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Texte intégral Asie-Pacifique Décembre 42
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mar Mar 04, 2014 11:35    Sujet du message: Répondre en citant

Décidément 1942 tire à sa fin...
Voici le début de l'intégrale "Pacifique Sud-Ouest", qui complète l'intégrale Asie-Pacifique. L'essentiel est dû au travail de Parménion.


1er décembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal (ouest)
– Devant la lenteur de la progression vers le front des hommes de la 28e Division, Kawagushi est obligé, la rage au cœur, de retarder le début de l’offensive qui doit bouter définitivement les Yankees hors des Salomon. Les hommes du 28e Régiment de Reconnaissance, chargés d’étudier les lignes américaines et d’en repérer les points faibles, sont encore à plus d’une journée de marche de la Matanikau !
Après avoir passé un savon aux officiers responsables, Kawagushi décide de décaler l’assaut au 5 décembre. Mais il exige pour le 3 décembre au soir, date initialement prévue pour l’assaut, un état détaillé du front ennemi. « Débrouillez-vous ! Faites des prisonniers s’il le faut, éructe-t-il. Je veux tout savoir sur l’organisation de ces chiens de Marines ! »

Guadalcanal (est) – C’est avec émotion que les Marines voient partir les survivants du 6th Construction Batallion, réduit à 140 hommes sous les armes. Ils savent tout ce qu’ils doivent à ces vétérans et réservent à présent le meilleur accueil à leurs successeurs, qu’il s’agisse des hommes du 14th CB, déjà en action à Koli Point, ou de ceux du 1st Marine Aviation Engineers, auxquels est confié l’achèvement des pistes de Kukum. La première de ces pistes sera ouverte aux chasseurs le 1er janvier 1943.
………
Les CB ne sont pas les seuls à partir dans le cadre de l’opération Butterfly : le 5e Rgt de Marines va se refaire une santé en Nouvelle-Calédonie (mais plusieurs de ses cadres ne jouiront que d’un bref repos avant d’être envoyés former les bleus de la 3e Division USMC, en cours de constitution). Il est remplacé par le 132e Rgt d’Infanterie de la division Americal. Il est prévu que celle-ci (officiellement 23e DI-US) soit dans quelques semaines entièrement déployée sur Guadalcanal. Elle aura alors remplacé l’équivalent d’une division des Marines et représentera la moitié des troupes américaines déployées dans l’île.

Truk – La marine japonaise commençant à manquer cruellement de transports, le porte-hydravions Sanuki Maru est officiellement reclassé en cargo et affecté au Ministère du ravitaillement naval, à Yokosuka. Ses hydravions débarqués, le navire appareille pour le Japon en compagnie du Chitose, qui doit se rendre au chantier naval de Sasebo pour y être converti en porte-avions léger. Cette conversion devrait être achevée en septembre 1943.


2 décembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– Tout au long de la journée, les rapports de la Cactus Air Force confirment les craintes de Vandegrift : les pilotes en maraude à l’ouest de la Matanikau signalent d’importants mouvements de troupes et de matériel en direction des lignes américaines. Si les P-400 prélèvent leur écot, non sans risques (un chasseur-bombardier malchanceux a été abattu par la faible DCA japonaise le matin même), ils ne peuvent que ralentir les préparatifs ennemis, pas les empêcher.
À ce stade, Vandegrift hésite encore sur la direction et sur la date exacte de l’offensive de Kawagushi. Le front de la Matanikau et de ses affluents constitue l’axe d’attaque le plus logique, maintenant que les Marines ont renforcé leurs positions au sud avec la prise de Galloping Horse et de Gifu, mais les Japonais déploient une activité considérable autour du Seahorse : simples travaux défensifs ou prémisses d’un nouvel assaut pour reconquérir les positions perdues le mois précédent, et menacer de nouveau Henderson Field ?
En revanche, Vandegrift estime disposer d’un certain délai avant l’attaque, qu’il n’escompte pas avant le 10 ou le 11 décembre. Il est vrai qu’il se fonde sur le calendrier des précédentes offensives japonaises et qu’il n’a pas connaissance des ordres de Kawagushi : attaquer au plus vite, avant que ses troupes à peine débarquées ne soient usées par le terrain et le climat. A sa place, l’Américain attendrait, entre autres, d’avoir accumulé des réserves de munitions pour son artillerie, mais le Japonais n’a pas ce souci – le gros de son artillerie est au fond de l’eau, à moins qu’elle n’ait été anéantie par les avions alliés, assommée par les tirs de contre-batterie ou perdue lors des attaques précédentes des Marines. Mais ce sont les hommes qui importent, leur valeur et leur nombre : le courage des soldats du tenno est certain et à présent que l’Armée Impériale peut disposer sur Guadalcanal d’une masse de manœuvre suffisante, la victoire est assurée. Du moins, c’est ce qu’a proclamé l’état-major, à Tokyo. Pour Kawagushi, cela signifie : le triomphe ou la disgrâce, d’autant plus qu’il a bien compris, à travers ses échanges (comme toujours tendus) avec la Marine, qu’un échec signerait l’abandon de Guadalcanal aux Américains – grand bien leur fasse !

3 décembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal, 01h30
– Tapi, incrusté plutôt, dans la végétation, le lieutenant Onishi observe de tout près un soldat américain en train de vider sa vessie. Il évite soigneusement de bouger, tant pour ne pas recevoir sur le visage le jet d’urine qui creuse une petite flaque à une trentaine de centimètres de son nez, que pour ne pas trahir sa position. Il éprouve une vive angoisse lorsqu’il voit le soldat en question se retourner, baisser son pantalon et s’accroupir, mais un commandement hurlé par un sous-officier – de mauvaise humeur, à en juger par le ton – lui arrache un soupir de soulagement : maugréant un juron, le Yankee (qui est peut-être en fait du Sud des Etats-Unis, mais le Japonais n’a cure de ce genre de distinctions) rajuste sa tenue et s’éloigne. Onishi vient d’échapper à des heures d’attente le nez dans un étron yankee, et il en remercie respectueusement l’Empereur et tous les dieux.
Le lieutenant Onishi fait partie des hommes du 28e Régiment de Reconnaissance qui, sur ordre du général en chef, étudient depuis plusieurs jours les positions américaines dans le secteur de la Matanikau. Mais Onishi n’est pas n’importe quel lieutenant ; il sait qu’il est le meilleur officier de son régiment, même s’il fait preuve d’une modestie de tous les instants, calculée pour lui éviter d’être trop souvent en butte à la jalousie de ses camarades, particulièrement virulente envers un homme sorti du rang. Aussi n’a-t-il pas été surpris, la veille, lorsque son colonel lui a intimé l’ordre de ramener des prisonniers dans les 24 heures afin de les interroger. Il a simplement demandé à choisir deux hommes de confiance, avec lesquels il s’est préparé avec soin. Après s’être déshabillés en grande partie, ils se sont roulés dans la boue de la jungle jusqu’à être entièrement recouverts d’une pâte brunâtre, collante comme une seconde peau. Puis ils ont observé toute une journée les allées et venues des Américains dans le secteur avant d’ajouter une seconde couche de boue et de se tartiner de fientes mises gracieusement à leur disposition par la faune locale, de feuilles et de morceaux d’écorce. À la nuit tombée, ils se sont glissés sans bruit jusqu’aux lignes des Marines et depuis, ils attendent en s’enfonçant lentement dans le sol spongieux qui boit l’urine américaine.
………
03h58 – A quelques mètres d’Onishi, les Marines ont installé l’une des positions d’un réseau de retranchements – des postes de tir renforcés de sacs de sable. Le lieutenant sait que le calme apparent de la nuit ne va pas durer. À 04h00 pile, le 28e de Reconnaissance va lancer une diversion un peu plus au nord : des tirs nourris, des cris pleins de vigueur, du mouvement dans la jungle toute proche, bref, de quoi réveiller tous les Yankees du coin et attirer leur attention. Le lieutenant n’a gardé avec lui que trois objets manufacturés, qui ne lui sont d’aucun secours face à la vermine qui dévore son épiderme et qui essaye, lentement mais avec persévérance, de s’ouvrir un chemin vers l’intérieur de son corps chaud et gorgé de sang. Le premier est sa montre, dont le cadran, quoique noirci de boue, est disposé juste devant son œil gauche et indique 03h59. Le deuxième est une baïonnette, parce qu’on ne sait jamais et qu’au pire, elle peut permettre d’échapper honorablement à la capture. Le dernier est un mouchoir boueux rempli de sable humide, qu’il tient dans sa main droite et qui devrait lui épargner d’avoir recours à la baïonnette – il jouera un rôle décisif dans moins de soixante secondes.
À 04h00 précises, le 28e Régiment lance son attaque. Onishi remercie mentalement ses camarades pour leur exactitude et se redresse. Ses yeux habitués à l’obscurité repèrent des hommes qui se hâtent vers leurs postes de combat. Le lieutenant bondit. En quatre enjambées, il se trouve derrière le Marine le plus proche, qui regarde fixement vers le nord. Son bras droit dessine un arc de cercle, passe devant le visage de l’Américain et plaque le contenu sableux du mouchoir sur sa bouche et son nez, pendant que son bras gauche lui agrippe le torse dans une étreinte d’acier. Toute la difficulté de l’action est d’asphyxier la cible juste assez pour la rendre incapable de résister, sans l’envoyer rejoindre ses misérables ancêtres. Onishi maîtrise parfaitement cet art, il s’est entraîné longuement sur des prisonniers chinois, il n’en a pas perdu beaucoup. Détail qui le hantera jusqu’à la fin de ses jours, ses narines s’emplissent de la puissante odeur corporelle de sa victime, si différente de celle d’un Japonais. Quand la résistance de son prisonnier faiblit, il commence à l’entraîner vers les lignes japonaises.
Pendant quelques secondes, la diversion fait son office, et Onishi progresse sans encombre. Puis des cris retentissent, des Marines réagissent et l’ajustent, mais le pantin désarticulé qui panique entre ses bras constitue sa meilleure protection. Sa meilleure, mais pas la seule : embusqués dans ce but à une dizaine de mètres de part et d’autre, ses deux compagnons ouvrent le feu, des hommes tombent, touchés ou à couvert ? Aucune importance pour Onishi, qui poursuit sa route alors que l’enfer se déchaîne sur cette langue de boue, à quelques encablures de Koli Point.
Lorsqu’il rejoint ses lignes, haletant mais sauf, poussant devant lui son prisonnier terrifié qui vomit un mélange de sable et de bile, Onishi n’a pas une pensée pour les deux soldats qui ont couvert sa retraite et qui y sont restés. Leur sacrifice était nécessaire et, somme toute, normal : n’est-il pas le meilleur officier du régiment ?
Maintenant, il faut faire parler le prisonnier, et rapidement, pour satisfaire le colonel. Mais là aussi, Onishi sait qu’il est le meilleur. Il est capable de faire craquer un soldat lentement, sans aucune violence, en plusieurs jours ; il est également capable d’arracher à un homme ses plus précieux secrets en quelques heures. Simple question de méthode, comme il l’a appris en Chine. Onishi utilisera celle qu’il faudra pour satisfaire son colonel.
………
Tout au long de la nuit, des escarmouches éclatent sur le front de la Matanikau. De petits groupes de Japonais harcèlent les Marines sans jamais s’engager à fond.
Dans la journée, les positions américaines sont la cible, à intervalles irréguliers, de quelques obus de 70 ou de 75 – les canons responsables se taisent aussitôt pour éviter les tirs de contre-batterie. Les pertes sont légères de part et d’autre, mais ces piqûres incessantes usent les nerfs des hommes du 1er Régiment de Marines, déjà bien éprouvés. Tenant la partie nord du front, les Marines du 8e Régiment, que les anciens de Watchtower traitent volontiers de bleus, révèlent leur relative inexpérience en trahissant trop souvent leurs positions par des tirs nourris. A la nuit, les Japonais du 28e de Reconnaissance peuvent ainsi reconstituer assez fidèlement leurs plans de feu et la disposition de leurs points d’appui.
………
Lavé, peigné, vêtu d’une tenue plus conforme à son rang, Onishi est confronté à un problème inédit. Faire craquer le prisonnier n’a pas été difficile, au contraire. Pour satisfaire son colonel, Onishi a tout de suite sorti le grand jeu, et une demi-heure plus tard, son principal souci était de réussir à faire taire le Yankee sans l’abîmer davantage. Cependant, tout en se sachant le meilleur officier de son régiment, Onishi a conscience qu’il souffre d’un défaut, certes répandu dans l’armée de l’Empereur, mais bien gênant dans les circonstances présentes : il ne parle que deux ou trois mots d’anglais.
Pour se rassurer, il se répète qu’il ne s’agit que d’un défaut mineur – une fois la guerre gagnée, il est peu probable qu’il rencontre de nouveau un Américain (vivant du moins). À terme, des cours d’allemand pourraient éventuellement s’avérer nécessaires – Onishi, qui se verrait bien chef d’une mission militaire chargée d’enseigner les techniques de combat nippones aux alliés du Japon, prend note mentalement de mettre dès maintenant de côté une partie de sa solde pour payer un répétiteur privé à son retour.
Bien entendu, le lieutenant a demandé un interprète en urgence à l’état-major du général Kawagushi. Mais cet incapable d’officier d’état-major est en retard ! Onishi ne saura jamais que l’interprète en question a été, en effet, bel et bien incapable… d’éviter un obus de 20 mm tiré par un P-400 (son pilote aurait préféré avoir un vrai P-39, avec un canon de 37, mais l’interprète, frappé au milieu du dos, n’a pas vu la différence).
Vers 16 heures, voyant son prisonnier décliner, Onishi demande respectueusement à son colonel la permission de s’enquérir des talents linguistiques des hommes du régiment. Il finit par découvrir un sous-lieutenant qui avoue baragouiner l’anglais et réussit tant bien que mal à interroger le Marine. Onishi rédige le procès-verbal de l’interrogatoire et, à 17h15, le remet à son colonel qui le signe et l’expédie à l’état-major. Avec le sentiment du devoir accompli, Onishi s’autorise un rare sourire pendant qu’il tire une balle dans la nuque de l’Américain, avant d’aller profiter de quelques heures d’un repos bien mérité.
Ce procès-verbal jouera un rôle notable dans les combats des jours suivants.


4 décembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– Rarement deux hommes auront été plus dissemblables que Vandegrift et Kawagushi. Pourtant, en ce 4 décembre, à les voir tous deux penchés, l’air pénétré, sur les cartes de Guadalcanal, un observateur extérieur aurait conclu à une quasi gémellité. D’un certain point de vue, il n’aurait pas eu tort, car tous deux partagent, en cette journée, le même objectif : anéantir l’adversaire.
Si Vandegrift va être surpris, comme il l’avouera dans son rapport à Nimitz, par la rapidité du déclenchement de l’offensive de son adversaire, les coups de sonde de la veille lui ont confirmé l’imminence d’une attaque et lui ont ôté ses derniers doutes quant à sa direction : c’est bien sur la Matanikau que Kawagushi a l’intention de frapper. Vandegrift sait qu’il est trop tard pour modifier son dispositif, même s’il craint que les deux régiments qui tiennent le front ne soient pas en mesure de résister à un assaut mené par des troupes qu’il estime à 10 000 hommes environ. Le 1er Rgt USMC est aussi épuisé que le 5e (qui vient d’être relevé), et le 8e, peu aguerri, n’a jamais été confronté à une attaque de grande envergure. Aussi, en les avertissant d’un assaut imminent, Vandegrift prend-il soin de leur rappeler de tenir à tout prix leurs lignes, et de se retrancher sur leurs positions en cas de percée ennemie. Pour les soutenir, il ordonne au 7e Marines et au 132e RI de la division Americal, tout juste arrivé, de se porter en avant, pour soutenir respectivement les 1er et 8e Régiments. Tous les CB de Kukum et d’Henderson Field sont réquisitionnés pour renforcer les ponts existants sur la Matanikau, et pour établir, à l’aide de bidons ou de jerricans vides et de planches, de nouvelles passerelles pour l’infanterie. Enfin, toute l’artillerie des deux divisions de Marines, réunie sous le commandement de Del Valle, doit être prête à noyer l’attaque japonaise sous un déluge d’acier. Pour ne pas perdre de temps en cas de situation de crise, Vandegrift confie le commandement de l’ensemble de ces forces à son adjoint Martson, qui doit installer son QG avancé sur la Matanikau elle-même. Lorsque la nuit tombe, les Américains sont aussi prêts que possible.
De son côté, Kawagushi est amené à modifier son plan pour tenir compte de deux éléments nouveaux. Le front part, selon une ligne nord-sud quasiment droite, de Koli Point. Il longe d’abord un cours d’eau au nom inconnu ; puis il se dirige vers le sud-ouest à travers la jungle, quelques kilomètres en avant de la Matanikau, jusqu’à rejoindre et suivre un affluent de ce fleuve – à moins qu’il ne s’agisse de la Matakinau elle-même, les relevés topographiques manquent de précision (et c’est un euphémisme). Le théâtre des opérations est clos au sud par les hauteurs du Gifu et du Galloping Horse du côté américain, du Seahorse de l’autre.
Le plan initial de Kawagushi prévoyait d’enfoncer les lignes américaines au sud du front en traversant l’affluent avant de se rabattre vers le nord pour envelopper et écraser les Yankees. Dans un second temps, la 28e division devait traverser la Matanikau et tracer droit vers les plages. La prise d’Henderson Field était l’affaire de trois jours, estimait Kawagushi ; peut-être quatre si les misérables Longs-Nez qui défendaient le Gifu et le Galloping Horse abandonnaient leurs positions pour tenter de lui barrer la route.
Ce plan mûrement réfléchi a dû être revu en raison de la perte (en mer notamment) de la plus grande partie de l’artillerie de la 28e Division et des chars qui l’accompagnaient, sans parler de la destruction de l’artillerie lourde qu’il avait été si difficile d’acheminer. Kawagushi ne dispose plus que d’une quinzaine de canons de 75 manquant de munitions et d’une poignée de blindés. Même le plus courageux samouraï doit tenir compte de certaines réalités, et Kawagushi sait que ses troupes n’ont aucune chance de l’emporter en traversant une rivière, peu profonde mais assez large, sous le feu d’un ennemi dont les retranchements n’ont pas été ébranlés par l’artillerie. La percée n’en serait pas moins certaine, mais au prix de pertes trop élevées pour permettre d’exploiter le succès initial.
Aussi le général nippon décide-t-il de renverser son axe d’attaque et de lancer son offensive principale plus au nord, contre la seule portion du front des Marines non couverte par un cours d’eau, en espérant percer directement jusqu’à la Matanikau et la traverser dans l’élan. Ce choix lui apparaît risqué : même un amateur comprendrait qu’il s’agit du terrain le plus favorable à un assaut, et les Américains, quoique dégénérés et amollis par de trop nombreuses journées passées à boire du whisky en s’adonnant à leurs sports décadents, ne sont pas des amateurs. Kawagushi sait donc qu’il perd tout effet de surprise, mais l’interrogatoire du prisonnier fait par Onishi – qui a immédiatement été promu capitaine – lui permet de rester relativement optimiste. En effet, à sa grande satisfaction, Kawagushi a appris que deux régiments avaient rembarqué quelques jours plus tôt, que les Marines étaient épuisés après avoir perdu 8 000 morts et qu’ils plaçaient leur seul espoir dans l’arrivée de l’Armée, faute de quoi ils évacueraient d’ici la fin de l’année. Après avoir (sans succès) essayé de s’imaginer en train de supplier la Marine de le relever, le général conclut que les Marines sont sur le point de craquer et qu’il suffira d’une dernière poussée pour que leur front s’effondre.
Kawagushi ne se doute pas que les informations dont il dispose ont été involontairement déformées par la piètre maîtrise de l’anglais des officiers du 28e de Reconnaissance, qui ont ainsi brillamment fait œuvre de désinformation dans leur propre camp !
Cependant, pour ne rien laisser au hasard, il met en place deux petites attaques de diversion, aux extrémités nord et sud du front (Koli Point et les sources de la Matanikau), afin d’inciter l’ennemi à y envoyer ses réserves. Il en confie l’exécution au 28e de Reconnaissance, dont deux compagnies partent immédiatement vers le sud, sous les ordres du tout nouveau capitaine Onishi (bien qu’arrivée depuis peu, l’unité a déjà perdu plusieurs officiers dans des attaques aériennes). Deux autres compagnies, déjà déployées au nord, attaqueront sous les ordres de l’adjoint du colonel commandant l’unité. Ces attaques de diversion commenceront dans la nuit du 4 au 5 décembre, à 00h00.
Le fer de lance de l’assaut sera constitué par 6 000 hommes des 30e et 36e régiments, soutenus par tout ce qui a pu être concentré d’artillerie et les quelques chars disponibles. Cette attaque sera lancée à 00h30.
« C’est la valeur des hommes de chaque camp qui va décider du sort de la bataille et de la campagne » transmet Kawagushi à ses officiers. « Je n’ai donc aucun doute sur notre victoire. Vive l’Empereur ! »

Salomon Orientales – Le croiseur lourd Louisville et les destroyers Murphy et McCalla ont quitté Tulagi dans la nuit avec une petite escorte. Mais celle-ci ne dissuade pas le capitaine Minoru Yokota, de l’I-26, qui vient d’arriver sur sa zone de patrouille. Il tente de torpiller le Louisville, le rate, mais c’est le pauvre Murphy qui est achevé par une torpille qui ne lui était pas destinée…
Plus heureux, ses deux compagnons gagneront sans encombre Pearl Harbor. Le McCalla sera de nouveau opérationnel en avril, le Louisville en septembre.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Mar 05, 2014 14:51    Sujet du message: Guadalcanal, par Parménion Répondre en citant

5 décembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal, 00h00
– À l’heure prévue, les hommes du 28e de Reconnaissance se jettent en silence sur les positions américaines en avant de Koli Point. Les consignes données à ses troupes par Kawagushi, inspirées des échecs précédents, en particulier de celui de la Crête sanglante, sont claires : pas de charge bruyante à découvert, mais une approche discrète afin d’arriver le plus rapidement possible au corps à corps et d’éviter de s’exposer aux coups de la redoutable artillerie US. Mais le 28e de Reconnaissance tombe sur un ennemi sur ses gardes et, surtout, bien retranché derrière le petit fleuve côtier à l’ouest de Koli Point.
C’est un massacre. Les deux compagnies sont rapidement clouées au sol par le feu croisé des BAR et les tirs des mortiers de 81 mm. En vingt minutes, les pertes atteignent 30 % de l’effectif. Averti de la mort de son adjoint, le colonel qui commande le régiment rassemble les quelques éléments qui lui restent et se porte personnellement en première ligne.
C’est à ce moment-là que l’artillerie de Del Valle, prévenue de ce que Martson pense d’abord être l’attaque japonaise principale et bien guidée par les équipes de réglage de tir, déverse un déluge de feu qui vaporise en quelques minutes le colonel et la majeure partie des soldats envoyés dans cette mission suicide. Pourtant, les survivants ne renoncent pas ; pendant deux heures encore, de petits groupes d’hommes s’efforcent d’arriver à portée de grenade des lignes ennemies, se font repérer l’un après l’autre sous la lumière blafarde des fusées éclairantes et sont impitoyablement mitraillés. Seuls dix survivants se présenteront au QG de la division le lendemain. Près de 300 hommes restent sur le terrain, hachés par les éclats d’obus, criblés de balles ou noyés dans la rivière. Dans ce secteur, le 8e Marines ne déplorera que quatre tués… par un tir de 105 mm ami, trop court d’une quarantaine de mètres. Néanmoins, aux yeux de Kawagushi, la diversion a atteint son but : elle a attiré l’attention des Américains, trop heureux de se livrer à un véritable tir aux pigeons, et les a trompés sur l’axe principal de son attaque.
00h25 – À l’autre bout du front, le capitaine Onishi, à la tête des deux autres compagnies du 28e de Reconnaissance, doit se rendre à l’évidence : prévenu trop tard de son objectif, il est encore loin d’avoir gagné les positions qui lui étaient assignées pour lancer sa propre attaque de diversion. Il envoie donc un coureur prévenir le général que, sauf contre-ordre de sa part, il ne pourra attaquer qu’à 02h00. Kawagushi ne recevra jamais ce message.
00h30 – Alors que l’attention des Américains se porte vers Koli Point, l’attaque principale est lancée sur un front de cinq cent mètres par le 1er Bataillon du 30e Régiment. L’objectif est de trouver un point faible dans la ligne américaine et d’ouvrir la voie au reste du régiment, chargé d’exploiter la percée en fonçant vers la Matanikau. Le 36e Régiment doit, dans un premier temps, opérer en soutien.
Au début de l’action, le repérage des positions américaines porte ses fruits : les 75 mm du 28e Régiment d’Artillerie mettent immédiatement hors d’état de nuire plusieurs points d’appui de la première ligne des Marines. Progressant aussi silencieusement que possible dans la jungle, les hommes du 30e Régiment commencent à s’infiltrer entre les retranchements encore intacts et les attaquent à la grenade et à la baïonnette. Les fusées éclairantes révèlent alors une vision de cauchemar au commandant de la compagnie B du 8e Marines : plusieurs centaines d’ombres se ruent vers ses positions dans le plus grand silence. Le couvert de la jungle rend moins efficace le feu nourri des Marines, et les demandes frénétiques de soutien d’artillerie restent sans réponse pendant de cruciales minutes – à cause du sacrifice du 28e de Reconnaissance quelques kilomètres plus au nord. Quand, enfin, Martson et Del Valle prennent conscience de la véritable cible du schwerpunkt adverse, il est trop tard : même si les Américains, suivant à la lettre les ordres de leur général, n’ont pas reculé d’un pouce, les Japonais se sont déjà largement infiltrés dans les lignes de la compagnie B, qui se retrouve fractionnée en détachements incapables de coordonner leurs actions. Ne voulant pas risquer de tirer sur ses propres lignes et ayant perdu la plupart des équipes de réglage de tir présentes dans le secteur, l’artillerie US choisit de pilonner au jugé les positions probables du second échelon japonais – de fait, ses obus gênent considérablement la progression du reste du 30e Régiment.
Le combat qui s’engage ainsi va faire rage durant plusieurs heures.
02h00 – Averti des premiers succès du 30e Régiment puis de la résistance américaine, Kawagushi décide de modifier ses plans : plutôt que de laisser le reste du 30e Régiment se faire étriller par l’artillerie ennemie, il l’envoie soutenir l’attaque du 1er Bataillon, tombé à moins de 50 % de ses effectifs.
02h20 – C’est avec plus de deux heures de retard que le détachement Onishi peut enfin lancer son attaque, qui n’est évidemment plus une diversion ! Le secteur qui lui a été attribué est sans aucun doute le plus pénible du front : plusieurs cours d’eau le traversent ou y prennent leur source, et le sol est si gorgé d’eau qu’avancer est une lutte de tous les instants. Plusieurs soldats perdent leurs chaussures ou doivent abandonner leur chargement pour échapper aux sables mouvants et à la boue omniprésente. Deux des quatre mortiers de 50 mm alloués au détachement disparaissent ainsi.
C’est donc avec un peu moins de deux cents hommes en état de combattre qu’Onishi part à l’assaut des lignes du 1er Rgt de Marines. Le terrain joue alors en sa faveur, puisque les Marines n’ont pas pu édifier de retranchements en dur. Plusieurs postes avancés sont assez facilement neutralisés – il est vrai que les quelques Marines qui les occupent ne bénéficient pas du même soutien d’artillerie que leurs camarades du 8e Régiment. A ce jeu, les assaillants perdent quand même un quart de leurs effectifs, mais finalement, et à sa grande surprise, Onishi réussit assez vite à s’infiltrer dans les lignes ennemies...
Quand il parvient sur le cours de ce qu’il suppose être la Matanikau, Onishi réalise que son attaque de diversion a réussi au-delà de toute espérance : il a percé les lignes américaines sans même que les Américains s’en soient aperçus ! En fait, c’est l’offensive principale qui a servi de diversion à la progression de sa colonne. Avec les 150 survivants sous ses ordres, il se fixe un nouvel objectif : rejoindre la force d’assaut principale en remontant la rive gauche de la Matanikau vers le nord, tout en faisant le maximum de dégâts.
03h00 – Après de violents corps à corps, les lignes du 8e Marines plient sous le nombre. Tout le 30e Régiment se jette en avant, malgré l’obscurité, la percée est à portée de la main. La nouvelle des succès japonais et les appels à l’aide du commandant du 8e Régiment parviennent peu après au QG avancé du général Martson.
03h22 – Depuis plus d’un quart d’heure, Onishi observe à la jumelle un campement américain, à une centaine de mètres devant lui, de l’autre côté de la Matanikau. À n’en pas douter, il s’agit d’un état-major ennemi, qui se croit en sécurité aussi loin derrières ses lignes : des hommes ne portant ni sac ni fusil penchés sur des tables éclairées, des opérateurs radio, des téléphones de campagne, toute une agitation caractéristique. Onishi a ordonné à une partie de ses hommes de traverser la rivière à la nage et il a fait mettre en batterie les deux mortiers de 50 mm qui lui restent. Les servants vont devoir viser juste : ils doivent obtenir un effet maximum en quelques obus, avant que leur cible ne se disperse et que tous les Marines des environs ne leur tombent dessus. Dès les premiers coups, les hommes qui ont traversé doivent se ruer sur le campement sans se soucier du risque de recevoir un obus ami.
Au fond de lui, Onishi se doute qu’il a peu de chance de s’en sortir vivant – il se trouve au milieu des troupes ennemies, sans aucun soutien et personne ne sait même où il est ! Mais sa contribution peut faire pencher la balance en faveur des troupes de Sa Majesté l’Empereur, et le meilleur officier du 28e de Reconnaissance (à cet instant sans doute, le dernier, mais il l’ignore encore) ne peut décemment prendre une autre décision. Au moins se prépare-t-il à mourir en ayant la satisfaction de ne pas avoir économisé une partie de sa solde pour payer des cours d’allemand bien inutiles !
03h24 – Le PC avancé du général Martson se transforme soudainement en scène de carnage lorsqu’il est dévasté par une quinzaine d’obus de mortier et la charge banzaï de quelques dizaines de Japonais couverts de boue. Martson et une demi-douzaine d’officiers sont tués, les radios détruites, des lignes téléphoniques arrachées… Les éléments du 1er Rgt postés non loin réagissent un peu tard – tout le secteur est plongé dans le chaos et le commandement américain est décapité à un moment critique.
03h40 – Littéralement submergés par des vagues humaines, les hommes du 2e Bataillon du 8e Marines se font tuer sur place mais ne peuvent empêcher la percée japonaise. Un trou de près de deux cents mètres de large s’ouvre dans le front américain. Le PC de Martson ne répondant plus, le colonel commandant le 8e Régiment ordonne aux quelques éléments situés au sud de la percée (du moins, à ceux qu’il peut joindre) de se replier vers les positions du 1er Marines. Au lieu de se jeter en travers de la route des Japonais, le 1er Bataillon (jusque-là en réserve) vient protéger la retraite des survivants du 2e Bataillon et couvrir l’aile gauche du 3e Bataillon, qui tient le nord du front jusqu’à la mer. Les Marines laissent dans l’affaire plus de trois cents tués, disparus ou blessés.
03h50 – Kawagushi exulte : la route de la Matanikau est libre ! Il ordonne immédiatement au 30e Régiment, qu’il sait très éprouvé, d’élargir la percée vers le nord et de jeter à la mer l’aile droite ennemie du côté de Koli Point. Le rôle principal doit passer au 36e Régiment, qui doit poursuivre l’attaque jusqu’à la Matanikau et au-delà, vers Tenaru et l’aérodrome. À ce moment de la bataille, les Japonais sont persuadés d’avoir remporté un avantage décisif.
03h51 – Vandegrift n’est pas de cet avis. Informé du décès de Martson, il a repris directement le commandement de la bataille, mais trop tard pour porter secours aux héroïques Marines du II/8e. Il approuve après coup le déploiement du I/8e Marines sur une ligne de défense parallèle aux plages, entre le fleuve côtier qui a vu l’anéantissement d’une partie du 28e Rgt de Reconnaissance japonais à l’ouest et la Matanikau à l’est.
Vandegrift a en effet très vite jugé que la percée de Kawagushi, quoique spectaculaire, ne pouvait réellement menacer son dispositif : la barrière de la Matanikau, grossie par les pluies, protégée par le tout frais 132e RI et par l’artillerie des Marines, est quasi infranchissable. Sur sa gauche, ayant constaté que le 1er Marines ne semblait pas menacé, il pousse le 7e Marines vers le flanc sud de la poussée japonaise.
05h15 – Alors que le jour commence à poindre, Kawagushi ordonne à ses troupes de s’arrêter pour se réorganiser. En apparence, la nuit a été triomphale : le front ennemi a été percé et le 36e Régiment a atteint la Matanikau, qu’il borde sur plusieurs kilomètres. Cependant, le 30e Régiment n’a pas réussi à se rabattre vers le nord jusqu’à la mer, détruisant en passant les troupes américaines dans le secteur de Koli Point ; il n’a même pas réussi à arriver en vue des plages. À présent, il se heurte à une résistance telle que toute progression est impossible, d’autant que le régiment est tombé à 50 % de ses effectifs, que les hommes sont épuisés par les combats de la nuit et qu’ils manquent de munitions. Quant au 36e Régiment, ses tentatives de traversée de la Matanikau ont été repoussées avec de lourdes pertes. En regardant la nouvelle carte du front, Kawagushi a la désagréable impression de s’être davantage engouffré dans une nasse que d’avoir fait un pas décisif vers la victoire…
05h30 – Au même moment, Onishi ordonne aux survivants de son unité, une cinquantaine d’hommes manquant de munitions, de se fondre dans la jungle pour échapper aux Marines et d’attendre la nuit. N’ayant aucun renseignement sur l’évolution de la bataille, il a décidé que le plus sûr, sinon le plus court, était de décrocher vers le sud et de rejoindre les forces japonaises qui tiennent le Seahorse.
06h30 – Avant d’aller prendre quelques minutes de repos, Vandegrift note avec satisfaction le rétablissement du 8e Marines. Le régiment est solidement installé sur ses nouvelles positions et, si un de ses bataillons n’existe plus, les deux autres restent opérationnels. Vandegrift ordonne donc à son état-major de préparer l’élimination de ce qu’il appelle déjà « the Box », la Boîte, dans laquelle sont massées les troupes japonaises.
……….
Toute la journée, la Cactus Air Force multiplie les sorties et harcèle la Boîte, laquelle est également pilonnée par l’artillerie de Del Valle et par les tirs concentriques des mortiers des Marines et du 132e RI. Kawagushi doit renoncer à ordonner de nouvelles attaques : contrairement à ce qu’il espérait, le front américain ne semble pas près de céder. De plus, outre les pertes sévères qu’ils provoquent, les bombardements américains ont un effet désastreux sur le moral de ses hommes.
……….
17h30 – Se doutant que l’ennemi effectuera une nouvelle tentative en force dans la nuit, Vandegrift met ses hommes en alerte maximale.
19h45 – Kawagushi ordonne une offensive générale qui doit débuter à 01h00. A l’est, le 36e Régiment franchira la Matanikau, détruira les forces ennemies et s’emparera d’Henderson Field. Au nord, le 30e devra percer jusqu’aux plages et nettoyer Koli Point.


6 décembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal, 00h30
– Surprenant les Japonais au milieu des préparatifs de leur attaque, c’est l’artillerie américaine qui frappe les trois coups de la seconde journée de ce que les historiens appelleront la seconde bataille de la Matanikau – les Marines préférant, eux, parler de « la bataille de la Boîte ». Tous les canons disponibles se déchaînent contre les arrières japonais, au niveau des positions tenues la veille par le 8e Marines ; puis le barrage roulant se décale vers l’est. Pris entre le barrage et la Matanikau, les officiers du 36e Régiment décident de hâter leur attaque et d’improviser une traversée de la rivière sous les tirs des GI du 132e RI. Pour leur baptême du feu, ces derniers se trouvent placés dans une situation très favorable, et ils en profitent. Seuls quelques éléments – l’équivalent d’une compagnie – parviennent à implanter sur la rive droite de la Matanikau une petite tête de pont.
01h00 – Relativement épargnés par l’artillerie américaine, les survivants du 30e Régiment, qui ont mis la journée et la soirée à profit pour se réorganiser un peu, comprennent qu’ils doivent chercher leur salut dans l’attaque : comme la veille, l’artillerie US n’osera pas tirer contre ses propres positions. Mais leur élan, il est vrai émoussé par les pertes, la fatigue et le manque d’eau, est immédiatement stoppé par le I/8e Marines, qui ne cède pas un pouce de terrain. Les Japonais renouvellent leurs attaques jusqu’à 02h00 avant de se mettre sur la défensive, plus sous l’effet de l’épuisement que pour limiter les pertes.
01h30 – Satisfait de voir que ses lignes tiennent, Vandegrift ordonne à Del Valle et aux 8e et 132e de continuer à maintenir sous pression l’adversaire, puis il passe à la seconde phase de son plan. Le 7e Marines reçoit l’ordre de franchir la Matanikau et de lancer un mouvement tournant sur les arrières des Japonais. L’objectif est de réoccuper les positions tenues la veille par le 8e Régiment et de refermer la Boîte sur les troupes de Kawagushi.
02h35 – Alors qu’ils essayaient de se retirer discrètement vers le sud pour rejoindre le Seahorse, les hommes d’Onishi croisent plusieurs centaines de Marines. C’est le 7e Régiment, en pleine offensive. Par chance pour Onishi, les Marines n’ont pas le temps de s’arrêter pour écraser quelques traînards japonais et seules quelques escarmouches réduisent le groupe à une vingtaine d’hommes qui se fondent dans la nuit sous la direction de leur capitaine.
03h10 – Accablé par les mauvaises nouvelles et par l’ampleur des pertes subies, Kawagushi vient de prendre la décision d’arrêter l’offensive quand il reçoit d’inquiétants rapports en provenance de son flanc droit. Les quelques éléments laissés en observation signalent une intense activité que les Américains ne prennent même pas la peine de dissimuler. Quelques minutes plus tard, il apprend que des Marines avancent vers le nord-ouest. Sans même jeter un coup d’œil sur la carte, il comprend que son adversaire, après l’avoir fixé sur la Matanikau, veut encercler et détruire ses forces ! La mort dans l’âme, pour sauver ce qui peut encore l’être, Kawagushi ordonne d’une part au 36e Régiment de se porter plein sud pour bloquer ce nouvel adversaire, et d’autre part au 30e de décrocher et de revenir sur ses bases de départ en couvrant le mouvement du 36e.
03h50 – Les Marines du 7e Rgt commencent à se heurter aux fusiliers du 30e Rgt. Les Japonais se font tuer sur place et causent des pertes sensibles aux Marines, jetant la confusion dans les rangs des attaquants, qui ne progressent que lentement.
06h30 – Au petit matin, après deux heures de bombardement au mortier, le 132e RI lance un grand nettoyage et extermine les derniers Japonais à l’est de la Matanikau. La tête de pont établie au prix de centaines de morts est éliminée. Pour ce premier engagement sur l’île, l’Americal ne déplore que 17 morts et 24 blessés.
07h30 – Vandegrift ordonne au I/8e de se porter en avant pour donner la main au 7e Rgt, pendant que le 132e reçoit l’ordre de traverser la Matanikau, repoussant devant lui les débris des forces japonaises. Tous ces mouvements s’effectuent sous l’ombrelle protectrice des P-39 et des P-400, que l’aviation japonaise, appelée à l’aide par Kawagushi, ne parvient guère à perturber. Neuf avions japonais sont abattus ce jour-là, pour trois Wildcat et deux P-400.
……….
La résistance héroïque des arrière-gardes japonaises retarde la jonction des 7e et 8e Marines jusqu’à la fin de l’après-midi. Sur les six bataillons lancés la veille à l’attaque par Kawagushi, seul l’équivalent de deux bataillons peut échapper à l’encerclement ; de petits groupes, voire des soldats isolés, rejoindront les nuits suivantes. Les autres, pris au piège, seront éliminés les jours suivants, au prix de pertes légères pour les Américains, qui ne pourront faire aucun prisonnier en dehors de quelques blessés graves.
Lorsque la nuit tombe, le 7e Marines est solidement installé sur les positions occupées, deux jours plus tôt, par le II/8e. La bataille de la Boîte est terminée, et les deux camps savent qui l’a emporté. Il leur reste à prendre respectivement conscience de l’ampleur de la victoire et des conséquences de la défaite.
……….
22h30 – Le capitaine Onishi ordonne à ses hommes de reprendre leur progression sous le couvert de la nuit. Désormais sporadiques, les tirs se déclenchent loin derrière eux, et il pourrait se sentir tiré d’affaire s’il n’avait conscience de la précarité de leur situation, sans vivres et sans munitions. Mais il n’a pas le choix et il poursuit sa route à la boussole, suivi des 17 survivants de son groupe.
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fhaessig



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MessagePosté le: Mer Mar 05, 2014 15:43    Sujet du message: Répondre en citant

Hem.., il me semble que le message couvrant les 5 et 6 a ete duplique.
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Anaxagore



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MessagePosté le: Mer Mar 05, 2014 16:04    Sujet du message: Répondre en citant

Moi aussi....

Je remarque que le commandant à appliqué à la lettre la tactique pour arrêter une offensive ennemie. Retrait derrière une coupure liquide, établissement d'une ligne défensive solide, puis contre attaque en coup de faux pour enfermer les assaillants dans une poche de troupe.

Cette tactique existe en deux variantes appelées "grande solution" et "petite solution". Dans la grande solution, le but est de coincer toutes les troupes ennemies puis de les réduire... à ma connaissance, elle n'a jamais été employée. Les Américains préférant bombarder les troupes prises dans la poche, en laissant un passage suffisant pour qu'elles puissent fuir (c'est la petite solution). La petite solution est considérée comme moins coûteuse en vies humaines (enfin moins moins coûteuses en vies de GI).
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Kirishima



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MessagePosté le: Mer Mar 05, 2014 16:17    Sujet du message: Répondre en citant

J'aime beaucoup le personnage d'Onishi, mais "jalousé par ses camarades car sorti du rang" pourrait peut-être entrainer une confusion.

En fait un certain nombre d'officiers d'infanterie japonais étaient "sorti du rang" mais dans le système japonais cela recouvrait une realite particulière.

En dehors d'un système classique d’académies militaires formant des cadets, en théorie ouvert a tous mais réservée en réalité aux classes privilégiées du fait de frais très élevée, les conscrits justifiant de 2 ans de lycée pouvaient prétendre a passer un examen spécial, suivi d'un autre après 3 mois d'entrainement qui les divisera entre officiers et sous-officiers. Ce système fournira un certain nombre d'officiers d'active et la quasi-totalité des officiers de réserve japonais.

En dehors de ces concours, sortir du rang fut dans l’armée japonaise de la guerre quasi-exceptionnel. L'exemple le plus connu, Saburo Sakai, as de l’aéronavale, ne devint aspirant qu'en juillet 44 après 11 ans de service dont 5 de guerre et plus de 60 victoires aériennes, et un an plus tard sous-lieutenant. Et encore cela constitua-t-il un record en terme de vitesse d'avancement. C'est pourquoi je doute un peu de l'avancement éclair d'Onishi pour la capture d'un prisonnier, aussi riche en information soit-il.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Mar 05, 2014 19:04    Sujet du message: Répondre en citant

Doublon supprimé.

@ Kirishima : je tiens compte de ta première observation, disons qu'il n'est pas sorti d'une académie militaire.
Pour la seconde (avancement éclair), le fait que son "régiment" de reconnaissance manque d'officiers pour cause de décès multiples ne peut-il conduire à une nomination rapide ?
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loic
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MessagePosté le: Mer Mar 05, 2014 23:21    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Pour ce premier engagement sur l’île, l’Americal ne déplore que 17 morts et 24 blessés.

Ces chiffres me semblent un peu irréalistes Think
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Kirishima



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MessagePosté le: Jeu Mar 06, 2014 00:41    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
@ Kirishima : je tiens compte de ta première observation, disons qu'il n'est pas sorti d'une académie militaire.
Dans ce cas peut-être une jalousie née de la rivalité officier d'active/de réserve ?

Casus Frankie a écrit:
Pour la seconde (avancement éclair), le fait que son "régiment" de reconnaissance manque d'officiers pour cause de décès multiples ne peut-il conduire à une nomination rapide ?
D’après ce que j'ai lu c'est théoriquement possible mais je ne trouve aucun exemple historique (cf Sakai, promu d'aspirant a sous-lieutenant au bout d'un an complet, alors que la force aérienne japonaise est massacrée a grande échelle et qu'il est alors le deuxième des as encore vivants de la Marine). La séniorité l'emporte de très loin sur le mérite en ce qui concerne le tableau d'avancement, je ne m'attarde pas sur les données culturelles le sous-entendant, confucianisme, respect des ainés (littéralement le "sensei" est "celui qui est née avant") etc.
En cas de très forte pertes on préféra transférer des officiers d'autres régiments de la division que de promouvoir sur le champ un officier du régiment concerné, surtout si il est récent dans son grade. Il faudrait un véritable carnage pour voir Onishi être promu sur sa seule action (et on pourrait alors douter de la valeur d'un régiment ayant de tels trous dans son commandement).

S je peux proposer comme solution c'est qu'Onishi soit un lieutenant déjà expérimenté (vu qu'il s'est exerce sur des prisonniers chinois il a pu passer quelques années en service en Chine) qui allait être promu de toute façon et que son action qui devra être vue comme exceptionnelle n'aura avancé que de quelques mois au mieux.

Vous avez dit système rigide ? Paradoxalement l'avancement des sous-officiers était assez rapide. Un seconde classe s'il passait le concours pouvait espérer devenir Sōchō, sergent-major, le plus haut grade de sous-officier de l’armée japonaise en un peu plus de 5 ans, en temps de paix.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Mar 06, 2014 00:52    Sujet du message: Répondre en citant

@ Kirishima : merci de ces précisions. En effet, Onishi est un "vieux" lieutenant qui a servi plusieurs années en Chine.

@ Loïc : je laisse Parménion répondre plus précisément, mais le chiffres concerne uniquement l'élimination par le Rgt de l'Americal d'une tête de pont japonaise d'une centaine d'hommes dans une situation désespérée.
Voici une clarification :
06h30 – Au petit matin, après deux heures de bombardement au mortier, le 132e RI passe à l’attaque et extermine les derniers Japonais à l’est de la Matanikau. La tête de pont établie au prix de centaines de morts est éliminée. Ce nettoyage ne coûte à l’Americal que 17 morts et 24 blessés.
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MessagePosté le: Jeu Mar 06, 2014 09:22    Sujet du message: Répondre en citant

@Loïc
Pour expliquer les faibles pertes du 132e RI : le régiment est installé sur des positions statiques sur la rive droite de la Matanikau. Les attaques qu'il subit ont été préalablement "traitées" par l'artillerie de Del Valle et les mortiers, et le 132e peut se livrer à un véritable "tir au pigeon" sur des masses de Japonais qui essayent tant bien que mal de traverser la Matanikau. Les rares qui parviennent à escalader la rive droite tombent sur des positions solides, préparées la veille ; les Japonais n'ont aucun soutien d'artillerie, et aucune idée du type de résistance qu'ils peuvent rencontrer. Ils n'ont que leurs grenades et leurs baïonnettes pour se frayer un chemin dans les lignes US, mais encore faut-il qu'ils les atteignent...

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MessagePosté le: Jeu Mar 06, 2014 17:09    Sujet du message: Répondre en citant

7 décembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– Épuisés, les deux camps pansent leurs plaies. Une trêve tacite s’installe, qui durera plusieurs jours. Quoique vainqueurs, les Marines ont souffert, en particulier le 8e Rgt, qui déplore plus de quatre cents morts et blessés graves rien qu’au sein de son 2e Bataillon, soit la moitié des pertes américaines de la bataille. Le II/8e est totalement hors de combat, au point qu’il ne sera pas reconstitué avant que le régiment n’ait quitté Guadalcanal. Par ailleurs, la disparition de Martson, à quelques jours de son départ pour prendre la tête de la 3e Division de Marines, est durement ressentie par Vandegrift ; il est remplacé par DeCarre à la tête de la 2e Division.
Si Vandegrift n’a pas réussi à anéantir les troupes de Kawagushi – ce qui n’était pas son objectif –, il n’en reste pas moins que le rapport des pertes fait incontestablement des Marines les vainqueurs de la bataille de la Boîte. Les deux régiments de Kawagushi – sans parler des 800 hommes du malheureux 28e de Reconnaissance, quasiment tous perdus – ont en effet été saignés à blanc : sur les 6 000 hommes partis à l’assaut des lignes américaines dans la nuit du 5, à peine 2 000 sont encore valides deux jours plus tard, et leur encadrement a subi de telles pertes qu’ils ne sont plus capables que d’assurer une défense statique. Les éléments précédemment débarqués sur l’île étant plus ou moins dans le même état, la seule force organisée dont disposent encore les Japonais à l’ouest de la Matanikau est le 28e Régiment du génie, soit l’équivalent d’un bataillon.
Mais l’impact de la bataille va bien au-delà de ces chiffres, déjà effrayants pour une Armée Impériale dont les effectifs déployés dans le Pacifique ont subi de lourdes pertes depuis décembre 1941. Ayant perdu toutes ses illusions sur la possibilité de reconquérir Guadalcanal, Kawagushi se fera dès lors le meilleur avocat d’un retrait rapide. Après tout, dira-t-il, cette île n’est-elle pas de peu d’importance en elle-même ? Seule la Marine s’y intéressait vraiment. Les soldats de l’Empereur ont réussi à y attirer les Yankees et à infliger à leurs meilleures troupes, les Marines, des pertes telles (affirmera le général) qu’ils sont à présent hors d’état d’attaquer des zones autrement plus sensibles pour le Japon. L’essentiel a été obtenu sur le plan stratégique et l’honneur – bien sûr – est sauf ! Bref, maintenant que le front Pacifique est stabilisé pour longtemps, il est temps de quitter cette île mesquine pour se lancer dans de nouvelles conquêtes, en Birmanie, en Chine ou en Nouvelle-Guinée.
« Côté américain, de nombreuses critiques viseront, encore une fois, la gestion de la bataille par Vandegrift, dont le manque d’agressivité l’aurait empêché de remporter une véritable victoire décisive. On lui reprochera tantôt le positionnement trop éloigné du front du 7e Marines et du 132e RI, qui n’ont pu soutenir immédiatement le 8e Marines ; tantôt l’exécution de la contre-offensive du 6 décembre, trop lente pour couper la retraite des débris des 30e et 36e Régiments japonais.
La plupart de ces critiques reposent sur le postulat fantasmé de la possibilité d’un anéantissement total des forces japonaises, qui aurait ainsi livré d’un coup d’un seul Guadalcanal aux Américains. Comme souvent en pareil cas, Vandegrift a répondu par avance à ces critiques dans le rapport circonstancié qu’il adressa à Nimitz dès le 9 décembre. Le commandant américain y justifie longuement ses décisions et ses choix tactiques, mettant en avant l’épuisement prononcé de ses troupes de réserve (les 1er et 7e Marines), incapables de lancer une contre-offensive de grand style, ainsi que l’inexpérience des soldats de l’AmeriCal, tout juste débarqués, et la nécessité de reconstituer les stocks de munitions, l’artillerie ayant largement puisé dans les réserves pour entretenir un feu quasiment continu pendant deux jours.
Vandegrift admet sans difficulté, dès ce premier rapport, qu’il a livré une bataille d’attente pour ne pas exposer ses troupes et n’a pas cherché à tout prix à encercler les Japonais aventurés jusqu’à la Matanikau. Le nettoyage d’une poche de soldats nippons fanatisés et encerclés aurait coûté très cher, explique-t-il, pour des avantages limités étant donné l’incapacité dans laquelle il se trouvait d’exploiter immédiatement sa victoire.
Le général américain, sans exprimer sa fatigue et son soulagement de voir arriver la relève, conclut cependant en estimant qu’il laisse à Patch et au XIVe corps, dont le déploiement va se poursuivre sur l’île, une situation très favorable à une offensive décisive. Nimitz ne s’y trompa pas et félicita chaudement son subordonné pour un succès qui, pressentait-il, faisait définitivement passer l’initiative aux Alliés dans le Pacifique Sud-Ouest. »
(R. Leckie, Duel dans le Pacifique, Stock éd., 1965)
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MessagePosté le: Jeu Mar 06, 2014 21:39    Sujet du message: Répondre en citant

AmeriCal ou Americal, il faut trancher.
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MessagePosté le: Ven Mar 07, 2014 17:04    Sujet du message: Répondre en citant

D'accord, Americal (en fait, j'ai déjà généralisé - sauf erreur de ma part - dans les fichiers Word "propres").


8 décembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– Restés maîtres du champ de bataille, les Américains ont le pénible devoir de nettoyer ce qu’il faut bien appeler un charnier à ciel ouvert, en particulier sur le front initialement tenu par le 8e Marines et le long de la Matanikau. Partout gisent des monceaux de corps, souvent déchiquetés par l’artillerie et les bombardements aériens, déjà gonflés et même dévorés par la faune locale. Étant donné le médiocre état de santé des anciens de Watchtower – c’est-à-dire de la plupart des Marines – il est impératif d’éviter de les exposer à des infections redoutables, a insisté le Major Banner, le patron du service de santé de l’USMC sur Guadalcanal. Vandegrift a donc confié la corvée aux hommes du 132e RI, ce qui a naturellement été accueilli par ces derniers comme la preuve du favoritisme bien connu dont jouissent les Marines et l’US Navy en général...
Si les cadavres japonais n’ont droit qu’à un traitement purement sanitaire (ils sont entassés dans des fosses communes creusées à la hâte par des bulldozers), les Américains morts au champ d’honneur ont droit à une petite cérémonie. Ce d’autant plus que les GI du 132e constatent, scandalisés, que les Japonais n’ont pas hésité à achever les blessés tombés entre leurs mains. Il semble également qu’un certain nombre de Marines aient péri en tentant de couvrir leurs camarades blessés – c’est ainsi qu’on découvre plusieurs cadavres américains tombés les armes à la main quelques dizaines de mètres à l’ouest d’un groupe de corps sans vie et désarmés parmi lesquels figurent parfois des brancardiers, reconnaissables à leurs brassards à croix rouge. Sauvagerie bestiale des Japonais, noble héroïsme des Américains : de telles découvertes seront largement exploitées par les services de propagande, qui les déclineront à l’envie sous forme d’actualités cinématographiques et de reportages photos (soigneusement expurgées, bien entendu).
Toujours présente sur l’île, l’équipe de John Ford consacrera des kilomètres de pellicule aux jours suivant la bataille. Ces films représentent une grande partie de la documentation aujourd’hui disponible sur les combats de Guadalcanal (1). Hospitalisé à Nouméa, Ford lui-même regrettera toute sa vie d’avoir manqué cette occasion de toucher au plus près la réalité sanglante de la guerre. Il apprendra avec regret que le lieutenant-colonel Twining, qui l’avait accueilli à son arrivée sur l’île le 17 novembre, figure parmi les officiers tombés aux côtés de Martson.


Note - Cette documentation sera numérisée et mise en ligne sur Internet en 2002 par la Bibliothèque du Congrès, avec le soutien financier du Marine Corps.
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MessagePosté le: Mar Avr 08, 2014 08:57    Sujet du message: Répondre en citant

(On repart - Avec tous mes remerciements à Parménion, l'auteur de l'essentiel de ce qui suit malgré pas mal de problèmes dans la Vraie Vie)


9 décembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– Avant même d’avoir commencé à enterrer leurs morts, les deux adversaires se sont mis à réorganiser leurs forces. Afin de solidifier quelque peu le front, Kawagushi décide de rappeler le bataillon du 36e RI qu’il avait envoyé en soutien du secteur du Seahorse le 20 novembre précédent. Avec ce bataillon, le 28e Régiment du Génie et les survivants de la bataille, soutenus par le 28e Régiment d’Artillerie (qui s’est vu allouer tous les canons qui ont survécu aux attaques aériennes et aux tirs de contre-batterie américains), il pense avoir de quoi résister à l’attaque américaine, qu’il croit très prochaine.
En fait, Vandegrift se concentre sur la préparation de l’opération Sidewalk (l’arrivée du 164e RI et le départ du 1er Marines), prévue dans la nuit du 12 au 13 décembre. Il ordonne donc au 7e Marines de relever le 1er Rgt, qui doit s’installer près de Red Beach et faire ses bagages – inutile de dire que les Marines du 1er Rgt obéissent pour une fois sans rechigner à cet ordre et se permettent même de faire du zèle. Plus au nord, le 132e RI monte en première ligne tandis que le 8e Marines, dont les 1er et 3e Bataillons ont absorbé les débris du 2e, passe en réserve, avec les 2e et 6e Rgt USMC.
Afin de préparer les futures offensives du XIVe Corps, Vandegrift ordonne également au 14th CB, qui vient d’achever la construction d’une piste de secours pour les chasseurs près de Koli Point, de prolonger la piste carrossable qui vient d’Henderson Field jusqu’à la Matanikau et Pointe Cruz. Ils doivent aussi ouvrir une autre piste plus à l’intérieur des terres, afin de faciliter le ravitaillement des troupes qui devront progresser dans ce secteur.
………
C’est avec soulagement que le capitaine Onishi arrive en vue du Seahorse et qu’il constate qu’il est toujours occupé par ses compatriotes. Onishi cache ses sentiments sous le masque impénétrable que les officiers de l’Empereur se doivent d’arborer en toutes circonstances, mais au fond de lui, il est bien forcé de reconnaître qu’il craignait de tomber encore une fois sur ces maudits Marines. Après quatre jours passés dans la jungle, après avoir été, par pure malchance, repérés et mitraillés par deux P-400, les hommes qu’il commande encore – plus que douze après le passage des P-400 – n’auraient pas eu la force de repartir.
Mais les épreuves des survivants du 28e de Reconnaissance ne sont pas terminées. Non annoncée, leur arrivée provoque un début de panique chez les sentinelles, qui ouvrent le feu sur ce détachement inconnu. Onishi perd deux hommes supplémentaires (un mort et un blessé grave) avant que ses cris et ceux de ses hommes ne lèvent les doutes sur leur identité. Le blessé mourra le lendemain.


10 décembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– Depuis deux jours, l’île est d’une tranquillité surprenante. Même les raids aériens quotidiens se sont interrompus, comme si les Japonais, sonnés, hésitaient sur la conduite à tenir. Ce répit ne pouvait pas durer : dans l’après-midi, Henderson Field est de nouveau visé. Trois Betty et deux Zéro sont abattus, contre deux Wildcat (et un Avenger détruit au sol).
Cette accalmie n’a pas échappé au colonel Jackson, commandant le 6e Rgt de Marines. Jointe aux pertes éprouvées par les Japonais lors de la bataille de la Boîte (dont les Américains, à force d’enterrer des cadavres nippons, commencent à comprendre qu’elles ont été encore plus lourdes qu’ils ne pensaient), elle l’amène à la conclusion que l’ennemi, saigné à blanc, pris au dépourvu par la défaite et son ampleur, est déstabilisé. Jackson y voit l’occasion de porter un coup décisif au dispositif de Kawagushi, qu’il suppose, à juste titre, gravement désorganisé. Aussi propose-t-il à Vandegrift une opération audacieuse : dans la foulée de l'opération Sidewalk (qui doit, dans deux jours, relever le 1er Marines par le 164e RI), utiliser tous les moyens de transport léger disponibles dans la Baie pour débarquer son régiment sur les arrières des Japonais, tout en lançant une offensive au-delà de Pointe Cruz avec les deux régiments frais de l’Americal.
Ses arguments touchent Vandegrift, qui examine la proposition en détail avec DeCarre. Après de longues hésitations, les deux hommes finissent néanmoins par refuser le plan de Jackson. Outre l’inexpérience des hommes du 164e RI et la fatigue des Marines, c’est l’arrivée très prochaine de Patch qui emporte leur décision : lancer une offensive majeure à quelques jours d’un changement de commandant en chef (et avec les troupes que ce dernier commande d’habitude directement) ne leur apparaît pas pertinent. Mais Vandegrift ne manquera pas d’évoquer le projet avec Patch lors de leur passation de pouvoir.

Truk – Le porte-hydravions Nisshin est de retour après un aller-retour au Japon, avec un chargement de onze mini-sous-marins type A. L’état-major de la Marine Impériale a en effet décidé d’utiliser ces unités pour attaquer les navires ennemis qui ravitaillent Guadalcanal et les autres positions alliées en général. Les mini-sous-marins vont s’entraîner pendant quelques jours dans le lagon de Truk, puis être à nouveau chargés sur le Nisshin pour gagner les îles Shortland.


11 décembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– La nouvelle de l’arrivée d’Onishi au Seahorse et le rapport qui l’accompagne provoquent une certaine sensation au sein du QG de Kawagushi. Certains officiers de l’état-major mettent en doute les faits d’armes du nouveau capitaine et ne manquent pas de rappeler combien les renseignements obtenus par le même Onishi se sont révélés trompeurs. D’autres, au contraire, soulignent la concomitance entre l’heure de la charge menée par le 28e de reconnaissance contre l’état-major américain et le moment de la percée du 30e RI. Il est néanmoins certain que seul cet exploit sauve la tête du tout jeune capitaine : le premier réflexe de Kawagushi, en apprenant qu’il avait survécu, avait été de lui ordonner de faire seppuku pour avoir attiré la 28e Division dans un piège !
Onishi étant le seul officier survivant du 28e de reconnaissance, Kawagushi décide de lui confier les débris de cette unité, sous le nom de Détachement Onishi. La douzaine de survivants de l’attaque du 5 décembre, dont on ne savait que faire, reçoivent donc l’ordre d’aller immédiatement le rejoindre sur le Seahorse.

Rabaul – Le rapport détaillé de Kawagushi, décrivant avec une précision sinistre l’échec sanglant de son offensive, a fait l’effet d’une bombe au sein d’un QG japonais déjà ébranlé par les mauvaises nouvelles en provenance de Milne Bay. Dans une atmosphère de quasi-panique, une réunion avec la Marine est convoquée en urgence pour le lendemain.


12 décembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– La réaction japonaise à la reprise de Milne Bay fait le bonheur de la Cactus Air Force en entraînant une nouvelle fois l’arrêt des raids aériens contre Henderson Field. Les CB en profitent pour mettre en service de nouvelles alvéoles de protection des avions, rendues nécessaires par l’accroissement constant du nombre d’appareils sur l’île. Pendant ce temps, profitant de la maîtrise du ciel, les P-39 et P-400 reprennent leurs attaques au sol, harcelant durement le front et les dépôts japonais.
L’opération Sidewalk peut donc se dérouler dans les meilleures conditions. En quelques heures, l’intégralité du 164e RI de l’Americal est à terre, et les approvisionnements tant attendus, notamment par l’artillerie, s’amoncellent sur Red Beach. Stimulés par la perspective de rembarquer, les hommes du 1er Rgt de Marines s’activent pour les décharger.

Rabaul – C’est un général Hyakutake un peu rasséréné qui accueille l’amiral Yamamoto, flanqué de son fidèle Ugaki. L’amiral a en effet décidé d’accourir en personne de Truk après avoir reçu le message catastrophé du commandant de la 17e Armée sur l’échec sanglant de l’offensive lancée sur Guadalcanal. Mais Kawagushi lui ayant signalé le matin même que les Américains ne semblaient finalement pas avoir l’intention de lancer à leur tour une offensive, qui aurait eu de fortes chances de balayer les faibles forces dont les Japonais disposent encore sur Guadalcanal, Hyakutake en vient à regretter sa réaction de la veille. N’a-t-il pas perdu la face devant la Marine en révélant ses craintes, alors que ce désastre est entièrement imputable aux initiatives malheureuses de Yamamoto et de Nagano ? S’il n’avait pas été contraint de gaspiller ses unités et de disperser ses efforts pour récupérer une piste stupidement perdue par les marins, la Nouvelle-Guinée toute entière serait sans doute entre ses mains !
Yamamoto, pour sa part, n’hésite pas à rappeler qu’il a prôné un retrait ordonné de l’île dès le 18 novembre et que l’obstination de l’Armée est la seule cause des fiascos successifs. Etant donné l’état d’esprit des participants, il n’est guère surprenant que la conférence stratégique ne débouche sur rien d’autre qu’un échange d’invectives et des mises en accusation réciproques (toujours voilées par la stricte politesse japonaise). Au bout de trois heures de cet affrontement, les deux parties décident de remettre la suite de leur dispute au lendemain.


13 décembre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– L’opération Sidewalk touche à sa fin. Le 1er Rgt de Marines embarque sans difficultés, direction la Nouvelle-Calédonie, où l’attendent les unités de Marines déjà évacuées ainsi que les recrues qui doivent combler les pertes des cinq derniers mois.

Rabaul – La conférence au sommet sur la stratégie à adopter dans les Salomon – et d’abord à Guadalcanal – reprend en début d’après-midi. Conscients qu’il est nécessaire de régler ce problème une bonne fois pour toutes, les participants des deux côtés font un effort pour parvenir à un accord. Yamamoto complimente l’Armée pour l’étendue de ses conquêtes depuis la fin 1941, mais aussi auparavant, en Chine, et fait des vœux de réussite pour les offensives à venir – qui seront, à n’en pas douter, tout aussi glorieuses. Hyakutake renchérit en saluant les lourdes pertes infligées aux marines alliées et propose un toast à la destruction de la flotte américaine. Et tous s’accordent sur la saignée infligée aux Américains à Guadalcanal, sur terre comme sur mer, depuis le mois d’août dernier.
Alors que le saké délie les langues et soigne les égos écorchés, le commandant de la Flotte Combinée décide de faire le premier pas. Certes, dit-il en substance, la Marine a fait honneur à la confiance de l’Empereur en infligeant des pertes terribles aux adversaires du Japon, mais elle doit encore achever sa mission. L’ennemi dispose à présent d’importantes forces aériennes basées à terre dans le secteur des Salomon ; il est donc peu probable qu’il engage de nouveau ses porte-avions d’escadre pour défendre ses positions. Comme, de son côté, la Marine vient de lancer un nouveau cycle d’entraînement de ses aviateurs – Yamamoto se garde bien de dire qu’elle y a été contrainte par le taux de pertes effroyable subi lors de ses derniers engagements – elle n’envisage plus à court terme de livrer la bataille décisive dans le Pacifique Sud-Ouest. Ne serait-il pas préférable de laisser les Américains s’user dans de longues et coûteuses opérations pour reconquérir un archipel sans véritable intérêt stratégique, tout en se préparant à les frapper là où ils sont moins préparés ?
Hyakutake ne mord pas complètement à l’hameçon. Certes, répond-il, la destruction du gros de la flotte ennemie est pour la Marine un objectif parfaitement justifié, et l’Armée reconnaît qu’il semble vain, dans les conditions actuelles, de l’espérer dans les Salomon. Mais un désengagement des forces japonaises du secteur ne donnerait-il pas l’impression d’une défaite, intolérable pour le prestige de l’Empereur (et d’abord de l’Armée, mais le général n’insiste pas sur ce point) ? Impression certes fausse, mais qu’il ne saurait être envisageable de laisser planer !
Yamamoto sort alors l’argument qu’il tenait en réserve : la nuit précédente, les vedettes du CC Iishi ont été témoins dans la Baie de Guadalcanal d’une opération de grande envergure impliquant de nombreux cargos devant les plages tenues par les Américains. Un puissant dispositif de protection les a empêchées de s’en prendre aux transports (sans parler du manque de pièces de rechange et de torpilles, qui handicape sévèrement les opérations des vedettes encore en activité…). Comme il est peu probable que les Yankees aient subitement décidé de se retirer de Guadalcanal moins de dix jours après leur victoire sur la Matanikau – enfin, moins de dix jours après avoir évité de justesse d’être rejetés à la mer par l’offensive du général Kawagushi – il s’agit sans nul doute de renforts supplémentaires. « Vous voyez, s’exclame l’amiral sur un ton triomphal, ils continuent de s’enferrer dans ce cul-de-sac ! Laissons-les gaspiller leurs ressources dans cette île perdue du Pacifique Sud, pendant que nous remportons de nouvelles victoires ailleurs ! » Et d’annoncer, sur le ton de la confidence, que la Marine projette de lancer « des offensives majeures » à la fois dans le Pacifique Nord et dans l’Océan Indien, dès le début de 1943. « Pendant que les Américains s’épuiseront à reconquérir de petites îles sans intérêt dans les Salomon, nous frapperons leurs communications à partir de Tarawa, nous écartèlerons leurs défenses entre les Adaman et les Aléoutiennes et, lorsqu’ils tenteront de s’opposer à nos actions, nous frapperons de manière décisive et détruirons leur flotte ! »
Quelques objections viennent d’emblée à l’esprit de Hyakutake. Non tant le fait que les Américains seraient bien bêtes de se laisser prendre à une ruse aussi grossière – après tout, l’ennemi est stupide, sinon il ne ferait pas la guerre au Japon – mais un doute qui l’effleure : la Marine a-t-elle vraiment les moyens de ses ambitions et, en tentant d’écarteler l’ennemi, ne va-t-elle pas s’écarteler elle-même ? Cependant, question d’honneur, il ne peut faire moins que montrer que l’Armée, elle aussi, a prévu de remporter d’éclatantes victoires en 1943. Et d’évoquer, toujours sous le couvert du secret le plus absolu, des offensives majeures prévues en Birmanie, en Chine et, bien entendu, en Nouvelle-Guinée.
« Magnifique, s’exclame Yamamoto. Nos objectifs coïncident donc parfaitement ! Vous conviendrez tous, je pense, que nous avons piétiné assez longtemps sur cette île insignifiante, alors que de plus grandes victoires nous attendent. Dans l’immédiat, la Marine est prête à organiser une opération qui permettra aux glorieuses troupes de l’Empereur de quitter cet îlot pour aller frapper l’ennemi ailleurs. » Personne ne proteste – qui ne dit mot consent… Le toast à l’Empereur qui suit scelle la décision d’évacuer Guadalcanal, sans que le mot ait été prononcé.
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MessagePosté le: Mar Avr 08, 2014 11:51    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
puis être à nouveau chargés sur le Nisshin pour gagner les îles Shortland.
=> penser à mettre Nisshin en italique.
Sinon c'est parfait, bravo à Parménion.
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