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Ah les Tropiques - Nouvelle-Guinée, suite. Milne Bay 2

 
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Mai 05, 2007 21:33    Sujet du message: Ah les Tropiques - Nouvelle-Guinée, suite. Milne Bay 2 Répondre en citant

Cette Chrono rédigée par Mark Bailey n'est pas encore officiellement validée par Fantasque.
Quelqu'un pourrait-il nous trouver une carte précise de l'ouest de la région de Milne Bay ?


23 Août 1942
Région de Milne Bay
Les deux camps consolident leurs positions avancées à Halfway Creek et se déploient pour sécuriser leurs flancs et leurs arrières. Sur les arrières australiens se trouve Dahuni Bay, où des travaux sont entrepris d’urgence pour contruire des dépôts et des installations portuaires de base. Un gros problème de ravitaillement a été résolu par l’arrivée de quarante lougres de pêcheurs de perles venant de l’huîtrerie perlière de Broome. Ces peits bateaux sont immédiatement mis au service de l’armée, ainsi qu’un certain nombre de petits bateaux réfugiés (prahos à voile et à moteur, petits caboteurs) dispersés dans les ports de la côte nord de l’Australie.
La position d’Halfway Creek est intenable à terme: elle peut être tournée par le sud, en traversant la rivière Maiwara. Field fit ce qu’il pouvait, établissant un bon écran de patrouilles et une solide position au village de Dagama, trois km à l’ouest-sud-ouest du confluent entre Halfway Creek et la Maiwara, couverte par trois ou quatre points d’appui plus petits vers l’est. Mais cette solution ne pouvait être que temporaire. Le problème de Field était que la position du Col, au-dessus d’Halfway Creek, pouvait aussi être tournée, si les Japonais passaient par le terrain plat plus au sud, entre mer et montagnes. Sa riposte fut de lancer des patrouilles agressives de ce côté. Par bonheur, le sol de ce secteur était mou, parfois marécageux, planté de palmiers sago, le tout gênant beaucoup le mouvement de troupes importantes en dehors des pistes qui descendaient des hauteurs.

25
Nouvelle-Guinée
L’Amiral Crace décide de former à Port Moresby une nouvelle escadre de croiseurs et destroyers. Elle comprend d’abord le CL HMNZS Achilles et le DD HMAS Arunta. Les quatre DD de classe N prêtés à la RAN, libérés de leurs obligations méditerranénennes, devraient être là fin septembre. Les seuls autres vaisseaux disponibles sont les DD HMS Paladin et Penn, qui arriveront dès mi-septembre. Pendant ce temps, les ouvriers du chantier naval Cockatoo Dockyard ont été informés du caractère désespéré de la situation, ce qui accélère beaucoup les travaux sur les deux DD de classe Tribal qu’ils construisent, les Kurnai et Chimbu (baptisés d’après des groupes de tribus des Hautes-Terres de Nouvelles Guinée).

27
Milne Bay
Les Japonais achèvent de réparer le terrain de Gurney et les quelques routes du secteur, sur lesquels ils font rouler des véhicules capturés, qu’ils ont dû eux aussi réparer, la plupart ayant été plus ou moins sabotés. Le débarquement de leurs approvisionnements est maintenant à peu près terminé, malgré les attaques aériennes de la RAAF, dont les Boomerang ont détruits plusieurs dépôts et coulé deux petits transports (d’anciens bateaux de pêche de 200 tonnes), au prix de nouvelles pertes. Port Moresby n’a plus que le minimum pour assurer sa défense et celles des positions clés de la piste de Kokoda.

29
Milne Bay
Un tableau détaillé de la situation sur le front de Milne Bay est présenté au Cabinet de guerre australien.
La principale unité présente est la 7ème Brigade de l’AMF, qui a été durement éprouvée. Les Queenslanders savent qu’ils se sont bien comportés et estiment avoir pris la mesure des Japonais. Les effectifs des 8ème, 25ème et 61ème Bataillons, du 5ème RAA (artillerie) et du 7ème RAE (génie) sont tous réduits de moitié environ par les pertes en combats et les maladies. Le 53ème Bataillon de Moresby n’a pas seulement été anénanti en combat, il a aussi été officiellement condamné à la dissolution. Les survivants ont tous été convaincus d’avoir fui devant l’ennemi. Ils sont employés comme ouvriers pour aider les indigènes du lieu qui otnété embauchés pour construire des pistes. Leur bonne acclimatation et leurs muscles sont utiles dans cette tâche, mais aucun autre soldat de l’AMF ne leur confierait plus sa vie.
La 15ème Brigade de la 3ème Division de l’AMF est toujours là, même si elle a été plus que décimée. Ses 57ème, 58ème, 59ème et 60ème Bataillons ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes. Ces unités viennent de l’état de Victoria et les hommes ne sont pas acclimatés, ce qui réduit leur capacité de travailler dans la région. Le pire, sur ce point, est qu’ils s’obstinent à porter des shorts et des chemises à manches courtes (ou pas de chemises du tout), ce qui les rend très vulnérables au paludisme. La marche forcée brutale pour échapper aux Japonais et rejoindre le reste des forces de Field a réduit chaque bataillon à la valeur d’une compagnie opérationnelle et la plupart des hommes sont épuisés et malades. Mais il est impossible de les laisser se reposer, la construction de défenses fiables est trop urgente.
Le Cabinet de Guerre décide alors d’envoyer le reste de la 3ème Division à Milne Bay. La première Brigade à partir sera la 10ème (24ème, 37ème et 52ème Bataillons) et on prévoit de lui donner deux compagnies blindées mises sur pied en urgence (la 3ème Division a déjà quelques unités de reconnaissance équipées de véhicules d’entraînement et de quelques Bren carriers). La 10ème Brigade aura priorité pour recevoir des chars Valentine 2-pdr et des ICS, avant même les troupes engagées à Guadalcanal. Cependant, l’envoi de cette unité demandera plus d’un mois. D’ici là, Field va devoir se débrouiller seul.
Les dispositions de l’Armée de Terre australienne sont à ce moment les suivantes
1ère Division, AMF : déployée dans les Salomon (Guadalcanal)
2ème Division, AMF : Eastern Command, déploiement prévu en Nouvelle-Guinée
3ème Division, AMF : 7ème et 15ème Brigades déployées et 10ème Brigade en déploiement à Milne Bay
4ème Division, AMF : Southern Command
5ème Division, AMF : Northern Command
6ème Division, AIF : sur le théâtre européen
7ème Division, AIF : en déploiement en Nouvelle-Guinée (18ème et 21ème Brigades, piste de Kokoda) ; les restes du 30ème Brigade Group, AMF, déployé à Kokoda, lui sont rattachés
8ème Division, AIF : en cours de reconstitution en Australie
9ème Division, AIF : en Australie (attachée à l’Eastern Command)
1ère Armoured Division, AIF : en cours de reconstitution sur le théâtre européen
2ère Armoured Division, AMF : en cours de constitution en Australie, destinée au théâtre du Pacifique
1ère Division de Cavalerie : Eastern Command
2ème Division de Cavalerie : Southern Command

31 August
Milne Bay
L’aviation de l’Armée japonaise déploie sur la piste de Gurney des chasseurs Ki-43, des bombardiers légers Ki-48 et quelques bombardiers en piqué Ki-51, ainsi que deux Ki-15 de reconnaissance.

1 September
Milne Bay (Nouvelle-Guinée)
Les Japonais lancent une série d’attaques de reconnaissances sur le flanc exposé des forces de Field, au sud de la Maiwara River. Ces attaques, qui vont se poursuivre plusieurs jours, vont leur permettre de repérer les positions australiennes. Les Ki-48 bombardent presque quotidiennement le village de Dagama, identifié comme le cœur de la défense. Pire, les Ki-51 représentent un problème très gênant pour les Australiens, car leurs attaques en piqué ralentissent sévèrement le flux du ravitaillement et commencent à prélever un tribut croissant sur les petits navires utilisés pour transporter les approvisionnements.

3
Milne Bay (Nouvelle-Guinée)
Le premier Ki-15 est abattu par un Hurricane de la RAAF lors de sa première mission sur Port Moresby. Le second le sera le lendemain. Mais les deux appareils vont être remplacés par des Ki-46, que les Hurricane sont incapables d’intercepter.

6
Milne Bay (Nouvelle-Guinée)
Les Japonais engagés dans la région, commandés par le Major-Général Yokeyana Yoneshita, font partie des 21ème et 22ème Brigades Mixtes Indépendantes, composées de trois bataillons d’infanterie chacune (21ème : 66ème, 70ème, 71ème Bataillons ; 22ème : 125ème, 126ème et 127ème Bataillons) soutenus par de petites unités du génie, de l’artillerie et quelques blindés légers. Ces forces sondent les défenses australiennes autour d’Halfway Creek et identifient ce qu’elles estiment être plusieurs points faibles.

10 September
Milne Bay (Nouvelle-Guinée)
Les forces de Yokeyana commencent à s’attaquer aux défenses de l’AMF au sud de la Maiwara. Selon les comptes-rendus australiens, c’est une curieuse série d’actions sans lien apparent. Les Japonais avancent successivement contre chacun des points d’appui à l’est de Dagama un bataillon d’infanterie environ, appuyé par des mortiers, et tentent de l’encercler. Cela s’avère en général fort difficile, car les pluies ont tellement ramolli le terrain que les flancs de chaque point d’appui sont raisonnablement assurés par une zone marécageuse ou un véritable marais. Au bout de deux ou trois jours, de petits groupes de Japonais finissent pourtant par s’infiltrer entre les patrouilles australiennes et peuvent harceler les troupes ravitaillant le point d’appui par la piste derrière lui. Les Australiens abattent un bon nombre de ces infiltrés, mais après un certain temps, les porteurs indigènes commencent à trouver qu’ils risquent trop gros et restent chez eux. A ce moment, les Australiens sont obligés d’évacuer la position et de se replier.
On saura par la suite que les Japonais considéraient la tactique australienne comme très efficace pour les retarder et leur causer des pertes, en combat mais aussi par maladie. Chaque opération sur un point d’appui fixait en effet une formation japonaise d’une certaine importance dans une zone marécageuse et très impaludée, tout en l’empêchant de repousser les Australiens en menaçant leurs flancs, ou d’encercler et de détruire la compagnie occupant la position.

18
Milne Bay (Nouvelle-Guinée)
Le village de Dagama est à moitié encerclé par l’est et de petits groupes de Japonais ses sont infiltrés le long de la piste menant vers Waigami. Field décide de se replier sur ses positions principales. Il estime en effet que les semaines précédentes lui ont permis de construire ce qu’il appelle une défense en hérisson sur le terrain plat au sud de la crête où se trouve sa position principale. Il a créé sur les pistes qui traversent le terrain marécageux une série de positions défensives à 360°, à portée de 25-livres du rivage de la Baie d’une part, de la position principale, sur la crête, d’autre part. Son idée est que les Japonais pourront circuler comme ils voudront autour de ces points d’appui, dans les marais, mais que chaque position pourra faire appel à une puissante couverture d’artillerie au cas où elle serait sérieusement attaquée, tout en contrôlant le réseau de pistes qui seul pourrait permettre une progression significative vers l’ouest.
Ce plan reposait sur l’arrivée d’une quantité importante de munitions de 25 livres. Les sapeurs américains ont fait des merveilles, élargissant les pistes pour ouvrir le passage aux Bren carriers. Toute l’artillerie a pu être positionnée aux points choisis et convenablement approvisionnée en munitions. Son ravitaillement, au départ inexistant, s’est peu à peu amélioré et il en reçoit à présent plus qu’il n’en consomme, quoique les pertes infligées à sa petite flottille par les avions japonais le préoccupent.

19 September
Milne Bay (Nouvelle-Guinée)
Les Australiens occupant Dagama commencent à décrocher au crépuscule, après un soigneux bombardement au mortier des positions japonaises connues et quelques petites attaques de couverture. Celles-ci sont inspirées des raids de tranchées de 14-18 : de petites équipes pénètrent silencieusement dans les lignes ennemies et lancent des attaques inattendues. Pendant ce temps, les forces concernées lèvent le camp, après avoir consommé tout leur ravitaillement, en dehors de quelques boîtes de conserve que l’on ne manque pas de percer discrètement, pour que l’éventuel consommateur japonais s’intoxique…
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MessagePosté le: Dim Mai 06, 2007 08:51    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
Quelqu'un pourrait-il nous trouver une carte précise de l'ouest de la région de Milne Bay ?


Alors là, j'ai ce qu'il te faut :

http://www.lib.utexas.edu/maps/ams/new_guinea/

New Guinea 1:250,000

Series T504, U.S. Army Map Service, 1964-

Les relevés datent de juste après la guerre.

Celle que tu cherches est SC55-8, je pense (un peu lourd, 4,2 Mo).
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MessagePosté le: Lun Mai 07, 2007 07:09    Sujet du message: Répondre en citant

Russ, qui faisait un tour par ici, me dit que c'est plutôt la SC 56-9.
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MessagePosté le: Lun Mai 07, 2007 09:40    Sujet du message: Répondre en citant

Je trouve ceci réaliste à ue exception près: le Ki-51 n'est pas un bombardier en piqué.
Ce n'est pas parce qu'il ressemble au Val qu'il en a les capacités.
C'est l'équivalent japonais du Potez 63-11 soit un avion de reconnaissance tactique capable d'emporter environ 250 à 400 kg de bombes anti-personel.

On a imaginé que les difficultés en malaisie et les conseils allemands poussaient l'Armée à accepter de prendre en compte des Val sous le nom de Ki-99 pour disposer de véritables Bombardiers en Piqué...

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MessagePosté le: Lun Mai 07, 2007 12:20    Sujet du message: Répondre en citant

Fantasque a écrit:
Je trouve ceci réaliste à ue exception près: le Ki-51 n'est pas un bombardier en piqué.


Tu feras rectifier à Mark ?
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Jan 17, 2009 21:07    Sujet du message: Milne Bay, le retour Répondre en citant

Ceci est le début de la suite donnée par Mark aux aventures des Australiens contre les Japonais dans la pointe est de Nouvelle-Guinée, septembre 42 et la suite.
J'espère que personne ne va souffrir du mal de l'espace-temps (on passe de 41 en AOI à 40 en Méditerranée à 42 en Océanie et c'est pas fini).


Milne Bay (Nouvelle-Guinée)
La principale unité alliée dans la région est la 7e Brigade de l’AMF, qui a beaucoup souffert. A ce jour, la Brigade est constituée des 8e, 25e et 61e Bataillons d’infanterie, du 5e RAA (artillerie) et du 7e RAE (génie), mais toutes ces unités sont réduites à la moitié de leur force théorique en raison des pertes en combat et par maladie. Les Queenslanders savent cependant qu’ils se sont bien comportés et pensent avoir pris la mesure de leurs adversaires.
Le 53e Bataillon n’a pas seulement été détruit en combat, il a aussi été officiellement dissous en punition de sa lâcheté. Les seuls survivants sont tous été convaincus d’abandon de poste face à l’ennemi. Ils ont été désarmés et sont employés comme ouvriers, à aménager des pistes en compagnie des villageois des tribus locales dont l’AMF a loué les services. Ils sont bien acclimatés et leurs muscles se révèlent fort utiles, mais aucun autre membre de l’AMF ne leur confiera plus sa vie.
Avec la 7e Brigade se trouve la 15e Brigade de la 3e Division de l’AMF (57e, 58e, 59e et 60e bataillons), mais cette unité n’est plus que l’ombre d’elle-même. Elle vient du Southern Command et les hommes de l’état de Victoria qui la composent ne sont pas acclimatés, ce qui altère gravement leur état physique. Non seulement ils ont du mal à s’habituer à la chaleur et à l’humidité mais, pire encore, ils persistent à remonter leurs manches (voire à enlever leur chemise) et à porter des shorts. Ce comportement les rend très vulnérable au paludisme et le taux de malades est très élevé. Après la dramatique marche forcée que la brigade a dû effectuer pour rejoindre le reste de la force australienne lorsqu’elle s’est trouvé isolée par le débarquement japonais, les capacités combatives de chaque bataillon ont été réduites à celle d’une compagnie. La plupart des hommes étaient malades et épuisés au moment où les troupes ont fait leur jonction avec la 7e Brigade, mais ils n’ont pas eu droit au repos : il était bien trop urgent de reconstruire une ligne de défense solide.
Informé, le Cabinet de Guerre australien a décidé que la 15e Brigade serait réorganisée sur place et que tout le reste de la 3e Division de l’AMF serait envoyé à Milne Bay. La première brigade à faire mouvement sera la 10e (24e, 37e et 52e Bataillons), mais cette brigade d’infanterie devra être accompagnée de deux compagnies blindées (la formation dispose seulement d’unités de reconnaissance équipés de quelques véhicules légers et de quelques Bren carriers). Ces compagnies auront priorité pour recevoir des chars, même par rapport à la 1ère Division de l’AMF à Guadalcanal. Néanmoins, déployer la 10e Brigade dans la région de Milne Bay prendra plus d’un mois. D’ici là, la 7e Brigade sera livrée à elle-même, ou presque.

20 septembre 1942
Milne Bay (Nouvelle-Guinée)
A l’aube, les Japonais sont surpris de voir les positions australiennes si calmes. Mais ce n’est pas d’avoir constaté l’évacuation de Dagama qu’ils envoient des reconnaissances de l’autre côté d’Halfway Creek et s’aperçoivent que ces positions ont été désertées. Les Japonais, qui ne s’y attendaient pas, avancent sur les traces des Australiens avec lenteur, ce qui ne les empêche pas de tomber dans de nombreuses petites embuscades.
De son côté, le Brigadier Fields considère son repli comme très réussi. Ses forces ont complètement décroché et reculent en bon ordre vers des positions bien situées et soigneusement préparées, d’où elles vont dominer les basses terres marécageuses. Son intention est d’obliger l’armée japonaise à monter ses attaques contre lui à partir d’un marais détrempé où ne poussent que des sagoutiers, tandis que ses hommes seront bien installés dans des positions dominantes, sur un terrain sec, avec le bénéfice d’une supériorité d’artillerie et d’excellent champs de tir. Sans doute n’a-t-il pas assez de forces pour tenir l’ensemble de l’arc des collines, mais si les Japonais amincissent assez leur dispositif pour se lancer dans un mouvement tournant de vingt-cinq km, Fields pourrait contre-attaquer leur centre, d’autant plus facilement que la forces japonaises tentant l’enveloppement devraient traverser un véritable marécage avant d’atteindre les collines.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Jan 22, 2009 20:15    Sujet du message: suite, 21 au 30 septembre Répondre en citant

21 septembre
Townsville (Australie)
Arrivée du “Brisbane River Amphibious Carrier Battalion”. Cette unité a été entraînée à la hâte depuis sur seize véhicules débarqués à Brisbane en août par un cargo venu d’Angleterre. Ces engins sont des transports de personnels blindés amphibies Mk X, versions modernes des Mk IX de la Première Guerre. Les Etats-Unis n’ayant pu jusqu’alors envoyer de LVT en Australie, les Britanniques y ont envoyé ces seize Mk X, initialement destinés au front grec. Peut-être les engins étaient-ils trop évolués pour le travail demandé, mais c’était l’occasion de savoir comment ils se comporteraient en conditions tropicales, dans l’attente d’une utilisation à plus grande échelle en Malaisie. Dans la région de Brisbane, les spécialistes accompagnant les véhicules avaient immédiatement commencé à former des personnels volontaires, recrutés dans la garnison locale et les unités de la 3e Division AMF.

22 September
Milne Bay
Le premier convoi de ravitaillement d’une certaine importance destiné à Mullins Harbour (le port allié improvisé dans la région de Milne Bay) quitte Port Moresby. Il est composé de quatre caboteurs hollandais réfugiés d’Indonésie (entre 350 et 450 GRT chacun) inutiles pour le trafic côtier australien, escortés par deux corvettes de la RAN de classe Bathurst, un chasseur de sous-marins de classe V et une vedette. Chaque caboteur remorque une petite péniche. Le convoi progresse par sauts de puce le long de la côte pour profiter de la brume et des nuages qui s’accrochent au relief. Naviguant surtout de nuit, il aura la chance de ne pas être détecté par les Japonais.

23 September
Milne Bay
Le Brigadier Field rapporte au général Clowes qu’il a stabilisé la situation sur le front. Par ailleurs, il est bien informé des mouvements ennemis dans les marais et les basses terres grâce à ses patrouilles et les habitants lui signalent les faits et gestes des Japonais près de Milne Bay proprement dite.

26 September
Mullins Harbour (Milne Bay, Nouvelle-Guinée)
00h30 – Le convoi parti de Port Moresby le 22 arrive sans avoir été détecté par l’aviation japonaise. Les quatre petits navires sont conduits dans les cours d’eau qui sillonnent la mangrove et camouflés avec des filets et des végétaux. Leur déchargement est lent, mais c’était prévu. Les petits bateaux doivent rester sur place et jouer le rôle d’entrepôts flottants.

28 September
Région de Milne Bay (Nouvelle-Guinée)
Les sapeurs américains achèvent une véritable route menant de Mullins Harbour aux positions de la 7e Brigade australienne dans les collines. L’état du terrain dans cette zone apparaît meilleur qu’à Milne, car il est mieux drainé en de nombreux points. : de ce fait, la moitié seulement de la route a dû être garnie de revêtements ou consolidée avec des troncs d’arbre. C’est d’ailleurs heureux, car les Japonais repèrent assez facilement les sections garnies d’un revêtement métallique, car elles scintillent au soleil, et leurs Ki-51 les attaquent continuellement. Si les dommages sont importants, les avions nippons ne parviendront jamais à couper la route.
Sur le front, une violente escarmouche a lieu dans les marais. Une patrouille japonaise forte de 120 hommes tombe dans une embuscade tendue par des éléments de la 7e Brigade, clouée sur place, puis taillée en pièces par l’artillerie et mise en fuite par une attaque d’infanterie. Durant plusieurs semaines, il n’y aura plus de tentative de poussée japonaise dans la région.

29 September
Mullins Harbour (région de Milne Bay)
Le HrMs Valk et ses quatre vedettes lance-torpilles arrivent dans les eaux de Mullins Harbour. Ce sont les premières vedettes lance-torpilles alliées sur ce théâtre. Pour éviter la dangereuse zone de débarquement, les Hollandais établissent une base camouflée sur l’île de Bona Bona, au large de l’entrée ouest de la baie. Leur petite force est accompagnée de quatre vedettes de servitude et de deux praos et la RAN a confié au Valk deux amphibies Walrus. Ceux-ci ont reçu des équipements leur permettant d’opérer de nuit, en fonction de l’expérience acquise à Penang dans le courant de l’année. La tâche principale des deux appareils d’allure antédiluvienne est de reconnaître les eaux côtières. Cependant, ils emportent aussi 350 kg de bombes pour attaquer les petits navires japonais opérant dans Milne Bay.

30 September
Port Moresby
Opération Havelock
Un nouveau convoi pour Mullins Harbour appareille. Il se compose de six navires : trois australiens, les Westralia, Kanimbla et Manoora, le Norvégien Moshill (2 959 GRT, 15,5 nœuds), l’Anglais Coptic (Shaw Savill & Albion Lines, 8 533 GRT, 15 nœuds) et le Français Edea (3 747 GRT, 15 nœuds). Le convoi transporte huit mille hommes ainsi qu’une grande quantité de matériel et de ravitaillement pour les hommes de Clowes et Field. L’ensemble représente le reste de la 3e Division de l’AMF, soit les 4e et 10e Brigades.
L’escorte est constituée de plusieurs petits bâtiments et de quatre destroyers de l’US Navy, dont la DCA a été spécialement renforcée : les DD-356 Porter, 415 O’Brien, 416 Walke (un vétéran de la Mer de Corail) et 487 Lardner. L’escadre de l’amiral Crace, autour du Renown, venue spécialement de Nouméa, assurera la couverture à distance.
Les six transports emmènent aussi des officiers de la 32e Division d’Infanterie américaine du général Eichelberger. Cette unité est essentiellement constituée d’hommes de la Garde Nationale du Wisconsin et du Michigan, qui ont commencé à arriver dans des camps de la région d’Adélaïde au mois d’avril. En juillet, la division a fait mouvement jusqu’à Brisbane pour s’acclimater. Le commandement allié a décidé de former à Milne Bay le 1er Corps allié avec la 3e Division AMF et la 32e Division US Army, sous Eichelberger (né en 1886, Eichelberger est plus vieux que tous les généraux australiens en dehors de Blamey, Laverack et Mackay). Cette nomination a notamment pour but de fournir aux Etats-Unis une motivation pour s’engager sur ce théâtre.
Egalement embarqués sur le convoi, quelques officiers et sous-officiers de la 1ère Division AMF, évacués de Guadalcanal pour maladie, sont chargés de convaincre les Victoriens de la nécessité absolue de la discipline anti-malarique. Le Lt-Gen. Sir Stanley Savige (GOC 3e Division AMF) est convaincu et donne des ordres très stricts. Une amende immédiate d’une livre (une somme notable, à l’époque) punit les hommes surpris à porter des shorts, à ne pas porter de chemises ou à relever leurs manches. Ces décisions porteront leurs fruits par la suite, quand ces deux brigades n’auraient à déplorer qu’un taux très bas de soldats souffrant de paludisme.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Jan 23, 2009 17:22    Sujet du message: suite, 1er au 5 octobre 42 Répondre en citant

1 october
Milne Bay
Les troupes du général Yokeyana sont renforcées dans la perspective d’un assaut contre les nouvelles positions alliées.
Les six bataillons des 21e et 22e Brigades Mixtes indépendantes (66e, 70e et 71e ; 125e, 126e et 127e) ont reçu de jeunes recrues en remplacement des pertes précédentes. Chacune des deux brigades compte maintenant un bataillon du génie et 18 pièces d’artillerie (principalement des 70 mm d’infanterie, cependant). Ses forces ont aussi reçu l’appoint de deux bataillons blindés (numérotés 21 et 22 comme leurs brigades), équipés chacun de douze chars légers Type 95 Ha-Go (10 tonnes, un 57 mm) et six canons d’assaut Type 97 Shinhoto Chi-Ha (“Chi-Ha Spécial” : une version équipée d’un canon de 47 mm du char moyen de 15 tonnes Chi-Ha). Pour l’Armée Impériale, c’est une puissante force blindée.
L’aviation de l’Armée est également présente en nombre : près de 90 avions. Mais avant même de se heurter à l’aviation alliée, ces appareils rencontrent bien des problèmes. Le revêtement Marston des pistes a été disposé par le génie américano-australien sur un sol très médiocre (faute de mieux !). Le terrain est constamment détrempé par des pluies torrentielles et chaque fois qu’un appareil touche le sol à l’atterrissage, il est arrosé de jets de boue qui giclent à travers les perforations des plaques métalliques et endommagent les ailerons, les gouvernes de profondeur et le train. L’examen des épaves d’avions de la RAAF aux alentours montre aux Japonais que les Australiens ont eu les mêmes ennuis, mais cela ne les console guère.
Les routes sont aussi médiocres que le terrain d’aviation – le passage du moindre camion les transforme en fondrières. Les sapeurs japonais ont laissé à Rabaul leurs tracteurs et rouleaux compresseurs soviétiques et utilisent le matériel allié capturé, mais celui-ci leur permet tout juste de préserver quelques routes dans un état à peu près carrossable.

2 october
Mullins Harbour (région de Milne Bay)
Opération Havelock
Le convoi arrive à Mullins Harbour au crépuscule. Ce n’est qu’à ce moment qu’il est repéré par les reconnaissances aériennes japonaises. En six à huit heures, les trois transports d’infanterie australiens, qui ont acquis de l’entraînement dans les Salomon, débarquent les troupes de l’état de Victoria et leur ravitaillement tactique et reprennent sans plus attendre la direction de Port Moresby – ces navires sont bien trop précieux pour être exposés une minute de trop. Le gros de l’escorte s’éloigne aussi. En revanche, les trois autres transports, chargés de matériel encombrant, ne vont pas pouvoir être déchargés en moins de trente-six heures avec les installations rudimentaires de Mullins Harbour. Ils restent sous la garde des quatre destroyers américains, comptant sur la DCA moderne des Lardner, O’Brien, Porter et Walke et sur l’armement AA installé sur les cargos. En revanche, il n’y a pratiquement pas de DCA à Mullins Harbour. La RAAF de Port Moresby a promis que les Sqn 75 et 78 feront de leur mieux pour assurer une couverture de chasse le lendemain, malgré le temps exécrable ; de plus, huit Whitley et quatre Manchester attaquent dans la nuit le terrain de Milne Bay, provoquant d’importants dommages et détruisant trois Ki-48 au sol.
Les Australiens ne perdent pas un instant pour décharger les seize véhicules chenillés amphibies, qui portent tout leur équipement. Ils sont très vite dissimulés dans l’abondante végétation à l’est du port, à un kilomètre de la route, pendant qu’une équipe se charge d’effacer les traces de chenilles sur leur plage de débarquement.
Durant la nuit, avec l’aide des caboteurs hollandais, le débarquement du reste du matériel commence, dans une hâte frénétique. Ce matériel est directement transféré sur les caboteurs (1 700 tonnes en tout sont ainsi déchargées) qui s’empressent d’aller se mettre à l’abri dans la mangrove. Leurs remorques et toutes les embarcations disponibles (dont les bateaux Higgins laissés par les transports d’infanterie australiens) sont utilisées pour décharger les trois cargos, amarrés aussi près du rivage que possible. Parmi les matériels débarqués en priorité figurent huit chars Valentine. Ils sont déposés dans l’eau à côté des cargos et coulent bien sûr aussitôt par dix mètres de fond. Il est prévu de les traîner sur la plage avec des Brens Carriers, mais quatre s’embourbent sur le fond boueux, les câbles cassent et ils sont perdus. Un cinquième est récupéré, mais il est rempli d’eau et s’enlise sans remède.
Le reste du débarquement se passe mieux. A l’aube, sur les 16 000 tonnes de matériel contenues dans les trois navires, 6 500 ont été mises à terre, dont un radar australien LW/AW.


3 october
Mullins Harbour (région de Milne Bay)
Opération Havelock
La matinée est pluvieuse et des nuages bas protègent les transports, pendant que les manœuvres de débarquement se poursuivent. Mais en début d’après-midi, le temps commence à se dégager et les équipe de la DCA se mettent à scruter le ciel.
14h30 – Le premier raid japonais se compose de huit Ki-48 (Lily) escorté par quatre Ki-43 (Oscar). Les bimoteurs souffrent beaucoup de la DCA, l’un est abattu et tous les autres endommagés. Leurs bombes ne parviennent qu’à frôler le Moshill et l’Edea, mais détruisent deux petits bateaux.
15h10 – Cinq Ki-51 (Sonia), couverts par deux Ki-43, s’attaquent au gros Coptic, qu’ils touchent deux fois. La première bombe provoque un incendie dans la superstructure, sur le pont des embarcations. La seconde pénètre en diagonale au bord du pont, ressort et explose deux mètres au-dessus de l’eau, arrosant d’éclat le flanc du vaisseau et tuant ou blessant gravement 35 soldats en train de décharger la cale n°1. Des éclats provoquent un incendie préoccupant dans l’atelier de peinture, sur le pont principal. Si l’incendie du pont des embarcations est contrôlé, les dommages infligés au système anti-incendie empêchent d’éteindre aisément le feu du pont principal, alimenté par les réserves de peintures et d’huiles, dont la combustion produit une abondante fumée noire. Cette fumée va sans doute sauver le Coptic : en effet, de l’extérieur, il semble avoir été touché à mort.
L’un des Ki-51 est abattu par le Coptic lui-même et deux autres par le tir très précis de deux destroyers qui l’encadrent, impressionnant fortement un observateur japonais qui dirige l’attaque à bord d’un Ki-48.
15h25 – Six Ki-48 attaquent, sans autre résultat que de subir quelques dégâts de la part de la DCA.
15h42 – Quatre Ki-32 (Mary) escortés par huit Ki-61 Hien (Tony) effectuent une attaque à basse altitude – sans doute la dernière opération offensive de ce petit bombardier sur le théâtre Pacifique, alors que c’est l’une des premières sorties de leurs chasseurs d’escorte. Une bombe touche le Norvégien Moshill, mais ne cause que de légers dommages. En revanche, deux des Ki-32 sont abattus et les deux autres gravement endommagés par la DCA du Porter. Rendu furieux, le leader des chasseurs ordonne à ses pilotes d’attaquer le destroyer. Violemment mitraillé, le Porter abat l’un de ses assaillants, mais perd 19 tués et 30 blessés et ses capacités anti-aériennes sont très diminuées.
16h20-16h50 – Cette fois, ce sont des appareils venus de Rabaul qui attaquent, en quatre vagues : trois de la Marine (quatorze G4M [Betty] et huit Zéro, quinze G4M et huit Zéro, 18 D3A (Val) et neuf Zéro) puis une de l’Armée (21 Ki-21 [Sally] et neuf Ki-61). Les résultats des deux premières vagues sont médiocres : la première bombarde le rivage, où elle cause de sérieux dommage au matériel déjà débarqué qui n’a pas encore été mis à l’abri, la deuxième s’attaque aux navires, mais les équipages, novices, ne touchent aucune de leurs cibles. L’un des Betty est abattu.
Les bombardiers en piqué se montrent plus efficaces. Ils chosissent d’attaquer le Porter et l’O’Brien, très vulnérables car ils sont presque à l’arrêt pour pouvoir couvrir de leur feu les transports. Le Porter est assommé par trois bombes de 250 kg et cinq plus légères, qui le laissent en flammes et immobile. L’O’Brien reçoit une grosse bombe et quatre petites, qui démolissent ses chaudières et provoquent un violent incendie mais sa DCA, déchaînée, abat trois des Val. Le destroyer stoppe au milieu de la baie et jette l’ancre pour ne pas aller s’échouer.
Les Ki-21, soulagés de la moitié de la DCA des destroyers, s’en prennent au Français Edea, seul transport bien visible, car la fumée du Coptic masque aussi le Moshill. Immobile, le cargo est touché par huit à dix bombes, dont au moins deux, pénétrant dans les cales béantes, vont directement crever la coque. Le navire s’enfonce rapidement, mais il avait à peine un mètre quatre-vingt d’eau sous lui et il se pose sur le fond. La superstructure est incendiée et le nuage de fumée qui voile la baie grossit.
17h00-18h20 – Sept petits groupes d’avions japonais effectuent des attaques inefficaces, en partie en raison de la fumée, en partie (selon la RAAF) en raison des patrouilles de Hurricane venues de Port Moresby malgré le très mauvais temps qui règne entre leur base et Mullins Harbour. Les marins et soldats de Mullins Harbour, eux, sont unanimes : ils n’ont pas vu une seule cocarde alliée de la journée.
17h40 – Le Porter est achevé par une forte explosion interne (peut-être de ses munitions). Il se couche sur tribord, son flanc bâbord affleurant l’eau. Tous les membres de l’équipage encore vivants à ce moment sont sauvés.
18h30 – Peu avant le coucher du soleil, huit Ki-43 armés d’une bombe de 250 kg chacun attaquent l’O’Brien, dont l’incendie fait le seul objectif encore visible dans la baie. Deux chasseurs-bombardiers sont abattus, mais l’un, en flammes, s’écrase volontairement sur la passerelle du destroyer et les autres mettent deux coups au but. Le navire finit par se casser en deux et sombre à son tour. A ce moment, les Japonais sont persuadés d’avoir coulé les trois transports et revendiquent aussi trois destroyers.
Cependant, le déchargement des transports se poursuit activement, malgré leur piteux état. A 22h00, bien qu’il reste 500 tonnes de fret sur le Moshill et un peu plus de 1 500 sur le Coptic, tous deux quittent la baie et, accompagnés du Walke et du Lardner, repartent pour Port Moresby en clopinant. Toute la nuit, les petites embarcations s’activeront pour répartir le ravitaillement et pour décharger l’Edea, avant d’aller se réfugier pour la journée sous d’épais camouflages.


4 october
Région de Milne Bay
Au matin, un Ki-46 (Dinah) vient reconnaître Mullins Harbour. A la grande surprise des Japonais, il n’y trouve plus qu’une épave de cargo et non trois. Toute la journée, des avions de l’Armée vont bombarder le port improvisé pour détruire les approvisionnements débarqués, mais avec l’expérience de Guadalcanal, ceux-ci ont été soigneusement dispersés et dissimulés.
Vers midi, le général Savige arrive au QG du Brigadier Fields, sur les hauteurs, fort mécontent que son subordonné ne soit pas venu à sa rencontre. Mais sa colère s’évapore en découvrant que Fields a durant toute la nuit dirigé la défense contre une offensive japonaise.
L’Armée Impériale a lancé trois bataillons d’infanterie dans la bataille, soutenus par un bataillon blindé (12 chars et 6 canons d’assaut). La position australienne a tenu. Seules les lignes les plus avancées sont tombées aux mains de l’ennemi. Les combats autour du “Bloody Saddle” (le Col Sanglant), comme il sera bientôt surnommé, ont été si intenses que les 25-pdr n’ont plus que 20 coups par tube. Mais la 7e Brigade de Fields a tenu bon. Le Brigadier explique à son supérieur que des combats au corps à corps se sont poursuivis la plus grande partie de la nuit et que la 15e Brigade – ou du moins le peu d’hommes en état de combattre dont elle dispose – ne va pas tarder à lancer une contre-attaque pour récupérer les quelques positions australiennes encore tenues par les Japonais.
Lorsque Savige se rend sur les positions de départ de la 15e Brigade, il est épouvanté par l’état des hommes. « Ils avaient plutôt l’air de squelettes vêtus d’uniformes déchirés et crasseux racontera-t-il. Les bataillons ne comptaient plus que 150 hommes. J’ai été très surpris par leur excellent moral et même par leur optimisme. Fields m’expliqua que seule l’intervention d’une vingtaine de blindés avait permis aux Japonais de s’enfoncer autant dans nos défenses. Nos prores et rares blindés étaient réduits au rôle de bunkers semi-enterrés par le manque de carburant et de pièces détachées, mais ils avaient pu détruire la moitié des engins japonais. Il s’agissait pour la plupart de chars légers Ha-Go, mais il y avait aussi des canons d’assaut dont la présence avait été pour nos hommes une très mauvaise surprise. Ces canons d’assaut avaient détruit beaucoup de nos bunkers et plusieurs de nos derniers blindés. (…)
La contre-attaque atteignit ses objectifs, ce qui ne veut pas dire que la victoire ait été facile. Malgré mon expérience de la Première Guerre, je fus stupéfait par la pure férocité animale des combats. Les Japonais ne reculaient tout simplement pas du tout, défendant chaque touffe d’herbe et chaque motte de boue avec la rage d’une tigresse protégeant ses petits. Les jeunes soldats de l’AMF m’impressionnèrent plus encore. Comme j’en questionnais un que j’avais vu abattre au pistolet deux Japonais qui se jetaient sur lui baïonette au canon, il me répondit que tout cela était normal et que les Allemands avaient sûrement dû se battre bien plus durement pendant l’Autre Guerre. Je compris que nos hommes, ignorant tout de la guerre “normale”, acceptaient l’extraordinaire férocité de cette lutte comme une routine banale. Mais c’est depuis ces combats que le col où la 7e Brigade s’était retranchée a été rebaptisé Bloody Saddle. »
(Général Sir Thomas Savige, To the Everlasting Glory of the Infantry: Milne Bay, Plataea Press, Sydney 1965)
Ue fois le dernier Japonais vivant chassé des positions provisoirement cédées la nuit précédente, Savige se rend au QG de Fields. Dans la soirée, il rassemble son équipe pour une première séance de planification. Il faudra à l’AMF quelques semaines de préparation avant de pouvoir monter une attaque efficace. Ces semaines seront fort utiles pour découvrir ce que peuvent vraiment faire les nouveaux véhicules amphibies, qui pourraient se révéler un atout maître.

5 octobre
Le radar LW/AW débarqué dans la nuit du 2 au 3 à Mullins Harbour a été assemblé en 48 heures seulement au-dessus de Bloody Saddle. Il donne très vite de nombreuses informations sur les opérations de l’Aviation de l’Armée japonaise dans le secteur.
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MessagePosté le: Sam Jan 24, 2009 01:16    Sujet du message: suite, du 6 au 10 octobre 42 Répondre en citant

7 october
Milne Bay
La RAAF de Port Moresby lutte chaque jour pour sa vie et n’a pas de ressources à gaspiller pour qui que ce soit. Néanmoins, les forces aériennes alliées vont faire un gros effort pour porter un coup sérieux à l’aviation japonaise à Milne Bay (et pour faire oublier leur piètre prestation lors de l’opération Havelock). Le Sqn 100 engage dans l’affaire huit Bristol Beaufort et la 52e Escadre d’Appui au Sol (GCA I/52 et II/52) inaugure sa participation à la Guerre du Pacifique en envoyant 18 Vultee Vengeance I. En raclant les fonds de tiroir, la RAAF peut aussi lancer de Port Moresby dix-neuf bombardiers légers et avions d’appui au sol : 12 CAC Wirraway, 4 CAC Boomerang et 3 Fairey Battle. Pour assurer leur couverture, les Sqn 76 et 77 fournissent en tout 21 Hurricane. Ceux-ci ont été modifiés sur place : leurs encombrants filtre à air ont été enlevés et leur armement a été réduit à six mitrailleuses de .303 ou deux canons de 20 mm pour améliorer leur maniabilité et leur vitesse. De plus, le QG de la RAAF a décidé de lancer des bombardiers lourds d’Australie. La plus grande force de bombardement lourd de l’histoire australienne est concentrée à Charters Towers : 27 Manchester – tous les appareils opérationnels de ce type sur le continent. Pour les protéger, l’état-major a pris des mesures spéciales : des escorteurs exceptionnels ont été envoyés la veille à Port Moresby, d’où ils décollent avant l’aube pour rejoindre les Manchester venus d’Australie.
Ce sont les Manchester qui sont les premiers repérés par le radar de Milne Bay, à 140 km de leur cible environ. Les Japonais font aussitôt décoller leurs meilleurs intercepteurs, c’est à dire leurs huit Ki-44 Shoki (Tojo) et leurs neuf Ki-61 Hien (Tony). Ordre est aussi donné de prendre l’air aux 22 Ki-43 Hayabusa (Oscar) opérationnels, mais une dizaine seulement ont décollé quand le radar signale le raid de Port Moresby, qui arrive à basse altitude et vient de survoler les positions de l’AMF à Bloody Saddle. Les Ki-43 n’ont que 9 minutes de préavis. Pendant que les Beaufort et les Vengance se mettent à grimper, les bombardiers légers arrivent les premiers, en rase-mottes, visant les hangars, entrepôts et zones de dispersion des avions de Milne Bay. Plusieurs bombardiers japonais sont détruits au sol et les bâtiments sont sévèrement touchés. Apercevant les derniers Ki-43 qui décollent, les Boomerang se débarrassent de leurs bombes et mitraillent les chasseurs japonais, réussissant à en détruire trois avant qu’ils ne soient en l’air, tout en hurlant des avertissements à l’intention des Wirraway et des Battle. Trois des quatre petits chasseurs (si peu faits pour la chasse et si bien adaptés à l’attaque au sol) sont abattus en s’interposant entre les Oscar et les bombardiers légers ; le dernier, très endommagé après avoir affronté deux Ki-43, est sauvé par l’arrivée des onze Hurricane du Sqn 77 – le pilote réussit à revenir jusqu’aux lignes alliées et se parachute sur Bloody Saddle, où il est récupéré par les hommes de l’AMF. Seul un Battle et un Wirraway sont perdus.
Pendant ce temps, les dix Hurricane du Sqn 76 couvrent contre les Ki-43 les Beaufort et les Vengeance, qui entament leur attaque malgré une DCA légères très active. Les Beaufort du Sqn 100 plongent sur les cocoteraies où l’on a localisé les dépôts japonais et leur bombardement est récompensé par plusieurs explosions secondaires ; l’un d’eux est dévié par une salve de DCA et percute le sol dans une énorme gerbe de flammes. Les Français piquent sur la zone des appontements, pilonnant les dépôts, détruisant véhicules et embarcations avec une grande efficacité ; cependant, leurs pertes sont lourdes : la DCA réussit à abattre trois des peu maniables bombardiers lors de leur ressource (il n’y a pas de survivants). Cependant, l’affrontement des chasseurs se traduit par la perte de quatre Ki-43 et de six Hurricane (trois pilotes réussissent à sauter ; deux échapperont aux Japonais grâce aux indigènes et un sera massacré par les soldats nippons).
Sans se laisser distraire par cette agitation, les Hien et les Shoki grimpent vers les bombardiers lourds, quand ils ont une double et désagréable surprise : six des neuf chasseurs lourds CAC Reaper de pré-production accompagnent les Manchester, ainsi que treize Spitfire IX du Sqn 452. Ce squadron est à l’époque la seule unité équipée de Spitfire opérationnelle à l’est de Suez et sa présence en Australie est restée jusqu’à ce moment un secret bien gardé. Pendant que les chasseurs tournoient à 24 000 pieds, les 27 Manchester les dépassent, volant à deux mille pieds plus haut, et s’alignent tranquillement sur leur objectif – le complexe de terrains de Turnbull – qui est dévasté. Deux Hien, deux Shoki, un Reaper et deux Spitfire sont abattus.


9 october
Région de Milne Bay
L’approvisionnement de la 3e Division AMF par Mullins Harbour se poursuit de plus belle. La plus grande part est le fait de petits bateaux qui transportent dix à cinquante tonnes de ravitaillement – un système peu efficient, mais qui marche. Dans les collines, les 7e et 15e Brigades sont peu à peu mises au repos pendant que les 4e et 10e Brigades les remplacent sur le front, où continue de régner une incessante activité de patrouilles. Les hommes des 4e et 10e Brigades ne sont pas encore bien acclimatés, mais, comme le général Savige le leur explique dans l’un de ses ordres du jour, ils ont « le choix entre s’acclimater ou mourir, et s’acclimater semble être préférable ».
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MessagePosté le: Dim Jan 25, 2009 00:49    Sujet du message: Milen Bay, suite, 11 au 20 octobre 42 Répondre en citant

11 october
Région de Milne Bay
Une vedette rapide hollandaise ravitaille des coastwatchers sur l’île Goodenough. C’est la première opération de la flottille hollandaise dans la région.

14 october
Région de Milne Bay
Première victoire des vedettes lance-torpilles hollandaises. Passant par le détroit de Chine (China Strait), deux d’entre elles pistent et torpillent ce qu’elles identifient comme un cargo de 2 000 tonnes. C’est en fait un caboteur de 450 GRT, mais sa destruction marque un tournant de la campagne, car la marine japonaise ne peut plus être sûre de la sécurité de ses unités dans les eaux de Milne Bay.

15 october
Mullins Harbour (région de Milne Bay)
Les essais opérationnels menés près de Mullins Harbour montrent que le transport de personnel amphibie Mk X est un engin remarquable, mais aussi que ses capacités dépassent de beaucoup la mission prévue – c’est, disent les Australiens, « une solution champagne à un problème de bière ». Le Mk X, doté d’une coque avec des chenilles en ceinture et d’une suspension du même type que les chars Churchill, peut traverser l’eau, le sable, la boue ou les marécages avec la même facilité. Les marais semés de sagoutiers ne le gênent pas, car il peut aisément déraciner ces arbres au passage. Il n’est arrêté que par les marais où poussent des arbres tropicaux à bois dur avec racines en arc-boutants, mais rien ni personne au monde ne peut traverser de tels marais, sauf certains Papous – et il s’agit pour eux d’un acte de grand courage, étant donné la dangerosité de la faune qui hante ces zones.
Par ailleurs, l’un des pilotes ayant clamé qu’avec des crampons, l’engin pourrait grimper la face nord de l’Eiger, on décide de faire un essai avec des chenilles équipées de crampons. Il s’avère qu’ainsi équipé, le Mark X peut escalader sans difficulté une pente de 50 degrés couverte de jeunes arbres !
La tourelle de mitrailleuse montée à la proue a un excellent champ de tir et n’est pas envahie de fumée lors du tir. Le principal défaut de l’engin est qu’il est entièrement fermé : il a un toit, ce qui protège les passagers contre une grenade de passage, mais peut gêner son chargement (les écoutilles du toit ne le permettent pas). En revanche, le Mk X conserve les quatre larges portes latérales de son ancêtre de la Première Guerre, ce qui sera très avantageux face à des tirs d’armes légères, car il est presque toujours possible pour l’infanterie embarquée de sortir du véhicule à l’abri du feu ennemi.
Ces caractéristiques exceptionnelles n’allaient pas tarder à donner aux Australiens l’envie de remplacer pour un temps la bière par le champagne…
Les essais terminés, raconte le général Savige, « des sourires carnassiers se mirent à fleurir au QG. Nous avions une arme qui pouvait emmener un bataillon d’infanterie à travers les marais de sagoutiers à une vitesse moyenne fiable de près de 7 mph (11 km/h). En une journée, nous pouvions faire bondir deux bataillons sur le flanc de l’ennemi, lui posant un problème tactique insoluble. En pratique, nous pouvions aussi faire irruption directement au centre du dispositif de l’ennemi avant qu’il ne puisse réagir. Les perspectives étaient enivrantes, mais nous ne devions pas faire d’erreur, ce qui exigeait toujours plus d’entraînement et de ravitaillement. »
(Général Sir Thomas Savige, To the Everlasting Glory of the Infantry: Milne Bay, Plataea Press, Sydney 1965)

16 october
Région de Milne Bay
L’état-major allié continue à préparer l’attaque des positions japonaises. Le général Savige se souvient : « Au fur et à mesure que nos plans étaient mis sur pied, il apparut qu’il faudrait utiliser quelques LVT de l’USMC comme transports, pour l’artillerie et les munitions. Cela souleva une difficulté majeure. Nos alliés américains étaient ravis de nous fournir ces véhicules et insistèrent même pour nous doter des plus récents, tout neufs, plus fiables que les anciens modèles et bénéficiant d’un meilleur agencement pour le chargement. Le problème était qu’ils se trouvaient en Nouvelle-Zélande, ce qui retarda très nettement l’attaque. (…)
Néanmoins, ce délai nous donna le temps d’acheminer le 126e Régiment de la 32e Division d’Infanterie de l’US Army pour renforcer nos quatre brigades. Le général Eichelberger, commandant du corps, disposait ainsi pour la première fois d’une grande unité américaine en Nouvelle-Guinée. En gentleman – et en connaisseur de l’opinion publique américaine – il pouvait ainsi présenter la campagne aux média comme une entreprise alliée. J’ai conservé un souvenir très vif de son discours lors d’un film d’actualités tourné sur la plage de Mullins Harbour : “Messieurs du Press Corps, ceci est une opération alliée ! Je veux dire – voyez vous-même. Je suis un général américain, debout sur cette plage en compagnie du général Savige, un Australien, et vous voyez derrière nous un cargo français échoué après avoir rempli sa mission, mais dont la DCA est encore parfaitement opérationnelle et protège ce port. Dans la baie, les épaves de deux destroyers américains témoignent du dévouement de nos marins et de leurs combats car, croyez-moi, ils ne sont pas partis seuls. Ce port est ravitaillé et protégé par des bâtiments de la Royal Navy, de l’United States Navy, de la Royal Dutch Navy et de la Royal Australian Navy. Au-dessus de nos têtes, des Français pilotent des bombardiers en piqué fabriqués aux Etats-Unis d’Amérique, escortés par des chasseurs de la Royal Australian Air Force fabriqués au Royaume-Uni et au Canada. Enfin, 12 000 soldats américains et 25 000 Australiens, aidés par 3 000 indigènes Papous, sont en train de chasser les Japonais de la région. Si ce n’est pas une opération alliée, qu’est-ce que c’est ?”
C’était un coup de maître (même si, à ce moment, seule une minorité des 12 000 hommes de la 32e DIUS étaient déjà sur place). (…)
Les soldats américains eurent de réels problèmes en s’installant dans la région de Milne Bay, tout comme nous en avions eu. Au bout de quelque temps, ils comprirent que leurs fusils n’étaient pas conçus pour les tropiques et qu’ils devaient changer leur façon de les entretenir. Leurs uniformes pourrissaient trop facilement et leur souliers étaient lamentablement vulnérables à l’humidité, ce qui aurait pu provoquer de graves problèmes de mycoses des pieds. Heureusement, le général Eichelberger veillait au grain ; il était très attentif aux leçons que nous avions apprises et obligea ses hommes à appliquer les solutions que nous avions trouvées. Il a ainsi protégé de nombreux soldats américains de la malaria et préservé les capacités combatives de ses troupes. Il a aussi eu quelques difficultés avec certains officiers un peu trop âgés, mais la question a été vite réglée – quelle unité de la Milice australienne ou de la Garde Nationale américaine n’a pas eu ce genre de problèmes ? Ce qui comptait était à quelle vitesse ils étaient identifiés et corrigés. »
(Général Sir Thomas Savige, To the Everlasting Glory of the Infantry: Milne Bay, Plataea Press, Sydney 1965)


17 october
Mullins Harbour (région de Milne Bay)
Deux transports rapides américains (des destroyers convertis), l’ APD-25 Rathburne (ex-DD-113) et l’ APD-7 Talbot (ex-DD-114) déposent à Mullins Harbour le premier bataillon du 126e régiment de la 32e DIUS. Les jours suivants, ils convoieront le reste du régiment. Durant quelque temps, ce régiment sera le seul de sa division à être déployé dans la région de Milne Bay, car le débit de ravitaillement ne permet pas d’alimenter les 12 000 hommes de la division. Les Américains sont médiocrement acclimatés, mais en dehors des indigènes, c’est le cas de tout le monde dans la région. Les hommes du 126e sont épouvantés par l’environnement local. La pluie est continuelle, il est impossible de rester sec, la température est en permanence étouffante, le ravitaillement est réduit et les avions de l’Armée japonaise bombardent le secteur plusieurs fois par jour.

20 october
Région de Milne Bay
Les 7e et 15e Brigades AMF, épuisées et décimées, sont complètement remplacées sur le front par la 4e Brigade AMF et le 126e RIUS. La 10e Brigade a reçu la tâche d’apprendre à opérer avec les transports amphibies Mk X. Elle sera en pointe de l’attaque à travers les lignes et sur les arrières des Japonais, pendant que le 126e devra fixer les Japonais sur leurs positions de défense pendant cette attaque.
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MessagePosté le: Dim Jan 25, 2009 21:22    Sujet du message: Milne Bay suite, 21 au 30 octobre Répondre en citant

21 october
Milne Bay
Peu après minuit, deux MTB hollandaises entrent dans Milne Bay par le sud et déposent des coastwatchers sur la côte du Détroit de Chine, puis continuent plus avant dans la baie. A 02h25, elles se heurtent à une paire de chasseurs de sous-marins de classe Cha en patrouille. Une énergique petite action s’ensuit, les quatre petits navires se mitraillant abondamment. Les Hollandais jugent les “Cha” trop petits pour pouvoir être torpillés, mais, à grand renfort de rafales de mitrailleuses et de canons de 20, ils finissent par tailler en pièces l’un de leurs adversaires et par forcer l’autre à battre en retraite sans prendre eux-mêmes trop de coups.
Pendant ce temps, l’un des Walrus de la RAAF survole la baie, mais il perd le contact avec les vedettes dès le début de l’action navale. Il explore alors le rivage et, sur la rive est de Swinger Bay (aujourd’hui Stringer Bay), il tombe sur l’hydrobase aménagée par les Japonais. Apercevant plusieurs appareils mouillés dans une crique abritée à l’ouest de Rabi, le gros biplan passe à l’attaque. Il y a là trois E7K-2 (Alf) et deux F1M-2 (Pete) de reconnaissance et servitude. Le Walrus largue six bombes de cent livres, qui détruisent deux des E7K-2.


22 october
Milne Bay
Les Japonais continuent à lancer plusieurs attaques par jour contre les positions australiennes, mais le rythme et l’importance de ces attaques ont décru de moitié depuis quinze jours. En effet, ils ont du mal à utiliser leurs avions les plus lourds à partir du terrain de Turnbull et leurs difficultés se sont accrues à cause du bombardement du 7, dont ils n’ont pas encore récupéré. L’Armée japonaise décide finalement de replier ses Ki-21 (Sally) sur l’aérodrome de Rabaul, et de redéployer les sept Ki-61 Hien (Tony) qui lui restent à Lae.
Cependant, la Marine Impériale lance chaque jour de Rabaul contre Mullins Harbour un raid de 15 à 20 G4M (Betty) escortés de Zéro, démonstration de force qui ne laisse pas de vexer quelque peu les aviateurs de l’Armée.
L’état-major japonais choisit alors de renforcer la vingtaine de Ki-43 Hayabusa (Oscar) et les six Ki-44 Shoki (Tojo) qui lui restent à Milne Bay avec une poignée de Ki-45 Toryu (Nick). Ces bimoteurs de chasse lourde et d’assaut, qui viennent d’entrer en service, vont se faire rapidement une redoutable réputation.


23 october
Sydney
Les vieux croiseurs légers HMS Danae et Dragon (contre-amiral Colvin) font escale en Australie pour un peu de repos, entraînement et rééquipement avant de partir pour Port Moresby. Les équipages britanniques s’inquiètent quelque peu devant l’attitude des ouvriers du chantier naval de la Royal Australian Navy, à Garden Island, qui semblent avoir une obsession : installer des mitrailleuses de .303 et de .50 ainsi que des canons Œrlikon de 20 mm dans tous les coins possibles. Leurs officiers sont encore plus troublés par les informations qu’ils reçoivent. L’un d’entre eux interroge l’amiral Colvin sur le ton de la plaisanterie : « Il semble que nos deux navires soient sur le point d’entamer le chapitre le plus passionnant de leur longue vie – mais aussi celui que l’on nous prédit être le plus court. » A sa grande inquiétude, Colvin hoche la tête…


24 october
Port Moresby
Les Alliés créent une nouvelle task-force dont la mission est de “ravitailler Mullins Harbour en passant les récifs côtiers”. Ces navires sont imédiatement baptisés les Reef Runners (les Coureurs de Récifs), nom qui leur restera. Le navire amiral est le croiseur léger HMNZS Leander. La force comprend aussi les deux vieux croiseurs légers anglais HMS Danae et Dragon, les deux destroyers américains USS Lardner et Walke et les transports rapides USS Rathburne et Talbot, le destroyer australien HMAS Vendetta, endommagé quelque temps plus tôt lors de la bataille du Détroit de Chine et réparé à la hâte (la RAN prévoit d’envoyer dès que possible deux destroyers de classe N), le vieux destroyer HMS Thracian (qui, après les dommages subis lors de la bataille du Détroit de Chine, ne peut plus donner que 23 nœuds) et un joyeux mélange de petits bateaux de tous types.


25 october
Région de Milne Bay
Quatre Ki-45 Toryu (Nick) attaquent un petit convoi repéré par un Ki-46 (Dinah) de reconnaissance dans une crique, 10 nautiques à l’est d’Amazon Bay. Ce convoi est composé du caboteur côtier Fly (190 GRT ), du Puncuk Putih (un caboteur de l’archipel indonésien de 280 GRT), d’un prao à moteur de 50 tonnes et du dragueur de mines HMNZS South Sea. Celui-ci est un chalutier tout juste réquisitionné de 322 GRT, armé d’un vieux 4-pouces et de mitrailleuses. Il fait de son mieux pour gêner les avions japonais, mais c’est loin d’être suffisant. Les trois bateaux qu’il escorte ont un chargement varié, dont des barils de pétrole rangés sur le pont. Arrosés de balles et d’obus, ils sont vite en flammes et tous trois sont perdus.


26 october
Région de Milne Bay
Jusqu’au début de novembre, les pluies sont encore plus denses que d’habitude sur la pointe est de la Nouvelle-Guinée. Les deux camps s’installent alors dans une sorte de routine. Les Japonais (quand le temps le permet) effectuent trois fois plus de sorties de bombardement que les Alliés, mais les deux camps peuvent ravitailler leurs forces respectives. Les Alliés sont encore en retard, mais leur force d’infanterie grossit régulièrement , ainsi que son ravitaillement.
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