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Texte intégral Asie-Pacifique Octobre 42
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Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Fantasque Time Line Index du Forum -> 1942 - Le Pacifique
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Oct 02, 2013 10:49    Sujet du message: Répondre en citant

@ Mescal : oui bon d'accord, je vais touiller tout ça et envoyer à Loïc des fichiers d'août et septembre (puis octobre) "nettoyés".
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Casus Frankie

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Anaxagore



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MessagePosté le: Mer Oct 02, 2013 10:53    Sujet du message: Répondre en citant

sting01 a écrit:
Citation:
avec des obus de 105 et 155 mm équipés de fusées instantanées


Ce sont des fusees percutantes instantanées; car elles n'explosent instantanement (donc a la sortie du tube) mais instantanement a la percusion de la cible!


Effectivement, régler un obus fusant sur un délais de détonation de 0 est une forme de suicide originale ! Drapeau blanc

Il y a deux types d'obus, les percutant et les fusant. (Enfin je ne connais que ces deux là). Un obus percutant explose à l'impact... Mais c'est pas forcément une très bonne idée, un obus percutant délivre l'essentiel de son énergie de détonation vers le ciel et dans la terre. C'est utile pour un obus anti-char ou contre des fortifications.
L'obus fusant est équipé d'une fusée de détonation qui se déclenche au bout d'un laps de temps réglable. L'idée est que l'obus explose au-dessus des lignes ennemies et crible des ennemis des shrapnels.
_________________
Ecoutez mon conseil : mariez-vous.
Si vous épousez une femme belle et douce, vous serez heureux... sinon, vous deviendrez un excellent philosophe.


Dernière édition par Anaxagore le Mer Oct 02, 2013 11:03; édité 2 fois
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Mer Oct 02, 2013 10:58    Sujet du message: Répondre en citant

3 octobre
Campagne de Nouvelle-Guinée – Opération Havelock
Mullins Harbour
– La matinée est pluvieuse et des nuages bas protègent les transports, pendant que les manœuvres de débarquement se poursuivent. Mais en début d’après-midi, le temps commence à se dégager et les équipes de la DCA se mettent à scruter le ciel.
14h30 – Le premier raid japonais se compose de huit Ki-48 (Lily) escorté par quatre Ki-43 (Oscar). Les bimoteurs souffrent beaucoup de la DCA, l’un est abattu et tous les autres endommagés. Leurs bombes ne parviennent qu’à frôler le Moshill et l’Edea, mais détruisent deux petits Higgins.
15h10 – Cinq Ki-51 (Sonia), couverts par deux Ki-43, s’attaquent au gros Coptic, qu’ils touchent deux fois. La première bombe provoque un incendie dans la superstructure, sur le pont des embarcations. La seconde pénètre en diagonale au bord du pont, ressort et explose deux mètres au-dessus de l’eau, arrosant d’éclats le flanc du vaisseau et tuant ou blessant gravement 35 soldats en train de décharger la cale n°1. Des éclats provoquent un incendie préoccupant dans l’atelier de peinture, sur le pont principal. Si l’incendie du pont des embarcations est contrôlé, les dommages infligés au système anti-incendie empêchent d’éteindre aisément le feu du pont principal, alimenté par les réserves de peinture et d’huile, dont la combustion produit une abondante fumée noire. Cette fumée va sans doute sauver le Coptic : en effet, de l’extérieur, il semble avoir été touché à mort.
L’un des Ki-51 est abattu par le Coptic lui-même et deux autres par le tir très précis des deux destroyers qui l’encadrent, impressionnant fortement l’observateur japonais qui dirige l’attaque à bord d’un Ki-48.
15h25 – Six Ki-48 attaquent, sans autre résultat que de subir quelques dégâts de la part de la DCA.
15h42 – Quatre Ki-32 (Mary) escortés par huit Ki-43 Hayabusa (Oscar) effectuent une attaque à basse altitude – sans doute la dernière opération offensive de ces petits bombardiers sur le théâtre Pacifique. Une bombe touche le Norvégien Moshill, mais ne cause que de légers dommages. En revanche, deux des Ki-32 sont abattus et les deux autres gravement endommagés par la DCA du Porter. Furieux, le leader des chasseurs ordonne à ses pilotes d’attaquer le destroyer. Violemment mitraillé, le Porter abat l’un de ses assaillants, mais perd 19 tués et 30 blessés et ses capacités anti-aériennes sont très diminuées.
16h20-16h50 – Cette fois, ce sont des appareils venus de Rabaul qui attaquent, en quatre vagues : trois de la Marine (quatorze G4M [Betty] et huit Zéro, quinze G4M et huit Zéro, 18 D3A [Val] et neuf Zéro) puis une de l’Armée (21 Ki-21 [Sally] et neuf Ki-43 [Oscar]). Les résultats des deux premières vagues sont médiocres : la première bombarde le rivage, où elle cause quelques dommages au matériel déjà débarqué qui n’a pas encore été mis à l’abri, la deuxième s’attaque aux navires, mais les équipages, novices, ne touchent aucune de leurs cibles. L’un des Betty est abattu.
Les bombardiers en piqué se montrent plus efficaces. Ils choisissent d’attaquer le Porter et l’O’Brien, très vulnérables car ils sont presque à l’arrêt pour pouvoir couvrir de leur feu les transports. Le Porter est assommé par trois bombes de 250 kg et cinq plus légères, qui le laissent en flammes et immobile. L’O’Brien reçoit une grosse bombe et quatre petites, qui démolissent ses chaudières et provoquent un violent incendie mais sa DCA, déchaînée, abat trois des Val. Le destroyer stoppe au milieu de la baie et jette l’ancre pour ne pas aller s’échouer.
Les Ki-21, soulagés de la moitié de la DCA des destroyers, s’en prennent au Français Edea, seul transport bien visible, car la fumée du Coptic masque aussi le Moshill. Immobile, le cargo est touché par huit à dix bombes, dont au moins deux, pénétrant dans les cales béantes, vont directement crever la coque. Le navire s’enfonce rapidement, mais il avait à peine un mètre quatre-vingt d’eau sous lui et il se pose sur le fond. La superstructure est incendiée et le nuage de fumée qui voile la baie grossit.
17h00-18h20 – Sept petits groupes d’avions japonais effectuent des attaques inefficaces, en partie en raison de la fumée, en partie (selon la RAAF) en raison des patrouilles de Hurricane venues de Port Moresby malgré le très mauvais temps qui règne entre leur base et Mullins Harbour. Les marins et soldats de Mullins Harbour, eux, sont unanimes : ils n’ont pas vu une seule cocarde alliée de la journée.
17h40 – Le Porter est achevé par une forte explosion interne (peut-être de ses munitions). Il se couche sur tribord, son flanc bâbord affleurant l’eau. Tous les membres de l’équipage encore vivants à ce moment sont sauvés.
18h30 – Peu avant le coucher du soleil, huit Ki-43 armés d’une bombe de 250 kg chacun attaquent l’O’Brien, dont l’incendie fait le seul objectif encore visible dans la baie. Deux chasseurs-bombardiers sont abattus, mais l’un, en flammes, s’écrase volontairement sur la passerelle du destroyer et les autres mettent deux coups au but. Le navire finit par se casser en deux et sombre à son tour. A ce moment, les Japonais sont persuadés d’avoir coulé les trois transports et revendiquent aussi trois destroyers.
Cependant, le déchargement des transports se poursuit activement, malgré leur piteux état. A 22h00, bien qu’il reste 500 tonnes de fret sur le Moshill et un peu plus de 1 500 sur le Coptic, tous deux quittent la baie et, accompagnés du Walke et du Lardner, repartent pour Port Moresby en clopinant. Toute la nuit, les petites embarcations s’activeront pour répartir le ravitaillement et pour décharger l’Edea, avant d’aller se réfugier pour la journée sous d’épais camouflages.

Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– Pas de raid japonais aujourd’hui – les Japonais concentrent leurs efforts sur Mullins Harbour.
L’hydrobase alliée installée par le Zealandia sur la côte sud de l’île, à Aola, reçoit le renfort de six “Floatfire”. De plus, un hydravion de transport Saro Lerwick lui livre du matériel et des pièces détachées permettant de remettre en état deux appareils endommagés.
L’événement le plus marquant de la journée se passe en fait entre les états-majors japonais. Sur le terrain, les officiers de la 24e Division, enhardis par leur supposé succès de la veille, sont convaincus de pouvoir rejeter les Yankees à la mer. A Tokyo, le haut commandement réclame « une action prompte et décisive ». A Rabaul, le général Maruyama, qui commande les troupes de l’Armée Impériale dans les Salomon, relaie cette exigence, quoique sans enthousiasme excessif. Mais sur Guadalcanal, le général Kawagushi, qui commande toutes les troupes déployées dans l’île, sait que le succès est d’autant plus aléatoire que son artillerie est peu nombreuse, de faible calibre, et qu’elle manque de munitions.
Néanmoins, la décision est prise : attaque ! Une attaque en règle, programmée pour le surlendemain.
………
Ironbottom Sound – Dans la nuit, deux vedettes rapides japonaises surprennent en surface le sous-marin français La Créole, mais la surprise est mutuelle et le sous-marin plonge, non sans avoir perdu trois hommes sous les tirs des vedettes. Deux torpilles tirées par la G-353, lancées trop tard, passent au-dessus du sous-marin.

Salomon Occidentales – Un convoi de six transports japonais se dirigeant vers les Shortland est attaqué par des B-17. Aucun navire n’est atteint, sinon par des éclats. En revanche, l’un d’eux, le Nagara Maru, est torpillé et coulé par une torpille tirée par le sous-marin USS Wahoo (SS-238), qui profite de la confusion créée par le bombardement et échappe à la contre-attaque des escorteurs.


4 octobre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– Dans la nuit, deux chalutiers et deux péniches escortés par deux chasseurs de sous-marins accomplissent sans incident une mission de ravitaillement côté japonais. Ils apportent essentiellement de la nourriture et des munitions d’artillerie.
Côté allié, au contraire, la mission de l’APD HMAS Stuart est perturbée par l’intervention de deux hydravions E13A1. L’un lâche des fusées éclairantes pendant que l’autre attaque. Ses quatre bombes de 60 kg encadrent le Stuart et coulent deux petits bateaux Higgins en train de décharger le destroyer converti. La DCA du remorqueur USS Seminole chasse les deux hydravions, endommageant l’un d’eux.
Sur terre, alors que la 2e Division japonaise prépare son attaque, les Américains achèvent de remanier leur dispositif. Ils ont à ce moment sur Guadalcanal toute la 1ère Division de l’USMC (1er, 5e et 7e Rgt [infanterie], 11e Rgt [artillerie]), plus le 2e Rgt (de la 2e Division USMC) et quelques unités supplémentaires : une compagnie de blindés australiens (qui se trouvait sans emploi du côté de Tulagi), des unités d’artillerie lourde de défense des plages, des unités du génie, etc.
Le front dit de la Matanikau (encore que nul ne sache exactement si la rivière ainsi dénommée est bien celle qui porte officiellement ce nom) est maintenant tenu par le 1er Rgt de Marines commandé par le colonel Puller, une sorte d’archétype du parfait Marine, déjà copieusement décoré. A peine installé, il a ordonné à ses hommes de multiplier les patrouilles et n’hésite pas à passer lui-même chaque jour plusieurs heures en première ligne. Sur un plan moins martial, il exige de ses hommes de ne pas retrousser les manches et les jambes de pantalon de leurs uniformes, et il réclame à l’état-major la fourniture de moustiquaires !
………
Iles Shortland – Huit B-17 attaquent le convoi japonais repéré et déjà attaqué la veille, qui décharge sa cargaison. Leur bombardement est une nouvelle fois inefficace. Six Ki-44 basés à Buin tentent de les intercepter, mais ils ne peuvent attaquer les bombardiers avant que ceux-ci n’aient lâché leurs bombes et leur puissance de feu se révèle insuffisante pour inquiéter les quadrimoteurs.

Campagne de Nouvelle-Guinée
Région de Milne Bay
– Au matin, un Ki-46 (Dinah) vient reconnaître Mullins Harbour. A la grande surprise des Japonais, il n’y trouve qu’une épave de cargo au lieu de trois. Toute la journée, des avions de l’Armée vont bombarder le port improvisé pour tenter de détruire les approvisionnements débarqués la veille, mais ceux-ci ont été soigneusement dispersés et dissimulés.
Vers midi, le général Savige arrive au QG du Brigadier Fields, sur les hauteurs, fort mécontent que son subordonné ne soit pas venu à sa rencontre. Mais sa colère s’évapore en découvrant que Fields a durant toute la nuit dirigé la défense contre une offensive japonaise majeure.
L’Armée Impériale a lancé trois bataillons d’infanterie dans la bataille, soutenus par un bataillon blindé (12 chars et 6 canons d’assaut). La position australienne a tenu. Seules les lignes les plus avancées sont tombées aux mains de l’ennemi. Les combats autour de “Bloody Saddle” (le Col Sanglant), comme le col sera bientôt surnommé, ont été si intenses que les 25 livres australiens n’ont plus que 20 coups par tube. Mais la 7e Brigade de Fields a tenu bon. Le Brigadier explique à son supérieur que des combats au corps à corps se sont poursuivis la plus grande partie de la nuit et que la 15e Brigade – ou du moins le peu d’hommes en état de combattre dont elle dispose – ne va pas tarder à lancer une contre-attaque pour récupérer les quelques positions australiennes encore tenues par les Japonais.
Lorsque Savige se rend sur les positions de départ de la 15e Brigade, il est épouvanté par l’état des hommes. « Ils avaient plutôt l’air de squelettes, vêtus d’uniformes déchirés et crasseux, que de soldats, racontera-t-il. Les bataillons ne comptaient plus que 150 hommes. Je fus très surpris par leur excellent moral et même par leur optimisme. Fields m’expliqua que seule l’intervention d’une vingtaine de blindés avait permis aux Japonais de s’enfoncer autant dans nos défenses. Nos propres et rares blindés étaient réduits au rôle de bunkers semi-enterrés par le manque de carburant et de pièces détachées, mais ils avaient pu détruire la moitié des engins japonais. Il s’agissait pour la plupart de chars légers Ha-Go, mais il y avait aussi des canons d’assaut dont la présence avait été pour nos hommes une très mauvaise surprise, car leur armement était plus puissant que celui des Ha-Go. Ces canons d’assaut avaient détruit beaucoup de nos bunkers et plusieurs de nos derniers blindés. (…)
La contre-attaque atteignit ses objectifs, ce qui ne veut pas dire que la victoire ait été facile. Malgré mon expérience de la Première Guerre, je fus stupéfait par la pure férocité animale des combats. Les Japonais ne reculaient tout simplement pas du tout, défendant chaque touffe d’herbe et chaque motte de boue avec la rage d’une tigresse protégeant ses petits. Les jeunes soldats de l’AMF m’impressionnèrent plus encore. Comme j’en questionnais un que j’avais vu abattre au pistolet deux Japonais qui se jetaient sur lui baïonnette au canon, il me répondit que tout cela était normal et que les Allemands avaient sûrement dû se battre bien plus durement pendant l’Autre Guerre. Je compris que nos hommes, ignorant tout de la guerre “normale”, acceptaient l’extraordinaire férocité de cette lutte comme une routine banale. Mais c’est depuis ces combats que le col où la 7e Brigade s’était retranchée a été rebaptisé Bloody Saddle. »
(Général Sir Thomas Savige, To the Everlasting Glory of the Infantry: Milne Bay, Plataea Press, Sydney 1965)
Une fois le dernier Japonais vivant chassé des positions provisoirement cédées la nuit précédente, Savige se rend au QG de Fields. Dans la soirée, il rassemble son équipe pour une première séance de planification. Il faudra à l’AMF quelques semaines de préparation avant de pouvoir monter une attaque efficace. Cependant, ces semaines seront fort utiles pour découvrir ce que peuvent vraiment faire les nouveaux véhicules amphibies, qui pourraient se révéler un atout maître.

Campagne de Birmanie
Rangoon
– Pendant que des troupes belges font merveille en Sicile, d’autres débarquent en Birmanie. Il s’agit des premiers éléments de la brigade renforcée de la Force Publique mise par le gouvernement belge à la disposition des Alliés dans la lutte contre le Japon. Ces hommes ont déjà joué un grand rôle en Afrique Orientale, où c’est en partie leur intervention qui a permis de sauver Khartoum. La décision de les envoyer en Birmanie s’est appuyée sur leurs exploits au Soudan et en Ethiopie, mais aussi sur le fait que la jungle est pour eux un environnement bien connu. En effet, l’acclimatation en Birmanie ne posera pas de gros problèmes aux Congolais, non plus qu’à leurs cadres coloniaux belges.


5 octobre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal, 01h00
– Cette fois, les 16e et 29e Régiments de la 2e Division japonaise se lancent à l’assaut au cœur de la nuit, de façon relativement simultanée. Pataugeant dans l’étendue d’eau bourbeuse qui prétend être une rivière, les Japonais s’élancent derrière un barrage roulant tiré par leurs 75 mm de campagne et leurs quelques 105 mm, barrage plus symbolique qu’autre chose en raison du manque de munitions. Appliquant leurs tactiques habituelles, ils s’infiltrent entre les points de résistance américains sans prêter attention aux terribles pertes qui leur sont infligées par la puissance de feu des Marines, tandis que leurs 70 mm ciblent en réponse les mitrailleuses américaines.
Vers 02h00, les positions du 1er Rgt de Marines semblent submergées, même si la plupart ne sont en réalité que contournées par les vagues d’assaut japonaises. La compagnie B du 1er bataillon, la plus malchanceuse, est attaquée à la fois par deux bataillons du 16e Régiment (sans coordination volontaire cependant). A quelques survivants près, elle est pratiquement détruite.
Jurant et sacrant, le colonel Puller finit par obtenir le soutien de l’ensemble de l’artillerie américaine. Il distribue alors le feu des 75 et des 105 du 11e Rgt ainsi que celui des 155 des batteries de défense des plages pour encager les secteurs les plus menacés et marteler les arrières ennemis, où des renforts japonais sont concentrés.
Au matin, seuls subsistent quelques petits groupes de Japonais égarés dans les positions américaines, essayant désespérément de parvenir jusqu’à l’aérodrome. Ils seront exterminés dans la journée.

Aden – Arrivée de la flotte franco-américaine en route vers le Pacifique Sud, qui vient de traverser le canal de Suez.

Brisbane – Après des travaux de déblaiement de son bloc passerelle sérieusement endommagé, la dépose de sa tourelle III détruite, le colmatage des brèches de la chaufferie arrière et la réfection de la traverse du collecteur de vapeur principal, le CA MN Duquesne appareille pour San Diego, où sa réparation et sa refonte viennent d’être programmées. Pour services rendus lors de la deuxième bataille de Savo, le gouvernement français a en effet obtenu des Américains que le vieux combattant soit refait à neuf et transformé en croiseur de commandement de théâtre aux frais de l’US Navy (qui espère bien utiliser ses services en temps utile…). Il traversera le Pacifique à 15 nœuds, marchant sur ses seules chaudières avant.

Campagne de Nouvelle-Guinée
Région de Milne Bay
– Le radar LW/AW débarqué dans la nuit du 2 au 3 à Mullins Harbour a été assemblé en 48 heures seulement au-dessus de Bloody Saddle. Il donne très vite de nombreuses informations sur les opérations de l’aviation de l’Armée japonaise dans le secteur.


6 octobre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– Les deux camps font le point après les combats de la veille.
Les Américains sont furieux : bien que l’attaque ait été finalement repoussée, les défenses ont un moment paru en grand danger. Dans une dizaine de jours, de nouveaux renforts vont arriver. Il faudra les acclimater et les approvisionner en munitions avant d’envisager d’attaquer, car les inquiétudes de la veille montrent bien que la supériorité américaine est loin d’être assurée. Il n’est donc pas question de prendre le moindre risque
Les Japonais sont douloureusement surpris (sauf, bien sûr, le général Kawagushi et, sans doute, le général Maruyama) : apparemment, l’Esprit du Guerrier n’a pas suffi à faire la décision en face des obus yankees.
Kawagushi obtient alors ce qu’il demandait depuis une semaine : de l’artillerie lourde. L’état-major lui accorde l’envoi de pièces du 24e Rgt Spécial d’Artillerie Lourde. Ce sont des canons de 150 mm Type 89 à longue portée (à peu près équivalents aux 155 mm GPF). Quelques-uns devraient suffire à perturber gravement le fonctionnement d’Henderson Field. Dans la jungle, les canons US ne pourront mener des tirs de contre-batterie efficace. Il faudra bien que les Marines détestés attaquent, et cette fois ils seront bien reçus. Si la 2e Division a été sévèrement châtiée lors des combats du 5 et si les survivants commencent déjà à souffrir des effets débilitants du climat, du paludisme et de l’amibiase, la 24e Division est en route pour les Salomon…
………
Ironbottom Sound – Un raid d’hydravions japonais (quatre E13A1 et neuf A6M2-N) contre les petits bateaux du trafic Guadalcanal-Tulagi est perturbé par l’intervention de sept “Floatfire”. Après une véritable petite bataille aérienne, deux E13A1 et deux A6M2-N sont abattus, en échange de trois Spitfire à flotteurs.
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MessagePosté le: Mer Oct 02, 2013 11:53    Sujet du message: Répondre en citant

mescal a écrit:

Le Montgomery n'était pas un "vrai" APD, mais un DM (destroyer minelayer).
OTL, sauf erreur de ma part, il n'y a que les Little, Gregory, Stringham, Colhoun et McKean qui sont des APD au début de la guerre.


Oups, en effet, le Montgomery est un DMS. Embarassed

Pour les APD-2 du premier groupe, il y a aussi le Manley (conversion en 1939).
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MessagePosté le: Mer Oct 02, 2013 12:33    Sujet du message: Répondre en citant

JPBWEB a écrit:
Oups, en effet, le Montgomery est un DMS.

Non, un DM.

mescal a écrit:
Le Montgomery n'était pas un "vrai" APD, mais un DM (destroyer minelayer).

Effectivement, Casus, l'USS Montgomery ne figure pas dans ma liste de DD envoyée hier soir, ex destroyer de classe Wickes (DD–121), il est converti en mouilleur de mines léger avant la guerre. Il opérera bien dans les Salomon.
Extrait de Wiki :
Citation:
At Pearl Harbor during the Japanese attack 7 December 1941, Montgomery immediately began antisubmarine patrols in the approaches to the vital base, as well as interisland convoy duty. Departing Hawaii 11 April 1942 for Suva, Fiji, Montgomery began 16 months operating from Suva, Espiritu Santo, and Noumea for escort and minelaying operations in the southwest Pacific, aiding in the struggle for the Solomons. One interruption to this service was 22 September to 12 November, when she sailed north to lay mines in the Aleutians in preparation for the recapture of Attu and Kiska.

While laying a minefield off Guadalcanal on the night of 24 to 25 August 1943, Montgomery collided with Preble, losing 20 feet of her bow. She made temporary repairs at Tulagi and Espiritu Santo, then sailed 1 October for San Francisco, arriving 19 October.

Voir le sort des unités de classe Wickes : http://en.wikipedia.org/wiki/Wickes_class_destroyer#In_U.S._service

Ce qui au passage devra nous conduire à étudier ce que les Américains peuvent faire en matière de mouillage de mines défensif et offensif.
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MessagePosté le: Mer Oct 02, 2013 12:46    Sujet du message: Répondre en citant

Un DM donc, I stand corrected.

A propos, recherchant ledit USS Montgomery, j'ai trouvé ce passage du rapport du navire concernant son action à PH le 7 Dec 1941, qui relate un incident que j'ignorais:
Citation:
During attack, civilians reported two Japanese swimming around plane capsized in water near Pearl City dock. Ship's motor whale boat investigated and found one, the pilot, still afloat. He was motioned to get into the boat several times, but refused to obey, instead reached inside his jacket. At this action, CALKINS, D.F., Sea. 1c, USN, shot him. He immediately sank.


Dans http://www.history.navy.mil/docs/wwii/pearl/ph55.htm
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MessagePosté le: Mer Oct 02, 2013 13:28    Sujet du message: Répondre en citant

Casus Frankie a écrit:
16h20-16h50 – Cette fois, ce sont des appareils venus de Rabaul qui attaquent

Rabaul - Mullins Harbour = à peu près 700 km l'aller simple. Trop long pour le D3A1 qui a tout juste cette autonomie. À partir de l'automne 42, la version D3A2 modèle 22, qui est équipée de réservoirs auxiliaires (pour compenser un moteur plus gourmand), commence à arriver en unité. Il y a des chances que Rabaul en soit équipée en priorité.

Edit : Casus, je t'ai envoyé un mail à ce sujet.
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MessagePosté le: Mer Oct 02, 2013 15:55    Sujet du message: Répondre en citant

Anaxagore a écrit:
sting01 a écrit:
Citation:
avec des obus de 105 et 155 mm équipés de fusées instantanées


Ce sont des fusees percutantes instantanées; car elles n'explosent instantanement (donc a la sortie du tube) mais instantanement a la percusion de la cible!


Effectivement, régler un obus fusant sur un délais de détonation de 0 est une forme de suicide originale ! Drapeau blanc

Il y a deux types d'obus, les percutant et les fusant. (Enfin je ne connais que ces deux là). Un obus percutant explose à l'impact... Mais c'est pas forcément une très bonne idée, un obus percutant délivre l'essentiel de son énergie de détonation vers le ciel et dans la terre. C'est utile pour un obus anti-char ou contre des fortifications.
L'obus fusant est équipé d'une fusée de détonation qui se déclenche au bout d'un laps de temps réglable. L'idée est que l'obus explose au-dessus des lignes ennemies et crible des ennemis des shrapnels.


Tout à fait.

Il existe aussi, pour être complet, disponible sur ce théâtre, la fusée percutante à retard.
Comme son nom l'indique, elle explosera avec un temps de retard après l'impact. Son intérêt est d'exploser dans le sol ou dans une fortification de façon à créer un effet de tremblement de terre.
Les dommages sont faibles pour les troupes à découvert mais importants pour les structures, les fortifications et les troupes s'y abritant.
Il s'agit le plus souvent d'une fusée disposant d'un réglage pour percutant instantané ou percutant à retard.

L'effet du 155 est particulièrement notable dans cet usage.
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Oct 03, 2013 10:46    Sujet du message: Répondre en citant

7 octobre
Campagne de Nouvelle-Guinée
Milne Bay
– La RAAF de Port Moresby lutte chaque jour pour sa vie et n’a pas de ressources à gaspiller pour quoi que ce soit. Néanmoins, les forces aériennes alliées vont faire un gros effort pour porter un coup sérieux à l’aviation japonaise à Milne Bay (et faire oublier leur piètre prestation lors de l’opération Havelock).
Le Sqn 100 engage dans l’affaire huit Bristol Beaufort et la 52e Escadre d’Appui au Sol (GCA I/52 et II/52) inaugure sa participation à la Guerre du Pacifique en envoyant 18 Vultee Vengeance I. En raclant les fonds de tiroir, la RAAF peut aussi lancer de Port Moresby dix-neuf bombardiers légers et avions d’appui au sol : 12 CAC Wirraway, 4 CAC Boomerang et 3 Fairey Battle. Pour assurer leur couverture, les Sqn 76 et 77 fournissent en tout 21 Hurricane. Ceux-ci ont été modifiés sur place : leurs encombrants filtres à air ont été enlevés et leur armement a été réduit à six mitrailleuses de .303 (sur huit) ou deux canons de 20 mm (sur quatre) pour améliorer leur maniabilité et leur vitesse. De plus, le QG de la RAAF a décidé de lancer des bombardiers lourds d’Australie. La plus grande force de bombardement lourd de l’histoire australienne est concentrée à Charters Towers : 27 Manchester – tous les appareils de ce type opérationnels de ce côté du globe. Pour les protéger, l’état-major a pris des mesures spéciales : des chasseurs d’escorte ont été exceptionnellement envoyés la veille à Port Moresby, d’où ils décollent avant l’aube pour rejoindre en chemin les Manchester venus d’Australie.
Ce sont les Manchester qui sont les premiers repérés par le radar de Milne Bay, à 140 km de leur cible environ. Les Japonais font aussitôt décoller leurs meilleurs intercepteurs, c’est à dire leurs 17 Ki-44 Shoki (Tojo). Ordre est aussi donné de prendre l’air aux 22 Ki-43 Hayabusa (Oscar) opérationnels, mais une dizaine seulement ont décollé quand le raid de Port Moresby est signalé, car il arrive à basse altitude et vient de survoler les positions japonaise à Bloody Saddle : les Ki-43 n’ont que 9 minutes de préavis. Pendant que les Beaufort et les Vengance se mettent à grimper, les bombardiers légers arrivent les premiers, en rase-mottes, visant les hangars, entrepôts et zones de dispersion des avions de Milne Bay. Plusieurs bombardiers japonais sont détruits au sol et les bâtiments sont sévèrement touchés. Voyant les derniers Ki-43 qui décollent, les Boomerang se débarrassent de leurs bombes et mitraillent les chasseurs japonais, réussissant à en détruire trois avant qu’ils ne soient en l’air, tout en hurlant des avertissements à l’intention des Wirraway et des Battle. Trois des quatre petits chasseurs australiens (si peu faits pour la chasse et si bien adaptés à l’attaque au sol) sont abattus en s’interposant entre les Oscar et les bombardiers légers ; le dernier, très endommagé après avoir affronté deux Ki-43, est sauvé par l’arrivée des onze Hurricane du Sqn 77 – le pilote réussit à revenir jusqu’aux lignes alliées et se parachute sur Bloody Saddle, où il est récupéré par les hommes de l’AMF. Seuls un Battle et un Wirraway sont perdus.
Pendant ce temps, les dix Hurricane du Sqn 76 couvrent contre les Ki-43 les Beaufort et les Vengeance, qui entament leur attaque malgré une DCA légère très active. Les Beaufort du Sqn 100 plongent en semi-piqué sur les cocoteraies où l’on a localisé les dépôts japonais et leur bombardement est récompensé par plusieurs explosions secondaires ; l’un d’eux est dévié par une salve de DCA et percute le sol dans une énorme gerbe de flammes. Les Français piquent sur la zone des appontements, pilonnant les dépôts, détruisant véhicules et embarcations avec une grande efficacité ; cependant, leurs pertes sont lourdes : la DCA réussit à abattre trois des peu maniables bombardiers lors de leur ressource (il n’y a pas de survivants). Cependant, l’affrontement des chasseurs se traduit par la perte de quatre Ki-43 et de six Hurricane (trois pilotes australiens réussissent à sauter ; deux échapperont aux Japonais grâce aux indigènes et un sera massacré par les soldats nippons).
Sans se laisser distraire par cette agitation, les Ki-44 Shoki grimpent vers les bombardiers lourds, quand ils ont une double et désagréable surprise : six des neuf chasseurs lourds CAC Reaper de pré-production accompagnent les Manchester, ainsi que treize Spitfire IX du Sqn 452. Ce squadron est à l’époque la seule unité équipée de Spitfire opérationnelle à l’est de Suez et sa présence en Australie (qui répondait d’abord à des préoccupations politiques) est restée jusqu’à ce moment un secret bien gardé. Pendant que les chasseurs tournoient à 24 000 pieds, les 27 Manchester les dépassent, volant deux mille pieds plus haut, et s’alignent tranquillement sur leur objectif – le complexe de terrains de Turnbull – qui est dévasté. Quatre Shoki, un Reaper et deux Spitfire sont abattus. Il est curieux de noter qu’il s’agit à la fois du premier combat du Reaper, du premier combat des Spitfire IX sur le théâtre Pacifique et du premier combat des Ki-44 Shoki en Nouvelle-Guinée.

Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Rabaul
– Les Bangkok Maru et Saigon Maru embarquent à eux deux douze canons de 150 mm type 89. Ces pièces ont 20 km de portée au grand maximum, il faudra donc les amener à distance convenable d’Henderson Field. En les hissant à bord, les marins des deux transports rapides sont heureux de ne pas être à la place des hommes de l’Armée, car les canons en question pèsent dix tonnes chacun ! Même si les pièces sont démontables en deux fardeaux… Et bien entendu, le terrain de Guadalcanal est impropre au passage des tracteurs à pneus normalement prévu.
Et puis, il faudra aussi transporter leurs munitions !

Guadalcanal « Journée sans incidents, si l’on considère qu’un raid japonais à la mi-journée, une bataille au-dessus des eaux de la baie au Fond de Ferraille et la couverture des P-39 qui pourchassent les Japonais cachés dans la jungle valent à peine d’être cités, tant il s’agit d’une routine quotidienne. » (Yvon Lagadec, op. cit.)

Aden – La flotte franco-américaine en route vers le Pacifique Sud appareille à l’aube.


8 octobre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– Poursuite des activités de patrouilles.
………
Iles Salomon – Un convoi de quatre caboteurs japonais type E de 830 GRT, accompagnés de deux escorteurs ASM de classe Ch-13, est attaqué au large de Kolombangara par le sous-marin Sidi-Ferruch. Celui-ci a été informé de l’arrivée du convoi par un rapport des coastwatchers retransmis par la station HF Bells de la RAN. L’un des caboteurs est coulé et le sous-marin français échappe à la contre-attaque des escorteurs. Les trois autres caboteurs débarqueront en fin de nuit à Kanimbobo six chars légers, une douzaine de canons de 70 mm et du ravitaillement.
Le “transport sous-marin” USS Bass, justement en mission de ravitaillement du réseau de coastwatchers, a observé l’action avec intérêt, mais sans pouvoir y participer. Dans la nuit, exact au rendez-vous prévu, il retrouve le Sidi-Ferruch et lui livre du ravitaillement et du courrier. Le médecin du submersible américain donne aussi des soins à deux marins français, dont l’un, victime de la surinfection d’une plaie, doit être hospitalisé (le Bass, comme ses deux sister-ships, est doté d’une infirmerie de quatre places et d’une équipe médicale de trois personnes). Des rumeurs prétendront que le Sidi-Ferruch a exprimé sa gratitude sous la forme d’une caisse de bouteilles de vin, mais le commandant du Bass niera toujours énergiquement.

Campagne d’Indochine
Saigon
– L’occupant japonais supprime d’un trait de plume ce qui restait du système judiciaire et policier français en Indochine, affirmant qu’il met ainsi fin à « l’indigne asservissement des peuples d’Asie aux colonialistes blancs ».
La véritable raison est bien loin de cette propagande. Les Bach Mu Doan (Bérets Blancs), milice vietnamienne fidèle à l’occupant, ont pour principale occupation de racketter les paysans ou les petits commerçants. Or, il leur est arrivé de se heurter aux protestations de la justice française, qui qualifiait ces actes de brigandage caractérisé, voire à des réactions de la police française – et cela, bien que ce qui reste d’administration française soit depuis six mois uniquement composé de fonctionnaires ayant fait allégeance au gouvernement Laval. Les Japonais ont trouvé plus simple de s’occuper eux-mêmes des tâches de police et de justice, plutôt que de continuer à espérer une véritable Collaboration des institutions coloniales. Les fonctionnaires (théoriquement) lavalistes ainsi mis au rancart sont assignés à résidence. La plupart ne tarderont pas à être envoyés dans un camp de prisonniers spécial (les Japonais n’ayant pas eu la cruauté raffinée de les emprisonner avec les partisans du gouvernement d’Alger capturés).
La charge de la justice est confiée à la Kempetai, qui se fera connaître par ses méthodes très comparables à celles de la Gestapo. Par ailleurs, le général Tyo, gouverneur militaire de l’Indochine, décide que l’armée japonaise se chargera désormais de procéder elle-même à l’arrestation de tout individu soupçonné d’avoir participé à des actes « terroristes ». Cette décision permet aux tribunaux militaires de campagne de procéder au jugement des suspects et à leur exécution sommaire.
Un régime de terreur va alors s’abattre sur toute l’Indochine japonaise. Des milliers de paysans vont être assassinés, torturés ou abusivement emprisonnés. Il est indéniable que cette politique aura des résultats, en particulier dans la « pacification » de la région du delta. Mais les communistes exploiteront habilement la situation : leurs équipes de propagande vont visiter nuitamment les villages pour pousser les paysans à se soulever. Soulignant que, s’ils bénéficient du soutien de l’ancien colonisateur, cela ne veut pas dire que la France redeviendra maîtresse de l’Indochine après la défaite des Japonais, les envoyés d’Ho-Chi-Minh seront bien souvent écoutés.


9 octobre
Campagne de Nouvelle-Guinée
Région de Milne Bay
– L’approvisionnement de la 3e Division AMF par Mullins Harbour se poursuit de plus belle. La plus grande partie est le fait de petits bateaux qui transportent dix à cinquante tonnes de ravitaillement – un système peu efficient, mais qui marche. Dans les collines, les 7e et 15e Brigades sont peu à peu mises au repos pendant que les 4e et 10e Brigades les remplacent sur le front, où continue de régner une incessante activité de patrouilles. Les hommes des 4e et 10e Brigades ne sont pas encore bien acclimatés, mais, comme le général Savige le leur explique dans l’un de ses ordres du jour, ils ont « le choix entre s’acclimater au plus vite ou mourir, et s’acclimater semble préférable ».

Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– Poursuite des activités de patrouilles.
………
Iles Salomon – Les Whitley de la RAAF ont été retirés des opérations diurnes, mais ils poursuivent leurs missions de nuit, bombardant les installations japonaises jusqu’en Nouvelle-Georgie. Les dommages causés sont limités, mais l’effet moral est réel. L’ensemble paraît valoir les pertes subies du fait du trop fréquent mauvais temps, quand un Whitley se heurte à un nuage contenant une montagne – ce que les équipages appellent : « rencontrer un cumulo-granitus ».


10 octobre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– Les Bangkok Maru et Saigon Maru sont des navires chanceux. Filant 15 nœuds de moyenne, ils sont arrivés sans incident à Guadalcanal et déchargent en hâte leur pesante cargaison. Mais malgré l’aide de plusieurs petites embarcations (notamment deux Daihatsu amenés naguère par le Kitakami), le débarquement ne va pas se passer sans pertes. Un canon de 150 rompt les élingues qui le portent et disparaît dans les flots. Un autre est posé de travers sur une barge, qui chavire, et lui aussi est englouti. Enfin, un troisième atteint la plage, mais c’est pour s’enfoncer irrémédiablement dans une zone de sable que l’on croyait ferme, mais qui, sous les dix tonnes du monstre, se révèle mouvant… Reste neuf pièces.
………
Kavieng – Le sous-marin USS Amberjack pénètre hardiment dans le port, où il torpille et coule un caboteur de type E (830 GRT) et endommage gravement le cargo Tenryu Maru (4 861 GRT), qui doit être échoué. Pris par surprise, les Japonais ne peuvent empêcher le sous-marin de s’échapper, malgré l’attaque d’un F1M2 en patrouille.


11 octobre
Campagne de Nouvelle-Guinée
Région de Milne Bay
– Une vedette rapide hollandaise ravitaille des coastwatchers sur l’île Goodenough. C’est la première opération de la flottille hollandaise dans la région.

Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– Un véritable chemin de croix commence pour les artilleurs du 24e Régiment Spécial et les travailleurs coréens désignés pour les aider. Au départ, ils ont demandé quelle distance il faudrait parcourir, mais ils se rendent compte dès les premières heures que les chiffres qu’on leur a indiqués ne veulent rien dire, sur un terrain très accidenté et où la jungle ne s’éclaircit que pour céder la place à de larges bourbiers baptisés rivières.


12 octobre
Campagne du Pacifique Sud-Ouest
Guadalcanal
– Poursuite des activités de patrouilles.
………
Iles Salomon – Les vedettes lance-torpilles (MTB) du Sqn 3 de l’US Navy, les PT-38, 46, 48 et 60, arrivent à Tulagi après un voyage sans incident à partir de Nouméa.

Campagne d’Indochine
Laos
– La 7e Division japonaise, qui a reçu le renfort du 11e Régiment thaïlandais (ce qui met l’effectif de l’ensemble au niveau de celui d’une division normale), quitte Ban Phoukhoun après près d’un mois d’immobilité. Malgré les routes tronçonnées, l’avance vers Louang-Prabang reprend, scandée par des embuscades.
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Jubilé



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Messages: 690

MessagePosté le: Jeu Oct 03, 2013 12:17    Sujet du message: Répondre en citant

10 tonnes pour une pièce de 150, cela parait énorme.

C'est un modèle ancien ?
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raven 03



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MessagePosté le: Jeu Oct 03, 2013 13:16    Sujet du message: Répondre en citant

Jubilé a écrit:
10 tonnes pour une pièce de 150, cela parait énorme.

C'est un modèle ancien ?


pas tant que ça .
un 155 GPF pese 11,5 t si je me souviens bien.
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raven 03



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Messages: 1082
Localisation: loire (42)

MessagePosté le: Jeu Oct 03, 2013 14:59    Sujet du message: Répondre en citant

apres verif
le canon type 89 ,15 cm (denomination exacte)
poids 10,360 t
porté19900 m...
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Gribouille



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Messages: 25
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MessagePosté le: Jeu Oct 03, 2013 19:13    Sujet du message: Répondre en citant

Petite info supplémentaire : les canons type 89 étaient déplacés, comme les 155 GPF, en 2 attelages de plus ou moins 7.5 tonnes ( affût et tube séparés)
Il y en a eu 150 de fabriqués à partir de 1929.
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egdltp



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MessagePosté le: Jeu Oct 03, 2013 19:37    Sujet du message: Poids d'un calibre 150 Répondre en citant

Sur le site http://www.passioncompassion1418.com/Canons/CanonsIndex_Nation.html vous avez toute une liste de l'artillerie WW I. En consultant la description des canons de 150 on voit que cela va de 5 à 7 tonne jusqu'à 10-11 tonnes notamment pour les canon "long" ou d'origine "marine".
Est il obligatoire que nos amis nippons n'ai pas à disposition les plus "légers" ? Il est exact que la portée risque d'en pâtir.
Mais l'inconscience ou l'ignorance des conditions réelles a quand même une limite et Guadalcanal ce n'est pas la Chine pour le déplacement de l'artillerie...
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Casus Frankie
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MessagePosté le: Jeu Oct 03, 2013 20:11    Sujet du message: Répondre en citant

@egdltp - La portée est essentielle ! D'où la nécessité d'un canon long. Par ailleurs, si le canon "léger" pèse 7 tonnes et que le lourd est divisible en deux fardeaux de 5 ou 6 tonnes, le choix est vite fait.
Enfin, les Japonais ont OTL transbahuté des canons de ce genre... On ne les a pas entendus parce qu'une "patrouille à longue portée" des Marines est tombée dessus et les a éliminés. Le "Pistol Pete" OTL était, je crois, d'un calibre inférieur.
Nous avons sciemment évité ce coup du sort aux Japonais (la réutilisation des coups du sort OTL a une limite...).
_________________
Casus Frankie

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