieutenant-général Miles Dempsey. Il y gagnera en sérénité, mais il devra alors se passer du commandant de corps d’armée le plus expérimenté de l’armée britannique…
Dans le même temps, Alexander doit étudier l’évolution des zones de responsabilité de son armée par rapport à l’armée franco-américaine à sa gauche. Avec l’arrivée progressive du Ve Corps, la 1ère Armée dispose d’un nombre plus important de grandes unités que sa voisine et peut prendre à son compte plus de kilomètres de front… mais Alexander préfèrerait évidemment conserver des divisions en réserve pour permettre la rotation des unités sur le front et disposer, le jour venu, de davantage de troupes sur ses axes d’attaque.
Enfin, Alexander sait qu’il devra marcher sur des œufs dans la mise en œuvre de sa stratégie, pris entre, d'une part, les attentes de ses troupes, qui rejoignent les ordres de Londres : saisir toutes les opportunités pouvant se présenter, et, d'autre part, les ordres du commandement interallié en Italie, qui voit ce front comme « non stratégique », c’est-à-dire secondaire, destiné seulement à fixer des divisions ennemies.
Bref, ce nouveau commandement ne sera pas une sinécure !
Avec un petit sourire, Alexander s’extrait un instant de ses dossiers et repense à l’enchaînement d’événements qui l’ont conduit dans ce bureau.
Trois mois plus tôt, adjoint du général Frère, commandant le groupe d’armées interallié lors de l’opération Torche et vainqueur en Sicile, il pouvait espérer prendre un commandement de premier plan. Les décisions prises à la fin de l’année lors de la conférence gouvernementale interalliée d’Alger réservaient à un général britannique un poste prestigieux, celui de commandant des forces alliées en Grèce et dans les Balkans : Alexander espérait l’obtenir, mais sa fierté l’avait conduit à attendre que ses mérites soient reconnus et qu’on lui propose le poste, au lieu de faire acte de candidature. Très vite, il avait constaté que d’autres n’avaient pas la même pudeur – enfin, un autre : ses amis à Londres l’avaient alerté sur la très active campagne d’autopromotion lancée par Montgomery auprès de l’état-major impérial comme du Cabinet de Guerre. Il fallait s’y attendre : Monty avait obtenu ce qu’il voulait.
Alexander aurait pu ressentir de l’amertume ou de la jalousie, mais son sens du devoir et du service – for King and Country – l’avait emporté. Fort heureusement, la proposition de prendre la suite de Montgomery à la tête de la 1ère Armée était arrivée peu de temps plus tard (tous ces événements s’étaient déroulés en moins d’une semaine) et la perspective d’un commandement opérationnel de premier plan l’avait consolé. Après avoir été un adjoint chargé de faciliter la communication et d’arrondir les angles, bref, de faire de la diplomatie et de la politique, le voici enfin commandant en chef – General Officer Commanding – d’une des plus formidables armées britanniques !
Au moins, se dit-il, il fera là un travail de soldat et non de diplomate. Finalement, il laisse volontiers à Monty les joies du commandement d’une coalition. Son chemin vers la gloire passera par l’Italie ! Celui de Wellington était bien passé par l’Espagne. A lui désormais de s’inventer un destin : Field-Marshal Alexander, vicomte de… de Florence, oui, ça sonnerait bien… Mais assez rêvé, il reste beaucoup de travail avant d’y être.


10 janvier
Victoires d’aujourd’hui et lendemains qui déchantent
Sparte
– En fin de journée, le général d’armée Antoine Besson, chef d’état-major de l’Armée française, revient au QG de l’Armée d’Orient après une journée passée à rendre visite aux troupes en train de libérer le Péloponnèse. Arrivé le matin même à Kalamata en avion, il s’est tout d’abord rendu à Patras puis sur la route de Corinthe, félicitant les chefs et les troupes, distribuant Croix de Guerre et Légions d’Honneur aux vainqueurs de cette courte campagne (la plupart méritaient ces décorations depuis longtemps – la presqu’île n’a pas vu de grande bataille depuis le changement de camp de l’Italie). Tout au long de son périple, il a été escorté par un Giraud ravi de cette marque d’attention et inconscient d’agacer de plus en plus son supérieur.
Besson a reçu il y a quelques jours la confirmation de son passage en seconde section à la fin du mois et de son remplacement par le général Olry. Il s’attendait à cette nouvelle, mais cette dernière corvée grecque n’était pas prévue et il peste in petto contre les Politiques qui la lui ont imposée… Et la partie difficile de son voyage va maintenant commencer, alors que la porte se referme sur la salle où sont réunis les principaux officiers de l’état-major de l’Armée d’Orient.
« Messieurs, bravo encore une fois pour cette rapide reconquête du Péloponnèse, commence Besson. Malgré la surprise, malgré des conditions météorologiques très difficiles, vous et vos hommes avez su réagir efficacement pour libérer une grande partie du territoire grec, berceau de notre civilisation. Une fois de plus, le drapeau français s’est couvert de gloire et le gouvernement m’a demandé de vous faire part de sa satisfaction. De son lit d’hôpital, le président du Conseil lui-même me l’a exprimée.
Il reste certes encore beaucoup à faire pour libérer toute la Grèce, aider la Yougoslavie à connaitre la même joie, et porter la guerre dans les pays des Balkans qui ont choisi le camp de nos ennemis… Mais ces opérations devront attendre le printemps. D’ici là, nous devrons nous y préparer.
Bien entendu, cette future offensive se fera en lien étroit avec les autres opérations prévues en Méditerranée. Afin de les coordonner, la conférence gouvernementale interalliée tenue le 31 décembre à Alger a pris plusieurs décisions capitales.
D’abord, un commandement suprême interallié pour la Méditerranée a été créé, afin de cordonner tous nos efforts en Grèce, en Italie… et, hum, ailleurs ! En reconnaissance de la qualité de nos forces et de leurs nombreux succès, c’est un général français qui a été appelé à cette haute fonction : Aubert Frère. Sous ses ordres, le commandant des forces terrestres alliées en Italie sera un général américain. Le 15e Groupe d’Armées allié, constitué d’unités françaises et américaines, se prépare en Afrique du Nord, sous commandement français, en vue d’une grande offensive l’été prochain, quelque part au nord de la Méditerranée. Dans ce contexte, le commandement des forces terrestres alliées en Méditerranée Orientale, laissé vacant depuis le départ du général Frère pour préparer l’opération Torche, n’a plus d’intérêt ; il est supprimé et remplacé par le 18e Groupe d’Armées, qui regroupera la 8e Armée britannique et la 2e Armée française, puisque c’est ainsi que sera désormais appelée officiellement l’Armée d’Orient. »

Les visages de ses auditeurs se sont crispés. Ils savent ce qu’un changement de dénomination peut recouvrir. Surtout, Giraud commence à rougir ; il n’a jamais caché qu’il espérait succéder à Frère au poste de commandant allié en Méditerranée Orientale. « Ne leur laissons pas le temps de réagir, se dit Besson, autant lâcher toutes les mauvaises nouvelles d’un coup ! »
Il toussote et reprend : « Le commandement de ce 18e Groupe d’Armées sera britannique, ce qui s’imposait pour maintenir un équilibre raisonnable des responsabilités entre grands alliés, et pour tenir compte de l’importance des forces mises en ligne dans la région par les différents pays. »
– Mais enfin, vous n’allez pas nous mettre sous les ordres de Cunningham !
explose Giraud.
N’ayez crainte Giraud, répond Besson, personne n’a imaginé une telle inconvenance. Le chef du 18e GA sera Montgomery.
Dentz sursaute : Giraud sous les ordres d’un général qui n’était que divisionnaire en 1939, quand le premier commandait déjà une armée ! Besson pense-t-il vraiment que c’est moins inconvenant ou veut-il provoquer Giraud ?
Mon général, c’est une infamie ! clame Giraud. On a retiré tous ses moyens à l’Armée d’Orient, division après division ! Pendant des mois, on nous a empêchés d’agir, et maintenant on nous subordonne aux Anglais ! Quelle honte pour nos couleurs, quelle perte de prestige pour la France ! Comment voulez-vous que nous jouions le moindre rôle dans la suite des opérations sur ce théâtre ?
– Le gouvernement compte sur la 2e Armée pour prendre toute sa part lors des prochains combats en Grèce et dans les Balkans. Vous recevrez prochainement de nombreux renforts : d’abord, dès cet hiver, la 2e Division d’Infanterie yougoslave et un régiment d’artillerie de réserve générale. Au printemps, les recrues polonaises venues d’URSS, qui sont très motivées, nous permettront de mettre sur pied une nouvelle division de montagne, ce qui donnera ainsi un corps d’armée polonais…
– Un corps polonais et un corps yougoslave !
s’étrangle Giraud. En somme, une armée française sans division française !
– Dès le printemps, les grands froids passés, une division africaine vous sera envoyée si les plans d’opération le nécessitent, aussi vite que les moyens de transport disponibles le permettront,
poursuit Besson sans se démonter. La 2e Armée française (il insiste sur ce mot) comptera ainsi six divisions : deux polonaises, deux yougoslaves et deux françaises, trois brigades blindées et l’équivalent de deux brigades de montagne. Bref, assez d’unités pour mener à bien le plan le plus ambitieux. Au reste, Messieurs, c’est désormais votre mission : établir et proposer au général Frère puis à l’état-major interallié un plan d’opération pour l’été 1943.
– Mais ce sera le plan de Montgomery, un plan anglais, quel rôle pourrons-nous y jouer ?
gémit Giraud.
Giraud, mon vieux, ressaisissez-vous ! lance Besson, glacial. Il se radoucit et poursuit : Nous comptons sur vous tous pour travailler en bonne intelligence avec nos alliés, mais aussi pour faire preuve d’imagination en proposant un plan audacieux permettant le succès rapide des forces alliées tout en donnant un rôle important à nos couleurs. Gardez tous en tête que vous combattez ici aujourd’hui mais que vous pourrez combattre ailleurs demain. Giraud, poursuit-il en regardant ce dernier dans les yeux, vos talents sont reconnus et appréciés ; vous serez sans doute encore utile demain, peut-être ailleurs, justement… Ne gâchez pas tout…
Besson marque un temps, puis : « Allons, puisqu’il n’y a pas d’autre question, il est temps d’aller dîner, je pense… » Giraud se lève d’un coup, immense, et sort sans un mot, la mine sombre.
« Ils sont sonnés, mais ils ont compris et ils joueront le jeu » pense Besson tandis que les officiers quittent un à un la pièce.
– Mon général ?
Dentz, qui fermait la marche, se retourne pour s’adresser à Besson : « Si j’ai bien compris, le général Giraud sera prochainement appelé à d’autres fonctions… Sait-on déjà qui le remplacera ?
« Nous y voilà,
se dit Besson, une offre de service en bonne et due forme… Après tout, il n’y a rien là d’étonnant. »
– Rien n’est décidé, Dentz. Il nous faudra quelqu’un d’expérimenté, connaissant bien le terrain et apte à travailler en bonne intelligence avec les Anglais – et surtout avec Montgomery. J’ai proposé des noms, j’attends la validation du ministère.
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Anaxagore



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MessagePosté le: Sam Mai 31, 2014 11:24    Sujet du message: Répondre en citant

Giraud m'a toujours été antipathique OTL... mais vous le rendez encore PLUS antipathique...
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Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.
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Capu Rossu



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MessagePosté le: Sam Mai 31, 2014 11:50    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour,

Au petit jeu de l’antipathie, Giraud e Monty font une sacré paire !

@+
Alain
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Wil the Coyote



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MessagePosté le: Sam Mai 31, 2014 13:05    Sujet du message: Re: Le Front Italien Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Patzekiller a accepté de prendre en charge le Front Italien. Il y travaillera notamment cet été (histoire, je suppose, d'être dans l'ambiance ensoleillée de l'Italie... Wink ).
Il se renseignera sur les OdB des forces en présence auprès de LADC.
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Du côté de la Grèce et des Balkans, c'est Patrikev qui tient les commandes. Lui aussi étudiera les OdB avec l'aide de LADC.

Et c'est bien entendu à LADC lui-même que nous devons les passages (parfois fort croustillants) sur l'organisation du commandement allié que vous allez lire ci-dessous.

Pour "un autre front au nord de la Méditerranée", nous verrons en temps utile.

En attendant tout cela, voici donc l'état de la narration, pour le début du mois de janvier.


Mazette, Francs-tireur..... Cool Laughing , pas de problèmes pour l'aide auprès de Patzekiller....
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patzekiller



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MessagePosté le: Sam Mai 31, 2014 16:10    Sujet du message: Répondre en citant

...et sans doute qu'en plus des ob et de la strategie, j'aurais l'occasion d'echanger quelques menus services avec les uns ou les autres comme avec anax et lebobouba pour la birmanie

remarque au niveau de la redaction

dés le debut et notamment dans les bouquins ,les unités allemandes sont identifiée ID et non DI qui est plutôt reservé aux alliés : on y gagne en facilité de lecture
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MessagePosté le: Sam Mai 31, 2014 20:43    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Malgré la surprise, malgré des conditions météorologiques très difficiles

On peut ajouter le terrain !
_________________
On ne trébuche pas deux fois sur la même pierre (proverbe oriental)
En principe (moi) ...
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Anaxagore



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MessagePosté le: Sam Mai 31, 2014 21:00    Sujet du message: Répondre en citant

Si ça intéresse, j'ai le hors série militaria sur les uniformes anglais de la Campagne d'Italie. Dommage... je ne peux que décrire puisque je n'ai pas de scanner.
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Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Dim Juin 01, 2014 10:21    Sujet du message: Répondre en citant

Beaucoup de trous dans celui-ci... Du travail pour Patzekiller, Patrikev et Cie.

11 janvier


12 janvier

Des difficultés de la logistique
Naples
– Le major-général John C.H. Lee, chef du Services of Supply North-Africa (SOS-NA) de l’US Army, arrive à Naples pour s’assurer sur place de la bonne exécution de ses ordres. Ses hommes ont pris possession de la ville depuis dix jours, dès que les troupes combattantes l’ont déclarée sécurisée, et ils doivent y installer la base logistique nécessaire pour ravitailler les unités américaines, françaises et belges qui sont déjà ou seront engagées en Italie. En effet, si les premières unités débarquées à Gaète et Salerne disposent du ravitaillement nécessaire pour quelques jours d’opérations, les troupes de renfort (au-delà de la seconde vague) ainsi que les vivres, les munitions et le carburant nécessaires à des opérations prolongées ne peuvent être débarqués par chalands sur des plages et demandent les capacités d’un grand port. Dans un premier temps, le rôle des équipes de l’Army Service Forces (unités logistiques de l’US Army) a consisté à organiser avec les autorités civiles italiennes la remise en marche des installations portuaires (sous contrôle militaire américain, bien sûr).
Maintenant que le feu vert a été donné pour que cargos et paquebots venus d’Afrique du Nord ou directement des Etats-Unis puissent décharger à Naples, il s’agit de transformer le port et la ville en plaque tournante logistique des forces américaines en Italie. Mais il ne sera pas simple d’atteindre cet objectif : d’une part, avant de recevoir du matériel, il faudra commencer par débarquer le personnel du SOS-NA nécessaire à la bonne marche de cette immense base, d’autre part, les premiers rapports des subordonnés du général Lee montrent que les besoins de la population civile locale ont été sous-estimés (avant même le basculement de l’Italie, le ravitaillement était insuffisant et la situation sanitaire préoccupante). Ces besoins devront être couverts en priorité pour éviter qu’une agitation ou même des émeutes ne mettent en péril la sécurité et la rapidité du ravitaillement des unités sur le front.


13 janvier


14 janvier


15 janvier


16 janvier


17 janvier


18 janvier


19 janvier


20 janvier

Stratégie, diplomatie et politique
Alger
– Gaston Palewski, directeur de cabinet du ministre de la Défense nationale, regagne son bureau en soupirant… Il espère que le coup de téléphone qu’il doit passer sera plus commode que l’entretien précédent, pendant lequel son ministre l’a bombardé de remarques glaciales et lapidaires. Depuis deux ans et demi qu’il le fréquente quotidiennement, il n’a pas souvent vu le Général aussi furieux ! Enfin, commode ou pas, il doit passer ce coup de fil et essayer de trouver le juste dosage de fermeté et de diplomatie pour obtenir ce que son chef vient d’exiger. Palewski soupire derechef. Allons, plus que quelques semaines, quelques jours peut-être, Courcel va quitter ses fonctions à l’état-major, il redeviendra aide de camp du Général et François Coulet, qui occupe ce poste depuis fin 1941, le relaiera, lui, comme DirCab. Ce qui lui permettra de partir en vacances, tiens, en Italie par exemple. Sur le front bien sûr, mais après trente mois dans l’ombre du Général, quelle détente en perspective !
Le DirCab obtient vite le correspondant à qui il désirait parler, le téléphone fonctionne toujours aussi bien entre le ministère et le GQG : « Mes respects mon général, Palewski à l’appareil. Désolé de vous déranger, mais le ministre est furieux : Londres l’a appelé pour se plaindre après le dernier scandale de Giraud hier. Il faut admettre que la situation ne peut plus durer. Où en est votre proposition de nomination ? »
(…)
Mais bien sûr, mon général, les torts sont partagés, nous le savons tous ! Montgomery est un provocateur prétentieux, oui… Mais aussi, Giraud est un imbécile : céder ainsi à la provocation ! Nous avons besoin de calme et sérénité dans le commandement allié en Grèce, pas de combats de coqs… Le ministre ne veut plus attendre, il veut régler ce problème tout de suite : nous devons publier la nomination dès demain au Journal Officiel, il exige votre courrier pour cet après-midi… Oui, cet après-midi même. Désolé d’insister ainsi, mais je suis certain que vous comprendrez.
(…)
Merci mon général.
Comme il le prévoyait, Palewski n’a pas eu à dire au général Noguès de venir s’expliquer en personne si son courrier n’était pas prêt à temps. Noguès a très bien compris !


21 janvier


22 janvier


23 janvier

Une promotion mal accueillie
Argos (Péloponnèse)
– La conférence d’état-major du matin s’achève à peine quand son ordonnance annonce au général Giraud l’arrivée du général Verneau, aide-major général de l’Armée, envoyé par le Grand Quartier Général.
Général Verneau, bienvenue au quartier général de l’Armée d’Orient ! l’accueille Giraud, qui ne semble toujours pas vouloir assimiler le nouveau nom de son armée. Excusez notre installation sommaire (je ne peux plus dire spartiate, ah ah !), nous sommes arrivés ici hier, la victoire a quelques inconvénients, il nous a fallu déménager. Que me vaut l’honneur d’une visite d’un envoyé du GQG ?
« J’espère qu'elle me sera plus utile que celle de ce messager à Noël ou celle de Besson il y a quinze jours »
se retient-il d’ajouter.
Mon général, je suis envoyé directement par le général Noguès, qui m’a demandé de vous remettre en main propre ces deux documents, répond Verneau en lui tendant deux enveloppes cachetées.
Giraud s’assied à son bureau, chausse ses lunettes et ouvre le premier pli.
« Décret de la République Française
Le général de division avec rang et appellation de général d’armée Henri Giraud est nommé Inspecteur Général de la Défense Nationale. Signé, etc… »

Raide et impassible, ne laissant rien paraître de ses émotions, Giraud repose le document et ouvre la seconde enveloppe.
« Grand Quartier Général.
Ordre n°43-5-016
Suite à la réorganisation du commandement allié en Méditerranée orientale et dans les Balkans, le général chef d’état-major et commandant en chef de l’armée française ordonne :
– Le général d’armée Henri Giraud, nommé Inspecteur Général de la Défense Nationale, est invité à se présenter au Grand Quartier Général pour se voir préciser ses missions prioritaires.
– Le général d’armée Henri Dentz assurera par intérim le commandement de la Deuxième Armée Française.
Signé : Général d’armée Antoine Besson »
.
Giraud pousse un grognement qui évoque le grondement des flammes du bûcher de Rouen : cette fois c’est fait, ces salauds d’Anglais ont eu sa peau !
Quand il relève le regard, Verneau est au garde-à-vous : « Le général Noguès m’a ordonné de vous délivrer le message oral suivant, après lecture de ces deux documents :
– Général Giraud, le gouvernement et l’armée ont besoin de vous dans vos nouvelles fonctions pour des missions de la plus haute importance. Regagnez Alger sans retard, l’avion du général Verneau vous attend. Votre départ doit rester discret, évitez toute déclaration au sujet de votre nomination. »

Un silence s’installe, lourd et pesant, qui semble durer une éternité.
Et si je tarde ou si je parle, Noguès vous a-t-il demandé de me mettre aux arrêts ? explose Giraud, que le post-scriptum oral n’a pas rasséréné.
Après un nouveau silence, il soupire, songeant peut-être alors au vent qui balaye Sainte-Hélène, petite île… Puis il reprend, calme et glacial cette fois : « Très bien Verneau, je comprends. Je ne vais pas rendre votre mission plus pénible encore : vous pourrez dire à cet imbécile de Noguès… pardon, au chef d’état-major général de la défense nationale… que je suis un soldat qui obéit aux ordres, quels qu’ils soient. Je vais vous suivre. »
Giraud se lève, appelle son ordonnance, lui ordonne de préparer sa valise en vue d’un départ immédiat, puis gagne la pièce voisine où une partie de son état-major continue de travailler.
Messieurs, votre attention je vous prie ! Comme vous le savez, notre Armée, notre Marine et notre Armée de l’Air sont engagées sur de multiples fronts en vue de la libération de notre cher pays. Les succès de l’Armée d’Orient ont été remarqués et on me demande de diffuser les secrets de notre réussite auprès de toutes nos forces armées. Je viens d’être promu à la fonction d’Inspecteur Général de la Défense Nationale et le gouvernement demande de façon pressante mon retour à Alger pour contribuer sans attendre à la préparation des prochaines opérations. Je vais donc vous quitter, à regret, mais fier du travail que nous avons accompli ensemble. Je compte sur vous pour couvrir de gloire nos drapeaux, libérer le territoire de nos alliés et porter la guerre chez nos ennemis. Je vous souhaite la victoire et la gloire et vous donne rendez-vous à Athènes, à Belgrade… et qui sait, à Berlin ! Quand vous y serez, j’y serai avec vous.
Dentz, vous assurerez le commandement de l’armée par intérim : vous connaissez la situation comme moi, vous êtes déjà opérationnel.
Messieurs, au revoir. »

Giraud prend le temps de saluer personnellement tous les membres de son état-major, serrant la main de chacun, avant de retourner s’enfermer dans ses quartiers. Moins d’une heure plus tard, la voiture de Verneau emporte Giraud et son ordonnance vers l’aéroport…


24 janvier


25 janvier


26 janvier


27 janvier


28 janvier


29 janvier

Au GQG allié en Italie
Rome
– Le général Georges Revers rajuste son képi tout en pestant contre les conditions de la réunion à laquelle il va participer. Cette villa isolée, au sud de Rome, a été transformée en camp retranché par la police militaire américaine qui, complètement paranoïaque, a contrôlé sa voiture à trois reprises avant de la laisser entrer dans le parc, au milieu d’une foule de véhicules divers où prédominaient les jeeps. Les officiers d’état-major et autres ordonnances se bousculent dans les couloirs et pour ne rien arranger, le café est infâme, un vrai jus de chaussette dilué, comme s’il avait été lui aussi filtré et refiltré par une douzaine de barrages de MP…
Par bonheur, l’important est ailleurs : pour lui qui vient de prendre son poste de chef d’état-major du 4e Corps d’Armée français, c’est l’occasion de rencontrer ses homologues et de contribuer à la définition des plans d’opérations.
La réunion convoquée par le général Clark, nouveau commandant en chef des forces alliées en Italie, est doublement nécessaire : d’abord parce qu’il faut partager les directives de l’état-major interallié et arrêter la stratégie pour les mois à venir, mais aussi parce qu’il faut que ces chefs de nationalités différentes, pour beaucoup nouveaux venus en Italie, apprennent à se connaître et à travailler ensemble. Ils sont tous venus, chacun accompagné de son chef d’état-major – et, pour les Français, d’interprètes : les débats seront en anglais, or même après plus de trois ans de guerre, la langue de Shakespeare n’est pas familière à tous (et les Américains sont moins que les Anglais enclins à connaître celle de Molière). Pour les Britanniques, voici le général Alexander (1ère Armée), les lieutenant-généraux Allfrey (Ve Corps) et Dempsey (Xe Corps) ; pour les Américains, les principaux acteurs de la campagne de Sicile ayant été appelés à d’autres fonctions (1) , les participants sont tous nouveaux en Italie, à savoir le lieutenant-général Devers (5e Armée) et le major-général Ernest J. Dawley (IIe Corps). Enfin, la délégation française est dirigée par le général de corps d’armée Louis Koeltz (2) (du IVe Corps).
Au milieu des uniformes bruns, kaki ou olive des armées de terre alliées, plusieurs tenues de marins ou d’aviateurs apportent diverses nuances de bleu ; parmi eux, le général d’armée aérienne Roger Pennes (commandant en chef des forces aériennes alliées en Méditerranée Occidentale), le brigadier-général Auby Strickland, USAAF (commandant les forces aériennes alliées en Italie), l’Air Vice Marshal Arthur Coningham (commandant la RAF en Italie). Devant cette concentration d’étoiles, Revers se dit qu’après tout, il comprend la paranoïa des PM américains : si l’ennemi tentait un coup de main… Mais il chasse vite cette idée pour se concentrer sur les débats qui s’ouvrent et s’animent immédiatement.
Très vite en effet, Alexander, soutenu par Allfrey, demande une relance rapide de l’offensive. Il rappelle que le temps joue pour les Allemands, qui fortifient leurs défenses. A trop tarder, la situation fluide va se rigidifier et la possibilité de poursuivre une guerre de mouvement va disparaitre. Les Anglais proposent de repartir à l’attaque en plein hiver, début février, en progressant le long de la côte adriatique, après des attaques de diversion par les troupes françaises dans le secteur central. Ils estiment qu’une attaque menée avec deux divisions d’infanterie, appuyées par deux ou trois brigades de chars et par leur AGRA, sur un front court, peut enfoncer les lignes ennemies. Ensuite, les unités motorisées pourront exploiter jusqu’à Rimini.
Clark, très patiemment, doit (ce n’est pas la première fois) expliquer d’une part que les Alliés ne disposent pas de la supériorité numérique adéquate pour passer à l’offensive et d’autre part qu’après la rapide (et désordonnée) progression de décembre, les armées alliées ont besoin de temps pour consolider leur logistique avant de penser à repartir à l’attaque…
Devers appuie Clark en s’interrogeant sur la pertinence d’attaquer le long de la côte adriatique, alors que la côte tyrrhénienne présente une géographie plus favorable. Koeltz renchérit et propose de s’emparer de l’île d’Elbe pour sécuriser la Corse et menacer Grossetto et Livourne… Ensuite, le général français se fait fort de débloquer la situation dans les montagnes, mais dans deux mois, quand il aura échangé, comme c’est prévu, ses unités françaises contre des unités de montagne nord-africaines. Devers approuve, ajoutant que d’ici là son armée se sera renforcée avec l’entrée en ligne de renforts américains, français et même belges (la brigade blindée Piron doit être envoyée « sur un autre front », mais une division d’infanterie est prévue). De plus, on verra aussi monter en ligne de nouvelles unités italiennes, venues de Sardaigne et de Corse ou évacuées du Péloponnèse, réorganisées et réarmées. Les généraux anglais, ironiques, contestent l’intérêt militaire (sinon politique !) de faire une aussi belle place à l’adversaire d’hier – et là-dessus, ils sont soutenus par les Français.
Le débat s’enlise. Après de nombreuses controverses, Clark conclut sur un compromis qui ne satisfait vraiment personne : les armées alliées ne lanceront pas d’offensive de grande envergure cet hiver en Italie, elles se contenteront de resserrer leur dispositif sur le front et de renforcer leur logistique. Cependant, si une offensive au niveau de l’armée ou du corps d’armée n’est pas à l’ordre du jour, une attitude agressive est prescrite à chaque division pour gêner l’organisation de la défense allemande et profiter de toute opportunité créée par une faiblesse locale de l’ennemi.


30 janvier


31 janvier


Notes
1 - Eisenhower est devenu Supreme Allied Commander in Northern Europe ; Bradley est en AFN à la tête de la 7e Armée, qui s’entraine pour un débarquement dans le sud de la France… et Patton est en pénitence après l’affaire de la gifle.
2 - Le général Koeltz a été aide-major général au GQG à partir d’octobre 1939. Il joue un rôle important lors du Sursaut en juin 1940, en assurant la liaison entre Noguès en AFN et l’état-major d’Huntziger en Métropole. Il contribue ensuite à la réorganisation du commandement en assurant une collaboration efficace entre l’état-major général de la Défense nationale, le GQG et l’état-major de l’Armée. En 1941 et 1942, il prend part à la définition de la stratégie de retour en Europe par le Péloponnèse (opération Croisade). Son rôle l’amène à fréquenter les principaux chefs de l’armée, mais aussi les politiques, dont le ministre de la Défense, dont il est apprécié pour son intelligence et son talent d’organisateur. Nommé général de corps d’armée au printemps 1942, il retrouve un rôle plus opérationnel avec le commandement supérieur des troupes de Tunisie, où il participe à l’entrainement des unités qui débarqueront en Sicile, avant de prendre en janvier 1943 la tête du 4e Corps en Italie.
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Kirishima



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MessagePosté le: Dim Juin 01, 2014 21:35    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Au milieu des uniformes bruns, kaki ou olive des armées de terre alliées, plusieurs tenues de marins ou d’aviateurs apportent diverses nuances de bleu ; [...] le brigadier-général Auby Strickland, USAAF (commandant les forces aériennes alliées en Italie),
Je peux me tromper, mais la tenue bleue n'est-elle pas apparue chez les forces aériennes américaine avec la création de l'US Air Force en 1947, l'Army Air Force de la guerre conservant la tenue kaki de l'US Army dont elle dépendait ?
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Dim Juin 01, 2014 22:40    Sujet du message: Répondre en citant

Kirishima a écrit:
Casus Frankie a écrit:
Au milieu des uniformes bruns, kaki ou olive des armées de terre alliées, plusieurs tenues de marins ou d’aviateurs apportent diverses nuances de bleu ; [...] le brigadier-général Auby Strickland, USAAF (commandant les forces aériennes alliées en Italie),
Je peux me tromper, mais la tenue bleue n'est-elle pas apparue chez les forces aériennes américaine avec la création de l'US Air Force en 1947, l'Army Air Force de la guerre conservant la tenue kaki de l'US Army dont elle dépendait ?


Fort pertinent ! Quelqu'un pourrait-il nous donner une certitude ?
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lebobouba



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MessagePosté le: Dim Juin 01, 2014 23:03    Sujet du message: Répondre en citant

Je confirme pour la couleur des uniformes .

_USAAF : vert olive/kaki durant la 2eme GM.

_USAF : bleu vers la fin des années 40.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Dim Juin 01, 2014 23:12    Sujet du message: Répondre en citant

Merci, Lebobouba.
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Anaxagore



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MessagePosté le: Dim Juin 01, 2014 23:19    Sujet du message: Répondre en citant

J'avais une recherche sur les uniformes américains, et je me rappelle clairement avoir lu que les soldats en poste dans les régions chaudes d'Asie utilisaient souvent une tenue non-standard c'est çà dire le vêtement porté par les mécaniciens et les pilotes de l'USAF... et elle était "verte". j'ai aussi "les têtes brûlées" en DVD et leurs tenues sont pas bleues.
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ladc51



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MessagePosté le: Lun Juin 02, 2014 06:38    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour,

Une correction à apporter au texte du 12 janvier : remplacer la mention "Army Service Forces" par la mention "Services of Supply".
Il s'agit des mêmes équipes, dont le nom change OTL (et aucune raison que ce soit différent en FTL) au printemps-été 1943. En janvier 1943, c'est encore l'ancienne formulation "Services of Supply" qui doit être utilisée.
_________________
Laurent
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