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TORCHE (feuilleton)
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ladc51



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MessagePosté le: Ven Avr 13, 2007 09:35    Sujet du message: Répondre en citant

Il est logique de commencer avec Torch à aborder la question du choix des militaires italiens sur la poursuite ou non de la guerre...

Sur ce point, pour ce qui concerne la Xa, j'aimerais vous soumettre qques propositions.

Il me semble essentiel de coller un minimum à la réalité OTL, où (en caricaturant un peu pour faire court) on va retrouver d'un côté un GeneralMAS cousin du Roi et fidèle au choix du souverain lorsque celui-ci aura fait son choix, et d'un autre un Borghese qui, privilégiant "l'honneur" refusera de retourner sa veste et de trahir ses compagnons d'armes allemands et poursuivra le combat, même désespéré, s'il y a une "RSI-like"...

Au stade de la chrono où l'on en est, que tout le monde cogite, c'est évident... mais je ne vois pas la Xa rester inactive !
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MessagePosté le: Ven Avr 13, 2007 13:30    Sujet du message: Répondre en citant

ladc51 a écrit:
Il me semble essentiel de coller un minimum à la réalité OTL, où (en caricaturant un peu pour faire court) on va retrouver d'un côté un GeneralMAS cousin du Roi et fidèle au choix du souverain lorsque celui-ci aura fait son choix, et d'un autre un Borghese qui, privilégiant "l'honneur" refusera de retourner sa veste et de trahir ses compagnons d'armes allemands et poursuivra le combat, même désespéré, s'il y a une "RSI-like"...


Ta participation sera la bienvenue pour décrire les états d'âme des uns et des autres.

ladc51 a écrit:
Au stade de la chrono où l'on en est, que tout le monde cogite, c'est évident... mais je ne vois pas la Xa rester inactive !


Un raid sur Licata semble en effet dans l'ordre des choses. Tu as 8 jours (vacances de Fantasque) pour en préparer un (et j'ai 8 jours pour venir à bout de la montagne de traductions qui m'attendent - il n'y a pas que les textes de F.). Il serait même possible de voir intervenir, au moment de la préparation du raid, les états d'âme susdits.
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ladc51



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MessagePosté le: Ven Avr 13, 2007 13:32    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:


Un raid sur Licata semble en effet dans l'ordre des choses. Tu as 8 jours (vacances de Fantasque) pour en préparer un (et j'ai 8 jours pour venir à bout de la montagne de traductions qui m'attendent - il n'y a pas que les textes de F.). Il serait même possible de voir intervenir, au moment de la préparation du raid, les états d'âme susdits.


OK, je relève le défi Very Happy
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Avr 13, 2007 22:12    Sujet du message: Répondre en citant

En attendant, grâce à Folc, j'ai refondu le texte du 21 septembre.
Retournez y jeter un coup d'oeil (le vrai changement est coloré).
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Casus Frankie

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Casus Frankie
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MessagePosté le: Sam Avr 14, 2007 00:14    Sujet du message: Répondre en citant

22 septembre
Opération Torche/Torch
Jour J+3
La coupe jusqu’à la lie
Dès l’aube, la Regia Aeronautica fait une dernière tentative pour peser sur les combats. Dix-huit SM-79 torpilleurs quittent Decimomannu (en Sardaigne), accompagnés de six Re-2000 et six Re-2001 (du 22° Gruppo, basé à Ajaccio et redéployé à Decimomannu). Les avions ont pour objectif le trafic maritime entre les ports tunisiens d’une part, Licata et Gela d’autre part. Ils espèrent ainsi passer inaperçus. Mais ils sont détectés par le radar du CL MN La Galissonnière, qui lance un avertissement à tous les navires alliés dans le secteur. Le groupe d’appui du Vice-Amiral Michellier, rentrant à Bizerte après avoir soutenu continuellement pendant trois jours les troupes française entre Licata et Porto Empedocle, est alerté et fait décoller dix des douze F4F-3 de la Flottille AC-14 du CVE Lafayette. Ces derniers doivent recevoir le renfort de douze P-40K de l’USAAF (324ème FG) lancés de Pantelleria. Les F4F-3 français sont les premiers en action ; ils coiffent la formation de SM-79 et abattent trois appareils avant d’être engagés par l’escorte ; trois F4F, trois Re-2000 et un Re-2001 sont abattus. Les avions torpilleurs italiens se reforment, mais quatre, endommagés, doivent aller se poser à Trapani. Les onze survivants attaquent l’escadre de Michellier (ratant d’une vingtaine de nautiques un convoi relativement peu escorté) et doivent affronter une grêle de DCA. Trois SM-79 sont abattus avant de lancer leurs torpilles, mais les huit autres lancent de très près – « de trop près pour mon goût » dira le commandant du CA MN Dupleix. De fait, le cuirassé MN Lorraine est touché sous la tourelle B. L’explosion est relativement modérée, mais le vaisseau embarque presque mille tonnes d’eau et doit être renvoyé à Mers-el-Kébir pour des réparations qui dureront jusqu’au 20 octobre. Les derniers SM-79 se retirent quand ils sont surpris par les P-40K du 324ème FG. Les chasseurs américains sont sans pitié et abattent les huit appareils, perdant eux-mêmes un avion détruit par les tirs de canonniers navals à la détente chatouilleuse. Il semble que les pilotes de l’ USAAF, peu habitués à appuyer des navires de guerre, n’aient pas observé les lancers de torpilles et se soient lancés à l’assaut sans tenir compte de la DCA, parce qu’ils craignaient que les bombardiers soient encore en train de préparer leur attaque.
Les Italiens posés à Trapani n’auront guère plus de chance : ils seront victimes d’un raid de la RAF. A midi, 36 Beaumont I des 235ème et 237ème Wings, escortés par les P-40 du 233ème Wing (SAAF) s’en prennent à Trapani. Un Beaumont est abattu par la DCA, mais les quatre derniers SM-79 et sept sur huit de leurs chasseurs d’escorte sont démolis, ainsi que le dernier MC-200 du 25° Gruppo.
En fin de journée, en mer Ionienne, un PBY-5 de la Flottille E23 détecte un grand sous-marin ennemi à relativement faible profondeur et le coule d’une grappe bien placée de grenades ASM. La victime est le sous-marin italien Brin.
La situation au sol, d’ouest en est
Sur la côte, appuyés par les chars de la 4ème BMLE, les hommes du 2ème REP et de la 14ème DBLE entrent en fin de matinée dans Porto Empedocle. La 26ème DI Assietta se replie en direction d’Agrigente, un peu à l’intérieur des terres, mais les premiers éléments français sont dans les faubourgs de la ville au coucher du soleil. Il semble que le chaos règne dans la cité, où la population pille les immeubles du Parti Fasciste et les entrepôts. Flairant l’occasion, le Général de Montsabert rencontre à Gela le Général Delestraint et obtient l’autorisation d’avancer vers Ribera et le Verduro, à moins de 50 km par la côte. A 22h00, le 6ème Spahis se joint aux unités qui foncent sur la route côtière à partir de Porto-Empedocle.
Au sud de Caltanisseta, Français et Belges sont arrêtés par une solide défense italienne. Monsabert réclame un appui aérien, mais les combattants sont si proches les uns des autres que seuls les Dauntless de l’Aéronavale peuvent attaquer efficacement les positions italiennes. L’un des bombardiers de l’AB-12 est abattu par un 20 mm Scotti de la DCA et un autre doit se poser tant bien que mal sur la piste que les sapeurs français construisent près de Ponte Olivo. Les Alliés progressent peu et la bataille se poursuit toute la journée, sous un soleil brûlant.
Plus à l’est, les troupes américaines entrent à l’aube dans Vizzini, qui n’est plus défendue. Le Général Roosevelt envoie immédiatement un groupement improvisé associant des paras de la 82ème Airborne, des rangers et quelques chars du CCB de la 2ème Armoured vers l’ouest, sur la route Vizzini-Caltagirone, pour aider les Français (c’est le cadre du premier épisode du fameux feuilleton télévisé Band of Brothers, qui raconte la campagne européenne de la 82ème Airborne). A 09h45, parachutistes et rangers rencontrent la 84ème DI française près de Grammichele et se joignent à l’attaque de Caltagirone. Le gros des forces italiennes s’est replié, mais le Général Chirieleison a laissé en arrière quelques éléments pour retarder les troupes alliées. A midi, les Français entrent dans Caltagirone et commencent à progresser vers l’ouest, en direction de San Michele di Ganzaria et de Piazza Armerina.
A l’est, les Britanniques sont moins heureux que la veille. Ayant avancé jusque là vers Catane sans grande opposition, le XIIIème Corps du Général Miles Dempsey se heurte à une solide défense italienne, entre Lentini et la côte. La 5ème DI Britannique se fait violemment contre-attaquer par des éléments de la 54ème DI Napoli, renforcée par les Groupes Mobiles D et F (composés chacun d’une compagnie de chars moyens et d’un bataillon d’infanterie sur camions). Sous le feu ennemi, les Britanniques doivent stopper en attendant que la 4ème Armoured Brigade puisse commencer à se déployer. Au crépuscule, les Italiens tiennent toujours solidement et le Général Dempsey réclame à Alexander le parachutage d’une unité au pont de Primosole sur le Simeto, entre Catane et Lentini, pour isoler « cette bande d’Italiens entêtés. »
Les plans alliés… et ceux de Patton
A 18h45, près de Noto, les généraux alliés se retrouvent. Le Maréchal Alexander approuve l’idée de Delestraint : une “reconnaissance en force” sur la côte vers Marsala, mais il veut garder la 7ème Armée de Patton comme flanc-garde pour la 8ème Armée de Montgomery. Les troupes américaines, maintenant renforcées par la 3ème DI débarquée à Scoglitti, doivent tenir les hauteurs de Chiaramonte-Vizzini et relever les Français occupant Caltagirone, pendant que le XXXème Corps d’O’Connors doit contourner Lentini par la droite, entre la ville et la mer, pour encercler la plus grande partie de la 54ème DI Napoli et s’emparer de Catane. Les unités françaises doivent avancer sur Enna et de là vers Palerme, comme prévu.
Dire que George Patton est déçu serait assurément une litote des plus pâles…
En revenant à Comiso en compagnie de Delestraint et de Blanc (qui sont venus avec le commandant de la 1ère Armée), Patton négocie en personne avec les généraux français la participation de la 2ème Armoured Division à l’assaut contre Enna et surtout, le fait que cette grande unité « avance au delà si besoin. » Dans une certaine mesure, cet accord soulage Delestraint et Blanc. Avoir le concours de la puissante “2nd Armoured” permet en effet à Delestraint de transférer la 1ère Brigade Blindée belge Tancremont au 4ème CA (Montsabert) pour muscler sa “reconnaissance en force” vers Marsala. L’association de la “2nd Armoured” et de la 2ème DB française donne en effet au Général Amédée Blanc les moyens de progresser vers Enna et Palerme. Avant minuit, Delestraint confirme aux deux chefs de Corps d’Armée sa décision de muter l’unité blindée belge du 3ème CA au 4ème CA et signale cette décision au Colonel Piron (de l’Armée Belge), en lui ordonnant de débarquer à Licata et non à Gela.
Cependant, l’Armée de l’Air redéploie progressivement des unités sur les terrains de Ponte Olivo et de Biscari (tous deux ont été mis en service la veille au soir) ; l’USAAF en fait autant à Comiso et la RAF est sur le point de pouvoir utiliser les terrains de Pachino – la situation aérienne se présente bien pour le commandement allié. Néanmoins, la nuit précédente, les premiers renforts italiens ont commencé à traverser le détroit de Messine et le Xème FliegerKorps achève dans la journée son redéploiement sur les terrains de Cosenza et de Tarente.
Cela n’empêche pas 48 B-24 de l’USAAF (des 98ème et 374ème BG), escortés par 48 P-38 (1er et 14ème FG), de pilonner Messine dans l’après-midi pour éviter que les Italiens ne transfèrent de nouvelles unités de Reggio de Calabre à Messine. Ce raid n’est qu’un succès partiel, mais le terminal des chemins de fer de Messine est sévèrement endommagé.
Pendant ce temps-là, à Rome…
Il n’y a guère de raison de se réjouir. Les nouvelles envoyées à midi par Guzzoni montent que la défense italienne au centre de l’île est en train de craquer peu à peu. Sur l’exigence de Mussolini, le Général Ambrosio signale à la division parachutiste Folgore de se rendre à Naples pour y embarquer sur des navires de guerre qui la transféreront à Palerme.
Peu après, Ambrosio est reçu par le roi Vittorio-Emmanuele III, sous prétexte de lui décrire la situation militaire. Mais…
« Après avoir tracé un tableau lugubre des événements en Europe et dans le monde, Ambrosio conclut : “Sire, il est évident que l’Allemagne va perdre la guerre. Votre Majesté ne doit pas laisser l’Italie courir à l’abîme avec elle. Mais notre seul atout militaire est l’Armata di Levante, assez puissante, si besoin, pour dissuader les Alliés ou l’Allemagne de nous envahir. Si cette Armée devait être dispersée, comme la Marine n’est plus que l’ombre d’elle-même, le royaume se retrouverait gravement démuni.”
Victor-Emmanuel III écouta en silence le discours d’Ambrosio, avant de le congédier, non sans avoir remercié le chef d’état-major pour sa loyauté : “Ne vous inquiétez pas. Aucun changement de gouvernement légitime ne se fera sans respecter les règles constitutionnelles.” Peu de temps après, Ambrosio fut informé qu’une rencontre allait être organisée près de Trévise, le 27 septembre, entre Mussolini et Hitler accompagnés de leurs états-majors. » (Francesco Folcini, op. cit.)
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Dim Avr 15, 2007 15:21    Sujet du message: Répondre en citant

23 septembre
Opération Torche/Torch
Jour J+4

Nuit de bringue en Mer Ionienne
Peu après minuit, les MTB britanniques de la 7ème Flottille (qui se sont redéployées à Syracuse la veille) aperçoivent au large d’Acireale un convoi italien se dirigeant visiblement vers Catane. C’est en fait une petite escadre composée du CL Attilio Regolo et du DL Nicolo Zeno, chargés de couvrir les vieux DD Audace, Enrico Cosenz et Nicola Fabrizi et les TB Airone et Calipso, qui transportent les troupes de la 102ème DI motorisée Trento.
Le commandant de la Force d’Attaque, l’Amiral Rawlings (RN), a prévu un mouvement de ce genre et a envoyé une escade patrouiller dans le golfe de Noto pour soutenir les forces légères. Il s’agit du CL MN Gloire et des trois contre-torpilleurs Cassard, Kersaint et Tartu. De plus, au même moment, au sud-est de Catane, les DE HMS Middleton et RHN Krite, la 10ème Flottille britannique de MTB et les dragueurs de mines HMS Speedy et Rye escortent les monitors lourds HMS Erebus et Terror (Escadre d’appui-feu lourd), qui bombardent les troupes italiennes défendant Lentini.
00h31 – Alors que les vedettes lance-torpilles Vosper de la 7ème Flottille manœuvrent pour attaquer l’escadre italienne, et que le groupe du Gloire est alerté, le radar de l’Attilio Regolo repère des échos évidemment ennemis vers le sud. Le commandant italien ordonne immédiatement de tirer des obus éclairants et, ayant identifié des MTB, les charge à 35 nœuds avec l’Attilio Regolo, suivi à grand’peine par le Nicolo Zeno, pour empêcher les vedettes de se mettre en position de tir. A courte portée, contre ces petites cible, l’artillerie principale est inefficace et les obus traceurs de 37 mm et 20 mm illuminent la nuit.
00h34 – Les Français, qui ont eux aussi accéléré, arrivent sur les lieux et le Gloire ouvre le feu avec ses 152 mm.
00h36 – Tout en échangeant des amabilités avec les Français sous forme d’obus, L’Attilio Regolo vient au 125 et lance ses torpilles, imité peu après par le Zeno. Mais seul l’affût avant du Regolo fonctionne et ses torpilles sont largement dispersées ; du côté du Zeno, si les tubes lance-torpilles fonctionnent normalement, ces torpilles sont trop peu nombreuses et tirées de trop loin pour être efficaces.
00h38 à 00h45 – Le Regolo vient au 85, espérant attirer les Français loin du convoi. Il fonce à plus de 38 nœuds au milieu des petites vedettes britanniques, dont l’une est mise hors de combat par l’énorme lame d’étrave soulevée par le croiseur et achevée par ses armes légères, qui en font exploser une autre. Les trois contre-torpilleurs acceptent le défi, mais ne peuvent donner “que” 37,5 nœuds. Le Regolo touche par deux fois le Cassard, qui perd sa tourelle Q de 138, mais il reçoit en échange un obus de 138 qui met hors de combat son contrôle de tir arrière.
Pendant le temps, le Gloire, incapable de suivre la course infernale des quatre autres, engage le Zeno, qui ne peut donner plus de 29 nœuds. Dirigé par radar, le tir du croiseur se montre plus précis que celui des contre-torpilleurs et le Zeno est touché à trois reprises en deux minutes, perdant sa tourelle arrière de 120 mm et l’un de ses postes de 37 mm AA. Le Zeno vient lui aussi à l’est, au cap 70, et le radar du Gloire ne détecte pas le convoi italien, gêné par les retours d’échos générés par la côte sicilienne et le massif de l’Etna. En revanche, le croiseur continue à pilonner le Zeno, à présent brillamment illuminé par un violent incendie près de sa cheminée arrière.
Quelques nautiques au sud-ouest de cette action, le groupe des monitors lourds est aux premières loges. Au commandant de l’Erebus qui l’interroge, celui du Middleton, qui commande l’escorte, signale avec une pointe d’envie : « Our French friends are obviously having a jolly riotous night. » (Nos amis français font visiblement une bringue de tous les diables).
00h46 – Le Regolo perd sa tourelle X de 135 mm sur un coup heureux du Kersaint et abat vers le nord en faisant de la fumée pour masquer son mouvement. Les Français pensent avoir sévèrement endommagé le croiseur italien, mais le Regolo donne maintenant 39 nœuds et accroît peu à peu la distance avec ses poursuivants. A 00h48, il file plein nord, mais son mouvement n’est pas détecté avant 00h51. En effet, les trois contre-torpilleurs disposent de radars britanniques qui se montrent assez peu fiables lorsqu’ils sont soumis aux violentes vibrations des navires au delà de 35 nœuds. Quand les Français viennent eux aussi au nord, la distance dépasse 9 nautiques.
00h54 – Le Gloire s’est rapproché du Zeno, dont la vitesse est tombée à moins de 20 nœuds depuis qu’une forte explosion a secoué l’arrière du navire, qui ne tire plus qu’avec sa tourelle avant. Les 152 mm du Français sèment la mort et la destruction sur l’Italien, qui brûle bientôt de poupe en proue et ralentit peu à peu jusqu’à stopper.
01h02 – Le Zeno coule rapidement par la poupe « avec le bruit d’un fer rouge plongé dans un baquet d’eau froide » racontera un marin du Gloire. A ce moment, le croiseur rappelle ses contre-torpilleurs, qui pourchassent encore inutilement le Regolo. Il tente aussi de contacter les MTB de la 7ème Flottille britannique, mais a du mal à y parvenir.
01h06 – Le commandant de la 7ème Flottille signale qu’il regroupe ses bateaux. En fait, une partie d’entre eux ont été dispersés aux quatre vents par la charge du Regolo et d’autres ont recueilli les survivants des deux vedettes coulées. Cependant, les MTB-61 et 77 se sont glissées le long de la côte et ont repérés le convoi italien se découpant sur l’horizon de la haute mer, tout en restant elles-mêmes peu visibles sur le fond de terre.
01h08 – A moins de 5 nautiques de Catane, une torpille frappe le vieux DD Nicola Fabrizi, qui coule en quelques instants. Ses compagnons réagissent violemment avec leurs armes anti-aériennes. Zigzaguant pour éviter le feu ennemi, la MTB-61 s’éventre sur un récif. Le capitaine de la MTB-77, émettant le plus possible fumée, file jusqu’au bateau en perdition et récupère son équipage avant de détruire l’épave sous ce qu’il décrira par la suite comme « des tirs de 20 mm tout à fait précis. » Un marin britannique est tué et deux blessés lors de cette hardie opération de secours.
01h20 – Les quatre navires italiens entrent au port de Catane.
01h55 – Averti par la 7ème Flotille que le convoi a atteint Catane, le Gloire, suivi par les trois contre-torpilleurs, se rapproche de la côte et ouvre le feu sur le port avec ses 152 mm, imité par les contre-torpilleurs avec leurs 138. Les navires bombardent Catane pendant 20 minutes, engagés par plusieurs canons de l’artillerie côtière, dont ceux du train blindé TA 120/4/S. Celui-ci réussit à placer un obus de 120 mm sur le croiseur, mais ne fait que l’égratigner.
02h20 – L’escadre française s’éloigne vers l’estuaire du Simeto. Les monitors lourds britanniques, ayant achevé leur mission, repartent vers Augusta et Syracuse.

“Death of a lone Ranger”
02h30 – L’Amiral Rawlings (de retour à Malte avec le Richelieu et les croiseurs lourds, car il est devenu évident que la Regia Marina ne va pas attaquer en force) et son adjoint le Contre-Amiral Hewitt, avec la force de porte-avions, sont informés de l’action au large de Catane.
04h00 – Craignant que ce convoi, dont la taille est incertaine, soit en train de débarquer un grand nombre de troupes et de matériel (en fait, seul l’équivalent d’un bataillon renforcé est parvenu à Catane), Rawlings demande à Hewitt de lancer « si possible » un raid contre le port. L’amiral américain, espérant démontrer la précision et l’efficacité des Dauntless du Ranger, accepte et la force de porte-avions, qui croise à 50 nautiques au sud-est du cap Passero, commence à se rapprocher de la côte sicilienne.
05h30 – Plusieurs menaçants avions pisteurs sont détectés par le radar du HMS Sirius, puis par celui du Ranger.
05h55 – Des pilotes de la “patrouille de l’aube” de la VF-9 abattent un Ju-88 trop curieux, mais deux autres bimoteurs allemands, volant à haute altitude, s’échappent. Hewitt annule le raid et demande une couverture de chasse basée à terre et met le cap au 140.
06h35 – Les Mustang II de la 7ème EC, venus de Gozo, apparaissent au dessus de la flotte qui se retire vers le sud-est, bientôt suivis par 8 Banshee de la RAF. Dix nautiques au nord des porte-avions, sur “l’axe principal de la menace”, se trouve le CLAA HMS Sirius, escorté par les DD USN Wainwright et Mayrant. Les porte-avions sont en ligne de file, l’USN Ranger devant l’HMS Furious, avec les DD USN Trippe, Rhind et Wilkes sur bâbord et les DD USN Swanson, Ludlow et Ericson sur tribord, le CLAA français La Marseillaise naviguant à l’intérieur de l’écran, sur bâbord avant du Ranger.
06h40 – Le Ranger a récupéré les Wildcat de la VF-9 et lancé douze F4F-4 de la VF-41, tandis que quatre Fulmar du Furious patrouillent à basse altitude contre une possible attaque d’avions torpilleurs.
06h45 – L’approche d’un raid massif est détectée par le radar du Sirius.
Le Général Geisler a envoyé en tête ses bombardiers en piqué : 27 Ju-87 B2 et D1 (des I/StG 1 et II/ StG 2) et 33 Ju-88 (des I/LG 1 et II/LG 2), escortés par 40 Bf-109F (des I et II/JG77). Pour profiter au mieux de la confusion créée par cette première vague, 12 Bf-109F Jabos (du III/JG 77), armés de bombes de 250 kg, suivent à très basse altitude. Enfin, la seconde vague de bombardiers est composée de 24 He-111 H-6 torpilleurs, accompagnés par neuf survivants des attaques italiennes de la veille (cinq SM-79B et quatre Re-2002) et escortés par 16 Bf-109F (des II et III/JG 77). En tout 161 attaquants.
Pendant que le Sirius oriente les 16 Mustang II vers le raid, le Ranger lance huit autres F4F-4 de la VF-41 et 12 de la VF-9, et le Furious lance 10 Martlet II du Sqn 809. A ce moment, 70 chasseurs alliés sont en l’air. A Gozo et Malte, 16 autres Mustang II et 8 Banshee II décollent.
07h01 – Les Mustang piquent dans la formation de Ju-87, mais sont accrochés par les Bf-109 d’escorte, don les pilotes sont expérimentés et très bien entraînés. Cinq Mustang, six Bf-109F et quatre Stukas sont abattus lors de ce premier affrontement. Mais si les pertes des attaquants sont réduites, le combat a coûté beaucoup de carburant aux peu endurants Bf-109.
Les F4F-4 en profitent. Un sauvage combat tournoyant éclate au-dessus du Sirius, alors que les Wildcat tentent de rompre la formation allemande. Les pertes sont lourdes – neuf Ju-87, sept Ju-88 et sept Bf-109 en échange de onze 11 F4F-4. C’est au tour des Britanniques – les Martlet, les Fulmar et les Banshee détruisent sept des lents Ju-87 et trois Ju-88, ne perdant qu’un Martlet, car les Bf-109 ne sont plus là.
Quinze Ju-88 ont percé et la DCA ouvre le feu. La densité des tirs est spectaculaire ; le commandant du Furious décrira La Marseillaise comme « tirant si fort et si vite que le croiseur lui-même semblait en feu » (en fait, l’équipage du croiseur doit utiliser les lances d’incendie pour refroidir les tubes des canons de 5 pouces). Deux Ju-88 sont abattus, mais les autres montrent leur précision. Le premier touché est le DD USN Ericson, stoppé net par une bombe de 500 kg entre les cheminées. Le Ranger est ensuite sévèrement secoué par trois bombes qui le ratent de peu, juste avant de prendre une SC-500 devant l’ascenseur arrière. Cette bombe provoque un énorme incendie et le gouvernail principal est mis hors service. Mais les dommages les plus sérieux sont liés à l’effet de mine des trois near-miss sur la coque relativement faible du vieux porte-avions. Une partie de la machinerie est hors service et le bâtiment subit un violent choc électrique qui handicape les équipes de contrôle des dommages qui luttent contre l’incendie.
07h32 – Le Ranger brûle violemment et sa vitesse est tombée à 10 nœuds. Il est visible que le navire ne va pas pouvoir récupérer ses avions ; les uns sont dirigés vers le Furious et les autres vers le terrain de Pachino.
A ce moment, le Sirius a détecté la vague des avions torpilleurs et oriente vers elle les Mustang et les Banshee qui viennent d’arriver, quand il est assailli par les Jabos du III/JG 77. Les douze chasseurs-bombardiers se mettent à grimper à cinq nautiques de leur cible, avant de l’attaquer en piqué. Le Wainwright en abat un et le Sirius un autre, mais une bombe de 250 kg touche le croiseur sur le gaillard d’arrière, près de la tourelle Y. Elle ouvre un trou de près de 7 mètres dans le pont et un plus petit dans le pont inférieur, allumant un incendie près des réserves de munitions de 20 mm. La tourelle Y elle-même et les canons de la tourelle X sont endommagés par des éclats. Deux ou trois autres bombes tombent non loin du navire, sur bâbord, arrosant d’éclats le flanc du vaisseau et sa superstructure et mettant hors service le radar et des équipements électriques. Le croiseur s’en sort, mais il va devoir repartir pour l’Angleterre, où il sera en réparations jusqu’à la fin de janvier. Le Wainwright a reçu une bombe de 250 kg devant la passerelle, sous la tourelle B – par bonheur, la bombe n’explose pas, mais la tourelle est mise hors service.
La Marseillaise reprend le travail de direction de la chasse du Sirius au moment où les chasseurs alliés interceptent les avions torpilleurs et leur escorte. Celle-ci est moins nombreuse que celle des bombardiers en piqué et les Mustang accaparent toute l’attention des Bf-109F, ce qui permet aux Banshee de faire un massacre chez les Heinkel 111 alourdis par leurs torpilles : onze sont abattus et huit autres doivent se débarrasser de leur torpille pour s’en tirer, tandis qu’un Banshee est abattu par un coup heureux du mitrailleur d’un Heinkel (deux autres, endommagés, doivent se poser à Pachino). Les Mustang ont abattu huit Bf-109, plus trois SM-79 en prime, au prix de six des leurs.
Les cinq He-111 et les deux SM-79 survivants tentent de traverser un rideau de feu dressé par la DCA – trois Heinkel et un Sparviero sont abattus et les torpilles sont lancées de trop loin pour être dangereuses. Mais l’attaque a distrait la DCA et les quatre Re-2002, attaquant en solitaire, sont aperçus à la dernière minute. Les petits chasseurs-bombardiers en piqué placent deux bombes de 250 kg sur le Ranger, qui n’avance que lentement et ne gouverne plus, avant de s’échapper à basse altitude sans ennui. Une bombe pénètre dans la salle des machines arrière, où elle explose, privant le navire d’énergie. La seconde frappe le pont d’envol au niveau de l’îlot et explose dans le hangar.
07h59 – Le Ranger stoppe. Les incendies sont devenus incontrôlables.
08h05 – Le Captain C.T. Durgin ordonne l’évacuation. Si les 21 Wildcat qui ont survécu au combat ont été récupérés par le Furious ou se sont posés en Sicile, tous les SBD-3 sont perdus (mais leurs équipages sont saufs).
08h52 – Après de multiple explosions, le porte-avions sombre, brûlant encore violemment. « Death of a lone Ranger… » (C’est la mort d’un Ranger solitaire) commente sombrement un officier du bâtiment, voulant dire que, face à de nombreux avions basés à terre, son navire était seul grand porte-avions.
L’Ericson, définitivement immobilisé, est sabordé car nul ne veut prendre le risque de remorquer un navire endommagé sous la menace de raids aériens.

« Avenge the Ranger ! »
La deuxième bataille aéronavale du golfe de Noto est une victoire tactique pour le Xème FK. Mais si un porte-avions et un destroyer ont été coulés et un croiseur endommagé, le coût est effrayant. Le FliegerKorps a perdu 69 avions, plus 40 endommagés, sur 152 engagés (l’unité disposait au matin du 23 septembre de 185 appareils, dont 164 opérationnels).
Côté allié, le résultat est douloureux. Le Ranger était un navire fragile, mais il emportait un grand nombre d’appareils, qui lui avaient permis de dominer la guerre aéronavale en Méditerranée depuis mars 1942. Cependant, sa perte n’est qu’un revers aux conséquences limitées. Le débarquement des troupes et du matériel en Sicile n’est pas affecté.
Mieux : ce revers va être plus que compensé par la décision du Général Bouscat de rediriger vers Cosenza et Reggio de Calabre les raids aériens prévus dans la journée.
Les raids prévus contre Messine (comme la veille) sont envoyés contre Cosenza, avec un mot d’ordre qui motive particulièrement les équipages américains : « Vengez le Ranger ! » Les 48 B-24 escortés par 48 P-38 frappent à 13h20, suivis à 13h55 par 81 B-26 américains et français escortés par les P-51B du 79ème FG de l’USAAF.
A 14h20, Reggio de Calabre est attaqué par 54 DB-73 français (des 23ème et 25ème EB, basées à Malte), escortés par les Spitfire V de l’USAAF et de l’Armée de l’Air basés à Gozo. En fin d’après-midi, Reggio est à nouveau pilonné, cette fois par des B-25 américains, escortés par des Spitfire de la RAF.
Ces raids détruisent ou endommagent gravement 60 avions allemands (achevant notamment des appareils endommagés par les combats du matin). Au soit, le Général Geisler n’a même plus trente avions en état de vol !

La situation à terre
Les troupes du 4ème CA français qui avancent le long de la côte sont celles qui ont le plus de succès. Les premiers éléments blindés atteignent Ribera en fin de journée. La 26ème DI Assietta donne des signes de désintégration et une partie de ses troupes reculent dans les collines. Cependant, leur débarquement à Licata achevé, les chars de la Brigade Tancrémont du Colonel Piron roulent toute la nuit sur la route côtière pour rejoindre la 14ème DBLE et le 6ème Spahis (voir ci-après, “Les chars belges attaquent !”).
La bataille aéronavale et la destruction du Ranger n’ont de conséquences notables que sur le front de Caltanissetta. Le soutien aérien aux troupes au sol est en effet plus sporadique que la veille. Cela évite probablement la chute de Caltanisseta ce jour-là, en dépit des progrès faits par les forces franco-belges, qui encerclent en partie la petite ville.
Dans le secteur du 4ème CA français, les forces du Général Blanc, maintenant appuyées par des troupes américaines, partant de Caltagirone, occupent Piazza Armerina. C’est le début de ce que l’on baptisera la bataille d’Enna.
C’est dans l’est de la Sicile que se déroulent les affrontements terrestres les plus violents de la journée. Les troupes britanniques ont du mal à briser la résistance italienne à Lentini. Néanmoins, la combinaison du bombardement nocturne effectué la nuit précédente par les monitors lourds et d’un mouvement tournant du XXXème Corps, qui perce le long de la côte, oblige la 54ème DI Napoli à abandonner ses positions en fin de journée. Dans la soirée, le Général G.C. Porcinari doit avertir Guzzoni qu’il se replie sur le cours du Gornalunga et du Simeto, où il espère tenir une dernière ligne de défense avant Catane et l’Etna.

Les chars belges attaquent ! (D’après Jo Gérard, Reporter de guerre, Ed. Collet, Bruxelles, 1946)
« Dans la nuit tiède de ce mois de septembre sicilien, me voici fonçant à toute allure dans un véhicule tout-terrain de fabrication américaine, une “Jeep”, sur la route côtière de Licata à Ribera. Avec son accent wallon rustique, mon chauffeur me parle du mélange d’enthousiasme et d’appréhension qui anime les braves soldats de notre 1ère Brigade blindée. Voilà deux ans que certains d’entre eux s’entraînent pour ce moment historique, où une grande unité belge reprend enfin part au combat en Europe. On les sent pleins de fierté, décidés à honorer la mémoire héroïque de leurs camarades du Fort de Tancrémont, dont leur unité porte le nom. J’ai raconté à mon chauffeur que j’étais fier d’avoir eu l’idée de cette appellation lors d’un entretien avec le Lieutenant-Général Wibier à Alger il y a quelques mois.
Vous ai-je déjà parlé de Jean-Baptiste Piron, qui commande cette brigade ? J’ai pu glaner quelques renseignements chez cet homme taiseux quelques jours avant la traversée, à l’occasion de sa promotion au rang de Colonel. Ce solide gaillard, né en 1896 à Couvin, près de la frontière française, est accepté à l’Académie Militaire en 1913, alors qu’il n’a encore que 17 ans. Il fait la Grande Guerre avec distinction, recevant son baptême du feu le 18 août 1914 au combat d’Hautem-Sainte-Marguerite. Il combat dans les tranchées de l’Yser, au 2ème puis au 22ème Régiment de Ligne, et son courage lui vaut la Croix de Guerre le 14 février 1917. Rendu inapte à servir dans l’infanterie à la suite d’une appendicite, notre obstiné Couvinois choisit de reprendre le combat dans l’aéronautique, où il sera blessé. Il termine la guerre à 22 ans, comme le plus jeune Capitaine de l’armée belge. Pendant la Campagne des Dix-huit Jours, il est sous-chef d’Etat-major dans le 5ème Corps d’Armée. Emmené en captivité par les Allemands, il s’échappe d’un camp de prisonniers à Aix-la-Chapelle. Animé comme personne par l’esprit de Résistance, Piron commence alors un long périple de huit mois à travers la France, l’Espagne et Gibraltar, pour rejoindre les Forces belges en Afrique du Nord. Il débarque à Alger le 10 octobre 1941, et se met aussitôt à la disposition des autorités militaires belges. Son curriculum et son sens de l’organisation et de la discipline le font remarquer, et il prend en charge l’instruction de la 1e Brigade Blindée en voie de reconstitution. Qu’en pensent ses hommes ? Difficile à dire : il fait l’objet d’une dévotion religieuse de la part de certains, là où d’autres lui reprochent une froideur extrême. On raconte qu’en inspection à la fin de manœuvres particulièrement pénibles dans le désert du sud tunisien, il a émis plusieurs remarques sur des souliers mal entretenus et des boutons manquant aux uniformes.
Mais revenons à notre récit. Les troupes belges ont débarqué tout au long de la journée à Licata, pas tout à fait l’endroit prévu initialement. Les Britanniques ont eu la délicate attention de faire faire à notre infanterie la traversée de Bizerte à bord du Prince Léopold, une des malles de la Manche qui a été convertie par leurs soins en transport de troupes – un navire belge pour des troupes belges, quoi de plus normal ? Un navire américain spécialisé transportait nos chars et leurs équipages – ces chars qui nous ont tellement manqués il y a deux ans, à cause de l’impéritie de notre Gouvernement qui y voyait une arme offensive “inappropriée pour un pays neutre” !
En chemin, on entend derrière nous les puissants canons de l’artillerie navale assommer les défenseurs italiens. Comme nous arrivons à hauteur de Porto Empedocle, j’entrevois sur la voie ferrée en contrebas de la route deux trains blindés complètement ravagés par les obus. Vers 4 heures du matin, nous voici en vue des premières lignes à Ribera. Mon cœur s’accélère. Maintenant, plus de doutes ! Dans quelques heures, la première unité blindée de l’histoire de l’armée belge va monter au combat. »

Pendant ce temps là, à Rome…
« L’issue de l’attaque du Xème FK contre la flotte alliée étaient attendues avec fébrilité au Quirinal, où Mussolini en espérait un miracle. A 10h30, quand il reçut la nouvelle de la destruction du Ranger, il appela immédiatement l’ambassadeur allemand, pour le féliciter chaleureusement. A 13h00, il prononça un discours vibrant du balcon du Quirinal, sans même remarquer que la foule qui l’écoutait était plus que clairsemée.
Mais dans l’après-midi, l’humeur du Duce s’altéra lorsque le Général Ambrosio et l’état-major de la Regia Aeronautica vinrent lui apporter des nouvelles plus sombres. Les troupes italiennes étaient peu à peu repoussées sur l’ensemble du front sicilien et les forces aériennes étaient incapables de reprendre les opérations contre l’ennemi. Les escadrilles de Sicile et de Sardaigne n’existaient plus et celles d’Italie du Sud étaient si affaiblies que même la défense de leurs terrains et de bases comme Tarente serait extrêmement difficile dans les jours à venir. « Ne vous en faites pas, affirma alors Mussolini à ses généraux. La Luftwaffe ne nous laissera pas tomber ! Quand tous les navires ennemis auront subi le sort de ce porte-avions, leurs troupes seront prises au piège en Sicile ! »
Mais dans la soirée, il fut informé des pertes subies par le Xème FK. Il ne fallait pas compter sur les Allemands pour reprendre les opérations offensives avant d’avoir reçu de nombreux renforts. Malgré toute sa valeur pour la propagande, la Deuxième bataille du golfe de Noto n’était au mieux qu’une victoire à la Pyrrhus. » (Francesco Folcini, op. cit.)


Dernière édition par Casus Frankie le Ven Avr 27, 2007 10:06; édité 2 fois
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MessagePosté le: Dim Avr 15, 2007 20:20    Sujet du message: L'ombre d'un FliegerKorps Répondre en citant

24 septembre
Reggio de Calabre
Rapport préliminaire envoyé par le Général Geisler, chef du Xème FliegerKorps, au Général Jeschonnek, chef d’état-major de la Luftwaffe
Ce texte a été retrouvé dans les archives du Xème FK par des officiers italiens. Il se trouve aujourd’hui dans les dossiers de l’Ufficio Storico, à Rome. L’exemplaire conservé dans les archives du RLM a été perdu, certainement détruit durant les dernières semaines de la guerre.

Conformément aux ordres reçus de la LuftFlotte 11 le 21 septembre à 02h30, le Xème FliegerKorps a préparé son redéploiement de ses bases à Salonique, Kavalla et Larissa vers l’Italie du Sud. Nos missions devant inclure la destruction des navires ennemis en Mer Ionienne, le Commandant de Corps a choisi les terrains de l’aviation italienne situés à Cosenza pour la composante de bombardement du Corps et ceux situés à Reggio de Calabre pour nos chasseurs.
Le 21 à 05h30, une revue d’effectifs donnait les chiffres suivants :
– Bombardiers : 101, dont 90 opérationnels.
I/StG.1 : 15 Ju-87 B-2
II/StG.2 : 13 Ju-87 D-1
I/LG1 : 19 Ju-88 A-4/Trop
II/LG II : 18 Ju-88 A-4/Trop
I/KG 26 : 11 He-111 H-6
II/KG 26 : 12 He-111 H-6
Stab/KG.26 : 2 He-111 H-6
– Chasseurs : 84, dont 69 opérationnels.
I/JG.77 : 21 Bf.-109 F4
II/JG.77 : 23 Bf-109 F-4
III/JG.77 : 21 Bf-109 F-4/B
Stab/JG.77 : 4 Bf-109 F-4
Le nombre total d’appareils opérationnels était donc de 159, moins que d’habitude en raison de la livraison aléatoire de moteurs neufs, notamment pour les Bf-109 et les Ju-88.
Sur ce nombre, 157 avions sont arrivés en Italie le 22 septembre en fin de journée, soit :
36 Ju-88, 25 He-111 H-6 et 28 Ju-87 à Cosenza et 68 Bf-109 à Reggio de Calabre. Les deux avions manquants étaient un Bf-109 du I/JG.77, victime d’un problème avec son réservoir largable et qui dut se poser à Tirana, et un Ju-88 du I/LG.1 Ju-88 qui dut se poser à Athènes-Tatoi après une panne du moteur gauche. Quelques avions connurent des incidents sur les terrains italiens, car les pistes étaient endommagés par les raids ennemis. Il fut difficile d’y remédier, car les installations locales de réparation sont primitives.
Tôt dans la matinée du 23 septembre, trois Ju-88 du I/LG.1 furent envoyés repérer la position de la flotte ennemie. Celle-ci fut détectée à 04h25 par les radars FuG-200 de ces appareils et les ordres pour une attaque en masse furent envoyés à toutes les unités. Un des Ju-88 de reconnaissance signala avoir repéré en visuel deux porte-avions ennemis accompagnés de trois croiseurs et neuf destroyers, mais il a cessé de transmettre à 05h55 après avoir signalé qu’il était attaqué par des chasseurs ennemis. L’avion a été porté manquant, probablement détruit.
Une force totale de 33 Ju-88, 27 Ju-87, 24 He-111 et 68 Bf-109 a été lancée contre la flotte ennemie en deux vagues séparées par une attaque de Jabos. Neuf avions italiens (5 SM-79 torpilleurs et 4 Re-2002 bombardiers en piqué, soit tous les avions d’attaque italiens encore opérationnels dans la région) se sont joints à notre deuxième vague.
Nos attaques coordonnées sont parvenues à couler un porte-avions (identifié comme l’USN Ranger), deux croiseurs (dont le croiseur anti-aérien dirigeant la chasse ennemie) et deux destroyers.
L’opposition de la chasse ennemie a été extrêmement puissante, renforcée, comme lors des opérations dans le nord de la Mer Egée, par des avions basés à terre de conception américaine, capables d’une considérable endurance. La qualité de la Flak navale semble s’être encore améliorée depuis les opérations de mars-avril en Mer Egée. Un croiseur de bataille, probablement américain, escortait le groupe des porte-avions et a produit un volume de feu AA au moins égal à celui d’un cuirassé de classe Bismarck et peut-être supérieur.
Dans ces conditions, les pertes subies lors de nos attaques ont été lourdes et comprennent :
Ju-87 : 20 avions (le Ju-87 n’est plus capable de survivre dans une zone très disputée, même avec une forte escorte de chasse)
Ju-88 : 13 avions (dont celui perdu lors de la mission de reconnaissance)
He-111 : 14 avions
Bf-109 : 23 avions.
Sur les 155 avions engagés le main du 23 septembre, 70 ont été détruits dans la zone de l’objectif, par la chasse ennemie ou par la Flak navale. Ce taux de perte de 45% est similaire à celui que nous avons expérimenté en attaquant des navires ennemis sous forte protection de chasse en Mer Egée. Il n’est pas lié à des conditions tactiques spécifiques, comme certains l’avaient prétendu. Il est cohérent avec les pertes que l’aviation italienne a subies dans des conditions similaires. Le commandement italien a reconnu que le 20 septembre, les tentatives d’attaquer la flotte ennemie ont coûté à ses forces 69 bombardiers et avions d’attaque (plus au moins 20 autres gravement endommagés) et 21 chasseurs.
Les conditions de la défense aérienne navale de l’ennemi se sont significativement améliorées depuis l’opération Merkur en février-mars 1941. Nos avions se heurtent aujourd’hui à un système de défense en plusieurs niveaux, incluant des chasseurs à long rayon d’action basés à terre, mono- ou bimoteurs, des chasseurs embarqués ayant différentes enveloppes de vol et une Flak navale lourde, moyenne et légère.
Par ailleurs, nos pertes ont été gravement accrues par des attaques ennemies systématiques contre les aérodromes où nos avions étaient basés. Nous n’avons pas compté moins de cinq (5) raids aériens massifs contre Cosenza et Reggio de Calabre entre midi et la tombée de la nuit. Cela implique une supériorité numérique ennemie considérable.
La défense aérienne (chasse et DCA) et les systèmes de protection passive au sol (abris et emplacements protégés pour les avions) étaient gravement insuffisants sur les deux aérodromes. Le commandement local italien a affirmé que ces terrains avaient été la cible d’attaques constantes depuis le milieu du mois d’août. Les terrains italiens manquent de Flak lourde (8,8-cm). Ils utilisent principalement de vieux canons de 7,5-cm et leur système de contrôle de tir est inefficace. Les pistes sont semées de cratères et les installations des bases sont généralement dans un état déplorable.
A la suite de ces attaques ennemies, nous avons perdu (détruits ou irréparables) 31 Bf-109 à Reggio, 4 Ju-87, 15 Ju-88 et 7 He-111 à Cosenza, soit 57 avions. Plusieurs pilotes et membres d’équipage ont été tués ou blessés, ainsi que 15% du personnel au sol, à cause du manque d’abris convenables sur les deux aérodromes. Je dois préciser que certains des avions détruits lors de ces raids avaient été endommagés en combat aérien quelques heures auparavant et n’auraient pas été rapidement disponibles même sans ces raids.
Aujourd’hui jeudi 24 septembre, 02h30, les forces du Xème FliegerKorps déployées en Italie sont :
Ju-87 : 4 avions (3 D-1 et 1 B-2), dont 2 non opérationnels
Ju-88 : 8 avions, dont 3 non opérationnels mais réparables dans les 72 heures
He-111 : 4 avions, dont 2 non opérationnels et nécessitant des pièces de rechange qu’il faudra faire venir de Grèce ou d’Allemagne
Bf-109 : 14 avions ), dont 5 non opérationnels (trois sont réparables dans les 72 heures et les deux autres nécessitent des pièces de rechange qu’il faudra faire venir de Grèce ou d’Allemagne ).
Nous espérons recevoir, aujourd’hui 24 ou demain 25 septembre, trois (3) Ju-88 de plus (celui de Tatoi et deux de l’unité de maintenance du LG.1 à Salonique) et deux (2) Bf-109 (dont celui posé à Tirana).
Si tout se passe bien, les capacités offensives du Xème FliegerKorps seront demain de :
8 Ju-88, 2 He-111, 2 Ju-87 et 11 Bf-109, soit 23 avions.
J’espère disposer au début de la semaine prochaine de 28 à 33 avions opérationnels (sur un total général de 58 appareils). Le Xème FK sera donc incapable de renouveler une action offensive avant la fin de septembre et cette action ne pourra être que d’une très faible puissance.
Il apparaît que les pertes infligées à l’ennemi ne sont pas d’une importance qui suffise à justifier la quasi annihilation du FliegerKorps. Après les opérations autour de Limnos, en Mer Egée, j’avais déjà averti que de futures opérations contre un ennemi bien préparé pourraient se traduire par des pertes insupportables. C’est exactement ce qui est arrivé hier.
Je dois souligner, pour conclure, les points suivants :
(I) Une grande unité telle qu’un FliegerKorps ne doit pas être déployée à partir de bases non protégées quand les forces offensives de l’ennemi sont aussi importantes. Lors d’un déploiement à partir de bases non ou mal préparées, il est important de disposer d’un stock abondant de pneus de rechange. Des avions rapides comme le Ju-88 ou le Bf-109 usent très vite leurs pneus sur les pistes d’Italie du Sud. Beaucoup d’avions détruits par les raids ennemis à Reggio ou à Cosenza avaient été immobilisés par un pneu crevé et n’avaient pu être remorqués assez vite sous les filets de camouflage.
(II) Approcher un flotte ennemie bien défendue est devenu extrêmement dangereux. Nous avons besoin dès que possible des armes “spéciales” permettant à nos avions d’attaquer les navires ennemis en dehors de leur zone de défense. Nous devons reconnaître que les attaques d’avions torpilleurs menées par des avions relativement lents comme le Heinkel He-111 ou le SM-79 sont devenues impossibles de jour, même avec une escorte de chasse. Le commandement de l’aviation italienne a reconnu ce fait et parle aujourd’hui de développer une variante du nouveau chasseur Fiat (à moteur DB-605) capable d’emporter une torpille.
(III) En attendant la disponibilité des armes “spéciales” et d’équipages entraînés, nos unités d’avions torpilleurs doivent être rééquipées avec des Ju-88 A-17 (appareil connu précédemment comme le Ju-88 A-4-Torp).
(IV) Les meilleurs résultats sont obtenus en combinant les attaques traditionnelles avec des attaques de chasseurs-bombardiers et de chasseurs-bombardiers en piqué. Le rééquipement de nos unités de Jabos avec une variante spécialisée du FW-190 est une véritable urgence. L’aviation italienne met en ligne un chasseur-bombardier en piqué léger, qui a au moins une meilleure chance de survie dans un environnement fortement défendu que notre Ju-87. Même la nouvelle variante “Dora” de cet appareil est bien trop vulnérable pour survivre contre une défense résolue.
(V) Les chasseurs ennemis utilisent maintenant des canons de 2-cm ou des mitrailleuses lourdes de 1,27-cm. Nos bombardiers ne sont pas assez bien protégés contre ces armes. Même quand l’avion peut être ramené par le pilote, il est fréquent que deux ou trois membres d’équipages soient blessés ou tués. Les pertes en hommes d’équipages sont devenues encore plus importantes que les pertes en avions.
(signé)
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MessagePosté le: Lun Avr 16, 2007 06:47    Sujet du message: Répondre en citant

ça va surtout faire un trou dans la defense aerienne du peloponese ces trucs là les grecs et les yougo, qui à cette epoque devrait voir arriver leur 1er spit V, P40 late version voire peut etre qq na73 à partir des surplus/declassés alliés, devraient voir leur tableaux de chasse commencer à grimper...

heureusement que l'hiver arrive, une luftflotte devraient quitter le front russe pour aller hiberner plus au sud... encore qu'entre les convois de la mer noire, la grece et l'italie Rolling Eyes

concernant l'italie : vu le decalage temporel, on devrait avoir qq chose d'ici à la fin de l'hiver, si le debarquement se fait directement vers rome, on devrait pouvoir beneficier ainsi d'un front au nord de la botte rapidement et surtout avoir 8-9 mois pour mener des operations avant l'enlisement de la mauvaise saison suivante (hiver 43-44). cela veut dire à ce moment là une simple campagne pour fixer la wehrmacht un peu comme en grece, pas de tentative multiple style cassino, pas de debarquement secondaire... on garde tout le reste pour overlord
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MessagePosté le: Lun Avr 16, 2007 07:05    Sujet du message: Répondre en citant

Je pense qu'avec les Français nettement plus impliqués dans la structure de commandement, il n'y aura certainement pas de remontée coûteuse le long de la botte.
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En principe (moi) ...
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MessagePosté le: Lun Avr 16, 2007 08:29    Sujet du message: Répondre en citant

Quoi qu'il en soit, dans les prochaines semaines, la rubrique "Pendant ce temps-là à Rome", que j'ai créée pour l'occasion, devrait devenir... croustillante. Wink
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MessagePosté le: Lun Avr 16, 2007 16:42    Sujet du message: Répondre en citant

Je vais pour ma part préparer une recension géographique, par ports et chantiers navals, des navires non opérationnels de la Regia Marina, pour le "juin 1940" italien.
Combinée avec l'OdB tenu à jour, elle nous permettra de repérer ce qui peut tenter d'échapper aux Allemands ou qui devra être sabordé.
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MessagePosté le: Ven Avr 20, 2007 22:43    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:

00h38 à 00h45 – Le Regolo vient au 85, espérant attirer les Français loin du convoi. Il fonce à plus de 38 nœuds au milieu des petites vedettes britanniques, dont l’une est mise hors de combat par l’énorme lame d’étrave soulevée par le croiseur et achevée par ses armes légères. Les trois contre-torpilleurs acceptent le défi, mais ne peuvent donner “que” 37,5 nœuds. Le Regolo touche par deux fois le Cassard, qui perd sa tourelle Q de 138, mais il reçoit en échange un obus de 138 qui met hors de combat son contrôle de tir arrière.
Pendant le temps, le Gloire, incapable de suivre la course infernale des quatre autres, engage le Zeno, qui a détruit au passage une MTB anglaise, mais ne peut donner plus de 29 nœuds.


Sauf erreur de ma part, dans le texte "original" du Naval Fiction Board, c'est le seul Regolo qui détruit les deux MTB britanniques ??
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MessagePosté le: Ven Avr 20, 2007 22:48    Sujet du message: Répondre en citant

Exact - c'est un processus collectif, j'ai "donné" une MTB au Zeno pour des raisons "esthétiques" - Si Fantasque, à son retour de vacances, voit une raison de revenir en arrière (ou si quelqu'un me convainc que j'ai eu tort), je reviendrai en arrière.
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MessagePosté le: Lun Avr 23, 2007 11:01    Sujet du message: Répondre en citant

La destruction des deux MTB par le Regolo est authentique (mais plus tardive).
Les "Capitani Romani" étaient de beaux et bons navires (2 ont servi sous pavillon français après guerre) et le Regolo, comme unité "tête de série" semble avoir eu un excellent équipage.
Les seuls défauts de ces unités étaient des tubes lance-torpilles absolument défectueux (il parais que la correspondance entre Supermarina et le constructeur fait un mètre linéaire de haut me disent mes amis de l'Ufficio Storico), des moteurs de tourelle de 135mm un peu faiblard (gênant pour le tir AA) et bien sur des directeurs de tir qui ne se comparaient pas au Mk-37 américain (mais ce dernier était TRES en avance sur son temps).

le Regolo a fait 41,4 noeuds EN CHARGE lors de ses essais....

F
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Ven Avr 27, 2007 10:08    Sujet du message: Répondre en citant

Vive donc le Regolo...

24 septembre
Opération Torche/Torch

Jour J+5
Actions de nuit
Peu après minuit, des avions des Reparti Transporto commencent à transporter à Trapani (à la pointe ouest de la Sicile) un bataillon de la division aéroportée Folgore. Ces avions sont des SM-82 des 148ème et 149ème Gruppi Transporto, basés à Grosseto et des SM-75 du 147ème GT, basés à Littoria. Victime d’un ennui de moteur, un SM-75 doit rester à Trapani. L’opération permet de transporter en tout 472 hommes dans la nuit.
Pendant ce temps, les Fiat CR-42 et CR- 42CB survivants du 103ème Gruppo Tuffatori et du 25ème Gruppo Caccia Terrestre, basés à Trapani et Palerme, harcèlent sporadiquement les troupes françaises et belges qui avancent sur la côte sud de la Sicile, à l’ouest de Ribera.

Une meilleure journée pour les Belges que pour les Anglais
C’est sur la côte sud-ouest que la situation est la meilleure. Renforcés par les chars belges de la Brigade Tancrémont, légionnaires et parachutistes français entrent à midi dans Sciacca et atteignent Menfi au coucher du soleil.
Le reste du 4ème Corps français, engagé à Caltanisseta, avance lui aussi. Après avoir buté la veille sur une solide défense italienne, Français et Belges constatent à l’aube que les défenseurs de la petite ville ont décroché pendant la nuit. Ils commencent aussitôt à progresser vers la route Palerme-Enna, un peu plus au nord-est, pour couper la retraite des défenseurs d’Enna.
Un peu plus à l’est, le 3ème Corps français et les troupes américaines convergent sur Enna, que l’état-major de Guzzoni a évacué dans la nuit. Cependant, la ville ne tombe qu’au crépuscule, car les Italiens se battent bien, sur un terrain très piégeux.
Sur la côte est, les Britanniques avancent. Vers midi, la 5ème DI traverse le Simeto près de son embouchure pendant que, plus en amont, la 50ème DI traverse la Gornalunga (un affluent du Simeto, plus large à ce niveau que le fleuve). Montgomery entame un mouvement convergent vers Gerbini, à l’ouest de Catane, qu’il espère occuper le lendemain. Les progrès britanniques sonnent le glas des plans de Guzzoni, qui espérait les arrêter à distance de Catane. Cependant, les troupes venues du continent par Reggio de Calabre et Messine commencent à arriver et Guzzoni sait qu’il disposera de la Brigade Blindée “M” le jour suivant.
Dans les airs, l’activité de l’aviation alliée est un peu moins intense que les jours précédents, en raison du grand nombre de missions de combat effectuées la veille. Néanmoins, Trapani, Palerme et Catane sont attaquées. A Trapani, le SM-75 en panne est détruit et à Palerme, l’un des CR-42 qui ont opéré la nuit précédente est incendié. Les chasseurs-bombardiers pilonnent les positions italiennes autour d’Enna.
La Luftwaffe est absente, mais la Regia Aeronautica fait de son mieux avec ce qu’elle a. Au crépuscule, quatre Re-2002 et deux Re-2001 CB, volant sous la couverture radar, attaquent la flotte qui décharge du matériel dans le port d’Augusta et son escorte. Les deux Re-2001 CB piquent sur l’USN Brooklyn et le touchent avec une bombe “Furbara” (à oxygène liquide), qui n’explose pas ! Les Re-2002 ont un peu plus de succès. L’un touche un cargo grec qui doit être échoué et la bombe de l’autre l’autre frôle le dragueur HMS Seham. Celui-ci, sérieusement endommagé par l’explosion, doit rentrer à Malte pour y être réparé.

L’Axe cherche d’autres avions
Pendant ce temps, les lourdes pertes aériennes essuyées les jours précédents ont forcé les états-majors allemand et italien à prendre des décisions difficiles. A 11h00, le chef d’état-major de la Regia Aeronautica, le Général Rino-Corso Fougier, appelle son homologue de la Luftwaffe, le Général Jeschonnek : « Général, je dois vous informer que je suis obligé d’ordonner le redéploiement immédiat en Italie du Sud de nos unités aériennes stationnées en Grèce. Cette décision prend effet dès demain. »
Jeschonnek proteste : « Ces unités jouent un rôle important pour tenir en respect l’ennemi dans les Balkans ! »
– Vous savez bien que ce n’est que l’application d’une décision que nous avons déjà prise et que nous avons reporté, à votre demande. Il n’est plus possible de différer son exécution, sauf si la Luftwaffe peut nous envoyer très vite des renforts substantiels.
Mais le Xème FliegerKorps n’est plus opérationnel pour plusieurs semaines au moins et la Luftwaffe n’a guère d’autres forces disponibles en Méditerranée.
– Nous allons déployer très prochainement des appareils très modernes en Italie du Sud et en Sardaigne, promet néanmoins Jeschonnek. Rencontrons-nous demain à Rome pour en discuter, voulez-vous ?
Fougier accepte. Cependant, il ne laisse aucun doute à son interlocuteur : cette fois, le transfert en Italie des escadrilles de la Regia Aeronautica stationnées en Grèce se fera bel et bien.

Pendant ce temps-là, à Rome…
Vers la même heure, une réunion de plus lourdes conséquences se déroule à Rome. Victor-Emmanuel III reçoit Dino Grandi, qui fut l’un des plus fermes partisans de Mussolini dès le début de son aventure politique et, comme Ambassadeur d’Italie à Londres dans les années 30, a joué un rôle essentiel pour éviter un conflit entre les puissances occidentales et l’Italie lors de l’invasion de l’Abyssinie. Grandi, soutenu par d’autres chefs fascistes (Bottai et Ciano notamment) plaide depuis le début de 1942 pour que l’Italie cesse de faire cause commune avec l’Allemagne. Ce jour-là, il se montre parfaitement clair, quoiqu’il utilise une allusion historique : « Votre Majesté, c’est Novare ou Turin ! » Grandi veut dire que le roi n’a le choix qu’entre une défaite écrasante comme celle que Charles-Albert de Savoie a subie contre les armées autrichiennes en mars 1849, le forçant à abdiquer, et un changement de camp comme celui de Victor-Amédée 1er, passé peu après du camp français au camp autrichien, sauvant ainsi Turin et son trône.
Victor-Emmanuel écoute en silence. Avant de congédier Grandi, il ajoute : « Le temps viendra. Je connais votre opinion. Laissez votre roi choisir le bon moment et aidez-le à trouver les moyens constitutionnels pour agir. »
Pour Grandi, les mots du Roi ne peuvent vouloir dire qu’une chose. Il va falloir utiliser le règlement baptisé “Constitution fasciste”. Celle-ci prévoit que Mussolini ne peut être démis de ses fonctions que par le Grand Conseil Fasciste. Grandi doit donc s’assurer une majorité parmi les 24 membres de cette assemblée.

Pendant ce temps-là, en Allemagne
La situation n’est pas moins tendue à Rastenburg et à Karinhall qu’à Rome. A Rastenburg, Hitler sait qu’il doit rencontrer Mussolini quatre jours plus tard (le lundi 28 septembre), mais le Führer est beaucoup préoccupé par l’Ukraine et par l’évolution de l’opération Typhon, qui est déjà quelque peu en retard sur les plans, que par les combats en Méditerranée. Le dictateur allemand prévoit essentiellement de remonter le moral de son partenaire. Il s’agit de faire comprendre à ce Latin pusillanime que l’Italie doit surmonter ses affres présentes jusqu’à ce que l’Allemagne ait achevé l’Union Soviétique et que toute sa puissance militaire puisse se tourner contre les Alliés.
A Karinhall (l’énorme bâtiment qui abrite le RLM, à Berlin), le problème que se pose Jeschonnek est bien plus difficile. Les rapports qu’il reçoit de Geisler l’avertissent qu’il lui faut envoyer des renforts aux forces italiennes pour éviter leur complet effondrement. Comme les forces aériennes déployées en Grèce sous le commandement de Kesselring vont être notablement affaiblies par la volonté inébranlable du Général Fougier de concentrer ses unités en Italie, ces renforts ne peuvent venir que du tout récent “FliegerFührer Mittelmeer” (Commandement Aérien de Méditerranée).C’est ce qu’il expose directement dans la matinée à Keitel, qui lui promet de transmettre ces informations à Hitler « dès que possible » (c’est à dire quand il sera réveillé).
Dans l’après-midi, une réunion dont les principaux participants sont Jeschonnek et Goering se tient à Karinhall pour discuter des moyens de venir en aide aux Italiens. Pendant cette réunion, le chef d’état-major est appelé à deux reprises au téléphone par Hitler (celui-ci passe de plus en plus souvent par dessus la tête de Goering, qui en conçoit une grande amertume). Cependant, tout ce que Jeschonnek peut obtenir est l’envoi de trois unités équipées de FW-190 (les I et II./JG 2 et le III/ZG 2) au FliegerFührer Mittelmeer, qui est élevé au rang de LuftFlotte (ce sera la LuftFlotte 2). Cette nouvelle grande unité aura la responsabilité des opérations aériennes sur toute la Méditerranée Occidentale, de Gibraltar à 20° Est. Elle comprendra le Xème FK (qui doit être reconstitué) et le XVème FK, formé à partir de la plupart des autres unités de l’ancien FliegerFührer Mittelmeer. Les hydravions du FliegerFuhrer der Auflkärungsgruppen-Mittelmeer seront également rattachés à la LuftFlotte 2.
Le conflit latent entre Jeschonnek et Goering explose à propos de la nomination de l’homme qui doit commander cette grande unité. Jeschonnek est en faveur du commandant du Xème FK, le Général Hans-Ferdinand Geisler : « Le poste lui revient sans discussion. Il a montré qu’il était un chef efficace et de bon sens et il possède une expérience considérable des opérations aériennes antinavires. » Mais Goering s’oppose avec virulence à ce choix : « Votre Geisler a fait massacrer son FliegerKorps, d’abord en l’air, puis au sol. C’est déjà trop qu’il garde son poste, on ne va pas, en plus, lui donner une promotion ! » Jeschonnek proteste : « Un déploiement aussi rapide du Xème FK sur des terrains italiens non préparés était très risqué, Geisler n’y était pour rien ! » Mais le chef d’état-major, qui a déjà dû mendier à Hitler trois unités de FW-190 pour renforcer la LuftFlotte 2, n’est plus en mesure de faire appel à lui pour surmonter l’opposition de Goering. Ce dernier s’oppose aussi à l’envoi de Kesselring de Grèce en Italie. Les deux hommes finissent pas trouver un compromis sur le nom du Général Gunther Korten, commandant en second de la LuftFlotte 1. Chef opérationnel efficace, Korten n’a cependant ni l’expérience de Geisler ni la personnalité et les relations politiques de Kesselring.
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