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Texte intégral Asie-Pacifique Décembre 42
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Wil the Coyote



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MessagePosté le: Mar Avr 29, 2014 10:54    Sujet du message: Répondre en citant

Petite question en passant, le japonnais se doutent-ils qu'il y à un Gros Frère Britannique dans le secteur? Ou vont-ils l'apprendre à leur dépent?
Question Idea
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patzekiller



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MessagePosté le: Mar Avr 29, 2014 10:57    Sujet du message: Répondre en citant

ils le savent, comme ils savaient en novembre que les jumeaux D/S étaient présents dans le secteur. mais comme l'a dit franck, le hasard fait qu'au moment de cette operation, c'est le groupe du renown qui est de permanence
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MessagePosté le: Mar Avr 29, 2014 12:29    Sujet du message: Répondre en citant

Un espace entre 2 mots à faire au passage ''Rabaul'' :

C’est pourquoi l’opération Ke fut décidée et confiée auvice-amiral Goto.
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lebobouba



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MessagePosté le: Mar Avr 29, 2014 16:21    Sujet du message: Répondre en citant

Autre chose, les amiraux japonais vont-ils maintenant avoir un peu plus confiance envers le radar ou s'obstiner à laisser leurs veilleurs faire le plus gros du travail (détection de nuit) ?

De plus, est ce que comme les Alliés, les japonais ont-ils commencé à élaborer des contre-mesures électroniques et de brouillage ?
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Avr 29, 2014 17:03    Sujet du message: Répondre en citant

@ Collectionneur : merci.

@ Lebobouba : il ressort des épisodes précédents que l'évolution du radar japonais sera un peu plus rapide qu'OTL, mais se heurtera au fait que, comme OTL, le Japon manque terriblement de fabricants de matériels électronique et de personnels compétents pour les utiliser (ça fait drôle à dire aujourd'hui, mais c'était comme ça !).
Donc ils continueront à faire confiance à leurs veilleurs tant que leurs radars ne feront pas mieux ! (et fin 42, on n'y est pas !)
Quant aux ECM... Comme leurs maîtres en la matière, les Allemands, les Japonais pensent que la meilleure ECM, c'est de couper son radar pour ne pas être détecté... (Cf la mort du Scharnhorst, et c'était chez les Allemands et en 43 !)
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Avr 29, 2014 17:25    Sujet du message: Répondre en citant

27 décembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal, au nord du front
– Quelque chose se prépare sur le front de la Matanikau. Du moins, les Marines du 7e régiment, à force d’arpenter la jungle impénétrable qui recouvre toute cette zone, en sont-ils convaincus. Est-ce une moindre combativité des Japonais, constatée lors des patrouilles offensives régulièrement lancées en territoire ennemi ? Ou simplement l’instinct de soldats qui ont appris que le moindre bruit, la moindre variation du chant des oiseaux, peut être signe de vie ou de mort ? Toujours est-il qu’à force de recevoir des signaux convergents, DeCarre finit par aborder la question avec Patch. Mal lui en prend. Irrité par l’attitude du colonel Jackson, qui prend un malin plaisir à attiser la rivalité entre Armée et Marines devant le Seahorse, Patch n’est pas d’humeur à écouter les recommandations d’un homme de l’USMC, fût-il son adjoint. « Nous règlerons comme prévu le problème du secteur Matanikau en janvier, tranche-t-il d’un ton sec. En janvier, lorsque nous aurons pris le Seahorse et après l’arrivée de la 25e DI ! »

Guadalcanal, au sud du front – Alors que la bataille du Seahorse est sur le point de commencer, il n’est pas inutile de rappeler brièvement la topographie des lieux. Comme le Galloping Horse et le Gifu, ses voisins, le Seahorse est une colline de quelques dizaines de mètres de haut qui émerge de la jungle. Sa crête est grossièrement orientée NNO-SSE. Ses flancs sont couverts de végétation (ou plutôt, ils l’étaient avant le début des combats) et leurs pentes raides se prêtent parfaitement à la défense. Perfectionnant encore les techniques de retranchement mises au point sur le Gifu, les Japonais les ont truffées de bunkers en troncs de palmier que seul un coup direct peut endommager. Néanmoins, le coupable laisser-aller qui a révulsé le capitaine Onishi à son arrivée a fait négliger la construction de fortifications sur le flanc ouest de la position.
Le Seahorse est également protégé à l’est et à l’ouest par deux cours d’eau aux berges très escarpées, qui se rejoignent quelques centaines de mètres au nord de la position. Ce sont ces rivières que les Américains, venant du nord et de l’est, ont mis tant de temps à traverser les 25 et 26 décembre. Cependant, ils sont à présent solidement installés de part et d’autre de la colline, le I/164e à l’est, le III/164e à l’ouest. Les unités japonaises – si l’on peut dire, étant donné leur degré de désorganisation – se répartissent de la façon suivante : le groupement Oka (des vétérans de Guadalcanal !) tient les pentes est, les restes de la 2e Division, les pentes ouest. Le détachement Onishi, renforcé d’éléments orphelins d’officiers supérieurs, s’est vu confier les pentes nord.
Le plan américain n’a pas changé : bombarder copieusement la position, lancer une attaque de diversion du côté est, porter le coup décisif à revers, du côté ouest, pour couper en deux l’ennemi. Réduire la poche nord et annihiler les derniers défenseurs au sud. Bref, l’affaire de deux jours, trois maximum si la météo s’en mêle et gêne l’intervention de l’artillerie et de l’aviation.
………
L’offensive américaine commence au lever du jour par un long bombardement des pentes est et ouest. Les canons du 10e Marines et les bombardiers de la Cactus Air Force s’en donnent à cœur joie. Relégué, en guise d’arrêts de rigueur, à l’assistance des mécaniciens de son squadron, Rudolph Ostric est vert de rage chaque fois que l’un de ses camarades atterrit pour refaire le plein de munitions et fait mine de vouloir le consoler en l’assurant qu’il ne rate rien, puisqu’il n’y a pas la moindre vedette lance-torpilles sur le Seahorse.
Cependant, le côté spectaculaire des bombardements de préparation, qui font des ravages dans la végétation, ne peut masquer l’absence de véritables résultats. Les Américains sont loin de se douter que les retranchements du Seahorse sont quasiment intacts – il faudra encore bien des assauts sanglants pour qu’ils comprennent qu’il ne suffit pas de déverser à l’aveugle des tonnes de TNT pour détruire une position bien protégée.
À 11h00 précises, le I/164e lance son attaque de diversion. Les GI progressent facilement jusqu’à ce qu’ils atteignent le bas des pentes. Mais dès qu’ils en commencent l’ascension, ils voient s’abattre sur eux un déluge de balles, de grenades et d’obus de petit calibre venant de positions de tir invisibles et parfois toutes proches. En effet, le camouflage mis en place par les Japonais, encore amélioré par le chaos causé par les bombardements, a rendu à peu près invisible chaque bunker, que les Américains ne découvrent souvent qu’en marchant dessus, et encore. Les pertes sont sensibles et l’attaque s’enlise immédiatement. Elle est maintenue afin de jouer son rôle de diversion, tandis que des P-39 et des P-400 guidés par radio depuis le sol sont appelés en renfort pour “traiter” les principaux points de résistance repérés. Néanmoins, l’appui aérien montre ses limites dans cet environnement extrême, et plusieurs GI sont blessés par des éclats d’obus “amis”.
Dans son QG, le colonel Moore est sinistre. Il ne s’attendait pas à rencontrer une pareille résistance, et les pertes déjà subies (une dizaine de tués et une vingtaine de blessés graves, d’après les informations fragmentaires qui lui sont revenues) laissent augurer d’une mauvaise journée. Heureusement, le colonel Jackson se tient cette fois tranquille, sans doute parce qu’il sait que son 6e Marines, placé en réserve, est à chaque instant susceptible d’être envoyé en soutien du 164e. Au bout d’une demi-heure de ce régime, Moore ordonne d’avancer l’attaque principale : elle doit débuter à 12h00 au lieu de 13h00 afin, paradoxalement, de soulager l’attaque de diversion !
À midi, c’est donc au III/164e de se lancer à l’assaut des pentes ouest du Seahorse. Prévenus des pièges qui les attendent, les Américains sont cette fois plus prudents. Avec peu de pertes, ils grignotent rapidement les premières lignes japonaises et tirent parti de la moindre densité d’ouvrages fortifiés sur ce flanc. Au bout de deux heures, ils sont arrivés à mi-pente et sont prêts à bondir en avant et à submerger des défenseurs qui semblent désorganisés. De fait, un obus de 155 chanceux a décapité, au sens propre, ce qui restait de l’état-major de la 2e Division, laissant la défense du secteur sans direction ni coordination (il est vrai que le grand nombre d’obus dépensés par le 10e Marines rendait un tel coup de chance relativement probable…).
Le lieutenant-colonel Hall, commandant le III/164e, propose alors à Moore un plan audacieux. Il a en effet repéré, sur sa gauche, un assez large morceau de terrain qui n’est pas battu par les feux nippons, soit qu’ils n’aient pas fortifié le secteur, soit que l’artillerie ou l’aviation en aient expédié les défenseurs ad patres. Toujours est-il qu’en lançant toute une compagnie (qu’il entend commander en personne) à l’assaut sur ce point, Hall se fait fort de déboucher au sommet du Seahorse et de déborder l’ennemi. Moore n’hésite pas et ordonne à Hall d’exécuter son plan dans les plus brefs délais.
A 16h00, le capitaine Onishi n’a toujours pas vu l’ombre d’un Américain sur les pentes qui descendent devant sa position. Son secteur a, certes, reçu sa part du bombardement initial, et Onishi a poussé un véritable cri de rage lorsqu’un coup direct a fait exploser l’un de ses dépôts de munitions, tuant sur le coup sept de ses hommes : quelle malchance, perdre ainsi bêtement de bonnes munitions ! Mais le pire est qu’il a le sentiment d’être un simple spectateur, ce qui ne correspond ni à son tempérament, ni à ses talents, qu’il estime vraiment consternant de ne pas utiliser alors qu’il y a tant d’ennemis qui attendent qu’il les envoie rejoindre leurs ancêtres. Aussi ne se formalise-t-il pas de l’impolitesse d’un simple soldat qui vient l’informer sans cérémonie qu’il a vu, au sud-ouest de leur position, de nombreux Américains gravir les pentes presque sans rencontrer de résistance. Onishi s’empresse d’aller se rendre compte par lui-même d’emblée et découvre, scandalisé, qu’une centaine de Yankees sont sur le point d’atteindre le sommet du Seahorse comme à la parade ! Le capitaine n’hésite pas. Un premier commandement tire de leurs abris tous ses hommes (du moins, ceux qui ne sont ni morts, ni gravement blessés, ni trop malades pour marcher). Un second ordre et les fusils Arisaka s’ornent élégamment de leur baïonnette règlementaire. Le sabre brandi bien haut, Onishi s’élance alors en travers de la pente, suivi par une cinquantaine de fusiliers fanatisés.
La compagnie A du III/164e a presque atteint son objectif lorsqu’elle reçoit sur son flanc gauche l’assaut totalement imprévu de Japonais hurlants, surgis du couvert encore dense des pentes nord, et menés par un capitaine au sabre mortel. Surpris, les GI hésitent quelques instants et ne répondent que par des tirs mal ajustés à la mitraillade qui précède l’arrivée des baïonnettes. Presque instantanément, ils se retrouvent à lutter pour leur vie au corps à corps. Hall et le capitaine qui commande la compagnie sont parmi les première victimes et la résistance américaine cède d’un seul coup : ramassant leurs blessés, les survivants de la compagnie A refluent en désordre vers leur point de départ, abandonnant 15 morts sur le terrain, dont le lieutenant-colonel Hall.
Apprenant cet échec, Moore décide d’arrêter les frais pour la journée, de suspendre toutes les attaques en cours et de revenir sur les positions de départ. Son régiment a perdu 37 tués et 68 blessés pour des gains nuls. Un échec sanglant, et tout reste à faire.
En soirée, alors que la rumeur du « type au sabre » se répand de plus belle chez les Yankees, Onishi se couche tranquillement. Finalement, pense-t-il en se remémorant sa charge épique contre l’ennemi abhorré, le tranchant de son sabre découpant les membres de ses victimes, l’odeur du sang impie flottant dans l’air… la journée ne s’est pas si mal passée. Cerise sur le gâteau, après les lourdes pertes subies par les cadres de la 2e Division, il se retrouve chargé de commander la défense de tout le secteur nord-ouest du Seahorse (il soupçonne que les capitaines et commandants qui auraient pu lui faire concurrence y ont renoncé en allant se réfugier au sud-ouest). À n’en pas douter, les dieux ont enfin voulu récompenser le meilleur officier de sa division !

Rencontre fortuite et conclusion fautive
Au sud des Salomon Orientales, 18h09
– Alors qu’elle se trouve par 10°36’S et 156°42’E, soit à peu près au point le plus au sud de son parcours, une partie de la flotte japonaise est aperçue et signalée par le sous-marin MN Sfax, sur le chemin du retour vers l’Australie après une patrouille dans les Salomon. Mais si le sous-marin identifie bien des transports faisant route vers l’est, il ne parvient pas à évaluer correctement leur vitesse, d’autant plus qu’ayant tenté une attaque à la torpille, il est détecté par les escorteurs et doit manœuvrer pour s’échapper.
Quand Crace est averti du repérage du Sfax, il estime – avec raison – que le convoi se dirige en fait vers Guadalcanal. Il décide donc d’intercepter la flotte japonaise entre les îles Russell et Guadalcanal avec le task-group américain, chargé de reconnaître exactement les forces ennemies et de leur infliger un maximum de dégâts, sans hésiter à décrocher si les Japonais sont trop puissants. De son côté, il va positionner sa propre force dans la Baie elle-même pour recevoir dignement les éléments japonais qui auraient échappé à Scott.
Ce plan est raisonnable, mais il présente une faille. Persuadé que les Japonais s’apprêtent à débarquer dans l’île de nouveaux renforts, Crace suppose que le convoi est, comme à l’habitude, constitué de transports lents (et relativement sacrifiables) qui n’arriveront au plus tôt qu’en fin de nuit du 28 au 29. Ayant ainsi mal apprécié la vitesse des Japonais, il se trompe de plus de quatre heures en estimant l’heure de leur arrivée et son escadre va se présenter au sud des Russell bien après le passage des navires de Goto.



Merci à FREGATON,
ainsi qu'à CAPU ROSSU
pour leurs relectures et leurs corrections et améliorations.
Merci à PATZEKILLER aussi !

Merci à mes complices du Cercle de Stratégie, qui ont joué l'affaire au sens rôliste plus que wargameur du terme. Les joueurs avaient chacun un rôle : Crace, Scott, Goto, Nishimura, Ohmae. Et chacun réagissait avec son expérience de wargameur mais aussi et surtout avec son expérience du "rôle" assigné (je suis X, j'ai la mission Y, j'ai aussi, disons, le désir de me faire bien voir, et même de montrer que je suis meilleur que mon supérieur actuel... et puis je sais que les grands chefs ne seraient pas contents si je me faisais couler trop de bateaux, etc).
Les résultats des tirs ont été conformes aux exemples historiques (quand il y en avait...) et non au hasard d'une table et d'un dé.
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patzekiller



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MessagePosté le: Mar Avr 29, 2014 18:04    Sujet du message: Répondre en citant

c'est bien pour ça que j'ai rejoué une dizaine de fois l'engagement Wink
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Avr 29, 2014 18:21    Sujet du message: Répondre en citant

Je me suis demandé si je mettais "Merci à Patzekiller pour sa banque de résultats" ... J'ai craint que ce soit mal compris... Rolling Eyes
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ladc51



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MessagePosté le: Mar Avr 29, 2014 21:25    Sujet du message: Répondre en citant

euh... Embarassed

Pour ma part, je remercierai tous les auteurs de cette simulation... quand j'aurai lu son compte-rendu... Confused ou ai-je (encore) raté quelque chose ? Crying or Very sad
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MessagePosté le: Mer Avr 30, 2014 01:07    Sujet du message: Répondre en citant

ladc51 a écrit:
euh... Embarassed

Pour ma part, je remercierai tous les auteurs de cette simulation... quand j'aurai lu son compte-rendu... Confused ou ai-je (encore) raté quelque chose ? Crying or Very sad


Meuh non, Laurent ! Tu n'as rien raté.
J'ai voulu remercier tout le monde et indiquer comment cela s'était fait au début de l'action, et non à la fin. J'ai pensé qu'il pouvait être intéressant de connaître le modus operandi avant de lire le résultat.
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ladc51



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MessagePosté le: Mer Avr 30, 2014 07:13    Sujet du message: Répondre en citant

Bref, tu nous fais du teasing... Confused

Je reconnais bien là tes talents de tortionnaire ! Evil or Very Mad

La suite, la suite ! Cool
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MessagePosté le: Jeu Mai 01, 2014 18:28    Sujet du message: Répondre en citant

Où l'on voit que même Onishi a une vie privée...
et où, sur l'eau, ça se corse...


28 décembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal, aux abords de Tassafaronga
– Le processus d’évacuation des troupes japonaises est arrivé à une étape critique : la plupart des troupes de Kawagushi ont quitté discrètement les positions qu’elles tenaient depuis l’échec de leur dernière offensive et se sont massées tant bien que mal aux abords de Tassafaronga. A présent, seul le petit 28e Régiment du Génie est encore en mesure de s’opposer à une offensive américaine sur la Matanikau, et il serait incapable de résister plus de quelques heures. Que les Yankees se décident à attaquer, et ils peuvent tomber sur les huit mille hommes qui se préparent à évacuer et faire un massacre ! Mais le front nord reste calme toute la journée.
Lorsque le soir tombe, Kawagushi s’autorise un soupir de soulagement – tout en se félicitant d’avoir décidé de fortifier le Seahorse dès la fin novembre, puisque c’est visiblement lui qui monopolise pour l’heure l’attention des Américains. Ne reste plus, à présent, qu’à attendre les transports promis par la Marine…

Guadalcanal, sur le Seahorse – Pendant les quelques heures de sommeil qu’il parvient à grappiller avant le lever du jour, Onishi fait des rêves très étranges. Pour la première fois depuis des années, il repense à ses parents et à son enfance. Une partie de lui-même a certes conscience que ces souvenirs surgissent à cause des ordres qu’il a lui-même donnés (il a recommandé à ses hommes d’écrire à leurs proches avant d’accomplir le sacrifice suprême pour la plus grande gloire de l’Empereur), et des questions qu’ils ont soulevées en lui : à qui pourrait-il bien écrire, lui ? Dans ses rêves, il revoit son enfance sur l’île de Takashima, la mort de son père, noyé dans l’inondation de la mine de charbon où il travaillait de l’aube au crépuscule (« J’aimerais tant voir plus souvent le soleil » est l’une des seules paroles de son père dont il se souvienne), la mort de sa mère – de chagrin, lui a dit sa grand-mère, qui s’est occupée de lui par la suite… Mais elle aussi est morte bien avant qu’Onishi ne revête l’uniforme. Alors, à qui pourrait-il bien écrire ? Les premiers obus de l’artillerie américaine le tirent de son sommeil avant qu’il puisse trouver une réponse à cette question.
………
Malgré les pertes de la veille, le colonel Moore s’obstine : il prendra le Seahorse dans les deux jours impartis et évitera ainsi de donner raison à ce maudit Marine de Jackson ! Néanmoins, il change quelque peu ses batteries. L’attaque de diversion contre les pentes est est abandonnée et le secteur est confié au III/164e, qui a besoin de récupérer. Le I/164e passe en réserve, avec pour mission d’exploiter la percée, elle-même confiée au II/164e, dont l’effort doit se concentrer sur les pentes ouest.
L’attaque est précédée d’un bombardement encore plus intense que la veille (Moore a passé sa frustration sur les artilleurs du 10e Marines et sur les aviateurs d’Henderson Field), mais ce dernier n’est guère plus efficace que le précédent. De toute évidence, la défense japonaise du secteur s’est ressaisie, et les GI du II/164e se retrouvent eux aussi bloqués à mi-pente. Les pertes s’accumulent sans progression notable et, en milieu d’après-midi, Moore jette l’éponge. Tandis que le II/164e revient sur ses positions de départ, le fier colonel est obligé d’admettre que rien ne remplace l’expérience du combat dans la jungle. Il finit par manger son chapeau (ou plutôt sa casquette) et demande à Jackson de l’aider à prendre enfin cette (succession de jurons bien sentis) de colline.

Tentative de bluff
Ironbottom Sound, 19h40
– Toute la journée, une dense couverture nuageuse a réduit l’efficacité des reconnaissances aériennes, d’autant plus que les bombardiers basés à Rabaul ont fait un effort important contre Henderson Field et que les hydravions des diverses bases japonaises des Salomon ont patrouillé agressivement dans le secteur. Goto et son escadre ont donc pu progresser sans être repérés.
Tandis que les forces alliées approchent tranquillement des Russell, les Japonais doublent Savo par le sud-ouest un peu plus d’une heure après le coucher du soleil. La force de bombardement ratisse l’ouest de la Baie, mais toutes les embarcations légères alliées, averties de l’arrivée d’une puissante force japonaise, se sont mises à l’abri. La Baie est déserte, en dehors des deux navires-hôpitaux.
Pendant que les transports mouillent au plus près des plages du nord-ouest de Tassafaronga et que le Oi met en action ses deux embarcations Daihatsu, le Wanganella est contrôlé par le Yunagi, qui conduit quatre officiers australiens et le représentant de la Croix-Rouge suisse inspecter l’Hikawa Maru. Les Australiens et le Suisse sont invités à observer le transfert de six infirmières et de 35 tonnes de médicaments et de matériel médical sur le navire-hôpital japonais. Ils retourneront sur le Wanganella le lendemain. Les marins australiens devaient décrire les Japonais comme « très scrupuleux, très raides, très stricts et… corrects au sens teuton du mot. » Une lettre de Yamamoto leur a été remise, disant combien il appréciait le travail des deux navires et affirmant que les forces sous son contrôle feraient tous leurs efforts pour éviter de gêner leurs activités. La lettre autorise le capitaine du Hikawa Maru à négocier par l’intermédiaire du Wanganella l’utilisation d’un hydravion-ambulance de chaque camp pour évacuer les blessés et malades des deux navires et leur apporter des fruits frais et du ravitaillement médical. En réalité, tout ceci est du bluff : les Japonais veulent éviter de faire comprendre aux Alliés qu’ils évacuent.

Les Japonais se déploient
Ironbottom Sound, 22h35
– Laissant les transports à leur tâche, Goto, avec la force de bombardement, met le cap à l’est pour aller bombarder Henderson Field.
De son côté, Ohmae, avec le Kiso et les six destroyers de l’Escadre de Mer du Sud, va patrouiller entre Savo et Guadalcanal.

Les Alliés arrivent en retard
Au nord-ouest de Guadalcanal, 23h12
– L’escadre alliée, ignorant que les Japonais sont déjà passés, parvient enfin entre Guadalcanal et les Russell. Laissant patrouiller dans ce secteur la force américaine, Crace s’avance entre Savo et Guadalcanal. Soucieux – un peu tard peut-être – de ne rien laisser au hasard, il a chargé les torpilleurs français L’Adroit et Casque d’aller reconnaître le passage entre Savo et Florida et il a envoyé en avant-garde Le Hardi et Le Foudroyant entre Savo et Guadalcanal. Sa force principale s’avance un peu plus loin : d’abord les destroyers en ligne de front (deux Australiens et quatre Hollandais), puis les croiseurs en file : l’Achilles et le Brisbane précèdent le Renown, que suivent l’Australia et le Tourville.

Premier contact
Entre Savo et Guadalcanal, 23h41
– Les deux éclaireurs français, Le Hardi et Le Foudroyant, détectent au radar la flottille d’Ohmae. Mais si la nuit est sombre, elle est calme ; les étraves fendent une mer plate où elles allument des phosphorescences et, au même moment, les veilleurs nippons n’ont aucun mal à repérer l’ennemi.
Les Japonais accélèrent et respectent les consignes standards en pareil cas, renforcées par Tanaka et par Goto : « Ne pas se servir d’emblée du canon, pour ne pas révéler sa position. Commencer par lancer des torpilles ». Le Kiso lance donc quatre Longues Lances – mais les Français ont dénombré leurs adversaires et constaté, à leur changement d’allure, qu’ils les avaient sans doute repérés. Tout en donnant l’alerte à Crace, ils font demi-tour juste à temps pour éviter les quatre torpilles.

(à suivre...)
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MessagePosté le: Jeu Mai 01, 2014 22:18    Sujet du message: Répondre en citant

Quel suspense !

Citation:
Ironbottom Sound, 22h35 – Laissant les transports à leur tâche, Goto, avec la force de bombardement, met le cap à l’est pour aller bombarder Henderson Field.

Je suggère "pour s'en prendre à Henderson Field"
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MessagePosté le: Sam Mai 03, 2014 10:01    Sujet du message: Répondre en citant

@ Loïc : noté.

La suite...


29 décembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Lever le doute
Ironbottom Sound, 00h14
– Redoutant (avec clairvoyance !) qu’il y ait du monde derrière les deux torpilleurs qui s’enfuient devant lui, Ohmae fait demi-tour. Il rappelle à lui le CLTT Oi, tout en signalant à Goto qu’il a repéré et mis en fuite deux destroyers ennemis.
A ce moment, Goto hésite pendant quelques minutes. Peut-être ces deux destroyers sont-ils isolés ? Ou peut-être ne s’agit-il que d’une force légère que la flottille d’Ohmae suffira à repousser ? Finalement, il se refuse à faire courir un risque aux transports. Il ordonne à Nishimura de poursuivre vers Henderson Field avec les croiseurs lourds Atago et Takao, le croiseur léger Nagara et la 4e Division de Destroyers (Maikaze, Samidare, Tanikaze et Tokitsukaze). A tout hasard, il charge la 10e Division de Destroyers (Akigumo, Kazagumo, Makigumo et Yugumo) d’aller couvrir les transports, au large de Tassafaronga. De son côté, avec les croiseurs lourds Aoba, Furutaka, Haguro et Myoko, le croiseur léger Kinu et les destroyers Hayashio, Kuroshio et Oyashio, il se dirige vers l’ouest à 20 nœuds.

Dans l’arène
Entre Savo et Guadalcanal, 00h36
– Pendant que Goto hésite, Crace poursuit sa route au 140, toujours en deux groupes (destroyers en ligne de front, puis croiseurs en ligne de file), à vitesse prudente – 15 nœuds, ce qui a l’avantage de réduire la visibilité des lames d’étrave. Pour ne pas déranger la disposition des destroyers (les deux meilleurs radars ont été placés aux deux extrémités de la formation), il ordonne aux deux Français de venir se placer derrière la ligne de file des croiseurs. Cependant, ignorant ce qu’il a en face de lui – peut-être seulement quelques destroyers ? – il décide de ne pas rappeler le task-group de Scott.
Pourtant, Scott a lui aussi capté le signal du Hardi. Il en conclut immédiatement que les Japonais sont en force dans la Baie, que Crace a été trop lent à agir – il a raison, même s’il se base plus sur une intuition que sur autre chose – et il décide de son propre chef qu’il ne va pas attendre l’autorisation de Crace pour cesser de patrouiller entre Russell et Guadalcanal. Il ordonne à ses six bâtiments de monter à 25 nœuds et de faire route vers Cap Espérance. En vue de la terre, la flottille devra suivre au plus près le trait de côte de Guadalcanal (au lieu de chenaler en plein milieu du passage Savo-Guadalcanal). Scott espère ainsi éviter qu’une force ennemie se trouvant entre la côte et lui échappe à ses radars, perturbés par les échos de terre. Il s’abstient par ailleurs d’informer Crace, « afin (expliquera-t-il plus tard) de ne pas signaler [sa] présence aux écoutes japonaises ».

Préparation d’une embuscade
Entre Savo et Guadalcanal, 00h49
– Dès qu’il a rejoint le Oi, Ohmae a fait remettre le cap au 310, c’est-à-dire vers l’ennemi qu’à l’exemple de son maître Tanaka, il sent approcher. Il décide de séparer ses bâtiments en deux groupes dès qu’il aura repéré le gros des forces adverses : les six destroyers feront route au nord, vers Savo, pendant que le Kiso (qui a rechargé ses tubes) et le Oi se dirigeront vers Guadalcanal, à l’ouest. L’idée est de prendre les navires alliés en tenaille entre deux gerbes de torpilles.

Chargez !
Entre Savo et Guadalcanal, 01h09
– Les vigies du Kiso repèrent les lames d’étrave d’une demi-douzaine de petits bâtiments. Comprenant qu’il s’agit de l’avant-garde d’une force importante, Ohmae ordonne aussitôt à sa flottille de se diviser.
01h16 – Le radar de l’Arunta, à l’aile gauche des destroyers alliés, repère les destroyers japonais au moment où ces derniers viennent de se séparer des deux croiseurs et ont mis le cap au 355. L’Arunta signale aussitôt à ses équipiers : « 25 nœuds, par la gauche venir au 85°, formation Un [en ligne de file] ». A cet instant, l’Isaac Sweers, à l’aile droite des destroyers, repère les deux croiseurs légers japonais cap au 265 et les signale aussitôt. Le commandant de l’Arunta réplique : « Ordre maintenu » – la tradition des forces légères australiennes affirme qu’il aurait ajouté : « Chargez ! » Quoiqu’il en soit, les six bâtiments montent les feux et chargent bel et bien les destroyers japonais. L’Arunta signale simultanément à Crace de se méfier des deux bâtiments ennemis qui se dirigent vers la côte de Guadalcanal.
Bien entendu, les destroyers japonais se savent repérés, mais ils attendent leurs adversaires de pied ferme. De son côté, Ohmae, sur le Kiso suivi du Oi, peut croire qu’il est passé inaperçu.

Dogfight sur l’eau
Au sud de Savo, 01h34
– C’est un véritable duel à courte distance entre deux flottilles de destroyers qui s’engage. Un cas d’école enseigné dans toutes les académies navales. Les Japonais sont expérimentés, mais leurs adversaires ne sont plus les malheureux Américains massacrés un an plus tôt à Balikpapan ou à Tourane. Les bâtiments se valent bien. Les équipages australiens et hollandais sont aussi expérimentés que leurs adversaires. Sous l’impulsion de Crace, ils se sont entraînés depuis des semaines au combat de nuit et, entre bâtiments qui se sont mutuellement aperçus et identifiés, à faible distance, l’avantage des Longues Lances est limité par rapport aux torpilles britanniques qui équipent les navires alliés.
Alors, c’est une fête sauvage, les éclairs qui jaillissent sans discontinuer des canons, les gerbes d’eau qui éteignent parfois les départs d’incendie provoqués par les coups au but, les superstructures ravagées par les obus, les torpilles qui frappent, soulevant les navires qui retombent lourdement, leurs structures brisées, le mazout enflammé qui se répand à la surface et, sur ce fond de toile apocalyptique, des tronçons de coque qui pointent à la verticale avant de s’engloutir à jamais.
………
Cette mêlée d’anthologie dure environ cinquante minutes. Au terme de l’empoignade, l’Isaac Sweers et le Van Nes ont disparu sous les eaux, l’Arunta, couché sur le flanc, est en train de sombrer, mais le Kawakaze et le Takanami ont été dévorés par les flammes. Les quatre autres Japonais se replient vers le nord (en longeant la côte est de Savo) pour recharger leurs tubes. Si les Umikaze et Naganami sont intacts ou presque, le Suzukaze a du mal à maîtriser un incendie et le Makinami, assez gravement endommagé, ne peut donner plus de 20 nœuds.
Le Warramunga et les deux Hollandais survivants (les Van Ghent et Witte de With), restés sur les lieux du combat, repêchent les naufragés qui se débattent au milieu des débris. Bien évidemment, les deux camps surévaluent les pertes causées à l’adversaire.

Mauvaise surprise pour Ohmae
Au large de Guadalcanal, 02h03
– Pendant ce temps, les deux croiseurs japonais ont tenté de passer entre la côte de Guadalcanal et le groupe principal de Crace, qu’ils n’ont pas tardé à repérer. Convaincu d’être invisible sur le fond sombre de la côte, Ohmae ordonne de lancer sur tribord une bordée complète (douze Longues Lances du Oi et huit du Kiso). Mais peu après, il constate, à son grand désarroi, que l’escadre ennemie change de cap !
En effet, averti par ses destroyers, Crace a repéré les deux croiseurs japonais grâce au très bon radar du Renown. Il fait abattre au même instant tous ses croiseurs de 90° sur tribord (vers le sud-ouest), transformant sa ligne de file en ligne de front. Les croiseurs alliés se dirigent ainsi droit sur les deux Japonais, en ouvrant le feu avec toutes leurs pièces de chasse.
Comprenant que ses torpilles vont manquer leur cible et qu’il serait suicidaire de manœuvrer pour permettre au Oi de lancer sa bordée bâbord, Ohmae ordonne à ses deux bâtiments d’accélérer au maximum, cap au nord-ouest, pour se dégager. Les deux Japonais foncent, zigzaguant follement entre des gerbes de toutes tailles, du 6 au 15 pouces.
02h30 – Incapable de suivre les deux Japonais avec le Renown, Crace se refuse à diviser encore ses forces pour leur courir après. En effet, il s’est rendu compte que des Japonais (mais combien ?) l’avaient devancé alors qu’il croyait être le premier dans la Baie, et il ne veut pas lâcher sa mission, qui est après tout de protéger Henderson Field et de détruire d’éventuels transports – or, il présume qu’il y a d’autres Japonais dans la Baie.
Le Kiso et le Oi s’enfoncent donc dans la nuit, poursuivis seulement par les obus d’une dernière bordée du Renown

Evolution de groupe
Entre Savo et Guadalcanal, 03h05
– Laissant filer les deux croiseurs légers, Crace ordonne à ses cinq croiseurs de continuer à virer à tribord jusqu’à avoir fait un 360°, puis il reprend sa ligne de file et son cap initial au 140 (parallèle à la côte de Guadalcanal). Cette manœuvre, difficile même en plein jour, témoigne par sa réussite de l’habileté acquise par les marins de l’ABDF. Pour éviter les désordres et les abordages, il faut en effet que tous les bâtiments concernés tournent exactement en même temps avec le même rayon de giration, le tout dans des conditions de stress élevé dues au combat. A l’arrivée, tout va bien : « On se croirait à la relève la garde à Buckingham Palace ! » commente, ravi, un officier du Tourville.
Ce n’est qu’à ce moment que l’on s’aperçoit que les deux torpilleurs français, qui suivaient les cinq croiseurs avec un décalage assez important, ont continué tout droit et se trouvent à présent devant les croiseurs. N’ayant plus de nouvelles claires des destroyers australo-hollandais, Crace leur demande de lui ouvrir la voie. Sa ligne devient : Le Hardi, Le Foudroyant, Achilles, Brisbane, Renown, Australia, Tourville.

Repositionnement
A l’entrée d’Ironbottom Sound, 03h35
– Alors qu’il repart vers le sud-est, Crace ignore que le Renown a réussi un near-miss sur le Oi avec un des obus de 15 pouces de sa dernière salve. La vieille coque du croiseur léger (vingt-deux ans d’âge et deux refontes importantes), qui était lancé à pleine vitesse, commence à vibrer et les rivets qui lâchent successivement la font ressembler à une passoire. Sur le Kiso, Ohmae, voyant le Oi endommagé (sa vitesse maximum tombe à 18 puis à 12 nœuds), décide de l’escorter vers la sécurité.
Au même moment, Scott, qui a doublé Cap Espérance avec son task-group, longe à 25 nœuds la côte de Guadalcanal, aussi près du rivage qu’il le peut sans danger. Sans le savoir, il rattrape peu à peu Crace, qui, après son 360°, suit à 15 nœuds une route parallèle, mais nettement plus au large.
Quand il débouche dans la baie elle-même, l’amiral anglais demande aux deux torpilleurs français qui avaient été envoyés reconnaître le passage au nord de Savo et sont à ce moment au nord-est de l’île (L’Adroit et Casque) de longer Savo par l’est pour porter assistance aux destroyers hollando-australiens, dont il n’a pas de nouvelles (les deux bâtiments leaders ont été coulés et les survivants sont occupés à recueillir les naufragés et à réparer les dégâts subis). De son côté, il monte prudemment à 18 nœuds.
Pendant ce temps, plus à l’est, Goto, ayant appris par un message d’Ohmae qu’une force ennemie importante entrait dans la Baie, fonce à 30 nœuds vers l’ouest pour se placer entre Crace et les transports. Après réflexion, il décide de rappeler la force de Nishimura, qui faisait route vers Henderson Field.

Mauvaise rencontre au coin d'une île
A l’est de Savo, 03h58
– Longeant Savo vers le sud, les Adroit et Casque tombent sans avertissement sur les quatre destroyers japonais, qui achèvent de recharger leurs tubes lance-torpilles et sont encore cap au nord, tentant de joindre Ohmae pour demander des instructions. Très nerveux (on le comprend un peu) après un combat acharné et presque au corps à corps, le capitaine du Naganami, qui a pris le commandement des quatre navires, est persuadé que les deux adversaires qu’il aperçoit par tribord avant sur un cap de collision sont suivis, comme au sud de Savo, par toute une escadre. Il ordonne aussitôt de lancer une salve (20 torpilles, car le Suzukaze n’a plus qu’un affût opérationnel et le Makinami, endommagé, n’a pu recharger) et d’accélérer. En face, presqu’au même instant, les Français lancent cinq torpilles chacun et dégagent en abattant brutalement vers l’est.
L’échange est fatal au Casque, qui ne s’est pas écarté assez vite et se fait désintégrer par trois Longues Lances, et au Makinami, qui n’a pu accélérer avec ses sectionnaires et reçoit deux torpilles, bien trop pour lui.
Les adversaires survivants se perdent de vue. Peu après, les Naganami, Suzukaze et Umikaze, qui n’ont plus de torpilles, reçoivent l’appel de leur chef direct, sur le Kiso, qui leur demande de le rejoindre au nord-ouest de Savo pour escorter avec lui l’Oi blessé. Certes, Goto sonne lui aussi le rappel, mais selon la norme japonaise, le “vrai” chef de ces destroyers est Tanaka, remplacé pour l’instant par Ohmae.
De son côté, L’Adroit, qui n’a plus que deux torpilles, finit par retrouver au sud-est de Savo l’Australien et les deux Hollandais restants – les Warramunga, Witte de With et Van Ghent. Ils n’ont plus, eux aussi, que deux torpilles chacun… et pas mal de naufragés à bord.

(à suivre...)
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MessagePosté le: Sam Mai 03, 2014 11:18    Sujet du message: Répondre en citant

Palpitant !
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